Consommations et Societes
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    Traduction en chinois - 2 livres : la consommation & les sciences sociales

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    Les Femmes chinoise, ont-elles besoin des hommes ? romans de Mou Xiao Ya

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  • Consommateur Malin Tome 1 et 2

    LE CONSOMMATEUR MALIN – Tome 1 Face à la crise le cadrage du client et les marges de manoeuvre du consommateur

    LE CONSOMMATEUR MALIN – Tome 2 Le consommateur stratège

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  • Cynthia Fleury, Dominique Desjeux et Elie Cohen

    Soirée-débat "Truly different" by Pragmaty

    avec de gauche à droite Cynthia Fleury, Dominique Desjeux et Elie Cohen

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Blog Archives

2017 02, SEB, offre de stage en SHS

2017 02, SEB, offre de stage en SHS : Je suis actuellement à la recherche d’un étudiant pour la réalisation d’un stage de 6 mois en Anthropologie (Master ou doctorant) au sein de la direction de l’innovation du groupe seb.

L’étudiant devra avoir une sérieuse appétence pour la recherche fondamentale, sans avoir peur de faire du terrain! 🙂

Le poste est basé à Lyon.

Contact : Parise Couloumies <parisecouloumies@gmail.com>

2017 01 D. Desjeux, Le logement, un nouveau hub domestique organisé autour des usages sociaux des écrans

2017 01 26, D. Desjeux, Le logement, un nouveau hub domestique organisé autour des usages sociaux des écrans

Comprendre le déplacement des frontières entre production, distribution, consommation et environnement
à travers l’histoire, la géopolitique et la vie quotidienne

2017 01 PRESENTATION OBSOCO V4

Dominique Desjeux, anthropologue

Professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité

Consultant international

Réseau Professionnel des socio-anthropologue :anthropik

www.argonautes.fr

Obsoco, Paris le 26 janvier 2017

2017 01 INRA, Offre de stage de Master 2 Sociologie, STS, etc.

2017 01 INRA, Offre de stage de Master 2 Sociologie, STS, etc.

Type d’emploi Stage “Sites web de self tracking Alimentation / Santé”
Cadre de la recherche Projet Diet 3.0 – Impact des outils connectés pour une meilleure alimentation

 

 

Mission Le stagiaire viendra compléter une enquête de terrain (auprès d’utilisateurs d’outils connectés Alimentation / Activité physique) par l’analyse textuelle des sites web liées aux applications digitales utilisées sur le terrain.

Il restituera son travail sous forme de rapport de stage.

Conditions Etre inscrit en Master 2 (sociologie, STS etc.)
Lieu d’affectation A convenir.
Durée Envisagé : 4 à 6 mois de stage de mars / avril 2017 à août/septembre 2017, temps plein. Modalités à convenir.

 

Salaire 554.40€ Euros bruts par mois.
Contacts Faustine Régnier : faustine.regnier@inra.fr

Candidature

Le dossier de candidature devra comporter :

  • CV détaillé
  • Copie des relevés de notes de Master 1
  • Lettre de motivation (1 page) dans laquelle le candidat exposera ses motifs d’intérêts, l’adéquation de son parcours à la mission, et en quoi ce stage s’inscrit dans son projet de formation.

Les candidats devront faire parvenir leur dossier à : faustine.regnier@inra.fr

Date limite d’envoi des dossiers : 20 février 2017. Le stage débutera en mars/avril 2017, à convenir.

2017 01, Etude sur les représentations des plastiques

Je suis chercheur à l’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand ou je développe des travaux sur la biodégradation des polymères.
Je recherche des collaborateurs dans le domaine des sciences sociales pour réaliser une étude portant sur l’impact des plastiques sur la société.
J’envisage de développer ce thème général autour des questions suivantes:
-niveau de connaissance et perception : des types de plastiques utilisés, de la pollution plastique, des risques environnementaux, des risques pour la santé humaines, des lois en vigueurs
-un focus peut être réaliser sur les emballages et films plastiques
-alternative au plastique et changement du comportement des utilisateurs.
Ma démarche a pour but d’apporter une ouverture thématique et trans-disciplinaire à mes travaux expérimentaux sur la biodégradation des plastiques afin de leur donner du sens et de les repositionner dans un cadre sociétal.
Je souhaiterais savoir si vous seriez interessé par une collaboration portant sur ces thématiques ou si des personnes parmi votre réseau travaillent dans ce domaine.

Boris Eyheraguibel
boris.eyheraguibel@univ-bpclermont.fr
04 73 40 75 82
________________________________________________________________________
Université Clermont Auvergne
CNRS, SIGMA Clermont
Institut de Chimie (ICCF)
F-63000 Clermont– Ferrand -France
____________________________________________________________
http://iccf.univ-bpclermont.fr

2017 01 Post doc

Dans le cadre du projet NutriPerso – Tailoring food and dietary recommendations to prevent chronic diseases : health, social and economic issues, nous recrutons un post-doc sur « Les conditions de modification des comportements de santé, le cas du DT2 ».

Ce post-doc sera chargé d’une enquête de terrain auprès d’individus à risque de diabète, dont une partie utilisatrice d’applications digitales alimentation / santé.

Le post-doctorat, d’une durée de 9 mois temps plein, débutera en mars/avril 2017. Il sera basé à Ivry sur Seine.

Date limite de soumission des candidatures : 15 février 2017.

Pour des informations détaillées et la fiche de poste: faustine.regnier@inra.fr

2013 12 21 : offre d’emploi pour Consultant chercheur confirmé SHS

2013 12 21 : offre d’emploi pour Consultant chercheur confirmé SHS

Appel A proposition CONSULTANCE pour une :

« Enquête de satisfaction et attentes des jeunes de 10 à 24 sur les services de prévention et de prise en charge du VIH à Goma et à Kinshasa»

  1. contexte
  2. Origine de la demande

Avec une prévalence de 1,2%[1], la République Démocratique du Congo (RDC) connait une épidémie à VIH de type généralisé. Les catégories socioprofessionnelles les plus touchées par le VIH/Sida en RDC sont les professionnels du sexe avec un taux de prévalence de 7,6%, les travailleurs des mines avec un taux de 2,4%, les enfants en rupture familiale (enfants de la rue) avec un taux de 1,6% et les camionneurs avec un taux de 1,3%. Selon la même source la prévention du VIH/Sida en RDC est confrontée aux problèmes suivants: le faible taux d’utilisation des préservatifs, l’accroissement des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans, l’insuffisance de stratégies spécifiques de lutte contre le VIH/Sida auprès des jeunes, la régression du nombre des centres de conseil et dépistage volontaire (CDV) communautaires, passant de 89 en 2009 à 59 en 2012[2].

Si les efforts sont fournis pour réduire la prévalence dans la population générale, certains observateurs[3] avancent l’hypothèse de l’existence d’une épidémie cachée du fait de l’insuffisance des stratégies pour atteindre et réduire la vulnérabilité au VIH/Sida dans des groupes spécifiques.

Pour optimiser la riposte, des actions ciblant des groupes spécifiques à forte prévalence s’avèrent indispensables et urgentes. C’est dans cette optique que Médecins du Monde France, avec le financement d’Expertise France et en partenariat avec le RACOJ et les programmes nationaux de lutte contre le VIH, se propose d’investir le champ de la jeunesse en travaillant sur des stratégies innovantes capables de contribuer à l’amélioration de l’environnement social et légal de la lutte contre le VIH auprès des jeunes de 10 à 24 ans.

Travailler sur cet objectif exige une évaluation des attentes en termes de qualité d’intervention de prévention et de prise en charge et une fine connaissance des facteurs de satisfaction.

L’enquête que propose Médecins du Monde à travers cet appel à proposition devra doter le projet des informations de base sur le niveau de satisfaction des jeunes par rapport aux stratégies actuelles de prévention et de prise en charge du VIH/Sida et renseigner sur leurs attentes en termes de qualité des prestations VIH.

 

  1. Brève présentation du projet

Tout en capitalisant son expérience d’intervention dans la lutte contre le VIH auprès de la population générale en contexte socio-économique et sécuritaire précaire, Médecins du Monde entend focaliser sa contribution dans la lutte contre le VIH en RDC sur des programmes innovants orientés vers des groupes spécifiques. Ainsi, en partenariat avec le RACOJ, il a initié un programme de renforcement des stratégies de prévention, de dépistage et de prise en charge du VIH/Sida chez les jeunes de 10 à 24 ans à Kinshasa et au Nord Kivu, en RDC. Ce programme vise  4 résultats principaux à savoir :

 

  • La production d’une enquête sur les déterminants socioculturels de la transmission du VIH chez les jeunes de 10 à 24 ans
  • Le renforcement de compétences des prestataires cliniques et communautaires intervenant dans la prévention, le dépistage et la prise en charge du VIH chez les jeunes
  • La création des synergies entre les centres de santé et les structures communautaires d’encadrement des jeunes
  • l’instauration d’un cadre social et légal favorable à la lutte contre le VIH de manière générale et prenant en considération les spécificités des jeunes.

Par cet  appel à proposition, Médecins du Monde cherche un consultant pour mettre en œuvre une enquête de base utilisant les méthodes mixtes pour renseigner les attentes et les facteurs de satisfaction des jeunes vis-à-vis des :

  • stratégies de prévention (canaux de communication, messages diffusés, matériel didactique utilisé ; langues et acteurs, etc.)
  • stratégies de dépistage (cadre physique, confidentialité, durée d’attente des résultats, counseling, etc.)
  • stratégies de prise en charge du VIH/SIDA (accueil, confidentialité, empathie, qualité des médicaments, etc.)

 

  1. Objectifs
  2. Objectif général

L’objectif principal de cette enquête est d’estimer la satisfaction des adolescents et jeunes de 10 à 24 ans usagers des services VIH au Nord-Kivu et à Kinshasa.

De manière spécifique, l’enquête vise à :

  1. Dans un premier temps, recueillir la perception et les attentes des jeunes par rapport aux prestations VIH (prévention, dépistage et prise en charge): cadre physique, relationnel et professionnel de l’offre des prestations VIH notamment la qualité des interactions avec les prestataires cliniques et communautaires (confidentialité, durée d’attente, niveau de confiance etc.) ainsi que leur jugement sur la validité des messages de prévention (crédibilité, faisabilité des conseils et des messages… )

Ces données recueillies au préalable ont une fonction dite exploratoire puisqu’elles devront servir à concevoir le futur questionnaire en permettant de définir des critères de satisfaction à mesurer dans un deuxième temps : qu’est-ce qu’un bon service ? Un bon message ? etc. D’autre part, les données recueillies lors de cette préenquête permettront d’utiliser le vocabulaire et les expressions des personnes enquêtées et de s’approcher au plus près de leur univers linguistique ou de détecter des éventuelles incompréhensions/malentendus sur des termes équivoques.

 

  1. Mesurer la satisfaction des jeunes sur les prestations VIH à partir des critères définis qualitativement en première étape de l’enquête.

 

  1. Zones de l’étude

 

L’étude sera réalisée dans deux sites de la République Démocratique du Congo : à Goma au Nord-Kivu et à Kinshasa.

 

  1. Portée et utilisateurs de l’étude

Cette enquête apportera des connaissances indispensables sur les facteurs de satisfaction et de non satisfaction des jeunes dans les structures communautaires de prévention du VIH, dans les services de dépistage (communautaire et dans les structures sanitaires) et dans les structures sanitaires de prise en charge. Les résultats  ont vocation à affiner les stratégies d’intervention auprès des jeunes notamment dans l’adaptation d’outils  pédagogiques utilisés pour la sensibilisation des jeunes.

 

III. MethodologIE

  1. Méthodologie

Le protocole d’enquête devra utiliser les méthodes mixtes c’est-à-dire les techniques qualitatives et quantitatives : l’enquête qualitative précèdera l’enquête quantitative  qui sera construite à partir des résultats de cette première étape  qualitative. Plus précisément, il est attendu que les techniques de recueil de données qualitatives propres aux études socio-anthropologiques (revue de littérature, entretien, Focus Group devront permettre de délimiter et de qualifier les futurs critères de satisfaction, qui seront mesurés par la suite par questionnaire. D’autre part, les observations menées et les entretiens réalisés auprès de la population étudiée permettront de choisir un mode de passation du questionnaire le plus en adéquation avec les caractéristiques du terrain (horaires appropriés, lieux etc.)

La méthodologie détaillée d’enquête utilisant ces méthodes mixtes reste à développer dans la proposition technique du consultant.

 

  1. Réunion de cadrage par le comité de pilotage de l’étude

Un comité de pilotage au sein de MdM assurera le suivi du déroulé des enquêtes.

Après sélection des consultants, une réunion de cadrage entre le comité de pilotage et les consultants permettra de fixer les périmètres exacts des enquêtes.

Des réunions physiques ou téléphoniques sur l’avancement des enquêtes seront faites régulièrement avec le comité de pilotage.

 

  1. Documents clés

Seront disponibles :

  • Les rapports des programmes nationaux impliqués dans la lutte contre le VIH/SIDA (2013 et 2014)
  • Les rapports d’EDS (2007 et 2014)
  • Les plans stratégiques nationaux et autres documents des données générales sur le VIH/SIDA disponibles
  • Le document de projet jeune et VIH (cadre logique et narratif)

 

  1. productions attendueS
  2. Note de cadrage

Une note de cadrage préalable pour l’étude est attendue. La note de cadrage présentera la méthodologie et le plan de travail proposé ainsi que les outils à utiliser (questionnaires, guides d’entretien). Cette note est soumise aux commentaires du comité de pilotage en amont de la phase terrain.

 

  1. Résultats préliminaires et recommandations

Une restitution des résultats préliminaires auprès de l’équipe projet sur le terrain, sous la forme d’une présentation power point sera faite à Kinshasa ou  à Goma. Ces résultats préliminaires devront être envoyés au comité de pilotage pour avis.

 

  1. Rapport préliminaire de l’étude

Un rapport provisoire (en français) sur les principaux résultats des enquêtes devra être produit à l’issue de la phase de terrain pour Kinshasa et pour Goma. Il sera accompagné d’une présentation power point des résultats principaux et des recommandations.

Le comité de pilotage dispose ensuite de 7 jours à compter de la réception du rapport provisoire pour émettre ses commentaires et observations.

 

Le texte principal des résultats de l’étude, en format Word, doit comprendre entre 20 et 30 pages (sans compter les annexes), caractère 12 et simple interligne, et doit inclure les parties suivantes :

  • Résumé exécutif (5 pages maximum)
  • Introduction
  • Liste des acronymes
  • Contexte (description du projet)
  • Objectifs de l’enquête
  • Méthodologie et limites
  • Principaux résultats et analyse
  • Conclusions et recommandations
  • Annexes : Note de cadrage, liste des personnes rencontrées et calendrier, questionnaires, guides d’entretiens, grilles d’observation.

Le résumé exécutif devra être traduit en anglais.

 

Rapport  définitif

 

Le rapport final définitif doit intégrer les commentaires/remarques/échanges/discussions du comité de pilotage.

 

Le texte principal du rapport d’étude global en format Word, doit comprendre entre 20 et 30 pages maximum (sans compter les annexes), caractère 12 et simple interligne, et doit inclure les parties suivantes :

  • Résumé exécutif (5 pages maximum)
  • Introduction
  • Liste des acronymes
  • Contexte (description des projets)
  • Objectifs
  • Méthodologie et limites
  • Principaux résultats et analyse comparative
  • Conclusions et recommandation
  • Annexes

Le résumé exécutif devra être traduit en anglais.

 

  1. ORGANISATION De l’éNQUETE
  2. Critères concernant l’équipe constituée

 

Les enquêtes doivent être conduites par des consultants indépendants ou rattachés à un cabinet d’étude.

 

  1. Planning / chronogramme envisagé

Période de réalisation de l’étude :

  • Démarrage : début février 2017
  • Durée estimée du travail terrain : 20 jours
  • Rapport provisoire dans un délai de 3 semaines à l’issue de la phase terrain
  • Rapport final attendu pour début avril 2017

 

Le planning indicatif est susceptible de modifications en fonction de l’évolution du contexte et notamment des aspects sécuritaires.

 

  1. Pilotage et reporting / points d’étape

Le Comité de pilotage est chargé de valider les objectifs et la méthodologie des enquêtes, d’encadrer leur déroulé et d’œuvrer à la diffusion des résultats.

 

  1. Sécurité

Les personnes chargées des enquêtes terrain seront briefées et soumises aux règles de sécurité en vigueur sur la mission de Médecins du Monde en  RDC pendant la période de collecte des données.

 

 

  1. Budget disponible

Le budget disponible pour cette enquête est de l’ordre de 15.000 € pour les deux sites (Goma et Kinshasa).

Il inclut les honoraires, primes d’enquêteurs, frais de transport.

Lors de la phase de terrain, dans les villes où MdM dispose d’une base, il mettra à disposition du/des chercheur(s) un poste de travail, une voiture avec chauffeur pour les déplacements sur les terrains d’étude, du matériel de communication nécessaire au respect des règles de sécurité.

 

VII.         Criteres et modalités de selection

Après vérification de l’éligibilité des propositions, chaque dossier sera soumis à une évaluation par le comité de pilotage. Le comité de pilotage se réunira ensuite pour décider des projets retenus à Kinshasa et au Nord-Kivu, sur la base des conclusions de l’évaluation, des critères de sélection et des disponibilités budgétaires.

 

Profils recherchés :

  • Consultant chercheur confirmé
  • Forte expérience dans la réalisation d’études socio-anthropologiques
  • Expérience de la thématique VIH
  • Connaissance des contextes de la RDC
  • Excellentes capacités rédactionnelles
  • Parfaite maitrise du français.
  1. Modalités pratiques de soumission de la proposition

Les porteurs de projets sont invités à déposer leur dossier complet de 5 à 15 pages maximum comportant les éléments suivants à l’adresse email: « doi.applications@medecinsdumonde.net » en précisant en objet « « Enquête  de satisfaction  et attentes des jeunes sur les services VIH à  Goma et  Kinshasa» :

 

La proposition technique devra  inclure :

  • l’approche technique développée et la méthodologie détaillée,
  • la constitution de l’équipe, la répartition des responsabilités entre ses membres, les CV proposés et la disponibilité des membres
  • le calendrier prévisionnel de l’enquête
  • la proposition financière intégrant la répartition budgétaire

 

Date limite de dépôt des dossiers de candidature : 10 janvier

Démarrage de l’étude : 10 février

 

 

[1] Enquête Démographique de de santé de la RDC  2013-2014

[2] PNMLS 2013 ; profil du VIH/SIDA er RDC, cité par Digital congo.net.

 

[3] Radio OKAPI, interview du ministre de la santé de la RDC, 24 juin 2013

2016 12 D . Desjeux, The itinerary approach of a business anthropologist: between mobility, diversity and networks Dominique Desjeux

http://ej.lib.cbs.dk/index.php/jba/issue/view/687/showToc

Traduction en français ci-dessous après les articles en anglais

2016 11 Nouveau : O Paraíso do Consumo: Émile Zola, a magia e os grandes magazines

2016 11 vient de paraitre, pour ceux qui lisent le portugais (traduction de la présentation par la sociologue Roberta Dias Campos, UFRJ), le dernier livre du sociologue brésilien Everardo Rocha
everardo@puc-rio.br

O Paraíso do Consumo: Émile Zola, a magia e os grandes magazines (Le Paradis de la Consommation: Émile Zola, la magie et les Grands Magasins) étudie l’émergence de Grands Magasins au milieu du XIXe siècle, ses impacts socio-culturels et de sa contribution finale à l’expansion du système de consommation dans les temps modernes, suivant le fil du roman Au Bonheur des Dames, de Émile Zola. Trois thèmes sont mis en évidence: la place des femmes dans ce processus, la transformation de la relation entre la production et la consommation et l’expérience de la magie et du sacré dans l’espace d’achat.

Veja mais informações no evento do lançamento no Facebook: www.facebook.com/events/551877258331437

Será um prazer estar com vocês no lançamento do meu novo livro escrito em parceria com Marina Frid e William Corbo.

O Paraíso do Consumo: Émile Zola, a magia e os grandes magazines investiga a emergência das lojas de departamentos em meados do século XIX, seus impactos socioculturais e sua contribuição definitiva para a expansão do sistema de consumo na modernidade, tendo como fio condutor o romance Au Bonheur des Dames, de Émile Zola. Três temas são enfatizados: o lugar da mulher nesse processo, a transformação nas relações entre produção e consumo e as experiências da magia e do sagrado no espaço de compra.

 

2016 11 Association HANDEO, poste chargé.e de mission

2016-11-fiche-de-poste-charge-de-missions-caphandeo-mobilite

Nous recherchons pour notre association un chargé.e de mission sur le label Cap’Handéo en lien avec les services de mobilité dans le secteur du handicap. Le profil recherché est plus « commercial ».

Cyril DESJEUX

Directeur de l’Observatoire national des aides humaines

cyril.desjeux@handeo.fr

14, rue de la Tombe Issoire – 75014 PARIS

Tél. : 01 43 12 19 29

www.handeo.fr@Handeo_

2016 11 Laurence Bertéa-Granet, le Design Thinking

2016 11 Laurence Bertéa-Granet, le Design Thinking

Market Research News : l’actualité et le guide des études marketing la vie du conseil et des études marketing

De bonnes raisons d’être dans l’air du temps !

Laurence Bertéa-Granet

Deputy Director Qualitative Research Department
Harris Interactive

Pour Laurence Bertéa-Granet (Harris Interactive), si le Design Thinking a le vent en poupe, c’est pour de solides raisons. C’est bien parce que cette démarche — sans être la panacée universelle — est particulièrement susceptible de répondre aux exigences les plus fortes des entreprises d’aujourd’hui. Le besoin d’agilité bien sûr, avec la rapidité et l’efficacité qui vont avec. Mais aussi le souci de combiner la connaissance et l’action d’unseul tenant, avec tout ce que cela implique pour l’univers des études marketing.

http://www.marketresearchnews.fr/archives-dossiers-du-mois/design-thinking-mode-d-emploi/de-bonnes-raisons-d-etre-dans-l-air-du-temps.html

Laurence Bertéa-Granet fait parti du réseau des socio-anthropologues professionnels  :anthropik : www.anthropik.org

2011 11 Consultant Stratégie & Sociologie : la société unknowns recrute

2011 11 Consultant Stratégie & Sociologie : la société unknowns recrute

http://www.welcometothejungle.co/companies/unknowns/jobs

 

2016 11 Chercheuse-eur senior ou post-doc en consommation énergétique, pratiques sociales et interventions.

2016 11 Chercheuse-eur senior ou post-doc en consommation énergétique, pratiques sociales et interventions.

La Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne met au concours un poste

 

Date de début : 01.01.2017

Durée :   2-3 ans (à définir)

Taux :  60-80% (à définir)

Lieu :   Université de Lausanne

Délai pour les dossiers:  23.12.2016

 

Profil souhaité :

Doctorat en anthropologie, sociologie ou autre diplôme interdisciplinaire (ex. études du développement).

Expérience avec les approches et méthodes des sciences sociales, de préférence en lien avec la consommation énergétique.

Expérience avec les méthodes participatives serait un plus.

Publications dans des revues à comité de lecture

Excellent niveau en français et bon niveau en anglais ; connaissance d’allemand, un plus.

Description des taches :

 

En lien avec le projet « European Network for Research, Good Practice and Innovation for Sustainable Energy (ENERGISE) », financé par Horizon 2020 de la Commission européenne, rejoindre une équipe de chercheuses-chercheurs qui cherchent à améliorer la qualité et la quantité de consommation énergétique parmi les ménages en Suisse et en Europe. Contribuer à une approche conceptuelle qui prend en compte les « cultures énergétiques », les pratiques sociales liées aux services énergétiques, et la notion de « routine et ruptures » vers une consommation plus efficace ou moindre.

 

Comparer les « cultures énergétiques » suite aux interventions « Living Lab » dans huit pays européens, avec une considération particulière pour les pratiques sociales et le contexte socio-culturel des interventions. Comprendre similarités et différences entre les approches dans ces pays.

 

Organiser des « Living Labs » autour de la transition énergétique en Suisse, ou des interventions participatives qui engagent diverses acteurs (consommateurs, secteur privé/public etc.) au niveau des ménages et au niveau communautaire.

 

Recueillir des exemples d’interventions, vers des transitions énergétiques au niveau des ménages et au niveau communautaire. Contribuer au développement d’interventions (Living Lab design) et examiner les implications des interventions pour les politiques publiques. Participer aux séances de travail et contribuer aux publications académiques.

 

Travailler d’une manière indépendante et coordonner avec les partenaires du projet dans huit pays européens. Coordonner avec les partenaires suisses, tels que la Fédération Romande des Consommateurs and Services Industriels de Genève.

 

Modalités de soumission :

 

Les personnes intéressées sont priées d’adresser par courriel électronique une lettre de motivation, un curriculum vitae, une copie du titre de docteur, et une liste de publications à

 

Dr Marlyne Sahakian

Marlyne.Sahakian@unil.ch

 

2016 12 URGENT poste Chargé.e d’études

2016 12 URGENT poste Chargé.e d’études

Chargé(e) d’étude, ONPE, Paris (France)

2 décembre 2016

L’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) recrute un(e) chargé(e) d’étude pour une durée de 2 ans à compter du 1er janvier 2017, afin de faire un recensement, une analyse et une évaluation des dispositifs et pratiques.

Date limite de candidature : 2 décembre 2017

Contexte
Dans le cadre de ses missions légales, l’ONPE contribue, notamment, à l’amélioration de la connaissance des phénomènes de mise en danger des mineurs et recense les pratiques de prévention ainsi que de dépistage et de prise en charge médico-sociale et judiciaire des mineurs en danger, dont les résultats évalués ont été jugés concluants, afin d’en assurer la promotion auprès de l’Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics, des fondations et des associations oeuvrant dans ce domaine.

Missions
Sous la responsabilité du directeur de l’ONPE, et au sein d’un équipe pluridisciplinaire, le/la chargé(e) d’études assume les missions suivantes :

  • recensement, à l’analyse et à l’évaluation des dispositifs administratifs, institutionnels
  • et/ou d’intervention en protection de l’enfance ;
  • visites sur site avec un autre collaborateur de l’ONPE ;
  • rédaction des rapports et dossiers thématiques de l’ONPE.

Compétences requises

  • Doctorat en sociologie, sciences de l’éducation, anthropologie ou sciences politiques ;
  • Forte capacité d’analyse ;
  • Connaissances confirmées dans les domaines des sciences sociales et humaines ;
  • Forte connaissance des problématiques et du système français de protection de l’enfance ;
  • Capacités d’autonomie dans le travail et d’échanges collectifs avec l’ensemble des collaborateurs de l’ONPE et du GIPED issus de diverses formations et de champs disciplinaires variés, ainsi qu’avec l’ensemble des partenaires, notamment des services départementaux ;
  • Bon niveau d’anglais, à l’écrit comme à l’oral ;
  • Capacités rédactionnelles confirmées.
  • Doctorat en sociologie, sciences de l’éducation, anthropologie ou sciences politiques.

Post
Statut : contractuel (CDD de 2 ans) ou par voie de détachement
39 heures hebdos (2 RTT mensuels)
Salaire annuel minimum : 34 K€ + prime + chèques repas
Le poste prévoit des déplacements ponctuels
Poste à pourvoir le 1er janvier 2017

Modalités de soumission
Les CV et lettres de candidatures devront être adressés, sous la référence CHARETUD2 au plus tard le 02/12/2016 à :
M. Jérôme VICENTE, Directeur administratif et financier
GIP ENFANCE EN DANGER
BP 30302 – 75823 PARIS Cedex 17
Ou à l’adresse électronique.

Pour plus d’information, voir le site de l’ONPE.

Télécharger l’appel complet.

2016 10, D. Desjeux, P. Moati (éds.), Consommations émergentes, La fin d’une société de consommation ?

2016-10-livre-consommmations-emergentes

2016 10, D. Desjeux, P. Moati (éds.), Consommations émergentes, La fin d’une société de consommation ?, Le bord de l’eau

Introduction au livre par Dominique Desjeux

2016-10-introduction-conso-emergente-dd

Chapitre : L’émergence des nouvelles contraintes sociétales et géopolitiques qui organisent les stratégies des consommateurs français dans l’espace domestique

http://2014-06-obsoco-emergence-contrainte-societale-v4

 

2017 13 janvier, Quelles approches pour quelles populations : regards croisés sur la relation d’enquête

2017 01 13, Quelles approches pour quelles populations : regards croisés sur la relation d’enquête

AFS, Le réseau thématique RT11 « Sociologie de la Consommation et des Usages » de l’Association Française de Sociologie organise une journée d’étude sur la thématique « Quelles approches pour quelles populations ? Regards croisés sur la relation d’enquête »

Informations pratiques Date : vendredi 13 janvier 2017

Lieu : NIMEC-IAE de Rouen, 3, avenue Pasteur 76000 Rouen

Comité d’organisation : Renaud Garcia-Bardidia (Université de Rouen, NIMEC), Catherine Lejealle (ISC Paris), Jean-Philippe Nau (Université de Lorraine, CEREFIGE) et Dominique Roux (Université de Reims Champagne-Ardenne, REGARDS)
Modalités d’inscription : par mail à catherine.lejealle@iscparis.com Thématique et objectifs Quelles approches pour quelles populations : regards croisés sur la relation d’enquête

La question de la relation d’enquête est classique dans les approches ethnographiques en sociologie (Beaud et Weber, 2015). Elle peut se poser d’autant plus fortement que les populations étudiées posent des problèmes en termes d’accès (Robert Demontrond et al., 2013), de distance sociale entre les enquêteurs et les enquêtés (Pinçon et Pinçon-Charlot, 1991), ou encore des questions de positionnement politique du chercheur pris dans son terrain (Caratini, 2012). Cette question est en revanche plus émergente en Consumer Research, tant du fait du développement plus récent de ces approches (Mamali, 2015), que de conception de la consommation leur laissant moins de place. Les questionnements soulevés se voient par ailleurs renouvelés avec l’apparition de nouvelles médiations entre chercheurs et enquêtés (Demazière et al. 2011) ainsi que par les méthodes de collectes qui vont y être associées (Kozinets, 2002). Cette journée sera l’occasion de réunir des chercheurs sur la consommation qui s’intéressent à des populations sur lesquelles il est difficile d’enquêter. L’objectif est d’échanger sur les problèmes rencontrés dans ces terrains, les différents types de questions soulevées et les façons dont les chercheurs y font face. Ce programme permettra donc d’aborder certaines questions : comment travailler avec et sur une relation d’enquête problématique ? Comment s’immerger mais aussi se distancier de ce type de terrain ? Quelles approches méthodologiques et quels artefacts envisager pour accéder au terrain ? La journée est structurée autour de trois temps associés à des populations de consommateurs ou d’usagers pour lesquelles la relation d’enquête peut être problématique – les enfants, les sous-cultures déviantes et le monde des jeux vidéo en ligne – et des approches méthodologiques qui permettent de s’y adapter. Afin de lancer la discussion, chaque intervenant commencera par exposer les approches qu’il a mises en place dans le cadre de ses recherches, les données qu’il a recueillies, les difficultés qu’il a rencontrées par rapport à la population étudiée, la manière dont il les a surmontées et enfin, les limites des méthodes utilisées.

2016 10, D. Desjeux, L’information santé, un sujet sensible (video)

2016 10, D. Desjeux, L’information santé, un sujet sensible (video)

Dominique Desjeux, anthropologue et professeur émérite, Paris Descartes, Sorbonne, dissèque pour l’Observatoire de l’information santé, le jeu de pouvoir et de coopération dans la circulation de l’information santé, à l’occasion de la 3ème Rencontre IRL (In Real Life) du Club Digital Santé 2016 sur le thème de « La littératie numérique pour une meilleure relation médecin-patient dans la e-santé ».

http://www.capitalimage.net/rp-et-communication/info-sante-un-jeu-de-pouvoir-et-de-cooperation/417/

L’information santé, un sujet sensible
L’information en santé peut être multiforme : une information médicale ou de recherche, une information portant sur le budget ou encore une information produite par un malade…  Nous pensons qu’une information est neutre et qu’il suffit d’échanger et de coopérer. Mais la sociologie des organisations, qui s’applique à tous les systèmes d’action, nous a appris le contraire. Elle est un enjeu entre les acteurs ; échanger de l’information est risqué. Lorsqu’un patient donne, par exemple, une information à un médecin, le médecin peut la classer dans un dossier qui peut être hacké ou volé et transmis à une assurance qui pourra éventuellement changer le système de prime en fonction de la nature de la maladie du patient. Cet exemple est un raccourci pour montrer le fantastique enjeu qu’est l’information.

Une rétention de l’information entre les différents acteurs
Au sein d’un hôpital, directeur, administratifs, professeurs de médecine, infirmiers, aides-soignants…, tous les acteurs ont une façon de traiter l’information par rapport à leur spécificité comme le fonctionnement de l’hôpital,  la rentabilité du service, les techniques de soins, etc. Tous ont de l’information mais personne n’a intérêt à là donner complètement au risque de donner prise à l’autre.

Une circulation de l’information qui passe par des réseaux
Dans le domaine de la santé comme dans d’autres domaines, les acteurs s’organisent autour de la circulation de l’information. Cette information passe par des réseaux, mais aussi par des zones d’incertitude comme le nombre de malades, ceux de courte durée ou de longue durée, une nouveauté médicale ou informatique… La question est de savoir comment faire circuler toutes ces informations dans un jeu de pouvoir et de coopération. Pour gérer les incertitudes ou les problèmes, tous les acteurs font circuler plus ou moins l’information en faisant attention de ne pas donner d’atouts aux autres pour que cela ne se retourne pas contre eux.

En savoir plus, http://www.observatoiredelinfosante.com/

2016 06, D. Desjeux (video), « De quoi ce million de vaches clonées est-il le symptôme ? » La réaction de Dominique Desjeux, anthropologue

2016 06, D. Desjeux (video), « De quoi ce million de vaches clonées est-il le symptôme ? » La réaction de Dominique Desjeux, anthropologue

http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=4125#.V8maDTX7jRc

Science, éthique, économie, bien-être animal… Ferme chinoise des 1 million de vaches clonées.
« De quoi ce million de vaches clonées est-il le symptôme ? » La réaction de Dominique Desjeux, anthropologue.
Réalisé par la Mission Agrobiosciences.
Que faut-il penser de l’annonce de la construction, en Chine, d’un centre visant à produire à la chaîne des vaches clonées ? Après l’analyse de Jean-Paul Renard, biologiste, père du clonage en France, et la réaction du philosophe Vincent Grégoire-Delory sur les aspects éthiques, la Mission Agrobiosciences a sollicité le point de vue de l’anthropologue Dominique Desjeux. Pour ce fin connaisseur de la Chine, il faut voir dans ce projet une volonté de sécuriser les approvisionnements alimentaires de ce pays, dans un contexte de fort accroissement de la demande en produits animaux. Reste cette question, que ce spécialiste de l’innovation n’évacue pas : comment va être perçue cette production industrielle de vaches clonées ? Tous ses éléments de réponse ci-dessous….

Clonage : La réaction de Dominique Desjeux from AGROBIOSCIENCES TV on Vimeo.

Visionner l’entretien avec Jean-Paul Renard, biologiste, « père » du clonage en France, suivi de la réaction de Vincent Grégoire-Delory (éthicien).
Sur le clonage, on peut lire également sur le site de la Mission Agrobiosciences :
- Chatte sur un thème brûlant (les débuts du clonage récréatif), par Bertrand Jordan, généticien (2003)
- Première présentation d’un pur sang cloné, revue de presse, 2006
- « Le silence des clones », une restitution de la Conversation de la Maison Midi-Pyrénées (2007), avec Joël Gellin, généticien (Inra) et Emmanuelle Rial-Sebbag, juriste.
- Peut-on manger des clones ?, un entretien avec Joël Gellin (2008)

2016 06, Estelle Galateau, D Desjeux, La transition énergétique (PWT de synthèse sur la viande et les NTIC)

2016 06, Estelle Galateau, D Desjeux, La transition énergétique : une tension entre confort et ascèse. Le cas de la  consommation de viande et des usages des NTIC comme analyseur de la consommation d’énergie.

Estelle-Fleur GALATEAU, Docteure en sociologie de l’Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, Rattachée au laboratoire CEPED (UMR 196)
Professeur émérite Dominique DESJEUX, anthropologue, CEPED
Enquête ECOPA, lancée en 2012, sur financement de l’Agence Nationale de la Recherche sur une comparaison avec le Brésil. Coresponsable scientifique Carine Barbier (CIRED).
CIRED Paris 21-23 juin 2016

2016 06 La transition énergétique : une tension entre confort et ascèse. Le cas de la  consommation de viande et des usages des NTIC comme analyseur de la consommation d’énergie

2016 06, N. Grandjean, C. Lobet-Maris, P. Vanmeerbeek (éds.), Petits entretiens de la vie privée (D. Desjeux)

http://pun.be/fr/livre/?GCOI=99993100789840

Petits entretiens de la vie privée2016 06, COUV ENTRETIENS VIE PRIVEE WEB

Expérience quotidienne sur le web
Directeurs éditoriaux Nathalie Grandjean, Claire Lobet-Maris, Perrine Vanmeerbeek
Presses universitaires de Namur | Univer’Cité
Info

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Vivre et agir sur Internet demande de s’y dévoiler dans ses opinions, ses goûts et ses comportements … C’est à ce prix que nous existons sur les réseaux sociaux. Est-ce pour autant la fin de la vie privée ? En
se focalisant sur l’idée alarmiste que la vie privée disparaît, nous oublions de nous poser les questions politiques essentielles de ce qui est en train de disparaître, et de ce que nous devons reconfigurer
pour préserver notre vivre ensemble et notre développement personnel.
Loin des injonctions simplistes invitant chacun d’entre nous dans un combat d’arrière garde à protéger ses données personnelles, ce livre apporte un éclairage essentiel sur ce qu’il nous arrive, mais
aussi des réponses pragmatiques pour tracer les voies d’une ‘bonne vie’ sur Internet dans le respect des personnes et de la démocratie.
L’ouvrage est basé sur une série d’entretiens d’experts de différents domaines, de fins observateurs de la vie digitale. Chacun apporte un angle d’analyse, une manière d’envisager la société actuelle, sans
langue de bois. Les différents points de vue permettent au lecteur de retrouver des prises pour comprendre le monde digital, mieux s’y repérer, et dès lors, développer d’avantage de capacités d’action.

Experts interrogés : Serge Abiteboul (ingénieur), Pierre-Antoine Chardel (philosophe), Jean-Michel Cornu (ingénieur), Dominique Desjeux (anthropologue), Nicole Dewandre (ingénieure, philosophe),
Cécile de Terwangne (juriste), Fanny Georges (sciences de la communication), Nathalie Grandjean (philosophe), Daniel Kaplan (économiste, sciences politiques), Claire Lobet-Maris (sociologue),
Jean-Marc Manach (journaliste), Antoinette Rouvroy (juriste, philosophe), Serge Tisseron (psychanalyste, psychiatre), Sophie Vulliet-Tavernier (juriste, sciences politiques, sciences de l’information).

2016 05, D. Desjeux, Comment l’histoire du jeu de loto se croise avec l’histoire des français

2016, 05 vendredi 13 mai : France 5, C à vous avec Dominique Desjeux : http://pluzz.francetv.fr/videos/c_a_vous,139643421.html

2016 05, D. Desjeux, Comment l’histoire du jeu de loto se croise avec l’histoire des français : Etude D. Desjeux – 40 ans LOTO

2016 11 mai : interview France Info

2016 12 mai : interview stylist

Revue de presse :

http://lci.tf1.fr/france/societe/le-loto-fete-ses-40-ans-73-des-francais-y-ont-deja-joue-8741865.html

https://www.fdj.fr/page/vendredi13-superstitions/titre/vendredi13-superstitions

https://marketingemotionnel.com/2016/05/13/un-peu-de-happy-marketing-pour-vendredi-bonheur/

http://www.libellulesmagazine.net/2016/05/vendredi-13-chances-gagner-au-loto/

2016 03, D. Desjeux, sur la coproduction à l’heure du numérique, CESE

2016 03 : D. Desjeux, La coproduction à l’heure du numérique, questions à M. Dominique DESJEUX, professeur émérite d’anthropologie sociale et culturelle à l’Université Paris – Descartes, auditionné par la Section des activités économiques du CESE dans le cadre de la saisine : « La coproduction à l’heure du numérique : quels risques et quelles opportunités pour le consommateur et l’emploi ? ».

2016 03 La coproduction à l’heure du numérique (PowerPoint de présentation)

CESE : Conseil Economique, Social et Environnement

2016 03, D. Desjeux, De l’observation des usages chez le consommateur aux succès des innovations : un parcours incertain

2016 03, D. Desjeux, De l’observation des usages chez le consommateur aux succès des innovations : un parcours incertain

Dominique Desjeux, anthropologue
Professeur émérite à la Sorbonne
université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité
www.argonautes.fr (mise en ligne des enquêtes sur les consommateurs, les décisions et les innovations)

ENS Chimie, Paris 24 mars 2016

2016 03 De l’observation des usages aux succès des innovations ENS

2016 02 15, D. Desjeux, une approche anthropologique des énergies renouvelables

2016 02 15, D. Desjeux, une approche anthropologique des énergies renouvelables (1heure 32 à 1heure 43)

17ème Colloque du SER – Table Ronde 2

Ajoutée le 15 févr. 2016

ÉNERGIE : DU GLOBAL AU LOCAL, L’INNOVATION AU CŒUR DES ENJEUX

La production d’énergies renouvelables se développe à toutes les échelles. Quelles réponses économiques ? Comment gérer les équilibres ?

 

2016 01, D. Desjeux, Le paradoxe de l’innovation, entre enchantement et contraintes, les marges de manœuvre

2016 01, D. Desjeux, Le paradoxe de l’innovation, entre enchantement et contraintes, les marges de manœuvre
Paris le 26 janvier 2016, Observatoire de l’énergie
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, consultant international. www.argonautes.fr

2016 01 EDF Innovation conso econome V4

2016 01, D. desjeux, Approche politique et sociétale de l’EHS. L’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques.

2016 01, D. desjeux, Approche politique et sociétale de l’EHS. L’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques. Existe-t-il une réponse opérationnelle ?

Dominique Desjeux, anthropologue
Professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne paris Cité
Président du conseil scientifique de Bouygues Telecom
Consultant international
Paris le 20 janvier 2016

2016 01 Approche politique et sociétale de l’EHS

2016 01, D. Desjeux, YANG Xiaomin, HU Shen, Classe moyenne et consommation ou les mutations silencieuses de la société chinoise, depuis 1997

2016 01, D. Desjeux, YANG Xiaomin, HU Shen, « Classe moyenne et consommation ou les mutations silencieuses de la société chinoise, depuis 1997 » in Béatrice Bouvier, Anne Pauzet (éds.), Arts et intercultures ou les mutations silencieuses de la chine contemporaine, 2016, Les éditions de l’UCO, Angers, pp. 11-27 :

2015 04 ANGERS Classe moyenne et consommation ou les mutations silencieuses de la société chinoise, depuis 1997 V2

2014 11 D. Desjeux, Un regard anthropologique sur la vie quotidienne en chine depuis 1997, les grands bons en avant de la culture matérielle, les permanences de la culture chinoise, l’émergences de nouvelles générations : 2014 11 CHINE VIE QUOTIDIENNE UCO – Copie  18 ans de photos sur la Chine des villes au quotidien

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2016 01, note de lecture détaillée sur le livre Sapiens, D. Desjeux, anthropologue

2016 01 couv sapiens2016 01, note de lecture détaillée sur le livre Sapiens, une brève histoire de l’humanité par Yuval Noah Harari, 2015 en français (2011 pour la première publication en hébreu), 501 p.

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité

« Les hommes de science supposent habituellement qu’aucune théorie n’est à 100 % correcte. Par conséquent, la vérité est un médiocre test du savoir. Le véritable test, c’est l’utilité. Une théorie qui nous permet de faire de nouvelles choses constitue le savoir ».

Yuval Noah Harari, Sapiens, p. 305

 

Le livre de Yuval Noah Harari peut autant se lire comme un roman, celui du déroulement aléatoire de l’humanité, que comme un livre d’épistémologie sur la méthode historique et la relativité du sens, que comme un livre sur les processus d’innovation et le jeu entre l’écosystème, la biologie, les cadres mentaux, les innovations techniques, les stratifications sociales, l’économique, les institutions, la religion, la coopération, la survie et le bonheur, mais aussi comme une mise en garde contre les menaces qui pèse sur la planète. Mes remarques incidentes sont en italique dans le texte.

 

Comme l’écrit Yuval Noah Harari, il y a « 6 millions d’années, une même femelle eut deux filles : l’une qui est l’ancêtre de tous les chimpanzés ; l’autre qui est notre grand-mère. » Cette grand-mère a donné naissance aux humains, c’est-à-dire aux animaux appartenant au genre homo. Le terme Sapiens au pluriel ne désignera dans ce livre que « les membres de l’espèce Homo sapiens », nos ancêtres qui nous ressemblaient énormément et peuplaient l’Afrique orientale il y a 150 000 ans. Sapiens c’est le début de notre histoire pour le meilleur et pour le pire, le bien et le mal étant inséparables d’un point de vue historique comme va le rappeler Harari tout au long de son récit souvent hétérodoxe.

Dès -300 000 avant notre ère, les ancêtres d’Homo sapiens faisaient déjà du feu ce qui leur permettait de se protéger des animaux sauvages, de chasser et de faire la cuisine et donc de rendre digestibles certains aliments. La cuisson va permettre aux Homo de mieux gérer l’énergie dépensée pour digérer, ce qui demande cinq heures de mâchonnement pour des aliments crus, temps ramené à une heure pour des aliments cuits. Ce changement entraîne un raccourcissement de l’intestin et du tube digestif au profit de l’accroissement de la boîte crânienne et d’une plus grande quantité d’énergie disponible pour le cerveau et donc de capacité à produire de l’imaginaire.

La révolution cognitive de l’homo sapiens ou la naissance d’un « serial killer écologique »

En – 70 000, le monde connaît le premier des trois grands changements qui va bouleverser le monde avec tout d’abord la révolution cognitive, celle de «l’invention des bateaux, des lampes à huile, des arcs et des flèches, des aiguilles (essentielles pour coudre des vêtements chauds). Les premiers objets que l’on puisse appeler des objets d’art ou des bijoux datent de cette période, de même que les premières preuves irrécusables de religion, de commerces et de stratification sociale. […] avec l’apparition de la parole et du langage. » Elle sera suivie par la révolution agricole vers – 9000 et par «La révolution scientifique, engagée voici seulement 500 ans, et qui pourrait bien mettre fin à l’histoire. »

La période des chasseurs-cueilleurs – traduit par l’anglicisme « fourrageurs » qui signifie autant celui qui cherche, que celui fait un raid militaire, d’après le Harrap’s, ce qui n’est pas mal comme traduction quand on connaît la suite de l’histoire… – va s’étendre de -70 000 à -9000. La particularité de l’Homo sapiens est qu’il a un gros cerveau, même s’il est plus petit que celui de Neandertal, qu’il marche debout et que, par rapport aux autres mammifères, ses petits ne sont pas autonomes. Il lui faudra donc développer de fortes capacités à coopérer pour survivre : « élever des enfants nécessitait l’aide constante des autres membres de la famille et des voisins. Il faut une tribu pour élever un homme. Ainsi l’évolution favorisa-t-elle ceux qui étaient capables de nouer de robustes liens sociaux. »

Cette capacité à coopérer, et donc à former des groupes plus puissants que ceux des autres humains, et à créer des fictions, et donc des croyances collectives, va expliquer l’essor de l’Homo sapiens et l’élimination de tous les autres du genre homo, soit par métissage soit par la guerre, ainsi que celle de la plupart des grands mammifères. En – 45 000, « un gros animal, le diprotodon avait résisté à « au moins dix ères glaciaires antérieures […] Sa disparition correspond avec l’arrivée de Sapiens en Australie, ainsi que celle de 90 % des gros animaux qui ont disparu en même temps que lui […] Les Maoris, premiers colons Sapiens de la Nouvelle-Zélande, arrivèrent voici 800 ans. En l’espace de deux siècles, la majorité de la mégafaune locale disparut en même temps que 60 % des espèces d’oiseaux locales. » L’auteur affirme que le déplacement de Sapiens de l’Afrique vers le Moyen-Orient, l’Europe, l’Asie, le Pacifique puis l’Amérique « a été l’une des catastrophes écologiques les plus amples et les plus rapides qui se soient abattues sur le règne animal […] Homo sapiens provoqua l’extinction de près de la moitié des grands animaux de la planète, bien avant que l’homme n’invente la roue, l’écriture, les outils de fer. » À Madagascar, les gros animaux « disparurent subitement voici 1500 ans, précisément quand les premiers hommes mirent le pied sur l’île. » C’est pourquoi « l’histoire de l’Homo sapiens donne l’image de celle d’un serial killer écologique. »

Cette capacité à détruire ne relève pas que de la sélection biologique. Pour Harari «la capacité à créer une réalité imaginaire à partir de mots a permis à un grand nombre d’inconnus de coopérer efficacement » et donc de vaincre, de survivre et d’échanger sur de longues distances. « Au final la biologie fixe les paramètres de base du comportement et des capacités de l’Homo sapiens. Cependant, se référer exclusivement aux contraintes biologiques serait se conduire comme un journaliste sportif de radio, suivant la coupe du monde de football, et qui ne donnerait à ses auditeurs qu’une description minutieuse du terrain au lieu d’expliquer ce que font les joueurs. » (p.52)

La croyance dominante du fourrageur est l’animisme ce qui veut dire que «chaque lieu, chaque animal, chaque plante, chaque phénomène naturel a une conscience et des sentiments, et peut communiquer directement avec les humains […] Il existe aussi des entités immatérielles [« non humaines » p. 73] : les esprits, des morts, des êtres amicaux et malveillants, ce que nous appelons de nos jours les démons, les fées et les anges. »

On retrouve, pour une part, cette croyance aujourd’hui dans la « transsubstantiation » publicitaire et dans la théorie « animiste » de « l’acteur réseau » de Bruno Latour et Michel Callon, ce qui confirme, de façon inattendue, une forme de continuité historique des comportements humains depuis 70 000 ans. L’auteur fait ressortir un croisement permanent entre le matériel (biologique, économique et technique), le social basé sur les réseaux, la coopération et les relations de pouvoir, et le symbolique qui fonde les croyances, la confiance et les illusions nécessaires à l’action, depuis l’Homo sapiens d’hier jusqu’à celui d’aujourd’hui.

Cependant, cela ne veut pas dire, pour l’auteur, qu’Homo sapiens est devenu plus intelligent en passant de la révolution cognitive à la révolution agricole puis à la révolution scientifique, ni que son bonheur ait augmenté : « rien ne prouve que les hommes soient devenus plus intelligents au fil du temps. »

Cette approche macro-historique n’enchante pas l’histoire que ce soit au nom d’un progrès messianique ou d’un catastrophisme apocalyptique. Harari nous présente une histoire réaliste et ambivalente d’où l’on ne peut séparer le bien du mal, et dans laquelle il n’existe aucun sens préétabli ni aucun futur prédéterminé du fait de ce jeu permanent entre le biologique, le social et le symbolique qui brouille sans cesse les cartes de l’avenir. L’auteur prend même un malin plaisir à retourner nos croyances par rapport aux progrès, à la nature ou aux résultats positifs du malheur.

La révolution agricole, la fin de la vie facile

La révolution agricole, qui voit la disparition des fourrageurs, émerge autour de -9500/-8 500 avant l’ère commune « dans les terres montagneuses du sud-est de la Turquie, de l’ouest de l’Iran et du Levant […] Aujourd’hui encore, malgré nos technologies avancées, 90 % des calories qui nourrissent l’humanité proviennent de la poignée de plantes que nos ancêtres domestiquèrent entre -9500 et -3500 : blé, riz, maïs, pommes de terre, millet et orge […] les animaux domestiqués – moutons, poule, âne et autres – fournirent nourriture (viande, lait,), matières premières (ou lait) et force musculaire. Jusqu’ici accomplis par les hommes, les transports, le labourage, le moulage et d’autres tâches furent de plus en plus délégués aux animaux. » L’énergie animale permit de démultiplier la force de l’énergie humaine.

Cependant, l’auteur note qu’aucun « animal ni aucun végétal important n’ont été domestiqués au cours des deux derniers millénaires. Si nos esprits sont ceux des chasseurs-cueilleurs, notre cuisine est celle des anciens fermiers. » Cela veut dire qu’au « premier siècle de notre ère, l’immense majorité des hommes de la majeure partie du monde était des agriculteurs ».

C’est la victoire finale du sédentaire Caïn sur l’éleveur nomade Abel, pour faire écho au livre de la Genèse.

Si les révolutions agricoles ont débuté au Moyen-Orient, en Chine, en Indonésie, en Amérique centrale et en Afrique sahélienne et non pas en Afrique du Sud, en Alaska, en Sibérie ou en Australie, c’est pour une raison majeure : il existe très peu de végétaux et d’animaux qui soient domesticables. Les seules qui existaient étaient dans ces régions.

Mais surtout « loin d’annoncer une ère nouvelle de vie facile, la révolution agricole rendit généralement la vie des cultivateurs plus difficile, moins satisfaisante que celle des fourrageurs. Les chasseurs-cueilleurs occupaient leur temps de manière plus stimulante et variée et se trouvaient moins exposés à la famine et aux maladies. » À l’inverse, les agriculteurs qui utilisent la charrue souffrent d’arthrite ou de hernie comme on peut le voir sur les squelettes retrouvés aujourd’hui.

C’est le début des maladies squeletto-musculaires !

La révolution agricole n’améliora donc pas le sort de l’humanité, mais « elle se solda plutôt par des explosions démographiques » et l’apparition des premières hiérarchies sociales, comme il le rappelle en faisant référence au livre de Jared Diamond De l’inégalité parmi les sociétés (1997). « L’essence de la révolution agricole c’est : la faculté de maintenir plus de gens en vie dans des conditions pires […] la révolution agricole fut la plus grande escroquerie de l’histoire. » (p. 104)

C’est la fin des sociétés d’abondance de chasseurs-cueilleurs décrites par Marshall Salhins dans Âge de pierre, âge d’abondance (1974).

Pour Harari, le problème de la perspective purement évolutionniste est qu’elle « juge tout d’après les critères de la survie et de la reproduction, sans considération de la souffrance ni du bonheur individuel. »

Or la révolution agricole c’est aussi le début des famines et de l’inquiétude par rapport au futur : « Le souci de l’avenir s’enracinait dans les cycles saisonniers de production, mais aussi dans l’incertitude fondamentale de l’agriculture. La plupart des villages vivant de la culture d’une variété très limitée de plantes et d’animaux domestiqués, ils étaient à la merci de sécheresses, d’inondations et d’épidémie. Les paysans étaient obligés de produire plus qu’ils ne consommaient afin de constituer des réserves. » C’est pourquoi Harari résume de façon lapidaire la réalité de l’histoire humaine « L’Histoire est une chose que fort peu de gens ont faite pendant que tous les autres labouraient les champs et portaient des seaux d’eau. » En effet « jusqu’à la fin des temps modernes, plus de 90 % des hommes étaient des paysans qui se levaient chaque matin et qui travaillaient la terre à la sueur de leur front. L’excédent produit nourrissait l’infime minorité de l’élite qui remplit les livres d’histoire : Rois, officiels, soldats, prêtres, artistes et penseurs. » L’histoire est le plus souvent celle de ceux qui étaient au sommet de la hiérarchie.

L’apparition des nombres et de l’écriture comme moyen de gestion des stocks de céréales et des impôts

En -3100 apparait le premier royaume égyptien autour de la vallée du Nil. Avec l’empire nait un des grands facteurs de la mondialisation d’hier à aujourd’hui comme Harari va le montrer un peu plus loin en présentant sa thèse sur l’unification du monde vue du point de vue macro-historique. L’agriculture produit un surplus qui permet de percevoir un impôt et de stocker des réserves de céréale, ce qui demande de maitriser les nombres et l’écriture qui apparurent avec les Sumériens vers – 3500/3000.

Comme le rappellera l’historien Shlomo Sand dans son livre « Crépuscule de l’histoire » paru en 2015, en référence au travail de Wittfogel sur « Le despotisme oriental », la naissance de l’agriculture doit beaucoup aux sociétés hydrauliques, entre le Tigre et l’Euphrate pour la Mésopotamie, le long du Nil pour l’Égypte ou du fleuve Jaune pour la Chine.

Entre -1000 et -500 apparurent au Moyen-Orient les premiers grands empires avec « l’empire néo-assyrien, l’empire babylonien et l’Empire perse à la tête de plusieurs millions de sujets et commandant des dizaines de milliers de soldats. » En Chine, la dynastie Qin gouvernait 40 millions de sujets sur lesquels il levait l’impôt afin de financer « une armée permanente de centaines de milliers de soldats et une bureaucratie complexe forte de plus de 100 000 fonctionnaires. » Les Romains vont faire l’unité du bassin méditerranéen peu de temps après : « L’Empire romain collectait des impôts auprès de 100 millions de sujets. Ces recettes financèrent une armée permanente de 250 000 à 500 000 soldats, un réseau de routes encore utilisées 1500 ans plus tard. » Au commencement de l’histoire était l’empire, avec l’empire naît la bureaucratie à la fois comme un moyen de standardisation, et donc de simplification, et comme un outil de domination

Cf. le livre de David Graeber, « Bureaucratie », 2015, sur la complexification bureaucratique

Tous les empires fonctionnent sur la coopération entre les humains qui repose elle-même sur l’oppression et l’exploitation des paysans. Ces réseaux de coopération ne fonctionnent que grâce « à l’adhésion à des mythes partagés. » Une des fonctions de l’armée, de la police des tribunaux et des prisons est de faire en sorte que les humains se conforment aux représentations qui assurent l’adhésion aux imaginaires collectifs et donc au fonctionnement des sociétés : « Nous croyons en un ordre particulier non pas parce qu’il est objectivement vrai, mais parce qu’y croire nous permet de coopérer efficacement et de forger une société meilleure. Les ordres imaginaires ne sont ni des conspirations exécrables ni des mirages. Ils sont plutôt la seule façon pour les hommes de coopérer effectivement. » Ordre imaginaire et écriture sont les deux grands moyens qui ont permis à Sapiens de compenser le manque de programmation biologique en faveur d’une coopération élargie favorisant le développement des sociétés, de l’agriculture et des empires.

Cette vision « real historique » de l’évolution des sociétés humaines par Harari, s’appuie sur quelques règles empiriques simples : « Dans une perspective biologique, rien n’est contre nature. Tout ce qui est possible est aussi naturel par définition. » La culture dit ce qui est permis, prescrit ou interdit en fonction des croyances du moment : « La biologie permet, la culture interdit. » Et comme le rappelle Harari, les cultures sont elles-mêmes en perpétuelle évolution. C’est pourquoi « contrairement aux lois de la physique, qui n’admettent pas la moindre inconséquence, tout ordre humain est truffé de contradictions internes. » Tout le monde ne gagne pas. Les gagnants de demain peuvent être les fils des vaincus d’hier. Comme il l’écrira plus loin, page 227 « il n’y a pas de justice dans l’histoire. »

À partir de ces quelques principes méthodologiques, il va essayer de montrer que l’histoire a un sens sur le long terme, mais que celui-ci n’est pas visible à une échelle microsociale. Il n’est visible qu’à l’échelle macrosociale, celle du millénaire : «De là, les choses deviennent claires comme de l’eau de roche : l’histoire progresse implacablement, vers l’unité. L’éclatement du christianisme et la chute de l’empire mongol ne sont que des ralentisseurs sur la grande route de l’histoire. » (p. 198) La thèse centrale de l’auteur est qu’autour du premier millénaire l’on a vu apparaître trois grands ordres « potentiellement universels… Le premier ordre universel à paraitre était économique : l’ordre monétaire ; le deuxième était politique : l’ordre impérial ; et le troisième religieux : l’ordre des religions universelles telles que le bouddhisme, le christianisme et l’islam. » (p. 204)

La monnaie, les empires et les religions, les trois grands moteurs de l’unification de fait et non linéaire du monde

L’élargissement des sociétés rend difficile le seul usage du troc qui fonctionne sans trop de difficulté au sein des petits groupes et quand les biens à échanger ne sont pas nombreux. Il montre, par exemple, que d’après Glyn Davies dans son histoire de la monnaie (1994) qu’avec 100 produits différents qui s’échangent sur un marché, « acheteurs et vendeurs devront connaître 4 950 taux de change », et qu’avec un millier de produits il faudrait jouer avec presque 500 000 taux différents. La monnaie apparaît bien comme un standard, comme un moyen de simplifier les échanges et de les rendre universels. Mais la monnaie n’est pas une réalité matérielle. Elle repose sur une confiance immatérielle qui repose sur une standardisation du poids de métal précieux, or ou argent, et de la légitimité qui lui est donnée par le pouvoir politique dont le sceau apparaît sur la monnaie

Cf. Le chapeau de Vermeer. « Le XVIIème siècle à l’aube de la mondialisation », par Timothy Brook (2008, 2010) sur la pesée de l’argent chapitre 6, et du poids de la chine dans l’économie mondiale.

La circulation de la monnaie repose sur un mythe partagé et donc sur quelque chose de fragile. Sa valeur est purement culturelle. Cette fragilité explique pourquoi il est impossible « de comprendre l’unification de l’humanité comme un processus purement économique. » Il faut des « institutions », comme aurait dit l’anthropologue Mary Douglas.

Cf. Niall Fergusson, « L’irrésistible ascension de l’argent, de Babylone à Wall Street » (2009), dans lequel il montre comment la monnaie papier a permis, entre autre, des échanges plus fluides, le développement des banques, le crédit et la croissance occidentale au 18ème siècle, et on pourrait ajouter les crises monétaires et le « risque moral qui dépend de la confiance que les épargnants font à l’Etat pour couvrir les risques des faillites bancaires, cf. Paul Krugman, « Pourquoi les crises reviennent toujours » (2009)

C’est pourquoi cette unification repose aussi sur un processus politique, celui des empires : « les empires ont été une des principales raisons de la forte réduction de la diversité humaine. Depuis 2500 ans, les empires sont même les organisations politiques les plus courantes. Elles sont des organisations stables et favorisent l’intégration et le métissage culturel entre petites sociétés diversifiées. » Pour montrer ce métissage historique, l’auteur prend l’exemple des juifs modernes. « Si le roi David devait apparaître dans une synagogue ultra-orthodoxe de Jérusalem, aujourd’hui, il serait éberlué d’y trouver des gens habillés à la manière d’Europe orientale et parlant un dialecte germanique (le yiddish) », ce qui n’existait pas dans l’ancienne Judée et qui relève donc du métissage.

