Les nouvelles pratiques sportives juvéniles ont la particularité de s'être développées hors du contexte institutionnel et dans l'espace public, particulièrement urbain, qu'il s'agisse des différentes formes de "glisse" (skate, rollers, etc.) ou de sports préexistants aux règles transformées comme le basket de rue. Repérées dès les années 80, ces pratiques souvent qualifiées de "libres" ont fait l'objet d'études s'intéressant à leurs règles inédites et leurs ruptures vis-à-vis de l'univers sportif traditionnel, certains auteurs y voyant même la manifestation d'une contre-culture des jeunes urbains (Loret, 1995).
Toutefois, leur rapport aux institutions appelle des analyses plus approfondies. La plupart des travaux ont en effet privilégié une vision holiste des administrations, minimisant les différenciations propres aux configurations d'action public. Les luttes concurrentielles pour la définition des formes d'encadrement officiel des pratiques "libres" restent à explorer. Notre principale hypothèse est que l'intégration, dans l'action publique, des nouvelles pratiques et des changements qu'elles suscitent, s'accompagne de tensions au sein même de la sphère administrative.
Aussi nous a-t-il semblé utile de développer une lecture centrée sur les institutions, notamment publiques. La présente contribution prolonge une recherche déjà partiellement restituée (Arpaillange, Darlon, Montané, 2001) et intègre les premiers résultats d’une enquête en cours sur plusieurs sites aquitains avec un contrepoint québécois . Notre problématique de recherche, selon une approche de sociologie de l’action publique qui a recours aux entretiens semi-directifs, à l’étude des textes et à l’observation participante, porte sur le degré et le mode d’intégration des pratiques « libres » dans le réseau des politiques sportives locales.
Christophe ARPAILLANGE est étudiant en 3ème cycle de science politique et chargé de mission développement local au GIP-GPV des Hauts de Garonne. Ses recherches portent sur les politiques publiques contractuelles, les politiques jeunesse, le management local et la démocratie locale.
chris.arpaillange@free.fr
Catherine DARLON est étudiante en 3ème cycle de sociologie et chargée d’études à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine. Ses recherches portent sur les politiques jeunesse, la prévention de la délinquance, les pratiques sportives des jeunes urbains, les services publics locaux.
Michel-Alexis MONTANÉ est docteur en science politique, chercheur associé au CERVL – Pouvoir, Action publique, Territoire, UMR 5116, et chargé de mission en collectivité territoriale. Ses recherches portent sur la politique de la ville, le leadership, les élections locales, la territorialisation des politiques publiques.
m.montane@sciencespobordeaux.fr