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SALOME BERTHON
Les marches de la gare comme salle à manger. Inscrire son « repas de rue » dans l’espace public
in "C'est ma ville!", l'Harmattan, 2005
www.argonautes.fr, Consommations & Sociétés n°7
Depuis une quinzaine d’années, et aujourd’hui dans plus d’une centaine de villes françaises, des individus associés ou simplement regroupés pour l’occasion proposent à leurs voisins de partager un repas dans les rues de leur quartier. Sous l’expression “ repas de rue ”, ces initiatives ont en commun d’associer une forme, le repas, un cadre, la rue ou plus largement l’espace public, et un groupe, les voisins. À valeur définitionnelle, ces éléments constituent la structure à assembler pour donner corps à l’événement. Or, cette structure n’a de sens qu’assemblée en fonction du contexte d’organisation. C’est par et pour le rapport à l’espace public, interrogé dans sa triple dimension physique, sociale, et politique, que le repas de rue existe. Pas de modèle prêt-à-appliquer, pas de cadre législatif précis. L’inscription contextuelle de l’événement est une construction dont les organisateurs sont les entrepreneurs. Pour l’aborder en tant que telle, nous avons effectué un travail de terrain auprès de différents groupes impliqués dans une pareille entreprise. C’est l’expérience, forcément particulière, d’un groupement informel d’organisateurs que nous avons choisi de présenter ici. Depuis 1994, ces quelques individus jeunes, investis par ailleurs dans d’autres projets culturels, proposent une dizaine de repas de rue par an dans plusieurs quartiers situés à l’est de la ville de Nice. Nous ne suivrons pas le déroulement complet d’un repas qu’ils organisent, mais tenterons d’articuler leurs discours et leurs pratiques pour mettre en lumière comment ils définissent et justifient les modalités de leurs actions, comment, par le détournement ponctuel de l’espace qu’ils occupent, ils jouent avec les frontières du privé et du public coudoyant celles de la légalité.
Salomé BERTHON est doctorante en anthropologie à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, au sein du LAMIC. Sous la direction de Joël Candau, et avec le soutien de l’ADER PACA et de la Mission Patrimoine de la ville de Nice, elle prépare une thèse sur les repas de rue. A travers ce sujet, elle aborde à la fois des questions liées à l’alimentation, des représentations aux manières de table, et à l’espace social que représente le quartier.
sberthon@unice.fr
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Salomé Berthon |
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Affiche annonçant un repas de rue |
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