Tout cela veut dire que « peindre en noir tous les empires, c’est désavouer tout l’héritage impérial, c’est rejeter l’essentiel de la culture humaine. » L’auteur rappelle tout ce que l’on doit aux empires, comme l’Empire romain qui a permis à Cicéron, Sénèque et Saint-Augustin de prendre du temps pour écrire et réfléchir, ou bien la construction du Taj Mahal par l’Empire Moghol, ou bien que « les profits que l’empire des Habsbourg retira de sa domination des provinces de langue slave, magyare et roumaine, financèrent les salaires de Haydn et les commandes passées à Mozart. » Il se demande ce qu’un « ultranationaliste hindou qui voudrait détruire tous les bâtiments laissés par les conquérants britanniques, comme la gare Centrale de Bombay, ferait avec les constructions des conquérants musulmans comme le Taj Mahal ? »

Harari reconnait avec lucidité que « nul ne sait réellement résoudre cette épineuse question de l’héritage culturel. Quelle que soit la voie suivie, la première étape consiste à prendre acte de la complexité du dilemme et à accepter que la division simpliste du passé en braves types et en sales types ne mène à rien. À moins, bien entendu, que nous soyons prêts à admettre que nous marchons habituellement sur les brisées des sales types. » Aujourd’hui, le problème des empires s’est encore déplacé avec « l’apparition de problèmes foncièrement mondiaux, comme la fonte de la calotte glaciaire, qui entame ce qu’il peut rester de légitimité aux États-nations indépendants. »

Le troisième grand ordre d’unification de l’humanité a été la religion. C’est une affirmation paradoxale puisque de nos jours « la religion est souvent considérée comme source de discrimination, de désaccords et de désunion. En vérité, pourtant, elle a été le troisième grand unificateur de l’humanité avec la monnaie et les empires. Les ordres sociaux et les hiérarchies étant toujours imaginaires, tous sont fragiles. Ils le sont d’autant plus que la société est vaste. Le rôle historique crucial de la religion a été de donner une légitimité surhumaine à ces structures fragiles. »

Au temps de l’animisme, il fallait tenir compte des intérêts des humains et des non humains. La révolution agricole a rendu muets les animaux et les plantes. En les rendant muets, Sapiens court un risque qui est de perdre la protection magico-religieuse de ses récoltes et de sa santé. Il a donc fallu inventer les dieux, avec le polythéisme, pour jouer les intermédiaires entre les hommes et les récoltes afin de limiter les risques qui naissent de l’incertitude de la révolution agricole : « des millénaires durant, après la révolution agricole, la liturgie religieuse consistait essentiellement pour les hommes à sacrifier des agneaux, du vin et des gâteaux, en échange desquels les forces divines promettaient des récoltes abondantes et des troupeaux féconds ».

« La première religion monothéiste que nous connaissions est apparue en Égypte autour de -1350 avant notre ère, quand le pharaon Akhenaton déclara qu’une des divinités mineures du panthéon égyptien, le dieu Aton, était en réalité la puissance suprême qui gouvernait l’univers ». Ensuite vers – 1000, « les religions universelles et missionnaires ont commencé à apparaître. Leur émergence est l’une des révolutions les plus importantes de l’histoire et une contribution vitale à l’unification de l’humanité, au même titre que l’émergence d’empires universels et d’une monnaie universelle ». Elles ont éliminé les religions polythéistes et en même temps elles les ont réintroduits sous la forme de saints, par exemple, ou de date de rituels religieux qui reprenaient les rites agraires polythéistes

Cf. sur la fin du polythéisme au 4ème siècle de notre ère le livre de Lucien Jerphanion « Julien dit l’apostat » (2008).

Le polythéisme a donné naissance à la fois aux religions monothéistes qui reconnaissent un Dieu unique tout-puissant et aux religions dualistes, comme le manichéisme, qui affirme l’existence d’une force du mal et d’une force du bien : « Le monothéisme explique donc l’ordre, mais il est mystifié par le mal. Le dualisme explique le mal, mais reste perplexe devant l’ordre. Il n’y a qu’une solution logique à cette énigme : soutenir qu’il existe un seul Dieu tout-puissant qui a créé l’univers – et que c’est un mauvais démiurge. Mais personne, dans l’histoire, n’a eu le cran de le croire ».

La révolution scientifique : pourquoi l’Europe a-t-elle émergée comme grande puissance au 16ème siècle

« Autour de l’an 1500, l’histoire a fait le choix le plus lourd de conséquences : un choix qui a changé non seulement le destin de l’humanité, mais aussi, peut-on soutenir, celui de toute vie sur la terre. C’est ce que nous appelons la révolution scientifique. Elle a commencé en Europe occidentale – une grande péninsule à la pointe ouest de l’Afro-Asie qui, jusque-là, n’a joué aucun rôle important dans l’histoire. »

C’est ce que confirme Shlomo Sand, quand il déconstruit la filiation directe depuis les Grecs jusqu’à la renaissance ouest-européenne, pour montrer qu’elle relève plus d’une construction imaginaire que d’une réalité historique. Pour lui, l’histoire européenne n’est pas en continuité avec celle des grecs. Il reprend la méthode qu’il avait appliquée dans son livre de 2008 sur « Comment le peuple juif fut inventé » et qu’il applique en 2015 à l’école des Annales et aux historiens français du 19ème siècle.

Cette évolution n’a rien d’inéluctable, « on peut [même] imaginer que l’histoire se poursuivre de génération en génération en contournant la révolution scientifique, de même qu’on peut imaginer l’histoire sans christianisme, sans empire Romain et sans pièce d’or ».

Pour Harari, un des grands changements qu’apporte la culture moderne en Europe est d’abord de donner une place importante à l’observation empirique et aux mathématiques, puis à partir de cela de produire de nouveaux pouvoirs grâce aux nouvelles technologies. C’est pourquoi il s’est développé une « croyance quasi religieuse dans la technologie et dans les méthodes de la recherche scientifique, qui a remplacé jusqu’à un certain point la croyance dans les vérités absolues ».

Cela va se traduire par la mise en place d’un nouvel outil mathématique, la statistique qui permet de gérer la complexité des sociétés humaines. Ainsi « en 1744, raconte Harari, deux pasteurs presbytériens d’Écosse, Alexander Webster et Robert Wallace, décidèrent de créer un fond d’assurance-vie qui verserait des pensions aux veuves et aux orphelins des ecclésiastiques morts. Ils proposèrent que chaque pasteur verse une petite fraction de son revenu au fond qui placerait leur argent ».

Pour résoudre le problème ils ne firent pas des prières à Dieu, mais ils contactèrent un professeur de mathématiques de l’université d’Édimbourg, Colin Maclaurin, « tous trois recueillirent des données sur l’âge auquel les gens mouraient et s’en servir pour calculer combien de pasteurs étaient susceptibles de trépasser chaque année ». Il se fondait sur « la loi des grands nombres de Jacob Bernoulli ». Il n’est pas possible de prévoir le niveau individuel, mais il est possible « de prédire avec une grande exactitude l’occurrence moyenne de nombreux événements semblables ». C’est la base de la science actuarielle et de la démographie, une science qui a aussi été fondée par « un homme d’Église l’anglican Robert Malthus ». La démographie a permis à Charles Darwin, qui lui aussi a failli devenir un pasteur anglican, d’élaborer sa théorie de l’évolution. La science peut calculer des probabilités, mais elle « ne prétend aucunement savoir ce qui doit être dans le futur. Seules les religions et les idéologies cherchent à répondre à ces questions ».

Cette exemple montre aussi qu’il n’existe pas de science pure, que « la science est bien incapable de fixer ses priorités, qu’elle est aussi incapable de décider que faire de ses découvertes » et que « la plupart des études scientifiques sont financées parce que quelqu’un estime qu’elles peuvent aider à atteindre quelque but politique, économique ou religieux, » même si les chercheurs n’ont pas toujours conscience de ses finalités sociétales. La production scientifique est encastrée dans la société comme le montre l’exemple du scorbut. Entre le 16e et au le 17e siècle, « on estime que le scorbut coûta la vie à environ 2 millions de matelots. »

Le roman du danois Carsten Jensen, Nous les noyés, paru en 2006 au Danemark, rappelle incidemment le destin des millions de marins morts en mer entre le 19ème et le 20ème siècle du fait des tempêtes, des accidents, des icebergs, des guerres ou des fièvres, tout cela au nom de la mobilité liée au commerce ou aux conquêtes. En ce sens ils sont proches des Maoris dont parle Harari ci-dessous et qui ont disparu eux aussi.

Le tournant de la lutte contre le scorbut « survint en 1747, quand le médecin britannique James Lind procéda à une expérience sous contrôle sur les matelots malades […] Un des groupes tests reçus pour instruction de manger des agrumes : remèdes populaires courant du scorbut. Les patients de ce groupe ne tardèrent pas à se remettre. » On sait aujourd’hui que les oranges contenaient de la vitamine C. Cependant la marine royale anglaise ne fut pas intéressée par ces résultats, au contraire de James Cook. Celui-ci « décida de montrer que le médecin avait raison. Il chargea à bord une grosse quantité de choucroute et ordonna à ses marins de consommer beaucoup de fruits et de légumes chaque fois qu’il mettait pied à terre. Le scorbut ne devait emporter aucun de ses marins. »

De façon inattendue, cette découverte permit à la Grande-Bretagne d’envoyer son armée partout et de conquérir le monde. L’expédition de Cook « jeta les bases de l’occupation britannique dans le sud-ouest du Pacifique ; de la conquête de l’Australie, de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande ; de l’implantation de millions d’Européens dans les nouvelles colonies, mais aussi de l’extermination des cultures autochtones et de la majeure partie des populations indigènes […] Pour les aborigènes d’Australie et les Maoris de Nouvelle-Zélande, l’expédition de Cook fut le début d’une catastrophe dont ils ne se remirent jamais ». C’est pourquoi pour Harari « la révolution scientifique et l’impérialisme moderne sont inséparables ». Le progrès ne bénéficie pas à tous.

Pour l’auteur, le déplacement du pouvoir mondial vers l’Europe entre 1750 1850 ne s’explique pas par une supériorité technique ou économique. « Le début des temps modernes fut l’âge d’or de l’Empire ottoman en Méditerranée, de l’empire safavide en Perse, de l’Empire moghol en Inde et des dynasties Ming et Qing en Chine. Ils étendirent sensiblement leur territoire et jouirent d’une croissance économique et démographique sans précédent. En 1775, l’Asie représentait 80 % de l’économie mondiale. Les économies combinées de l’Inde et de la Chine représentaient à elle seule les deux tiers de la production mondiale. En comparaison, l’Europe était un nain économique. » Ce qui manquait aux autres cultures « c’était les valeurs, les mythes, l’appareil judiciaire et les structures sociopolitiques dont la formation et la maturation prirent des siècles en Occident, et qu’il était impossible de copier et d’intérioriser rapidement. La France et les États-Unis marchèrent aussitôt sur les brisées de la Grande-Bretagne parce que les Français et les Américains partageaient déjà les mythes et structures sociales britanniques les plus importants. Les Chinois et les Perses ne pouvaient aller aussi vite parce qu’ils pensaient et organisaient leur société différemment. » L’égalité économique et technique entre l’Asie et l’Europe ne représentait en 1750 qu’une égalité en trompe-l’œil.

Pour Harari, le facteur mental est le plus déterminant pour expliquer « comment se forgea le lien historique entre la science moderne et l’impérialisme européen. Si la technologie est un facteur important au 19ème et 20ème siècle, elle était d’une importance limitée au début de l’époque moderne. Le facteur clé est la tournure d’esprit que partager le botaniste en quête de plantes et l’officier de marine en quête de colonies. Le savant et le conquérant commençaient tous deux par un aveu d’ignorance : « je ne sais pas ce qu’il y a là-bas. » Tous deux se sentaient obligés de partir faire de nouvelles découvertes. Et tous deux espéraient que le nouveau savoir ainsi acquis ferait d’eux les maîtres du monde. » La recherche intellectuelle et la conquête militaire allaient être de plus en plus liées dans l’histoire de la conquête du monde par l’Occident. Les Occidentaux « se mirent à dresser des cartes avec des espaces vides à remplir. Ils commencèrent à admettre que leur théorie n’était pas parfaite et qu’il y avait des choses importantes qu’ils ne savaient pas. »

On pourrait ajouter à cette approche centrée sur les cadres culturels de la connaissance, celle de Jean-Michel Sallmann dans son livre « Le grand désenclavement du monde, 1200 – 1600 » (2011), et qui montre que c’est la coupure des deux routes de la soie au nord par terre et au sud par mer qui déclencha la recherche de nouvelles terres vers l’ouest.

Cf. sur les innovations militaire entre le 16ème et le 17ème siècle et la divergence occidentale au 18ème siècle, Geoffrey Parker, « La révolution militaire » (1988, 1993, 2013)

Comme le dit Harari « sans les hommes d’affaires avides de faire de l’argent, Christophe Colomb n’aurait pu atteindre l’Amérique, ni James Cook l’Australie, et Neil Amstrong n’aurait jamais pu faire son fameux petit pas sur la surface de la lune».

La grande rupture qu’introduit la nouvelle économie occidentale est l’impératif qui est donné à la croissance, ce qui équivaut à l’accumulation élargie du capital déjà notée par Marx mais, lui, avec une conception essentialiste et morale de l’économie. C’est l’accumulation du capital qui conditionne à la fois les investissements, la production et la consommation qui caractérise le « capitalisme ». Cette accumulation n’est possible que grâce à la confiance qui permet le crédit.

Pour illustrer cette confiance, Harari raconte l’histoire de la faillite de la compagnie du Mississippi qui suite à une bulle spéculative, à un effet de levier comme on dirait aujourd’hui, fit faillite en 1719. Et surtout, cette faillite étant liée à la garantie du royaume de France, celui-ci n’ayant pu éponger la dette, la France perdit tout son crédit. C’est ce qui explique, de façon simplifiée, que la France étant ruinée cela a conduit à la Révolution française et pourquoi l’Angleterre a gagné dans la compétition coloniale qui l’opposait à la France grâce à la confiance qu’elle inspirait et donc à la capacité des entreprises privées anglaises à acquérir du crédit auprès des banques pour financer leurs armées privées comme en Inde. « C’est pourquoi de nos jours, la réputation de solvabilité d’un pays importe bien plus pour sa prospérité économique que ses ressources naturelles. Cette réputation de solvabilité indique la probabilité qu’un pays a de rembourser ses dettes. »

Cf. sur la crise du Mississipi (p. 50), Christian Chavagneux, « Une brève histoire des crises financières, des tulipes aux subprimes » (2011)

Cf. Sur l’effet levier, entre autre, Elie Cohen, « Penser la crise » (2010)

La conquête de l’Inde, la guerre de l’opium, la guerre grecque contre l’Empire ottoman, le protectorat anglais sur l’Égypte ont tous été menés pour assurer le succès des entreprises privées et particulièrement pour garantir le remboursement des dettes des mauvais payeurs grâce à l’usage de la force militaire et à la croyance dans le bon fonctionnement d’un marché libre. C’est pourquoi, pour les hommes d’affaires, « la politique économique la plus sage consiste à tenir l’État à l’écart de l’économie, à réduire la fiscalité et la régulation au strict minimum pour laisser les marchés suivre librement leurs cours […] ils donnent au gouvernement le même conseil que les maîtres zen aux initiés : le non-agir », conclue-t-il ironiquement.

« Sous sa forme extrême, cependant, croire à la liberté du marché c’est être aussi naïf que croire au Père Noël. Il n’existe [nulle part] un marché libre, exempt de tout travers politique. La ressource économique qui compte le plus est la confiance en l’avenir, et cette ressource est constamment menacée par les voleurs et les charlatans. Les marchés en eux-mêmes n’offrent aucune protection contre la fraude, le vol ou la violence. C’est au système politique qu’il appartient d’instaurer la confiance par des lois sanctionnant les tricheries, mais aussi de mettre en place des forces de police, des tribunaux et des prisons pour faire respecter la loi. Quand les lois font mal leur travail et sont incapables de réguler convenablement les marchés, la confiance se perd, le crédit s’amenuise et l’économie s’enfonce dans la crise. Telle fut la leçon tirée de la bulle du Mississippi en 1719 ; ceux qui l’auraient oublié ont une piqûre de rappel avec la bulle immobilière américaine de 2007, et la crise du crédit et la récession qui suivirent. » Le trafic d’esclaves n’a pas été lancé par « des rois tyranniques ni des idéologies racistes mais par les forces débridées du marché. »

Il est à remarquer que la fin de l’esclavage s’est réalisée non pas simplement suite à un travail militant mais aussi parce que le coût des esclaves devenait plus élevé que celui d’un salarié comme le montrent Caroline Oudin – Bastide et Philippe Steiner dans « Calcul et morale, cours de l’esclavage des valeurs de l’émancipation (18e – 19e siècle) » (2015).

Science moderne et impérialisme européen ont conduit à la révolution industrielle. Avant cette révolution, l’économie fonctionnait à base d’énergie humaine et d’énergie animale, les deux étant entretenus grâce aux plantes qui donnent l’alimentation et donc grâce à l’énergie solaire qui permet la photosynthèse : « Tout le monde marchait à l’énergie solaire captée et concentrée dans le blé, le riz et les pommes de terre ». Avec le charbon anglais, les hommes apprennent « à transformer une forme d’énergie dans une autre, » en vapeur, puis en métiers à tisser, puis en chemin de fer jusqu’à l’énergie nucléaire en passant par le moteur à combustion alimentée au pétrole. « Avant la révolution industrielle, le marché de l’énergie était presque entièrement tributaire des plantes […] Tout ce dont nous avons besoin c’est d’inventer de meilleures pompes » à énergie.

Kenneth Pomeranz, en 2000, dans son livre « Une grande divergence, la Chine, l’Europe et la construction de l’économie mondiale » (2010 en français) montre l’importance de l’usage de l’énergie liée au charbon dans le développement et la maîtrise du monde par la Grande-Bretagne à partir de 1750, alors que la Chine possédait d’énormes réserves de charbon mais n’en voyait pas l’usage du fait de sa forte capacité énergétique liée à son réseau hydraulique.

La révolution industrielle permit à son tour la seconde révolution agricole avec les tracteurs, les engrais artificiels, les insecticides et tout un ensemble d’hormones et des médicaments. Ensuite, « Réfrigérateurs, navires et avions ont permis de stocker les produits des mois durant et de les transporter rapidement et à bon marché à l’autre bout du monde, » ce qui a permis le développement de l’urbanisation. « Pour la première fois dans l’histoire des hommes, l’offre a commencé à dépasser la demande. Ainsi est apparu un problème entièrement nouveau : qui va acheter toute cette camelote ?» C’est « L’âge du shopping » : « pour empêcher […] catastrophe et s’assurer que les gens continueront d’acheter toutes les nouveautés que produit l’industrie, une nouvelle forme d’éthique est apparue : le consumérisme ».

Colin Campbell avait aussi montré l’importance du changement d’éthique, suite à Max Weber dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, pour expliquer les changements économiques survenus au 18ème siècle, vers 1750, dans son livre The Romantic Ethic and the Spirit of Modern Consumerism (2005). C’est la possibilité de l’hédonisme revendiqué par un groupe chrétien anglais qui rend possible le passage de l’ascèse protestante qui conduit à l’épargne et à l’accumulation au plaisir qui légitime la consommation.

Pour Harari, nous sommes maintenant rentrés dans une révolution permanente n’ont pas fondé sur la rareté des ressources qui ne cessent de croître mais sur la dégradation de l’environnement qui lui va en s’accentuant : « Le chambardement écologique pourrait mettre en danger la survie même de l’Homo sapiens ».

On pourrait juste ajouter que l’accès aux ressources conduit à un autre type de menace, celle de la guerre et tout particulièrement en mer de Chine.

La révolution industrielle a conduit aussi à une standardisation des activités humaines à travers les horaires et la chaîne de montage que celle-ci soit visible ou invisible grâce à la numérisation, pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Durand dans La chaîne invisible (2011).

Elle a aussi entraîné l’effondrement de la famille et de la communauté au profit de l’État providence, puisqu’avant les souverains déléguaient à la famille le soin de prendre en charge la sécurité sociale et la santé. « En vérité, bien des royaumes et des empires étaient à peine plus que des formes de raquette et de protection. Le roi était le capo di tutti capi, le parrain qui recueillait l’argent, et en retour veillait à ce que les syndicats du crime voisin et le menu fretin local ne fissent pas de tort aux gens placés sous sa protection. Il ne faisait pas grand-chose d’autre […] même si La vie au sein de la famille et de la communauté était loin d’être idéale ».

« L’État et le marché foumirent aux gens une offre qui ne se refuse pas : « devenez des individus. Épousez qui vous désirez, sans demander la permission à vos parents. Prenez le travail qui vous convient, même si les anciens froncent les sourcils. Vivez comme vous l’entendez, même si vous n’allez pas chaque semaine au repas de famille. Vous n’êtes plus dépendant de votre famille ou de votre communauté. Nous, l’État et le marché, nous allons prendre soin de vous. Nous vous fournirons nourriture, hébergement, éducation, santé, aide sociale et emploi, mais aussi pension, assurances et protection… L’État et le marché sont la mère et le père de l’individu ».

On retrouve dans le livre d’Eva Illouz, « Pourquoi l’amour fait mal, l’expérience amoureuse dans la modernité » (2012), la description de ce passage de la communauté au marché à travers un « désencastrement » du choix amoureux garanti par la communauté familiale au profit d’une relation amoureuse individuelle plus incertaine et qui demande en permanence des signes de « reconfirmation ».

C’est pourquoi ce passage a un coût, celui d’un sentiment de coercition exercé par l’Etat et d’être traité de façon impersonnelle par le marché. C’est pourquoi ce sont développés des communautés imaginaires, la nation et les tribus de consommateur, comme « les supporters de Manchester United, les végétariens et les écolos ».

Cependant à un niveau macro-historique, il y a un gain, qui est que l’Etat a amené plus de paix : « alors même qu’elles deviennent plus rares, les guerres attirent davantage l’attention. » Pour accepter cette conclusion paradoxale, « il nous faut examiner les statistiques générales plutôt que les histoires individuelles. En l’an 2000, la guerre causa la mort de 310 000 personnes, et les crimes violents provoquèrent la mort de 520 000. Chaque victime est un monde qui est détruit, une famille ruinée, des amis et des parents meurtris à vie. Dans une perspective macro, cependant, ces 830 000 victimes ne représentent que 1,5 % des 56 millions de personnes mortes cette année-là – dont 1 260 000 victimes d’accidents de la route (2,25 % de la mortalité totale) et 815 000 qui se sont suicidés (1,45 %) […] Le déclin de la violence est largement dû à l’essor de l’État. Tout au long de l’histoire, la violence est le plus souvent née d’affrontements locaux entre familles et communautés ». Cela est dû au fait que le coût des guerres a énormément augmenté et que leur gain en termes de territoire à conquérir a beaucoup diminué, du fait de l’importance nouvelle du capital humain, des connaissances et des capacités organisationnelles dans la production de richesses.

Le problème aujourd’hui est que la croissance de la consommation menace l’environnement humain.

C’est ce qui explique pourquoi la question du bonheur devient plus importante aujourd’hui, parce que si le bonheur est lié à la consommation alors nous conduisons probablement la planète à la destruction.

Or le lien entre bonheur et consommation n’est pas évident puisque d’après des enquêtes de psychologie, le bonheur augmente quand le niveau de richesse augmente jusqu’à un certain stade, puis il se stabilise, et quand la richesse augmente encore plus le bonheur n’augmente pas en proportion. D’un point de vue biologique, «  la seule et unique chose qui rende les gens heureux, ce sont les sensations plaisantes du corps […] Dès lors il n’y aurait pas lieu de s’étonner que l’évolution nous ait façonnés pour n’être ni trop malheureux ni trop heureux ». Harari en conclut que « peut-être le bonheur consiste à synchroniser ses illusions personnelles de sens avec les illusions collectives dominantes… Vision très déprimante. Faut-il vraiment s’illusionner pour être heureux ? »

Conclusion

Aujourd’hui nous sommes à la veille d’un cyborg Sapiens qui est peut-être en train de changer les règles d’un jeu vieux de 70 000 ans. L’Homo sapiens est peut-être aussi en train de détruire la planète. Aussi pour Harari « la seule chose que nous puissions faire c’est d’influencer la direction que nous prenons ». Cela veut dire que la question principale à laquelle il faut répondre est : « que voulons-nous vouloir ? » Elle est proche du shi 势de la culture chinoise, c’est-à-dire du cours des choses qui à la fois nous entraînent, mais que l’on peut aussi influencer en fonction des situations.

Yuval Noah Harari montre les deux faces indissociables de la réalité humaine dans son ambivalence bonne et mauvaise. Le progrès apparaît comme bien souvent celui des vainqueurs, mais l’histoire dans sa longue durée ne se réduit pas à celle des vaincus qui sont pour une part des marins, des laboureurs, des maoris et des esclaves. Pour lui « le romantisme qui s’obstine à voir le côté sombre de chaque invention est aussi dogmatique que la croyance au progrès est inéluctable ». Le point fort et original de l’auteur est qu’il raconte une histoire où le meilleur côtoie le pire, et ceci comme allant de soi et sans jugement de valeur. Il n’est ni messianique ni apocalyptique, même si on le sent inquiet à travers un humour souvent non conformiste.

Je ressors de ce livre un certain nombre d’enseignement sur les processus d’innovation à partir de l’histoire du 18ème siècle en Europe de l’Ouest et qui montrent l’importance des facteurs qui forment systèmes et donc qu’une innovation de rupture n’est pas tellement maitrisable par un seul acteur économique ou social. Les innovations réellement de rupture relèvent d’un mouvement sociétal plus général qui est aujourd’hui mondial. La plupart des autres innovations sont incrémentales. Ces facteurs sont de façon non hiérarchique, les cadres culturels a priori de la connaissance, l’énergie, la capacité de financement, les techniques militaires, un événement ou une nouvelle technologie qui oblige à changer sous peine de voir sa survie menacée, les capacités à coopérer et les réseaux sociaux « prénumériques » et, de façon plus problématique, la capacité à produire un imaginaire mobilisateur qui masque les effets pervers des innovations en termes sociales que ce soit en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique ou en faveur de la croissance de la consommation et des investissements productifs…

Paris, le 9 janvier 2016

 

 

 

2015 12, un film d’animation EDF sur les apports de la sociologie (avec Nina Testut)

2015 12, valorisation de la sociologie par le film.

EDF lance une chaine sur la web TV d’EDF, concernant « Les leçons du hérisson », série de films d’animation qui cherche à valoriser et vulgariser les recherches menées à la R&D d’EDF.

Les deux premiers épisodes concernent des résultats sociologiques :

  • L’un sur la difficulté à prendre en compte les usages dans les bâtiments tertiaires performants,
  • L’autre sur l’appropriation des voitures électriques.

http://webtv.edf.com/les-lecons-du-herisson-dossier-138-23216.html

Isabelle MOUSSAOUI Ingénieur-chercheur expert – Socio-anthropologue

EDF – R&D ICAME-GRETS

isabelle.moussaoui@edf.fr

Tél. : +33 1 47 65 35 99

2015 12, Rita Denny, Patricia Sunderland, a voir le nouveau site de Practica

2015 12, Breaking News: Practica Group Launches New Website in time for the Holidays;-)

Come check out our website re-launch, which features Case Studies and our new concept: the Practica Sandbox, where we play around with provocative themes that often cross industries in unexpected ways. We look forward to new opportunities to work together in the year to come.

http://practicagroup.com/

Rita Denny, Ph.D.

Partner

www.practicagroup.com

+1.312.560.3868

Handbook of Anthropology in Business (2014) is now available!!

Doing Anthropology in Consumer Research  (2007)

2015 12 Offre d’emploi : Chargé-e d’études

2015 12 Offre d’emploi : Chargé-e d’études

Salaire : entre 25 000 et 30 000

Contrat : CDD de 12 mois à temps plein ou temps partiel

En créant l’association Handéo, ses fondateurs ont voulu que toute personne en situation de handicap trouve, grâce à des services de qualité, l’aide et l’accompagnement à domicile adaptés à ses besoins et à ses attentes. Et ce quels que soient la nature de son handicap, son lieu de résidence ou le montant de ses ressources.

Dans le cadre du développement de l’Observatoire national des aides humaines porté par Handéo, l’association recrute un-e chargé-e d’études.

L’observatoire national des aides humaines, dernier axe développé par Handéo, a fait l’objet de deux ans de travaux de préfiguration associant les parties prenantes des secteurs du handicap, des services à la personne et de l’aide à domicile, de la protection sociale complémentaire et de la recherche en sciences sociales, ainsi que les pouvoirs publics (Direction générale des entreprises notamment), pour définir un cadre éthique partagé, son règlement de fonctionnement et son programme pluriannuel de travail.

L’Objectif de cet Observatoire est d’apporter une meilleure connaissance des besoins et attentes des personnes en situation de handicap vivant à domicile (et de leurs aidants). Il est également un outil de gouvernance pour ces membres. Il fonctionne au travers de deux instances : un Comité d’orientation et un Conseil éthique et scientifique.

Le ou la chargé-e d’étude aura pour principales missions de :

  • Réaliser les études qualitatives et quantitatives opérationnelles inscrites au programme pluriannuel de travail de l’Observatoire ou suivre leur mise en œuvre.
  • (lorsque les études sont réalisées par des prestataires) Faciliter l’accès au terrain et les mises en relation.
  • Rechercher des financements complémentaires pour permettre la pérennité du poste.
  • Actualiser le portail internet d’information et d’exploration HANDEO’SCOPE et s’assurer de la fiabilité des données en lien avec les Pôles ressources locaux de Handéo et les observatoires locaux.
  • Présenter les travaux de l’Observatoire à ses instances et les valoriser auprès des personnes en situation de handicap et des partenaires actuels et potentiels.
  • Mettre en place et animer les instances de l’observatoire et les groupes de travail, les commissions et les comités de pilotage nécessaires à son bon fonctionnement et à la qualité de ses productions ;
  • Veiller à la rigueur méthodologique des travaux menés et à leur pleine valorisation auprès des parties prenantes, en particulier auprès des personnes handicapées elles-mêmes ;
  • Aider le Directeur de l’Observatoire dans le développement des partenariats en lien avec les missions de l’Observatoire;
  • Assurer une veille active sur les productions de connaissances intéressant l’objet de l’observatoire.

Le/la candidat/e devra justifier d’un bac +5 en sciences humaines. Dans le cadre professionnel ou universitaire, le candidat devra avoir déjà réalisé des enquêtes de terrain et indiquera le nombre approximatif d’entretiens, de questionnaires, d’observations et de focus-group effectués.

Une expérience dans la recherche sous contrat privé et une connaissance approfondie des enjeux liés à l’inclusion des personnes handicapées et/ou de l’aide à domicile constituerait un atout significatif.

Rigoureux, méthodique et précis, avec de bonnes capacités de lecture, d’écriture et un bon niveau orthographique, vous posséder des aptitudes relationnelles qui vous permet d’adapter votre communication aux différents profils d’interlocuteur (personnes en situation de handicap, chercheurs, professionnels de terrain, institutionnels, etc.).

Le ou la chargé-e d’études est placé sous l’autorité hiérarchique du directeur de l’Observatoire. Le poste est principalement basé à Paris mais des déplacements en France sont à prévoir.

Contact : Cyril DESJEUX

Directeur de l’observatoire national des aides humaines
cyril.desjeux@handeo.fr

Tél. 01 43 12 19 29

14, rue de la Tombe Issoire – 75014  PARIS

 

2015 12,2015 12, Sciences Po recrute un professeur des universités en sociologie

2015 12, Sciences Po recrute pour le Centre de sociologie des organisations, un professeur des universités en sociologie : profil Mouvements sociaux, normes et savoirs.

(Prise de fonction prévue au 1er septembre 2016)

Veuillez trouver en pièces attachées, le profil du poste, le descriptif de la procédure et les conditions requises pour candidater (en français et en anglais).

Si vous êtes intéressé merci de prendre contact avec moi  (olivier.borraz@sciencespo.fr ) et n’hésitez pas à diffuser cette information à toute personne qui pourrait être intéressée par ce poste.

 

PROFIL GENERAL DU POSTE Le poste de professeur(e) des universités ouvert à Sciences Po est destiné à renforcer les travaux que mène le Centre de Sociologie des Organisations au croisement de la sociologie des mouvements sociaux, de la sociologie économique et de la sociologie des organisations, autour des enjeux de production et de diffusion de normes ou de savoirs. Aux Etats-Unis et plus récemment en France, un courant de recherche dynamique s’est développé autour des relations qu’entretiennent mouvements sociaux et organisations. Ce recrutement aura pour objectif de mieux inscrire les recherches conduites au CSO dans ce courant, en y intégrant les dimensions de normes (au sens de règles, standards, référentiels ou principes) et de savoirs (qui renvoient à différentes formes de connaissance), qui sont au coeur de plusieurs programmes de recherche du laboratoire (santé, firmes, enseignement supérieur, risques). Il permettra aussi d’articuler ces approches avec une sociologie des marchés qui s’intéresse à l’élaboration, la diffusion et la mise en oeuvre de conventions, labels et signes de qualité. L’enjeu étant de rendre compte à la fois du caractère de plus en plus organisé de la production et de la diffusion de normes ou de savoirs à différentes échelles, mais aussi de l’impact de ces normes et savoirs sur les formes organisationnelles.

FONCTIONS

Recherche

Les recherches des candidat(e)s devront avoir abordé des organisations à l’aide des outils et concepts de la sociologie des mobilisations ; s’être intéressées à la dimension organisationnelle de différents mouvements sociaux ; ou avoir analysé les processus de production ou de diffusion de normes ou de savoirs à différentes échelles ou dans différents espaces, en lien avec des organisations ou des mouvements sociaux. Ses travaux auront pu porter sur la rencontre des mouvements sociaux avec des entreprises, des administrations ou des institutions politiques, et leurs effets en termes de production, de contestation et de transformation de normes ; de structuration des comportements ; de production de connaissances ; ou de diffusion d’idées.

Enseignement

Il est attendu des candidat(e)s qu’ils ou elles assurent des cours de sociologie (sociologie générale, sociologie des organisations, sociologie des mouvements sociaux, sociologie économique) et de méthodologie en premier cycle, sur les campus parisien et en région, ainsi qu’en second cycle (masters et parcours doctoral). La capacité du ou de la candidat(e) à enseigner sur des domaines et des objets qui dépassent les strictes limites de ses intérêts de recherche et sa connaissance des débats internationaux qui animent aujourd’hui la sociologie seront particulièrement appréciées. Une implication soutenue dans l’organisation et l’animation des masters sera également attendue.

LA RECHERCHE A SCIENCES PO Sciences Po est une institution d’enseignement supérieur et de recherche en sciences humaines et sociales. Sa communauté scientifique permanente – 210 professeurs et chercheurs – est structurée en 12 entités reconnues au plan international (dont 5 unités mixtes avec le CNRS et 4 équipes d’accueil) et réparties en 5 départements disciplinaires (sociologie, science politique, histoire, économie et droit).

LUNITE DE RATTACHEMENT

Unité mixte de recherche de Sciences Po et du CNRS, le Centre de Sociologie des Organisations a été fondé par Michel Crozier en 1964. Le CSO inscrit ses travaux au confluent de la sociologie des organisations, de la sociologie économique et de la sociologie de l’action publique, afin de repenser ensemble les transformations de l’Etat, des marchés et des organisations. Aujourd’hui, le CSO regroupe plus de 70 personnes dont 24 chercheurs et enseignants-chercheurs issus de différentes disciplines des SHS. Ses recherches sont structurées en sept programmes de recherche (conduites économiques ; risques ; enseignement supérieur et recherche ; santé ; firmes ; marchés du travail et groupes professionnels ; territoires et développements urbains) et quatre axes transversaux (gouvernement, gouvernance, régulation ; production, circulation et usage des savoirs ; division et valorisation du travail ; organisations et marchés).

2015 11 Offre emploi : Anthropologue de la santé

2015 11 Dans le cadre d’un projet de santé publique de renforcement du système de santé Guinéen pour la surveillance et la prévention des maladies à potentiel épidémique dont Ebola, l’Agence de Médecine Préventive recrute un anthropologue de la santé pour un contrat d’un an (renouvelable) à Conakry. La fiche de poste jointe à ce message précise les missions et responsabilités qui lui seront confiées, nécessitant des compétences en recherche et en gestion de projets.

 

Les candidatures sont attendues pour le 15 décembre 2015.

 

Nous vous serions très reconnaissants de diffuser cette offre d’emploi dans votre réseau.

 

Nous nous tenons à votre disposition pour toute question au +33 4 50 40 05 33 ou par email :

 

Elise Guillermet eguillermet@aamp.org

Jean Bernard Legargasson jblegargasson@aamp.org

Hélène Dibango hdibango@aamp.org

 

 

 

Fiche de Poste

Anthropologue de la santé

 

 

Projet : Ebola (CDC)

Type de contrat : CDD d’un an renouvelable

Localisation : Conakry, Guinée

 

Contexte & Objectifs
L’Agence de Médecine Préventive (AMP), à travers sa filiale AMP Services, met en œuvre un projet de quatre ans en Guinée (2015 – 2018).Ce projet a pour but d’appuyer la coordination nationale de lutte contre Ebola en Guinée.

Plusieurs projets doivent être annuellement développés et coordonnés sur le terrain pour des résultats rapides et intégrés à des activités opérationnelles devant répondre à l’épidémie actuelle d’Ebola et préparer le renforcement du système de santé guinéen pour de futures épidémies.

Ces projets s’inscrivent dans plusieurs disciplines contribuant à l’élaboration de programmes de santé publique dont l’épidémiologie, l’économie et l’anthropologie.

L’expertise / l’approche anthropologique du Programme Economie de la santé et Anthropologie médicale (HEMA) de l’AMP est sollicitée pour mettre en évidence des résultats et recommandations devant permettre l’élaboration de messages et supports de communication et de formation.

 

L’AMP recrute un anthropologue de la santé expérimenté pour :

1-     Mener les discussions institutionnelles avec la coordination nationale de lutte contre Ebola, le CDC, l’Université de Sonfonia (Conakry) et ses autres partenaires institutionnels, en collaboration avec le directeur du projet et le gestionnaire du projet.

2-     Réaliser toutes les activités nécessaires à l’élaboration et la réalisation des études opérationnelles (développement des propositions de projets, des protocoles et outils, mise en œuvre des études, analyse de données, rédaction des rapports et articles scientifiques), en collaboration et sous la supervision de l’équipe du programme HEMA à laquelle il est rattaché.

3-     Restituer les résultats des études de telle sorte qu’ils soient mobilisables par les collaborateurs de l’AMP relevant d’expertises complémentaires et des partenaires institutionnels guinéens.

 

Le projet Ebola est mis en œuvre avec le soutien du CDC (Centers for Diseases Control and Prevention).

 

Activités
Les activités de l’anthropologue seront :1.     La discussion et le suivi des propositions anthropologiques auprès des partenaires institutionnels de l’AMP en Guinée et plus particulièrement, la coordination nationale de lutte contre Ebola et le CDC.

2.     L’élaboration de propositions de projets sur la base de ces discussions pour partage et enrichissement par les anthropologues HEMA de l’AMP et les collègues relevant d’expertises complémentaires à associer au projet.

3.     L’élaboration de protocoles à soumettre pour validation aux différents organes de décision (la Commission Recherche Ebola, l’IRB du CDC et l’IRB Guinéen) en concertation avec l’équipe HEMA

4.     Le suivi du processus de validation cordonné par le gestionnaire de projet et le directeur de projet

5.     L’organisation de la mise en œuvre des études en concertation avec le gestionnaire de projet, le directeur de projet, l’équipe HEMA, la direction des RH et le responsable juridique de l’AMP par :

–       l’identification des ressources humaines nécessaires et des possibilités pour les partenaires de l’AMP d’être impliqués,

–       l’appui au gestionnaire de projet pour élaborer le calendrier de projet et l’outil de suivi de projet,

–       l’appui au responsable juridique de l’AMP pour mettre en place des conventions juridiques nécessaires,

–       l’appui au gestionnaire de projet et au directeur du projet pour réaliser les démarches nécessaires auprès des autorités guinéennes et locales (préfectures) pour la réalisation des études de terrain,

–       l’appui au gestionnaire de projet pour organiser des séjours sur le terrain et des déplacements envisagés,

–       l’élaboration d’agenda de terrain en veillant à la faisabilité de l’étude sur la période prévue.

6.     La supervision de la collecte de données

7.     L’organisation et la supervision de la phase d’analyse de données (équipe de transcripteurs et de chercheurs, outils, calendrier…) en concertation avec l’équipe HEMA et le gestionnaire du projet

8.     L’écriture du rapport de l’étude en collaboration avec les autres chercheurs impliqués

9.     La restitution des résultats auprès des autres expertises de l’AMP et des partenaires institutionnels guinéens

10.  L’écriture d’articles scientifiques en collaboration avec les autres chercheurs impliqués

11.  Le développement de nouveaux projets du programme HEMA en anthropologie de la santé en concertation avec l’équipe HEMA (écriture d’appels d’offre notamment)

12.  La contribution aux activités de formations et d’appui technique en lien avec l’anthropologie de la santé selon les besoins du programme HEMA

 

 

Qualification
Formation et expérience :·         Doctorat en Anthropologie

·         Nombre d’année d’expérience en anthropologie de la santé : 3 ans minimum

·         Justifier d’une bonne expérience de terrain en anthropologie de la santé

·         Avoir réalisé au moins une étude en tant que coordinateur/ responsable de projet et avoir encadré une équipe de jeunes chercheurs

 

Compétences :

·       Très bonnes aptitudes organisationnelles

·       Capacité à travailler à la fois en autonomie et en équipe

·       Capacité rédactionnelle avérée (article déjà publié dans revue avec comité de lecture)

·       Niveau avancé en anglais et en français

·       Notion en épidémiologie appréciée

·       Capacité d’adaptation

 

Autres :

·       Disposition à séjourner sur le site de l’étude

Condition d’emploi
Poste à temps plein, basé à Conakry. CDD d’un an à partir de février 2016, avec possibilité de reconduction.Le CDD sera signé avec AMP Services, filiale à 100% de l’Agence de Médecine Préventive.

Rémunération selon le profil et l’expérience.

 

Organisation du travail
Technique :L’anthropologue travaillera sous la supervision d’Elise Guillermet, responsable des études anthropologiques à l’AMP, basée à Ferney-Voltaire et en collaboration avec les collègues anthropologues de l’équipe et les collègues relevant d’autres expertises à l’AMP.

 

Administratif / Organisationnel :

L’anthropologue sera suivi administrativement par le gestionnaire du projet Ebola et devra se référer aux règles de fonctionnement du bureau AMP à Conakry telles que définies par le directeur du bureau. Il devra également se référer à Jean Bernard Le Gargasson, directeur HEMA pour le bon suivi des projets relevant du programme.

 

 

2015 11, Zoe Grange, Dominique Desjeux, Christophe Rebours, Le métissage de anthropologie et du design au service de l’innovation pour et par l’usage

2015 11 17, Zoe Grange, Dominique Desjeux, Christophe Rebours, Le métissage de anthropologie et du design au service de l’innovation pour et par l’usage

http://chaire-idis.fr/wp-content/uploads/2014/10/chaire-idis-contribution-Zoe-Grange-2015-02-03.pdf

 

 

2015 09 GIS JEU ET SOCIETES : Appel à projets sur les jeux et la chance et une Thèse CIFRE sur Femmes et jeux

2015 09 Appel à projets 1 du GIS « jeu et société » (2015-2016) « Ludocorpus »

2015 09, Appel à projets 2 pour une thèse CIFRE sur « Les femmes et le jeu de hasard et d’argent »

Créé en décembre 2013, le GIS « Jeu et Sociétés » réunit les universités Paris Descartes, Paris Ouest Nanterre La Défense, Paris 13-SPC et FDJ. Il s’est donné pour mission d’encourager les travaux sur le jeu en sciences humaines et sociales dans le cadre du territoire français, afin de mieux cerner les phénomènes culturels, économiques et sociaux associés au secteur du jeu d’argent mais aussi au jeu en général. La convention constitutive du GIS précise que les actions concernées par les appels à projets porteront sur : l’aide à la réalisation de missions (contribution au financement de masters, doctorats, post-doc ou prise en charge de certains frais de recherche) ; l’aide au renforcement du lien entre la société civile (associations, ludothèques…) et les lettres, sciences humaines et sociales ; l’aide à la réalisation de journées d’étude et/ou colloques sur le thème du jeu ; l’aide à la traduction en langue étrangère d’articles sur le jeu (si lesdits articles ont déjà été publiés en France) ; l’aide à l’achat d’équipements (logiciels…). Une subvention maximale de 4000 euros pourra être attribuée par projet. Cette année, les projets sur le jeu et la chance seront privilégiés.

L’appel à projets est accessible sur : http://ludocorpus.org/

Le dépôt de candidature s’effectue sur : http://ludocorpus.org/appel-a-projet-du-gis/

L’AàP sera également diffusé sur les réseaux sociaux aux adresses suivantes :

twitter: https://twitter.com/intent/follow?original_referer=http%3A%2F%2Fludocorpus.org%2F&partner=tfwp&screen_name=ludocorpus&tw_p=followbutton&original_referer=http://ludocorpus.org/

facebook: https://www.facebook.com/people/Ludocorpus-Jeuetsoci%C3%A9t%C3%A9s/100009599047876

google: https://plus.google.com/109403832920714851918/posts

2015 09 : Appel à contributions pour les doctorants, Journée d’études (Bordeaux 27/10) : L’entreprise, le marché, la maison

2015 09, L’entreprise, le marché, la maison

Université de Bordeaux – Centre Emile Durkheim

Appel à contributions pour les doctorants, Journée d’études : L’entreprise, le marché, la maison

Le capitalisme distingue trois espaces auxquels il attribue différents rôles. A l’entreprise revient la production ; au marché, l’échange des biens et l’allocation des ressources ; à la maison, la consommation finale. A chacun de ces espaces correspondent des logiques d’action, une typologie d’acteurs et de relations : l’entreprise, centrée sur des objectifs productifs et organisée par des formes de rationalité cristallisées dans des modèles de gestion, réunit des « travailleurs » aux statuts différenciés et hiérarchisés entre eux ; le marché, espace de transactions éphémères et impersonnelles, met en relation des demandeurs et des offreurs, individuels ou collectifs, autonomes et nombreux, théoriquement égaux et libres, poursuivant leurs intérêts propres ; enfin, la maison, comme espace domestique, s’organise autour de relations intimes, de parenté, ou d’affinités électives supposées désintéressées, durables et réciproques.

Prenant au sérieux la distinction analytique entre ces différents espaces, les doctorants en sociologie du Centre Emile Durkheim, organisent le 27 novembre 2015 à l’Université de Bordeaux (site Victoire), une journée d’études intitulée « L’entreprise, le marché, la maison », qui sera l’occasion d’analyser, à partir de cas empiriques, les modalités d’articulation, d’hybridation et/ou d’autonomisation de ces espaces. Il s’agira d’interroger le rôle des acteurs, des organisations, des outils, des dispositifs, des règles de droit, etc. jouant un rôle dans ces processus. Comment se distinguent et s’articulent l’entreprise, le marché et la maison ? Comment la construction des rôles sociaux et des normes contribue-t-elle à autonomiser ou à confondre ces espaces ? Que nous dit la circulation (des marchandises, des normes, des pratiques et des acteurs) de la distinction et de l’articulation de ces espaces ?

Cette journée est consacrée principalement aux travaux de recherche doctoraux. Les meilleures contributions pourront donner lieu à une publication. Elle est destinée en priorité aux sociologues, anthropologues et politistes, mais les apports des économistes, des historiens et des juristes sont aussi les bienvenus. Les contributions devront reprendre les catégories analytiques proposées (l’entreprise, le marché, la maison), en cherchant à penser leur articulation ou leur distinction. Elles devront s’appuyer sur un travail empirique approfondi et pourront s’inscrire dans l’un des trois axes suivant :

Axe 1 : Marché et maison

Le premier axe portera sur les reconfigurations du lien entre consommation et commercialisation, et plus largement sur la pénétration des logiques marchandes au sein de l’espace domestique et inversement sur les processus de domestication du marché, à travers l’analyse des formes contemporaines de commercialisation (vente sur internet, marché de l’occasion, vente à domicile, brocante, dépôt vente…) des biens issus de – ou ayant transité par – la sphère et/ou l’économie domestique et dont ils portent la marque (Chantelat, Vignal, Nier, 2002 ; Chantelat, Vignal, 2002 ; Garci-Bardidia,2014). Dans cette optique, les contributions devront analyser les modalités de construction d’un marché des biens domestiques, et dans le même temps analyser la spécificité de cette forme d’échange marchand (Chantelat, 2002). Quels sont les acteurs de ce marché? Où échangent-ils? Comment se déroule ces transactions ? Quels sont les mécanismes de fixation des prix de ces biens personnels commercialisés ? Quelle forme de relation marchande (Dubuisson-Quellier, 1999) est construite autour des échanges concernant ces produits ? Comment se construit la confiance (Guinnane, 2010) entre les différents acteurs de ce marché? Et enfin, analyser comment un objet devient une marchandise (Marx, 1975 ; Apppadurai, 1989) à travers l’étude des modalités et/ou des rituels (Weber, 2000) de mise sur le marché d’objets personnels ?

Axe 2 : Entreprise et marché

Le deuxième axe abordera la question des liens entre entreprise et marché(s), la manière dont les logiques productives et logiques marchandes se rencontrent, se percutent, s’autonomisent. Nous encouragerons particulièrement les communications qui portent sur la manière dont « le marché », sur lequel les entreprises écoulent leur production, transforme le travail et plus généralement, l’organisation des entreprises. Dans cette perspective, différents types de problématiques peuvent être formulés : analyse du contenu du travail de certaines catégories d’acteurs (les guichetiers, les téléconseillers, etc.), analyse des résistances aux opérations de redéfinition des compétences, émergence de régulations fondée sur une rationalité externe (Borzeix, 2003) encadrant le travail des salariés, etc. Dans le cadre d’une étude de l’organisation, les contributions pourront étudier aussi étudier la manière dont, à l’intérieur de la firme, certains groupes luttent pour imposer leurs « conceptions of control » (Fligstein, 2001). Ce second axe sera l’occasion d’analyser le rôle joué par certaines catégories de salariés (notamment les managers) dans la définition et l’introduction – ou, au contraire, l’éviction, comme dans l’atelier taylorisé (Bidet, Vatin, 2013) – d’un principe marchand dans l’évaluation des performances des travailleurs, la manière dont les figures du « marché » mais aussi du « client » (Maugeri, 2006) sont convoquées pour justifier et légitimer des changements organisationnels, la redéfinition des compétences attendues des salariés, etc.

Axe 3 : Entreprise, marché et maison

Le troisième axe proposera de s’interroger sur l’articulation de ces espaces dans le cadre de la production de cycles économiques complets (production, échange, consommation). En effet, bien que traditionnellement isolées par l’analyse et les traditions de recherche, les pratiques de production, d’échange et de consommation sont liées entre elles dans des rapports spécifiques permettant le fonctionnement de l’économie (Marx, 1967). Dans le schéma capitaliste classique, les marchandises industrielles « standards » sont produites dans l’entreprise, vendues sur le marché et consommées dans la maison. Certains modèles productifs reposent au contraire sur la mise au travail du consommateur (Dujarier, 2008) ou du client (Tiffon, 2013), notamment dans le cas des « marchandises-services », et impliquent, de facto, une hybridation des logiques productives, consuméristes et marchandes. Les pratiques de consommation, les pratiques marchandes et les pratiques de production semblent ainsi mises en cohérence par le « travail » des différents acteurs, comme les « professionnels du marché » (Cochoy et Dubuisson-Quellier, 2000) ou les gestionnaires. Mais ce constat laisse une question ouverte : de quelle manière ces rapports sont-ils réglés ? Existe-t-il des normes stables structurant ce travail de mise en cohérence ? Comment le travail de coordination instaure-t-il un ordre entre ces pratiques ? Les propositions pourront chercher à montrer comment les acteurs économiques recomposent des arrangements, plus ou moins locaux, susceptibles d’organiser les pratiques de production, d’échange et de consommation.

Les propositions de contribution devront comporter un titre, une bibliographie indicative et résumer le propos. Elles ne devront pas excéder les 4 000 signes. Elles sont à envoyer avant le 15/09/2015, par mail, aux organisateurs : doctorants.ced@gmail.com.

Références :

Appadurai, A., dir. (1989), The social life of things. Commodities in Cultural perspective, Londres-New York, Cambridge University Press.

Bidet, A., Vatin, F. (2013), « Mesure et acteur au travail », In : Steiner, P., Vatin, F., Traité de sociologie économique, Paris, Puf.

Borzeix, A. (2003), « Autonomie et contrôle à l’épreuve d’une « rationalité externe » ». In : de Terssac, G., La théorie de la régulation sociale de Jean-Daniel Reynaud, La découverte, Paris, 2003.

Chantelat, P., Vignal, B., Nier, O. (2002), « Le marché des biens sportifs d’occasion: consommation postmoderne ou rationalisation? », Revue Française du Marketing 188, 5-14.

Chantelat, P., Vignal, B. (2002), « L’intermédiation du marché de l’occasion. Echange marchand, confiance et interactions sociales », Sociologie du travail, 44, 315-336.

Chantelat, P. (2002), « La nouvelle Sociologie Economique et le lien marchand : des relations personnelles à l’impersonnalité des relations », Revue française de sociologie 43(3), 521-556.

Cochoy, F., Dubuisson-Quellier, S. (2000), « Les professionnels du marché », Sociologie du travail 42 (3).

Dubuisson-Quellier, S., 1999, « Le prestataire, le client et le consommateur. Sociologie d’une relation marchande », Revue française de sociologie 40 (4), 671-688.

Dujarier, M.A. (2008), Le travail du consommateur, De McDo à Ebay : comment nous coproduisons ce que nous achetons, La découverte, Paris.

Fligstein N. (2001), The Architecture of Markets: An Economic Sociology of Twenty-First- Century Capitalist Societies, Princeton, N.J., Princeton University Press.

Garci-Bardidia, R. (2014), « Se débarrasser d’objet sur leboncoin.fr. Une pratique entre don et marché? », Revue du MAUSS 44 (2), 271-285.

Guinnane, T., W. (2010), « Les économistes, le crédit, la confiance », Genèse 79, 6-25

Marx, K. (1967), Fondements de la critique de l’économie politique, Volume 1. Éditions anthropos, Paris.

Marx, K.(1975), Le Capital. Critique de l’économie politique. Livre premier. Le développement de la production capitaliste, Paris, Editions Sociales, 1975

Maugeri, S., (dir) (2006), Au nom du client. Management néo-libéral et dispositifs de gestion, L’Harmattan, Paris.

Tiffon, G. (2013), La mise au travail des clients, Economica, Paris.

Weber, F. (2000), « Transactions marchandes, échanges rituels, relations personnelles », Genèses 41(4), 85-107.

Organisateurs :

Benoit Giry (Doctorant – Centre Émile Durkheim) ; Glenn Mainguy (Doctorant – Centre Émile Durkheim) ; Pierre Naves (Doctorant – Centre Émile Durkheim).

Comité scientifique :

Olivier Cousin (Université de Bordeaux – Centre Émile Durkheim) ; Ronan Hervouet (Université de Bordeaux – Centre Émile Durkheim) ; Andy Smith (IEP de Bordeaux – Centre Émile Durkheim) ; Alina Surubaru (Université Bordeaux – Centre Émile Durkheim).

2015 08 , offre emploi :Chercheur au Centre d’Etudes du Développement Durable (CEDD – ULB)

Chercheur au Centre d’Etudes du Développement Durable (CEDD – ULB)

Offre

Le CEDD, sous la direction du Pr. Edwin Zaccai, engage un(e) chercheur(e) à mi-temps (0,5 ETP) à partir du 01/10/2015.

Le contrat est d’une durée d’un an, avec prolongation possible de six mois.

Contexte et fonction

Le chercheur est engagé en vue de la réalisation du programme de recherche « Klimos ». Klimos est une plateforme interuniversitaire et interdisciplinaire visant à intégrer les problématiques environnementales dans les politiques de coopération de la Belgique.

 

Le chercheur sera intégré dans le comité de suivi de la plateforme et coordonne le programme pour l’ULB. La recherche porte sur les questions environnementales, énergétiques et climatiques, dans les pays du Sud partenaires de la coopération belge (DGD).

 

Le contrat se situe à l’interface entre recherche et politique de coopération au développement en Belgique.

Les tâches impliquent :

  • Synthétiser des recherches
  • Communiquer et dialoguer avec l’administration fédérale, principalement la DGD
  • Mener des projets ponctuels de recherche

 

Klimos est l’un des groupes ACROPOLIS (ACademic Research Organisation for POLIcy Support) financé par la Coopération belge au développement à travers VLIR-UOS et ARES-CCD. Plus d’infos sur : www.kuleuven.be/klimos.

Profil

Vous êtes en possession d’un Master (ou licence universitaire) dans un domaine pertinent pour la fonction.

Vous présentez un intérêt poussé pour la recherche, et les thèmes couverts par Klimos.

Vous faites preuve d’autonomie et vous prenez des initiatives.

Vous maîtrisez l’anglais et avez de préférence des notions en néerlandais.

Une expérience de terrain dans un pays du Sud sera considérée comme un atout.

Comment postuler ?

Les candidatures sont à envoyer par email avant le 24/08/2015 à Edwin Zaccai (ezaccai@ulb.ac.be), en mentionnant comme objet « Poste KLIMOS candidature », et en mettant en copie Marine Lugen (marine.lugen@ulb.ac.be).

Les candidatures comprennent les éléments suivants :

  • CV
  • Lettre de motivation
  • Prenant connaissance de la plateforme Klimos, un texte de 2 pages maximum, rédigé en anglais, reprenant des pistes possibles de projets de recherche relatifs à l’énergie ou au changement climatique.

 

Les candidats sélectionnés seront conviés à un entretien dans le courant du mois de septembre.

 

Pour plus de précisions concernant la fonction, écrivez-nous à marine.lugen@ulb.ac.be.

2015 08, offre emploi : Apprenti(e) à l’innovation par les usages

Apprenti(e) à l’innovation par les usages

Descriptif de l’entreprise :

Vous voulez rejoindre le groupe Bouygues Construction ?

Nous vous proposons alors d’intégrer Bouygues Construction SA, Holding du Groupe, qui réunit l’ensemble des Directions Fonctionnelles de Bouygues Construction : Communication, Financier et Comptabilité, Audit, Ingénierie Financière, services Juridiques, Ressources Humaines …

La Holding pourra vous offrir des perspectives d’évolution au sein de toutes les activités du groupe Bouygues Construction, tant en France qu’à l’International.

Missions :

Au sein de la Direction Innovation et Développement Durable de Bouygues Construction, l’apprenti aura pour mission de :

  • participer à des études qui concernent l’utilisateur/occupant du bâtiment, du quartier, de la ville ;
  • animer une communauté en interne autour de l’innovation par les Usages (newsletter mensuelle, journée de réflexion…) à partir d’études sociologiques et comportementales pour sensibiliser les collaborateurs à la démarche.

Il sera en lien direct avec le responsable de l’Innovation par les Usages et le Groupe Usage (une quinzaine de référents répartis sur le territoire national).

Mots-clés :

  • Comportement de l’occupant d’un bâtiment,
  • Appropriation d’innovations autour des Energies nouvelles, de l’internet des objets,
  • Nouveaux modes d’habiter, architecture, vie de quartier,
  • Tendances sociétales et nouvelles technologies

Cela passera par :

– un travail de veille sur les études d’usages, la sociologie et les retours d’expérience terrain autour de divers thèmes (confort, modes d’habiter, logement, bureau…) ; – la réalisation de synthèses opérationnelles pour constituer un champ de connaissance exploitable par les équipes de conception, et faire évoluer l’offre de logements ou de bureaux ;

– la participation au process d’innovation (séances de créativité, focus group habitant, enquête terrain)

– l’écoute des attentes des collaborateurs.

 

 

Profil :

Vous suivez actuellement une formation bac+4/5, en école/université avec une spécialité en marketing / innovation / sociologie.

Le rédactionnel et la synthèse sont vos points forts ; et vous avez un goût prononcé pour les sciences humaines et les nouvelles technologies.

Une bonne connaissance de l’anglais est un plus.

Ce poste est à pourvoir pour septembre 2015, pour une durée de 6 à 12 mois.

 

Contact  :

Séverine ADNIN – s.adnin@bouygues-construction.com

Xavier GAUVIN – x.gauvin@bouygues-construction.com

 

2015 06, AFS, Elodie Perreau, Marie Rebeyrolle et Marie-Catherine Scherer, un micro trottoir sur les représentations des anthropologues en entreprise

2015 AFS : un micro trottoir sur les représentations des anthropologues

http://www.afa.msh-paris.fr/?page_id=91

Trois anthropologues, Elodie Perreau, Marie Rebeyrolle et Marie-Catherine Scherer, ont interrogé des personnes travaillant en entreprise sur leurs perceptions de l’anthropologie et du métier d’anthropologue. Micro-trottoir réalisé sur le parvis de La Défense en décembre 2014.

« On n’a jamais entendu parler, ni vu d’anthropologue dans l’entreprise »

« C’est proche des os, comme l’archéologie »

2015 07, D. Desjeux, Video sur l’innovation

2015 07 D. Desjeux : vidéo pour expliquer l’innovation et l’apport de l’anthropologie aux entreprises, aux ONG, aux administrations et à tous ceux qui se posent des questions sur le changement.

L’hypothèse qui est derrière cette vidéo est que la question de l’innovation est transversale, symétrique, qu’elle se pose de la même façon dans un cadre militant, dans celui de la consommation ou de la religion. Ce n’est pas la dimension vraie, logique, rationnelle, morale, belle, laide ou bénéfique du contenu d’un changement qui explique le changement de comportement. Les idées expliquent peu le changement. C’est la gestion, par les acteurs, du champ de force  dans lequel le changement est produit qui semble plus explicatif.
https://www.pulpix.co/video/2835/la-socio-anthropologie-un-vecteur-dinnovation-pour-lentreprise

Vidéo réalisée par Manon Dugré, Chargé de mission à la chaire ANCA (Aliment, Nutrition et Comportement Alimentaire)
Diplômée ingénieur Agroparistech – Dominante Sciences et technologies de la biologie, la nutrition et l’alimentation humaines (NUTRI) & master 2 – sociologie de l’alimentation

 

2015 09/07 : CIRED Mainstreaming low carbon consumption

2015 07 05 Annonce : LOW CARBON Session parallèle sur les modèles de consommation Jeudi 15h UMPC salle 201 – Conférence Our commun Future under CC

Le CIRED est co-organisateur de la session 3317 – Mainstreaming low carbon consumption : challenges and opportunities, jeudi 09/07 de 15h à 16h30 à Jussieu salle 201.

Programme : http://cfcc.event.y-congress.com/ScientificProcess/Schedule/index.html?setLng=en#

 

Chair(s) : G. Walker (Lancaster Environment Centre, Lancaster, United Kingdom)

Convener(s) : C. Barbier (CIRED UMR 8568, Nogent-sur-Marne, France), B. Girod (Group for Technology and Sustainability, ETH Zurich, Zurich, Switzerland), R. Baartmans (TNO, Delft, Netherlands)

Low carbon living and energy demand as a shared social problem: from the little to the big

  1. Walker (Lancaster Environment Centre, Lancaster, United Kingdom)

Daily innovations, social practices and sustainable consumption – Some insights from real life

  1. Douzou (EDF, Clamart, France)

International Consultation on Consumption Patterns for Sustainable Development

  1. Poppe, (Centre for Strategic Studies and Management in Science, Technology and Innovation (CGEE), Brasilia – DF, Brazil)

Mainstreaming low-carbon consumption: Opportunities, challenges and promising policy approaches

  1. Girod (Group for Technology and Sustainability, ETH Zurich, Zurich, Switzerland)

Carbon emission mitigation by Consumption-based Accounting and Policy

  1. Tukker (TNO, Delft, Netherlands), D. Crawford-Brown (University of Cambridge, Cambridge, United Kingdom)

Designing and experiencing social practices in LivingLab environments – A novel approach to transform routinized behaviour via materialized social innovations

  1. Liedtke (Wuppertal Institute for Climate, Environment and Energy, Wuppertal , Germany)

 

Carine BARBIER

CIRED  (UMR 8568 CNRS, ENPC, EHESS, ENGREF, CIRAD)

Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement

73, rue Jean-François Breton

34398 Montpellier cedex 5

Tél.: (33)4 67 61 58 16

Mobile : (33)6 70 40 45 17

Web : http://www.centre-cired.fr

 

2015 07 Inscriptions, colloque énergie « Les sociétés contemporaines à l’épreuve des transitions énergétiques »

2015 06 Inscriptions, colloque énergie « Les sociétés contemporaines à l’épreuve des transitions énergétiques » Journées Internationales de Sociologie de l’Énergie Tours, 1, 2 et 3 juillet

2015 07 Programme_JISE_2015-1

Dans l’esprit des premières Journées Internationales de Sociologie de l’Énergie, qui se sont tenues en octobre 2012 à Toulouse, l’UMR CNRS CITERES et le CETU ETIcS de l’Université François-Rabelais de Tours ont souhaité mobiliser largement les scientifiques et les acteurs d’horizons institutionnels divers autour de la thématique de l’Énergie. Cette deuxième édition a pour ambition de faire le point sur les avancées scientifiques dans le champ de la sociologie de l’Énergie, d’identifier les questionnements émergents et les problématiques qui restent à explorer.

Les 160 communications ainsi que les tables rondes prévues sur les 3 jours du colloque couvriront l’ensemble des thématiques qui mobilisent aujourd’hui scientifiques, pouvoirs publics et industriels. Chercheurs et experts pourront ainsi débattre autour de la présentation de résultats de recherche et d’expérimentations menées dans des domaines aussi divers que le bâtiment et les modes d’habiter, les transports et les mobilités, les stratégies industrielles, les métiers face à la transition énergétique et l’émergence de « nouvelles » professions, les politiques publiques et les enjeux de structuration des « territoires » au regard des nouveaux contextes énergétiques ou encore les enjeux autour de la place du consommateur d’énergie/citoyen dans l’ensemble de ces processus.

Ci-joints le programme, ainsi que le visuel de l’affiche.

Vous pouvez également consulter le programme en ligne ainsi que les résumés des communications sur le site dédié aux JISE : www.socio-energie2015.fr

Inscrivez-vous

Colloquium « Contemporary societies faces with energy transitions »

International Research Days of sociology of energy

 

In the spirit of the first International Research Days, which took place in October 2012 in Toulouse, the research unit of the CNRS CITERES and the CETU ETIcS of the University François Rabelais of Tours would like to bring together scientists and those from diverse institutional horizons around the theme of Energy. This second edition has as a goal to examine updates in scientific progress in the field of the Sociology of Energy, to identify emerging questions and the problems that remain to be explored.

 

The 160 papers and round tables to be presented during the 3 days of the conference will  cover all of the themes which today concern scientists, the public  administration and businesses. Researchers and experts will be able to  debate the results presented by researchers, and the experiments  conducted in areas as diverse as buildings and how people live in them, transportation and mobility, industrial strategies, professions faced with energy transition and the emergence of « new » professions, public policy and the issues of the structure of territories, in regards to new energy contexts or the issues around the place of the energy consumer / citizen in the process. The program takes into account this diversity.

Please find attached the program and the picture of the poster.

The program and the summaries of the papers to be presented are available on line on the JISE website : www.socio-energie2015.fr

Registration

 

Françoise Sitnikoff

Université François-Rabelais – Tours

Département de sociologie

UMR 7324 CNRS Citeres

sitnikoff@univ-tours.fr

2015, 06, Concours Les Nids d’Or, sur la culture alimentaire française

2015, 06, Concours Les Nids d’Or  : SOUTENIR LES INITIATIVES EXEMPLAIRES EN FAVEUR DE LA CULTURE ALIMENTAIRE FRANCAISE

Dossier de Candidature

40 000€ de prix

Pour récompenser des actions de terrain qui participent à la transmission de la culture alimentaire française : passer à table, faire la cuisine, partager ses repas, cultiver le plaisir de manger bien, l’utilisation des objets culinaires, valoriser les arts de la table…

Concours ouvert du : 20 MAI AU 25 SEPTEMBRE 2015

Fondation Nestlé France – « Concours les Nids d’Or »

21, rue de Balzac 75008 Paris –

fondation@fr.nestle.com – 01 60 53 27 51

Fondation Nestlé France @Fond_Nestle_Fr

COMMENT PARTICIPER ?

Ouverture des candidatures du 20 MAI au 25 SEPTEMBRE 2015

Les candidats doivent remplir le dossier de candidature ci-joint avant le 25 septembre 2015

Par courrier à : Fondation Nestlé France

« Concours les Nids d’Or 2015»

21, rue Balzac 75008 Paris

Ou

Par mail : fondation@fr.nestle.com

DATE LIMITE DE REMISE DES DOSSIERS :

25 SEPTEMBRE 2015

CEREMONIE DE REMISE DES NIDS D’OR :

6 novembre 2015, au sein du siège du Grand Dijon- 21 Dijon

 

 

2015 06, PRATIQUES ET SENS DES SOINS DU CORPS EN CHINE Le cas des cosmétiques Lei Wang Préface de Dominique Desjeux

 

Desjeux Dominique, 2015, « préface », in Wang Lei, Pratiques des soins du corps en Chine. Le cas des cosmétiques, l’Harmattan, pp. 11-17

PRATIQUES ET SENS DES SOINS DU CORPS EN CHINE Le cas des cosmétiques Lei Wang Préface de Dominique Desjeux Cette recherche est partie de l’idée que les pratiques liées aux produits cosmétiques sont une partie de la culture. En tant qu’analyseurs de la société, elles ne se limitent pas à des besoins individuels. La société chinoise contemporaine est ainsi abordée à travers l’observation des pratiques liées à l’esthétisation et aux soins du corps. La culture intègre les valeurs et les représentations que les acteurs et la société se font d’eux-mêmes, mais aussi les pratiques et les jeux sociaux liés aux soins du corps, ainsi que l’histoire de leur évolution.

(Coll. Logiques sociales, 27 euros, 276 p., mai 2015) EAN : 9782343060699 EAN PDF : 9782336379388 

Préface

La montée de la classe moyenne en Chine semble aujourd’hui une question qui préoccupe les politiques et les intellectuels chinois, mais peut-être plus en vue de construire une norme morale de la « bonne classe moyenne » que comme une exploration empirique de terrain, comme le suggère Jean-Louis Rocca en 2010. Une fois fait ce constat dans une interview réalisée pour La vie des idées, par Émilie Frenkiel, elle-même auteure d’un livre original Parler politique en Chine publiée en 2014, il continue en remarquant que « très peu de gens travaillent sur les classes plus aisées. »

Or justement la grande originalité du livre de WANG Lei est de nous faire pénétrer à l’intérieur de cette classe moyenne supérieure chinoise par le biais de la consommation, celle des cosmétiques et des crèmes de beauté de luxe, et des pratiques quotidiennes de soins du corps traditionnelles et modernes. Cette observation anthropologique est loin des « bruits » de la politique ou des « fureurs » des mouvements sociaux qui seraient passés en 10 ans, entre 2004 et 2014, de 40 000 à 200 000 d’après les chiffres officiels cités par le Herald Tribune International puis le New York Times International pendant cette même période.

Au contraire, avec WANG Lei nous rentrons, au sens propre, dans l’univers feutré des salles de bain, dont certaines sont équipées de baignoires, signes de la distinction sociale des classes moyennes supérieures, au même titre que l’apprentissage du piano, l’usage des appareils électroménagers, la consommation de vin rouge ou encore du whisky japonais comme à Taipei, comme le montre la recherche en cours sur la sociabilité des Chinois à travers le jeu, l’alcool et l’argent réalisé par HU Shen. Nous pénétrons dans les instituts de beauté où se mêlent les soins du visage et les massages du corps. Nous expérimentons l’usage des ventouses et des plantes médicinales. Nous pénétrons dans les show-rooms de luxe des marques Chanel, Dior ou Louis Vuitton qui sont bien souvent des marqueurs urbains de la présence dans ces quartiers de ces fractions de la classe moyenne supérieure chinoise.

C’est une approche micro sociologique qui s’attache à observer les détails matériels de la vie quotidienne, la place du rouge à lèvres, celle du mascara pour les cils, de la « crème de séparation » (隔离霜Gélí shuāng) pour le visage, qui protège des menaces des produits de maquillage, ou des vernis à ongles, comme analyseur à la fois du rapport au corps, à la santé et à la morale des Chinois, mais aussi de la vie de couple, des tensions éventuelles avec la belle-mère, des conflits entre plus âgées et plus jeunes sur l’usage du maquillage des jeunes filles de moins de 18 ans, des nouveaux rapports entre hommes et femmes, dont le roman de MOU Xiao Ya (Les femmes ont-elles besoin des hommes ?, 2013) et donc de la construction en cours de la classe moyenne urbaine, et « côtière », chinoise, dans sa diversité.

Cette enquête nous permet de saisir le déplacement des tensions à l’intérieur de la famille chinoise marquée par l’enfant unique, et peut-être même, comme HU Shen en fait l’hypothèse, le passage d’une société patriarcale, à une société où le pouvoir des femmes dans la vie privée et familiale devient de plus en plus important, du fait de leur relative rareté démographique.

Wang Lei commence par rappeler qu’il a toujours existé en Chine une tradition d’esthétisation du corps, au moins pour les femmes des classes supérieures. La révolution culturelle à éradiquer la plupart de ces pratiques de maquillage. À partir des années 1980, celles qui donneront naissance à la première génération d’enfants uniques, les trentenaires-quarantenaires d’aujourd’hui, on assiste à la mise en place d’une offre de produits de beauté et tout particulièrement dans le luxe. Ce sont des marques étrangères qui vont permettre aux femmes chinoises les plus aisées de réapprendre les mises en scène de base de leur corps.

Le fait que ce soit des marques étrangères pourrait laisser croire à une occidentalisation des pratiques de soins du corps des Chinois qui contribuerait à la réduction de l’identité chinoise. Une des conclusions, contre-intuitives, du travail de WANG lei est de montrer qu’en réalité une grande partie de ces pratiques de maquillage et de soins du corps ont été réinterprétés par la matrice traditionnelle chinoise des techniques du corps et notamment celles qui se réfèrent à la circulation de l’énergie, au qì 气. Une partie des gestes liés au visage renvoie aux pratiques anciennes de la gestion du qì et de l’équilibre dynamique du corps. Ce mouvement permanent du corps est déjà évoqué dans le travail de François Julien (2005) sur Le nu impossible à représenter, car trop statique.

On retrouve cette même continuité aujourd’hui entre les pratiques alimentaires traditionnelles associées à la symbolique des aliments « chauds » rè 热et des aliments « froids » lěng 冷, et les pratiques modernes des repas dans le logement ou à l’extérieur, comme l’avait déjà montré, il y a une dizaine d’années, Yang Xiao Min, dans son livre La fonction sociale des restaurants en Chine (2006). C’est aussi ce que montre aujourd’hui MA Jingjing dans sa recherche en cours sur la gestion quotidienne de l’eau non potable ou en bidon, et des boissons « énergétiques » dans l’espace domestique et les espaces de la mobilité.

Les femmes chinoises distinguent les produits d’hygiène qui servent à laver le corps, les produits de soins qui ont pour objectif d’entretenir la peau et les produits de beauté qui ont pour fonction d’embellir le corps. Wang lei va détailler de façon très fine ces trois grandes fonctions des produits liés à l’entretien du corps et le sens social de leur usage. Elle va montrer par exemple le rapport ambivalent des femmes chinoises vis-à-vis des produits de blanchiment (Whitenning), perçus à la fois comme des dangers potentiels pour la peau et en même temps comme une des conditions de la réalisation d’un des critères de beauté de la femme chinoise, qui remonte loin dans le temps, et qui est d’avoir la peau blanche. La cherté du produit dont l’accès est plus facile pour les femmes de la classe moyenne supérieure, et le fait d’être vendu sous une marque étrangère joueront comme deux signes de la qualité et donc de la sécurité du produit.

L’hydratation de la peau ne relève pas que du seul confort physique ou de l’esthétique personnelle. Cette pratique permet de limiter les rides qui jouent en défaveur de la femme au moment où, les risques de divorce augmentant, elle doit entretenir l’esthétique de son « capital corps », pour « garder son mari », mais aussi au cas où elle devrait retourner sur le « marché matrimonial » ou se retrouver en compétition avec une autre femme. Les « produits de beauté » sont des analyseurs efficaces de l’évolution des couples et de leur instabilité dans la nouvelle société urbaine en train d’émerger en Chine.

De même la légèreté ou la force du maquillage représente une mise en scène de soi, comme femme, qui peut autant renvoyer à l’image d’une femme conforme aux normes sociales qu’à celle d’une femme de « mauvaise vie ». À travers le maquillage se révèlent les formes subtiles de la transgression et de la conformité sociale.

Au final, la mise en scène du corps de la femme qui avait été réduite à sa plus simple expression pendant la révolution culturelle, la « période sombre », est devenue aujourd’hui une mise en scène totale qui touche à la fois le visage comme signe de la beauté intérieure, le cou comme signe de la jeunesse ou de la vieillesse, les mains comme signe de distinction sociale et les pieds comme signe de l’élégance et de la jeunesse. Tous ces signes sont mobilisés de façon stratégique comme signes de la différenciation sociale et générationnelle, comme signes de la « face » du mari, de son prestige social, ou encore comme signes de l’efficacité professionnelle d’une femme, comme un moyen de réassurance dans une négociation commerciale par exemple. Ils peuvent autant signifier la domination que l’autonomisation de la femme.

La mise en scène du corps de la femme a d’abord évolué en fonction de la croissance économique et de l’ouverture des années 80. Aujourd’hui cette mise en scène suit les deux grandes étapes du cycle de vie qui structure les pratiques du maquillage permises, interdites ou prescrites, celle de l’enfance avant 18 ans (小孩 Xiǎohái), et qui correspond, à l’école primaire, au collège et au lycée, et après 18 ans, celle des « grandes personnes » (大人Dàrén). à l’université puis dans la vie professionnelle. Les pratiques de maquillage sont donc des marqueurs de la nouvelle construction identitaire d’une partie des jeunes urbains chinois. Elles sont aussi le signe de l’importance plus grande que joue le groupe de pairs, notamment à l’école, dans l’apprentissage de l’artificialisation du corps et par rapport aux transgressions éventuelles vis-à-vis des normes sociales instituées.

Pour le moment le maquillage est encore interdit en Chine pour les moins de 18 ans. En pratique il existe de nombreuses adolescentes qui se maquillent en dehors de l’école. C’est une source de tension et de conflits à l’intérieur de la famille. Cette source de tension est d’autant plus forte que la famille accorde ou non une importance prioritaire au concours national, et qu’elle cherche à éviter tout ce qui peut détourner l’enfant unique de son travail scolaire, comme l’ont montré Sophie Alami (2013) et Anne-Sophie Boissard dans leur enquête sur le jeu en Chine et dans 6 pays dans le monde en 2004.

Quand on compare l’équipement des salles de bains les années 90 avec celui des années 2010, on constate à la fois une amélioration extrêmement importante de confort et une multiplication des produits de beauté, surtout dans la classe moyenne supérieure. À travers ces produits de grande consommation, ces détails du quotidien, dont certains sont les signes de la conformité aux normes et d’autres sont l’expression d’une opposition aux parents et donc d’un conflit de générations, on peut observer l’importante de la mutation qui est en train de transformer la Chine. On comprend peut-être mieux le sentiment d’incertitude et d’instabilité que ressentent une partie des familles chinoises face à ces nouveaux phénomènes, face à cette nouvelle jeunesse, face à ces nouveaux couples, face à ces nouvelles femmes.

La consommation est souvent abordée sous l’angle du plaisir, de l’addiction, du gaspillage ou de la vie superficielle. L’enquête de Wang lei, qui a pu être réalisé grâce à une thèse CIFRE, financée par Chanel pendant trois ans, nous décrit par le menu les objets matériels, les espaces domestiques et les gestes des soins du corps aussi infinitésimaux soient-ils. Et pourtant elle réussit le tour de force de nous aider à comprendre la dimension sociétale et l’importance des changements que ces pratiques quotidiennes nous permettent de saisir. La Chine est peut-être arrivée à un plateau ou à la fin de ses « 30 glorieuses ». Elle est entrée dans la société de grande consommation. Elle doit faire face maintenant à une classe moyenne dont les demandes se diversifient, dont les modes de vie deviennent plus mouvants et donc quelque part à une plus forte imprévisibilité, à une plus forte incertitude interne et géopolitique qui peut autant être source de contraintes que de potentialités, comme l’indique bien le sens du mot crise en chinois.

Paris, le 3 février 2015

Dominique Desjeux anthropologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, professeur invité à l’université Guangwai à Guangzhou depuis 1997.

2015 05, Fernanda Ribeiro, Brésil, Rio, Favela :Du “territoire de la violence” au “parc d’attraction”

2015 05, Fernanda Ribeiro, Brésil, Rio, Favela, présentation d’une recherche sur la gentrification des favela à travers le tourisme

doctorante à l’université Sorbonne Paris Cité

2015 05 Fernanda RIBEIRO Favela RIO Presentation_JourneeSuds_Mai2015

Discutant et photos de la favela de Santa Marta : Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite,Université Sorbonne Paris Cité

www.argonautes.fr

Photos : 2015 02 BRESIL RIO FAVELA SANTA MARTA

2015 05 Offre de stage en SHS

TEC est un cabinet de conseil international en développement durable spécialisé sur le changement climatique et installé à Marseille. Entre autres missions (cf http://www.tec-conseil.com), TEC a mis en place le projet européen HOPE (« Quelles actions préfèrent les ménages pour réduire leur empreinte carbone ? »).

HOPE consiste à réaliser dans 4 pays européens une enquête auprès d’un échantillon de ménages afin d’analyser les actions qu’ils sont prêts à mettre en oeuvre pour lutter contre le changement climatique.

Dans ce cadre, TEC souhaite recruter des stagiaires au courant du premier semestre 2016 pour une durée de 4 à 6 mois, en vue d’effectuer l’enquête (à la fois quantitative et qualitative) pour la France, auprès de 80 à 120 ménages de la communauté d’agglomération d’Aix-en-Provence.

Basée sur une méthodologie innovante, cette enquête livrera des enseignements pour les politiques climatiques actuelles aux niveaux européen, national et local dans l’objectif de soutenir de nouveaux choix de consommation des ménages (voir ci-joint le projet HOPE).

Pour plus d’informations, veuillez contacter Françoise Bénévise, consultante pour TEC, au 06.71.63.57.45.

2015 05 Présentation du projet HOPE

2015 05 Chargé d’études Recherches et Vieillissement en CDI.

L’Unité de Recherche sur le Vieillissement (URV) de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) recrute un chargé d’études Recherches et Vieillissement en CDI. Au sein de la Direction Statistique, Prospective et Recherche, l’Unité de Recherche sur le Vieillissement (URV) de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) a pour mission principale de développer la connaissance scientifique des aspects sociaux du vieillissement. Elle y concourt par ses recherches sur les conditions de vie et les conséquences du vieillissement au-delà de 50 ans, en fin d’activité et jusqu’au grand âge et ses activités d’animation et de coordination de la recherche.

Date limite de candidature: 1er juin 2015

Plus d’informations: http://extranet.ucanss.fr/contenu/public/bourse-emplois/details.html?nPostingID=20303&nPostingTargetID=36931&option=52&sort=DESC&respnr=1&ID=QMOFK026203F3VBQB8MLO8MJ3&LOV3=6864&Resultsperpage=10&lg=FR&mask=portail

2015 05 : offre de travail en sociologie

2015 05 : offre de travail en sociologie

Je suis à la recherche d’une personne pour m’aider dans la réalisation d’un terrain qui aura lieu entre le 26 mai et le 5 juin.

Il s’agit de réaliser entre 8 à 10 entretiens individuels d’une durée d’une heure à une heure et demie dans une ville aux alentours de l’ile de France (restant à définir mais pouvant être Reims ou Rouen), de les retranscrire, et de livrer une analyse transversale sur la base des entretiens réalisés.

Les frais sont pris en charge (déplacement, hôtellerie, restauration). Le chargé d’étude doit être motorisé pour cette mission.

Julien TAIEB 

Sociologue, Chargé d’études 

Etudes Quali, bureau d’études sociologiques

www.etudesquali.fr

julien.taieb@etudesquali.fr

06.67.03.35.58

2015 05 Proposition de sujets de thèse Ecrire la cuisine en latin du XIIe au XVe siècle

2015 05 Proposition de sujets de thèse Ecrire la cuisine en latin du XIIe au XVe siècle

 

https://www.universite-paris-saclay.fr/fr/Doctorat/Offre-sujets-de-thèses

 

Sélection : Concours d’accès aux contrats doctoraux des établissements d’enseignement supérieur
Spécialité Histoire, histoire de l’art et archeologie
Ecole Doctorale SHS- Sciences de l’Homme et de la Société
Titre Ecrire la cuisine en latin du XIIe au XVe siècle
Titre Writing the cookery in latin from XIIth to XVth century
Directeur de thèse Bruno LAURIOUX – Tel : 0239255011
Unité de recherche Dynamiques Patrimoniales et Culturelles EA 2449 – Tel : 01 39 25 55 2801 39 25 55 28
Mots clés Histoire du Moyen Âge – Histoire de l’Alimentation – Philologie latine – Codicologie
Mots clés Medieval History – Food History – Latin Philology – Codicology
Profil candidat – Expérience de recherche en histoire médiévale ou en études médiévales.
– Compétences solides en paléographie, codicologie, philologie.
– Bonne maîtrise du latin.
– Connaissances souhaitées en bases de données et humanités numériques.
Profil candidat – Experience of Research in medieval history or medieval studies.
– Good skills in paleography, codicology and philology.
– Good kwnoledge of latin.
– Useful knowledge of databases and digital humanities.
Résumé – De récentes découvertes de manuscrits inédits en Angleterre et en Allemagne sont venues bouleverser ce que l’on croyait établi à propos des livres de cuisine médiévaux. Ces nouveaux témoins montrent en effet que la production écrite en matière culinaire a commencé dès le XIIe siècle (et non plus comme on le croyait à la jointure des XIIIe et XIVe siècles) et qu’elle s’est effectuée assez largement en latin (et non pas seulement en langues vernaculaires). Ces caractéristiques, ainsi que l’agencement des manuscrits laissent supposer qu’à côté de la mise par écrit du savoir professionnel des cuisiniers il existait une tradition savante d’écriture culinaire dont les rapports avec la cuisine antique, la nouvelle littérature médicale d’origine gréco-arabe et la lexicographie pratique du XIIe siècle méritent d’être éclaircis. En un mot, la renaissance d’une écriture culinaire doit être replacée dans le cadre plus général de la ‘Renaissance du XIIe siècle’.
– L’objectif de la présente thèse sera de procurer des éditions critiques de ces manuscrits nouvellement connus et non encore transcrits, de les situer, grâce à un travail philologique approfondi, dans des traditions textuelles tout en étant attentifs à la configuration codicologique des codices qui les accueillent, de les rétablir dans leur contexte intellectuel et enfin d’en étudier le contenu culinaire. Ces manuscrits culinaires constituent en effet la première pierre d’un patrimoine culinaire européen dont la constitution et la construction suscitent aujourd’hui beaucoup d’intérêt de la part des Européens et des pouvoirs publics.
– Le travail du doctorant s’effectuera en liaison avec le projet ‘The roots of Medieval European Cuisine’ qui sera prochainement déposé au titre de H 2020 (Reflective 6-2015 / call ‘Innovative ecosystems and digital cultural assets’) dont le directeur de thèse, Bruno Laurioux, aura la responsabilité d’un des programmes (‘Content generation and aggregation’). Ce projet, qui associe l’UVSQ au Barcelona Supercomputing Center, aux universités de Graz, Brescia et Durham, et à plusieurs fondations espagnoles, a pour but principal d’établir une base de données sur les recettes médiévales à l’échelle de l’Europe. En interaction avec ces partenaires européens, le doctorant sera notamment amené à travailler sur et à partir de la BDD qui forme le cœur du projet ‘The roots of Medieval European Cuisine’. Le financement d’un doctorant pour assurer un travail scientifique en amont sur les textes culinaires en latin est indispensable, le projet finançant par ailleurs le travail d’encodage des données et la dissémination (sous forme de publications et d’émissions multimédias).
Résumé – Recent discoveries of unedited manuscripts in England and Germany have overturned what we thought to be established about the medieval cookbooks. These new manuscripts show that written material about cookery has begun to be produced as soon as the XIIth century (and not at the begining of the XIVth century) and that it was done widely in Latin (and not only in vernacular languages). Because of these characteristics, as well as the material and textual organization of codices, we can suppose that, besides the writing of the professionnal knowledge of cooks, there was a scholarly tradition of written cookery. The links of this tradition first with Ancient Cookery, second with the new greek-arab medical literature, and third with the practical lexicography beginning in the XIIth century, need to be clarified. Briefly, The renaissance of a written cookery needs to be replaced un the more general frame of the ‘Renaissance of XIIth century’.
– To achieve this task, the thesis needs to include give critical editions of manuscripts recently discovered and not yet transcribed. Their text has to be replaced, thanks to a thorough philological analysis, in textual traditions. One particular attention must be brought to the codicology of codices and to the intellectual context of their production. Of course, the culinary content of these early texts should be studied. These cookbooks can be considered as the ‘foundation stone’ of the European Culinary Heritage whose constitution and building raise today great interest of European people and institutions.
– The candidate will work in contact with the partners of the project ‘The roots of Medieval European Cuisine’ which will be submitted in may to the H 2020 call ‘Innovative ecosystems and digital cultural assets'(Reflective 6-2015). The PhD supervisor, Prof. Bruno Laurioux, will be the general leader of Work Package 2 (‘Content generation and aggregation’). This european project includes, besides UVSQ, the Barcelona Supercomputing Center, and the universities of Graz, Brescia and Durham, and also several spanish foundation. Its main goal is to build a database of medieval cookery recipes from all over Europe. The candidate will have to interact with those European partners, and to work for and from the database, which is the core of the projects ‘The roots of Medieval European Cuisine’. Financing of a PhD candidate is necessary to provide the team with a scientific research on the unedited latin manuscripts. The European project will realize encoding of data and dissemination (through public editions, medias events).
Thématique Histoire du patrimoine alimentaire écrit – Histoire de la cuisine médiévale
History of written Food Heritage – History of Medieval Cuisine
Domaine Histoire du Moyen Âge – Etudes médiévales – Histoire et culture de l’alimentation.
Medieval History – Medieval Studies – Food Studies.
Financement
demandé
Appel à projets – Contrat doctoral établissement
Objectif A partir des manuscrits récemment découverts et encore inédits, il s’agit de comprendre la spécificité de l’écriture culinaire en latin du XIIe au XVe siècle et son importance pour le patrimoine culinaire de l’Europe, à travers:
– la transcription et l’édition critique des principaux témoins;
– la reconstitution des traditions textuelles;
– l’étude des collocations manuscrites afin de replacer les textes culinaires dans leur contexte intellectuel;
– l’analyse codicologique pour déterminer les modalités de création, de diffusion et d’utilisation du texte culinaire;
– l’étude du contenu culinaire permettant de mettre en évidence les évolutions du goût et des pratiques alimentaires entre XIIe et XVe siècle.
Contexte Les publications sur la cuisine médiévale se sont multipliées ces dernières décennies (cf. bibliographie) mais la récente découverte de plusieurs manuscrits inédits écrits en latin bouleverse ce que l’on croyait établi à propos des livres de cuisine. Ces nouveaux témoins montrent en effet que la production écrite en matière culinaire a commencé dès le XIIe siècle et qu’elle s’est effectuée assez largement en latin. On peut donc faire l’hypothèse qu’il existait une tradition savante d’écriture culinaire, peut-être en rapport avec la cuisine antique et la nouvelle littérature médicale d’origine gréco-arabe. Cette thèse sera l’une des pierres de touche du projet européen H 2020 ‘The roots of Medieval European Cuisine’.
Méthode La recherche combinera les différentes méthodologies de l’histoire érudite (paléographie, codicologie, philologie) avec les méthodologies des humanités numériques (constitution d’une base de données en lien avec les informaticiens du Barcelona Supercomputing Center).
Résultat attendu – La transcription complète d’au moins 4 manuscrits inédits.
– L’édition critique d’au moins 2 traditions textuelles.
– L’achèvement pour les traités latins d’une base de données des recettes médiévales européennes susceptible d’applications variées.
Référence bibliographique Hieatt, C.B. et al., Répertoire des manuscrits médiévaux contenant des recettes culinaires, in: Du manuscrit à la table. Essais sur la cuisine au Moyen Âge, Carole Lambert ed., Montréal-Paris, Champion-Slatkine-PUM, 1992, p. 313-388.
Benporat, C., Cucina italiana del Quattrocento, Florence, Olschki, 1996 (Biblioteca dell’Archivium Romanicum, ser. I, 272).
Laurioux, B., Les Livres de cuisine médiévaux, Turnhout, Brepols, 1997 (Typologie des sources du Moyen Âge occidental, 77).
Grewe, R. et al., Libellus de arte coquinaria: An Early Northern Cookery Book, Tempe, 2001 (Arizona Center for Medieval and Renaissance Studies, 222).
Laurioux, B., Une histoire culinaire du Moyen Âge, Paris, Honoré Champion, 2005 (Sciences, techniques et civilisations du Moyen Âge à l’aube des Lumières, 8).
Hieatt, C.B., A Gathering of Medieval English Recipes, Turnhout, Brepols, 2008
LLibre de Sent Sovi, ed. J. Santanach, Barcelona, Barcino, 2014 (Recptaris historics de cuina catalana, 1).

Début de la thèse : 1 octobre 2015
Date de mise à jour du sujet : 29 avril 2015

2015 04 appel à intention de recherche ADEME : Mobilisation de la notion de gaspillage

2015 04 L’ADEME Gaspillage, appel à intentions de recherche « Mobilisation de la notion de gaspillage ». La date limite de réponse est fixée au 18 mai 2015. L’objectif est de recueillir les intentions de recherche de la communauté de recherche en sciences humaines et sociales appliquées à la prévention des déchets, à l’économie circulaire, à l’économie de ressources et à la consommation durable. Nous vous invitons à diffuser largement cette information à vos réseaux. Ces intentions permettront à l’ADEME d’engager une discussion collective ou bilatérale avec les porteurs de propositions, dans l’objectif de co-construire et d’engager un projet de recherche co-financé par l’ADEME avant l’été 2015. L’objet de l’appel à intentions de recherche est d’explorer la notion de gaspillage dans la société de consommation et de déterminer dans quelle mesure cette notion peut être mobilisée par les acteurs dans le cadre de l’objectif global d’un changement de pratique ou de comportement des acteurs et en particulier des ménages. Concrètement, les équipes de recherche seront invitées à décrire succinctement leur intention de recherche (question de recherche étudiée, références, …) via la plate-forme de soumission en ligne avant le 18 mai 2015, à l’adresse suivante : https://appelsaprojets.ademe.fr/aap/GASPI-IR2015-47 Nous sommes à votre disposition pour tout complément d’information, Marianne BLOQUEL

ADEME Direction Consommation Durable et Déchets Service Prévention et Gestion des Déchets marianne.bloquel@ademe.fr Tél : 02.41.20.41.67. Disponible lundi, mardi, jeudi

2015 6 juin, colloque sur les fonctions des jeux aux différents âges de la vie : du normal au pathologique

2015 04, Fonctions des jeux aux différents âges de la vie : du normal au pathologique

Programme Colloque Jeux

Affiche Colloque Jeux

Le jeu est une nécessité psychique. Dès la naissance, le bébé a besoin de ses parents, des adultes pour le guider à travers des stimulations sensorielles mais surtout ludiques. En effet, il n’y a pas d’apprentissage sans hédonisme. Winnicott (1971) a souligné combien il contribuait à la maturation psychique du sujet, notamment grâce à cette aire de jeu et de créativité que constitue l’espace transitionnel. Ainsi, le jeu est le garant du bon développement moteur, cognitif et socioaffectif de l’enfant et de l’adolescent. Néanmoins, le jeu est essentiel à tous les âges de la vie.

Dans Les jeux et les hommes, Caillois (1958) souligne comment le jeu repose et amuse. Par ailleurs, ce terme combine les idées de limites, de liberté et d’invention. Outre son absence, il semble alors difficile d’imaginer que le jeu puisse être délétère pour l’individu. A partir de quand passe-t-on d’une activité ludique source de plaisir et d’apprentissage à une activité nocive source de conséquences négatives multiples pour le sujet ? Où se situe la frontière entre le normal et le pathologique ?

Samedi 6 Juin 2015

Université Paris Descartes

Institut de Psychologie

71 Av Edouard Vaillant

92100 Boulogne Billancourt

L’objectif de ce colloque est de souligner les aspects tant positifs que négatifs des différents types de jeux, et de mettre en lumière leurs fonctions aux différents âges de la vie.

 

2015 05 HU Shen, La loterie en Chine, l’Harmattan, Préface D.Desjeux

2015 05 HU SHE COUV LIVRE LOTERIE2015, Dominique Desjeux, Préface, in La loterie en Chine, Etat croupier et joueurs coolies. Jeux de hasard et mutations sociétales, l’Harmattan, pp.7-13 : 2015 01 SHEN INTRODUCTION

 

HU Shen nous propose avec La loterie en Chine, Etat croupier et joueurs coolies. Jeux de hasard et mutations sociétales, une analyse des mutations en cours dans la Chine au quotidien. Il montre à travers le cas de la loterie les liens qui existent entre la vie de tous les jours et le système politique.

Dominique Desjeux, 2013, Préface, in La loterie en Chine, Etat croupier et joueurs coolies. Jeux de hasard et mutations sociétales, l’Harmattan, pp.7-13 :

 

lien avec l’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&isbn=978-2-343-05765-1

2015 05, ADEME, A pourvoir un poste évaluation sociale et environnementale de projets

2015 05 Poste à pouvoir à l’Agence Française de Développement

Offre de poste au sein de l’Agence Française de Développement.

Pour tout autre renseignement, veuillez contacter

Corinne FOREST

Agence Française de Développement

DRH – Division Gestion des Carrières et Recrutement

Tél. 01 53 44 30 4401 53 44 30 44

E-mail : forestc@afd.fr

 

Fichier attaché:

Poste évaluation sociale et environnementale de projets.pdf

2015 05 Recrutement allocataire doctorat INRA/CIRAD

2015 05 Recrutement allocataire doctorat INRA/CIRAD

L’INRA et le CIRAD recrute un allocataire de recherche pour la réalisation d’un doctorat en sociologie. La recherche portera sur les dynamiques d’innovation liées au développement de technologies adaptées aux petits agriculteurs familiaux en Argentine et au Brésil. Voir détails dans l’annonce ci-jointe.

Démarrage de la thèse automne 2015. Dossier à déposer avant le 15 juin 2015 à Frédéric Goulet (frederic.goulet@cirad.fr) et Ronan Le Velly (Ronan.Le-Velly@supagro.fr).

2015 05 allocation de thèse de doctorat sur les discours politiques et les débats sur l’école à Genève

2015 04 Poste de CANDOC

Dans le cadre d’une recherche soutenue par le FNS intitulée « Comment organiser l’enseignement secondaire obligatoire ? » à l’université de Genève, nous cherchons un – une candidat – e –  pour réaliser une thèse de doctorat sur les discours politiques et les débats concernant les réformes des filières dans l’enseignement  secondaire obligatoire dans trois cantons (Genève – Vaud – Valais).

La fiche du poste est en pièce-jointe. Il peut aussi être consulté ici : https://jobs.unige.ch/www/wd_portal.show_job?p_web_site_id=1&p_web_page_id=17591

La postulation peut se faire en ligne à cette même adresse.

Georges Felouzis et Barbara Fouquet-Chauprade

Fichier attaché:

Fiche du poste CANDOC

2014 05 Recrutement de 10 post-doctorants à l’EHESS en 2015

2014 05 Recrutement de 10 post-doctorants à l’EHESS en 2015

Recrutement de 10 post-doctorants à l’EHESS en 2015

 

Dix contrats de chercheurs post-doctorants sont ouverts à l’EHESS à compter du 1er septembre 2015 pour une durée d’un an.

 

Ces emplois concernent les différents domaines des sciences humaines et sociales. Ils sont proposés aux jeunes chercheurs ayant soutenu entre le 01 janvier 2012 et le 07 avril 2015, une thèse de doctorat dans un autre établissement que l’EHESS, en France ou à l’étranger.

Les candidats ne doivent jamais avoir été bénéficiaires d’un contrat de travail géré par l’EHESS.

 

Dans le cadre d’un partenariat avec le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), une candidature sélectionnée s’inscrivant dans le champ d’activité de cet établissement (les dynamiques des sociétés contemporaines du bassin méditerranéen) pourra être soumise au MuCEM pour un co-financement éventuel et une intégration du candidat au département recherche et enseignement du MuCEM.

 

Chaque candidat indiquera (jusqu’à 3 maximum) le(s) laboratoire(s) ou centre(s) de recherche de l’EHESS (ou auquel l’EHESS est associée) au sein desquels il souhaiterait être accueilli pour y inscrire son projet de recherche dans l’un des programmes d’activités du laboratoire/centre (la liste des centres est consultable sur le site de l’EHESS : http://www.ehess.fr/fr/recherche/centres/

 

La sélection favorisera les dossiers comportant une forte dimension interdisciplinaire, une ouverture internationale et une capacité de dialogue avec plusieurs laboratoires ou domaines de l’EHESS.

 

Pour candidater, les candidats doivent impérativement remplir le formulaire en ligne  du mardi 7 avril 2015 à midi jusqu’au lundi 11 mai 2015 midi : http://www.ehess.fr/fr/ecole/recrutements/chercheurs/detail/recrutement-de-10-post-doctorants-au-1er-septembre-2015/

 

et y insérer les documents suivants au format pdf:

  • un curriculum vitae avec la liste des publications
  • la copie du diplôme de doctorat ou attestation faisant foi
  • le rapport de soutenance de la thèse de doctorat le cas échéant
  • une lettre de candidature, adressée à l’attention du président de l’EHESS
  • le(s) nom(s) du/des laboratoire(s) ou centre(s) de recherche de l’EHESS
  • un projet de recherche et d’activités post-doctorales (en cinq pages maximum) rédigé dans le cadre d’une année et s’insérant précisément dans le programme du/des laboratoire(s) ou centre(s) de recherche de l’EHESS ou lié(s) à l’EHESS, à Paris, Marseille, Toulouse ou Lyon

La rédaction du projet de recherche et d’activités post-doctorales en anglais est autorisée. Toutefois, un bon niveau de compréhension et d’expression orale en français est requis.

 

Les candidatures se font uniquement en ligne et devront être validées en cliquant sur le bouton du formulaire « Candidater », à partir du mardi 07 avril 2015 midi et au plus tard le lundi 11 mai 2015 à midi (heure locale de Paris)

 

Une confirmation de réception du formulaire, sous réserve de recevabilité de la candidature à un emploi de post-doctorant à l’EHESS, sera envoyée automatiquement par mail à l’adresse email inscrite dans le formulaire par le candidat.

Les formulaires reçus en ligne passé ce délai, incomplets ou non conformes ne pourront être pris en considération.

 

Les résultats seront disponibles à partir du mercredi 10 juin 2015 sur le site de l’EHESS – rubrique « Recrutements/chercheurs »

 

Pour toute information complémentaire, merci de nous contacter, exclusivement par mail, à l’adresse: bureau-contractuels@ehess.fr

2015 04 offre de stage étudiant en socio-anthropologie à Rennes

2015 04 Proposition de stage d’étudiant pour une étude socio mêlant quanti et quali sur une petite commune de Rennes Métropole.

Contacter : Isabelle de Boismenu

Isabelle de BOISMENU <i.deboismenu@audiar.org>

 

Il est recherché un/une stagiaire  pour assister Isabelle de Boismenu sur une étude au dispositif assez complet et « lourd ».

Compétences demandées : méthodologie qualitative (entretiens, focus-groupes, analyse) ; enquête quantitative (questionnaire, mise en place d’une consultation, traitement de données …)

Le stage devra se dérouler de juillet à décembre 2015.

Lieu : Audiar à Rennes.

Stage rémunéré.

Concernant le logement, si besoin, le/la stagiaire pourra être accompagné(e) et aiguillé(e).

2015 04 : travail d’étudiant en SHS

2015 04 : travail d’étudiant en SHS

Nous avons une petite mission avec des questionnaires à faire passer sur place : visite du musée et de ses expos et environ 5 jours de passation de questionnaires à commencer rapidement. C’est une mission idéale pour un étudiant (si vous en avez dans votre entourage…) Merci et bonne journée à tous

Anne-Laure Dalstein

31 rue Jean-Jacques Rousseau – 93100 Montreuil

01 49 88 17 13 / 06 64 03 19 42

www.eteicos.fr<http://www.eteicos.fr/>

 

2015 04 Trois offres d’emploi en SHS (AISLF)

2015 04 Trois offres d’emploi en SHS (AISLF)

1.1 Directeur, FORS-Centre suisse d’expertise en sciences sociales, Lausanne

(Suisse)

Discipline : sciences sociales

Date limite de candidature : 15 mai 2015

L’offre est en ligne : http://www.aislf.org/spip.php?article2840

1.2 Post-doc « Les dynamiques des usages énergétiques dans la vie quotidienne »,

EDF R&D

Discipline : sciences sociales

Date limite de candidature : 15 mai 2015

L’offre est en ligne : http://www.aislf.org/spip.php?article2841

1.3 Bourse de séjour, Rencontre euro-arabe des jeunes chercheurs en sciences

sociales, Manama (Bahreïn)

Discipline : sciences sociales

Date limite de candidature : 30 mai 2015

L’offre est en ligne : http://www.aislf.org/spip.php?article2845

2015 04, Dominique Desjeux, France Culture, La fabrique de l’histoire sur les pratiques généalogiques

2015 04, Dominique Desjeux, France Culture, La fabrique de l’histoire, une émission d’Emmanuel Laurentin

Interview de Dominique Desjeux sur les résultats d’une enquête généalogique réalisée en 2011 par le Doctorat Professionnel en SHS, université Sorbonne Paris Cité, et d’une enquête réalisée par Opinion Way en 2015 pour le Hors série de La Vie de mars 2015

2015 28 mai, avec la participation d’Elizabeth Pastore-Reiss et Dominique Desjeux, L’énergie, un moteur de changement et d’innovation dans l’entreprise et pour le salarié-citoyen-client ?

2015 04 L’énergie, un moteur de changement et d’innovation dans l’entreprise et pour le salarié-citoyen-client ?

2015 04 Programme atelier 28 mai 2015

Cet atelier promet d’être enlevé : il a en effet été conçu par Elisabeth Pastore Reiss et Dominique Desjeux dont on connaît les approches professionnelles divergentes. Son programme  (voir le détail ci joint) annonce en tout cas de riches débats.

Oui, le coût de l’énergie est une contrainte pour les entreprises, mais plus seulement ! Comment l’énergie fait-elle bouger concrètement l’entreprise dans ses modes de travail, mais aussi le salarié-citoyen dans son mode de vie ? Comment la contrainte énergétique fait-elle surgir des modèles innovants dans l’entreprise ? Et chez le salarié-citoyen-client ? Quelles interactions entre les usages des entreprises et les comportements des salariés ? Comment ces évolutions s’accélèrent-elles et avec quelles perspectives ? Au cours de cet atelier, plusieurs grandes entreprises témoigneront de leur expérience sous le regard de deux parrains de l’Observatoire : Elizabeth Pastore-Reiss, fondatrice d’Ethicity (conseil en développement et marketing durable), et Dominique Desjeux, professeur émérite d’anthropologie sociale et culturelle.Rendez-vous le jeudi 28 mai 2015 de 17h à 19h. Hôtel Renaissance Paris Arc de Triomphe  – 39 avenue de Wagram – 75017  www.renaissancearcdetriomphe.com M° Charles de Gaulle – Etoile Pour participer inscrivez-vous à l’adresse suivante obsenerg@gmail.com

 

 

 

2015 20 avril, débat sur le jeu à Beaubourg

2015 04 http://www.bpi.fr/agenda/joueurs-en-societe

https://www.facebook.com/events/1388284984823037/

Marie Redon, Maître de conférences en Géographie

Université Paris 13-Nord

 

 

Le :20/04/2015

À :19:00

Centre Pompidou
Niveau -1
Entrée principale, rue Saint-Martin (Piazza)
75004   Paris

Conditions d’accès :
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Public visé : Tout public

Contacts :
Conception et organisation
Bernadette Vincent
bernadette.vincent@bpi.frSilvère Mercier
silvere.mercier@bpi.frCommunication
contact.communication@bpi.fr

Joueurs en société
Picto Player Cette rencontre sera diffusée en direct sur cette page à partir de 19h

Malgré la crise, l’industrie des jeux de hasard en France ne s’est jamais aussi bien portée.
Les joueurs y voient une possibilité d’ascencion sociale que le travail ne permet plus, un moyen de se sociabiliser ou une parenthèse de liberté dans un monde moderne qui cherche à abolir l’irrationalité et le hasard.

2015 04 Contrat doctoral Santé

2015 04 http://www.aislf.org/spip.php?article2837

Contrat doctoral

Discipline : sociologie, santé publique

Date limite de candidature : 23 avril 2015

L’offre est en ligne : http://www.aislf.org/spip.php?article2837

2015 04, un scoop sur l’histoire du marketing !

2015 04, un scoop sur l’histoire du marketing

Stefan SCHWARZKOPF, Associate Professor, Copenhagen Business School, invité à l’EHESS du 19 au 22 mai 2015, y présentera deux séminaires.

Vous y êtes cordialement invité-e-s.

Merci de faire circuler cette information autour de vous! (Et pardon pour les doublons!)

Market Research and Political Ideology

Mercredi 20 mai 2015, de 15h à 17h, Salle 1, RDC, bât. Le France, 190-198 avenue de France, 75013 Paris

“This seminar introduces a new way of reading the history of market and consumer research since 1900. Instead of interpreting market and consumer research merely as a response to the needs of commercial actors, like manufacturers and retailers, this seminar will focus on the political ideologies that influenced the making of this professional field in the United States as opposed to Europe. Surprisingly, we find that both American and European market and consumer researchers did not always abide by the ‘ideo-logic’ of neoliberalism and its various predecessors. More often, they used their research practices to promote more social-democratic, at times even socialist, political aims which included consumer protection, education and general socio-economic equality. It might be argued, though, that market and consumer researchers of all ideological proveniences were essentially – to quote Carl Schmitt – political romanticists.”

The Theopolitics of Markets

Vendredi 22 mai 2015, de 11h à 13h, Salle 1, RDC, bât. Le France, 190-198 avenue de France, 75013 Paris

“Following on from the seminar on marketing and political ideology, this seminar aims at discovering an as yet hidden connection between specifically protestant religious sentiments on the one hand, and the modernization of marketing management since 1900 on the other hand. This hidden connection I call the ‘theopolitics of markets’. It can be shown that virtually all early American marketing management thinkers and marketing practitioners, including opinion pollsters and market researchers, had strong roots in Protestant sects (Wesleyan Methodists, Baptists, Presbyterians). Key figures in the American movement to create wider acceptance for marketing as a ‘science’, and for advertising as a modern communication means, were either lay preachers themselves or sons of Protestant and/or Reformed preachers from the mid-West. Historical research of this kind provides us with key insights into possible explanations for why a customer-driven market ideology shares so many characteristics of a secular religion.”

 

Contact : Marie Chessel (chessel@ehess.fr) – Stefan Schwarzkopf (ssc.mpp@cbs.dk)

2015 04 Quatre postes d’assistant à pouvoir à l’ULB

2015 04

3 vacances de postes concernant des assistants (temps-plein; 6 ans de financement; obligation de s’engager dans une thèse de doctorat) qui seront recrutés à la rentrée 2015 (Octobre 2015).

– 1 assistant avec un profil plutôt « sciences sociales et humaines » pour le Master en Sciences et Gestion de l’Environnement

– 1 assistant avec un profil plutôt « sciences naturelles et bioingénieurales » pour le Master en Sciences et Gestion de l’Environnement

– 1 assistant qui sera à cheval sur le Master en Sciences et Gestion de l’Environnement et le Master en Sciences et Gestion du Tourisme

Nous cherchons actuellement aussi, pour un début en septembre 2015, 1 coordinateur/facilitateur de conventions de recherche dont la mission englobe primordialement une aide au montage de projets de recherche européens (ou équivalents). Expérience active en recherche nécessaire.

Descriptions détaillées pour ces 4 postes en pièces jointes.

bien à vous,

Tom Bauler Chaire  –

‘Environnement & Economie’ Université Libre de Bruxelles Centre d’Etudes du Développement Durable Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire ULB – IGEAT (cp130/03)  50 avenue FD Roosevelt  –  B-1050 Bruxelles  Belgique office: D.B.6.246 (Campus Solbsoch) mail : tbauler@ulb.ac.be web : http://igeat.ulb.ac.be/fr/equipe/details/person/tom-bauler/ tel : +32(0)2.650.49.24 fax : +32(0)2.650.43.24 skype : tomba-bxl

2015 03 Jeu, bourse postdoctorale

2015 03 BOURSE POSTDOCTORALE 2015-2016

OBJECTIFS :

La Chaire de recherche du Canada sur les trajectoires d’usage de drogues et les problématiques associées de l’UQTR, la Chaire de recherche sur l’étude du jeu de l’Université Concordia, ainsi que le

Centre de réadaptation en dépendance de Montréal – Institut universitaire offrent une bourse postdoctorale de 35 000$ CAD pour un an. La personne choisie mènera un projet portant sur les liens entre les habitudes de jeux de hasard et d’argent et la consommation de substances psychoactives.

CONDITIONS :

– Être titulaire d’un diplôme de doctorat avant le début du stage, et ce depuis moins de trois ans,

– Avoir une bonne connaissance de l’anglais et du français,

– Être en mesure d’écrire un article scientifique dans l’une de ces deux langues,

– Réaliser le projet postdoctoral de septembre 2015 à septembre 2016,

– Faire parvenir le dossier de candidature avant le 15 mai 2015 à l’adresse indiquée ci-bas.

ENGAGEMENT :

– Être disposé à réaliser une partie du stage à l’Université Concordia et une autre partie à l’UQTR,

– Écrire au moins un article scientifique en lien avec le projet postdoctoral,

– Présenter une communication scientifique dans les trois lieux suivants : UQTR, Université Concordia

et Centre de réadaptation en dépendance de Montréal- Institut universitaire en dépendance.

DOSSIER DE CANDIDATURE :

– Dernier relevé de notes

– Curriculum vitae

– Deux lettres de référence, dont une du directeur de thèse

– Une publication ou une communication du candidat ou un résumé de sa thèse

– Une demi-page résumant les intérêts de recherche du candidat

La décision finale sera prise le 15 mai 2015

ENVOI DU DOSSIER DE CANDIDATURE au plus tard le 15 mai 2015

Dr Sylvia Kairouz

Chaire de recherche sur l’étude du jeu

Département de sociologie et d’anthropologie

1455, boul. de Maisonneuve O, H-1125-44

Montréal, QC, Canada, H3G 1M8

courriel : lifestyle.lab@concordia.ca

Page web : www.concordia.ca/fr/recherche/chairejeu

 

2015 03, post doc sur le handicap

2015 03, RECRUTEMENT DUN POSTDOCTORANT EHESP-Maison des sciences sociales du Handicap DREES, Bureau ‘Handicap, Dépendance’

Dans le cadre de la chaire EHESP-CNSA « Participation Sociale et Situations de Handicap » de la MSSH et à la suite de la convention de partenariat entre la DREES et l’Institut Fédératif de Recherche sur le Handicap sur l’animation des exploitations des Enquêtes Handicap-Santé, est proposé une mission de recherche temporaire pour un post-doctorant.

Le sujet.

Le travail consiste à réinterroger ce que mesurent les grilles d’évaluation de l’autonomie et de la dépendance en exploitant les enquêtes Handicap-Santé (les volets ménage – HSM et institution – HSI) sur le champ des personnes handicapées vieillissantes et des personnes âgées.

http://ifr-handicap.inserm.fr/index.php/recherche/enquetes-handicap-sante/l-enquete-handicap-sante-2007-2009

Les indicateurs « standards » utilisés dans ce champ (Colvez, Katz, grille AGGIR) repèrent bien les situations de forte dépendance. En revanche, ils ne permettent pas de repérer les situations de handicap ou de dépendance plus ou moins modérée qui concernent un nombre non négligeable de personnes et couvrent des populations très hétérogènes tant du point de vue des incapacités qu’elles rencontrent que de l’environnement physique et social dans lequel elles vivent.

Une typologie des limitations fonctionnelles et restrictions d’activités (mise en oeuvre par la DREES) sera reprise et développée. Les résultats de cette classification, confrontés à ceux des indicateurs standards, permettront de proposer différentes approches de la notion de dépendance. On s’attachera aussi à comparer la situation des personnes à incapacités équivalentes suivant qu’elles vivent à domicile ou en institution.

Ce travail aboutira en particulier à la production d’un article en co-publication MSSH/DREES à destination de la Revue française des affaires sociales.

Profil demandé.

Doctorat en sciences sociales (démographie, sociologie, épidémiologie, santé publique, économie).

Compétences statistiques obligatoires (savoir exploiter une base de données à l’aide du logiciel SAS).

Avoir des connaissances sur les problématiques du handicap et de la dépendance (souhaitées).

Contrat INSERM. CDD au sein de l’IFRH (équipe MSSH). Durée : 6 mois, à partir de mai 2015.

Lieu de travail à Paris. DREES à Montparnasse ou MSSH rue de Tolbiac (à définir).

Rémunération. 2 095€ net / mois.

Curriculum vitae et lettre de motivation à adresser jusqu’au 17 avril à :

Jean-François Ravaud, INSERM-MSSH ravaud@vjf.cnrs.fr

Yara Makdessi, DREES yara.makdessi@sante.gouv.fr

 

2015 03 Cancer et alimentation, appel à contribution

210 03, Alimentation et cancers : pour la Revue Anthropology of food.

Appel à contribution pour la Revue Anthropology of food. Lien : http://aof.revues.org/7732 Date limite pour les résumés : 15 avril 2015 3 langues possibles : français, anglais, espagnol « Patrice Cohen » <patrice.cohen@univ-rouen.fr> To: <labo-dysola@listes.univ-rouen.fr> Sent: Thursday, March 19, 2015 10:02 PM De la part d’Elise Palomares : Fabrique d’une nouvelle question de société ? / Alimentation et cancers (AàC)  

2015 03 Sociologue/consultant sénior en études sociétales

Sociologue/consultant sénior en études sociétales H/F

Référence : 104631 publiée le 16/03/2015
CDI – France / Rhone-Alpes / Grenoble (38)
Expérience de plus de 10 ans requise

Cadre de vie : Aménagement du territoire, Psycho-sociologie de l’environnement,
Énergie : Éolien, Hydraulique, Pétrole et gaz

Profil SHS confirmé, dans le privé, pour une activité à l’international dans le secteur de l’énergie. http://www.emploi-environnement.com/fr/gestion_offre/visu_offre.php4?reference_offre=104631#xtor=EPR-3

 

2015 03 poste de Professeur(e), UPEM, Champs-sur-Marne (France)

Professeur(e), UPEM, Champs-sur-Marne (France)

31 mars 2015

L’université Paris-Est Marne-la Vallée à Champs-sur-Marne recrute un(e) professeur(e) spécialisé(e) dans le domaine de la sociologie de l’innovation, sociologie des organisations et/ou études des sciences et des techniques (STS), à compter du 1er septembre 2015.

Date limite des candidatures : 31 mars 2015

http://www.aislf.org/spip.php?article2805

 

 

 

 

2015 03 Contrat doctoral en sociologie CSO date limite 15 mars 2015

 

APPEL A CANDIDATURES

Contrat doctoral en sociologie au sein du programme « enseignement supérieur et recherche » du CSO (Centre de Sociologie des Organisations), unité mixte de recherche Sciences Po (Paris) et CNRS

Date limite d’envoi : 15 mars 2015

Le programme « enseignement supérieur et recherche du CSO Centre de Sociologie des Organisations (www.cso.edu) lance un appel à candidatures pour un contrat doctoral de trois ans. Le/la bénéficiaire devra se soumettre aux procédures de recrutement du programme de sociologie de l’Ecole doctorale de Sciences Po à Paris. Il ou elle travaillera sous la direction de Christine Musselin et Jérôme Aust.

Le projet de thèse doit porter sur les politiques pour l’excellence dans l’enseignement supérieur telles que, par exemple, l’Exzellenzinitiative en Allemagne ou le Programme d’Investissement d’Avenir en France. Il peut s’intéresser à la genèse de ces politiques, au développement d’instruments créés pour les mettre en œuvre, la manière dont les décisions ont été prises, leur impact sur le système d’enseignement supérieur (à tous les niveaux : sur le paysage national, au niveau des universités, au sein des laboratoires, etc.). Tous ces aspects peuvent être couverts sur un pays donné ou bien certains aspects peuvent être étudiés dans le cadre d’une comparaison internationale.

Recevabilité des candidatures : la/la candidate doit être titulaire d’un diplôme en sociologie ou en science politique de niveau master (ou être en mesure de l’obtenir d’ici le mois de septembre 2015). Il/elle devra maîtriser différentes méthodologies d’enquête. Un excellent niveau d’anglais est requis et un niveau intermédiaire en français est indispensable.

Rémunérations : 1685 € bruts par mois (2 188 si charge d’enseignement), avec un contrat de trois ans commençant en octobre 2015.

Procédure de sélection

  • un CV
  • une photocopie des notes obtenues en master
  • une lettre de motivation retraçant le parcours universitaire suivi jusque là (2 pages maximum)
  • un projet de thèse (5,000 mots maximum)
  • une lettre de recommandation d’un des enseignants de master

Merci de transmettre votre dossier complet par mail à s.dubois@cso.cnrs.fr pour le 15 mars 2015 au plus tard.

Un petit nombre de candidats seront conviés à un entretien qui pourra se faire en ligne. La décision finale interviendra mi-avril 2015 après un avis du CSO.

Attention, le/la candidat/e retenu/e devra ensuite postuler à l’Ecole doctorale par la procédure en ligne avant le 22 avril 2015.

La décision finale interviendra en juin 2015. Si le/la candidat/e n’a pas encore obtenu son master à cette date, son inscription sera conditionnelle de l’obtention de celui-ci avec une appréciation égale ou supérieur à la note minimale exigée par l’Ecole doctorale

2015 03 poste de volontaire civil intenational

 

FICHE DE DESCRIPTION DE POSTE SOUS DIRECTION DES PERSONNELS SPECIALISES ET A GESTION DECONCENTREE

BUREAU DES VOLONTAIRES INTERNATIONAUX

RH3D

VOLONTAIRE CIVIL INTERNATIONAL

PAYS : TCHAD

SIGLE DU VI : TCH – TE2A-0002

ANNEE : 2015

       DESCRIPTION DU POSTE

CREATION :           NON

 

EN REMPLACEMENT DE (précisez la date de fin de mission) : Leonor Gonzalez, fin de mission 31/08/15

VILLE : N’Djamena et Province

ETABLISSEMENT : Centre National d’Appui à la Recherche (CNAR)

INTITULE DU POSTE : Chargé de mission, appui à la recherche et à l’enseignement supérieur

PERSONNES A CONTACTER POUR DES RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES:

Françoise Gianviti, Conseillère de coopération et d’action culturelle, francoise.gianvit@diplomatie.gouv.fr

Olivier D’Hont, attaché de coopération

olivier.dhont@diplomatie.gouv.fr

Leonor Gonzales, actuelle VI sur ce poste

leonor.gonzalez.masson@gmail.com

2015 02, D. Desjeux, sur les « big data », le contrôle social et la sorcellerie, Atlantico

http://www.atlantico.fr/decryptage/big-brother-prenom-data-bienvenue-dans-monde-terrifiant-entreprises-et-etats-qui-connaitront-mieux-que-memes-dominique-desjeux-2027511.html

 

Big brother, prénom Data : bienvenue dans le monde des entreprises et des Etats qui vous connaîtront mieux que vous-mêmes Intro du sujet : Le patron d’Apple, Tim Cook, n’est pas passé par quatre chemins lors d’un sommet que Barack Obama avait organisé pour tenter de convaincre les géants du web de partager plus d’informations avec les pouvoirs publics : « Nous vivons dans un monde où nous ne sommes pas encore tous traités de la même manière. Trop nombreuses sont les personnes qui ne se sentent pas libres de pratiquer leur religion, d’exprimer leurs opinions ou d’aimer la personne qu’elles ont choisie. Un monde dans lequel ce type d’information peut faire la différence entre la vie et la mort. Si nous, les personnes investies de responsabilités, ne faisons pas tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger le droit à la vie privée, alors nous mettons en péril quelque chose de bien plus précieux que l’argent. C’est notre mode de vie qui se trouve menacé ». 1 – Même si les grandes sociétés de la Silicon Valley parvenaient à tenir tête au gouvernement américain dans son ambition de mettre la main sur tous les flux d’informations, elles n’en garderaient pas moins le contrôle sur quantité de données concernant leurs utilisateurs : avec toutes ces données traitées, les traces de nos actions laissées sur internet, nos actes d’achats enregistrés, nous dirigeons-nous vers une société de l’anticipation ? un monde où nous nous croyons libres, mais où les acteurs économiques savent par avance ce que nous allons faire ? Dominique Desjeux : D’un point de vue anthropologique, c’est-à-dire un angle d’approche qui montre les grandes constantes des sociétés humaines, le contrôle social est au cœur du fonctionnement de toute société. Pour faire vite on peut dire qu’il n’existe pas de société sans dispositif institutionnel qui cherche à contraindre les individus à aller dans le sens des groupes dominants. Je pense tout particulièrement aux sociétés agraires, et notamment aux sociétés villageoises africaines sur lesquels j’ai travaillé entre 1971 et 1979, et dans lesquelles le contrôle social des « ainés sociaux », les hommes les plus âgés qui sont devenus des chefs de famille, sur les « cadets sociaux », les jeunes et les femmes, s’exerce grâce à un mécanisme magico-religieux très puissant qu’on appelle la « sorcellerie ». Celle-ci pèse comme une menace permanente sur les membres du groupe qui ne se conformeraient pas aux normes de la société villageoise. Ceux qui désobéissent, ceux qui transgressent, risquent des maladies graves ou de mourir. La force du magico-religieux est qu’il s’appuie sur une croyance partagée par les membres du groupe et que cette croyance symbolique en la puissance d’une force qui peut nous faire mourir est l’instrument le plus puissant, le plus grand « Big Brother », que les sociétés ont inventé depuis plusieurs milliers d’années. En un sens, la société « normale », au sens de la société qui existe le plus fréquemment, est celle où fonctionnent des dispositifs symboliques, comme la sorcellerie, la religion ou tout autre idéologie « totalitaire ». Dans l’histoire récente, nous avons connu une exception par rapport à cette contrainte totale, grâce à la période des 30 glorieuses (1945-1975) qui en permettant le développement des villes, des revenus et des classes moyennes a libéré une partie de la population du monde « occidental », du contrôle visuelle de la société villageoise et des contraintes de la religion. Un auteur comme Ronald Inglehart montre dans son livre Sacré versus sécularisation. Religion et politique dans le monde, publié en français en 2014, que dans les pays développés on assiste à une montée de la sécularisation et des valeurs libérales par rapport au divorce, à l’avortement, à l’homosexualité ou à la famille, et qu’en même temps pour des raisons démographiques, les pays moins développés étant beaucoup plus nombreux, on assiste à une croissance très forte des sociétés traditionnelles et des mouvements fondamentalistes, notamment dans les pays musulmans qui sont souvent encore des sociétés agraires ou pastorales. Ce long détour par l’anthropologie permet, de façon raccourcie, de faire l’hypothèse qu’aujourd’hui avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, on est en train de revenir à la « normale » dans les pays sécularisés et développés. Des sociétés privées, comme Google ou Facebook, ou des services de renseignement publics, américains, chinois, anglais, russe et bien d’autres, dont la France, sont capables aujourd’hui à travers le contrôle potentiel de toutes les données numériques qui circulent par les ordinateurs ou les Smartphones,  de mettre en place des systèmes de traitement grâce au « dieu algorithme », comme dirait Kim, un spécialiste des « big data » en Coré du Sud, et donc de contrôle, aussi efficaces que la « sorcellerie », les religions du livre et le « Big Brother » décrit par Georges Orwell dans « 1984 », publié rappelons-le en 1949, il y a presque 70 ans. C’est ce que Armand Mattelard appelle Le profilage des populations (2014). 3 – Comment vit-on dans un monde où des algorithmes savent mieux que nous qui nous sommes ? Dominique Desjeux : On peut faire remonter ce profilage par les algorithmes au 19ème siècle, période de développement de la probabilité appliquée. Aujourd’hui, il est fortement utilisé par le marketing dont l’objectif principal est de « capter » le consommateur et donc de le contrôler pour l’amener à acheter des biens ou des services, pour l’amener « à faire librement » ce que l’on attend de lui, comme le montre Jean-Léon Beauvois dans La soumission librement consentie (1998). Le consommateur ou le citoyen, d’un côté, et de l’autre les grandes entreprises numériques, le marketing ou les services de renseignements des Etats, sont engagés dans une tension permanente entre contrôle et autonomie. Il est donc bien établi aujourd’hui que de nombreuses organisations cherchent à mieux connaître le comportement des consommateurs ou des citoyens, mais aussi des terroristes et des délinquants, ce qui montre l’ambivalence des usages des nouvelles technologies, depuis les SIG (Système d’Information Géographique) dans les années 1990, jusqu’au « big data » en 2015. Cependant toutes ces tentatives de captation relèvent de l’intention. Ce qui reste encore à prouver, au cas par cas, c’est l’effet réel de ces intentions en termes de connaissance, puis de contrôle et enfin de changements réels du comportement des consommateurs. On connaît beaucoup d’échec de lancement de produits dans le domaine de la consommation. On connaît les failles policières dans le suivi des personnes à surveiller. Tout ceci tend à montrer que si l’intention est bien de contrôler totalement les consommateurs, les citoyens ou les personnes dangereuses, le résultat final n’est pas toujours aussi efficace. Il faudrait demander, par exemple, à Amazon quel est l’efficacité de son système d’information sur les livres qui pourraient intéresser ses acheteurs. 4 – Les entreprises et les Etats n’ayant par nature aucun intérêt à se retenir d’accumuler des données et des statistiques sur les consommateurs/citoyens, peut-on vraiment espérer une réaction par le haut ? Faut-il au contraire s’attendre à des réflexes de résistance au niveau individuel, un peu comme dans « 1984 », le roman de George Orwell ? Dominique Desjeux : Il reste donc une question ouverte, qui peut paraître paradoxal, voire sacrilège, celle de l’efficacité réelle de l’amélioration et du raffinement du traitement des données statistiques. En posant cette question on touche autant à « l’imaginaire messianique » de ceux qui croient que grâce aux « big data » on pourra beaucoup mieux contrôler le comportement des consommateurs, qu’à « l’imaginaire apocalyptique » de ceux qui croient que nous sommes manipulables à merci. En réalité les consommateurs et les citoyens sont des acteurs qui possèdent des marges de manœuvre et donc des réaction dans le sens d’une plus grande autonomie ou au contraire d’une « servitude volontaire », pour reprendre le terme de La Boétie au XVIe siècle. Surtout, entre les intentions des acteurs qui cherchent à manipuler, à séduire, à capter, à soumettre ou à éduquer, et les comportements des acteurs qui reçoivent ces intentions, il existe de nombreuses contraintes et de nombreux freins institutionnels ou psychologiques qui limitent les effets positifs ou négatifs de ces intentions. Le plus souvent les individus ne sont pas libres, même s’ils le croient. Cela arrange les dispositifs de persuasion qui s’appuient bien souvent sur cette croyance en la liberté pour développer leur contrôle. Par contre les acteurs ont des marges de manœuvre sous contrainte, ce qui n’arrange pas ceux qui croient que les acteurs sont passifs et dominés. Et pourtant, l’efficacité des « big data » est aussi sous contrainte d’acteurs. Ce sont ceux qui transgressent, comme dans le cas d’Edward Snowden ou des lanceurs d’alerte, sans que l’on sache bien, dans certains cas, ce qui relève du vrai ou de la vision conspiratoire du pouvoir. Au final il paraît pour beaucoup que l’affaire est entendue et que l’accumulation des données et des statistiques va nous conduire vers une société totalitaire ou vers son symétrique, une société entièrement transparente. À l’observation des pratiques sociales autour de la production, de la circulation et des applications de l’information, on constate que les dangers sont réels, surtout à la vue de l’histoire récente, avec la Shoa et les système communistes qui se sont développés sans NTIC mais avec des fiches écrites à la main, mais aussi l’islamisme, ou ancienne, avec les communautés villageoises sous contrainte de sorcellerie. Mais on constate aussi que le jeu est moins clair que celui de la seule explication par les intentions. Les résultats positifs ou négatifs de l’usage des algorithmes sont moins évidents qu’il n’y parait du fait de l’existence de contre-pouvoir, de failles humaines et des rugosités de la société. Il ne faut pas confondre l’intention des acteurs avec les effets sur les autres acteurs.

2015-1990, D. Desjeux, presse, radio, conférences, séminaires

2014 12 29, France Inter, D. Desjeux, Serge Tisseron, David Varet (Homebox), émission « Service public » sur la boulimie des objets, animée par Laurence Barcia
http://www.franceinter.fr/reecouter-diffusions/434499

La boulimie d’objets : c’est grave, docteur?
(ré)écouter cette émissiondisponible jusqu’au 23/09/2017 10h00

Plaisir d’offrir et joie de revendre sur la toile. A peine déballé, certains se débarrassent déjà de l’objet cadeau, tandis que d’autres stockent dans les placards.
Dans la cave et le grenier : les cravates à papa, des vieux albums de mariage pour oublier le divorce, les 33 tours des années collège, un ouvre-boite qui n’ouvre plus la boite, des bidons d’essence (sans essence) qui peuvent toujours servir : pourquoi avons-nous tant de mal à nous séparer de ces objets doudous ?

Des objets du grenier aux objets interconnectés… Que racontent ces placards de la mémoire à l’heure de l’immatériel et de la crise du pouvoir d’achat ? Quel est cet obscur objet de désir et cet obscur désir pour l’objet ?

bibliographie

Objet banal, objet social. Les objets du quotidien comme révélateurs des relations sociales.

Objet banal, objet social. Les objets du quotidien comme révélateurs des relations sociales.

de Dominique Desjeux et Isabelle Garabuau-Moussaoui
éditeur : L’Harmattan
parution : 2000
Boulimie d'objets. L'être et l'avoir dans nos sociétés.

Boulimie d’objets. L’être et l’avoir dans nos sociétés.

de Valérie Guillard
éditeur : De Boeck
parution : 2014

2014 12 25 BFMTV 19h, D. Desjeux sur la revente des cadeaux de Noël

2014 12 12, RTL, D. Desjeux, A quoi rêve les français (15h-16h) animé par Flavie Flament, préparé par Claude Szigeti, à partir d’une enquête réalisée par TNS SOFRES, présentée par Emmanuelle Desprès (FDJ), avec le concours de France Pelé, directrice conseil à Havas

2014 12 11, Atelier Développement durable et acceptabilité sociale, animé à la Sorbonne (université Paris Descartes) par Gaétan Brisepierre et Jerome Boissonade, avec D. Desjeux comme discutant

2014 12 10, Colloque à LILLE (Université Catholique), sur Les stratégies de localisation des ménages et des entreprises à l’épreuve d’une mobilité durable, organisé par Ludovic Vaillant du CEREMA, animée par Julie Merckling, et la participation de Joel Meissonier; D. Desjeux, grand témoin.

2014 11 27, soirée Pragmaty sur l’innovation avec :
Philippe Dessertine, économiste et universitaire, Directeur de l’Institut de haute finance à l’IFG (Institut Français de Gestion), auteur du best-seller « En tout espoir de cause »,
Alain Fuchs, ancien directeur de Chimie Paris Tech et fondateur du laboratoire de Chimie Physique d’Orsay, Président du CNRS, l’un des cent principaux innovateurs mondiaux selon le classement Thompson Reuters,
Dominique Desjeux, anthropologue et Professeur Emérite spécialiste de la consommation et co-auteur de l’ouvrage « Le consommateur malin face à la crise »,
Hugues Meili, PDG de NIJI, jeune PME française, fleuron des technologies digitales et de la convergence numérique,
Fabien Degaugue, multi-entrepreneur de la Silicon Valley, aujourd’hui CEO d’Instaply, start-up qui développe une plate-forme de relation client basée sur le text messaging.

2014 11 27, Colloque interdisciplinaire à Angers (Université Catholique de l’Ouest) : Polyphonie franco-chinoise: représentations, dynamiques identitaires et didactique, organisée par Béatrice Bouvier-Lafitte et Anne Pauzet.
D. Desjeux, « guest speaker » pour la séance d’ouverture : Un regard anthropologique sur la vie quotidienne en Chine depuis 1997

2014 11 13, 2ème Forum (En)jeux de Société, avec une intervention de Dominique Desjeux, président du conseil scientifique du GIS jeux et société
site de l’événement

http://www.enjeuxdesociete.fr/article/revivez-ledition-2014-en-video

2013, 30 novembre, Pèlerin, interview de Dominique Desjeux
La Journée sans achat est traditionnellement fixée en Europe le dernier samedi de novembre, soit un mois avant la déferlante de Noël. Quel regard porte Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie et culturelle à l’université Paris Descartes, sur cette manifestation ?
http://www.pelerin.com/L-actualite-autrement/Dominique-Desjeux-professeur-d-universite-La-Journee-sans-achat-mobilise-peu

2012-2014 : En cours de mise à jour

2012 09 27 L’obsolescence programmée
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-1-Midi/Sons/Europe-1-midi-Le-debat-27-09-12-125424

Ses invités:
Dominique DESJEUX, Anthropologue, auteur du livre « Le consommateur » à paraître chez Hartmann
Yves PUGET, Directeur de la rédaction de LSA, le magazine de la consommation
Serge LATOUCHE, économiste, professeur à l’université Paris XI–Orsay, auteur de « bon pour la casse-les déraisons de l’obsolescence programmée” ed les liens qui libèrent
Thierry SANIEZ, délégué général de l’association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie)

2012 16 février, Emisison des clics et des claques, sur la génération Y

2011 24 et 25 décembre interviews sur la revente des cadeaux de Noël pour RTL, Le Dauphiné Libéré et France Inter (Matthieu Rouault)

2011, 18 novembre interview sur la consommation de Noël par Lisette Gries de Dimanche Ouest France

2011 16 novembre, Europe 1 Emisison des clics et des claques sur Internet, les réseaux sociaux et la vie privée

2011 08 26 Europe 1, interview sur les mouvements sociaux (liens entre les années 1968 et les années 2010/2011, de la radio transistor à twiter, la dimension générationnelle et la forte croissance économique mais sur fond de crise en 2011; cf  article sur mai 1968)

2011 07 06 Europe 1, Interview sur la sorcellerie en Afrique par Nicolas Cariou (cf. D. Desjeux, 1987, Stratégies paysannes en Afrique Noire, l’Harmattan)

2011 06 30 Bienvenu chez Basse, 20:00, les comiques et les médiatiques ont-ils pris la place des politiques ?
La dernière de Bienvenue chez Basse

2011 06 29 Bienvenue chez Basse 20:00 , Vacances, les destinations favorites : le combat des pays et des régions, Acte 2
Fabien Onteniente, réalisateur
Benoit Lucchini rédacteur en chef adjoint des guides du routard.
Patrick Vicériat, Président de l’association des experts en tourisme, auteur de Le tourisme des années 2020 à la documentation française
Nicole Bacharan politologue, spécialiste de la société américaine et des relations franco-américaines, co-auteur de La plus belle histoire des femmes au Seuil
Jean Christophe Buisson rédacteur en chef culture au Figaro Magazine, auteur de Héros trahi par les alliés chez Tempus
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je ? La consommation chez PUF
Alain de Mendonça, PDG de Promovacances.com
Charles Ngouani, Directeur de l’Office du tourisme du Cameroun.

2011 06 29 BFM Radio , sur les méthodes filmées  en enquête sur la consommation

2011 06 20 Bienvenue chez Basse – 20:00, 2050 : Nouveaux transports, nouveau tourisme
Ses invités :
Bernard Chabbert, expert aéronautique d’Europe 1
Alain Cirou, directeur de la rédaction du magazine français Ciel et Espace et consultant Europe 1
Gilles Vervish, enseignant, agrégé de philosophie, auteur Tais toi et double aux éditions Max Milo
Pierre-Yves Savidan, associé au Bureau d’information et prévision économique en charge du transport aérien.
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je ? La consommation chez PUF
Marin de Viry, journaliste, écrivain, auteur de Tous touristes chez Flammarion

 

2011 06 14 Bienvenue chez Basse – 20:00, La Belgique
Ses invités :
Erwan Lecoeur, sociologue, diplômé en sciences politiques de l’université libre de Bruxelles, spécialiste de l’extrême droite
Pierre Kroll, dessinateur et caricaturiste belge
Isabelle Ory, correspondante Europe1 en Belgique
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF
Luc Beyer de Ryke, ancien présentateur du journal télévisé de la RTBF, à deux reprises parlementaire européen, francophone de Flandre. Son dernier livre : La Belgique et ses démons : Mythes fondateurs et destructeurs aux éditions Francois Xavier de Guibert
Christian Bourgoignie, conseiller culturel à l’ambassade de Belgique directeur du centre Wallonie Bruxelles à Paris
Odile Conseil, journaliste au Courrier International
Frederik Boriau, président de l’Association des flamands à Paris
Le live du soir :
Marcio Faraco
Direct culture : Exposition à la Photo-Galerie de La Maison des Etats-Unis, Paris 6ème, Une blonde à Manhattan « The Marilyn Monroe you’ve never seen »
Adrien Gombeaud, journaliste et critique de cinéma
La mauvaise humeur du soir : Silvio Berlusconi
Michela Marzano, professeur de philosophie à l’université Paris Descartes, auteur de Le contrat de défiance chez Grasset
Le livre du soir : Vengeances chez Gallimard
Philippe Djian, écrivain parolier
L’histoire d’un soir : Les relations au Travail
Robin Dualé, président des éditions Tissot
Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail, expert des relations sociales et syndicales

2011 05 17, Bienvenue chez Basse – 20:00 : Quand l’image mondialise la descente aux enfers d’un puissant de la politique
Ses invités :
Alain Genestar, directeur de la publication du magazine Polka
Adrien Gombeaud, critique de cinéma à la revue Positif et au journal Les Echos
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF
François-Bernard Huyghe, dirigeant de l’observatoire géostratégique de l’information au sein de l’IRIS, auteur de Maître du faire croire de la propagande à l’influence aux éditions Vuibert
Anthony Bellanger, directeur de l’information au Courrier International
Jean Garrigues, historien, spécialiste d’histoire politique, Les scandales de la République chez Robert Laffont et Les patrons et la politique chez Perrin
Jean-Eric Branaa, maître de conférences à Paris II, auteur de La constitution américaine chez Ellipse
Le live du soir :
Sinclair
Direct culture : Exposition « Archives de la vie littéraire sous l’occupation » à l’Hôtel de Ville jusqu’au 9 juillet 2011
Robert Paxton, historien américain, commissaire de l’exposition
La bonne humeur du soir :
Patrice Dominguez, ancien champion de tennis L’amour du tennis, abécédaire chez Plon
Le livre du soir :
André Velter, écrivain, poète, auteur de Paseo grande chez Gallimard
Jean-Marc Parisis, écrivain, journaliste
L’histoire d’un soir : L’histoire de la boîte noire
Bernard Chabbert, journaliste, consultant aéronautique Europe1
Jean-Claude Roumilhac, ancien chef pilote A340, chargé de la formation et du niveau professionnel des équipages

2011 05 9, Bienvenue chez Basse  – 20:00 : France 98, la grande farce ?
Claude Leroy, ancien joueur, ancien entraîneur de l’équipe du Ghana, sélectionneur de la Syrie
Dominique Desjeux, anthropologue, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF
Ivan Rioufol, journaliste au Figaro, auteur de A la recherche du peuple perdu aux éditons de Passy
Jean Durry, écrivain, historien du sport, fondateur du musée national du sport
Laurent Lasne, écrivain, auteur de Et maintenant ? au Tiers Livre
Karim Bouamrane, maire adjoint aux affaires économiques de la Municipalité de Saint-Ouen
Trésor, musicien, rappeur
Le live du soir :
Lilly wood & the prick
Direct culture : 18ème édition du Festival rock Les nuits botaniques à Bruxelles du 10 au 29 mai 2011
Paul-Henri Wauters, directeur du Festival Les nuits botaniques
Bienvenue en mai 1981 :
Jack Ralite, sénateur de Seine Saint Denis, ancien ministre de 1981 à 1984
Le livre du soir :
Benoît Duteurtre, écrivain, auteur de L’été 76 chez Gallimard
Jean-Marc Parisis, écrivain, journaliste
L’histoire d’un soir : L’histoire des jeux du cirque
Jean-Noël Robert, historien, auteur de L’empire des loisirs aux belles lettres
Georges Vigarello, directeur d’études à l’EHESS

2011 05 3, Bienvenue chez Basse – 20:00  : Mieux vaut être riche et en bonne santé, que pauvre et malade, Culture, société, sport…
Philippe Villemus, ancien directeur marketing du Mondial 98, auteur de Le patron, le footballeur et le smicard aux éditions Dialogues.fr
Olivier Provost, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune
Denis Muzet, président de l’institut Médiascopie, auteur avec François Jost de Le téléprésident aux éditions de l’Aube
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF

2011 04 28, Bienvenue chez Basse – 20:00 , La bonne humeur du soir : le 1er mai et les jours fériés
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF

2011, 1 avril, France Info sur la vie chère, 13h15-13h30, avec Bernard thomasson
www.france-info.com/vie-pratique-consommation-2011-04-01-augmentation-du-cout-de-la-vie-l-addition-en-quelques-chiffres-526713-516-25.html?var_recherche= vie chère#

2011, 03, 23, Emission « Bienvenue chez Basse », Europe 1, 23/3/11. Sujet : « Faut-il coucher avec le FN ? »
Dominique Desjeux participe à l’émisison de Pierre Louis Basse sur Europe 1 sur le FN.
Il décrit un travail fait sur le site fdesouche par Quentin et qui montre comment a évolué la question identitaire par rapport aux années 1980 et qui pour certains s’est traduite par un passage de « touche pas à mon pote » au front national ou à côté du front national.
Les réactions des internautes de fdesouche
www.fdesouche.com/192229-fdesouche-vu-par-europe-1/comment-page-2#comments

2011, 03 D. Desjeux, interview sur l’accident nucléaire au Japon par Agrobioscience: www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3038


2011, 2 mars,
Bonne-Mauvaise humeur 03/03/2011 – 21:35, Pierre Louis Basse
« On se demande quand même qui filme » Dominique Desjeux revient sur l’affaire Galliano. Par téléphone : Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes,
auteur du Que sais-je « La consommation » chez PUF

2011, 15 février,Bienvenue chez Basse – 20:00
2011, 24 janvier, Bienvenue chez Basse – 20:00
2011, 13 janvier,Bienvenue chez Basse – 20:00
2011, 5 janvier, Radio Notre Dame, sur la revente des cadeaux de Noël avec Price Minister, 9h
2011 4 janvier,Bienvenue chez Basse – 20:00
2010, 6 décembre, Bienvenue chez Basse – 20:00 L’affaire Cantona
2010,10 novembre, Bienvenue chez Basse – 20:00 Comment entrer dans l’hiver sans déprimer
2010, 26 octobre, Bienvenue chez Basse – 20:00 Est-ce qu’on se regarde trop le nombril ? L’individualisme en France
Christophe Deltombe, président d’Emmaüs France, Michel Fize, sociologue, spécialiste des questions de l’adolescence, de la jeunesse et de la famille, auteur de L’individualisme démocratique aux éditions de l’œuvre.
Dominique Desjeux, anthropologue
Eric Beische, Directeur produit Clubmed gym
Alexandre lacroix, directeur de la rédaction de Philosophie magazine
Cynthia Fleury, philosophe et auteur de La fin du courage chez Fayard

2010, 18 octobre,Bienvenue chez Basse – 20:00, le populisme
2010, 30 septembre 2010,
Bienvenue chez Basse – 20:00, Les années 70 : liberté grande, ou trompe l’œil ?
Culture, société, sport… Le soir est grand ouvert avec Pierre-Louis Basse. Sans œillères. Et sans formatage.
Le grand débat du soir : Les années 70 : liberté grande, ou trompe l’œil ?
Dominique Desjeux
, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF.
Jeanne-Martine Vacher, journaliste, productrice, auteur de Sur la route de Janis Joplin chez Hugo&cie.
Jean-Marc Parisis, journaliste, écrivain.
Adrien Gombeaud, critique de cinéma à la revue Positif et au journal Les Echos.
Patrick Vicériat, président de l’association des experts en tourisme, auteur du Tourisme des années 2020 à la documentation française.
Laurent Journo, fondateur du salon du Vintage.
2010, 1 septembre, Bienvenue chez Basse – 20:00
Le débat du soir : demain, tous camés !
Jean-Luc Benhamias, député européen
Stéphane Clerget, auteur de Le pédospy de poche aux éditions Marabout
Jean-Pierre Couteron, médecin et président de l’association nationale des intervenants en toxicomanie
Dominique Desjeux, auteur de Que sais-je ? La consommation, chez PUF
William Lowenstein, directeur général de la clinique Montevideo
Jacques Myard, député-maire UMP
Thierry, ancien drogué et membre des narcotiques anonymes (0800 88 12 88)
2010, juillet,Europe 1, Pierre Louis Basse, 20h-23h
2010, 1 mai, Europe 1, Pierre Louis Basse, 12h20-12h55

2010, 27 mars, France Inter, Didier Adès et Dominique Dambert, émission rue des entrepreneurs, « De Gutenberg à Steve Jobs, la nouvelle révolution culturelle », interview de Dominique Desjeux les usages et les pratiques culturelles et les NTIC, 1384ème émission

RUE DES ENTREPRENEURS 27.03.2010 35:16 27/03/2010 Emission du 27.03.2010
France Inter – Rue des entrepreneurs   France Inter – Rue des entrepreneurs 
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_14958.xml

 

2010, Février n°788, J3E.com, interview de Dominique Desjeux sur la maîtrise de l’énergie : démarche sous contrainte

 

2010, Février n°407, le bulletin de l’ILEC, interview de Dominique Desjeux par jean Wattin Augouard sur les consommations culturelles

 

2010, 9 janvier, Europe 1, Pierre Louis Basse

 

2009, 25 Décembre, FR3 journal 12/13 sur la revente des cadeaux 

 

2009, 25 décembre, Europe 1, 13h05-13h30, sur la revente des cadeaux

 

2009, 23 décembre, Tsf,7h-8h, interview par David Sfez sur la revente des cadeaux

 

2009, Décembre, GQ n°22, Interview par Vincent Cocquebert sur la revente des cadeaux de Noël

 

2009, Le Nouvel Economiste n°1499, interview par caroline Castets sur les élites

 

2009, 22 novembre, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse

 

2009, 5 novembre, Stratégies n°1564, interview par Marine Gauss

 

2009, 22 octobre, l’Express/www.l’express.fr/ interview par Julie Joly

 

2009, 21 octobre, France-Soir.fr, interview sur la maison à 29€

 

2009, 17 octobre, Women’s forum à Deauville sur la beauté table ronde organisée par L’Oréal

 

2009, 12 avril, Radio RCF, émission Grand Angle animée par Violaine Ricour-Dumas sur le déménagement

 

2009, 30 avril, interview par Laurent-Dominic Chantal-Fortin, journaliste à Montreal sur les conséquence de la crise sur l’amour, le couple et la famille.

 

2009 22 avril, RCF en Berry, interview par Laureline Savoye sur les enjeux mondiaux de la crise

www.rcfenberry.fr

 

2009, 21 avril, Europe 1, animépar Marie Drucker sur crise et nouvelles consommations

 

2009, 16 avril, Chambre d’ Agriculture de Bourges, les rapports entre agriculture et société

 

2009, 10 mars, interview pour Réussir Vigne, un mensuel destiné aux vignerons, sur la place du vin dans notre société par Claudine GALBRUN
www.reussir-vigne.com

 

2009, 7 mars, Interview pour France Culture sur la grande distribution en Chine : le cas de Carrefour à Guangzhou (24′ 45″ à 29’30 »)

 

2009, 28 février, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur la crise et la consommation

2009, 26 février, conférence au CNAM sur les enjeux sociaux du téléphone mobile, animée par, Mathieu VIDARD, « La Tête au Carré », le magazine scientifique de France Inter

2008, 28 décembre, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur « Plus rien ne sera jamais comme avant »

2008, 26 décembre  BFM « Marketer dans les pays émergents », émission animée par Grégoire Favet

2008, 4 décembre, Metro, Interview par Jennifer Gallé sur les dons à Noël ( Cliquez pour télécharger)

2008, 3 décembre, RMC, Bourdin and C°. Les français ne sont pas les plus malpolis avec leur téléphone portable !

2008, 22 novembre,Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur le Beaujolais Nouveau

2008, 12 Novembre, BFM, Chine Hebdo, « Les consommateurs chinois et les marques » avec Dominique Desjeux, anthropologue, professeur de sociologie à la Sorbonne et Sébastien Janini, Responsable grande consommation chez TNS-Sofres à Shanghai, émission animée par Grégoire Favet

2008, 26 octobre, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur la surconsommation de septembre

2008, 16 octobre, conférence à la journée des métiers de la sociologie à l’Université de Nancy 2

2008, septembre, X-environnement, Conférece sur « Ce qui fait chnager les pratiques » avec Daniel Boy et Alexis Roy, animé par Alain Grandjean

2008, 20 juilet, Le Parisien, sur la négociation des prix et le pouvoir d’achat, Interview par Olivier Aubry

2008, 2 juillet, Les livres de la 8, TVDirect 8, interview de Bérengère de Termont sur Michel Maffesoli

2008, 11 mai, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur les nouvelles technologes

2008, 29 avril, Europe 1, émission animée par Guillaume Durand, sur la crise

2008, 28 mars, Europe 1,émission animée par Pierre Louis Basse

2008, 24 mars, Rio (Brésil) Interview de Dominique Desjeux sur l’usage de l’ethnologie pour comprendre les comportements des consommateurs. Un résumé de la méthode de l’ethomarketing, crée en 1990 par D. Desjeux et S. Taponier, en 3 minutes
http://br.youtube.com/watch?v=8DoK33O4HkY&NR=1
http://br.youtube.com/watch?v=lN8lqNTLvSA&feature=related

http://br.youtube.com/watch?v=JwcUGNT6_m0&feature=related

2007, 18 mars, D. Desjeux, Deux méthodes sur la consommation : échelles d’observation et itinéraires, journées interdisciplinaires Consommation et marchés : une approche par les intercations sociales, Sorbonne.

2007, 23 octobre, France Culture, émission Travaux public, animée par Jean Lebrun sur le luxe pour l’inauguration des nouveaux locaux d’Hermes rue du Faubourg Saint Honoré.

2007, 23 octobre, BFM, émission animée par Michel Picot à Pont à Mousson, sur la convergence fixe, mobile Internet pour les entreprises avec Bouygues Telecom et Samsung.

2007, 7 octobre, Europe 1, à 13h30, avec Pierre louis Basse sur le marché aux puces de Saint Ouen, interview de D. Desjeux sur le refroidissement et le réchauffement des objets.

2007, 5 octobre, colloque Etienne Thil à La Rochelle, intervention de D. Desjeux sur les approches anthropologiques de la distributione et de la consommation

2007, 27 septembre, 3ème congrés du réseau Asie-IMASIE, intervention de D. Desjeux sur « Consommation, Interculturel et vie quotidienne à Guangzhou (Chine). »

2007, 21 juin (comment les consomateurs sont des coproducteurs du produit),18 septembre (les communautés et les tribus), 16 octobre (le consommateur engagé), 13 novembre (achat ou location),  ANVIE, Le consom’acteur, animation scientifiques des interventions par D. Desjeux.

2007, 7 juin, D. Desjeux, intervention sur R&D et sciences humaines,au Salon européen de la recherche et de l’innovation, Association Bernard Gregory

2007, mai, L’information Agricole n°807, interview de D. Desjeux sur la consommation

2007, 21 avril, un reportage de présentation du DVD sur l’évolution du rôle des femmes en agriculture sur France bleu Limousin a eu lieu le samedi 21 avril 2007, Interview de Laure Adler et de Dominique Desjeux

2007, 20 mars, Intervention sur les méthodes d’enquête qualitative à Sciences Po, Master Affaires Internationales dirigé par Marc Flandreau

2007, 18 mars, D. Desjeux, intervention sur Deux méthodes sur la consommation : échelles d’observation et itinéraires, journées interdisciplinaires Consommation et marchés : une approche par les intercations sociales, Sorbonne

2007, février à mai, Séminaire sur les frontières de l’interculturel à la Sorbonne, animé par D. Desjeux et V Cicchelli (Université Paris-Descartes).

2007, 27 janvier, ARTE, journal de 19h45, interview sur les anti pubs

2007, 18 janvier, intervention de D. Desjeux sur les échelles d’observation de la décision à l’Institut Demos, dirigé par Jean Claude Ruano.

2007, du lundi 7 janvier au jeudi 11 janvier, Séminaire international sur les méthodes qualitatives, films et photos et les études sur la consommation (Brésil, Canada, Chine, France, USA) animé par D. Desjeux à la Sorbonne (Université Paris-Descartes).

2006, 16 décembre, BFI, Chine hebdo Info, avec Myriam Hertz, interview sur les jeunes

2006, 15 novembre, Europe 1, avec Pierre louis Basse sur les addictions, interview de D. Desjeux

2006, 21 octobre, participation à la Cité de la réussite à la Sorbonne sur la consommation.

2006, septembre, D. Desjeux, Le marketing a réinventé le magico-religieux, interview par Ava Eschwègue, Marketing N°106

2006, 6 septembre, La Croix, La rentrée des cantines peut être un plaisir, interview de D. Desjeux par Nathalie LACUBE.

2006 juillet, D. Desjeux, La smart house (sur la domotique), Nouvel Observateur

2006 juin, D. Desjeux, interview par Catherine Viera, Magasine Valor Bresil Rio

2006, juin, intervention au 1er Colloque In Vivo organisé par Eric Singler.

2006, 7 juin , LSA Conso sur BFM, interview sur le Que sais-je ? sur la consommation aux PUF

2006, 19 mai , Europe 1, La grande distribution à l’heure du net, avec Pierre louis Basse

2006, 22 mai, BFI, Chine Hebdo Chine, Le succès de Carrefour en Chine, avec Marion Zipfel mp3: chine-hebdo/2006-05-20_feature_02_net.mp3 []

2006, 3 mai , Europe 1, sur la publicité et la transsubstantiation, entre 12h45 et 13h

2006, 2 mai , Europe 1, émission Europe Plus avec Françoise Gaujour sur la salle de bain et la cuisine

2006, 28 avril , Europe 1 participation à l’émission « A l’air libre » avec Pierre Louis Basse, de 18h à 19h sur la Foire de Paris

2006, 30 mars , Europe 1, émission à quand la fin de l’alcool avec Laurent Cabrol

2006, 22 mars , Europe 1, émission Europe Plus avec Françoise Gaujour sur les objets de la décoration intérieure

 

2006, 7 mars, 2ème Chance, La distribution

2006, 3 mars, France 5, « Les maternelles » sur les objets, la décoration du logement et la construction du couple.

2005, 16 décembre , Europe 1, participation à l’émission « A l’air libre » avec Pierre Louis Basse, de 18h à 20 h sur la consommation de Noël

2005, 19 novembre, SIETAR, Dominique Desjeux, « Echelles d’observation et approches interculturelles dans les organisations et la vie. quotidienne »

2005, novembre, 9èmes journées de recherche en marketing de l’université de Bourgogne animé par Marc Filser, intervention de D. Desjeux sur Sciences sociales, échelles d’observation et décision.

2005, 28 octobre , France culture, Travaux publics par Jean Lebrun, « C’est le week end…et si on se meublait? »

2005, 12/13 octobre 2005, ADETEM , Intervention aux Journées nationales du Marketing sur les méthodes qualitatives

2005, 28 octobre , France culture, Travaux publics par Jean Lebrun, « C’est le week end…et si on se meublait? »

2005, 30 septembre, TF1.fr, Mathieu Durand, La nuit, sens dessus dessous, interview de D. Desjeux

2005, 16 juillet, BFI, Chine hebdo Info, avec Myriam Hertz, sur comment travailler en Chine avec Annie Cattan DG de Pragmaty, consultant en interculturel et conduite de projet.

2005, 26 mai, Institut Demos, Penser le changement en organisation, Rencontre autour de Michel CROZIER, avec la participation de D. Desjeux et animé par Jean Claude Ruano.

2005, mars, conférence à Science Po, Paris, sur Echelle d’observation et individualisme

2004, septembre, France Inter, « Sans vendredi », La consommation, avec Stéphane Conchon

 

 

2004, 26 août, France Inter, « Sans vendredi », Les objets insolites, avec Stéphane Conchon

2004, 7 juillet  France culture, Travaux publics par Jean Lebrun, « Quand les français déménagent« 

2004, 29 juin, Conférence à  EPC/RFID organisée par Gencod EAN France en collaboration avec PERIFEM et ECR France : « RFID, EPC : Mythes, réalités et applications »

2004, 27 avril, ESCP-EAP, Prospectives et marketing, animé par Oliver Badot, « Ethnomarketing et imaginaire » intervention par Dominique Desjeux

2004, 2 avril,  Agro-Monpellier, séminaire Sciences et techniques : « les sciences sociales s’en mêlent », participation de la table ronde « Eclairage sur l’actualité »

2004, 25/26 mars, Regards croisés sur la consommation enfantine, Université de Poitiers, Angoulème, participation au Comité scientifique, animé par Valérie Ines de La Ville

2004, janvier, Recherche et entreprise. Entretien avec Dominique Desjeux, Sciences Humaines n°145

2003, 13 aout, L’entreprise.com, Magali Claustres, « Quand les marques en appellent aux sens »

2003, 25-27 juin, Les Rencontres de Cargèse, animées par N. Alter sur l’innovation Université Paris Dauphine.

2003, avril, Liens socio, L’invité du mois, Dominique Desjeux

2003, 18 mars, RFI, Le monde Change

2003, Janvier, Les entretiens de la mission Agrobiosciences, D. Desjeux, Alimentation et Société. La cathédrale, le caddie®, et la caméra : les voies cachées de l’institutionnalisation de la consommation

2003 31 mars/1 avril, 2ème Journées Normandes de la Consommation, Dominique DESJEUX  (Université Paris V), Réflexions sur la logique des innovations dans l’espace domestique : une entrée anthropologique pour comprendre la consommation comme un procesus social.

2003, 18 mars, RFI, Le monde Change, interview de D. Desjeux

2002, Mai-juin INA, Les dossiers de l’audiovisuel n°103,  les nouvelles technologies : quels usages, quels usagers ?, D. Desjeux, Approche anthropologique des technologies de la communication.

2002, 4 février, France Culture, émisison Pot au feu sur la consommation, interview de D. Desjeux

2002, Béatrice Girard, Savez-vous parler « djeun’s »?, avec des extraits d’entretien de D. Desjeux, in Phosphore n° 249, pp.48-49

2002, D. Desjeux, interview par Magalie Claustres, consulter un ethnologue, Entreprise.com

2001,24 décembre, Arrêt sur image, La 5, Daniel Schneidermann, invité Dominique Desjeux, sociologue

2001, 18 septembre,participation à l’émission E=M6 Les secrets de vos comportements

2001, aout, Textes collectifs d’Analyse de la thèse de Madame Elizabeth Teissier

2001, 19 juillet 2001, L’Expansion, « Je construis ma maison »

2001, 17 juin, Radio France, Le Mouv Toulouse, interview de D. Desjeux

2001, 24 mai, Libération.com, David Groison, La diaspora dans le miroir du réseau. Anthropologie du comportement des communautés étrangères à Paris, enquête réalisée par le Magistère de Sciences sociales sous la direction de Dominique Desjeux, et le suivi par Pascal Hug, Xiao Min Yang.

2001, 5 avril , RFI, Le monde change, interview de D. Desjeux

2001, 25 janvier, Radio France, Le Mouv Toulouse, Le buzz : « Le syndrome de Peter Pan, retour en enfance, refus de grandir ».

2000,24 décembre, Arrêt sur image, La 5, Daniel Schneidermann, invité Dominique Desjeux, sociologue 

2000, 12 novembre, avec Sophie Taponier, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire lié à l’âge), à La Rochelle (Association RETINA)

2000, 7 décembre, RTL, émission Eclats de vie, animée par Valérie Benhaim, sur les nouvelles sociabilités et les bars de nuit

2000, 2 décembre 2000, interview pour Le Monde, par Jean-Michel Normand sur les résistances aux nouvelles technologies

2000, 28 novembre, table ronde « La maison communicante », communication « Questions d’un anthropologue sur les technologies domestique, pièce par pièce », 3ème Rencontres de la Communication Mobile, Groupe Motorola, Paris

2000, 27 novembre, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge), Hôpital Necker (Association RETINA)

2000,12 novembre, ARTE, « Plus jamais seul », documentaire par Jérome Camusat, Frédérique Bompuis et Bertrand Mary, interview de Dominique Desjeux

2000, 12 novembre, avec Sophie Taponier, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire lié à l’âge), à La Rochelle (Association RETINA)

2000, 30 septembre, avec Bruno Péquignot, François de Singly, table ronde à la Sorbonne sur l’édition du livre en sciences humaines, animée par Régine Bercot, ASES

 

2000, 9 aout, Retour sur 10 ans d’Université d’été de l’Innovation rurale à Marciac, D. Desjeux, Femmes et agriculture.

2000, 9 août, intervention au forum « Quand la démocratie rattrape la science », 6ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale, 9 et 10 août 2000, Marciac

2000, 21 avril, interview filmé par Emmanuel Julien pour l’exposition « Nouvelles technologies et vie privée », Cité des Sciences

2000, 30 mars 2000, interview pour le Nouvel économiste, par Yves Deguilhem sur le téléphone mobile

2000, 28 et 29 mars, séminaire : D. Desjeux « Entre la fadeur de la prudence et l’ivresse de l’action : la tragédie de la décision », Forum Stratégies globales, Villejuif, Groupe Les Mousquetaires

2000, 24 mars, D. Desjeux «Gérer l’altérité, c’est lutter pour apporter une certaine relativité aux normes absolues de l’efficacité, du beau et du vrai », table ronde : Les nouvelles technologies de compensation du handicap, vers quelle société, 6ème Rencontre Ville et Handicap, Orléans

2000,  7 mars, interview pour L’ordinateur individuel, par David Groison sur Internet (n°117, mai 2000 : « Les anthropologues du high-tech », pp.84-86)

2000, 27 janvier, diner-débat : « Le sociologue professionnel et sa théorie », APSE, Paris

2000, 17 janvier, table ronde : « Mutations de l’édition en sciences humaines », SFHSH, Paris, ESCP

2000, 15 janvier, table ronde : « Comprendre les sciences humaines », Les université d’Ile de France, Paris, grand amphithéâtre de la Sorbonne

2000, 4 janvier, interview France Inter, Xavier Gespuggia sur la sorcellerie.

2000, 2 janvier, participation à Arrêt sur image, animé par Daniel Schneideman, diffusé par La 5ème, émission « retour sur le passage à l’an 2000 » 

2000, Conférence de D. Desjeux « Initiation à l’anthropologie sociale et culturelle », Mairie du 19ème arrondissement, association Détours, animée par Michèle Odeyé-Finzi

1999, 7 décembre, Interview pour Le Monde avec J.M. Normand sur les nouvelles sociabilité et les bars de nuit

1999, 5 décembre, interview pour Le Monde, par Guillaume Fraissard, sur « solitude et nouvelles technologies »

1999, 13 septembre, interview sur l’importance des réseaux sociaux en Chine, France, USA et Afrique, par Véronique Péan, journaliste free lance, Mission agrobioscience, Toulouse.

1999, 4 août, interview pour BFM, par Isabelle Friedman, sur le déménagement.

1999, 3 août, interview pour La Croix, par Emmanuel Isnard, sur les bars de nuit

1999, 3 août, interview pour World online France, par Bruno Mathon, sur les bars de nuit

1999, 30 juillet 1999, interview pour Le Monde, par Jean-Michel Normand, sur « Le réfrigérateur, qui concocte les repas »

1999,27 juillet, interview pour RFI, par Agnès Rougier, sur les objets du quotidien et le déménagement

1999,  27 juillet, interview pour Eureka, par Denis Sergent sur les bars de nuit

1999, 6 juillet,  « Les échelles d’observation de la décision », séminaire « Décision et management » de l’ICAD

1999, 3 juillet, interview par Isabelle Favre (Stancomb, Research Planing, Sidney, Australie) sur l’émergence des nouvelles pratiques universitaires en sciences humaines en France

1999, 2 juin, présentation des résultats de l’enquête d’Argonautes sur les emplois jeunes (enquête réalisée par Dominique Desjeux, Esther Sokolowski, Sophie Taponier, sociologues, et Marie Hélène Reboit, cinéaste) à une table ronde à Arles avec DominiqueVoynet et Martine Aubry, ministère de l’Environnement.

1999, 3 mai, enregistrement de l’émission « les nuits magnétiques » avec Michel Pomarède sur France Culture

1999, 24 janvier  interview sur la publicité interculturelle des loteries, Culture Pub, M6.

 

 

1999, 19 janvier, interview pour Prima sur le déménagement

 

1999, 20 janvier, interview pour le journal de l’APEC sur le déménagement

 

1998, 8 décembre, interview par Christopher Wells pour RFI (émissions en langue anglaise)

 

1998, 5 décembre, interview pour Le Monde, par Guillaume Fraissard, sur « solitude et nouvelles technologies« 

 

1998, 30 novembre, conférence, « Anthropological Approaches to consumer Sciences : the Itinerary Method », R&D Nestlé, Lausanne, Suisse

1998, 28 novembre, conférence sur l’ethnomarketing, INSFA, Rennes

 

 

 

1998, 11 novembre, Europe 1, Christophe Dechavannes sur Le déménagement, interview de D. Desjeux

1998, 23 octobre, animation de la table ronde Les enjeux du progrès technique pour la troisième rencontre internationale du Blé et des céréales au CNIT

1998, 22 octobre, animation de la conférence débat avec Jean Baubérot, La laïcité, Sciences humaines, carré SEITA

1998, 14 octobre, conférence sur « Nomades et sédentaires, les services de la mobilité », aux rencontres de la communication mobile organisé par MOTOROLA France

1998, 12 octobre, conférence sur « La vie quotidienne en Chine, l’exemple de Guangzhou (Canton) », à l’Assemblée Nationale pour l’association France Chine An 2000 (en collaboration avec YANG Xiao Min, Séverine Enjolras et Anne Sophie Boissard, étudiantes à Paris V)

1998, 5 octobre, conférence sur l’interculturel à l’atelier du Haut Management de l’ENSPTT

1998, 24 septembre, animation de la conférence débat avec Hervé Le Bras, Sciences et Politiques : la démographie et ses dérives, Sciences humaines, carré SEITA

1998, 15 septembre, animation de la conférence de Jacques Girin (CRG) sur le langage à l’atelier du Haut Management de l’ENSPTT (« Utiliser les sciences humaines et sociales pour mieux comprendre la réalité de l’entreprise et donc mieux la piloter », animé par Norbert Alter, D. Desjeux et Marie Rebeyrolle)

1998, 17 juin, avec Sophie Taponier, « Anthropologie de la consommation. Le cas de call porteur», Paris, France Telecom, Direction du marketing

1998,  22 mai, conférencier invité, « L’anthropologie de l’électricité au quotidien » en France, 8ème festival des Sciences, Chamonix

1998, 22 avril, conférencier invité, « Une approche sociologique des services. Les différences de recours aux services résidentiels vue comme un système d’approvisionnement lié à l’appartenance sociale. Le cas du déménagement », Paris, La Poste, Mission Recherche, Les mercredis de la Recherche : l’évolution des services : quelles leçons pour La Poste ?, 32 p. (multig.)

1998, 26 février, interview avec Anne Monjaret sur le déménagement par Gérard Gromer pour Le Gai savoir, France Culture.

1998, interview du 10 au 14 février avec Sophie Taponier « De l’électricité et des hommes », France Culture, Les chemins de la connaissance, animé par Gérard Ponthieu

1998, Europe 1, Christophe Dechavannes, sur la consommation et les courses, interview de D. Desjeux

1998, RFI, le magasine de la mondialisation animé par Effy Tselikas, interview de D. Desjeux

1998, RFI, le magasine de l’alimentation, interview de D. Desjeux

1997, 27 mai, D. Desjeux « Comment poser le problème de la consommation des services suivant une approche sociologique et anthropologique », Villepreux, Management Lyonnaise des Eaux

1997, 23 mai, D. Desjeux « Les enjeux de l’interculturel« , Paris, La communication Etat de savoirs, Démos/Sciences Humaines

1997, 4 avril, D. Desjeux « Intégrer la gestion de l’interculturel dans la conduite d’une action de coopération », Dijon, ministère de l’Agriculture, Journées Nationales d’Education au Développment de la Coopération

1997, 21 mars, D. Desjeux « Comment la connaissance des pratiques culinaire des jeunes peut-elle aider les industriels de l’agro-alimentaire à innover », Chateaudun, ANVIE, les ateliers de l’innovation, en collaboration avec Raphaël Pachiaudy, chef de groupe à Nestlé France

1997, 6 mars, D. Desjueux « Culture, Language and interdisciplinary research« , Tampa, USF, USA, The International Foreign Language Honor Society

1997, 20 février, D. Desjeux, « How to Read Paris« , USF, Tampa, Florida, USA

 

1997, 16 janvier, animation de la conférence débat avec André Kaspi et Peter Gourevitch, Etats-Unis : les années Clinton, Sciences humaines, carré SEITA

1996, 8 octobre, EDF-GRETS, conférence débat du professeur Dominique Desjeux à partir du livre Anthropologie de l’électricité, l’Harmattan

1996, 2 octobre, animation de la conférence débat avec Jacques Lévy et Pierre Veltz, La mondialisation : mythes et réalités, Sciences humaines, carré SEITA

1996, 14 mai, animation de la conférence débat avec Michel Crozier et Alain Touraine, Le changement dans la société,Sciences humaines, carré SEITA

1996, 19 avril, intervention sur l‘édition en sciences humaines, ASFODELP, Paris

1996, 10 avril, animation de la conférence débat avec Yves Jeanneret et Victor Scardigli, Innovation technologique : réalité et imaginaire,Sciences humaines, carré SEITA

1994, Ethnomarketing MEDIAS/interview par J.R. Deléage

1992, 8 décembre, FR3, CNDP, Transversales, la consommation des jeunes: documentaire « La Pub c’est fun« , avec Dominique Desjeux, sociologue, sur l’itinéraire de l’étude à la publicité

1990, Novembre, D. Desjeux, L’ethnomarketing revue Sciences Humaines n°1, Interview par Jean François Dortier

1990, D. Desjeux, La création de l’ethnomarketing, L’Express, Interview par J.M. Demetz

2015 1-3 juillet, Deuxième journée de l’énergie à Tours

LES DEUXIÈMES JOURNÉES INTERNATIONALES DE SOCIOLOGIE DE L’ÉNERGIE SE TIENDRONT À TOURS EN RÉGION CENTRE DU 1ER AU 3 JUILLET 2015, AVEC POUR TITRE : LES SOCIÉTÉS CONTEMPORAINES À L’ÉPREUVE DES TRANSITIONS ÉNERGÉTIQUES. http://www.socio-energie2015.fr/?page_id=5 Voir le programme, comment s’inscrire, comment participer Le premier programme de SHS et interdisciplinaire, lancé il y a deux ans par Maris Christine Zelem et Christophe Beslay à Toulouse.

2013-1990, Publications sur la santé, Sophie Alami, Dominiques Desjeux, Sophie Taponier

Santé

Présentation des enquêtes menées par Argonautes et/ou Interdis sous la direction de Sophie Alami, Dominique Desjeux et Sophie Taponier depuis 1985 dans le domaine de la santé

Publication sur la santé

INTERLIS, S. Alami, D. Desjeux, S. Poiraudeau, pour le compte d’ACTELION et préparation d’une étude quantitative sur le sujet (en cours).

2008, INTERLIS, Alami Sophie, Desjeux Dominique (dir.), 2008, Etude qualitative sur « les attentes des personnes atteintes de sclérodermie systémique »,

2008, Sophie Alami, (dir.), 2008, Etude de faisabilité relative à la création d’un institut orthopédique au Maroc, Dial Invest,

2007, Alami Sophie, (dir.), 2007, Etude de faisabilité relative à la création d’une maison de retraite spécialisée dans le 4ème âge, ORPEA., INTERLIS 16 BRISTOL-MYERS SQUIBB

2007, Poiraudeau  S., INTERLIS, S. Alami, D. Desjeux, 2007, Participation à l’identification des indicateurs à retenir pour l’élaboration de nouveaux instruments d’évaluation des « attentes des patients atteints de gonarthrose » et de leurs« peurs et croyances » (méthode Delphy), pour le compte de PFIZER.

2006, Desjeux D, 2006, « La question des échelles d’observation en sciences humaines appliquées au domaine de la santé », Revue de l’ARSI

2006, INTERLIS, S. Alami, S. Poiraudeau & D. Desjeux, 2006, « Etude qualitative sur « les représentations, comportements et attentes des personnes atteintes de gonarthrose », contrat d’étude réalisée pour PFIZER.

2006, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (V) Typologie des patients », Acupuncture & moxibustion, 2006, vol. 5, n°3, p. 202-212.

2006, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (IV) Représentations et rapports à la science », Acupuncture & moxibustion, 2006, vol. 5, n° 1, p. 12-17.

2005, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (III) Médicaments et acupuncture », Acupuncture & moxibustion , 2005, vol. 4, n°3, p. 171-181.

2005, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (II) Perceptions des effets et évaluation de l’acupuncture », Acupuncture & moxibustion, 2005, vol. 4, n° 2, p. 82-93.

2006, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, 2006, «Acupuncture in France today, a survey »

2001, D. Desjeux et alii, 2001, « Lecture anthropologique de la construction du passage de l’acceptation de la maladie liée au cholestérol », contrat Louis Harris, Laboratoire Pfizer, multig.

2000, S. Alami, 2000, Etude qualitative des « pratiques et représentations des professionnels de santé en matière d’asthme au Maroc », pour Glaxo Wellcome.

1999, Dekens Stéphanie, Ras Isabelle, Taponier Sophie, Desjeux Dominique, 1999, Pratiques, représentations et attentes des personnes atteintes de Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (DMLA), Paris, Argonautes, Contrat Retina France/AFRP, 3 vol., 392 p., multig.

1998, Desjeux Dominique, Taponier Sophie, Palomares Elise, Garabuau-Moussaoui Isabelle (avec la collaboration de Horn Ray), 1998, Enquête exploratoire pour la création d’un institut européen d’innovation sociale (Auxerre, Bruxelles, Lisbonne Londres, Paris), Paris, Argonautes, Contrat Caisse Chirurgicale Mutuelle de l’Yonne , 2 vol., 240 p., multig.

1998, Desjeux Dominique, Taponier Sophie, Zheng Li-Hua, Enjolras Séverine et alii, 1998, Les pratiques et les représentations de la mémoire à Guangzhou (Chine). Enquête anthropologique, Paris, Argonautes, Contrat Laboratoire Beaufour Ipsen International, 3 vol., 324 p., multig. (lié au développement du Tanakan)

1997, Desjeux D, 1997, « Approche anthropologique des soins : la méthode des itinéraires thérapeutiques », Revue Internationale de Pédiatrie, tome XXVIII, pp. 14-15

1996, Desjeux D. et alii, 1996, « Why is Oral Therapy Associated with Drugs in the treament of Diarrhea ? », Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, pp.112-113

1996, Desjeux D., 1996, « En quoi l’anthropologie peut aider les médecins à mieux intervenir pour soigner les diarrhées de l’enfant dans le tiers-monde ? », Bruxelles, Dialogue Hospitalo Praticiens, n° 237, pp. 1-4

1996, Desjeux D., 1996, un chapitre, in DESJEUX J.F., HERCBERG S. (eds.), La nutrition humaine. La recherche au service de la santé, Paris, INSERM/NATAN

1995, DESJEUX J.F., DESJEUX D. et alii, 1995, « How to Explain the Gap between Recommandation ans Prescription in the Treament of Diarrhoea », The Hong Kong Journal of Pediatrics, 1 (Suppl.) pp. 134-137

1994, Desjeux D., Isabelle Favre, Joelle Simongiovani, Laurence Varga, Marie Hélène Caillol, Sophie Taponier,  » Pourquoi dans le traitement de la diarrhée, la thérapie par voie orale est-elle associée à des médicaments ? » dans DESJEUX J.F., TOUHAMI M., (eds.), 1994, Alimentation, génétique et santé de l’enfant, Paris l’Harmattan pp. 209-2014

1994, Louradour D., 1994, « Entretien avec Dominique Desjeux : quand l’anthropologie s’intéresse à la santé », La Gazette Médicale, n°30, pp. 52-53

1993, Desjeux D. Favre I., Simongiovani J., Taponier Sophie, 1993, Anthropologie d’une maladie ordinaire, Étude de la diarrhée de l’enfant en Algérie, Thaïlande, Chine et Égypte, Paris, L’Harmattan, 256 p.

1992, Desjeux Dominique Mebtoul M. (éds.), 1992, « Projet d’anthropologie de la santé, L’alimentation de l’enfant et sa santé » (rapport de synthèse), Paris, Laboratoire d’ethnologie de Paris V / Université Es Sénia d’Oran, 20 p.(multig), (Tome 1, 127 p, Tome 2, 201 p, Tome 3, 125 p, Multig) (lié au développement du SMECTA)

1990, Desjeux D. 1990, « La diarrhée de l’enfant en Algérie : itinéraires thérapeutiques et choix familiaux », in colloque « la santé de la mère et de l’enfant », Paris, Édition UNESCO, pp 133-138.

1985, Desjeux D. (éd.), 1985, L’eau, quels enjeux pour les sociétés rurales, Paris, L’Harmattan, 247 p. (avec les maladies liées à l’eau)

Conférences, séminaires

2007, Desjeux Dominique, 15 novembre, » Approche anthropologique de la cacophonie alimentaire », Paris, CNAM

2001, Desjeux Dominique, 7 août, « Le décideur, la « vache folle » et l’échelle de perroquet. La part du hasard, de la contrainte et de la maîtrise dans les processus de décision sur les risques alimentaires », Université de l’innovation rurale, Marciac, pp 1-9

2001, Desjeux Dominique, 8-9 août, « Quand la génétique nous convie à un autre regard sur nous même », guest speaker et animateur de trois tables rondes sur les débats publics en science. Université de l’innovation rurale, Marciac.

2001, Desjeux Dominique, 2 juillet, « Approche anthropologique des maladies cardio vasculaires : Le cholesterol, une maladie marqueur de passage », Divonne, Suisse, Louis Harris, Laboratoire Pfizer

2001, Desjeux Dominique, 15 mai, « Les associations de patient, le point de vue du sociologue sur l’organisation des soins », DIU Sciences de la qualité et établissement de santé, Faculté de médecine de Necker

2001, Desjeux Dominique, 18 mai « Anthropologie de la maladie : le cas de la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) », Le bistrot des ethnologues sur les affections du corps avec Françoise Héritier et Michèle Cros, Montpellier

2000, Desjeux Dominique, 5 mai « Quels liens entre recherche génomiques, diagnostic médical et services après l’annonce de la maladie : le cas de la DMLA et de la rétinite », Colloque franco-chinois Génome et Cultures, animé par le Professeur Caen, Fondation Marcel Mérieux, Domaine des Pensières, Annecy

2000, Desjeux Dominique, 24 mars, «Gérer l’altérité, c’est lutter pour apporter une certaine relativité aux normes absolues de l’efficacité, du beau et du vrai », table ronde : Les nouvelles technologie de compensation du handicap, vers quelle société, 6ème Rencontre Ville et Handicap, Orléans

1999, Desjeux Dominique, 27 novembre, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge), Hôpital Necker (Association RETINA)

1999, Taponier Sophie, Desjeux Dominique, 12 novembre, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire lié à l’âge), à La Rochelle (Association RETINA)

1996, Desjeux Dominique, 30 janvier, communication oral, « De la connaissance médicale aux pratique courantes. A propos du traitement de la diarrhée de l’enfant », Séminaire Robert Debré, Hopital Robert Debré, Paris

1995, Desjeux Dominique, 15 avril,  communication oral, « Why is oral therapy associated with drugs in the treatment of diarrhea in children ? », ESPID, Birmingham, Grande Bretagne

1995, Sophie Alami Etude qualitative par focus groups sur « la prévention des MST-Sida en milieu urbain : la vulnérabilité des femmes casablancaises de milieu défavorisé » pour le compte du Ministère marocain de la Santé publique.

1994, Desjeux Dominique, communication orale, 1er congrès de pédiatrie européenne, à Paris : « Les aspects anthropologiques du traitement de la diarrhée »

1993, Desjeux Dominique, 10 décembre, communication orale, « Anthropologie d’une maladie ordinaire : résultat de l’étude », Institut du Monde Arabe, Beaufour-Ipsen International, Paris

Santé et édition

1990-1995, co-directeur de la collection « Santé et sciences humaines », avec le professeur J.F. Desjeux, membre correspondant de l’Académie de Médecine,

1998, correspondant scientifique pour la revue Santé Publique et Sciences Sociales, Oran, Algérie, crée en juin 1998 par Mohamed Mebtoul

 

 

 

 

 

2015, 20 et 21 janvier, D. Desjeux, in symposium à Lille sur la transition énergétique

Successful in energy transition. The dynamics of change

International symposium, Lille, 20 -21 January 2015

Call for papers

Organised by :

Helga SCARWELL, Professor, TVES-Lille 1, helga.scarwell@univ-lille1.fr

Divya LEDUCQ, Docent, PIMENT-La Réunion, divya.leducq@univ-reunion.fr

Annette GROUX, Professor, TVES-Lille 1, annette.groux@univ-lille1.fr

1 Successful in energy transition:

the dynamics of change

Conference presentation

This international conference, to be held in Lille on 20th and 21th January 2015, aims to

contribute to the debate of ideas generated by a number of actions which seek to balance

the energy transition and development of territories.

Location of the International Symposium: Lille

Duration of the conference (two days): 20 and 21 January 2015

Proceedings of the symposium

Oral papers selected will be proposed for publication in the conference proceedings, which

take the form of a special issue of journal and a collective volume with a peer committee.

The edition is scheduled for publication close to the conference. Full papers must be sent no

later than 1st September 2014.

Call for papers

Ecological transition, given to the Rio+20 Summit in June 2012, seems to be at the heart of

the structural reform agendas of States. The concept of ecological transition will lead to

simultaneous implementation of several objectives based on the reduction of greenhouse

gas emissions, promoting renewable energy, incentives for efficiency and energy economy,

while questioning our needs. In France, this question has focused on the problem of energy

transition presented at the Environmental Conference held in Paris in September 2012

which mobilized media attention, like the launch of the States-General of the ecology (the

so-called “Grenelle de l’environnement”). Do we not observe a semantic drift from

ecological transition to energy transition? More sober and neutral than to the greenhouse

effect, a source of increased energy independence, lifeline for the economy, the energy

transition appears as the third industrial revolution according to the words of J. Rifkin1

1 Jeremy Rifkin, 2012, La troisième révolution industrielle, Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde, Paris : Les liens qui libèrent.

. The commitment of energy and ecological transition, in a context of crisis, is expected to

organize industrial sectors, transform territories and create jobs. Some do not hesitate to

prophesy that the energy transition will be tomorrow, the only feasible way to the (green)

economy: witness the « great national debate on energy transition » launched by the

Government in the wake of the environmental conference to reach main objectives of the

factor 4: reducing greenhouse gas emissions, 50% saving of energy consumption by 2050,

fossil fuel consumption reduced from 30% by 2030, and the diversification of energy mix

through the development of renewable energies. So far, it is necessary that the concept of

2 energy transition makes consensus, or we find a semantic vagueness in the use of the term

by different actors.

Arising from this positivist approach, since the beginning of the 21st century there has been a

resurgence of technical solutions, including applied “bioclimatic” across buildings to enable

savings on energy bills while taking into account the notions of comfort and uncertainties in

climate-building-user interactions. Thus, a wide range of useful technology has been

developed in thermal insulation of new buildings, energy renovation of old buildings,

recycling and recovery of waste, and finally, in eco -design of products such as “Cradle to

Cradle” programs. The climax of this technological development is reflected in the

promotion and media coverage of smart -grids and smart cities, but could other energy

efficiency models not live together? Indeed, action on technical systems also requires

effective upgrading of local knowledge in both scholarly and vernacular architecture to meet

social needs, particularly in habitat and housing. How to reconcile social housing for the

future and energy transition? The energy and economic developments, such are they now

the terms of sustainable development that should be articulated. Despite a strongly unifying

discourse, can the issues raised (economic, energy, environmental and climate crisis) be

resolved in the announcement of a mutation carrying for the development of technological

innovations, a competitive advantage for businesses, sources of jobs and improving the

purchasing power of consumers? Would the challenge not seek out for a non-transitory

break and terminate the policy directions and strategies that turn their backs (de Perthuis2,

2013) to initiate “a process of continuous and irreversible change

3 ”? Energy transition can’t be so disconnected from the ecological transition.

All human activity causes energy consumption, but the way human beings have mastered it

is at the foundation of our lifestyles and of the organization of our societies. Thus, because

the energy choices are the result of preceding political and economic choices for certain

energy sector, one will agree to recognize that “the developed techniques and deployed

infrastructures materialize modes of collective organization (…) engaging users in more or

less binding chains and in more or less strong dependency situations” against energy

(Rumpala, 20134

2 Christian de Perthuis, 2013, « La « transition énergétique » : Les ambiguïtés d’une notion à géométrie variable », Les Cahiers de la Chaire Economie du Climat, n° 21).

Therefore, the prospects opened by this debate are not trifling. They are

testing our methods of managing resources, our individual behavior, our collective

organizations and question our ways of today production and consumption. Without

neglecting the essential technological innovations – inherent in the modernization of society

– energy transition should be the subject for an economy of sobriety which only the local

communities and individuals hold the key. Indeed, does not the standing actuality of the

energy transition problem question more our behavior, our total consumption and the

health of the planet? Similarly, favorable context to the implementation of local initiatives

for sustainable development entails enthusiastic and compelling speech on the energy

transition, too often seen only through technological innovations and not as the emergence

of new possibilities to social level (Raineau, 2011; Zélem and Beslay, 2013). Does the

3 Conclusion de la deuxième Conférence environnementale du quinquennat par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault

« L’enjeu n’est pas de rechercher une rupture toujours éphémère et trop vite oubliée, mais bien d’enclencher une dynamique

de changement continue et irréversible ».

4 Yannick Rumpala, « Formes alternatives de production énergétique et reconfigurations politiques. La sociologie des

énergies alternatives comme études des potentialités de réorganisation du collectif », Flux n° 92, p. 47-61.

3 commitment to ecological transition not allow the profound transformation of all our

models and our individual and collective behavior? In this perspective, the issue of energy

transition then focuses on redefining the terms of access to resources, risk sharing, the

ability to integrate environmental issues for collective evolving in multiple, scalable and

interaction institutional environments (natural, social, political, administrative, expertise … ).

It also questions our individual responsibility because there are no small actions for the

planet “when we are 60 million to do it” (advertising slogan of MEDDE, 2011). Can we not

believe that insignificance at the individual level could have a significant impact on the

collective level?

Beyond these individual actions – that would transform the collective organization – and

beyond the very general statements of intent, would it not be appropriate to examine the

intermediate and multi-scalar level of spatial planning to measure the potential energy

transition in urban and rural areas? Attention should also be given more precisely in

essential control of land which, in the same way as energy is a finite and expensive resource.

Not only in the framework of planning operations, but also in the development activities,

these questions are relevant through the issues of the ideal degree of densification of the

city center and exploitation of the brown fields. What could be the new forms of

organization of our cities and our territories? Which new life organizations? Finally, how to

implement the transverse energy transition policy as mainstream in all the territorial and

secotoral policies? In other words, what are the implications for land use scenario

(NégaWatt 5, 2012)? In addition, how to foster the emergence of environmentally

responsible or self-efficient energy business parks? What would be the consequences of this

new planning under various networks of transport – individual and collective? In fact, rural

areas that have plenty of land would perhaps also present bigger energy potential? These

questions include the issue of energy in the heart of a political, strategic and systemic

commitment to sustainable development of territories.

Furthermore, why not also mention the legal and financial tools may constitute levers

energy transition and encourage dynamics of change? Will tools now in place – households

prime, tax credits, reduced VAT, guarantee fund, support for third party funders, support

sector structuring, taking into account the thermal performance of building works – be

sufficient to ensure financial sustainability of the energy transition?

This colloquium is held under the « Researchers – Citizens Programme », an original funding

device initiated by the Region Nord-Pas de Calais to finance research programs involving

collaboration between laboratories and non-profit associations. It aims to contribute to the

debate generated by a number of actions which seek to balance the energy transition and

territorial development ideas. Of course, communications will not be limited by provided

studies for the lands of Nord Pas -de- Calais. Indeed, we expect presentations on situations

outside this region and France that will be useful approaches to the burgeoning debate

around energy transition. Presentations will not be limited to a strictly descriptive analysis,

but they will present theoretical, operational approaches (applied research) and professional

practices.

5 Manifeste Négawatt, 2012, Réussir la transition énergétique, Paris : Actes Sud, 376 p.

4 We want to give an international dimension to this symposium. Therefore, communications

in English are welcome. Finally, a workshop in the form of round table will be reserved for

professionals.

In this conceptual framework, communication proposals could include the following themes

and issues – as examples and non- exclusive basis:

1. The definition of the energy transition, its implications in terms of

categories of actors, as well as its translation into legal, economic, political

discourses…, and its semantic elasticity

– How does the relevance of this concept reflect an increased consideration of ecology?

– What can we expect from the energy transition?

– What are the content and limits of the concept of energy transition?

2. The current implementation of the transition and its limits in the answer it

gives to the imperatives of energy sobriety and economic or environmental

crises

– How energy transition can be seen as a dynamic of change and not confined to its technical

dimension?

– How new technological developments can contribute to a redistribution of opportunities

and correlation with social reorganization?

– Planning law for the energy transition?

3. A prospective vision of what could be tomorrow’s energy transition in

developing perspectives taking into account the individual, technology and

territory

– Today, the process of energy transition is questioned essentially from a technical point of

view: however, energy transition is primarily a social issue. What is therefore a social

inclusion of technologies? The issue of lifestyle is posed again more than the issue of

technology?

– Would not it be better to look at the different forms of energy? Changing culture rather

than technology?

– Energy transition: what are the leverages for change? How to rethink the whole community

through the transition?

– What is the relevance of the energy transition to the level of the individual or the plot?

4. Legal and financial tools of the energy transition

– How to ensure sustainable financing of the transition?

– Who should make efforts sobriety in the great debate on energy saving?

Scientific Committee (paper proposals will be submitted for review)

– Marie-Christine ZÉLEM, Professor of sociology, CERTOP-CNRS UMR 5044, University

Toulouse II

– Hassan PEERHOSSAINI, Professor, Head of PIERI – Paris Interdisciplinary Energy Research

Insitute, University of Paris Diderot

5 – Charles RAUX, Director of LET (CNRS-University of Lyon – ENTPE)

– Jean-Claude GATINA, Professor, University of Reunion Island, Research unit PIMENT

– Jian ZHUO, Associate professor, Tongji University, CAUP, Shanghai

– Christophe BESLAY, Associated Docent, BESCB, University of Toulouse-le Mirail

– Mathieu LE DÛ, Research , Virage Énergie

– Alain GRAS, Professor of sociology, Centre d’Etudes des Sciences Sociales de la Défense,

Université de Paris 1

– Christophe GOUPIL, Professor ENSICAEN, PIERI, UMR 8236, University of Paris Diderot

– Laétitia ADÉLARD, Docent-HDR, University of Reunion Island, Research unit PIMENT

– Dominique DESJEUX, Anthropologist, Professor, University of Paris Descartes – Sorbonne

Paris city

– Stéphane BALY, Association Virage Énergie

Quatre personnes sont encore attendues.

Calendar

1st March 2014: Launch of the call for papers in French and English

April 30, 2014: Submission of abstracts according to the model attached. Editorial

constraints are not the same for academics/researchers and professionals

1stJune 2014: Response to speakers

1st September 2014: Sending imperative complete texts by selected speakers

30th September, 2014: Back assessments (acceptance and possible corrections to the

publication of the collective work)

30th October, 2014: Submission of final papers for publication

Proposals for papers and full papers should be sent simultaneously to the

three coordinators of the conference

– Helga Jane SCARWELL, Professor, University of Lille 1, Research unit TVES,

helga.scarwell@univ- lille1.fr

– Divya LEDUCQ, Associate professor, University of Reunion island, Research unit PIMENT,

divya.leducq@univ- reunion.fr

– Annette GROUX, Professor, University of Lille 1, Research unit TVES, annette.groux@univlille1.fr

All participants in the Symposium Lille in January 2015 are required to be registered,

whatever are their statuses – speakers, officers, chairpersons, discussants or visitors. When

you will register, you could select thematic sections you wish to attend.

Fees to be paid before October 30, 2014: 160 Euros

This unique package includes two lunches, snacks and editorial publication costs.

2015, Résumé du CV de D. Desjeux

Curriculum Vitae

Dominique DESJEUX

1 – Fonctions actuelles

  • 2014- 2018, Professeur Emérite d’Anthropologie sociale et culturelle à l’université Sorbonne Paris Cité, Faculté des sciences humaines et sociales Sorbonne, (Professeur depuis 1988)
  • Consultant international pour des enquêtes qualitatives sur la consommation et les processus de décision de la R&D à l’usager final en passant par la distribution (Chine, Brésil, Afrique du Nord et au Sud du Sahara, USA, Europe, Taipei, Singapour, Israël)
  • Visiting professor aux universités des Etudes Etrangères du Guangdong, Guangzhou, Chine et à COPEAD, UFRJ, Rio, Brésil
  • Membre du CEPED (UMR 196), Université Paris Descartes
  • Consultant chez Pragmaty (SAS) dirigé par Ludovic Marty et Annie Cattan
  • Directeur scientifique d’Interlis (SARL) dirigé par Sophie Alami
  • Gérant de Daize and co (EURL)
  • Président du conseil scientifique du GIS « Jeu et sociétés »
  • Président du conseil scientifique de Bouygues Telecom
  • Membre du conseil scientifique du prix du live Le Monde/PUF
  • Membre de l’observatoire de l’énergie d’EDF
  • Membre de l’ObSoCo (Observatoire Société et Consommation)

2 – Domaines de recherches d’études et d’interventions en France, en Europe, aux Etats Unis, en Chine, au Brésil et en Afrique

  • Socio-anthropologie de la décision dans les organisations
  • Anthropologie de la consommation et ethnomarketing (grande consommation, santé, NTIC, énergie, mobilité)
  • Anthropologie de l’interculturel et géopolitique
  • Socio-anthropologie de l‘innovation dans les organisations, les villes, le milieu rural et la vie quotidienne
  • Sociologie de la production scientifique dans les formations supérieures et la recherche

3 – Fonctions avant 2014

  • Directeur de la formation doctorale professionnelle (PhD responsable d’études, 2007-2014)
  • Membre du conseil scientifique d’INTERFEL (2007-2008)
  • Membre du conseil scientifique de l’ADETEM (Marketing) (2008-2012)
  • Président du conseil scientifique de la Cité du Commerce et de la consommation (2008-2009)
  • Membre de l’observatoire les matins réussis de Kellogg’s (2011-2012)
  • Président du conseil scientifique de la commission sur les déchets de l’ADEME (2010-2013, environnement)
  • Président de la commission VAE (validation des acquis de l’expérience) de la faculté SHS, Sorbonne, de l’université Paris Descartes
  • Chargé de mission SOFIP (insertion professionnelle) auprès du Président A. Kahn
  • Professeur d’anthropologie sociale et culturelle à la Sorbonne (université Paris Descartes), (depuis 1988)
  • Directeur du Magistère de Sciences sociales appliquées à l’interculturel dans les organisations, la consommation et l’environnement (1989-2008)
  • Directeur de la collection Sciences sociales et sociétés aux PUF (1996-2008)
  • Auteur, puis directeur de collection, puis directeur éditorial pour les SHS à l’Harmattan (1975-1995)
  • « Visiting professor » à l’University of South Florida (USF), Tampa, Floride, USA (1994-2006) à Odense, Danemark (1997-1999), à Guangzhou, Chine (1997-2014), COPEAD, UFDR, Rio, Brésil (2007-2008)
  • Chargé de cours à l’IPSA d’Angers (1990-2005), à l’ESSCA d’Angers (1999), IEP Paris, FPC, etc.
  • Chercheur au laboratoire d’ethnologie de la Sorbonne (1988-1996), Chercheur au Cersof (Paris 5-Sorbonne) (1996-1997)
  • Co-fondateur du CERLIS avec Monique Hirschhorn, Eric Plaisance et François de Singly (1997-2014)
  • Co-responsable de l’axe Arts, Cultures et Consommations au CERLIS, CNRS, avec Jacqueline Eidelmann et Bruno Péquignot (1997-2008)
  • Consultant pour Pragmaty en management interculturel en Europe, Afrique et Chine (2002-2009)
  • Directeur scientifique d’Interlis, dirigé par Sophie Alami, en études internationales (Chine, Etats-Unis, Allemagne, Grande Bretagne, Suisse, Autriche) et en France (2002-2009).
  • Directeur scientifique d’Argonautes, dirigé par Sophie Taponier, (1990-2001) pour les études et les recherches en France, en Europe, en Afrique, au Brésil et en Chine
  • Membre du conseil d’administration de la revue Sciences Humaines (1990-2005) créé par Jean-François Dortier et Jean-Claude Ruano-Borbaland et du conseil scientifique de la Revue
  • Membre du comité des anthropologues de Motorola aux USA (1999)
  • Visiting professor à USF, Tampa, FL, USA, (1994-2001), à COPEAD, UFRJ, Rio, Brésil (2008-2014), à l’université d’Odense au Danemark

 1988-1988

  • Licencié, en recherche d’emploi

 1981-1988

  • Professeur de sociologie à l’École Supérieure d’Agriculture d’Angers, enquêtes en milieu rural français.
  • Rédacteur en chef de la revue Agriscope
  • Consultant pour l’UNESCO, consultant international pour différentes ONG comme le CCFD, au Congo et au Burkina Faso
  • Directeur de la collection « Logiques sociales » à l’Harmattan (1985) puis directeur littéraire pour les sciences sociales jusqu’en 1995.

 1979 -1981

  • En recherche d’emploi
  • Sociologue indépendant en profession libérale.
  • Chargé de cours et intervenant dans différents établissements d’enseignement supérieur : EHESS Paris, Université de Tours, Stanford University-Centre de Tours
  • Directeur de la collection « Alternatives rurales » à l’Harmattan

 1975-1979

  • Maître assistant de sociologie et d’anthropologie sous contrat, à l’Université Marien Ngouabi, RP Congo. Recherche sur les logiques paysannes à Sakamesso dans le Pool.
  • Chargé de cours à l’Université de Bangui, Centre Afrique. Animation de deux enquêtes en milieu rural  avec des étudiants dans la région de M’baiki et au nord de Bangui.
  • Consultant pour le PNUD pour l’évaluation du projet de développement rural dans le Pool congolais, le PDR

 1971-1975

  • Assistant de sociologie sous contrat, à l’Université de Tananarive, Madagascar, chargé des stages en milieu rural et secrétaire de rédaction de la revue Terre Malgache/Tany Malagasy. Recherche sur un projet de développement sur les hautes terres de Madagascar, le GOPR.

 1969 – 1971

  • Chercheur au Centre de Sociologie des Organisations (CNRS), dirigé par Michel Crozier. Recherches sur la politique industrielle et le corps des mInes en collaboration avec Erhard Friedberd et Jean-Pierre Worms.

 1969 – 1969

  • Chargé d’études à la SEMA-OTAM-OTH-SARES

2105 01 08 Radio France bleu, D. Desjeux sur le jeu

Radio france bleu, D. Desjeux

EXPERT D. Desjeux sur le jeu, animé par Laurent Petit-Guillaume

ou comment faire de la radio quand on a profondément la tristesse au coeur après l’assassinat du comité de rédaction de Charlie Hebdo.

Cabu, Wolinsky et d’autres étaient des auteurs du Cherche midi qui publie , Le jeu toute une histoire, rédigé par Julie Brafman et Eliane Girard en 2014

Jeudi 08 janvier 2015 à 10h00
(Re)écouter cette émissionDisponible jusqu’au 03 octobre 2017

2015 01 05, RTL, la curiosité est un vilain défaut : sur le jeu

2015 01 05, RTL, La Curiosité Est Un Vilain Défaut, Thomas Hughes, Sidonie Bonnec
file:///Users/dominiquedesjeuxapple/Music/iTunes/iTunes%20Media/Music/Unknown%20Artist/La%20curiosité%20est%20un%20vilain%20défaut/l’histoire%20des%20jeux.mp3

Quel joueur êtes-vous ? Plutôt cartes ou console ? Joueur solitaire ou en réseau ? Amateur de paris ou de tactique ? Les jeux vous aideront sans doute à mieux vous connaître… L’historienne Elisabeth Delmas et l’anthropologue Dominique Desjeux vous expliquent notre histoire avec les jeux grâce au livre « Jour de chance » rédigé parJulie Brafman et Eliane Girard, aux éditions du Cherche midi (2014) et dans lequel ils ont été interviewés.

Vous trouverez ci-dessous le lien vers l’émission « La curiosité est un vilain défaut » de lundi 5 janvier sur RTL,  ainsi qu’un lien twitter relayant l’information sur le compte RTL.

 

2014-2003, D. Desjeux, interventions à l’ANVIE

2014, Cahiers de l’ANVIE n° 3, http://www.anvie.fr/#!cahiers-de-lanvie/c1ivq

Cahier n°3 – Les sciences humaines et sociales, ressource stratégique pour l’entreprise

Avec la participation de D. Desjeux et Christophe Rebours d’InProcess

En tant qu’anthropologue, comment collaborez-vous avec les entreprises ?

Dominique Desjeux – Il faut rappeler tout d’abord que les anthropologues académiques « classiques » n’ont pas l’habitude de travailler avec les entreprises privées, et ceci pour des raisons historiques. Pour ma part, j’ai choisi de créer une entreprise en 1990 afin de disposer d’une interface qui favorise les débouchés des étudiants et les recherches conjointes entre le secteur privé et la recherche académique. Pour devenir un anthropologue professionnel, il faut partir des questions des entreprises et non des questions universitaires qui sont bien souvent très abstraites. De l’autre côté si l’entreprise veut bénéficier des apports de l’anthropologie il faut qu’elle accepte de ne pas se centrer uniquement sur le plaisir et la marque, et qu’elle s’ouvre à l’observation des usagers finaux. Pour devenir une entreprise centrée sur le consommateur, il faut accepter de se détacher de la marque pendant l’observation des usages, des pratiques, des stratégies et des relations de pouvoir au sein de l’espace domestique. Une fois compris les interactions sociales et les effets de contrainte de situation, l’anthropologue va pouvoir montrer les valeurs et le sens que les acteurs accordent a posteriori à leur action. Travailler sur les relations de pouvoir et les contraintes de situation permet de comprendre les chances de réussite ou d’échec d’un nouveau service, d’une nouvelle technologie ou d’un nouveau produit. Travailler sur les relations de pouvoir lier à la consommation et au processus de développement des innovations et une approche peu fréquente et c’est en ce sens qu’elle peut aider à regarder autrement la réalité et donc à innover.

Concrètement, comment les entreprises s’emparent-elles des résultats issus des études anthropologiques de terrain ?

Dominique Desjeux – Une fois que les anthropologues ont mené leurs enquêtes dans le logement ou les lieux de travail, ils en présentent les résultats aux entreprises. Cependant elles se sentent bien souvent démunies face à la quantité de détails et d’informations à traiter. De plus le consommateur réel présenté par l’anthropologue ne correspond pas aux images enchantées de la publicité. C’est pourquoi l’anthropologue doit apprendre à traduire ses observations et à accepter que toutes ne soient pas prises en compte. Souvent en effet, seuls quelques éléments d’une enquête sont retenus. De son côté, et c’est souvent ce qui la stresse, l’entreprise doit accepter de faire un détour par les usages observés dans le living, la salle de bain, la cuisine, le bureau ou l’atelier. Ces observations sont loin des attitudes et des typologies auxquelles elle est habituée. Surtout, l’entreprise doit se demander si son offre de produits ou de services résout ou non un problème dans la vie quotidienne du consommateur final avant de chercher comment faire pour que sa marque pénètre par la publicité dans l’univers domestique ou professionnel. Quand en 2004 nous avons travaillé pour Lego avec Sophie Alami et toute une équipe d’anthropologues professionnels dans six pays, la direction de Lego a retenu une contrainte forte, celle du faible temps disponible laissé aux enfants pour jouer. Elle a donc diminué la quantité de pièces de Lego offerte pour réduire le temps de construction, comme le rappelle Christian Madsbjerg et Mickaerl B. Rasmussen de ReD dans The Moment of Clarity (2014) à partir d’une autre enquête anthropologique menée en parallèle. Diminuer le nombre de pièces résout la contrainte de temps des enfants. On voit bien qu’il faut que les deux parties, anthropologues et entreprises, acceptent de faire évoluer leur posture et d’aborder les problèmes sous un angle en partie nouveau. Si l’on veut que les enquêtes anthropologiques, centrées sur l’utilisateur final, soient utilisables, il faut que l’anthropologue accepte que les entreprises réinterprètent une partie des résultats de son enquête du fait de l’existence de jeux de pouvoir entre, par exemple, la R&D et le marketing, ou entre le marketing et la production. Cette dimension représente toujours un challenge pour les anthropologues qui ne connaissent les jeux internes à l’entreprise que par leurs clients et donc par un angle limité. L’anthropologue professionnel est régulièrement démuni face aux effets de silos dans l’entreprise. Bien souvent les résistances à l’innovation sont aussi fortes dans l’entreprise que chez l’usager final qu’il soit un professionnel ou un consommateur familial. Ce que nous apprend l’anthropologie c’est que l’innovation est une transgression et que la transgression est un risque bien au-delà des discours tenus dans l’entreprise en faveur de la nécessité d’innover.

Pouvez-vous nous donner un exemple de collaboration entre l’entreprise et l’anthropologie ?

Dominique Desjeux – Nous avons, il y a plus de 15 ans, mené une enquête avec Nestlé, qui nous a demandé de faire une observation sur la consommation de glaces chez les enfants. Le département avec qui nous travaillions à cette époque pensait qu’il fallait s’intéresser au seul moment où les enfants dégustaient la glace, et au moment où les enfants sortaient la glace du congélateur. L’entreprise ne distinguait pas le problème posé, comment accroître les ventes de crèmes glacées aux enfants, de la façon de le résoudre, s’intéresser au moment où l’enfant consomme le produit. Il fallait donc lui proposer de faire un détour par l’observation de toutes les étapes de l’itinéraire et des interactions sociales qui conduisent à l’achat, puis au « stockage », puis à l’usage de la glace par les enfants. Nous avons donc discuté avec l’entreprise sur la façon de ne pas nous limiter à l’observation du seul moment de l’arbitrage individuel des enfants, mais de remonter aux occasions et aux événements déclencheurs du processus d’achat et d’usage des glaces comme les anniversaires, les fêtes pour enfants ou les week-ends. En anthropologie la décision n’est pas considérée comme un arbitrage individuel, mais comme un processus social et collectif. Nous avons donc mené des enquêtes sur le lieu de décision de l’achat dans le logement, sur le lieu d’achat dans le supermarché, sur le lieu de consommation dans la cuisine ou le living, afin de comprendre les stratégies mises en œuvre par les enfants pour déclencher l’achat et convaincre leurs parents ; de comprendre comment les glaces sont rangées dans le congélateur et si la chaîne du froid était respectée ou non ; de comprendre à quel moment et pourquoi la glace est consommée. Nous avons obtenu ces informations par des interviews sur les lieux de la pratique, par des observations et des discussions sur les lieux d’achat et par des photos. Nous avons aussi essayé de restituer le système d’objets qui conditionne l’usage des glaces ce je corrige à te compliquer qui demande un congélateur, un sac de congélation pour les courses et éventuellement des cuillères pour prendre la glace, des bols, une table, et des chaises, etc. À chaque fois nous cherchons à comprendre la dimension matérielle, celle des objets et du budget, la dimension sociale celle des interactions sociales au sein de la famille, et la dimension symbolique celle du sens en fonction des situations d’usage.

Quelle collaboration menez-vous avec In Process ?

Dominique Desjeux – Il y a plus de deux ans, le dirigeant de cette entreprise, Christophe Rebours, a accepté de financer une thèse Cifre réalisée par Zoé Grange sous ma direction pour comprendre comment il était possible d’intégrer les apports de l’anthropologie dans l’entreprise et, plus particulièrement, dans les activités de design. Deux contrats ont été conclus depuis : le premier concernait sept clients et portait sur l’habitat. Le second, qui concernait à peu près les mêmes clients, portait sur les courses. Dans les deux cas, l’anthropologie est mise à contribution pour comprendre les usages des individus chez eux, dans leur univers de vie quotidienne. Là encore nous avons mobilisé les interviews, les observations in situ les films et les photos. L’intérêt a été de restituer les pratiques réelles, de consommateurs réels.

Quid du réseau d’anthropologues d’entreprises auquel vous appartenez ?

Dominique Desjeux – il a été créé en novembre 2013 suite à une rencontre entre anthropologues professionnels francophones dans le cadre de l’EPIC (National Association for the Practice of Anthropology) à Londres. Il compte d’ores et déjà une quarantaine d’anthropologues professionnels qui possède leur entreprise ou travail en entreprise.

 

2003, ANVIE, D. Desjeux, http://lentreprise.lexpress.fr/marketing-vente/prospection-commerciale/quand-les-marques-en-appellent-aux-sens_1513313.html

2006, ANVIE, avec la participation de D. Desjeux,  http://alban.cornillet.free.fr/akw/index.php/2006/08/23/colloque-anvie-de-nouvelles-voies-pour-lentreprise-lapport-des-sciences-humaines-et-sociales/

2006, ANVIE, séminaire animé par D. Desjeux, http://www.lemangeur-ocha.com/evenement/comprendre-levolution-de-la-consommation-ateliers-de-lanvie-paris-22-fevrier-2006/

 

2014 11 D. Desjeux, Comprendre les enjeux la mobilité à partir de l’émergencede nouveaux usages, de nouvelles technologies ou de nouvelles contraintes nationales et géopolitiques, séminaire ENPC, Paris

Conférence de D. Desjeux : 20014 11 MOBILITE – copie 2

Programme, animé par Vincent Kaufmann : 2014 06ENPC MOBILITE évolutions de la société

Dominique Desjeux, anthropologue, Professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, CEPED

2014 12, Gaétan Brisepierre, L’acceptabilité sociale du développement durable (résumé)

Jeudi 11 décembre 2014 Huitième journée de l’atelier Développement durable et “acceptabilité sociale”

Responsable de la séance : Gaëtan Brisepierre

http://www.reseaucritiquesdeveloppementdurable.fr/atelier-developpement-durable-et-acceptabilite-sociale/11-decembre-2014-recherche-appliquee-en-shs-acceptabilite-du-developpement-durable

 

Depuis une dizaine d’année, les recherches en sociologie sur le développement durable, et notamment sur l’énergie, se sont multipliées sous l’effet de l’impératif politique de la « transition énergétique ». Elles s’effectuent moins souvent dans un cadre académique que dans celui de la recherche appliquée à partir de la demande des institutions publiques, des entreprises, voire des associations. Ces demandes sont très majoritairement formulées par les commanditaires en termes « d’acceptabilité sociale » des innovations technologiques et/ou de l’adoption de bonnes pratiques par les populations. L’objet de cette séance est de s’interroger pour savoir si ces recherches permettent aux acteurs sociaux de dépasser cette problématisation. Autrement dit, s’agit-il uniquement d’étudier les comportements dans le but de les faire changer selon des orientations déjà définies ou s’agit-il d’intégrer la description des pratiques comme un élément de décision au sein des organisations ou encore de légitimer le recours à des démarches de type « démocratie habitantes » ?

Cette séance s’inscrit dans le cycle “Recherche et acceptabilité du développement durable” de l’atelier. Un cycle qui s’intéresse au travail des chercheurs portant sur ou utilisant cette notion d’acceptabilité sociale dans le développement durable. Cette notion a en effet été élaborée dans un but prescriptif qui repose sur des considérations fortement normatives. Il s’agit pour les institutions notamment, de « faire accepter » le développement durable et lever les « verrous » de l’usage autant que technologiques. Alors que les mondes de la recherche et de l’expertise s’inscrivent dans des problématiques différentes, ces derniers incorporant de manière grandissante les commanditaires, les institutions publiques ou les acteurs économiques ; et plus largement, des acteurs pouvant avoir un intérêt à la prescription. Nous souhaitons donc interroger lors de ce cycle, le rôle des chercheurs dans l’usage de cette notion d’acceptabilité, distribuée et portée par d’autres acteurs.

Le succès de la notion d’acceptabilité sociale dans les débats sur le développement durable est en effet inséparable des difficultés et des rapports de forces que rencontrent les différents promoteurs de durabilité. Comment sont financés les projets ? Quelles missions d’expertise sont données et à qui ? Comment cette notion d’acceptabilité sociale entre en ligne de compte dans les dispositifs d’expertise ? Les acteurs sont guidés par des intérêts, des objectifs, et doivent respecter des cadres différents, parfois contradictoires. Partant, ces acteurs tentent de faire porter les contradictions auxquelles ils sont confrontés, par les autres intervenants, y compris les chercheurs. Cette sous-traitance des contradictions s’exprime à travers les modes de financement, la définition des missions d’expertise, l’élaboration de dispositifs de participation, etc.

Après une introduction de Gaëtan Brisepierre, la séance rassemblera les communications de sociologues ayant travaillé sur le développement durable et plus particulièrement les questions énergétiques, avec ou au sein de diverses organisations. Ces communications porteront moins sur les résultats de leurs travaux que sur leurs pratiques de recherche et les interactions qu’elles engendrent. D’abord sur les conditions d’exercice de la recherche appliquée, les négociations autour de la définition du sujet, de l’accès au terrain ou au financement, avec les autres disciplines. Ensuite sur la réception de ces recherches, l’usage des résultats par les organisations, leurs impacts sur la prise de décision ou encore les controverses qu’elles engendrent dans les milieux professionnels. Enfin sur les effets en matière de pratiques de la sociologie, les modalités de valorisations des résultats, voire sur l’identité du sociologue. A l’issue de chaque communication, la discussion sera lancée par Dominique Desjeux, pionniers en France de la recherche appliquée en sociologie, et une large place sera accordée aux échanges avec la salle.

 

Matin : 10h-12h30

 

Delphine LABBOUZ- HENRY, doctorante en psychologie sociale de l’environnement à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense et chargée de missions R&D au Groupe Elithis :

« Développer une approche psychosociale dans un bureau d’études spécialisé dans l’efficacité énergétique des bâtiments »

Sylvaine LE GARREC, Sociologue-urbaniste, Association des Responsables de Copropriété :

« Pratiquer la recherche-action en sociologie dans une association de défense des copropriétaires impliquée sur les économies d’énergie »

Après-midi : 14h – 16h30

Chantal DERKENNE, sociologue à l’ADEME :

« Une décennie de recherche appliquée en sociologie dans une institution publique chargée de l’environnement et de l’énergie »

Gaëtan BRISEPIERRE, sociologue indépendant ; Stéphane LABRANCHE sociologue-politologue, Vincent RENAULD, ingénieur-sociologue :

« Réception par les professionnels et les décideurs des enquêtes sociologiques sur des projets urbains : controverses et appropriation »

Discutant

Dominique Desjeux (Professeur d’anthropologie sociale et culturelle à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité – CEPED)

 

 

 

2014, Desjeux D., « La communication dans le champ de la consommation », in Le XXè siècle saisi par la communication, Revue HERMES n°70, p115-119

2014, Desjeux D., « La communication dans le champ de la consommation », in Le XXè siècle saisi par la communication, Revue HERMES n°70, p115-1192015 01 LIVRE COUV LE XX SIECLE SAISI PAR LA COMMUNICATION

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité

D’une certaine façon, aborder la question de la communication sous l’angle de la consommation n’est pas très différent de celle de la communication en général puisque d’un côté il n’y a pas de société sans communication et donc que tout est communication et que de l’autre la communication renvoie dans le langage courant à une expression négative : « tout cela c’est de la ‘com’ » et donc que toute communication porte à suspicion. D’un point de vue anthropologique la communication est donc foncièrement ambivalente, à la fois condition de la vie sociale et source des tensions de la vie en société.

La mise en place du marketing ou l’institutionnalisation de la persuasion publicitaire

Ce qui est propre à la consommation dans nos sociétés contemporaines, depuis les années 1850, celles de l’arrivée des grands magasins et de l’émergence d’une consommation organisée à une plus grande échelle que celle des magasins de nouveautés de l’époque du « Bonheur des dames » de Zola, c’est la mise en place progressive de la réclame puis de la publicité grâce à un dispositif particulier, le marketing, et tout particulièrement dans ce dispositif, celui de la communication publicitaire. C’est l’histoire de ce dispositif, qui se met en place entre 1850 et 1914, qui est racontée par Franck Cochoy dans Une histoire du marketing, discipliner l’économie de marché (1999), d’un point de vue sociologique, et par Thierry Maillet avec Le marketing et son histoire ou le mythe de Sisyphe réinventé (2010), d’un point de vue marketing. Le marketing comme dispositif institué va se développer à partir de 1920 aux USA, puis à partir des années 1950 dans l’Europe de l’Ouest et des années 2000 pour la Chine.

D’un point de vue plus général, la publicité est une technique de persuasion. Ce point de départ se veut neutre puisque toute communication relève de la persuasion et cherche à influencer l’autre que ce soit pour son bien ou pour son mal. Comme technique de persuasion, elle cherche à influencer le consommateur final pour lui faire acheter un bien ou un service dans un linéaire de grande surface dans les années 1960, puis sur Internet, ou dans une boutique d’objets numériques dans les années 1990. La communication publicitaire est donc un dispositif qui est censé faire acheter un bien de consommation à des acteurs consommateurs. C’est donc un dispositif d’organisation de la décision, voire de sa manipulation. Cette dernière thèse a été défendue par Vance Packard dans les années 1950 dans La persuasion clandestine (1957) qui dénonce les « hameçons » mis en place par la publicité pour persuader de façon inconsciente les consommateurs. Les années 1950 correspondent aux premières enquêtes de motivation appliquée aux études du comportement du consommateur en France.

La communication publicitaire ou la confusion du sens et du vrai

Fondamentalement, le marketing comme dispositif de tentative de cadrage (framing) du consommateur, pour reprendre la thèse de Michel Callon dans The Laws of the Markets (1998) pose la question du rapport entre trois éléments : le sens qui est mobilisé dans l’imaginaire publicitaire, le vrai, – et donc la crédibilité et la confiance que l’on peut accorder à l’information diffusée par la publicité -, et le passage à l’action, ici la décision d’acheter ou non un bien de consommation. Le vrai est ici utilisé dans un sens de connaissances limitées par différence avec la vérité qui se rapproche de connaissance absolue. Il est postulé ici que si le sens permet le passage à l’action ou sa justification a posteriori il ne se confond pas avec le vrai. Autrement dit la communication publicitaire peut donner du sens et favoriser l’acte d’achat sans pour autant produire du vrai. C’est cette ambiguïté du sens qui se prend pour du vrai qui produit de la méfiance vis-à-vis de la communication publicitaire associée à une marque. Cette méfiance émerge à la fin des années 1970 et au début des années 1980 au moment où la marque devient un élément clé de la communication publicitaire, ce qu’elle n’était pas pendant la période des « 30 glorieuses ». À la fin des années 1990, suite à la crise économique qui touche fortement au pouvoir d’achat des consommateurs les plus démunis, cette méfiance vis-à-vis de la marque et des entreprises devient un phénomène qui commence à inquiéter les marqueteurs. Ils développent un argumentaire psychologique sur le fait que les consommateurs deviendraient « infidèles » à la marque.

L’émergence de la méfiance pose à son tour la question de la toute-puissance réelle ou relative de la communication dans un jeu social familial ou organisationnel, ceci variant en fonction des échelles d’observation (cf. D. Desjeux, 2006, Les sciences sociales). Ce jeu est fait d’interactions entre acteurs, de relations de pouvoir, de coopérations, d’effet d’institution et donc de contraintes qui freinent la fluidité de la communication ce qui relativise son efficacité.

Il est donc probable que les critiques qui sont faites à la communication publicitaire, un des cœurs du champ de la consommation contemporaine, relève d’une surévaluation du pouvoir publicitaire, d’une surévaluation de sa capacité à dominer et à manipuler. Mon hypothèse est que cette surévaluation du pouvoir du marketing est une des sources de la décrédibilisation de la communication dans les sociétés contemporaines.

Comment une partie des marqueteurs surévaluent la toute puissance de l’imaginaire au détriment des contraintes de réalité

Une partie des publicitaires, comme Jacques Séguéla dans les années 1980 qui préconisent la communication publicitaire comme moyen de pallier à la faible croissance économique, surestime eux-mêmes les effets de leurs actions de communication. Ils sous-estiment les effets de société dans lesquels sont encastrés les processus de décision collectifs dans les familles ou dans les grandes organisations, effets qui limitent les effets de leur communication. La surévaluation tient à la seule mise en valeur des campagnes publicitaires qui ont été des succès, comme la célèbre campagne de 1981 de « l’afficheur qui tient ses promesses » avec la non moins célèbre photo de Myriam qui déclare « le 4 septembre j’enlève le bas ». Leurs succès font oublier leurs symétriques inversés, les campagnes qui ont échoué et qui sont bien plus nombreuses que l’on ne le croie dans la grande consommation notamment. Il semble, car les chiffres sont rares et peu fiables que près de 80% des produits nouveaux qui sont lancés sur un marché disparaissent avant un an (cf. D. Desjeux, « Le marketing entre cadrage, consommateur acteur et nouvelle émergence sociétale », in marketing : remède ou poison ?, 2013, P. Bourgne (éd.).

Ceci n’est pas une critique des échecs, mais une critique de leur sous-évaluation qui me parait participer de la critique faite à la légitimité de la communication par surévaluation de sa capacité à manipuler. Travailler sur les échecs permet de mieux faire la part de ce qui relève du contenu de la communication et de ce qui relève de forces sociales souvent invisibles qui organisent les choix des consommateurs. Le cas le plus frappant, entre 1992 et 1997, puis depuis 2008 est celui de la sous-estimation par le marketing des contraintes de pouvoir d’achat qui pèsent sur les classes moyennes les plus démunies, soit autour de 30% à 40% des français suivant que l’on intègre ou non telle ou telle dépense contrainte comme le logement, l’énergie, la mobilité et les activités numériques. Les contraintes de pouvoir d’achat réduisent fortement leur capacité à se laisser séduire.

Une partie des marqueteurs continuent à ne raisonner qu’en termes de marque et de plaisir, et donc de persuasion, et donc comme si le consommateur était libre et sans contrainte, comme s’il n’était qu’un être de « désir », ce qu’il est bien évidemment par ailleurs comme sujet individuel, comme on peut l’observer à l’échelle micro-individuelle. Les effets de la communication publicitaire sont en pratique réinterprétés par les effets de sociétés et de géopolitique qui organisent la réception des consommateurs et donc leur passage à l’action d’achat. On le constate notamment avec le développement économique des BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine) à partir de la fin des années 1990, qui pèsent aujourd’hui sur les cours des matières premières, de l’énergie et des protéines qui à leur tour pèsent sur les budgets des familles sous contrainte de pouvoir d’achat. La persuasion publicitaire est fortement limitée par ces contraintes budgétaires qu’elle ne sait pas bien prendre en compte.

La mis en valeur de l’intention de manipuler par les « antipubs » suffit-elle à prouver son efficacité ?

La surévaluation des effets de la publicité, est aussi le fait des militants « antipubs », comme ceux décrits par Elsie Viguier dans sa thèse de 2012 soutenue à Grenoble sur Pub/anti pub, deux visions du monde ? Ou des analystes de la communication vue sous l’angle de l’émission et non pas de la réception. Je pense aux travaux, par ailleurs stimulants, de Christian Salmon, sur le Storytelling, la Machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (2007) ou ceux d’Atmand Mattelard et d’André Vitalis sur Le profilage des populations, du livret ouvrier au cyber contrôle (2014) qui sont tous publiés à La Découverte. Ces livres montrent bien les intentions des émetteurs, comment ils veulent nous cadrer, nous dominer, nous manipuler, contrôler notre vie privée, ce qui est tout à fait vrai en termes d’intention, et donc éveil notre attention au problème, mais dont il n’est donné que peu de preuves empiriques de ses effets concrets sur les acteurs, c’est-à-dire sur leur passage à l’action réelle. La grande faiblesse des approches en termes de domination et de formatage est qu’elles sous-estiment les jeux d’acteurs à l’inverse de ce qui a été montré par Ervin Goffman dans Asiles dès les années 1970 et qui paradoxalement a été publié en France par Pierre Bourdieu. Goffman nous rappelle qu’un malade mental, sensé être non rationnel, enfermé dans un monde totalitaire, et donc censé être dominé, peut malgré tout développer un jeu social et contourner les règles.

La crainte de la domination est un des enjeux des débats sur les « big data », ces données numériques que l’on recueille au moment des commandes par « Internet », au sens très large, et qui permettent grâce à des algorithmes, plus ou moins sophistiqués, de cibler les usages et donc les achats potentiels des consommateurs comme le fait Amazon pour les livres, ou encore Facebook ou Google de façon plus large. Les « mega données » explosent entre 2000 et 2014. Il est normal d’avoir peur, et la peur est un capteur indispensable de prise en compte des dangers qui nous menacent. La question posée ici ne porte pas sur l’intention, mais sur la preuve de l’efficacité de cette intention au moment de la réception, sauf à concevoir les consommateurs comme des non-acteurs passifs et les dispositifs de communication comme tout puissant, ce qui devient infalsifiable. L’infalsifiabilité entraine la transformation de la peur d’un objet en une angoisse diffuse qui n’est plus contrôlable. Cette angoisse explique pour une part les « personnalités autoritaires » et la montée des demandes de régime autoritaire hier, comme le montrait déjà Adorno en 1950, et aujourd’hui. L’infalsifiabilité fonde aussi toutes les théories conspiratoires du pouvoir, non pas celles qui inventent une conspiration, la plus classique, mais celles plus subtiles, qui postulent un lien non prouvé entre une intention et un effet, et ici entre une intention de dominer et de manipuler par la communication et des effets réels. Il faudrait juste se demander pourquoi il n’y a pas d’effet de communication simple quand on cherche à faire « le bien », et pourquoi quand on cherche à faire le « mal », à dominer, cela marcherait tout seul. La faiblesse des approches anti communication publicitaire est de surévaluer, sans preuve, ce lien de cause à effet.

Dans le développement de la consommation, l’usage bien souvent précède le sens

C’est le fait que la publicité produise de l’imaginaire, et donc de l’émotion et du sens, qui explique aussi le phénomène de surévaluation de son efficacité. En effet, le sens et l’émotion ont pour particularité de produire un sentiment de vrai. La production de sens est notamment visible dans le processus de production identitaire de l’enfance à la jeunesse adulte, comme on peut le voir avec l’évolution des pratiques de maquillage. Elles démarrent comme consommation de masse dans les années 1950, d’abord pour les jeunes filles, puis pour les lycéennes, puis les collégiennes dans les années 1990. Elles structurent aujourd’hui tout le long des étapes du cycle de vie, (D. Desjeux, La consommation, 2006).

Ce qui change tout dans les années 1980, c’est l’importance qui est accordée à la marque et non plus au produit et à ses usages sociaux. La marque devient autonome et en ce sens « irréelle » et donc sujette à méfiance. La publicité renvoie depuis trente ans à un double mécanisme anthropologique, producteur de sens, l’animisme et la transsubstantiation immanente. C’est un mécanisme que l’on retrouve sur un mode transcendant dans le rituel de la consécration dans la messe catholique. Le mécanisme animiste est contenu dans la « promesse » publicitaire qui propose en fonction des produits une jeunesse éternelle, une nouvelle énergie, et plus généralement un monde sans problème, une « libération dans l’imaginaire » des contraintes du quotidien. Ce message publicitaire est incorporé comme un animus dans le bien matériel qui sera acheté par le consommateur. Le bien est donc chargé d’une énergie, d’une « âme » qui est censée se transmettre à l’acheteur.

La transsubstantiation est représentée par la marque qui est présentée comme une personne à qui il faut être fidèle et qui doit donner confiance. Le principe publicitaire est donc de transformer un objet ordinaire en un objet qui devient une personne, la marque, et qui possède une énergie, la promesse publicitaire.

La fonction de la marque est de transformer un produit « froid » émotionnellement en un produit « chaud ». C’est cette transsubstantiation qui donne du sens et qui explique le rôle réel de la marque. Cependant la marque ne fait pas acheter. La marque sert à choisir entre deux produits équivalents qui ont été préalablement codés de façon différente par la marque et par l’énergie qui lui est associée.

Cela veut dire que l’achat d’un bien ou service ne dépend pas d’abord de la marque, mais de l’usage du bien et des problèmes matériels, sociaux ou symboliques que les acteurs doivent résoudre dans leur vie quotidienne. Dans cette perspective, qui n’est pas la seule, l’usage précède le sens. Les ordinateurs, les téléphones mobiles, les réseaux divers ne se seraient pas développés si les interactions sociales, si les réseaux « prénumériques » n’avaient pas préexisté aux réseaux numériques. Les nouvelles technologies de la communication sont encastrées dans les jeux sociaux qui leur préexistent, comme le montre une enquête sur Facebook que j’ai eu à analyser en 2013, et qui rappelle que son usage le plus important est d’abord au sein de la famille et des amis. De nouveaux usages, comme la photo, sont ensuite apparus à travers des applications comme Instagram (2010), ou des pratiques comme les « selfies » (2012), ces autophotos envoyées aux amis par Internet par les adolescents, mais dont la fonction phatique de maintien du lien social, un des grands usages de Facebook, lui préexistait, de même que la fonction narcissique des « selfies ».

Trop de réenchantement tue le réenchantement

Au final, ma démonstration tourne autour d’un argument central : le marketing ne pose pas de problème en soi comme technique de persuasion et de vente. Cependant la généralisation des dispositifs de communication publicitaire à toutes les sphères de la vie publique a introduit une confusion entre la pensée magique qui donne du sens à la vie, mais de façon fluide et sans résistance, et le passage à l’action qui est sous contrainte du jeu social et donc ne relève pas du fluide. C’est la surévaluation du fluide et du magique par le marketing publicitaire qui a conduit à une part du discrédit de la communication. Ce discrédit vient du désenchantement qui nait de l’écart vécu entre l’enchantement publicitaire et les résistances de la vie quotidienne. Tout se passe comme si derrière l’enchantement publicitaire gisait le désenchantement réaliste qui participe pour une part au discrédit qui affecte la communication.

Paris -Guangzhou le 22 aout 2014

2014 12, D. Desjeux, « Rien n’est jamais acquis à terme : Perspectives anthropologues sur la concurrence », in A quoi sert la concurrence ? Revue CONCURRENCE, pp. 56-60

2014 12 COUV LIVRE CONCURENCEDesjeux D., 2014; « Rien n’est jamais acquis à terme : Perspectives anthropologues sur la concurrence » in A quoi sert la concurrence, sous la direction de Martine Behar-Touchais, Nicolas Charbit et Rafael Amaro, Edition Concurrences, Revue des droits et de la concurrence, pp. 56-60

http://aquoisertlaconcurrence.org/auteurs/dominique-desjeux/

Dominique Desjeux

Quand l’anthropologue s’éloigne de ses territoires traditionnels, ceux de la parenté, du culte des ancêtres et des tensions sociales autour de l’accès à la terre agricole qui conditionne la survie des familles villageoises en Afrique et à Madagascar, pour investir le champ de la consommation des classes moyennes urbaines en Chine, au Brésil, aux États-Unis ou en France, comme je l’ai fait à partir des années 1990, il retrouve comme un air de déjà-vu alors que tout pourrait paraître si différent. La compétition pour l’accès à la salle de bain le matin, la concurrence pour l’accès aux nouvelles technologies de la communication dans le living le soir, les tensions autour de la gestion du chauffage et de l’énergie dans le logement, les conflits dans la voiture pour maîtriser le choix de la musique ou pour avoir accès au volant une fois reçu au permis de conduire, apparaissent comme les prolongements urbains de la gestion rurale de la concurrence pour l’accès aux espaces qui conditionnent le déroulement, bon ou mauvais, de la vie quotidienne. La bataille pour le contrôle du living et de ses usages, à une échelle micro sociale, celle des interactions entre les membres du foyer, est symboliquement au cœur des concurrences familiales. « L’amour ne suffit pas », il faut aussi gérer la concurrence entre acteurs familiaux.

C’est pourquoi, le contrôle social de la communauté villageoise sur les individus, les relations de pouvoir entre les aînés sociaux et les cadets sociaux, et la régulation des tensions par un dispositif de contraintes symboliques, « la sorcellerie », ressemblent, comme un palimpseste invisible, aux compétitions que l’on peut observer aujourd’hui dans les espaces domestiques urbains des sociétés contemporaines. La compétition pour l’accès, ou pour interdire l’accès, aux différentes pièces du logement y est aussi forte qu’à la campagne quand il s’agit de contrôler l’accès à la terre. Cet accès conditionne à son tour les usages des différents biens de consommation et services qui ont été acquis dans un supermarché ou par Internet. Cette acquisition fait souvent suite, en fonction des situations, à une forte pression des enfants sur les parents, des parents sur les enfants, au sein du couple, du groupe de pairs, des amis, ou des collègues professionnels. La force symbolique que représente la publicité idyllique de la « famille Ricoré », produite en 1994, paraît d’autant plus puissante qu’elle exprime une libération dans l’imaginaire des contraintes très réelles qui existent à l’intérieur de la famille. L’enchantement publicitaire est un des moyens de gestion dans l’imaginaire des concurrences domestiques.

Cependant une partie des tensions familiales qui sont observables à un niveau très micro sont aussi la résultante d’une série de concurrences, invisibles à cette échelle, qui traversent la société et qui sont observables à une échelle macro sociale. Aujourd’hui, le temps du travail concurrence le temps de la consommation et des loisirs. Entre 1985 et 2000, l’écart entre un temps de travail standard, de 9h à 17 h, et le temps de travail familial avant 9 h et après 17 h, s’est creusé. Cela veut dire qu’une partie des employé(e)s du commerce et des services, des artisans, des commerçants, des professions libérales, des chefs d’entreprise, des familles monoparentales ont des horaires de travail, tard le soir, tôt le matin, ou dans la nuit qui rentrent de plus en plus en concurrence avec leur vie de famille, comme l’a montré le sociologue Laurent Lesnard en 2009.

De plus la demande des consommateurs pour faire baisser les prix rentre en concurrence frontale avec celle des salariés qui demandent des augmentations de salaire ou qui cherchent à obtenir un travail, et qui sont bien souvent les mêmes personnes. Il est aussi important de rappeler que tous sont en compétition avec les revenus du capital qui n’ont cessé de grignoter les revenus du travail depuis le début des années 1990 comme le montre Thomas Piketty en 2013. 10 % des Américains les plus riches possèdent 70 % de la richesse nationale, soit l’équivalent des inégalités qui existaient aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Le plus intéressant à retenir pour comprendre le jeu de la compétition entre groupes sociaux est que les acteurs les plus riches sont aussi les plus actifs politiquement, les plus proches du monde politique et donc sont ceux qui ont le plus d’atouts pour faire pression en faveur de leurs intérêts.

C’est ce que l’on peut observer à l’échelle mésosociale, celles du marché comme système d’action, du système politico-administratif et des luttes entre acteurs collectifs, consommateurs, entreprises, scientifiques et médias. La lutte pour influencer les règles du jeu de la redistribution de la richesse nationale en faveur de tel ou tel groupe, et que l’on peut observer aujourd’hui en France à travers la mise en place d’une politique de « rigueur » ou « d’austérité », s’exprime à travers des effets de réseaux sociaux « prénumériques », comme ceux des grands corps de l’État, des grandes écoles de commerce, et de très nombreux groupes de pression professionnelles, qui tous sont en concurrence pour faire peser sur les autres le poids des prélèvements fiscaux et des changements structurels. En période de crise profonde, comme nous le sommes depuis 2008, la principale concurrence porte sur la capacité, forte ou faible, à faire pression sur les sommets de l’État que ce soit à travers des réseaux discrets, ou à travers des mouvements publics de protestation sociale, ou à travers des votes politiques extrêmes. Les atouts de chacun étant inégaux, et donc la concurrence étant elle aussi inégale, cela explique que la demande des Français soit très forte en matière de changement vis-à-vis des politiques. Cependant bien souvent ce qui n’est pas compris c’est que la demande de changement ne porte pas sur soi, mais sur les autres. Un bon gouvernement, dans l’imaginaire, est celui qui est capable de faire changer les autres, de transformer les effets négatifs de la concurrence dans le sens de ses intérêts, intérêt des acteurs qui d’un point de vue anthropologique sont toujours postulés comme légitime a priori.

À une échelle très macro, celle de la géopolitique, on peut observer une progression forte de la contrainte de pouvoir d’achat qui a suivi l’augmentation du cours des matières premières au niveau mondiale entre 2000 et 2008 corrélées avec l’augmentation d’une partie des dépenses contraintes liées à l’alimentation et à l’énergie notamment. Cette progression a introduit de nouvelles tensions à l’intérieur de la famille au moment des arbitrages pour l’achat des biens et services, au moins pour les familles françaises les plus démunies, soit à peu près 30 % des personnes aux revenus les plus bas. Cette augmentation est due pour une part à la montée de la classe moyenne supérieure mondiale qui a triplé en 10 ans et qui est de plus en plus consommatrice de biens, à la suite de l’Europe de l’Ouest pendant les 30 glorieuses entre 1945 et 1975, et des États-Unis à partir de 1913/1920.

Cette classe moyenne supérieure mondiale, soit à peu près 600 millions de personnes en 2010, contre 200 millions en 2000, demande de plus en plus de matières premières pour produire les biens de consommation dont elle a besoin, comme l’électroménager, les voitures et les nouvelles technologies informatiques de la communication. Elle demande aussi de l’énergie à base de pétrole, de gaz, de nucléaire ou d’énergies alternatives, ou encore des protéines comme le soja pour alimenter les bovins et les porcs qui répondent à la progression de la demande de consommation de viande, et notamment dans les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), mais aussi en Indonésie, en Israël, en Turquie, etc. En 2011 par exemple, le prix du café arabica a atteint un pic historique avec des cours qu’il n’avait pas connu depuis 1977, et ceci du fait de la demande des pays émergeant comme l’Inde et la Russie, mais aussi des pays producteurs de café comme le Brésil et le Kenya. Même si les salaires sont bloqués ou ralentis depuis 2010, et même si on voit poindre une forme de déflation depuis 2013, on constate qu’une partie des cours des matières premières alimentaires continue à progresser comme le sucre entre 2010 et 2011, cette progression n’étant pas linéaire.

Au final la progression de la consommation des classes moyennes des pays émergeant a entraîné une augmentation des cours depuis 2000, suivi d’une chute en 2009, puis d’une reprise à partir de 2010, d’après Eurostat de novembre 2013. Cette évolution a conduit à une augmentation des prix alimentaires, faible en moyenne, mais qui pèsent à son tour sur les classes sociales les plus démunies. La consommation alimentaire reste une dépense contrainte, comme celle de l’énergie, ou comme celle des services numériques, pour les classes les plus défavorisées en termes de revenus. Cela veut dire que la consommation de la classe moyenne supérieure mondiale rentre en concurrence avec les contraintes de pouvoir d’achat des 20 ou 30 % des consommateurs les plus démunis.

Il est difficile de savoir si « nous n’avons jamais été modernes », mais il est probable que toutes les sociétés ont été depuis longtemps en concurrence les unes avec les autres, pour l’accès au foncier et aux ressources liées à la terre, à l’accès à l’eau, à l’accès aux femmes qui conditionnent la reproduction des groupes sociaux ; mais aussi pour l’accès à l’énergie humaine, animale, solaire et industrielle, l’accès aux matières premières, comme condition de la production et de la consommation. Ce qui peut varier entre sociétés, ce sont les valeurs, les idéologies, les croyances ou les religions qui sont mises en place pour justifier la concurrence, d’un côté, et de l’autre les institutions qui sont construites pour tenter de réguler la compétition et d’organiser la coopération sur une base plus large que celle du village, de l’ethnie ou de la nation. La concurrence ne semble pas tant relever d’un effet d’intention d’acteurs que d’un effet de situation qui conduit les acteurs à se sentir menacé dans leur survie du fait d’une concurrence perçue comme menaçante. C’est pourquoi il est peu probable qu’il existe jamais une concurrence pure, libre et parfaite, pas plus qu’il n’existera de paradis sur terre et probablement au-delà, sinon sous forme d’utopie dont la mise en place s’est le plus souvent traduite par la création de systèmes politiques totalitaires. Il n’existe pour le moment que des concurrences régulées par des acteurs qui en fonction des situations et des contraintes auront des intérêts convergents ou divergents.

Ce qui varie c’est l’échelle d’observation de la compétition suivant que l’on est à une échelle microsociale celle de la famille, vue comme un système d’action, celle mésosociale du système politique et de la compétition entre les acteurs du marché, celle macrosociale entre classes sociales et celle de la géopolitique entre pays et ressources naturelles. Les échelles macrosociales vont plutôt faire ressortir les déterminismes écologiques et économiques qui pèsent sur la concurrence entre acteurs alors qu’à l’inverse les échelles meso et microsociales vont permettre de faire apparaître les marges de manœuvre des acteurs sociaux, économiques et politiques, et à travers elles, leurs capacités stratégiques plus ou moins fortes à innover, à s’adapter au changement voire à anticiper les crises et à jouer à la marge sur le cours des choses, mais aussi à disparaître ou à partir à la dérive comme on le voit dans le cas des chômeurs et des SDF ou dans la disparition des entreprises industrielles depuis 1970 en France.

Cela veut dire que la concurrence est vue sous l’angle de la compétition et de la coopération entre acteurs. De ce point de vue l’économie est encastrée dans le social. La concurrence est vue comme une des conditions de la vie collective. En soi la concurrence n’est ni bonne ni mauvaise. Ce qui varie ce sont les atouts et les régulations que les acteurs maîtrisent en faveur des intérêts qu’ils poursuivent et du sens qu’ils veulent donner à leur action. Si tous les hommes ont des atouts, il y en a qui ont plus que d’autres. Mais ces atouts sont toujours fragiles à terme, et c’est ce qui explique pourquoi les entreprises qui se développent cherchent plus à créer des monopoles que de la concurrence, et ceci  au nom de l’efficience imaginaire du marché.

Les acteurs de la concurrence peuvent se trouver dans la famille, l’atelier ou le bureau. Ils peuvent aussi être des acteurs collectifs en concurrence pour l’accès au système de décision politico-administratif afin de faire pression sur les règles du jeu du marché qui touchent aux prix, à la sécurité des produits autour du principe de précaution, ou à l’augmentation des marges de manœuvre pour développer leur entreprise, mais aussi sur les règles de la redistribution des richesses. Ils peuvent être des acteurs locaux qui mettent en place des dispositifs collectifs d’accès au marché, comme dans le cas des AMAP qui proposent la vente de produits agricoles provenant directement du producteur ou encore des entrepreneurs qui cherchent à développer leur marché à l’international. Ils peuvent aussi être en Chine, au Brésil, aux États-Unis, en Afrique ou au Moyen-Orient, et c’est pourquoi personne ne maîtrise à lui tout seul le jeu de la globalisation et de ses effets positifs ou négatifs au niveau local.

Concurrence et coopération entre acteurs sont les deux faces indissociables de la vie en société. Concurrence et coopération sont comme le yin et le yang (yīn yáng阴阳) de la philosophie chinoise. D’un point de vue anthropologique, c’est-à-dire d’un point de vue qui essaye de saisir les dimensions matérielles, sociales et symboliques de la vie en société, la concurrence est donc ambivalente. Elle est à la fois une menace et une opportunité, une source d’innovation et une source de destruction des familles, des organisations ou des sociétés, et la destruction n’est pas toujours créatrice, et en tout cas pas pour tout le monde.

Vue sous l’angle des croyances,  la concurrence ne renvoie ni à l’imaginaire messianique du progrès absolu, du libéralisme et d’une partie des approches sur l’innovation, ni à l’imaginaire apocalyptique d’une bonne part des approches écologiques ou étatistes. C’est une approche réaliste, voire ascétique, qui est proposée ici, en ce sens qu’elle ne cherche pas enchanter le monde ni sur un mode pessimiste ni sur un mode optimiste. Son pragmatisme rentre en tension avec la demande d’enchantement par le sens qui est aussi nécessaire à l’action. Mais le sens n’est pas donné car la société mondiale ressemble plus à un immense mouvement brownien bourré d’énergie humaine qu’à un ordre naturel préétabli par Dieu, le marché, les « gros » ou l’État, et dont le sens et le développement sont à réinventer en permanence. Rien n’est jamais acquis sous l’aiguillon de la concurrence.

Paris, le 29 avril 2014

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris cité, CEPED

www.argonautes.fr

d.desjeux@argonautes.fr

2014 11 D. Desjeux, Un regard anthropologique sur la vie quotidienne en chine depuis 1997 (18 ans de photos sur la Chine)

2014 11 D. Desjeux, Un regard anthropologique sur la vie quotidienne en chine depuis 1997, les grands bons en avant de la culture matérielle, les permanences de la culture chinoise, l’émergences de nouvelles générations

2014 11 CHINE VIE QUOTIDIENNE UCO – V2
ColloqueCoorganisé par Béatrice Laffitte

http://www.uco.fr/evenements/colloquepolyphonies/

2014 11, Dominique Desjeux, Le porte-monnaie électronique, un exemple de processus social, matériel et symbolique d’innovation entre 2000 et 2014

2014 11, Dominique Desjeux, Le porte-monnaie électronique des années 2000, un modèle transposable de construction sociale de la diffusion de la monétique sans contact en 2014, in Pensée plurielle, 2014/3 (n° 37), De Boeck Supérieur, pp 27 – 41

Résumé : L’objectif de cet article est de faire ressortir, à partir d’un cas concret celui d’une tentative de dématérialisation des paiements monétaires, les logiques sociales qui expliquent le succès ou les échecs de la diffusion d’une innovation depuis le stade de l’invention jusqu’à celui de la réception auprès de l’usager final. L’usager final qui était visé au départ en 2000 appartenait plutôt à un milieu modeste.

L’innovation est analysée ici comme un processus social. Ce processus est la résultante d’un jeu d’acteurs individuels, collectifs (les réseaux « prénumériques » et numériques) et institutionnels (les banques, la Poste et les commerces) dans lequel les contraintes de logistique et de sécurité informatique jouent un rôle plus important que celui des valeurs ou des représentations positives par rapport à la nouvelle technologie.

Une des conclusions intéressantes est que le modèle anthropologique de diffusion des innovations présentées ici s’applique aussi bien aux entreprises, qu’aux classes moyennes supérieures et qu’aux populations démunies. Cela veut dire que, quels que soient le contenu et les objectifs d’une invention/innovation, quelles que soient les valeurs et les intentions des acteurs, il faut comprendre qu’elle se déroulera dans un jeu social sous contrainte. Bien souvent, ces contraintes transformeront les buts et le contenu de l’invention. La réussite d’une innovation dépendra des capacités des acteurs sociaux à prendre en compte ou non ces contraintes et à laisser réinterpréter, transformer, l’innovation par les usagers finaux.

Mots clé : porte-monnaie électronique, MODEUS, dématérialisation, innovation, contrainte, réception, distinction sociale, usages, pauvreté, réseau prénumérique et numérique, imaginaire

Le porte-monnaie électronique des années 2000, un modèle transposable de construction sociale de la
diffusion de la monétique sans contact en 2014

Introduction

Au début des années 2000 une réforme des règles bancaires en France met fin à ce que l’on avait appelé à l’époque le « ni/ni », ni tarification des services bancaires, ni rémunération du compte bancaire. Les comptes pourront être rémunérés, mais en contrepartie les services seront aussi tarifés. Il est cependant proposé de créer un service bancaire de base spécifique notamment pour les ménages populaires dont le revenu se situe entre 900 € et 1500 €. Ce service doit à la fois être moins cher et plus étendu que dans les établissements bancaires traditionnels.

À l’époque, La Poste se propose d’associer ce service à une innovation bancaire, le porte-monnaie électronique qui s’appelait à l’époque M.O.D.E.U.S., pour les petites dépenses du quotidien. En 2000, la Banque Postale n’existe pas encore. Elle sera créée le 1er janvier 2006. La Poste ne possède que des services financiers et gère notamment le fameux livret d’épargne, appelé livret A. En 2008 elle aura l’obligation de le rendre accessible gratuitement à tout le monde.

L’objectif de cette recherche sur les chances de succès ou d’abandon d’une nouvelle technologie liée à l’argent est de faire ressortir les dimensions sociétales et les jeux d’acteurs dont il faut tenir compte dans la mise en place d’une action qui vise à transformer les usages de l’argent. La conclusion, peut-être la plus inattendue, est que les processus sociaux qui conduisent à innover et à produire du changement relèvent d’une même logique sociale, celle des relations de pouvoir et de coopération entre acteurs dans lesquelles les inventions techniques sont encastrées, que ce changement vise des populations pauvres ou des populations aisées, que ces innovations soient portées par des travailleurs sociaux ou par des ingénieurs. Ce qui varie ce sont les situations, les positions sociales et les atouts que possède chaque acteur dans le jeu du changement. Cela veut dire du point de vue d’une anthropologie stratégique que même les acteurs les plus dominés possèdent des marges de manœuvre et que ceux qui ont le plus d’atouts sont eux-mêmes sous contrainte.

I – Le paiement dématérialisé, un analyseur des logiques sociales à l’œuvre dans la mise en place d’une nouvelle pratique de paiement

En 2000, un acteur, La Poste se propose donc de développer un nouveau service, grâce à un usage « dématérialisé », numérisé, de l’argent et nous demande de réaliser une enquête sur le processus de lancement en cours[1].

La crainte à l’époque est que la mise en place de la monnaie virtuelle induise un risque d’augmentation du surendettement des populations les plus démunies. Nous retrouverons entre 2008 et 2014, grâce à des recherches menées pour la Française Des Jeux avec Anne-Claire Mangel[2] et Jeanne Piedallu[3], cette même inquiétude face à la dématérialisation des jeux d’argent associée à la même crainte, celle d’un risque plus fort de perte de contrôle de leur activité par les joueurs. Ceci explique la loi de 2010 sur la régulation des jeux d’argent et de hasard sur Internet dont l’objectif est de limiter les risques d’addiction et de surendettement.

Dans les années 2000, il existe déjà des logiciels de régulation technique du risque lié aux dépenses domestiques. Ils sont capables d’établir le niveau de dépense de chaque client et d’évaluer les risques de découvert bancaire pour chacun. Ce sont des formes de « scoring » bancaire numérisé. La Poste se propose donc de mettre en place des actions spécifiques afin de limiter les risques de surendettement tout en essayant de ne pas brider l’usage du compte de ses clients plus fragiles. Le porte-monnaie électronique est envisagé comme un des moyens possibles pour participer à cet objectif. Par la suite, on découvrira que cet objectif va disparaitre, car il est trop éloigné des usages et des contraintes pratiques du porte-monnaie.

Toujours dans les années 2000, on évalue à 6 millions de personnes la population française qui ne dispose que d’un seul moyen de paiement, le paiement en argent liquide. Cette fraction de la classe moyenne la plus démunie utilise surtout le livret A comme un porte-monnaie, ce qui entraîne un coût de fonctionnement pour La Poste et un encombrement des guichets. Une enquête menée à la même époque sur la réinsertion des SDF montrait que certains pouvaient venir trois ou quatre fois dans la journée pour retirer des sommes d’argent afin de ne rien avoir sur eux, par sécurité, pour éviter les vols.[4] Le porte-monnaie électronique participait potentiellement à la baisse ces coûts grâce à la dématérialisation de la monnaie.

On commence déjà à voir, par induction, c’est-à-dire par découverte au fur à mesure du déroulement de l’enquête de terrain, que l’expérience du lancement du porte-monnaie électronique, et qui porte sur la mise en place d’un dispositif d’apprentissage d’un nouveau rapport dématérialisé à l’argent, même si elle peut paraître ancienne, est quasiment un cas d’école sur les conditions sociales, logistiques et symboliques qui sont encore aujourd’hui nécessaires à la mise en place d’un nouvel usage de l’argent et plus généralement d’un processus d’innovation quelque qu’il soit.

Un des points intéressants à souligner est que le porte-monnaie électronique a d’abord été créé pour faciliter les modes de paiement des dépenses quotidiennes chez le boulanger ou le bureau de tabac. Par la suite, La Poste a introduit un nouvel objectif, celui de fournir un service aux classes populaires. Suite aux difficultés de la mise en place du porte-monnaie électronique, cet objectif a par la suite disparu. Quand on observe le développement d’une innovation, il est très fréquent que l’on constate l’existence d’un écart parfois important entre les objectifs d’une invention et son usage final. Il est même probable, paradoxalement, que les chances de diffusion d’une nouvelle technologie soient liées à cet écart et à sa réinterprétation successive tout au long du processus de diffusion.

Cet écart s’explique pour une part par le processus social, c’est-à-dire les jeux d’acteurs, les relations de pouvoir institutionnelles qui permettent le passage de l’invention à sa réception chez l’usager final. Ces relations de pouvoir qui expriment des différences d’intérêts, et les intérêts des acteurs sont considérés dans une approche « compréhensive » comme a priori légitimes, expliquent les transformations, les réinterprétations, les détournements qui s’exercent sur l’invention et qui la rend de fait plus appropriable par les différents acteurs tout au long du processus social d’innovation.

Pour une autre part cet écart s’explique aussi par le besoin de justification au moment du lancement de l’invention auprès des autres acteurs ou auprès des financeurs, même si l’objectif réel peut-être d’un autre ordre. L’objectif de La Poste est autant de fournir un service aux plus démunis que de baisser ses coûts de gestion bancaire sans lesquels ce service ne serait pas possible. Par ailleurs, on constate qu’il n’existe pas forcément de demande sociale pour ce service. L’initiative vient bien de l’offre. Mais le fait qu’il n’y ait pas de demande des acteurs ne veut pas dire que cette invention ne résolve pas des problèmes de la vie quotidienne, lesquels sont bien souvent invisibles avant le lancement du projet.

L’invention proposée est aussi une solution aux problèmes internes de l’organisation qui offre le service et c’est ce qui augmente ses chances de diffusion par rapport aux résistances potentielles en interne. Une innovation dépend autant des contraintes internes, des problèmes à résoudre en interne, que des attentes et des problèmes à résoudre dans la vie quotidienne des usagers potentiels. Les chances de diffusion d’une innovation sont liées à la prise en compte, au moins partielle, des intérêts des différents acteurs en présence. Ces intérêts peuvent être matériels, sociaux ou symboliques.

Ceci veut dire que pour comprendre la diffusion d’une innovation, c’est-à-dire la construction sociale qui concourt à sa diffusion, il faut distinguer pour l’analyse et la description trois étapes : celle de l’invention qui relève de la créativité, des idées nouvelles ou de la politique que l’on veut développer, celle de l’innovation qui est l’itinéraire social que suit l’invention et qui entraîne sa transformation jusqu’à son arrivée dans le milieu où elle doit être appliquée, et celle de la réception qui montre l’usage et la réinterprétation finale de l’invention initiale.

Ce processus de lancement, de transformation puis d’appropriation chez l’usager final s’applique autant au développement des biens de consommation sur un marché qu’au cas des services pour des plus pauvres. Il explique autant les réussites que l’abandon du processus d’innovation. Surtout il montre que pour réussir une invention ne doit pas rester pure, mais qu’elle doit accepter d’être transformée par le jeu des acteurs qui sont concernés par elle. Paradoxalement, une invention technique ou un nouveau service social ne se diffuse pas à cause de la qualité de sa conception, mais grâce à la réinterprétation et à l’usage que les acteurs finaux ont pu en faire. Il faut aussi qu’elles correspondent aux intérêts et aux contraintes des organisations qui sont chargées de la diffuser. Une innovation solidaire n’implique pas que les acteurs qui la promeuvent n’aient aucun intérêt, même si ces mêmes acteurs ont besoin d’enchantement, de sens, pour agir, et éventuellement de croire qu’ils sont désintéressés.

II – Le lancement de l’invention d’un nouveau service d’aide au paiement en France, le porte-monnaie électronique

Un des déclencheurs de ce processus d’innovation a été le changement des règles bancaires, c’est-à-dire un événement qui ne dépend pas des acteurs qui vont être concernés par le nouveau dispositif. Mais cet événement déclencheur va être l’occasion qui va permettre de lancer le porte-monnaie électronique M.O.D.E.U.S. dont l’objectif est de favoriser les paiements de la vie quotidienne en ville et à terme, éventuellement, de mieux gérer les risques de surendettement.

Le lancement expérimental de M.O.D.E.U.S. ne dépend pas d’un seul acteur. Le système d’action de l’offre de services qui concoure à son développement comprend, outre La Poste, les banquiers traditionnels et les transporteurs publics comme la RATP pour le métro et les bus. Dans les années 2000, La Poste, en France, occupe une place très particulière au sein du système bancaire. La Poste n’a pas encore le droit de faire des crédits à la consommation, mais la concurrence est très forte sur les autres marchés. Elle est bien placée pour les services de base auprès de la clientèle dont les revenus se situent entre 900 € et 1 500 €. Les banques et les assurances ne sont pas très favorables à l’arrivée de La Poste sur une partie de leur marché.

Outre la concurrence pour le contrôle de la clientèle, le porte-monnaie électronique pose un autre problème technico-économique, et sur lequel les principaux acteurs ne se sont pas encore mis d’accord. L’action de recharger son porte-monnaie électronique chez un commerçant est-elle un paiement ou est-elle un retrait. Or le retrait et le paiement sont deux opérations différentes en termes de monétique. La commission n’est pas attribuée au même acteur. Dans le cas du retrait c’est la banque du porteur du porte-monnaie qui paie une commission au nom du service qui est rendu à son client. Dans le cas du rechargement du porte-monnaie électronique la question n’avait toujours pas été résolue, au moment de notre enquête, les positions des acteurs s’opposant sur ce sujet. Personne ne veut payer la commission. Le non-accord entre les acteurs peut très bien signer la mort de la continuation du processus d’innovation.

Les innovations techniques sont encastrées dans les jeux d’acteurs et les relations de pouvoir qui régulent les intérêts entre acteurs. Cela permet de rappeler que la qualité technique d’une invention ne suffit pas à expliquer sa diffusion, sauf si elle est mise en place à l’insu des acteurs comme on peut le voir à travers les usages d’Internet et du traitement des « big data ».

Pour mémoire il faut rappeler que la monétique s’est développée en France à partir des années 1980 grâce à l’invention de la carte à puce mise au point par Roland Moreno en 1974. À partir de 1983, elle commence à se diffuser comme carte téléphonique puis comme carte bancaire non sans quelques problèmes de sécurité. En 2000, donc, l’usage de la monétique n’est pas encore généralisé ce qui explique une partie des difficultés pour mettre d’accord les acteurs entre eux.

Aux États-Unis, comme le rappelle Georges Ritzer en 1995 dans son livre Expressing America, A critique of the Global Credit, Card Society (Pine Forge Press) – dont le titre représente un joli jeu de mots sur la carte American Express créée vers 1850 et le fait que le crédit soit une expression de la culture américaine -, 61 % des Américains ont au moins une carte de crédit, ce qui aux USA représente beaucoup plus qu’une carte de paiement à la française qui elle ne propose qu’un léger différé deux à trois semaines entre l’achat et le débit. Dans les années 1990, le marché de la carte de crédit est en partie saturé. C’est ce qui explique, d’après Ritzer, que les banques partent à la recherche de nouveaux groupes de consommateurs comme les lycéens ou la clientèle des plus pauvres qui sont estimés à 40 millions de personnes, il y a 25 ans. La question de la facilité de paiement concourt à la fois à rendre la vie plus facile aussi bien des gens handicapés que des gens en mobilité, mais augmente aussi les risques des dépenses non contrôlées et de surendettement. Comme toute innovation la monétique est ambivalente.

Ce petit rappel historique n’est là que pour indiquer que dans de nombreux travaux sur l’innovation il est sous-estimé le temps long de la mise au point de la technique, puis de la mise en accord entre acteurs, tout cela pouvant prendre plus de 20 ans. Quand on regarde ensuite la réception de la plupart des nouvelles technologies comme le réfrigérateur, la radio, la télévision, l’ordinateur domestique, on constate qu’elles ont mis entre 25 et 50 ans pour se diffuser de 20 % des consommateurs à 80 %. La diffusion la plus rapide est celle du téléphone mobile.

Il est donc important de garder à l’esprit que le processus social de diffusion d’une innovation demande de très nombreuses années, qui se comptent souvent en dizaines d’années et non pas en quelques mois, ou même en quelques jours, comme le temps de la télévision ou des buzz sur Internet pourraient nous le laisser croire.

Les processus d’innovation sont des procès rugueux socialement, c’est à dire avec une faible fluidité. C’est du reste la rugosité du processus social de construction des innovations qui explique l’importance de l’imaginaire comme moyen de se libérer par l’enchantement de la réalité des contraintes du quotidien. Cet imaginaire se retrouve tout particulièrement chez les militants au sens le plus large du terme, les innovateurs, les entrepreneurs économiques ou moraux, tous ceux qui ont besoin d’une quantité d’énergie plus importante que les usagers qui suivent les innovations pour les aider à supporter les effets socialement négatifs de la transgression que l’on trouve dans tous les processus d’innovation. Innover c’est transgresser. Transgresser, c’est bien souvent risquer la stigmatisation.

On retrouve cette rugosité avec les usagers de la carte Réalys, une carte de paiement à autorisation systématique, qui était destinée à une population à revenu faible et qui a provoqué une certaine résistance. Les utilisateurs, il y a 15 ans, ne voulaient pas avoir l’air d’être pauvres et donc de risquer d’être stigmatisés en utilisant cette carte. Cette carte existe toujours en 2014 et est proposée en ligne par La Poste comme un outil d’aide à la gestion des dépenses des usagers. Elle a pris un sens positif.

Là encore il est intéressant de rappeler la dimension symbolique et du sens, tout au long du processus de diffusion des innovations. Une des contraintes à la diffusion tient au sens négatif ou positif que les usagers vont attribuer à la nouveauté. Une innovation associée à un sentiment de stigmatisation risque de voir freiner sa diffusion.

Un des intérêts concrets de la monnaie électronique est qu’elle régule les transactions financières par le biais de puces électroniques sans avoir à manipuler des pièces de monnaie encombrantes et dangereuses à transporter. L’objectif du porte-monnaie électronique est de permettre un nouveau moyen de paiement pour prendre le métro, acheter un journal ou s’offrir un service. France Telecom par exemple, y voit à l’époque un avantage qui est de permettre la transformation des cabines téléphoniques à pièces en des cabines téléphoniques à carte électronique. Cela évite le coût et le risque de la manipulation des pièces de monnaie et en même temps limite des risques de destruction des cabines téléphoniques. La diminution des risques, vue du point de vue des acteurs de l’offre, concourt à augmenter ses chances de diffusion.

Une invention a donc d’autant plus de chances de se diffuser qu’elle résout des problèmes concrets auxquels sont confrontés les acteurs tout au long du processus de construction sociale de l’acceptation ou du refus du nouveau dispositif ou de la nouvelle technologie.

Nous découvrons ensuite petit à petit que le développement du porte-monnaie électronique demande la mise en place d’un système d’objets concrets qui est nécessaire à son utilisation, comme les automates de rechargement qui seront placés dans les endroits publics comme les halls de gare ou les cabines téléphoniques. Il demande aussi la mise en place d’un objet invisible pour les usagers, celui d’une architecture informatique de sécurisation, très complexe à mettre en place. La mise en place de ce système dépend en 2000, à la fois de la Banque de France et de la Direction Centrale des Sécurités des Systèmes Informatiques qui dépend du ministère de l’Intérieur et qui autorisent ou non son lancement.

Pour la petite histoire, les interviews que nous avons réalisées auprès d’ingénieurs informaticiens chargés de la mise en place de cette architecture ont été parmi les plus difficiles de notre enquête. D’une part il était compliqué, humainement, d’arrêter le flot de paroles des ingénieurs et d’autre part quand nous faisions des relances pour essayer d’obtenir des explications compréhensibles pour des non-spécialistes, il pensait que nous nous moquions d’eux tellement tout cela leur paraissait évident. Cette observation est un des indicateurs de l’écart qui existe bien souvent entre la vision des ingénieurs centrée sur la technique, et celle des usagers finaux qui centrée sur les pratiques et les contraintes du quotidien. Bien souvent ces deux objectifs rentrent en concurrence comme on peut l’observer aujourd’hui autour de la diffusion des bâtiments basse consommation[5].

Là encore, comme pour la plupart des diffusions d’innovation, la mise en place des « objets » qui permettent l’usage du nouveau bien ou service est une des conditions nécessaires au développement de l’usage du bien ou service. On comprend bien à cette étape de la restitution qu’une innovation réussie ou non dépend d’un jeu de forces entre fluidité et rugosité sociale, de symbolique et d’objets matériels.

III – La phase sociale de diffusion de l’invention à travers les jeux des acteurs institutionnels

Il y avait deux projets en concurrence, le premier M.O.N.E.O. rassemblait principalement les banques privées, comme la BNP, Paribas, le Crédit Mutuel, le Crédit Lyonnais et le Crédit Agricole. Son objectif était de fournir un porte-monnaie électronique à usage proprement bancaire grâce à une « technologie du sans contact » comme on le disait déjà au début des années 2000, et comme cela est en train de se développer en 2014 en France pour le paiement dans les grandes surfaces, par exemple, soit 15 ans plus tard.

Le deuxième projet est le porte-monnaie M.O.D.E.U.S. Il a pour objectif de développer des usages au-delà des seuls services bancaires et notamment vers les transports et les services sociaux. L’hypothèse qui était faite à l’époque était que les chances de développement de M.O.D.E.U.S. étaient directement liées à la multiplication des usages de la carte pour les paiements de la vie quotidienne depuis les achats de journaux jusqu’à ceux de billets dans les gares, en passant par l’achat de cigarettes (qui seront interdites en 2006) ou le paiement des parkings. La Poste joue un rôle stratégique dans ce dispositif du fait de son savoir-faire en matière d’automates fiables et de sa compétence légale en termes de certification.

Pour multiplier ces usages, La Poste, un service public, va s’allier avec les transporteurs qui eux aussi relèvent du domaine public ou parapublic. Ici l’effet réseau va jouer un rôle important entre des hauts fonctionnaires, ou d’anciens hauts fonctionnaires, ou des chefs d’entreprise qui sont bien souvent des anciens des mêmes grandes écoles d’ingénieurs. Cette alliance va permettre la diffusion du porte-monnaie électronique sur les lieux mêmes de la mobilité en ville. Petit à petit les banques intégreront aussi le système. La carte qui devient Modeus /Moneo est la synthèse originale d’une alliance entre des réseaux humains bancaires et des réseaux humains de service public.

Cela veut dire qu’une innovation ne peut se diffuser sans un effet de réseau. Un réseau social, qui a souvent une image négative dans la culture française, est la condition sociale du portage du changement. Il permet la confiance et à la connivence, au sens neutre, entre les acteurs. Aujourd’hui les réseaux numériques sont bien souvent le prolongement de ces réseaux « prénumériques » dont le fonctionnement, comme celui du système d’objets concrets, participe au processus de diffusion des innovations. Sans le support d’un système d’objets logistiques, sans celui d’un réseau « pré numérique » associé à la maîtrise d’une expertise technique, et sans une dimension symbolique qui donne un sens positif à la réception de l’innovation, une invention a peu de chances de devenir une innovation et donc de se diffuser jusqu’à l’utilisateur final.

IV La réception du porte-monnaie électronique : la sanction positive ou négative du processus d’innovation par l’usager final

La diffusion du porte-monnaie électronique comme nouveau moyen de paiement est directement liée à un effet de réseau de distribution, celui notamment des commerçants de proximité qui sont placés autour des grands axes de circulation des transports en commun en ville. Ils jouent un rôle de médiation entre l’offre technique de monétique proposée par les grandes institutions bancaires et postales et l’acheteur final.

A. La réception des commerces varie en fonction du montant des paiements et du flux de clientèle

En termes de représentation, les commerçants interviewés sont plutôt favorables à la carte de paiement Modeus/Moneo, mais pour une raison inattendue, le passage à l’euro qui doit se faire le 1er janvier 2002. Ils appréhendent ce passage parce qu’ils ne voient pas très bien comment ils vont gérer une double caisse en francs et en euros. La monétique leur paraît un moyen de mieux gérer cela. De plus ils pensent que ce nouveau système de paiement peut les aider à fidéliser leurs clients qui sinon risque d’aller chez des commerçants concurrents qui eux seront équipés de ce nouveau système. Ici la contrainte et la peur de la concurrence jouent en faveur de la réception de l’innovation.

En pratique, il existe deux sortes de commerces. Une partie possède des flux de clients denses et soutenus. Le panier moyen est peu élevé, ce qui explique qu’ils n’acceptent pas la carte bancaire pour ces paiements. Ils doivent donc manipuler constamment de la petite monnaie en grande quantité. Ce sont les boulangeries, les sandwicheries, les magasins de presse et les bureaux de tabac, les cafés et les brasseries, c’est-à-dire les commerces de bouche. Le nouveau système est censé faciliter leur gestion grâce à la télécollecte réalisée tous les jours par les banques qui transfèrent la recette immédiatement sur le compte bancaire du commerçant. Enfin ce système pourrait avoir comme avantage de diminuer les files d’attente en accélérant le temps du passage en caisse. À l’inverse les commerçants qui ont un flux de clientèle plus faible, mais avec un panier moyen plus élevé et donc qui ne manipulent pas beaucoup de petites monnaies ne voient pas bien l’intérêt du porte-monnaie électronique.

Ceux qui expérimentent ce nouveau système de paiement sont confrontés à deux problèmes pratiques. Le premier est de faire valider le paiement par le client ou bien de le valider eux-mêmes, même s’il est conseillé de systématiquement faire valider par le client. Le choix va dépendre le plus souvent de l’importance de la file d’attente. Quand celle-ci est grande, une partie des commerçants préfère valider eux-mêmes.

Le deuxième problème est celui de la recharge expresse du porte-monnaie numérique. Il est conseillé de faire la recharge du porte-monnaie quand le terminal le demande, mais là encore sous contrainte de flux de la file d’attente certains ne font pas la recharge pour ne pas augmenter la queue.

De plus, le porte-monnaie électronique remet en cause une partie des pratiques officieuses qui étaient possibles avec la petite monnaie et notamment pour les pourboires qui risquent de disparaître comme on le voit dans les taxis depuis la numérisation du paiement en 2012. Enfin le maniement du terminal demande un certain apprentissage que tout le monde n’a pas envie de faire.

Pour certains il représente donc une opportunité qui va leur permette de mieux sécuriser leurs paiements, mais pour les autres il représente un risque celui de perdre le contrôle du flux d’argent généré par la petite monnaie. Ces commerçants sont donc très attachés à l’émission d’un ticket qui laisse une trace physique du paiement alors qu’à l’origine il n’était pas prévu d’éditer un ticket pour de si petites sommes. Une partie des commerçants ne sont pas non plus très favorables pour payer une nouvelle commission pour ce nouveau service.

Au final la contrainte va venir du fait que le nombre de clients utilisant le porte-monnaie électronique va rester assez faible et donc que cela ne va résoudre aucun des problèmes qu’il était censé résoudre : la gestion de la petite monnaie, la gestion de la file d’attente ou la télécollecte générale de la caisse. En plus il a diminué une partie des marges de manœuvre des commerçants liés à l’usage de la petite monnaie. Il n’a pas sécurisé ceux qui étaient inquiets par l’usage de la monétique, et surtout il n’a pas amené plus de clients.

B. La suite provisoire de la chaîne d’innovation : la réception par les clients finaux

Le développement des applications du téléphone mobile peut nous faire oublier que la dématérialisation de l’argent ne date pas d’aujourd’hui. On peut même la faire remonter au XVIIIe siècle pendant lequel John Law inventa les billets de banque qui devaient déjà à l’époque remplacer la monnaie en métal. Son expérience s’est cependant terminée en 1720 par un krach retentissant.

Sans remonter si loin, les personnes interviewées avaient déjà connu aussi une première expérience de dématérialisation avec la généralisation du chéquier dans les années 1960. « À l’époque, c’était un privilège d’avoir un chéquier et c’était aussi une modernité. Les gens en général faisaient peu confiance aux chèques. Ils préféraient utiliser des espèces sonnantes et trébuchantes » comme le déclare un interviewé nait en 1947. Un autre né en 1943 expliquait même que son chéquier lui servait à tout payer à cette époque : « l’essence, l’hôtel parce que c’est là que je logeais, mon restaurant, toutes les dépenses de la vie courante. De temps en temps, je retirais de l’argent liquide aux guichets de La Poste : on remettait un chèque dans un bureau désigné pour ça. Le liquide me servait à payer des cigarettes, parfois de l’essence parce que je faisais beaucoup de déplacements. Mais c’était surtout pour les dépenses de poche. J’étais en pension à cette époque donc je payais la restauration et le loyer par chèque au mois. »

Après le chèque, c’est la carte bancaire qui a suivi. Mais comme le chéquier son usage n’était pas forcément évident pour tout le monde : « J’ai ouvert un compte courant en 1991, j’avais 18 ans [il est né en 1972]. J’ai eu le chéquier avec. Je n’ai pas pris la carte tout de suite parce que ça ne m’intéressait pas de payer une carte parce que je n’en avais pas l’utilité. On [lui et son épouse] a la carte bancaire depuis 5 ans. »

Ce qui ressort aussi de ces premiers usages d’une monnaie dématérialisée, c’est que l’accès au chéquier comme à la carte bancaire a été réinterprété comme des objets de rite de passage de l’enfance vers la vie adulte, le travail et la mise en couple. Ils symbolisent l’accès à la liberté de consommation et surtout à un nouveau mode de paiement la carte à puce, rapide et facile à utiliser : « Le premier moyen de paiement que j’ai eu, ça a été une carte de retrait. C’est vieux : ça doit faire une dizaine d’années {1990}. C’était dans le cadre des offres du Crédit Agricole qui faisait une carte à l’époque qui s’appelle maintenant la carte Mosaïque et qui est pour les jeunes, de 16 à 25 ans, je crois. C’est une carte de retrait toute simple. Déjà avant, on utilisait essentiellement la carte. Dès que j’ai eu une carte de paiement, je n’ai utilisé plus que ça pratiquement. »

Pour une partie des interviewés, la carte bancaire va remplacer petit à petit les paiements par chèque et les paiements en argent liquide. « La carte bancaire, je l’utilise pour tous les achats courants, sauf pour la boulangerie bien sûr. Je m’en sers pour payer les titres de transport, dans les magasins de bricolage, les vêtements, l’essence, enfin pratiquement tout. » Ils se sentent prêts à utiliser le porte-monnaie électronique, même si certains continuent à préférer le paiement par chèque.

Les clients expérimentateurs que nous avons interviewés étaient dès le point de départ plutôt favorables au porte-monnaie électronique. En ce sens ils ne sont pas représentatifs de tous les Français. Cependant ils permettent de comprendre à partir de leurs représentations et de leurs pratiques de paiement ce qui peut conduire au développement ou à l’abandon du porte-monnaie électronique.

Ils déclarent avoir été attirés par le fait qu’il symbolisait la modernité par sa technique sans contact, son caractère multifonctionnel, mais aussi son aspect ludique, voire sa fonction de sociabilités dans la file d’attente. Les porteurs de la carte avaient le sentiment d’appartenir à une sorte de groupe d’initiés et donc de se sentir très valorisés. On retrouve des éléments qui étaient déjà associés au chéquier et à la carte de paiement. La distinction sociale contribue toujours fortement au processus de réception des innovations comme l’avait déjà montré Pierre Bourdieu dans son livre La distinction, publié en 1979. Ce qui varie ce sont les objets marqueur sde la distinction sociale. Le chéquier a été remplacé par le porte-monnaie électronique hier et par le téléphone mobile aujourd’hui.

En pratique le porte-monnaie électronique résolvait potentiellement deux problèmes : prévoir en permanence la quantité de petites monnaies nécessaires pour le paiement des petits achats et la lenteur du paiement à la caisse. Il était censé faire baisser cette charge mentale au moment du paiement. Les peurs ont sélectionné et donc réinterprété pour une part les usages prévus.

Une partie des clients ont décidé de se focaliser sur le paiement des transports qui s’intégrait bien à leur routine de mobilité quotidienne. Le mot routine est ici utilisé dans un sens positif d’économie d’énergie humaine. La routine permet de réaliser par des activités du quotidien sans augmenter la charge mentale qui nait quand il faut se poser trop de questions pour réaliser une action. D’autres se sont limités au paiement des petites courses. Certains ont diversifié leurs paiements entre les courses et les transports. Le choix s’est fait en fonction de l’augmentation de la charge mentale qui risquait d’être provoquée par le changement de pratiques de paiement. Les défaillances techniques et le manque de terminal chez de nombreux commerçants ont freiné l’usage de la monétique. L’innovation a donc d’autant plus de chances de réussir qu’elle s’intègre dans les routines du quotidien sans augmenter le stress et les préoccupations de celui qui l’adopte.

L’usage du porte-monnaie a aussi varié d’un usage individuel à un usage collectif. Certains l’ont prêté à leurs enfants ou à des amis. D’autres l’ont partagé avec leur conjoint. Il semble que l’usage du porte-monnaie électronique soit lié à la division sexuelle des tâches à l’intérieur de l’espace domestique. C’est en fait celui qui assume le gros des tâches ménagères qui le garde.  L’innovation est encastrée dans les pratiques familiales qui lui préexistent.

Certains clients estiment que ce nouvel appareil est fiable et inspire la confiance. D’autres au contraire éprouvent un sentiment de méfiance et d’insécurité dans la mesure où ils ont l’impression de perdre la maîtrise matérielle de leur argent, comme avec le chéquier 40 ans avant, au profit d’une monnaie virtuelle donc il ne contrôle pas la circulation. On est déjà dans le binôme qui va se perpétuer jusqu’à aujourd’hui du « click and mortar », de l’immatériel et du matériel. Le « click, » la souri à l’origine, favorise la rapidité et la fluidité des échanges, mais peut poser des problèmes de sécurité, de vol, et de sentiment de perte de maîtrise. Le « mortar », le mortier, le bâtiment en dur, symbolise la continuité des objets et des techniques non numérisées.

Il apparaît aussi une aspiration à la convergence des multiples cartes qui ne sera pas réalisée dans l’immédiat par la carte Modeus/Moneo, mais un peu plus tard par le développement des téléphones intelligents. « Avec la monnaie virtuelle, on pourra avoir tout sur la carte : les chèques vacances, les réductions qu’on a dans les magasins, les accès au parking. C’est avoir le plus de choses possible sur une seule carte, pour éviter d’avoir 36 cartes d’adhérents, parce que ça, on en souffre. Ce serait une puce vierge à remplir. On est en plein là-dedans. Ce n’est pas négatif, au contraire parce que c’est la même chose si c’est sous cette forme ou sous la forme de billets : je ne dépenserai pas plus ou moins. Ça ne changera pas grand-chose. Mais il faut que tout le monde l’ait : quand on part en vacances et tout », déclare un interviewé en 2000. Cette demande de convergence avait bien été diagnostiquée par une société de services numériques comme Niji, cofondée en 2001 par Hugues Meili.

Avec le recul on voit bien que l’image symbolique du porte-monnaie électronique était plutôt positive même si certains étaient réticents à passer à l’usage l’une monnaie immatérielle. Un usage non prévu avait même émergé avec le passage à l’euro, le porte-monnaie électronique étant perçu par certains commerçants et par certains clients plus âgés comme un moyen de mieux gérer le passage des francs aux euros. Il semblait même assez adapté aux usages et aux pratiques des jeunes qui utilisent beaucoup les commerces de bouche et de restauration rapide, dont les McDo, certains étant équipés des terminaux nécessaires. Il aurait pu aussi rendre service aux interdits bancaires et aux populations les plus démunies, sous réserve de la création d’une carte spéciale pour recharger le porte-monnaie électronique.

Il semble que la faiblesse du porte-monnaie électronique ne soit pas principalement liée à l’usager final, mais à la difficulté de mettre en place simultanément chez de très nombreux commerçants des terminaux adaptés à la lecture du porte-monnaie électronique. La contrainte logistique, et probablement de sécurisation de l’architecture informatique, paraît donc assez centrale pour expliquer la faible diffusion du porte-monnaie électronique. C’est un peu le même problème qui se pose aujourd’hui avec le développement de la voiture électrique qui ne pourra décoller qu’à partir du moment où il existera assez de bornes électriques pour la recharger. Le développement d’une innovation est bien souvent la résultante d’une course contre la montre entre la demande potentielle des usagers et le besoin d’investissements financiers pour développer le système d’objets matériels nécessaires au fonctionnement du nouveau produit.

Conclusion

Le 13 février 2014, le journal La Tribune annonce le lancement d’un nouveau porte-monnaie électronique par Orange sous le nom d’Orange Cash : « c’est un peu la version 2.0 de Moneo intégré dans son Smartphone ». Il fonctionne sous Android. Il est compatible avec une quinzaine de modèles de téléphones mobiles. « Ce service fonctionne comme un compte prépayé qu’il faut créditer au préalable, par virement ou par carte bancaire, quelle que soit sa banque. Il suffit ensuite d’approcher son Smartphone à moins de 4 cm du terminal de paiement du commerçant pour effectuer des achats de moins de 20 € », pour payer son pain, son journal, ses cigarettes ou son sandwich.

Surtout on découvre dans l’article qu’aujourd’hui en France près de « 200 000 commerces sont équipés de terminaux sans contact » compatible avec la technologie proposée par Orange et que « 5 millions de Français sont équipés de smartphones compatibles. » Un seuil d’équipement chez l’usager et chez les commerçants semble donc avoir été atteint. Une nouvelle alliance institutionnelle s’est mise en place puisqu’Orange travaille avec Visa Europe « qui collabore aussi avec Vodafone au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne. » Il semble donc qu’une partie des conditions logistiques qui étaient absentes il y a 15 ans soit maintenant réunie pour permettre la réception en 2014 de l’invention du portefeuille électronique créée dans les années 2000.

La grande leçon à tirer de ce cas est qu’un processus d’innovation n’est pas linéaire et qu’il est bien souvent la résultante d’une agrégation inattendue de technologies, de jeux d’acteurs et d’imaginaires. La non-diffusion du porte-monnaie électronique sous sa forme première ne veut pas dire que cette invention a été un échec, mais qu’elle a continué sous d’autres formes et qu’elle a pu réémerger au moment où un nouvel objet, le téléphone mobile devient l’agrégateur des technologies anciennes et nouvelles. Il permet ainsi la convergence technique et sociale qui va favoriser le lancement d’une nouvelle forme de porte-monnaie électronique et avec de nouveaux acteurs institutionnels et peut-être avec de nouveaux usagers.

Non seulement le passage de l’invention à la réception n’est pas linéaire, mais en plus il se fait dans la durée, il nécessite souvent des financements importants ce qui explique le rôle clé des banques et des investisseurs dans le développement des innovations incrémentales et de rupture, la mobilisation des réseaux sociaux « prénumériques » et numériques qui favorisent les alliances institutionnelles qui vont permettre d’offrir à l’usager final un nouvel objet technique dont l’utilisation va varier, probablement de façon inattendue, au fur et à mesure que les acteurs du quotidien vont découvrir des usages nouveaux par rapport à ce qui était prévu au plus tard de l’invention. Un processus d’innovation qui va jusqu’au bout et un processus de transformation permanente et d’adaptation aux incertitudes des situations et des usages.

On comprend mieux maintenant l’importance de la distinction entre l’invention qui porte sur un objet technique, l’innovation qui porte sur le processus social d’alliance entre acteurs institutionnels et qui conditionnent le financement et la mise en place des conditions matérielles logistiques de diffusion de l’invention et la réception par l’usager final qui va intégrer ou non cette invention à l’intérieur de ces routines quotidiennes. Si le temps d’apprentissage n’est pas trop complexe, si le lieu d’acquisition de la nouvelle technologie ne demande pas une dépense de temps trop importante, si le coût du paiement ne pèse pas sur le budget, si la nouvelle technologie n’augmente pas la charge mentale, si le porte-monnaie électronique s’intègre à la norme du groupe d’appartenances de l’usager final, son groupe de pairs, sa famille ou ses collègues, et s’ils s’intègrent dans le jeu de l’identité et de la distinction, alors le porte-monnaie électronique aura une chance de se diffuser et d’intégrer les pratiques de paiement au quotidien.

Paris le 4 mai 2014

2015 12 couverture revue plurielle argent

 

 

[1] Desjeux D., Grynko C., Pavageau C., 2001, La carte Modeus/Moneo, Paris, La Poste/Argonautes, www.argonautes.fr/?submit=&s=modeus

[2] Desjeux D., Mangel A. C., 2009, Rapport de synthèse sur la libéralisation des jeux en ligne, Paris, la Française Des Jeux, www.argonautes.fr/2009-03-d-desjeux-anne-claire-mangel-rapport-de-synthese-sur-la-liberalisation-des-jeux-en-ligne. Mangel A.C., 2009, Analyse de la construction sociale de la notion de « jeu pathologique » et de ses effets sur les représentations et pratiques des joueurs de la Française Des Jeux, Thèse Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité (dir. D. Desjeux)

[3] Piedallu J., 2014, Le jeu sous contrôle. Analyse sociologique des formes de régulation à l’œuvre dans la pratique contemporaine du poker en France, Thèse en cours de finition, Paris, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité (dir. D. Desjeux) ; Piedallu J.2013, Rapport au jeu d’argent déménage en situation d’exclusion financière de surendettement, la Française Des Jeux/Crésus, 61 p. (multig.)

[4] Desjeux D., Taponier S., Garabuau-Moussaoui I., Pavageau C., Ras I., Sokolowski E., 2003, « La consommation et les objets du quotidien comme analyseur des trajectoires de la précarité des  SDF », in Représentations, trajectoires et politiques publiques : les SDF, Paris, édition PUCA/ministère de l’Equipement, pp 89-107

[5] Cf. Brisepierre G., 2013, Les conditions sociales et organisationnelles d’une performance énergétique in vivo dans les bâtiments neufs, Edition Les chantiers Leroy Merlin Source, 43 p.

2014 11 13 D. Desjeux, in Le jeu dans la société (2ème édition), intervention filmée

Deux!ème forum (En)jeux de société, animé par Estelle Denis et organisé par le Fançaise Des Jeux sur la place du jeu dans la société avec des extraits des meilleurs moments et l’intervention de Dominique Desjeux, président du conseil scientifique du GIS jeu et société, monté en collaboration avec la FDJ, et des autres intervenants

site de l’événement

http://www.enjeuxdesociete.fr/article/revivez-ledition-2014-en-video/

 

 

2014 10 D Desjeux, les imaginaires collectifs face aux NTIC, interview dans la revue Alliancy.com

2014 10 Le déploiement des nouvelles technologies génère dans la société des peurs collectives, notamment sur les menaces qui pourraient peser sur la protection de la vie privée des usagers.

Parler d’imaginaire ne veut pas dire que ces peurs sont sans fondement ou qu’elles sont fondées, mais que cet imaginaire produit du sens face à ce qui inquiète. La peur est un sentiment utile mais qui ne dit rien du vrai qui relève d’un autre ordre que celui de l’émotion.

http://www.alliancy.fr/opinions/limaginaire-collectif_15193.html

 

Quand les acteurs de l’entreprise, les hommes politiques, les groupes de pressions de consommateurs, les universitaires ou les journalistes parlent d’innovation, ils émettent bien souvent un double discours : d’un côté ils nous annoncent que grâce à telle ou telle technologie tout est possible, que tout va changer, et de l’autre ils dénoncent les lourdeurs du système français, les silos et les baronnies dans les entreprises, les hommes politiques et les élites coupées du terrain, – même si personne ne sait vraiment ce qu’est un terrain puisque tout le monde se pense sur le terrain -, et donc que les Français sont bien incapables de changer. Ce double discours apparemment contradictoire, mais la contradiction est au cœur de tous les processus de changement, renvoie à deux grands imaginaires qui structurent toute société et qui accompagne la plupart des innovations tout au long de leur processus de diffusion, l’imaginaire messianique qui nous annonce un monde meilleur et un quasi paradis sur terre, et à l’inverse un imaginaire apocalyptique qui nous annonce tous les malheurs du monde et l’enfer sur terre.

Ces deux imaginaires ont une forte utilité sociale, celle de donner du sens aux acteurs qui veulent promouvoir une innovation comme à ceux qui veulent s’opposer à cette innovation. Ils permettent aux acteurs de se libérer dans le ciel des idées des contraintes du quotidien, les lourdeurs administratives, les effets de groupes de pressions et de réseaux sociaux, les relations de pouvoir entre acteurs, les collègues « qui ne veulent pas coopérer », le chef « qui ne comprend rien », les subordonnés « qui ne sont pas motivés », sans oublier l’État qui cherche à tout contrôler, pour reprendre les grands stéréotypes que l’on retrouve dans la plupart des interviews quand je mène des enquêtes sur la diffusion des innovations. L’imaginaire est un producteur d’énergie en faveur ou en défaveur de tel ou tel changement. Il est donc central dans la réussite ou l’échec du processus de diffusion d’une innovation, surtout au moment de son lancement, au moment du décollage et du passage du stade de l’invention à la mise en expérimentation avant sa diffusion générale comme nous avons pu le constater avec les Smartgrids, les compteurs dits intelligents, entre 2010 et 2011, avec Julien Bernoville grâce à une enquête EDF.

Le lancement des Smartgrids répond à une croissance de la demande en énergie, qu’elle soit classique ou alternative, et à une augmentation de son coût, même si celui-ci ne progresse pas de façon linéaire au niveau mondial. Le but d’ERDF est de fournir un système de gestion de l’électricité plus efficace et moins énergivore grâce à la mise en place d’un compteur Linky qui mesure la consommation d’énergie chez l’usager final en temps réel, et ceci, pour le moment, sans que l’usager final ait à intervenir dans le processus techniques. La mise en place de Linky pose donc dès son origine un problème plus général, celui de la « démocratie participative » et donc la question de savoir comment les entreprises peuvent ou non le prendre en compte.

Face à cet inconnu une partie des acteurs, les militants du net principalement, vont s’exprimer sur Internet autour de trois grands imaginaires techniques, économiques et sociaux, tous à dominante apocalyptique. Sur le plan technique, ils craignent d’être piratés à travers Linky, d’être irradiés par les ondes électro magnétiques du compteur intelligent et d’être dominés par le robot qui relève automatiquement la consommation d’énergie. Sur le plan économique ils dénoncent la dérive des profits que ne manqueront pas de faire « ces grandes sociétés concessionnaires de flotte, d’élec (sic), d’autoroute, de ‘phone’, qui sont assimilés à des « mafias », au « mal absolu », au « diable », par opposition au « foyer » des citoyens qui subissent un véritable « racket »de la part des « élites mondialistes en mal de pognon » (infoguerre, 01/0/2010). Le compteur sera aussi source de différenciation sociale entre ceux qui auront une « carte Gold » qui ne seront jamais coupés, ceux qui auront une « carte Silver qui ne seront coupées que dans les cas graves » et les pauvres « qui seront coupées au moindre besoin du réseau ». Le dernier imaginaire quasi obligatoire dans toutes les manifestations de contestation des nouvelles technologies, est celui de « big brother ». Pour les internautes, le compteur communicant va mettre en place une « méga grille de contrôle multi niveaux » de l’individu qui concernera son énergie, sa nourriture, ses déchets et sa santé : « Big BrothERDF vous regarde, Linky observe ‘at home’» (Centpapiers.com, 09/2010).

Au final on a à faire à un imaginaire conspiratoire du gros qui conspire contre les petits et dont le principe est de donner du sens à ceux qui se sentent dominés, à ceux qui ont l’impression de n’avoir aucune prise sur leur vie quotidienne. C’est donc un imaginaire à prendre au sérieux, comme un symptôme de malaise et non pas simplement comme une approche irrationnelle d’un point de vue scientifique et technologique, même si bien sûr il n’est pas question de confondre ici l’imaginaire qui libère du vrai qui est le produit d’une démarche scientifique.

Paris le 11/07/2014

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris cité, consultant international

 

2014 06, D. Desjeux, L’observation de l’émergence de la classe moyenne chinoise en 1997, 1997年来对中国新出现的中产阶级的观察

L’observation de l’émergence de la classe moyenne chinoise en 1997

2014 juin, communication au séminaire interculturel de Guangzhou,

L’intervention est traduite par YUAN Liping et deux autres chercheurs, REN Ruru et JIANG Yuanling.  et vérifiée au final par YUAN Liping.

1997年来对中国新出现的中产阶级的观察

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris cité

人类学家,笛卡尔巴黎大学教授,

Yang Xiao Min, docteur en sociologie, maître de conférences, directeur du département de français de la faculté des langues occidentales,université des langues étrangères du Guangdong, Guangzhou

杨晓敏,社会学博士,广外西语学院法语系系主任,副教授

Introduction

En 1998 Zheng Li Hua publie à l’Harmattan un ouvrage qui s’intitule Langage et interactions sociales, la fonction stratégique du langage dans les jeux de faces. Il est préfacé par Louis Jean Calvet, un linguiste qui a traité autant du colonialisme, que des banlieues ou de la chanson française. Surtout il développe  une linguistique encastrée dans le social. En 1995 Zheng avait déjà publié un livre qui fera date, Les Chinois de Paris et leurs jeux de face, suite à un premier contact en 1994. Cela fait donc 20 ans que Zheng Li Hua et moi, nous nous connaissons et que nous réalisons ensemble des enquêtes en Chine dans le cadre du CERSI et tout particulièrement avec la collaboration de Yang Xiao Min, mais aussi avec bien d’autres collègues chinois et français

1997年,法国Harmattan出版社出版了郑立华的(互动语言学)《言语与社会作用:言语在面子观的战略性作用》的专著, 专著由语言学家LOUIS JEAN CALVET先生作序,CALVET先生研究殖民主义、郊区弱势群体和法国歌曲。他尤其发展了社会语言学。1995年,郑立华已经出版了《在巴黎的中国人和他们的面子观念》这本划时代的著作,我则和他相识于1994年。到今天,我们已经认识了20年了,我们在广外跨文化研究中心框架下一起中国做调查,当然还有杨晓敏女士,还有其他中法的同事。

 

Cette rencontre amicale et intellectuelle s’est faite indirectement grâce à deux personnalités, Denis Pryen pour l’Harmattan et Jean-Louis Calvet comme directeur de la thèse sur les jeux de faces. Tous les deux sont sensibles à la question coloniale et plus généralement à ce que l’on avait appelé dans les années 1950, le « tiers-monde », terme créé par Alfred Sauvy et Georges Balandier.

我们美好的友谊和课题合作都多亏了HARMATTAN出版社的DENIS PRYEN先生和郑立华的博士指导老师JEAN LOUIS CALVET先生。他们都对殖民问题很感兴趣,或者说对于我们50年代所谓的第三世界很感兴趣,第三世界是由Alfred Sauvy et Georges Balandier创造的一个词汇。

Dans sa préface Louis Jean Calvé rappelle que la notion de faces est d’origine chinoise et, qu’en un sens, le travail de Zheng permet de repréciser ce qui avait été développé par Erving Goffman dans son livre Les rites d’interaction publiée en 1967 aux États-Unis puis en 1974 en France, par Pierre Bourdieu. Goffman faisait référence à un article de 20 pages publié en 1944 par Hsien-chin Hu sur les « Chinese Concepts of « face » » dans la revue de l’American Anthropologist Association. Surtout Louis Jean Calvé souligne qu’il existe un lien implicite entre la vision stratégique du jeu de faces développées par Zheng et la vision stratégique développée par Sun zi au sixième siècle avant notre ère, dans L’art de la guerre. Ce que nous propose Zheng c’est en quelque sorte « Un art de la face », une face qu’il faut gagner 争zheng1, une face qu’il faut donner ou protéger给gei 3, une face qui circule comme le Qi  气à l’intérieur du corps et de la société, mais que l’on peut aussi perdre 丟diu4(perdre la face : mei2 mian4 zi‏没面子)

在前言中,CALVET先生指出,面子这个概念实际上是来自中国,某种意义上,郑立华的研究重新确定了GOFFMAN在其著作中阐述的问题,这本《互动习俗》是1967年在美国出版,1974年由PIERRE BOURDIEU在法国出版的。GOFFMAN引用了胡先缙女士 1944年在美国人类学家协会杂志上的一篇名为中国人的面子观的论文,论文有20页。CALVET特别指出,在郑立华提出的面子观的战略性作用和公元前6世纪孙子在《孙子兵法》中的战略性观点是有关的,郑立华提出的面子观,在某种意义上是一种面子的艺术,不论是争气,给面子, 面子就像社会和身体内运转的气,不过面子也是会丢的。 或者说没面子。

Aujourd’hui je me rends compte que nous avions aussi un lien invisible qui était celui de l’analyse stratégique. Pour Zhengc’était celle de Sun Zi et pour moi celle des relations de pouvoir qui s’organisent autour de la gestion des zones d’incertitudes telles qu’elles avaient été théorisées par Michel Crozier. Je suis assez convaincu aujourd’hui que l’analyse stratégique des systèmes d’action est très proche de l’analyse stratégique chinoise, au moins sur un point, celui de l’importance qui est accordée à l’observation de la situation. Dans les deux cultures, c’est une analyse pragmatique qui nous est proposée. Il me semble donc intéressant de reprendre la suggestion de Jean-Louis Calvet faite en 1998 qui est non seulement de proposer une relecture de L’art de la guerre, mais aussi de montrer en quoi il existe des points communs entre les deux analyses stratégiques chinoises et occidentales.

现在我意识到我们两者之间有一种看不见的联系,那就是战略性分析。对于郑立华来说,它是指孙子兵法,对于我来说,则是 管理不确定领域的各种权力关系, MICHEL CROZIER已经对此做过理论研究。现在我坚信这种对于行动体系的战略性分析和中国的战略性分析是非常相似的,至少在重视实地调查这一点上我们是相似的。中西文化中都有实用性分析。因此我认为我们应该继续听从CALVET先生1998年提出的建议,即重新读一下《孙子兵法》,中西在战略性分析上的共同之处。

Cependant, le plus inattendu est que, grâce à cette rencontre de 1994, nous allons assister au phénomène social qui a le plus bouleversé le monde depuis le milieu des années 1990, celui de la montée de la classe moyenne chinoise associée à l’émergence de la grande consommation dans les BRICs, celle de l’urbanisation et de la puissance géopolitique de la Chine. Nous l’avons observé de façon inductive c’est-à-dire en suivant une méthode exploratoire qui ne fait pas d’hypothèse sur les résultats de l’enquête, puisqu’on ne sait pas encore ce que l’on cherche. Pour le moment, en 1997, on essaie de comprendre, auprès d’une dizaine de familles, celles des parents des étudiants de Guangwai,  quelle est la vie quotidienne de cette nouvelle classe moyenne chinoise cantonaise qui est en train de voir ses revenus augmenter,  d’acquérir des logements plus spacieux que leurs parents, de s’équiper en électroménager, d’aller au restaurant, à Internet, aux ordinateurs, auxpagers (les bibi ji) et aux téléphones mobiles.

然而,1994年我们相识以来,最让我们没有想到的是,我们共同参与了上个世纪90年代中期以来的一个改变了中国的社会现象的调查,即中国中产阶级地位的提高,以及巴西、俄国、中国和印度四国消费时代、城市化和地缘政治力量的出现。我们是通过归纳的方法观察出来的,也就是说我们使用的是探索式的研究方法,即我们不对调查结果做预设,因为我们也不知道我们想要找到什么。1997年,我们对十几个家庭进行调查,他们都是广外学生的家长。我们试图了解这个新兴的中国广州中产阶级的日常生活。如他们的收入提高,他们比他们的父母的住房空间更大,他们购买的家用电器,外出用餐、上网、使用电脑、BB机以及手机。

Ensuite, grâce au financement, ou au concours, de nombreuses entreprises internationales, dont La Poste, BeaufourIpsen International, EDF, Orange, Leroy Merlin, Carrefour, la Communauté européenne, General Motors, grâce à Ken Erikson, L’Oréal, Chanel, nous feront, la plupart du temps  avec les chercheurs du CERSI dirigé par Zheng Lihua, des enquêtes sur la mémoire, le bricolage (Anne Sophie Boisard), les populations périurbaines plus démunies (Sophie Alami, Yang Xiao Min), les normes ISO (Zheng Lihua, Didier), le management interculturel (zhengLihua), les usages du téléphone (Anne Sophie Boisard, Didier), le jeu des enfants (Anne Sophie Boisard), les soins du corps et de maquillage (Yang Xiao Min, Wang Lei, Wu…), le jeu des adultes (Hu Shen), l’eau (Ma JingJing) . C’est le rappel des toutes premières enquêtes que je vais présenter ici pour la première fois.

很多国际大公司如法国邮局、BeaufourIpsen International, 法国电力、法国ORANGE电信,乐华梅林、家乐福、欧盟、大众摩托给我们提供资金支持;多亏了KEN ERIKSON, 欧莱雅、香奈儿给我们提供资金支持,我们和郑立华带领的广外跨文化研究团队进行关于记忆、修补(ANNE SOPHIE BOISARD)、城郊赤贫人口(Sophie Alami, Yang Xiao Min), ISO标准 (Zheng Lihua, Didier), 跨文化管理 (zhengLihua), 电话的使用 (Anne Sophie Boisard, Didier),儿童游戏 (Anne Sophie Boisard),  美容护肤品 (Yang Xiao Min, Wang Lei, Wu…), 成人赌博(博彩)(Hu Shen), 水 (Ma JingJing) . 我将首次在这里对这些初期调查进行回顾。

 

L’émergence de la société de consommation : les signes de la confiance de la méfiance face aux changements de la vie quotidienne au milieu des années 1990.

消费社会的出现:上个世纪90年中期日常生活的变化下的信任和怀疑表现

En 1997, nous commençons une première enquête qualitative, en milieu universitaire, sur les représentations des Chinois vis-à-vis de la confiance et de la méfiance, grâce à un financement de la Mission Recherche de la Poste en France dirigée par Françoise Bruston. C’est une enquête exploratoire qui s’appuie sur trois tables rondes et sur la méthode des« photos stimuli » qui consiste à faire réagir les participants à la vue de photos prises sur la vie quotidienne en Chine. Nous demandons aux membres du groupe de nous expliquer ce qui leur donne confiance ou ce qui leur produit de la méfiance dans la vie quotidienne.

1997年,我们在大学里进行了第一次定性调查,调查是关于中国人信任和怀疑的表征,当时是由法国邮局Françoise Bruston主导的研究队提供的资金支持。这是一个探索性调查,包括三次圆桌讨论,研究方法是照片刺激,即通过参与者看过关于中国日常生活照片的反应。我们要求团队成员解释在日常生活中什么让他们产生信任,什么让他们有怀疑。

En 1997, l’État chinois et tout ce qui est public sont associés à l’idée de confiance. Un grand magasin d’État, un friendship, donne confiance « parce qu’il appartient à l’État. » Une Supérette aussi fait confiance « parce que c’est un petit magasin tenu par un organisme public, l’Académie des Sciences de Guangzhou. Un magasin tenu par une telle unité, normalement c’est pour protéger les intérêts des cadres, et là les produits ne sont pas chers. » Les vieux aussi font confiance « Des retraités qui jouent aux cartes. Dans le parc cela fait naturel. C’est calme, il n’y a pas de conflit, c’est harmonieux » « les vieux sont toujours plus sympathiques que les jeunes » Les métiers de l’information qui sont des métiers publics font aussi confiance : « Présentateur à la télé, speaker des nouvelles, les commentaires du journal d’État ça donnent confiance ; le speaker de la radio centrale, il représente l’État, donc il ne doit pas émettre des mensonges. Il a la responsabilité de dire la vérité. » De même « La police, les militaires » font confiance. « Les policiers, c’est parce que ce sont des métiers qui sont faits pour protéger les autres. » Dans le milieu académique, tout ce qui est public fait plutôt confiance.

1997年,国有的和所有政府的、公立的,公开的都是被信任的。 一个大型国有商店,即友谊商店,让大家信任,“因为它属于国家”。一个小型超市为大家所信任,是“因为这是一个公家机构,即广州科学院开的,一般这种单位开的商店都是为了保护干部的利益,那里的商品比较便宜。”老人让人们信任,因为“退休的人在公园里玩牌是很自然的,气氛很平静,没有冲突,一片和谐”、“老人总是比年轻人更热情”。跟信息有关的职业,也就是那些面向公众的职业也是值得信赖的。“电视主持人、新闻播音员、国家杂志的评论都是可信的;中央电台的播音员代表着国家,因此不能说假话。他有责任说真话。”同样的,军队和警察都是可信的。“因为警察的职业本身就是保护他人的”。在学术界,凡是公立的,都比较可信。

 

Ensuite nous abordons le thème des assurances maladies et de la retraite qui sont garanties par l’État. Ce qui rend méfiant, ce n’est pas l’Etat, c’est l’inflation. Un jeune de 25 ans explique qu’il serait prêt à épargner de l’argent pour la retraite « Mais en fait c’est la valeur du yuan qui pose problème, car on ne sait pas du tout si dans 10 ans ou 20 ans le yuan vaudra encore quelque chose. En 1985, à peu près, mes parents gagnaient 50  yuans par mois et c’était suffisant pour toute la famille. Aujourd’hui avec 500 yuans on n’y arrive pas. En 10 ans on a gagné dix fois plus, mais c’est de l’argent qui ne vaut plus rien et donc on ne sait pas ce qu’il vaudra dans 10 ans ou dans 20 ans » On retrouve dès cette époque en Chine ce que l’Europe de l’Ouest a connu entre 1945 et 1975 c’est-à-dire une forte croissance, une consommation plus importante et une forte inflation. Mais, à cette époque tout cela n’est pas encore démontrable sauf sous forme d’intuition comme nous le montrerons dans notre conclusion de 1998 sur la mémoire.

之后,我们还做了国家保障的医疗保险和退休的调查。让大家怀疑的,不是国家,而是通货膨胀。一个25岁的年轻人解释说,他为了退休存钱。“事实上,是人民币价值的问题。因为我们完全不知道10年后或20后人民币的价值。1985年,我父母每个月工资有50元,能够养活我们整个家庭。但是现在500元也不能。10年见,我们的工资提高了10倍,但是人民币却不值钱了,所以我们不知道10年或20年后人民币的价值。”我们认为中国经历的这段时期跟西欧1945年到1975年的经历类似,都是经济急速增长,高消费,通货膨胀加剧。但是,这个时期这些因素还不是可证明的,我们只是在1998年的论文结论中做出了这样的直觉预测。

 

La peur de l’inflation explique pourquoi certains pensent que « les jeunes dépensent plus que les personnes âgées parce qu’ils croient que même si on met l’argent pour épargner cela ne sert à rien. (F 25 ans).» Cependant comme une partie des Chinois n’a pas d’argent, aussi une personne fait remarquer que « si on n’a pas l’argent, il n’y a pas de problème de protection de la valeur de l’argent. C’est lorsqu’on a de l’épargne, des économies qu’on pense à comment protéger son argent ».

        对通货膨胀的恐惧也解释了为什么有些人认为“年轻人比上一代人花费更多,因为年轻人认为存钱是没用的(25岁的女士)”。但是,一部分中国人是没什么钱的,所以有个人指出,“如果我们没钱的话,就不存在钱的保值问题。只有当我们存钱时,我们才会想着 怎么省钱,怎么来保护自己的钱。”

C’est pourquoi les Chinois vont développer plusieurs stratégies de protection de leurs économies. Certains essayent de se protéger contre la baisse de la valeur de leur épargne en  investissant dans des produits qui semblent moins sensibles à l’inflation comme l’or, les devises étrangères et l’immobilier «  On dit qu’il faut acheter une maison ou bien qu’il faut acheter de l’or » « Il faut faire des achats immobiliers, pour protéger la valeur de l’argent » « Il faut acheter des devises, des dollars (F 22) ; oui on achète des dollars »  

这也是中国人用了几种策略来保护他们的存款。有一部分试图通过投资相对保值的产品如金子,外汇和房地产来保值。“大家说应该买房子或者买金子”“应该买房地产进行资产保值”“应该买外汇,买美元(22岁的女士),所以我们买了美元”。

avec le recul, on sait que depuis 1997 les prix de l’immobilier n’ont pas cessé d’augmenter en Chine. Même si on annonce depuis 2004 l’explosion potentielle d’une bulle immobilière, celle-ci n’a toujours pas explosé. Elle reste cependant une menace potentielle. De son côté, l’once d’or est passée de 270$ en 2000 à 1800$ en 2012, pour redescendre ensuite à 1300$ en 2014. Une partie de la demande d’or est chinoise.

从现在来看,我们知道从1997年以来,中国房地产的价格就一直在上扬。尽管2004年有人宣称房地产泡沫将会粉碎,但是一直没有粉碎。然而这确实是一种潜在的威胁。一盎司金子从2000年的270美金上涨到2012年的1800元,2014年又跌倒1300美金。对金子的需求有一部分是来自中国。

En termes de méthode, l’enquête qualitative avait donc bien montré l’émergence de signaux faibles sur l’existence de pratiques d’achat d’or. Ce n’est que cinq ou 10 ans plus tard que l’on peut savoir si ces signaux faibles vont devenir des réalités fortes, ce qui est le cas aujourd’hui.

方法论上,当时的定性调查已经发现了这种投资金子的微弱迹象。仅仅是在5年或10年后我们才能够知道这些微弱的迹象是否会变成强劲的现实,时到今日已经证明了这一现实。

Une partie des Chinois pallie le problème de l’inflation grâce au développement d’une économie souterraine. «Chez nous il y a des façons de faire illégale. En chinois cela s’appelle  ji2zi1 集资accumulation de capital. Un entrepreneur rassemble une certaine somme d’argent pour faire de l’épargne. Mais au lieu de déposer l’argent à la banque, il prête cet argent à une       autre entreprise privée avec un taux d’intérêt très élevé sur une durée déterminée. Par exemple on propose 15% de taux d’intérêt et au bout d’un an on vous remboursera le capital et le taux d’intérêt. Les entreprises ont de gros besoins d’argent. C’est interdit, mais on pense que c’est un meilleur moyen de se protéger. » « Cela se fait de plus en plus » « Oui bien sûr il y a des trompeurs ; Il y a des gens qui ramassent l’argent juste pour partir après avec », « Parfois cette pratique peut passer par une banque. Ça ne se dit pas, mais on sait que c’est la banque qui fait cela. Maintenant, en 1997, en Chine beaucoup de banques sont en difficultés. En gros l’économie ne marche pas très bien. Donc il y des entreprises qui ont emprunté de l’argent et qui n’arrivent pas à rembourser. Ce qui fait que c’est difficile pour les banques de récupérer leur argent. C’est pourquoi, parfois, certaines banques utilisent ce moyen d’emprunter de l’argent (pour résoudre ce problème) »

一部分中国人通过发展非法集资来规避通货膨胀。 “在我们那里我们有非法的手段可以保值。中文叫做集资。一个企业家募集一定数额的金钱进行储蓄。但是他不是存在银行,而是以定期高利贷的方式借贷给私人企业。比如说,一年15%的利息,一年后你要还我本金和利息。公司需要大量的现金。这是违法的,但是我们认为这是一个比较好的资产保值的方法。”“现在越来越多的人做这个了”“当然有骗子了,他们收了钱后就携款逃跑了”“有时候,银行也做这个。我们不说,但我们知道是银行搞得。1997年,中国有很多银行步履艰难。因为那时的经济形势不好。所以有很多企业贷款了却还不上钱。所以这也是为什么有些银行要通过这个手段来解决问题”

Une autre solution consiste à pratiquer des prêts entre particuliers sous la forme d’une tontine yang3 lao3 chu3 jin1 hui4养老储金会 (organisation d’épargne d’argent pour nourrir les vieux) : « la tontine c’est souvent entre un groupe de connaissance, entre les parents, un cercle d’amis, alors que « accumulation de capital », c’est souvent avec  une entreprise »

还有一种办法,用养老储金会的方式进行个人借贷。“一般都是在熟人间借贷的,比如说亲戚,朋友圈的”,“集资一般是借给企业。”

En 1997 il existe aussi un sentiment diffus de méfiance associé à la peur d’être trompé, qi1 pian4 欺骗 : « Pour moi, être trompé, c’est un phénomène qu’on voit partout, aussi bien dans les relations sociales que dans toutes sortes de situations. C’est partout », « Maintenant il y a trop de trompeurs, trop de produits faux », « Y a trop de marchands malhonnêtes qui ont des fausses marchandises. » « On dit que maintenant tout est faux, sauf papa et maman. »

1997年的时候存在因为受骗导致的不信任,“对我来说,被骗,是在各地都能看到的一个现象,各种社会关系间,各种情况下都会被骗。”“现在有太多骗子,太多假货了”“有太多无良商人做假货了”“有人甚至说什么都是假了,除了父母是真的。”

La méfiance paraît aujourd’hui rationnelle face « au bon vieux temps » idéalisé : « Mes parents sont gentils avec les autres. A leur époque il n’y avait pas tant de trompeurs. Mais la société change. Les braves gens se laissent facilement tromper par les autres. Mon père m’a dit à maintes reprises qu’il ne fallait pas faire de bonnes actions, qu’il ne fallait même pas soulever un enfant tombé par terre. Quand vous soulevez un enfant, un homme peut surgir et dire que c’est vous qui l’avait fait tombé donc il faut payer pour soigner la blessure de l’enfant. Souvent on prépare des scènes qui nous frappent et pour nous faire chanter après. » On retrouve ici un phénomène universel décrit par Lucien Jerphanion dans l’un de ses livres :Laudatortemporisacti, c’était mieux avant (2007, Taillandier). Ce phénomène du bon vieux temps, paradoxale en Chine si l’on pense à la période de la révolution culturelle qui n’a pas laissé que des bons souvenirs, est bien souvent le signe d’un changement profond et d’un sentiment d’insécurité qui peut aussi être associée au vieillissement.

不信任(怀疑)在今天看来似乎是理性的,因为我们将过去的美好时代理想化了。“我父母对人都很好。他们那个年代,没有这么多的骗子。但是社会变了。老实人很容易被骗。我爸爸多次跟我说不要做好事,不要去扶跌倒在地上的孩子。因为当你扶起孩子的时候,一个人就会突然出现,然后说是你把孩子弄倒的,你要给钱给孩子看伤口。经常有人设置些感人的场景从而敲诈勒索你” 中。我们发现这个现象是普遍的,就像LUCIEN JERPHANION在他的一本书中所说的,过去的是美好的。(2007, Taillandier) 这个过去的美好时代的现象是矛盾的,因为如果我们想到文化大革命,人们只记住了那些美好的回忆。这也是深刻的改变和不安全感的表现。或许这也是跟人口老龄化相关的。

En 1997, les publicités associées à des nouvelles technologies de l’électroménager de la communication commencent à fleurir dans les rues. Une partie des marques font confiance, mais elles doivent remplir certaines conditions. Par exemple il existe des marques anciennes à Canton. Elles peuvent faire confiance parce que »en général les gens qui travaillent dans ces boutiques où il y a des vieilles marques ont le sens des responsabilités, » « ils ont le sens de la réputation du produit, » « ils sont fiers de leur marque. » L’ancien, aux deux sens du terme de personne et d’objet, fait confiance.

1997年,关于家用电器的新科技的广告在大街小巷铺天盖地。一些牌子是可信的,但是必须满足一些条件。比如说广州有一些很古老的牌子。他们是可信的,因为“在那些老牌子的商店里上班的人有责任心”,“他们有品牌的荣誉感”,“他们为他们的牌子骄傲”。古老的,不管是指老人还是指物品,都是可信的。

Les marques étrangères donnent confiance : « je crois que Motorola est une grande entreprise américaine. C’est connu. C’est de très bonne qualité. » L’étranger fait confiance parce qu’il semble garantir le contrôle de la qualité et de la sécurité des produits. Par contre, sur les marques chinoises d’électroménager, comme un réfrigérateur, les avis sont partagés : « Elle ne connaît pas très bien cette marque de réfrigérateur chinois et donc elle ne lui fait pas confiance, moi je la connais, je lui fais confiance, parce que c’est une marque de mon pays natal. »

外国牌子是可信赖的。“我认为摩托罗拉是一个美国知名的大公司。质量很好。”外国的可信是因为它似乎有产品质量和安全性检测。相反,对于中国家用电器的牌子,比如说电冰箱,大家意见并不一致,“她不了解这个电冰箱的中国牌子,所以她不信任,但是我了解这个牌子,我信任它,因为这是我家乡的一个牌子”。

A l’inverse une autre personne déclare : « Je préfère les réfrigérateurs japonais. Ils sont de bonne qualité. » Face à une publicité de machines à laver chinoise sur un abri bus, une personne déclare : « Ce sont des machines à laver de marque chinoise. Je n’aime pas cette marque. Je préfère l’électroménager japonais. » Le slogan de la marque est : « Le roi des réfrigérateurs chinois. » Il est associé à de l’eau qui évoque « la puissance du fleuve jaune. » Et donc pour certains, « c’est une bonne marque. Elle a une histoire. Je la connais depuis que je suis petite » « Elle n’est pas très chère. »

相反,另外一个人说,“我偏爱日本的电冰箱,因为他们质量不错”。一个公车上有一个洗衣机的中国牌子的广告,这个受访者说,“这是中国的洗衣机品牌。我不喜欢这个牌子,我喜欢日本的家用电器”。那个牌子的广告词是“ 中国电冰箱之王”。广告跟水有关,借用了“黄河水的力量”。因此,对于某些人来说是“一个好牌子,因为它有历史。我小的时候就知道这个牌子了”“它便宜。”

La connaissance de l’origine publique, étrangère ou du pays natal joue comme un des signes de la qualité et de la sécurité. L’origine joue comme une sorte de traçabilité de la qualité du bien ou service. Les racines, l’histoire, la durée sont les signes qui évoquent la confiance comme nous le verrons ci-dessous pour les pratiques de la mémoire en Chine.

对品牌的原产地,不论是国产的,国外的还是家乡的,认识实际上是一种寻求质量和安全感的表现。 原产地就是一种对产品质量或服务的可追溯性。根源、历史、使用寿命都是能够引起信任的符号,就像我们接下来要看到的对于中国记忆的调查。

Dans le domaine alimentaire pour donner confiance, il faut que le poisson soit vivant ainsi que les animaux comme les poulets ou les serpents. Quelque part la confiance dans les aliments est directement liée à une conception chinoise de la nature qui fait un lien entre le vrai, le beau, le bon et la nature :  » Je pense que depuis l’antiquité jusqu’à maintenant, les intellectuels chinois préfèrent le vrai, le naturel. On peut citer un exemple très concret, très typique. Par exemple dans la peinture traditionnelle chinoise, le thème, c’est presque le thème le plus fréquent, c’est la montagne et l’eau. C’est ce qui évoque la nature. » « En Chine on dit : le vrai, le beau et le bon. En Chine on lie souvent c’est trois éléments ensemble. Pour moi une beauté réelle cela évoque la confiance parce que d’après moi si c’est vraiment beau cela doit être vrai. » «Il y a deux sens pour le mot naturel : Cela veut dire aller de soi, c’est à dire vient du cœur, spontané, l’autre sens c’est la nature. » C’est pourquoi le mouvement écologiste ne parait pas naturel en 1997 : « Écologie c’est une école qui protège la nature, mais ce n’est pas le naturel. C’est une action qui n’est pas naturelle. C’est une action artificielle pour protéger la nature. » Au final la sage se retire dans la montagne, en dehors du monde artificiel : « Une vie idéale c’est dans la montagne, au bord de l’eau, avec une canne à pêche. »

能够让人信赖的食物必须是活的,比如说鱼或者其他动物,比如鸡和蛇。某种意义上对食物的信任是跟中国的自然观直接相关的:中国的自然观把真善美和自然联系起来。“我认为从古至今,中国的知识分子就偏爱真实,偏爱天然。我们可以举一个非常典型的例子。例如,在中国传统绘画中,画的最多的就是山和水,因为这是自然的象征。”“中国人讲真善美,中国人把这三者联系在一起。我认为真正的美是值得信赖的,因为真的才是美的”“我认为天然有2个意思,一个是自然而然的,发自内心的本能的,另一个则是大自然”。这也就是为什么1997年的环保运动显得不自然的原因:“生态学是一个保护大自然的学说,但是这个不是自然的,这是人类发起的保护自然的行动。”最后,智者将退隐山水,避开人世:“理想的生活就是在山水间垂钓。”

À la fin des années 1990, la confiance à l’inverse de son symétriques la méfiance, est associée à un imaginaire de calme, – celui de la montagne et de l’eau -, d’héroïsme, – comme le chrysanthème,júhuā菊花‏ qui fleurit en automne malgré une nature hostile -,de pureté, – comme le Lotus dont la beauté symbolise la pureté qui a vaincu l’impureté de la boue dans laquelle il est né – , de chaleur des sentiments, – comme une fleur rouge qui symbolise la vie et la permanence, et donc qui donne du sens à la vie -, et enfin à « l’esprit intellectuel qui ne se plie pas », comme la fleur rouge du prunier « qui symbolise la résistance au froid, mais en fait cela symbolise l’esprit des intellectuels qui ne plient pas face à la force de l’extérieur. »

90年代末,怀疑的反面即信任是跟想象中的宁静相关,山水的宁静,跟英雄主义相关,就像菊花临秋盛放,跟纯净相关,就像莲花,纯净美的象征,因为它出淤泥而不染,跟热情相关,就像象征着生命和永恒的火红的花朵,赋予生命的意义,象征不屈不挠的士大夫精神,就像红梅不惧严寒而盛开,实际上象征着中国的读书人在外部压力面前不屈服的精神。

Il est difficile de savoir si cet imaginaire de la confiance et de la méfiance est le même aujourd’hui ou s’il a évolué avec le développement de l’urbanisation, des habitudes de consommation et du confort lié au logement et à la vie quotidienne, ou encore avec l’émergence des problèmes de pollution et de sécurité des produits alimentaires ou des produits liés aux soins du corps. Il semble que, d’après nos dernières enquêtes menées, avec tout particulièrement Yang Xiao Min et Wang Lei, sur les pratiques de soins du corps et les usages du maquillage à Guangzhou, Hangzhou, Beijing et Harbin entre 2007 et 2014, la méfiance vis-à-vis des biens de consommation liés à l’alimentation, à l’eau et au corps soit plutôt en progression.

很难知道这种对于信任和怀疑的想象是否在今日仍是如此还是已经随着城市化的发展,消费习惯的改变,舒适的住房和日常生活,污染和食品安全问题、美容护肤品的出现而有所改变。根据我们最近的调查,特别是杨晓敏和王蕾在广州、杭州、北京和哈尔滨从2007年到2014年关于美容护肤皮的调查,显示人们对与跟食品、水和身体的消费品的不信任日益严重。

Les pratiques et les représentations de la mémoire à Guangzhou (Chine) : les cadres historiques et sociaux de la mémoire

中国广州记忆的行为和表征:记忆的历史和社会环境

En 1998 nous lançons une enquête sur la mémoire des chinois dans la vie quotidienne à la demande de Claude Chollet, Directeur général de Beaufour-Ispen International qui finance cette recherche.

1998年我们按照Beaufour-Ispen International总经理的要求对中国人日常生活的记忆进行调查,他也给我们提供了资金支持。

Les souvenirs historiques : la reconstruction permanente des souvenirs légitimes

历史记忆:对于正常记忆的永恒重构

Ce qui frappe dans cette enquête c’est l’importance qui est accordée par les interviewés à l’histoire, au collectif et à la famille avant l’individu et à son anniversaire personnel. Le deuxième élément marquant est celui de la révolution culturelle qui est souvent présentée comme une tentative historique d’élimination de la mémoire familiale, comme une opposition au confucianisme. C’est pourquoi, dans les années 1990, on trouve à la fois des personnes qui n’accordent pas beaucoup d’importance à la généalogie familiale, aux anniversaires et aux fêtes traditionnelles, sur la lancée des normes « révolutionnaires », mais aussi des personnes qui vont revendiquer une filiation familiale, une nécessité de célébrer les fêtes traditionnelles et une importance  à accorder au culte des ancêtres. Là encore 15 ans plus tard on peut observer le renouveau des pratiques traditionnelles chinoises, mais transformées pour une part par la société de consommation et par l’augmentation du revenu des familles chinoises urbaines. Cela se traduit par la multiplication des autels liés aux ancêtres, celle des autels liés à Bouddha et des dépenses somptuaires pour la fête des morts le jour de Qing1 Ming2 (清明), le 5 avril, comme le rappelle le romancier Qiu Xiao Long dans Dragon bleu, tigre blanc (2014, Liana Levi) ou encore par l’embellissement des temples.

这个调查中最让人吃惊的是,受访者对于历史、集体和家庭的看重远超过对于他个人和个人生日。第二个关注点就是人们把文化大革命看做试图抹除家庭的记忆尝试,看做是反对儒家的运动。这也是为什么90年代我们发现的2种现象的原因:一些人不重视家谱、生日和传统节日、改革,同时,也有一些人要求重修家谱、必须庆祝传统节日、非常重视对祖先的崇拜。从那时到现在,15年后,我们仍然可以观察到这些传统习俗的复兴,但习俗因为受到消费社会和中国城市家庭收入提高的影响而有所改变。体现在:祭祀祖先的祭台的增加,供奉佛祖的祭台的增多,还有清明节为亡者的花费增多,以及如小说家邱小龙在小说《青龙白虎》中讲到的五月初五端午节,还有重修寺庙。

Les souvenirs historiques font référence à l’occupation japonaise et à la guerre : « Je me rappelle l’histoire de la blessure des mains de mon grand-père, c’est pendant la guerre sino-japonaise, quand il a fait un travail dur pour les Japonais, un soldat l’a beaucoup fouetté, donc ses mains gravement blessées, et sont devenues handicapées. » « Mes ancêtres sont originaires du Shandong, mon arrière-grand-père maternel était venu s’installer au Guangxi, pour se soustraire à la tourmente de la guerre. » Ces événements expliquent pourquoi une partie de la mémoire familiale s’est perdue ou bien ce que la mémoire familiale a sélectionné dans sa propre histoire. Les inondations qui ont marqué depuis longtemps l’histoire agricole de la Chine sont aussi une source de déplacement migratoire et de transformation de la mémoire familiale : « Je connais l’histoire du père de mon grand-père. Le père de mon grand-père avait encore un frère. A l’époque, à cause d’une inondation, ces deux frères se sont séparés. L’un s’est installé dans le village à côté de la montagne, l’autre, dans le village près de la rivière. C’est pourquoi dans la région où je suis né, il y a deux grandes familles qui portent le même nom. »

历史记忆跟日本占据时期和战争相关:“我还记得我祖父的手受了伤,当时是中日抗战时期,他被日本人赶去做苦役,一个日本兵经常鞭打他,所以他的手伤的很严重,最后以至于残废了。”“我的祖辈是山东人,我曾外祖父因为战争逃到了广西”。这些事件也解释了为什么一些家庭记忆流失了,或者家庭记忆是根据历史而选择的。洪水长期以来都是中国农业社会人员迁移和家庭记忆改变的重要原因。“我还记得我曾祖父的故事。我曾祖父还有个兄弟的。当时发洪水,他们两个就分开了。一个去了临山的村子,一个去了临河的村子。这也是我为什么出生在这里的原因,也是为什么这两大家族同姓的原因。”

Le manque de traces matérielles de la mémoire familiale, tel que nous pouvons l’observer dans les logements où nous réalisons nos interviews en 1998, s’explique à la fois par les guerres et les inondations qui ont provoqué une migration associée à la perte des objets de la mémoire : « Pendant mon enfance, c’était la guerre contre les Japonais, il m’a fallu quitter ma famille pour faire mes études. Je n’ai pas gardé une impression très profonde de ma famille. »« Mon père a quitté son pays natal pour faire ses études et travailler, il n’a rien porté de chez lui. » Cela s’explique aussi par la pauvreté des paysans qui possédaient peu d’objets : « Je sais seulement que ma grand-mère a mené une vie très dure, car mon grand-père était mort très tôt de tuberculose pulmonaire. Mon père est le plus aîné des 4 frères, il a aidé ma grand-mère à travailler la terre et faire du ménage. Il a arrêté ses études au niveau de l’école secondaire spécialisée pour gagner sa vie plus tôt. »Dans cette enquête c’est la révolution culturelle de 1965-1975 qui semble l’évènement le plus marquant.

家庭记忆方面一个显著的特征是,缺乏对物质的记忆。比如1998年我们做访谈时看到的情况。这种对物质记忆的缺乏,与战争和洪水引发的移民息息相关:“我小时候正是抗日战争的时候,不得不背井离乡去外地求学,所以我对我的家并没有很深的印象”“我父亲当年离家去外地求学工作的时候,没有拿家里的任何东西。”这也反映了当时农民的贫穷。“我只记得我奶奶生活很不容易,因为我爷爷当年因为肺结核,很早就走了。我父亲是四个孩子中的老大,所以农活家里活就自然落在他头上。初中的时候,他就被迫辍学,开始打工赚钱。”在这次调查中,最令人映像深刻的就是1965-1975年间的文化大革命。

 

La révolution culturelle a provoqué à la fois une rupture dans la transmission de généalogie familiale et des objets symbolisant cette continuité. Transmettre la mémoire familiale et les objets qui lui étaient associés était perçu par une partie des interviewés comme un risque politique : « Je sais que mes ancêtres étaient mandarins. Ma famille était la plus grande famille, le plus grand clan du village. Le mandarin avait deux femmes. Au mur du temple des ancêtres sont suspendus les portraits de ces trois personnages, celui du milieu représente ce mandarin. D’ailleurs l’ancienne maison a une forme bizarre, deux portes, deux corridors sont parallèles. La grande salle se trouve au milieu. Après c’est une cour et ensuite c’est la salle intérieure. Cette belle maison avec des cours spacieuses a été détruite pendant la révolution culturelle. »« Pendant la Révolution culturelle, on évitait de parler des ancêtres si on n’était pas originaire d’une famille pauvre. Ces dernières années, on reprend l’habitude de parler des ancêtres. » Ce n’est que 20 ans après la fin de la révolution culturelle que certains renouent avec l’entretien du lien entre les vivants et les ancêtres.

文化大革命造成的断裂不仅体现在族谱的断裂,同时象征这一传承性的物件也失去了这种传承性。对一部分受访者而言,对族谱和家族象征物件的传承是一种政治风险:“我知道我家是官宦家族,是当时村子里最大的一户人家。那位做官的长辈有两个妻子。在祖庙的墙上有三个人的雕像,中间那位就是那位长辈。祖庙正中间是是一个大厅。后面是一个院子,院子后面是内堂。这个有敞亮庭院的屋子在文化大革命的时候被毁掉了。”“文化大革命时期,除非你是平下中农出身,大家对于自己的身世都讳莫如深。最近几年,人们才又开始谈论自己的祖先。”文化大革命结束的20年后,一些受访者才开始在访谈中追寻自己的过去。

D’autres étaient favorables à la révolution et ont préféré ne pas en parler pendant longtemps et donc rompre de fait avec une partie de la mémoire familiale :« Dans notre mémoire, l’histoire familiale ne remonte pas très loin, parce que mon propre père est parmi les vieux vétérans de la révolution. Il a participé à la guérilla, avant la fondation de la nouvelle Chine. Mais comme lui est issu d’une famille de riches, pour participer à la révolution il a fallu qu’il trahisse sa famille. Alors ensuite il en a très peu parlé. Aujourd’hui, parce que la situation a changé, et parce qu’il est très vieux, il parle un peu de son enfance. »Là encore on assiste à un changement de la mémoire familiale en fonction de l’évolution des idées politiques et de celle de la société.

还有一些曾经支持革命的人也长选择对自己的家族缄默不言:“在我的记忆里,家族历史并没有很久远,因为我父亲自己就是一位老军人。他参加了建立新中国的解放战争。但是因为他来自一个有钱的家族,也就是说,他这么做其实是背叛了自己的家族。所以之后就很少听他提及过家族的事情。现在时代不同了,他也老了,偶尔才会听到他谈起他小时候的事情。”这又是一个和政治社会息息相关的家庭记忆。

D’autre ont participé à la révolution culturelle sur un mode plus positif : « On est né, on a grandi à une époque particulière. Je suis née au début des années 50. Au moment de la révolution culturelle, j’avais 12 ans. On a participé à beaucoup de mouvements de l’époque. On n’allait pas à l’école, on écrivait des Da4 Zi4 Bao4 (大字报) pour critiquer le régime capitaliste. En 1968, on a été à la campagne, pour répondre à l’appel du Président Mao. Il fallait que les jeunes intellectuels comme nous reçoivent aussi la rééducation des paysans et des ouvriers en plus de l’éducation scolaire. » Souvenirs heureux ou neutres pour les uns, ou malheureux pour les autres : « La seule date [négative] que je retiens, c’est le jour où j‘ai été envoyé à la campagne pour travailler la terre. » « Ma première photo je l’ai prise en 1968 quand je suis rentrée de la campagne. Je suis allée au parc Yue4 xiu4 (越秀) (le plus grand parc à Guangzhou) avec mes tantes pour nous amuser. J’y ai pris une photo au bord d’un lac. »

    还有一些人对文化大革命的看法比较积极:“我们出生成长在一个特殊的时期。我出生在50年代。文化大革命开始的时候,我12岁。当时我们参加了很多运动。我们不用去上学,只要写批判资本主义的大字报就行了。1968年的时候,我们响应毛主席的号召上山下乡。像我们这样的知识分子,除了学校教育外,还应该接受工人农民的再教育。”文化大革命,对一些人来说,可能是欢快的记忆,但是另一些人来说也许是一场悲剧:“我印象最深的就是那一天,我被送去乡下参加劳动。”“1968年去农村的时候,我照了第一张相。我当时和我的姑姑们一起去越秀公园玩耍。我就在湖边照了那张相。”

C’est pourquoi la révolution culturelle reste un souvenir ambivalent et ambigu. Il peut être utilisé aujourd’hui comme un moyen d’éducatif pour pousser les jeunes à travailler en souvenir de ceux qui n’ont pas eu la chance de pouvoir le faire à cause de la révolution culturelle :« J’en parle à ma fille quand elle n’a pas réussi ses examens, pour l’encourager à consacrer plus d’efforts à ses études. Je lui parle souvent de ma jeunesse : à cette époque-là, on était fier de ne pas faire d’études. J’ai perdu alors l’occasion d’apprendre. Par conséquent, aujourd’hui, mon travail est très dur [parce que je n’ai pas de diplôme] et en plus je risque de le perdre. » « Quand je trouve ma fille paresseuse, je lui explique que pendant la révolution culturelle, je lavais les 21 fenêtres chez moi, ça me prenait trois jours et les autres m’appréciaient beaucoup. »

这也是大家对文化大革命褒贬不一的原因。今天,文化大革命这份记忆对与年轻人来说也有很强的教育意义,让他们更加珍惜读书的机会:“我女儿考试成绩不理想的时候,为了激励她努力学习,我就会跟她谈起我小时候没有书读的日子。那时候,我们以不读书为荣。所以我就错失了读书的机会。因为没有文凭,我现在不得不很辛苦地工作,而且还朝不保夕。”“每次我女儿偷懒的时候,我就会跟她将文化大革命的时候,我一个人3天要擦21块窗户,别人都很喜欢我。”

La révolution culturelle a été le souvenir le plus marquant de la génération de 40 à 50 ans en 1997, de 55/70 ans aujourd’hui. C’est un événement aussi très clivant entre les personnes et les groupes. Ceci explique le rapport compliqué de cette génération avec la mémoire de ces événements. Certains ne veulent plus en parler. D’autres sont prêts à les évoquer, au moins d’une façon indirecte, à travers les « chants rouges » (hong2 ge1红歌). Ceci confirme bien que la mémoire ne relève pas que de l’individuel, mais qu’elle est encastrée dans le social comme l’avait déjà montré le sociologue Maurice Halbwachs dans Les cadres sociaux de la mémoire en 1925.

根据1997年的调查,40到50岁和55到70岁这两个阶段的人对文化大革命的映像尤为深刻。而个人和集体对于这段历史的回忆迥然不同。这也解释了这代人与这段历史事件的复杂关系。有些人再也不想提及,另一些人却整装待发,或者说用一种间接的方式来提及,比如说唱红歌。这也说明了这段历史并不仅仅是一种个人记忆,它已经融入社会记忆。正如人类学家Maurice Halbwachs 在他1925年《社会领域的记忆》提及的一般。

Les usages sociaux de la transmission des souvenirs

记忆传承的社会功用

 

Autrefois « A la campagne, le soir après le dîner, toute la famille s’asseyait dans la cour, on bavardait, on parlait de l’histoire familiale, souvent, les adultes racontaient les histoires des ancêtres. » Cependant aujourd’hui, en ville, tout le monde ne transmet pas la mémoire familiale.

以前,“晚饭过后,在农村,一家人就坐在院子里聊天。大家聊家族的故事,大人们经常会讲起先辈们的故事。”然而今天在城市里,家庭的故事并不是每家每户的话题。

Pour ceux qui cherchent à transmettre la généalogie familiale, les repas sont les moments privilégiés de cette transmission : « Je leur en parle lors du dîner familial. » Mais l’expression de la mémoire familiale se limite au cercle de la famille : «  avec les personnes n’appartenant pas à la famille, je ne parle pas du passé de ma famille. »

对于那些想要传承家族故事的人来说,最好的时刻就是吃饭的时候。“一家人吃饭的时候,我就会给他们讲这些故事。”但是家族故事只在家庭成员间留传:“对外人,我是不会讲家族过去发生的事情的。”

Cette transmission orale peut se faire par le père, le grand-père ou par la grand-mère. Elle se fait plus facilement quand les générations cohabitent quand elles n’habitent pas trop loin les unes des autres : « Nous vivons ensemble sous trois générations, une bonne entente règne. Lorsque les membres de la famille se réunissent, nous en parlons souvent. »

这种口头的传承工作可以由父亲来做,也可以由祖父祖母来做。而且,如果家庭成员住在一起或者是相隔不远的时候,这种传承会更容易进行。“我们一家三代人住在一起,一家人其乐融融。一家人聚齐的时候,大家经常会谈起家族的事情。”

Ce sont surtout les enfants qui sont ciblés. Parfois, parmi les enfants ce sont les garçons qui sont plus ciblés, ce qui pourrait s’expliquer par l’importance de la patrilinéarité de la famille chinoise : « Nous parlons moins à nos filles, mais nous parlons un peu à notre petit fils, par exemple, on dit que nous n’avions pas de jouets à ton âge, il ne faut pas demander trop. »

孩子通常都是核心话题。有时候,男孩子会更容易成为话题焦点。这可能也反映了传统中国社会重男轻女的思想:“我们一般很少和女孩子谈心,但是会和孙子聊一聊。比如我们会说,我们小时候可没有这么多玩具,不要太贪心。”

Les souvenirs évoqués ont en général trois objectifs, pousser à mieux travailler à l’école, inciter à ne pas trop dépenser et donner le sentiment d’une appartenance collective, d’une identité qui donne de la stabilité dans un monde aujourd’hui en pleine transformation.

跟他们讲这些故事有3个目的。第一个就是激励他们在学校好好学习,第二个就是教育他们不要乱花钱,还有一个就是教导他们要有集体观念,也就是希望他们在当今瞬息万变的社会中能找准自己的位置。

Inciter les enfants à mieux travailler à l’école est un des premiers objectifs de la transmission des souvenirs familiaux : « Oui souvent [je leur parle du passé] parce que je veux leur dire qu’il faut bien étudier, qu’ils ont une bonne occasion aujourd’hui de réussir leur vie parce que moi, par exemple je n’avais pas assez d’argent pour continuer mes études », « Je parle souvent de cette histoire  familiale quand je trouve mes enfants un peu paresseux pour les encourager à consacrer tous leurs efforts à leurs études, à progresser. Leur environnement est beaucoup plus facile que celui de mon père, ils doivent bien étudier », « je leur raconte pour les encourager à consacrer tous leurs efforts à leurs études, à progresser. Leur environnement est beaucoup plus facile que celui de mon père, ils doivent bien étudier. »

传承家庭记忆的首要目的就是激励孩子在学校努力读书:“对,我经常会和他们谈以前的故事,因为我想让他们知道今天能够读书的机会来之不易,应该好好珍惜。因为我小时候没有钱读书。”“当我发现我的孩子不努力学习的时候,我就会跟他们提起以前的故事,激励他们进步。他们今天的环境比我父亲那会要好得多,他们应该好好学习。”“我给他们讲这段历史,是想让他们全身心的学习,进步。他们的环境,比起我父亲那会儿要好很多,他们应该努力学习。”

Le second objectif éducatif est de tenter de limiter la consommation des enfants.  Ce thème est une source de tension entre générations :«  J’ai beau en parler à ma fille, elle ne veut pas m’écouter et elle ne peut pas comprendre. Par exemple, je lui ai parlé de la vie difficile où nous n’avions presque rien à manger, mais elle m’a répondu: « Pourquoi n’es-tu pas allé acheter quelque chose? » », « Autrefois, la vie était dure, on ne pouvait pas tout acheter donc je demande à mon fils de ne pas trop gaspiller. »

第二个教育意义是控制孩子的开销。这个也是引发两代人争议的一个话题:“我都跟我女儿白说了,她根本就不听我的,也根本没法理解我说的话。比如说,我跟她说我们当时穷到没有饭吃,她就会反问,那你为什么不去买呢?”“以前生活不容易,我们买不到什么东西,所以我跟我儿子说不要浪费。”

Le troisième objectif de la transmission du passé est de contribuer à la construction identitaire des enfants : « Mon fils ne connaît pas clairement la culture de son pays natal, où sont ses racines. », « je lui raconte les événements traditionnels en Chine, par exemple, la fête du 07 juillet qui fait référence à la légende de la tisserande et du bouvier qui  se rencontrent une fois par an pour le 7e jour de la 7e lune. », « Oui, c’est très important. Comment peut-on rester dans un pays sans apprendre l’histoire? Grâce à l’histoire, on sait comment le pays se développe. Mon père m’a habitué à la lecture de l’histoire et de la politique. »

对过去记忆的传承还有第三个目的,帮助孩子找到自己的身份建构:“我儿子对他家乡的文化不是很了解”“我会跟他中国传统节日,比如农历七夕,就是传说中牛郎织女一年相会一次的日子。”“是的,很重要。在一个国家生活,不了解它的文化怎么可以?正是因为对历史的了解,我们才会知道国家现在的发展形势。我父亲从小就培养我读历史和政治的习惯。”

Cette construction identitaire est d’autant plus importante que les parents et les grands-parents ont le sentiment de vivre de grands changements et que la société est en train de se transformer en profondeur : « Oui, avec ces histoires, je leur montre que la société change toujours, et que chaque époque a sa mode. », « Oui. Parce que c’est l’histoire, c’est la tradition. Pour une personne c’est important de ne pas oublier l’histoire ni la tradition. Bien sûr l’époque évolue, les individus progressent, mais tout ça est basé sur les acquis antérieurs. » « Oui, je pense que c’est important de raconter ces histoires familiales à mon enfant. Quand  il entrera dans la société, il ne se sentira plus isolé. Il saura que derrière lui, il y a un grand groupe familial, cela pourra lui donner la sensation d’être stable »

当父辈和祖父辈越深刻的感觉到处在社会的巨型变革期,这种深刻的构建就显得更为重要。“是,正因为有这样一段历史,我就会跟他们讲社会变化很快,每个时代都有它自己的行事规则”“是的。因为历史是一种传统。人是不能忘记历史和传统的。当然时代在变迁,个人也在变化,但是这种变化是建立在以前的基础上的。”“对,我觉得给孩子们讲家庭的历史是很重要的。这样当他们走进社会的时候,他们就不会觉得很孤单。他知道在他身后有一个庞大的家族,这会让他有一种安全感。”

Dans certains cas, ici celui d’une personne appartenant à la minorité Hakka, la tradition identitaire familiale est même plus fiable que celle qui est proposée par l’État : « Les livres historiques sont destinés au gouvernement qui a sélectionné les événements historiques. Alors ils ne sont pas complets. Les livres non officiels peuvent rectifier l’histoire. Ils ont un intérêt pour la langue, la culture et l’histoire du pays. Par exemple, avec l’arbre généalogique, on peut comprendre l’immigration et la mobilité des Hakkas. La science de la culture Hakka dépend surtout de l’arbre généalogique ».

在一些情况下,比如一位客家族的受访人表示,家族传统带来的身份构建比政府更可靠。“历史书是政府编写的,他们编写的时候不过是选取了几个历史事件。但是这种选择很不完善。民间的书籍倒是可以纠正一些历史。而且它们在语言,文化和国家历史上都有很大的意义。比如客家人的族谱上我们就能看到家族的流动性。客家的文化科学很大程度上都源自族谱。”

L’histoire familiale doit se transmettre de génération en génération, car elle correspond à la tradition confucéenne, « en raison de la conception [familiale] traditionnelle des Chinois. » Certains dépensent même beaucoup d’énergie pour mettre en contact leurs enfants avec leurs grands-parents grâce à l’émergence d’une « nouvelle technologie » en 1997, le téléphone :« Je l’emmène chez mes grands-parents, je lui demande de prendre davantage contact avec eux par téléphone. »

家族的历史理应代代相传,因为它是儒家文化的体现,“因为中国人传统的家族观念。”1997年,由于新科技的发展,电话开始普及,更多的人鼓励孩子们通过电话和他们的祖父母保持联系“我会把它们带到我的祖父母家里,也会叫他们经常打电话给我的祖父母。”

Des grands-parents chinois regrettent la perte de la traditionnelle éducation morale qui, pour eux, a disparuaujourd’hui : « Autrefois on considérait plus le développement psychologique ou mental des individus. On accordait une plus grande attention au développement psychologique et moral des enfants. (Alors qu’aujourd’hui, cette tradition est un peu perdue) »

祖父辈觉得传统的道德教育今天正在消失:“以前我们不关心孩子的心里发展状况,我们更重视的是孩子的道德发展。(然而今天看来,这种教育正慢慢消失。)”

Certains parents pensent cependant qu’il faut respecter le choix de leurs enfants et qu’ils sont libres de transmettre ou non la mémoire familiale : « Ça dépend d’eux-mêmes. Je leur raconte quand même, mais qu’ils le transmettent ou pas à leurs descendants, ça je ne m’en occupe pas. »

一些家长则认为应该尊重孩子的选择,所以他们在传承家族记忆的时候就更加开放:“这由他们自己决定。我也会跟他们讲,但是他们要不要更他们的后代讲,这就不是我操心的事情了。”

À l’inverse d’autres parents ou grands-parents ne cherchent pas à transmettre la mémoire et les traditions familiales. Ils trouvent cette transmission peu importante ou inutile. Pour eux, le passé est surtout le synonyme de pauvreté matérielle.  C’est inutile, aussi, par ce que l’enfant ne s’y intéresse pas : « Je ne l’obligerai pas à retenir les histoires de mes parents, et je ne lui parle même pas de  l’histoire de mes grands-parents. Elle ne s’y intéresse jamais. » Pour d’autres, rappeler le passé ne sert pas à grand-chose : « Ce n’est pas très important, car le passé, c’est le passé. L’enfant d’aujourd’hui est né sous le drapeau rouge (la nouvelle Chine et le socialisme) et il a grandi « dans de l’eau sucrée »», « Non, la société est en train de progresser, ce n’est pas la peine pour eux de revoir le passé. », « Ce n’est pas la peine [de rappeler le passé] parce que les personnes concernées sont soit mortes soit éloignées de chez nous. » Surtout : « Autrefois, c’était important, maintenant non. Parce que notre niveau de vie a augmenté. On a plus de connaissances, ça ne sert à rien. Certains trouvent ça important, pas moi. »

还有一些父母,祖父母认为家庭记忆的传承可有可无。他们觉得这种传承意义不大。对于他们而言,过去仅仅意味着物质的贫乏。没用的,因为孩子们对此不感兴趣:“我不会强迫他们记住我父母的故事,我甚至都不会跟他们提我祖父母的事情。她根本不会对这个感兴趣的。”对于另一些人来说,提及过去没什么意义:“这不太重要,因为过去的事情就过去的事情了。今天的孩子生在红旗下,长在蜜罐子里。”“不,社会在变革,回望过去对他们没什么意义。”“不需要提及过去,相关的人要不已经离世,要不离我们也很远了。”尤其是:“以前,这个很重要。但是现在,不重要了。因为我们的生活水平得到了提高。我们了解了很多知识,过去没什么好谈的。有的人觉得这很重要。我不这么认为。

La transmission de la mémoire familiale est un analyseur du rapport que les familles chinoises ont avec leur passé. Pour certains, le passé été bénéfique parce qu’il représentait une morale et une vie ascétique. Il s’oppose au présent, fait de dépenses inutiles et de consommation qui ne servent pas à l’éducation des enfants. Pour d’autres le passé est inutile. Il ne sert à rien par rapport au présent. Pour toutes les familles, la société est en plein changement et la mémoire familiale peut autant jouer un rôle positif qu’un rôle négatif.

是否选择对家庭记忆进行传承反映了中国家庭和他们前辈的关系。对于一些人而言,过去的历史是美好的回忆,因为它是道德的象征。它和现在过度消费的情况相反,更适于对孩子的教育。对于另一些人来说,过去是无意义的。和现在相比,它一文不值。对于所有的家庭而言,处于社会转型期的家庭记忆可谓是有好有坏。

La photo comme tracematérielle de la mémoire, comme signe de passage entre les cycles de vie et comme marqueur social

相片作为记忆的物证,生命轮回的印记,社会的标签

Ce changement s’observe tout particulièrement depuis 1995 à travers l’évolution de la culture matérielle et la croissance des objets du quotidien et des objets du souvenir à l’intérieur du logement. Il y a une quinzaine d’années, on n’observait que très peu d’objets transmis à l’intérieur de la famille et très peu de photos familiales étaient exposées dans le logement.

1995以来,随着物质财富的积累,家具慢慢增多,这种变化也越来越明显。十五年以前,人们在家里很少摆放家具,甚至照片也不多见。

Avec la croissance de la consommation, les livings, les cuisines, les salles de bains et les chambres pour enfants débordent d’objets, de meubles, d’électroménager, de nouvelles technologies numériques et de produits de soins du corps et de maquillage et de photos numériques.

与消费能力增长随之而来的是起居室,厨房,浴室和儿童房内家具的增多。电器,电子设备,护肤用品和数码相机与日俱增。

Pour certains, les moins riches, les premières photos datent des années 1980 : « Oui, [j’ai des photos] jusqu’à la génération de ma grand-mère. On a sa photo et celle de sa famille. A la campagne, on était pauvre, on n’avait pas assez d’argent pour prendre des photos. Après les années 80, on en a, mais pas avant. On avait seulement des photos d’identité pour les cartes officielles »,« J’aime garder les photos, j’ai une photo de mon grand-père que j’ai décollée de sa carte de sécurité», «  A cette époque-là, on prenait rarement des photos. On n’a pas d’appareil, il fallait aller au studio de photographie. » Cela est significatif de la pauvreté d’une grande partie de la Chine, et tout particulièrement de la Chine agricole, « mes parents ont beaucoup de frères et sœurs, une dizaine peut-être ; de l’autre côté, mes grands-parents ne sont pas riches. Nous n’avons rien qui est lié au passé familial chez moi. » C’est aussi significatif du rôle que la révolution culturelle a joué dans l’élimination des objets qui pouvaient rappeler la bourgeoisie :« Tous les objets de famille ont été pillés et volés pendant la révolution culturelle. »

对于一些生活不太宽裕的人来说,最初的相片是80年代初拍摄的。“对,我还有我祖母的相片。我们甚至还有他们全家的照片。那时还在村里,大家都很穷,也照不起相。到80年代以后,我们才开始照相。我们只有身份证上面的相片。”“对,我很喜欢收集相片。我现在还有一张我祖父的照片,是从他的安全证上扒下来的。”“在那个时期,我们很少照相。我们没有相机,照相要去照相馆。”这正是大部分中国人,尤其是农村地区贫穷的写照,“我父母有很多兄弟姐妹,12个左右;但是我祖父母又不是有钱人。我家过去基本就是一穷二白”当然这里也可以看到文化大革命所起的作用,所有和资产阶级沾边的家庭财产都被掠夺和侵占了。

Pour les vieux cadres issus de la révolution culturelle, l’important ne réside pas dans la transmission des objets de valeur, mais dans celle des valeurs qui fondent la morale :« Chez nous [il n’y a pas beaucoup d’objets de valeur]. Un peu de bijoux, mais pas beaucoup. C’est plutôt transmis par ma belle-mère. Les cadres vétérans de la révolution n’ont pas ça. Pour eux, il ne faut pas transmettre ce genre de choses. Ce qui mérite d’être transmis, selon eux, ce sont des valeurs et des expériences, mais pas des biens matériels. »

对于文化大革命中的老干部来说,重要的不是物质财产的传承,而是道德遗产的传承。“我们家没什么值钱的东西。一点首饰,但只是一点。是我婆婆给留下的。革命老军官家里连这些都没有。对于他们来说,根本不需要传承这种东西。在他们看来,真正有价值的事情是价值观和经历,而不是物质财富。”

Quand certains ont hérité de bijoux, ils les ont vendus pour soigner les membres de leur famille qui étaient malade ou pour financer les études de leurs enfants : « Ma mère m’avait laissé des bijoux en argent, après, ma fille allait faire ses études, et mon père était malade, je les ai vendus. »

那些继承了珠宝的家庭,多说都用来照顾生病的家庭成员或者是资助孩子读书:“我母亲给我留了这些银首饰。后来我女儿上学,我父亲生病我就把它们都卖了。”

Le développement des appareils de photo électroniques puis des téléphones mobiles et des Smartphones a permis le développement des photos en leur permettant de ne plus se limiter aux grandes occasions : «  Maintenant, j’ai un appareil photo. Je prends beaucoup de photos de mon mari, ma famille ou de paysages. » « Les photos les plus importantes chez nous, ce sont les photos de la réunion de tous les membres de la famille. C’est important surtout pour les vieux parents. Ils aiment beaucoup des photos de la réunion de famille. »

数码相机,移动电话和智能手机的发展有力的促进了相片的发展。照相不再是一种特殊场合下才会有的行为:“现在我有了相机。我会经常给我老公,孩子照相。也会拍一些风景。”“我们家最重要的照片就是全家福。对于老人来说,全家人意义深远。他们很喜欢全家福。”

Il est intéressant de se souvenir qu’à l’époque, comme dans les pays occidentaux avant la démocratisation de l’appareil de photo et du téléphone mobile, la prise des photos était liée à des occasions, des moments précis, ceux des événements majeurs du cycle de vie. L’ancienneté des photos peut être considérée bien souvent comme un signe de différenciation sociale, les plus pauvres ne pouvant pas se permettre d’avoir de photos avant les années 1980/1990 : « J’ai des photos de mes parents. On ne prenait des photos que quand on était âgé, parce qu’à la campagne, il n’y avait pas de photographe, il fallait aller en ville pour prendre des photos. » « j’ai beaucoup de photos, elles remontent à l’époque de mon grand-père. Il y a des photos de mon grand-père, de ses frères. Par contre ma grand-mère n’a pris des photos qu’à l’âge de 60 ans. Elle était une fille de propriétaire foncier, une servante l’accompagnait lors de son mariage. Mon grand-père est instituteur, il enseigne la langue classique chinoise au lycée. »

很有意思的是,相片在当时的作用很像是相机和移动电话还没有普及前的欧洲,照相通常和一些特殊的场合,时刻相联系,和生命中的重要时刻相联系。而拥有老照片又被视为一种身份和地位的象征,因为80年代前,穷人基本不可能有相片。“我有我父母的相片。人们只有在上了年纪的时候才会照相。因为当时的农村,没有照相人员,照相要到城里去。”“我有很多照片,有的是在我祖父母那辈拍的。有我祖父的,也有我祖父兄弟的。但是我祖母直到60岁的时候才有了自己的第一张相片。她是一位有钱人家的小姐,出嫁的时候还有一个陪嫁丫鬟。我祖父是一位老师,在高中教语文。”

De même quand ces photos sont associées à l’université, elles sont l’indicateur d’un niveau intellectuel élevé :« j’ai une photo de toute la famille, mes parents, mes frères et moi, prise dans les années 30 ; c’est un souvenir de la famille, tous mes frères la conservent bien. »

如果相片和文化程度相联的话,它们通常是高知的象征“我有一张30年代的全家福,我和父母兄弟一起。这是一份家庭会议。我们兄弟几个都很珍视它。”

Les photos scandent les moments du passage d’une étape de cycle de vie à une autre, l’armée, la fin des études, le mariage, le début du travail, la naissance d’un enfant, un anniversaire : « Nous avons des photos de mes parents avant leur mariage, dans les années 1950, peut-être. Nos [propres] photos représentent la fin de nos études, le mariage, la naissance de l’enfant. Nous prenons rarement des photos dans la vie quotidienne. » « La première photo chez moi remonte à la jeunesse de mes parents, elles ont été prises pendant leur premier semestre à l’université, pendant l’année 1960, en souvenir de l’université. » « [j’ai des] des photos de mes parents, pendant leur jeunesse. On les voit en uniforme, mais un uniforme très simple, c’était avant la libération, avant 1949. C’est des uniformes de soldat. »Cette photo était probablement légitime pendant la révolution culturelle et pas disparue.

相片记录了我们生命中不同的时刻:参军,毕业,结婚,入职,出生,生日:我有我父母结婚前的照片,应该是50年代的。我们自己的照片更多的是纪录我们毕业,结婚,生孩子的事情。我们平时很少照相。“我家最早的相片是我父母年轻时的照片,时他们大学第一个学期拍的。当时时1960年,纪录他们的大学时代。”我有我父母年轻时的照片。他们穿着制服,当然时很简单的制服,当时还是解放前,1949年以前。这是军装。“这张照片在文化大革命时期应该时合法的,所以保存到了现在。

« Les [photos] qui restent remontent à l’époque où mes parents étaient encore jeunes. En 1969, mon père a fait l’armée et ma mère a terminé ses études et commencé à travailler. » « La première photo chez moi remonte à la jeunesse de mes parents, elles ont été prises pendant leur premier semestre à l’université, en 1960. » « J’ai des photos de mon grand-père, de ma belle-mère et de ma mère, j’ai aussi des photos de mariage. »« La première photo de ma famille est celle de mon mariage. J’ai encore quelques photos de ma jeunesse, elles sont les témoins du temps et de mon passé. »

“那些(照片)是我们父母还小的时候拍的。1969年的时候,我爸爸参军,我妈妈毕业了,开始工作。”“我们家的第一张照片就是我父母年轻的时候,那是1960年,他们大一的第一个学期拍的。”“我有我祖父的照片,我岳母的照片还有我妈妈的照片,我还有一些结婚的照片。”“我们家第一张照片是我的结婚照。我还有一些年轻时候的照片,它们是对我的过去的一个证明。”

Au moment du mariage, et c’est encore vrai aujourd’hui, on peut faire 80 à 100 photos avec des costumes différents, l’album de mariage symbolisant le lien social que le mari et la femme. Aujourd’hui on a l’impression que c’est la mode américaine du mariage « ostentatoire » qui est la plus répandu dans la classe moyenne urbaine. À Harbin, en 2012, nous avons même trouvé un magasin de photos qui proposaient des costumes de gardes rouges pour illustrer les photos des futurs mariés.

就算是现在,结婚的时候,我们可以穿着不同的服饰,拍80-100张照片,结婚相册象征着夫妻的社会关系。现在似乎是美式“铺张的”结婚风格在城市的中产阶级最流行。2012年,在哈尔滨,我们甚至看见一家照相馆,推出了红衣警卫的服装给新婚夫妇拍照。

Certaines photos peuvent être prises à l’occasion d’un anniversaire. Cependant comme l’enquête l’a montré, pour une partie des familles chinoises, l’anniversaire individuel n’est pas très valorisé à l’inverse de l’anniversaire du père qui lui est très valorisé. Cette faible valorisation symbolise la faible importance accordée à l’individu par rapport au groupe familial. L’importance du collectif dans les années 1990 est aussi symbolisée par l’importance des photos, quand elles existent, qui sont prises pendant la fête du printemps, moment où toute la famille se retrouve : « [je ne prends pas très souvent des photos], sauf quand je rentre chez mes parents, mes sœurs et frères ainsi que moi, nous prenons des photos de souvenir. »

有些照片是在生日的时候拍的。不过正如我们的调查显示的,对于一部分中国家庭来说,对个人的生日不是很重视,但是对父亲的生日却很看重。这个区别说明中国人对家庭整体的重视程度要高于个人。1990年,集体的重要性还通过一些照片体现出来,那些照片一般都是在春节的时候拍的,全家人都会聚在一起:“(我不是经常拍照),除非我回到父母家里,还有我的兄弟姐妹们,我们一起拍照留念。”

Dans certaines familles, les photos sont rangées dans des albums qui sont plus ou moins consultés en fonction du temps et du rapport entretenu avec le passé comme nous l’avons vu ci-dessus : « J’ai des albums. Autrefois c’était classé par époque. Mais plus tellement aujourd’hui. Autrefois je regardais souvent, mais maintenant on n’a pas le temps. » « Je ne sais pas, je le garde dans mon bureau, je ne l’ai jamais feuilleté. C’est ma femme et mon fils qui montrent. Moi, non. »

有的家庭把照片按照时间顺序还有和过去的关系顺序放在照相簿里面,比如这个例子:“我有些照相簿。以前是按照时间放的。不过现在不这么放了。以前我经常翻看,不过现在没有时间。”“我不知道,我把它放在抽屉里,我很少翻看。一般是我太太和孩子看。我不看。”

Pour ceux qui s’intéressent aux photos elles représentent leur passé, leur jeunesse :« J’ai encore quelques photos de ma jeunesse, elles sont les témoins du temps et de mon passé » ; elles peuvent aussi représenter l’amour filial : « En les voyant sur ces photos, je les respecte et les aime encore plus. Mon père était élégant et passionnant. » Elles sont le lien aussi entre les grands-parents, histoire du passé et les petits-enfants. La troisième fonction des photos, c’est qu’elles permettent de connaître et de garder en mémoire la vie des grands-parents et les conditions de vie passée.

对于那些对照片有感兴趣的人来说,照片代表了他们的过去,他们的青春:“我还有一些我年轻时候的照片,他们是时间的证明还有我的过去的证明”;照片还可以代表子女对父母的爱:“看着这些照片,我更尊敬他们,更爱他们。我爸爸那时很优雅,又有激情。”照片还是连接祖父母,过去的故事和孙子们的桥梁。照片的第三个功能就在于它们让我们认识还有记住祖父母们的生活和过去的生活条件。

Les photos ne portent pas beaucoup sur la vie quotidienne ou des paysages sans personne, « Maintenant, j’ai un appareil photo et je prends beaucoup de photos de mon mari, de ma famille ou de paysages. » L’important c’est que l’on puisse voir les membres de la famille : « les Chinois aiment avoir des têtes avec le paysage. » Les photos présentent la vie de famille, les occasions de rassemblement de la famille. Elles sont le signe du passage, le signe du lien social et le signe de la différenciation sociale.

很少照片只是拍了生活场景或者是风景而没有人像在里头,“现在,我有了部相机,我拍了很多照片,如给我的丈夫拍,我们家,还有一些风景。”最重要的是要在照片里看到家庭成员:“中国人喜欢拍有人在的风景照。”照片重现了家庭生活,家庭聚会。它们是时间流逝的痕迹,是社会关系的表现,也是不同社会的标志。

Dans les années 1990, la transmission des objets familiaux est donc plutôt une pratique rare. Dans beaucoup de familles chinoises, les parents ou les grands-parents pensent qu’il faut surtout transmettre des traditions et des valeurs. Pour une partie des Chinois, quand des objets sont transmis à l’intérieur de la famille ils sont plus appréciés pour leur valeur matérielle que pour leur valeur de souvenir et d’identité familiale. Les occasions de transmission des objets correspondent le plus souvent aux étapes du cycle de vie et principalement le moment du mariage et celui de la mort.

在90年代,很少人会将物品传给后代。在许多中国家庭里,父母或者祖父母认为最值得传下去的是传统和价值。对于一部分中国人来说,在家里一代一代传下来的物品,他们更看重的是它的纪念价值还有其承载的家庭身份,而不是它本身的价值。传一件物品给下代的时机通常是与人生的某个重要阶段有关,一般来说是结婚或者是临终时。

Dans l’histoire familiale, on connait surtout les dates clés et les événements importants du cycle de vie des membres de la famille, l’histoire et la vie des ancêtres, l’origine et le transfert d’une famille en s’appuyant sur les objets d’un lien filial et les photos considérées comme souvenirs et témoins du passé, au moyen de la transmission orale ou d’un support écrit. Pourtant ce ne sont pas tous les gens qui accordent une même importance à la mémorisation des dates importantes et à la transmission de l’histoire familiale de génération en génération. On se réunit pendant la fête du printemps et lors de la célébration de l’anniversaire des parents. On pratique le culte des ancêtres d’une façon, mais le plus souvent au moment de la fête des Morts. Les parents en parlent particulièrement pour encourager leurs enfants à bien faire leurs études en profitant des occasions très propres.

在家庭的历史中,通过口述或者是一些文字的方式,我们从那些特殊的联系着不同代际的物品还有照片,就可以知道家人的关键的日期和人生重要环节的重要事件,祖先的故事和生活,家庭的起源和迁徙,这些照片被看作是过去的证明和纪念。不过,对于重要日期,还有一代代地传述家庭的历史这两件事,并不是所有的人都抱有同样的重视态度。人们会举行一件仪式来纪念祖先,经常是在清明节的时候。父母总会在这个时候好好地鼓励孩子们要好好学习,珍惜他们拥有的好机会。

Conclusion : Mode de vie et consommation en Chine au 21e siècle

结论:21世纪中国的生活与消费方式

15 ans après nos premières enquêtes, le constat général est que les Chinois des villes, ceux qui constituent une part importante de la classe moyenne consommatrice, se posent des problèmes assez proches des Français et des Européens d’aujourd’hui, mais aussi ceux des années 1950/1960, sans oublier l’influence américaine sur l’urbanisation, notamment avec les voies urbaines et les tours, le développement des grandes surfaces, avec les produits Disney pour les enfants, les parcs d’attractions ou les bowlings du nord au sud de la Chine.

在我们初次调查的15年之后,我们得到的大致结论是,城市里的中国人,作为中产消费阶层的一个重要部分,他们也面对着一些问题,这些问题与今天的欧洲人和法国人的问题很接近,也和50-60年代的人们一样,另外就是美国城市化的影响不可忽视,尤其是城市道路和高楼大厦,超市的发展,还有针对小朋友的迪士尼产品,从北到南的游乐园还有保龄球馆。

Les problèmes quotidiens de la classe moyenne supérieure ressemblent beaucoup à ceux des Français : comment acheter un logement à cout raisonnable alors que le prix du mètre carré en ville augmente depuis 10 ans, où habiter pour être proche d’une école de qualité pour son enfant unique, quel jeu éducatif acheter pour assurer son éveil, comment limiter la télévision pour que son enfant réussisse scolairement et puisse ensuite entrer dans une université prestigieuse pour réaliser une belle carrière, comment limiter les temps de transport entre le logement et le lieu de travail, comment organiser son temps entre le travail pour les femmes et les courses dans les nouveaux supermarchés où il faut arbitrer entre les produits modernes sous blister et souvent prêts à l’emploi et qui permettent de gagner du temps et les produits traditionnels en vrac demandés par la belle-mère qui garde l’enfant, sans compter l’achat éventuel d’une voiture et la découverte des produits cosmétiques occidentaux et sans oublier l’achat de la litière et des croquettes pour le chat ou le chien, pratiques qui étaient inconnues, puisqu’interdites, il y a dix ans.

中高级阶层的中国人的日常问题和法国人的问题很像:城市的房价十年来一直在涨,要如何买一套价格合理的房子,为了他们的独生孩子,这个房子还要离一间好学校近,这真是一个既要住的好,又要保证受教育质量的购买难题;如何限制孩子看电视的行为,好让他们的学习好,可以进入一间著名的大学,之后有个好的工作;如何在家里与上班地点的路上少花点时间;对于女人来说,如何在工作与购物之间管理时间?她们在新超市购物,需要在现代商品和传统商品之间作出选择,前者有吸塑包装,一般来说是为了节省时间,已经准备好的半成品,后者是零散包装,但却是带孩子的婆婆要求的,更不用说未来买车的可能,购买西方的美容护肤品,给宠物猫狗们买沙子和狗粮或猫粮,这些行为以前大家从未想过,因为十年前是被禁止的。

Bien sûr au-delà de la pratique bien connue des baguettes pour le repas, l’absence de four dans les cuisines, sauf pour les classes très aisées, ou de baignoires dans de nombreuses salles de bain, même si leur équipement n’a rien à envier aux salles de bain les plus modernes avec douche à jacuzzi, lavabo et toilettes occidentales, allemandes ou japonaises, il reste de nombreuses particularités chinoises qui peuvent peser aussi d’un poids important sur la consommation quotidienne des ménages.

当然,除了大家熟知的吃饭用的筷子,中国人的厨房里没有烤箱, 除非是非常富裕的家庭;大部分的浴室都没有浴缸,即使他们并不羡慕那些有最先进的按摩浴缸,西式的洗手盆和化妆台,德式的或者日本的浴室,但还是有许多中国特有的东西对居家日常消费具有很大影响。

Je pense notamment à l’enfant unique, dont la pratique peut être contournée si on n’est pas dans un système public et que l’on a assez d’argent, comme les commerçants et les entrepreneurs, pour assurer les frais de scolarité et de santé des enfants, ou que l’on vit à la campagne. Il faut aussi penser au vieillissement important de la population puisqu’à terme un enfant aura peut-être à faire vivre deux parents et quatre grands-parents.

我尤其会想到独生子,如果父母不是在公共系统里工作,但有足够的钱, 如商人,公司老板等,能够支付他们孩子的学费和医药费,或者是生活在乡村的话,日常消费有可能是围绕着他们的。还有就是越来越明显的人口老龄化,届时一个独生子可能需要赡养父母二人及祖父母四人。

Plus généralement, les pratiques d’épargne, et donc de consommation, sont influencées par le fait que les retraites ne sont pas assurées pour tous. De même la prise en charge de la maladie reste incertaine pour de nombreux Chinois. Ceci pousse donc une bonne partie des familles chinoises à épargner pour assurer leur propre sécurité sociale et donc à limiter la croissance de leur consommation. Dans toutes les sociétés urbaines modernes, par différence avec les sociétés rurales traditionnelles où c’est la famille élargie qui assure la « sécurité sociale »,  il existe un lien fort entre la propension à consommer et la confiance dans l’avenir, celle-ci portant sur la santé et la retraite. C’est un des sens implicites de la réforme du Heath care, le système de santé américain,  par Obama vis-à-vis des plus pauvres, qui est d’assurer leur capacité future à consommer. La croissance de la consommation en Chine est donc liée au développement de l’État providence et donc des charges sociales pour les entreprises, comme cela a été la voie suivie par la plupart des États d’Europe de l’Ouest depuis le 19e siècle.

总得来说,储蓄行为,还有消费行为,都受到一个事实的影响,那就是不是所有人都有退休保障。同时,对于很多中国人来说,医疗支出也没有得到保障。这使得许多中国家庭通过储蓄来为自己提供社会保障,并且克制他们的消费。在所有的现代城市社会里,相比传统的乡村社会而言,后者是通过大家庭来确保“社保”,前者存在着一种消费倾向与对未来的信心的紧密关系,而对未来的信心又是与健康及退休紧密相连的。这是“health care ”——美国健康系统,改革的一个隐含信息,奥巴马之所以推出这一改革,也是为了让穷人们对其未来的消费能力有信心。中国的消费水平增长是与国家的发展以及公司所承担的社会责任相关联,这也是从19世纪以来,西欧许多国家走过的路。

Il parait donc plus intéressant aujourd’hui de faire la part des similitudes et des particularités qui rendent compte de la dynamique de la Chine de demain plutôt que de rechercher une sorte de différence culturelle essentielle qui a tendance à surévaluer la Chine éternelle et immobile, même si une partie de ces analyses sont tout à fait pertinentes en fonction des périodes historiques et politiques chinoises.

所以,今天我们来考虑那些可以解释明天中国的活力的相似点和特殊点,会比寻找一种会让我们以为中国是永恒不变的文化差异更有趣,即使这些分析的一部分内容需要根据中国不同的政治历史时期长久进行下去。

L’anthropologie apprend à observer dans la vie quotidienne les signes d’évolution de la consommation (les poignées de porte hier, les salles de bain et les cuisines avec Leroy merlin乐华梅兰, les sacs de croquette et de litière pour chat et chien aujourd’hui), qui montre l’importance du marché des animaux domestiques après une longue période d’interdiction et que l’on peut attribuer à l’enfant unique ou à la montée du revenu des classes moyennes

人类学教会我们在日常生活中观察消费转变的标志(以前的门把手,现在的乐华美林品牌的浴室和厨房,给猫和狗装沙子和猫粮狗粮的袋子),如今的消费说明,在一段很长的禁令时间之后,家庭宠物市场开始重要起来, 而且表明了,人们可以为独生子女消费很多,当然也表明中产阶级收入提高了。

On peut observer l’importance des beaux parents paternels dans les achats domestiques comme le montre les enquêtes dans les familles chinoises ou l’organisation du Carrefour de Canton, avec le matin pour les grands-parents avec leurs petits enfants et la mise en place de produits traditionnels comme les poissons vivants en aquarium, la découpe des poissons en 6 morceaux et notamment de la tête, morceau de choix dans la culture cantonaise de la soupe, le riz en vrac, les légumes, les fruits, mais aussi la viande en grands-parents d’utilise leur expertise en mobilisant leur sens pour choisir les produits frais ce que ne permet plus les packagings qui se développent l’après-midi pour les jeunes couples qui travaillent et qui ont moins de temps pour la cuisine et qui se fit plus aux emballages. Cela conduit au développement des plats cuisinés et à la mise sous blister des têtes de saumon modernes.

我们可以观察到老人(年轻夫妇的父母)在家庭消费的重要性,正如在中国家庭做的调查还有广州家乐福超市的组织显示的那样。早上,祖父母们会带着孙子们,那些传统的商品,比如说放在鱼缸里的活鱼,把鱼切成六块,尤其要把鱼头切开,这是广东煲汤的一个汤料,散装的米,蔬菜,水果,还有肉。老人们会凭经验挑选出新鲜的产品,不需要包装,而午市,卖给要上班的年轻夫妇的产品则大部分是包装好的,不需要花很长时间准备就能烹饪的产品。这就导致了饭菜成品的发展和用塑料纸包装蛙鱼头。

On peut repérer les formes de la diversité en Chine entre les villes et les campagnes, entre les villes de l’Est de la Chine comme Guangzhou au Sud, avec Shenzhen et Hong Kong, celles du milieu avec Shanghai ou Hangzhou celle du Nord avec la capitale et Beijing, mais aussi Harbin ou Tianjin. On voit aussi une diversité ethnique et des réseaux sociaux comme ceux des Wenzhou ou des Chaozhou, celle des générations, celle des classes sociales et notamment des classes moyennes et des ouvriers, et celle des genres entre hommes et femmes notamment pour les soins du corps.

我们可以归纳出中国城市与乡村的多样形式,还有中国南部城市,如广州、深圳、香港,与中国东部城市,如上海、杭州,以及北部首都北京、哈尔滨、天津之间的区别。我们还可以看到不同地区的差异,如温州、潮州。还有代际之间的、社会阶层之间的,尤其是中产阶层与工人阶层,男人与女人之间,特别是对身体保养方面的不同。

L’histoire de la consommation occidentale associée à celle de l’urbanisation, de la production industrielle, de l’énergie et des infrastructures permet donc de décrypter assez bien l’évolution de la consommation en Chine et de ses similitudes avec l’Europe de l’ouest et les États-Unis. La Chine semble suivre une évolution proche de l’Europe depuis la mise en place de la grande consommation dans les années 1950 à 1980 associées à la croissance de la grande distribution avec Leclerc, Carrefour ou Leroy Merlin en France, les grands Malls ou Wal-Mart aux USA ou encore Tesco en Grande-Bretagne, en passant par les mouvements sociaux qui ont été associés au développement de la production des biens de consommation, comme les grèves dans le sud de la Chine en 2010 semblent s’en faire l’écho, jusqu’à la prise en compte des risques sanitaires pour les produits frelatés comme le lait qui en 2008 a rendu malade près de 1200 bébés et la croissance des investissements dans les énergies renouvelables, la Chine ayant semble-t-il dépassé les USA en 2010 dans ce domaine. A Guangzhou, au sud de la Chine, 90% des taxis et des transports publics seraient équipés d’énergie LPG (propane et butane) en 2010. Entre 1995 et 2010, la Chine a parcouru tout le cycle de l’entrée dans la grande consommation jusqu’à la prise en compte des économies d’énergie, quelles que soient les difficultés concrètes de mise en place d’une politique de développement durable, ce qui est vrai pour tout le monde.

西方的消费历史与城市化历史、工业生产历史、能源以及基础设施相联。西方的消费历史可以让我们解读中国的消费演变以及它和西欧还有美国的相似点。似乎中国走的也是像欧洲从1950-1980年间的路,也就是开始大量消费,那个时候,法国开了许多大卖场,如leclerc, 家乐福,乐华美林,美国是大超市还有沃尔玛,英国是乐购,与此同时还有一些与消费品生产发展有关的社会运动,比如2010年华南的大罢工就引起了回响,甚至食品掺假所引发的食品安全健康问题,如2008年造成约1200位婴儿生病的奶制品事件,还有增加对可再生能源的投资,中国在2010年似乎在这件事情上超过了美国。 2010年,据说广州90%的出租车和所有公共交通运输都配备了LPG能源(丙烷和丁烷),从1995于2000年间,中国经历了进入大消费时代的所有环节,包括了开始考虑节约能源这一问题,无论在实施可持续发展政策的过程中会遇到什么实际困难,但这对于所有人来说都是事实。

Le marché de la voiture de luxe, réservé à un nombre restreint d’acheteurs, s’élargit à un marché populaire avec la Ford T aux USA, puis après la seconde guerre mondiale avec la 4CV et la 2CV en France et la Volkswagen en Allemagne. En Chine même si le marché de l’automobile est en pleine expansion il n’est pas encore au stade du marché populaire, comme on peut le voir en Inde avec la Nano du groupe Tata à 1700€, une véritable voiture du peuple.

尽管购买者的数量有限,但是高档车市场还是扩大成了大众市场,在美国是由于福特的T型号车,二战后法国市场靠的是4CV和2CV,德国是大众。尽管中国的汽车市场正在全面扩张,但是还没有达到大众市场的阶段,比如说在印度我们可以看到塔塔汽车只卖到1700欧,这真的是一款国民车型。

Comme nous l’avions indiqué sous forme d’hypothèse en 1998,  une des lectures de la consommation chinoise aujourd’hui consiste à comparer, toutes choses n’étant pas égales par ailleurs et au moins de façon analogique, la Chine aujourd’hui avec les États-Unis des années 1920 et la France et l’Europe des années 1950/1960. C’est le passage de l’Europe de l’Ouest à la grande consommation, c’est le moment de la construction des équipements énergétiques, de logement et de mobilité de base ainsi que celui de la mise en place de la grande distribution. La Chine est engagée sur la même voie depuis 1995/1997. Elle a peut-être atteint un nouveau palier en 2014. Mon hypothèse est que la croissance chinoise suit un chemin qui n’est pas très différent en termes de culture matérielle, de mode de vie, d’urbanisation, de progression de la classe moyenne et de demandes de services que l’État doit fournir, école, santé, transport et retraite qui n’est pas très loin des demandes que l’on peut retrouver au Brésil, en Inde, en Turquie, en Indonésie, en Israël, etc., et donc que la Chine sera soumise aux mêmes tensions et aux mêmes progrès dans les années à venir que les pays occidentaux qui se sont engagés les premiers au XVIIIe siècle dans la révolution industrielle, énergétique et urbaine. C’est la classe moyenne mondiale qui devient aujourd’hui le moteur de l’histoire et la clef des transformations de la géopolitique internationale.

我们在1998年就提出了这一个猜想,对于今天中国消费的解读之一包括了将今日的中国与1920年的美国和1950-1960年的西欧、法国进行对比,尽管所有的东西不会是完全一样,但却是相似的。那时是西欧进入大消费的时期,是建设能源设备、基本的住房和交通(如汽车、火车、公交等)时期,还是大卖场出现的时期。中国从1995-1997年开始走上了这条道路。有可能在2014年的时候会上到一个新台阶。 我猜想,中国的增长之路和以下几点不会与刚才提到的那些国家有太大的不同:如物质文化方面、生活方式方面、城市化方面、中产阶层增加方面,对国家应提供的服务的要求方面,而在学校教育、健康、交通和退休这几方面,不会和巴西、印度、土耳其、印尼、以色列等国家人民的需求有很大不同,所以在未来的几年里,中国会和处于18世纪的西欧一些国家在工业革命、能源革命和城市化时一样,既取得很大的进步也同时面临很大的压力。今天,中产阶层才是历史的推动者,他们也是世界地理政治变革的领导者。

 

2014 10 D. Desjeux, « Post face », in Regards croisés sur la consommation – Tome 1, Editions EMS, coll. management et société, pp. 239-249

2014 12 COUV LIVRE REGARDS CROISES SUR LA CONSOMMATION TOME 1
 Regards croisés sur la consommation – Tome 1, éditions EMS, Caen
Du fait social à la question du sujet

Les grands auteurs présentés : Durheim, Mauss, Lévy-Bruhl, Tarde, Sartre, Merleau-Ponty, Lefebvre, de Certeau, Moles.
De quoi nous parle la consommation, de quoi la consommation est-elle le cœur ?
Coordonné par Eric REMY et Philippe ROBERT-DEMONTROND, cet ouvrage comprend les contributions de Eric ARNOULD, Frédéric BASSO, Julien BOUILLE, Baptiste CLERET, Véronique COVA, Dominique DESJEUX, Richard LADWEIN et Pascal ROLLAND.

Desjeux D., 2014, Post face, in Regards croisés sur la consommation – Tome 1, Editions EMS, management et société, Eric REMY et Philippe ROBERT-DEMONTROND (éds.), pp. 239-249

Partir de la définition du potlatch donnée par Marcel Mauss en 1923 et qui explique qu’en chinook, et qui d’après wikipedia, est une sorte de pidgin indien du Nord-Ouest américain, potlatch  « veut dire essentiellement ‘nourrir’, ‘consommer’ » (1923, 1968 p.152), traduit souvent en anglais par « gift-giving feast », la fête du cadeau ou du don, permet de suggérer que toute société est fondée sur l’échange et que l’échange d’objets est à la base de la consommation et du lien social comme le rappelaient Marie Douglas et Baron Isherwood dans The World of Goods en 1979. Il n’y a donc pas de société sans consommation, comme il n’y a pas de société sans production et sans travail, et au-delà sans gaspillage, pour évoquer Georges Bataille.

Le potlatch est une « forme archaïque » (p. 148) de contrats entre des groupes, et non pas des individus, qui échangent des biens matériels, du lien social, des signes et des rituels symboliques sous formes de «  prestations et de contre prestations » qui sont obligatoires sous peine de produire des tensions et des guerres publiques ou privées (p. 151). Ces prestations sont « essentiellement usuraires et somptuaires et l’on assiste avant tout à une lutte des nobles pour assurer entre eux une hiérarchie dont ultérieurement profite leur clan.[Ce sont des] prestations totales de type agonistique » (p. 153). Faire société c’est donc faire du collectif dans lequel les individus et les acteurs collectifs trouvent leur place et leur marge de manœuvre. Le contrat, les hiérarchies sociales et les tensions participent de cette construction du collectif.

Marcel Mauss, présenté par Éric Rémy, pose donc des questions qui sont encore importantes aujourd’hui. Il pose celle de l’obligation sociale comme contrainte sociétale que l’on peut transposer au marketing pour l’interpréter comme dispositif de production de normes sociales, et donc de cadrage, comme l’a montré Frank Cochoy dans son livre Une sociologie du packaging, en 2002. Il pose aussi la question de la consommation comme lieu d’échanges et de rapport agonistique entre les acteurs de l’espace domestique notamment, mais aussi comme résistance morale ou politique au cadrage du marketing comme le montrent Dominique Roux (2009), Sophie Dubuisson-Quellier (2009), Bernard Cova (2010), Marie Emmanuelle Chesselle, Franck Cochoy (2004). Surtout Marcel Mauss pose la question des objets comme acteurs : « quelle force y a-t-il dans la chose qu’on donne qui fait que le donataire la rend ? » (p. 148), qui fait écho aux acteurs non humains de Bruno Latour et Michel Callon.

Les hiérarchies sociales, les relations de pouvoir, les dispositifs de contraintes normatives, les dons et les contre dons et la force de l’efficacité symbolique sont présents dès les premières sociétés humaines. Dans les sociétés agraires et de chasseurs-cueilleurs, la circulation des objets résulte de la production de biens matériels produits par des pêcheurs et des agriculteurs, si on reprend l’exemple des trobriandais et de la kula décrits par Malinowski à Londres dans Les Argonautes du Pacifique en 1922, et analysée par Marcel Mauss en 1923 (pp. 175 et sq.). Ces objets vont ensuite être mis en circulation et permettre ainsi l’échange entre groupes sociaux. L’échange conditionne à son tour leur consommation, voire leur « consumation » pour reprendre le beau terme de Georges Bataille pour décrire l’élimination du surplus de bien ou de richesse dans les sociétés aztèques, ce qu’il désigne comme La part maudite (1949, 1980, p.76 et 83 et sq.). La « consumation » de Bataille peut-être rapprochée du concept de « destruction créatrice » développée par Schumpeter dans ses analyses sur l’innovation au sens que la mort et le gaspillage font partie de la vie.

Ces objets suivent une double circulation, celle des objets ordinaires et du quotidien à travers des marchés économiques non monétaires et celle des objets cérémoniels à travers des dons et des contre dons agonistiques entre chefs. C’est ce que Maurice Godelier reprendra sous une forme savante dans son livre L’énigme du don en 1996 dans lequel il montre, en s’appuyant sur les travaux d’Annette Weiner, que je n’ai pas lu, sur « Les possessions inaliénables » (1996, p.49), qu’une partie des objets du don ne sont pas remis en circulation. Il rappelle aussi que « dans le potlatch on donne pour ‘écraser’ l’autre par son don » (1996, p. 79).

J’ai moi-même constaté au Congo, dans les années 1970, qu’une partie des produits et des revenus monétaires liés à la terre chez les Basundi circulaient pour les besoins quotidiens mais que d’autres circulaient principalement dans la sphère de la dote et des échanges entre lignages, c’est-à-dire dans la sphère cérémonielle. Les revenus qui rentraient dans la caisse du lignage et qui étaient gérés par le chef de lignage étaient tenus secrets, le secret lui permettant de garder ses marges de manœuvre dans la gestion de la circulation des objets et des revenus monétaires. Ceci explique pourquoi certains des objets comme la houe ou la moutête, un panier tressé, pouvaient repartir dans la sphère du quotidien et des travaux des champs,  que d’autres ne circulaient qu’au moment des mariages et que certains revenus servaient de sécurité sociale en cas de maladie (D. Desjeux, 1987, p. 189).

Les échanges matériels et sociaux sont eux-mêmes encastrés dans une dimension symbolique qui renvoie à un « pouvoir magique, le mana, proche de la φύσiς en grec », la substance des choses, d’après le dictionnaire Bailly, ou « une sorte d’intelligence inconsciente des choses » comme l’écrit Marcel Mauss (1902-1903, 1968 p. 110). On n’est pas loin du Qì (气), l’énergie vitale, le « souffle-énergie », de la culture chinoise qui s’applique autant au psychique qu’à la matière, aux objets (C. Javary, 2008).

Marcel Mauss nous fait directement entrer au cœur des débats qui traversent l’ensemble des chapitres de ce livre. En termes de méthode il serait sans doute proche d’Edgar Morin, présenté par XXX, qui développe depuis les années 1960 une réflexion sur l’approche en termes de systèmes et de complexité qui rappelle son approche en termes de « fait social total ». Dans les années 1970, un autre auteur, aujourd’hui disparu, Yves Barel publie en 1973, La reproduction sociale, systèmes vivants, invariance et changement qui essaye de montrer, au cœur de la bataille structuraliste, marxisme et postmodernisme en train d’émerger, les liens possibles entre le stable et le dynamique,

Comme les premiers anthropologues des années 1920, Edgar Morin propose une approche pluridisciplinaire. Le manuel élémentaire de sociologie (1ère édition 1925, édition de 1930), de René Hubert (1885-1954), un collègue de Marcel Mauss, traite autant de l’économique, que du sociologique, que de l’historique, que du droit que des sociétés primitives ou que de la sociologie politique. Pour mémoire, le père W. Schmidt les avait traités « d’auteurs juifs » comme le rappelle André Haudricourt dans ses souvenirs personnels publiés dans le numéro spécial de la revue de  l’ARC consacré à Marcel Mauss 1972 (p. 89), ce qui permet de rappeler que les rapports agonistiques ne sont pas propres aux sociétés archaïques d’hier, ni au monde académique d’aujourd’hui.

Marcel Mauss, qui parle de « sociétés archaïques » et de « pouvoir magique », s’est opposé à Lucien Lévy-Bruhl qui lui parle de « mentalité prélogique » et de « mentalité primitive », non pas au sens d’inférieur mais de première dans le temps, et surtout de différentes par rapport à la culture de l’anthropologue. C’est donc la question de l’altérité qui est posée par Lévy Bruhl, c’est-à-dire la question paradoxale du même et de l’autre, de l’un et du multiple. Comment à la fois reconnaître la commune appartenance aux hommes de toutes les sociétés et ce qui fait de chaque société, ou de chaque individu, en fonction de l’échelle d’observation, son irréductible unicité.

À travers l’altérité c’est aussi la question de la permanence et de la discontinuité qui est posée et tout particulièrement celle de la pensée magique, celle de son symétrique inversée la permanence de l’individu, ce qui est indivisible, et de la personne dans les sociétés dites collectives, – comme le discute Roger Bastide en 1981 dans son intervention sur « Le principe d’individuation » au colloque sur La notion de personne en Afrique Noire (1981) -, ou encore celle de la permanence d’une pensée scientifique ou d’une pensée réflexive depuis les sociétés anciennes jusqu’aux sociétés contemporaines.

Sans pouvoir répondre sur le fond, il est juste possible de dire d’un point de vue anthropologique que la plupart des sociétés possèdent des caractéristiques communes notamment au niveau de la diversité des grands mécanismes humains comme les relations de pouvoir, la place de l’identité dans la construction des individus et des groupes et l’importance accordée aux croyances, à l’imaginaire et au sens.

Ce qui varie, et c’est là qu’il y a diversité, c’est la forme sociale que prennent ces mécanismes en fonction des sociétés et des époques. Ce qui varie aussi ce sont les schémas qui conditionnent la perception et la construction de ces formes, c’est-à-dire les catégories a priori de l’entendement de la « raison pure » d’Emmanuel Kant, même si d’un point de vue anthropologique ces catégories ne sont pas universelles. On retrouve la question des invariants traités en sémiologie par Algirdas Julien Greimas et Jean-Marie Floch notamment, et présenté par XXX , et par la méthode structurale, au sens le plus large donné par Edgar Morin, et non pas au sens plus étroit de structuralisme.

Pour Mauss et Levy-Bruhl ces schémas a priori relèvent du collectif et donc de la vie sociale. Il ne faut pas oublier que les premiers anthropologues du XXe siècle étaient très liés à Emile Durkheim (1858-1917) dont Marcel Mauss était le neveu. Ils ont donc d’abord cherché à s’émanciper de la philosophie et de la psychologie individuelle, comme celui-ci a cherché à traiter du suicide en dehors de toute focale centrée sur le sujet et sur sa souffrance afin de mieux faire ressortir les dimensions sociales du phénomène.

Cette émancipation du collectif par rapport à l’individuel est à l’origine de la question méthodologique des échelles d’observation qui montre que le choix d’une explication par l’individu, que ce soit par son intention, son désir, son inconscient, son sens ou sa cognition, par les interactions sociales ou par la société relève d’un découpage empirique et pragmatique (D. Desjeux, 2004).

Tout ce que l’on peut dire d’un point de vue empirique, c’est que le découpage macro social, comme celui qui est fait par Pierre Bourdieu, a tendance à plutôt mettre en valeur une causalité « déterministe », alors qu’un découpage plus micro individuel à plutôt tendance à mettre en valeur une causalité liée au sens et à la liberté, même si ceci n’est pas mécanique. La nature de la causalité mobilisée en termes de sens, de corrélation ou d’effet de situation et de contrainte, comme dans les approches stratégiques interactionnistes, sont directement liées au découpage produit par la focale d’observation.

Ce qui varie aussi c’est le pouvoir d’imposition économique et militaire que possède ou non une société et donc une culture par rapport aux autres. Bien souvent il y a confusion entre la capacité à dominer et la supériorité culturelle. Cette confusion explique le débat autour de la mentalité prélogique de Lucien Lévy-Bruhl qui est directement le produit de la situation coloniale dont la justification, et non pas l’explication qui elle relève d’objectifs économiques assez classiques, se fonde sur l’infériorité des sociétés à coloniser. Parler de société inférieure justifie aux yeux du colonisateur la conquête militaire, comme j’ai pu le constater en 1975 pour la conquête de Madagascar débattue au parlement français entre 1880 et 1885 (D. Desjeux, 1975).

Je ne suis pas sûr de l’importance de ce débat entre Mauss et Lévy Bruhl aujourd’hui car, vu de loin, avec le temps, les différences paraissent mineures entre les deux auteurs. Par contre je pense qu’il introduit bien le débat sur la question de la rationalité scientifique et de sa continuité ou non avec la « mentalité mystique » (R. Hubert, 1920, p. 80) et par là celui sur la pertinence de distinguer ou non les sociétés archaïques, des sociétés modernes, des sociétés postmodernes et des sociétés hypermodernes, voire de la seconde modernité…

Les différents chapitres du livre montrent grâces à la présentation d’une dizaine d’auteurs philosophes, sociologues, anthropologues, psychologues, sémiologues, à la fois l’importance de la phénoménologie qui insiste sur l’importance du sens et du sujet, et du courant postmoderne qui remet en cause le pouvoir de la rationalité scientifique au profit d’une place plus importante donnée à l’émotion, à la vie quotidienne et à la relativité des connaissances objectives et scientifiques.

En ce sens « le » postmodernisme, – l’article défini « le » n’étant utilisé ici que par commodité vu la diversité des courants à l’intérieur même de cette grande catégorie un peu fourretout -, accepte plus facilement la différence, la reconnaissance des logiques qui paraissent irrationnelles d’un point de vue technique, scientifique ou économique, et rejoint par sa dimension émotionnelle et son rapport aux objets la mentalité prélogique des sociétés archaïques.

Bruno Latour, en 1991, semble plaider en faveur de cette continuité qui remet en cause la capacité des sociétés à faire science de façon moderne et donc en rupture avec les sociétés traditionnelles. C’est une controverse qui est particulièrement forte dans le champ de la sociologie des sciences, autour de Raymond Boudon (1934-2013) d’un côté et de Bruno Latour de l’autre. Elle parait moins forte dans le champ de la consommation qui semble accepter de fait la coexistence d’approches en termes de rationalité et d’imaginaire, de sens et d’utilité, d’individuel et de collectif, mais pour combien de temps ?

Aujourd’hui, au cœur de la crise mondiale, cette question fait écho à celle posée par Philippe Descola quand ils réinterrogent dans Le Monde du 3 décembre 2013,  le partage entre nature et culture, c’est-à-dire entre sociétés « pré capitalistes » et sociétés « capitalistes ». Ce partage est aussi discuté par Paul Jorion, en 2009, dans son livre comment La vérité et la réalité furent inventées, publié chez Gallimard. Il est aussi discuté en 2013 par Gérald Bronner dans son livre La démocratie des crédules (PUF) mais en faveur d’un partage favorable à la science et à la rationalité. Partage ou continuité entre animisme et science, voilà la question, pour paraphraser Hamlet.

La plupart des chapitres du livre traitent des trois grandes ambivalences qui traversent de nombreux débats intellectuels depuis un siècle, celle qui touche à la rationalité, celle qui touche à la place des objets et celles qui touchent au pouvoir. Certains auteurs, comme Bernard Cova, traitent du tournant « postmoderne » avec la déconstruction de Jacques Derrida (1930-2004), la critique de l’objectivité avec Jean-François Lyotard (1924-1998) et la place de l’émotion avec Michel Maffesoli. D’autres chapitres montrent la place des objets comme acteurs avec Bruno Latour et Michel Callon ou comme sujet de l’action des hommes comme avec Abraham Moles (1920-1992).

Comme le rappelle Richard Ladwein, Abraham Moles dès les années 1970, à partir d’un point de vue cognitif et psychologique, parle des étapes du cycle de vie des objets, – ce qui semble proche du livre The Social life of Things de Arjun Appadurai publié en 1998 -, des contraintes de l’espace, de l’esthétisation des objets, qui fait écho au livre de Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, L’esthétisation du monde publié en 2013. D’autres auteurs comme Dominique Roux traitent des relations de pouvoir avec Michel Foucault, des effets de domination avec Henri Lefebvre, les dispositifs de contrôle avec Gilles Deleuze, des tactiques de résistance des acteurs avec Michel de Certeau.

La question de la rationalité est portée par trois mouvements. Le premier mouvement à ceci science et rationalité et donc propose une rupture plutôt radicale entre les logiques primitives et la science moderne. Le deuxième mouvement, souvent influencé par l’anthropologie, tend à « revaloriser » la place du rationnel dans les sociétés primitives, dans les classes dominées, chez les enfants ou les minorités de genre ou de culture. Sophie Alami, par exemple, dans sa recherche sur la place du jeu dans les pratiques de loisirs des enfants (2012), montre comment les enfants peuvent être considérés comme des acteurs rationnels par rapport aux tentatives de cadrage de leurs parents, même s’ils ne sont pas encore adultes d’un point de vue psychologique ni responsable d’un point de vue juridique. Le troisième mouvement tente de « relativiser » la rationalité de la modernité. Il correspond en très gros au courant postmoderne traité dans le livre et probablement pour une part, de façon inattendue, aux théories de l’acteur réseau.

On peut faire remonter ce troisième courant à Nietzsche au XIXe siècle, et même, plus généralement, à toutes les phases « romantiques », politiques ou esthétiques, qui, de génération en génération, secouent les pouvoirs en place dans les sociétés d’Europe de l’Ouest tous les 20, 30 ou 40 ans depuis probablement le quattrocento et peut-être avant. Les phases romantiques sont des moments de déconstruction des normes établies, qu’elles soient sociales, politique, religieuses, scientifiques ou esthétiques. Je pense notamment au romantisme autour des années 1830, au symbolisme des années 1860, au surréalisme des années 1920 et au postmodernisme des années 1970. Bien souvent ces mouvements s’opposent au réalisme et au naturalisme, ou au positivisme, même si ce n’est pas aussi simple.

Au XXe siècle ce sont les architectes en révolte contre le « rationalisme » de Le Corbusier, comme le rappelle Christian Ruby dans son livre Le champ de bataille post-moderne/neo-modernes (1990), qui ont lancé ce courant accompagné au même moment par Jean-François Lyottard en philosophie puis Michel Maffesoli en sociologie. Au XXe siècle il correspond au développement de la société de consommation associée à un courant hédoniste.

Cependant, le développement de pratiques et d’usage individualisés conduit à produire, de mon point de vue anthropologique, une « illusion individualiste » qui tend à gommer les effets de société. Dans les sociétés contemporaines, la valeur déclarée de l’individu est forte. Cependant, en pratique, les sociétés sont toujours organisées avec des institutions, des stratifications sociales, des normes sociales, et donc des effets de domination ou d’imposition, et des relations de pouvoir, et donc des jeux d’acteurs, qui limitent fortement le jeu individuel,  libre et intentionnelle, qui lui est valorisé en déclaratif par le marketing publicitaire notamment.

Cependant il paraît intéressant de distinguer la domination qui est observable à l’échelle macro sociale, et qui laisse peu de marge de manœuvre à l’individu et aux acteurs collectifs, sinon celle de résister, sans marge de négociation ou de coopération, des relations de pouvoir qui montrent que les acteurs sont en interaction, qu’ils sont sous contrainte de la situation mais qu’ils ont des marges de manœuvre pour jouer, comme cela peut s’observer à l’échelle méso-sociale, celle du marché, des organisations et de la politique, – comme l’ont montré Michel Crozier et Erard Frieberg dans les années 1960 pour les organisations -, et à l’échelle micro sociale celle de l’espace domestique.

Ces débats permettent de montrer que la société est probablement plus contradictoire, plus ambivalente, – comme le suggère l’idée du lien inséparable entre le yin et le yang (阴阳) dans la culture chinoise -, que ne laisse paraître la logique formelle, aristotélicienne basée sur le principe de non-contradiction.  La logique formelle masque les logiques sociales qui paraissent irrationnelles d’un point de vue technique, scientifique, économique.

Les enquêtes anthropologiques en général, et celle que j’ai menée et à Madagascar et au Congo entre 1971 et 1979 en particulier, montrent que les sociétés agraires traditionnelles relèvent de logiques sociales tout aussi « rationnelles » que les logiques techniques ou économiques et que les sociétés urbaines et capitalistes possèdent une quantité non négligeable d’explication du quotidien par la « causalité mystique » comme on l’a vu en 2012, avec l’augmentations du nombre de joueurs de loto de la Française Des Jeux du fait du nombre exceptionnel de vendredi 13 cette année-là, pour prendre un exemple ludique.

Dans le domaine de la consommation, il existe un très bon exemple de « causalité mystique » celui de la publicité. De nombreux auteurs ont déjà montré la dimension sacrée de la publicité et donc le pouvoir de son efficacité symbolique (Dell deChant, 2002, Olivier Badot, Max Poulain, 2012). Cependant, ce qui n’est pas toujours visible, c’est que cette efficacité symbolique, la « causalité mystique », renvoie à une double logique à la fois « catholique » et « animiste » que l’on retrouve dans la sorcellerie au Congo ou chez les Vodun au Bénin (D. Desjeux, 1987, pp. 193-220 sur la sorcellerie au Congo ; cf. sur les Vodun au Bénin, C et B Desjeux, 2014)

La logique « publicitaire animiste » consiste à incorporer dans le bien consommation une énergie, une « promesse », une force qui va aider, dans l’imaginaire, le consommateur à rester jeune, à gagner du statut ou à se faire des amis, etc. La logique « catholique » est plus subtile. Elle renvoie de façon immanente, – et donc sans se prononcer sur la réalité de la transcendance divine et de la foi -, au rituel de la consécration dans la messe catholique. Au point de départ il y a un morceau de pain ordinaire, l’hostie, qui grâce à l’action du prêtre va se transformer en une personne, en une divinité, qui sera ensuite partagée pour être mangée. Elle pourra ainsi transmettre à chaque croyant la force de la divinité. C’est la transsubstantiation, le changement de substance décrit par Aristote et repris par Thomas d’Aquin au Moyen Âge.

Le processus publicitaire transforme le bien de « consommation animé » en une « personne morale » grâce au design et à la marque à laquelle le consommateur est censée s’identifié et être « fidèle ». Il faut que la marque soit « intègre », qu’elle soit « authentique », « cohérente », « fidèle à ses valeurs ». Dans le monde publicitaire on ne parle plus de l’entreprise cliente mais de « la marque ». La marque est l’objet acteurs de la consommation dont l’efficacité est d’ordre symbolique, c’est « la ‘chose agissante’ qui organise le lien entre les biens et leurs consommateurs » pour reprendre Franck Cochoy dans ce livre. La marque exprime la permanence d’un mécanisme anthropologique très ancien, l’anthropomorphisation.

Cette analyse, contrairement aux apparences, n’est pas critique par rapport à la publicité, ni par rapport au catholicisme, ni par rapport à l’animisme. Elle n’est là que pour rappeler la permanence des mécanismes anthropologiques, celui de la « causalité mystique » traitée par Lévy Bruhl, ou celui des objets non humains développés par Bruno Latour et Michel Callon ou plus généralement celui de l’enchantement du monde préconisé par Michel Maffesoli (2007). Comme le rappelle Franck Cochoy à propos de Michel Callon : « les entités humaines et non humaines prennent leur part dans toute action, et doivent donc être traité de façon symétrique », ce qui semble bien renouer avec la causalité mystique de l’animisme dans laquelle les objets sont des acteurs qui possèdent une puissance. Ce qui varie c’est la mise en scène sociale de ces objets en fonction des époques et des cultures.

La publicité et la marque comme objet agissant représentent les formes modernes d’un mécanisme anthropologique ancien dans lequel les objets font partie de la société des hommes. En ce sens quand Bruno Latour écrit que « nous n’avons jamais été modernes, cela peut signifier nous avons toujours été animiste et donc en un sens que nous avons toujours été modernes. Le moderne désigne alors le « choix » que fait chaque société pour traiter la relation entre les objets, les acteurs sociaux et les croyances. La science expérimentale représente une des modalités de traitement du rapport aux objets. C’est ce rapport qui organise une partie des débats qui traversent ce livre autour de la question de la post modernité, du positivisme, du sens et de l’herméneutique, du vrai et de la connaissance.

Nos sociétés contemporaines ont fait le choix de relativiser la rationalité de la science ou « d’absolutiser » la rationalité scientifique. Il me semble que si l’on accepte l’ambivalence de la permanence et de la discontinuité, ce qui est une des conditions de la reconnaissance de l’altérité, il faut reconnaître un minimum de discontinuité entre sociétés et entre formes de connaissance, sous peine de nier l’autre, animiste ou scientifique, mais de façon encore plus subtile.

Cela veut dire comme anthropologue que s’il est tout à fait possible de rediscuter le partage entre nature et culture, entre causalité scientifique et causalité mystique, il est tout aussi important de garder l’ambivalence des réalités sociales.

Autrement dit, autant les enquêtes concrètes sur les prises de décision, la production des faits scientifiques, l’élaboration des œuvres d’art montre qu’elles sont le produit d’effets de construction sociale, d’effets de réseau, de systèmes d’objets concrets, de catégorie de la perception, de biais cognitif, autant le beau, le vrai ou le juste ne peuvent se réduire aux conditions sociale de leur production sous peine d’éliminer toute possibilité d’objectivation de la réalité sociale, c’est-à-dire de recul par rapport à notre rapport subjectif au monde. Le sujet n’est pas le centre du monde. Le monde n’a pas de centre. Il est plutôt brownien. Mais le laboratoire ne se confond avec l’agence publicitaire. C’est par notre travail de connaissance, par notre invention méthodologique, par notre attention portée sur la description empirique des faits que nous pouvons construire des morceaux de vrai et projeter du sens sur le mouvement des sociétés..

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Douglas Marie, Isherwood Baron, 1979, The World of Goods, towards an anthropology of consumption, Routledge, (2008, en français, Pour une anthropologie de la consommation. Le monde des biens, IFM/regard)

Godelier Maurice, 1996, L’énigme du don, Fayard

Jorion Paul, 2009, Comment la vérité et la réalité furent inventées, Gallimard.

Latour Bruno, 1991 Nous n’avons jamais été modernes. Essai d’anthropologie symétrique, La Découverte.

Lipovetsky Gilles, Serroy Jean, 2013, L’esthétisation du monde, Gallimard

Michel Maffesoli, 2007, Le réenchantement du monde. Une éthique pour notre temps, La table ronde

Malinowski Bronislaw, 1963, Les Argonautes du Pacifique occidental, Gallimard (1922 en anglais)

Mauss Marcel, 1968, Sociologie et anthropologie, PUF

Ruby Christian, 1990, Le champ de bataille post-moderne/neo-modernes, l’Harmattan

Thompson Craig (éd.), 2011, « Understanding Consumption as Political and Moral Practice », in Journal of Consumer culture, vol 11, n° 2

 

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, CEPED

Le 29 mars 2014

2015 9 avril festival Ethnografilm, Paris (http://ethnografilm.com/).

APPEL A FILMS DE RECHERCHE ETHNOGRAPHIQUE

Le CEPED est partenaire de la seconde édition du festival Ethnografilm qui aura lieu du 8 au 12 avril 2015 à Paris (http://ethnografilm.com/).

Le principe de ce festival est de montrer des films réalisés par des documentalistes ou des chercheurs et chercheuses  et de rassembler des chercheurs/chercheuses utilisant le film comme outil de recherche.

Dans ce cadre, une session de deux heures est organisée par le CEPED, pour laquelle nous sommes à la recherche de films.

Il n’y a ni format ni thème imposé pour les films. Néanmoins, nous privilégierons :

–          Les films courts (10 à 20 minutes)

–          Les films montrant un intérêt pour les problématiques « Suds »

–          Les films « de recherche » plutôt que les films « de valorisation »

–          Les films récents (postérieurs à 2012)

La manifestation aura lieu principalement en anglais : un sous-titrage des films en anglais est souhaitable

Les réalisateurs/trices sont tenu(e)s d’assister aux séances.

Calendrier :

–          15 octobre 2014 : remise d’une fiche de présentation du film (et si possible du matériel filmique déjà disponible)

–          15 novembre 2014 : réponse de l’équipe d’organisation de la session

–          15 janvier 2015 : remise de la version finale montée (si possible avec sous-titrage en anglais)

Merci d’avance de nous proposer vos films et projets, et de faire circuler cette annonce autour de vous.

Adressez vos propositions à l’adresse : agnes.guillaume@ird.fr

d.desjeu@argonautes.fr

Cordialement,

 

L’équipe du CEPED

Dominique Desjeux, Véronique Duchesne, Agnès Guillaume, Mathieu Quet et Marc Pilon.

Dominique Desjeux, anthropologue, Professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, CEPED

2014 09 Interview de D. Desjeux sur l’information du consommateur, ILEC

D. Desjeux, 2014,2015 01 LIVRE COUV ILEC INFORMATION CONSOMMATEUR L’appétence du consommateur pour l’information, in Bulletin de l’Ilec n° 444, Information des consommateurs et compétences, pp. 1-3

Entretien avec Dominique Desjeux

Professeur émérite d’anthropologie sociale et culturelle à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité – CEPED, consultant international en Chine, au Brésil, aux USA et en Afrique Propos recueilli par Jean Wattin-Augouard Dernier ouvrage  Le consommateur malin, L’Harmattan, co-dirigé avec Fabrice Clochard, 2013 Question : Les consommateurs les plus « malins » sont-ils les mieux informés ? Dominique Desjeux : Un débat qui remonte aux années 1950 portait sur le fait de savoir si le consommateur était actif  ou passif. Selon moi, il a toujours été actif, il a toujours décidé, il a donc toujours été malin. Pour autant, depuis 2000-2008, le marketing observe que les consommateurs sont moins fidèles à la marque. Mais le moindre engagement vis-à-vis des marques est-il vraiment un problème de fidélité ? En effet, les chiffres de l’INSEE publiés en 2008 le confirment, entre 2000 et 2006 la part des dépenses contraintes (logement, électricité, transport, santé, numérique…) a fortement augmenté pour les ménages les plus démunis. C’est pourquoi, un tiers des Français subit une forte contrainte de pouvoir d’achat car les salaires augmentent peu. Parallèlement, la classe moyenne mondiale a triplé en neuf ans, entre 2000 et 2009, pour atteindre 560 millions de personnes quand elle avait mis 200 ans pour atteindre 200 millions, avec, pour conséquence, une augmentation de la consommation mondiale et une pression sur les marchés. Durant la même période le prix des matières premières a explosé pour atteindre des sommets en 2007. Pour autant, il n’y a pas de lien mécanique entre l’augmentation du prix des matières premières, alimentaires et énergétiques, les dépenses contraintes comme celles liées aux coûts du logement et la question du pouvoir d’achat, si on raisonne en revenus moyens, en pouvoir d’achat moyen et en inflation moyenne. Mais ce lien est un peu plus évident si on se focalise sur les 30 à 40 % des ménages français les moins favorisés. Ce sont eux qui sont les plus sensibles à l’augmentation des prix de l’énergie qui touchent à leur chauffage, à leur eau chaude, à leur cuisine et à leur mobilité, d’un côté, et à celle des produits alimentaires de l’autre. Or ce sont ces prix qui ont tout spécialement augmenté entre 2000 et 2006, avant la grande crise économique de 2008, cette augmentation étant le produit de la forte demande mondiale venant des BRICs. Elle pèse à son tour sur les budgets les plus faibles qui sont d’autant plus touchés que le chômage augmente en parallèle. Le débat sur le consommateur malin est apparu au moment où les contraintes de pouvoir d’achat ont augmenté. On a alors expliqué qu’il était devenu malin parce qu’il était infidèle à la marque. Cette explication psychologique paraît plus une conséquence qu’une cause explicative de la désaffection pour la marque. Le déclencheur du comportement dit « malin » est dû au fait que les gens n’ont plus de pouvoir d’achat. Une partie des consommateurs malins sont ceux qui sont sous forte contrainte de pouvoir d’achat. C’est la contrainte qui demande de plus faire attention aux prix et donc d’être plus malin. Il est difficile de savoir si les consommateurs sont mieux ou moins bien informés qu’avant car on n’a pas de point de repère pour mesurer cette évolution. Par contre l’environnement technologique a changé avec l’arrivée d’Internet qui bouleverse, et c’est un lieu commun le dire, le jeu de l’information. On assiste à la montée progressive de nouveaux groupes de pressions de consommateurs, ou de nouveaux modes d’action des consommateurs, qui ont grâce à Internet les moyens de comparer, de contester, et surtout d’évaluer les prestations ou les biens qu’ils veulent acquérir ou qu’ils ont acquis. Il semblerait qu’il y ait aujourd’hui 100 000 internautes actifs, principalement des chômeurs et des étudiants. Sous contrainte de pouvoir d’achat ils doivent mieux s’informer. Je ne sais pas donc s’ils sont mieux informés mais ils utilisent l’information autrement.   Question : le consommateur « malin » ne l’est-il que pour le prix ? D.D. : Dans notre dernier ouvrage édité avec Fabrice Clochard, Le consommateur malin, celui-ci distingue trois comportements des consommateurs qui ne sont pas forcément liés à la question du pouvoir d’achat. Les calculateurs maîtrisent l’achat, s’informent beaucoup sur les réseaux sociaux, font des comparaisons pour optimiser leurs achats. Les explorateurs font des achats opportunistes, consultent leur réseau social, ne sont pas obligatoirement à la recherche du prix optimum mais davantage en quête du produit d’impulsion. Enfin, le comportement de restriction concerne le consommateur qui achète sous contrainte de budget, il cherche le bon plan. Aujourd’hui, on a une augmentation de la remise en circulation d’objets dits de seconde mains, comme certains cadeaux de Noël mais aussi une multiplication des vides greniers, qui peut faire office de bons plans.     Question : Pourrait-on voir dans le « consommateur malin » une forme de bricolage informationnel, improvisé, empirique, peu concerné par l’information académique, les normes, le contexte réglementaire du cadre réglementaire ou du consumérisme organisé ?   D.D. : Les trois modèles peuvent coexister dans la même personne. Par exemple, une personne peut, dans le domaine alimentaire ne pas tenir compte du prix pour ses enfant ou son animal de compagnie mais, en revanche, être, pour lui plus restrictif dans ses achats. Les trois modèles d’achats ne sont pas liés à trois personnalités mais aux critères de valeur que chaque personne accorde aux biens de consommation qu’il achète. Le bricolage informationnel concerne, ici, les achats opportunistes alors que le calculateur est à l’opposé du bricolage puisqu’il planifie.   Avec Gaëtan Brisepierre et Marion Delbende, nous avons ensuite en évidence quatre stratégies de consommateur malin dont trois sous contrainte de pouvoir d’achat ! La première consiste à acheter moins cher, la deuxième conduit à moins consommer, la troisième consiste à faire soi-même, c’est le fait maison, enfin, la quatrième diffère l’économie en investissant plus aujourd’hui, comme par exemple investir dans l’isolation de la maison pour éviter de payer plus cher plus tard.   Question : La demande d’information la plus forte n’est-elle pas souvent frivole ? Les labels, saveur de l’année, produits de l’année… c’est-à-dire non pas « voilà le vrai », ni « voilà le bien », mais « voilà la mode » (// diverses natures d’info qu’on cherche dans les journaux depuis toujours)   D.D. : Ici, il ne s’agit pas d’une demande mais d’une offre des entreprises qui émettent des labels. Je ne voie pas comment ce type de communication va résoudre le problème du prix et celui de la contrainte du pouvoir d’achat. La marque reviendra quand les gens auront retrouvé un autre équilibre de consommation.   Question : Quelles sont aujourd’hui les sources d’information sur les produits et services les plus légitimes aux yeux des consommateurs ? Certaines ont-elles gagné en crédit au détriment des autres ?   D.D. : L’information la plus légitime est celle des pairs qui donnent le plus confiance. Reste bien sûr la pertinence de leur évaluation. Pour autant, le rapport de force change en faveur du consommateur. Le métier du marketing change ainsi que la source d’émission d’informations. Les gens peuvent intervenir sur l’image des entreprises. La grande peur des entreprises est de perdre leur image de marque.   Question : Faut-il craindre un seuil où l’information devient surinformation ou infobésité ?   D.D. : Les gens qui n’ont pas peur me font peur. Qu’on ait peur de l’information est un bon signe, cela signifie que l’on va être raisonnable par rapport à l’information. Ce qui me frappe le plus, c’est la rareté de l’information pertinente quand la surinformation est partagée par tout le monde, donc inintéressante. L’infobésité a toujours existé même si internet augmente ce risque lié à l’information.   Question : L’exposition à une information abondante peut-elle avoir des effets anxiogènes en consommation (sous l’aspect de la confiance en soi) ? Affecter la confiance (en la société) ?   D.D. : La particularité des Français est d’être les plus méfiants du monde. A chaque fois que l’on donne une information, les gens, spontanément, n’ont pas confiance. C’est la société de méfiance analysée par Pierre Cahuc. Cela explique pourquoi les gens font confiance à leurs pairs. Les enquêtes quantitatives sur les réseaux sociaux numériques que j’ai pu analyser l’année dernière montre que les liens les plus forts sont avec la famille et avec les amis, c’est-à-dire avec le groupe des pairs, en continuité directe avec ce que l’on a toujours observé dans les réseaux « pré numériques ». On retrouve avec les réseaux le jeu du « click », le numérique, et du «mortar », le dur, de la distribution, mais qui a été transféré de fait aux pratiques liées à la construction du lien social.   Question : L’attente d’une information toujours plus précise sur ce qu’on consomme est-elle le marqueur de sociétés d’abondance qui attendent moins de la croissance ?   D.D. : On observe que les groupes de pression de consommateurs demandent qu’on ajoute sur les biens de consommation des informations qui n’intéressent  pas obligatoirement les consommateurs et qui, devenues trop abondantes, deviennent inutiles. Paradoxe : les vraies sociétés d’abondance étaient probablement celles des chasseurs-cueilleurs !

2014 09 Contrat post-doctorant pour un concepteur-coordinateur d’une base de données sur la thématique du jeu

INTITULÉ DE POSTE : post-doctorant en LSHS concepteur-coordinateur d’une base de données sur la thématique du jeu

Catégorie : contrat post-doctoral d’un an (renouvelable 1 fois)Structure de référence : GIS « Jeu et sociétés »Localisation géographique : Université Paris 13, 99, avenue Jean-Baptiste Clément, 93430 VilletaneuseRattachement hiérarchique au sein de la structure :  CRESC/PléiadeQuotité de travail inhérente au poste : 100%Prise de fonction : 1er novembre 2014Rémunération : 2395 euros brut par mois

 

 

 

 

 

 

 

 

Missions de la structure référente :

GIS « Jeu et sociétés »

Le GIS « Jeu et Société » regroupe des enseignants-chercheurs et chercheurs des universités Paris Descartes, Paris 13-SPC et Paris Paris Ouest-Nanterre La Défense, spécialistes des questions liées au jeu dans des approches pluridisciplinaires en Lettres, sciences humaines et sociales (LSHS). Le financement du GIS est à hauteur de 360 000 euros répartis sur 3 ans, grâce au partenariat actif avec la société La Française des Jeux.Ce GIS prend la suite du Forum « Jeu et société » (2010-2013) qui a financé sur appel à projets des recherches, des publications et des rencontres scientifiques. Afin de favoriser le développement et la diffusion des connaissances sur la place du jeu dans la société, l’université Paris 13-SPC (UFR Lettres, Sciences de l’Homme et des Sociétés) et l’université Paris Descartes (Laboratoire Cerlis-CNRS) avaient signé avec la Française des Jeux une convention.Les objectifs scientifiques du GIS « Jeu et Société » (2013-2015) sont centrés autour de 5 grands axes :– Favoriser l’émergence des LSHS dans le domaine du jeu et des sociétés, dont le jeu de hasard et d’argent, en aidant les chercheurs et en privilégiant une approche pluridisciplinaire (droit, littérature, philosophie, histoire, géographie, sociologie, psychologie, anthropologie, etc.)  ,- Etre ouvert aux acteurs du champ sanitaire (addiction jeu de hasard et d’argent, jeu vidéo, etc.) dans le cadre d’invitations à des journées d’étude ou des séminaires au même titre qu’aux représentants du champ social,- S’inscrire dans une logique de complémentarité de l’Observatoire des Jeux (ODJ)

– Concevoir un centre de ressources documentaires – scientifique et universitaire –, représentant la diversité des approches (thèses, travaux divers, annonce de manifestations) sur le jeu, et, dans cette perspective, réaliser la numérisation de corpus de textes théoriques et critiques, d’histoire littéraire, d’histoire des sciences dites dures, d’histoire des sciences humaines et sociales

– Aider à la vulgarisation des travaux innovants, de façon à les rendre plus accessibles hors du champ universitaire.

 

Ce projet comporte une importante dimension archivistique et d’information numérique autour de la création et du développement d’une plateforme intitulée « Ludocorpus ».

Le projet complet sera envoyé sur demande.

 

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fonctions de l’agent

* Sur la partie « Ludocorpus » :– Construction et suivi d’une plateforme numérique. Numérisation de corpus de textes théoriques et critiques, d’histoire littéraire, d’histoire des sciences dites dures, d’histoire des sciences humaines et sociales, concernant le(s) jeu(x). Ces corpus interdisciplinaires feront l’objet d’une réflexion épistémologique et éthique, leur numérisation sera indissociable d’une réflexion sur les outils d’analyse informatique, ontologies, cartographies, alignement de textes, établissement de topiques argumentatives. Un état de l’art sur la question en termes de bases de données constituera la première étape essentielle du projet. L’agent devra être force de propositions, notamment en établissement plusieurs scénarios de plateforme et aidera à la prise de décision les coordinateurs du GIS (D. Desjeux et I. Varescon pour l’université Paris Descartes, E. Belmas et J. Vion-Dury pour l’université Paris 13-SPC et Lucia Romo pour l’université Paris 10 Ouest-Nanterre La Défense).- Rédaction de notices d’introduction et/ou de présentation des travaux déposés sur la plateforme.- Prise de contact avec des institutions, identification des personnes ressources, recherche des sources.- Participation au comité de pilotage et coordination avec partenaires.* Sur la partie « Vie scientifique du GIS » :

– Diffusion de l’information sur les événements soutenus par le GIS.

– Aide à la rédaction du rapport annuel.

 

* Sur la partie « recherche de l’agent » :

– Le/la post-doctorant(e) doit pouvoir poursuivre sa propre recherche, développer ses compétences au travers de ce projet. Le/la candidat(e) doit indiquer comment il/elle envisage d’intégrer sa recherche personnelle au projet.

– Participation aux activités de recherche (séminaires, colloques, publications).

 

Compétences et profil

de l’agent

– Docteur en SHS, de préférence avec un sujet lié aux Digital humanities ou utilisant les Digital humanities – Thèse soutenue au plus tard le 30 novembre 2014.- très bonnes connaissances et pratiques en informatique : compréhension et maîtrise de plusieurs langages (PHP, MYSQL, OWL, SKOS, etc.), des outils du web sémantique (ontologie, RDF) et des sites web (CSS, XML, HTML). Expériences des CMS et de l’ergonomie pour le web. Connaissance de l’environnement des Humanités numériques (acteurs en France, plateformes existantes). Bonne connaissance des réseaux sociaux.- Rigueur, bonne organisation, autonomie dans la prise de décision et l’agencement des missions, travail en lien direct avec des multi-partenaires/décideurs.- Excellente maîtrise du français et de l’anglais (écrit et parlé)

 

Les documents à fournir

Le dossier de candidature réunit un CV, la copie du diplôme de doctorat, le rapport de soutenance de la thèse, une lettre de motivation et un projet de recherche post-doctoral (1 page). Une publication scientifique en lien avec l’appel candidature serait opportune.

 

Calendrier de la procédure de recrutement

– Date de l’ouverture de l’appel à candidatures : 1er août 2014

– Date limite du dépôt du dossier : 15 décembre 2014

– Date d’audition des candidat(e)s sélectionnés :  début janvier 2015

– Date d’embauche prévue pour le : 1er février 2015

 

Dossier de candidature à adresser à :elisabeth.belmas@wanadoo.fr ; d.desjeux@argonautes.fr ; juliette.viondury@gmail.com; juliette.vion-dury@univ-paris13.frPour toute demande d’information complémentaire, des membres du GIS « Jeu et sociétés » peuvent être contactés :elisabeth.belmas@wanadoo.fr ; d.desjeux@argonautes.fr ; juliette.viondury@gmail.com; juliette.vion-dury@univ-paris13.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2014 09 Financement d’un doctorat sur le jeu en SHS

Offre financement de thèse : Dans le cadre d’un GIS (Groupement d’Intérêt Scientifique) sur jeu et société  financé par la Française des Jeux qui a déjà financé deux thèses CIFRE sous la direction du Professeur Dominique Desjeux, nous recherchons un doctorant intéressé par ce thème que ce soit en anthropologie, en psychologie, en histoire ou en sociologie. La thèse CIFRE sera co-dirigée en fonction de la discipline choisie.

Toute personne qui serait intéressée est priée de contacter Dominique Desjeux : d.desjeux@argonautes.fr en indiquant sous quel angle elle aimerait faire des enquêtes sur le jeu et en lui envoyant un CV d’une page, un projet de thèse de 5 à 6 Pages et un résumé de thèse d’une page.

Date limite de candidature le 31 octobre 2014

Fait à Paris le 19 septembre 2014

2014, D Desjeux, M Suarez, RD Campos, Possibilidades de Contribuição da Sociologia ao Marketing: Itinerários de Consumo

2014, Possibilidades de Contribuição da Sociologia ao Marketing: Itinerários de Consumo

2014, http://www.anpad.org.br/ema/2006/dwn/ema2006-mktb-070.pdf

D Desjeux, M Suarez, RD Campos
Revista Brasileira de Marketing e-ISSN: 2177-5184 13 (2), 74-83

Autoria: Roberta Dias Campos, Leticia Moreira Casotti, Maribel Carvalho Suarez

Resumo: O presente artigo tem por objetivo apresentar o método dos itinerários (DESJEUX,

2000), uma ferramenta de pesquisa utilizada no campo da sociologia para investigação do

consumo como analisador da sociedade. Na área de marketing, e mais especificamente na

pesquisa do comportamento do consumidor, o método possibilita investigar não apenas o ato

da compra, mas todo o processo que envolve o consumo dentro de uma perspectiva sistêmica.

O trabalho apresenta a origem do método, seus pressupostos e sua dinâmica de

funcionamento, bem como exemplos de pesquisas realizadas no Brasil e na França a partir da

sua aplicação. Com um foco nos gestos e práticas dos consumidores, mais do que nos seus

discursos, o método dos itinerários tem a possibilidade de revelar lógicas de funcionamento

sobre as quais os entrevistados sequer se davam conta, mas que, mesmo assim, determinam o

seu comportamento cotidiano. O conhecimento gerado por esse tipo de pesquisa pode trazer

contribuições, por exemplo, para áreas como desenvolvimento de novos produtos e design de

embalagens.

 

2014, Dominique Desjeux,Maribel Suarez,Roberta Dias Campos, THE ITINERARY METHOD: A METHODOLOGICAL CONTRIBUTION FROM SOCIAL SCIENCES TO CONSUMER RESEARCH IN MANAGEMENT

Dominique Desjeux, Maribel Suarez, Roberta Dias Campos, 2014, The Itinerary Method: a Methodological Contribution from Social Sciences to Consumer Research in Management , in Brazilian Journal of Marketing – BJM, Revista Brasileira de Marketing, Edição Especial, Vol. 13, n. 2. Maio/2014, pp. 74-83

http://www.revistabrasileiramarketing.org/ojs-2.2.4/index.php/remark/article/view/2677

Consumer choice has been a focus of interest in the study of consumer behavior for over 50 years. Over time, however, the focus has widened to include not only the moment of purchase itself but also gradually a reflection on the consumer decision process, concerning the selection, consumption and disposal of products and services. More recently, researchers trained in areas like anthropology and sociology have contributed with perspectives that view the  process of choice as a social and cultural phenomenon. This paper presents the Itinerary Method a research approach originally applied in anthropology studies investigating consumption. The method can contribute to consumer research in management in as much as it allows investigation of the consumption process – selection, consumption and disposal – within a systemic perspective, that can expand consumer research’s comprehension of choice, since it stresses culture as a central element. The method is described, along with its assumptions, operational steps and concrete examples of researches on consumption.
Key words: Itinerary Method; Consumer Behavior; Qualitative Research; CCT.
O MÉTODO DOS ITINERÁRIOS: UMA CONTRIBUIÇÃO METODOLÓGICA DAS CIÊNCIAS SOCIAIS À PESQUISA DE CONSUMO EM GESTÃO RESUMO
A escolha do consumidor tem sido um dos principais interesses dos estudos em comportamento do consumidor nos últimos cinquenta anos. Ao longo do tempo, entretanto, o foco desta pesquisa tem se ampliado a fim de incluir não somente o momento da compra, mas, também, gradualmente, uma reflexão sobre o processo de decisão do consumidor, no que tange à seleção, consumo e descarte de produtos e serviços. Recentemente, pesquisadores treinados em áreas como antropologia e sociologia têm contribuído com perspectivas que encaram o processo de escolha como um fenômeno cultural e social.
 Este artigo apresenta o Método dos Itinerários: uma abordagem de  pesquisa originalmente inspirada nos estudos antropológicos de consumo. O método pode contribuir para a pesquisa de comportamento do consumidor, no campo de administração, ao viabilizar a investigação do processo de consumo seleção, consume e descarte dentro de uma perspectiva sistêmica, que permite expandir a compreensão da temática da escolha do consumidor, tomando a cultura como elemento central de análise. O método é descrito, juntamente com a apresentação de suas premissas, etapas operacionais, e exemplos concretos de pesquisas sobre consumo.
Palavras-chave:
Método dos Itinerários; Comportamento do Consumidor; Pesquisa Qualitativa; CCT.
Dominique Desjeux
Maribel Suarez
Roberta Dias Campos
 
1 Doutor em Antropologia pela Université Paris 5 Sorbonne. Professor da Université Paris Descartes, Paris
 França. E-mail: 
2 Doutora em Administração de Empresas pela Pontifícia Universidade Católica do Rio de Janeiro PUC-RJ. Professora do Instituto COPPEAD de Pós-Graduação em Administração da Universidade Federal do Rio de Janeiro
UFRJ. E-mail 
3 Doutora em Administração pela Universidade Federal do Rio de Janeiro
 UFRJ. Professora do Instituto COPPEAD de administração da Universidade Federal do Rio de Janeiro
 UFRJ. E-mail 

2015 14-15-16 janvier, Comment mangent les familles contemporaines ?, Strasbourg

2015 14-16 janvier, Comment mangent les familles contemporaines ? Comparaison européenne, Strasbourg

APPEL A COMMUNICATION

Des parcours d’approvisionnements aux pratiques culinaires

Colloque international 14-15-16 janvier 2015 à la MISHA Strasbourg

Laboratoire Dynamiques européennes UMR7367

Après deux cents ans de développement des modes de production industrielle de l’alimentation humaine, la possibilité de nourrir l’ensemble de l’humanité pose toujours question au point que la thématique de l’exposition universelle qui se déroulera à Milan en 2015 aura pour thème transversal « Comment nourrir la planète en 2050 ? ». Les scandales de l’industrie alimentaire de ces vingt dernières années en Europe et la dénonciation des dangers sanitaires d’une alimentation trop riches en graisses et sucre convergent pour conduire à l’édiction de nouvelles normes d’hygiènes, règles nutritionnelles et modalités de consommation dont la liste était pourtant déjà longue (Depecker, Lhuissier, Maurice, 2013). Des sociologues et des anthropologues s’intéressent depuis les années 1980 aux effets de ces normes et règles sur les pratiques alimentaires familiales en prenant en Bretagne on peut noter par exemple les travaux de Stephen Mennell, Anne Murcott, Anneke H. van Otterloo (1992) ou ceux Alan Warde (1997) et en France ceux de Claude Fischler (1979, 1990) ou Jean-Pierre Poulain (2002). D’autres travaux ont plus particulièrement porté sur les transmissions et les modifications des Pierre Corbeau (1992, 2007) à ceux de Séverine Gojard (2000, 2006) et ceux dirigés par Nicoletta Diasio, Annie Hubert et Véronique Pardo (2009) ou encore ceux dirigés par Gilles Brougère et Inès De la Ville (2011). Ces derniers questionnent, entre autres, la façon dont les familles et les enfants gèrent la multiplicité des normes alimentaires contemporaines et leurs conséquences sur les constructions d’identités sociales et la recherche du plaisir dans l’alimentation pendant que d’autres recherches s’intéressent aux formes de métissages à l’oeuvre dans les pratiques alimentaires quotidiennes (voir à ce propos les différents numéros de la revue Anthropology of food qui existe depuis 2001). Cette inquiétude provoquée par l’alimentation n’est pas propre à la France comme le soulignent les auteurs de Trust in food (Kjærnes, Warde 2002) ouvrage consacré à une comparaison de pays européens. Posant en toile de fond l’anxiété vis-à-vis de la nourriture véhiculée par les politiques publiques en Grande Bretagne, en Suède et en Norvège, les contributeurs du récent ouvrage dirigé par Alison James, Anne Trine Kjørholt, et Vebjørg Tingstad (2010) interrogent la signification des pratiques alimentaires dans les constructions identitaires en intéressant plus particulièrement aux changements survenus récemment dans les pratiques familiales au sein de différents groupes sociaux. alimentation familiale se configure également comme un rempart contre les risques, comme De Certeau, Girard et Mayol, 1980 ; Kopytoff, 1986) et comme un dispositif de singularisation des produits, de régulation de leur consommation et de socialisation alimentaire (Diasio, 2010). Car les pratiques familiales ne sont pas uniquement conditionnées par les politiques gouvernementales de santé publiques ou des traditions culturelles , elles s’inscrivent également dans des réseaux d’approvisionnements locaux et internationaux (Watson et Caldwell, 2005) qui sont traversés par des enjeux de pouvoirs économiques, politiques, citoyens… qui reflètent les transformations des modes de consommation. Les modes d’approvisionnement ont beaucoup changé depuis la seconde guerre mondiale sur l’ensemble du globe. En France, des sociologues comme Franck Cochoy travaillent à une archéologie de la consommation contemporaine (2011) retraçant l’histoire de la consommation en grande surface par exemple. Aussi, la question se pose aujourd’hui de savoir de quelle modernité est porteuse cette forme d’approvisionnement (Ascher 2005, Assaf et Camelin 2013) en comparaison avec ce qui se passe ailleurs en Europe ou sur d’autres continents (Mermier et Peraldi 2011). Ainsi en France, pour continuer sur le même exemple, on assiste depuis une dizaine d’années à la fois au ou livrés au achats qui évitent les distributeurs, mais également à un renouveau de fréquentation des commerces de proximités que ce soit dans les piétonniers ou dans les périphéries urbaines. Les pratiques d’approvisionnement et de consommation alimentaires se chargent d’une dimension politique (Halkier B., 2012). Nous serions donc intéressés par une analyse des formes que peut revêtir cette dimension politique : les «bio », la recherche de produits « locaux », la fréquentation de coopératives et la façon dont elles s’articulent avec des exigences de diversité des menus, des goûts, des apports nutritionnels des différents membres de la famille, la recherche du moindre coût.

Aussi dans ce colloque, nous proposons de mettre en perspectives les pratiques alimentaires familiales, et les normes sociales qui les régissent, avec des approches macro, mezzo et micro sociales, des réseaux d’approvisionnement pour comprendre les logiques d’action à l’oeuvre dans différentes situations d’alimentation quotidiennes et éventuellement festives.

 Les communications comportant une dimension comparatiste seront particulièrement bienvenues.

Le terme de famille sera entendu ici au sens large qui va du couple sans enfants aux personnes dont les enfants ont quitté le domicile familial en passant par toutes les formes de composition, typologie et recomposition familiale.

Nous proposons aux communicants de comprendre comment s’articule au quotidien l’approvisionnement en supermarché, au marché, au supermarché bio, en AMAP, par les jardins individuels ou collectifs… Il nous semble important d’analyser le retour vers un approvisionnement multimodal après une massification de l’approvisionnement en supermarché (Cohen 1996), retour peut-être dû aux scandales industriels (« vache folle », « concombre contaminé », « viande de cheval cachée »…) ? En Europe centrale et orientale, l’extension depuis une quinzaine d’années de la grande distribution, notamment de marques françaises, a été une des transformations les plus importantes du paysage de la consommation. Comment cette grande distribution a-t-elle modifié les habitudes familiales et comment s’articule -t-elle à d’autres modalités d’approvisionnement, d’échange et d’autoproduction ?

D’autre part, comment cette multiplicité d’approvisionnement est-elle source de partage de ou de craintes, entre amis, voisins, collègues, membres de la famille ? outil internet estil mobilisé à la fois dans l’approvisionnement (commande et/ou livraison en ligne) mais également dans le partage de recettes (blogs, mails à la famille / amis) ou de il à la fois une source homogénéisation des pratiques et des menus et un moyen de diversification ? Les pays européens vivent également une crise économique majeure qui reconfigure les relations alimentation, en imposant plus que jamais des arbitrages et des choix. La autres attitudes liées à une consommation dite dans laquelle le affirme encore plus comme un acteur réflexif et dans lesquelles les segmentations autres lignes de faille qui se superposent à celles des classes sociales conventionnelles. Quelle est la place de la famille dans cette nouvelle consommation familiale ? Quelles sont les négociations, mais également les apprentissages et les transmissions modulent le rapport aux aliments et aux préparations culinaires : par exemple l’attention au gâchis, la conservation et la réélaboration des restes, mais également dans certains pays la participation des parents à la cuisine des cantines, etc. aborder la problématique des choix et des contraintes (normatives, économiques, sociales) comment, lors de ces approvisionnements, les paniers sont-ils remplis ?

Comment les notions d’équilibre, de santé et de régime s’articulent avec l’aspect économique, l’engagement social, politique et la prise en compte des goûts des différents membres de la famille ? Comment ces éléments de nature instables sont avancés comme mobiles de décision en fonction des situations ? Nous proposons également ici, par le biais de l’approvisionnement, d’agencer la question des lieux à celle des temps, par exemple par la manière dont des cycles influencent l’alimentation : le rythme annuel scolaire qui ouvre à une réorganisation en septembre en fonction des activités autre et qui peut permettre certains approvisionnements et régir le partage ou le non partage de certains repas. Mais aussi les cycles saisonniers qui peuvent gouverner les menus (soupes, salades, pique-niques…) ce qui permettrait de mesurer et discuter les modalités de la préférence donnée aux fruits et légumes de saison (potimarron, fruits rouges par exemple). Les communications pourront également aborder le cycle de régularité de reproduction des menus et le établissement culture ? Il sera également possible ici d’aborder les questions de transmission et de modifications par l’appropriation des recettes.

Enfin, en prenant en compte à la fois l’approvisionnement et la préparation des repas nous proposons de réexaminer la répartition des tâches domestiques entre les genres et les générations à travers les notions de contraintes et de plaisirs par exemple. Comment se répartissent les tâches liées aux pratiques alimentaires dans les familles au quotidien et dans les moments festifs en ne séparant pas la question du genre de celle de l’âge ? Une articulation avec une analyse en termes de catégories sociales est-elle pertinente et si oui de quelle façon ? L’âge est souvent une donnée oubliée de la démarche analytique intersectionnelle (Crenshaw et Bonnis, 2005) comme le regrette Barry Thorne dès 2004 car l’âge est encore trop souvent considéré comme une donnée naturelle et non pas culturellement construite. Pourtant, Philippe Ariès (1960) à propos des enfants et Patrice Bourdelais (1994) à propos de la vieillesse par exemple analysent la construction des âges comme des catégories historiquement et culturellement situées. Comment se construit alors une identité d’âge et de genre en fonction des pratiques alimentaires locales et de références plus globales ? Comment, le partage des recettes, des produits, des plats préparés observés peut-il être analysé sous l’angle de l’articulation des critères socioculturels de genre, dâge et de catégorisation sociale ? Des ethnographies comparatistes seront bienvenues ici encore. Au cours de ces échanges nous serons particulièrement attentifs aux différences, qui peuvent ou non exister, entre régions, pays ou continents.

Date limite envoi :

Les chercheurs sont invités à envoyer avant le 31 mai une proposition de communication de 3000 caractères (espaces compris) dans laquelle sera décrite la problématique, la méthodologie, les principaux résultats de la recherche.

Merci d’indiquer également votre nom, vos coordonnées email et postales, votre discipline et votre statut professionnel.

Ces propositions de communications sont à adresser simultanément à : Marie-Pierre JULIEN (mariepierre.julien@univ-lorraine.fr) et Marion Vicart (puppy_ion@yahoo.fr).

 

Calendrier : 31 mai 2014 : Réception des propositions

1er juillet 2014 : Notification aux chercheur-e-s retenu-e-s par le comité scientifique.

5 janvier 2015 : Envoi des communications aux organisateurs.

14-15-16 janvier 2015 : Colloque.

Marie-Pierre JULIEN

Maitresse de Conférences en sociologie et anthropologie Responsable de L1 Sociologie, référente second semestre Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales 2L2S Université de Lorraine – UFR Sciences Humaines et Sociales – Metz bureau IP4 Ile du Saulcy – CS 60228 – 57045 METZ cedex 01

Fichier attaché:

 

Comité scientifique

Virginie Amalien, Enseignant chercheur, Institut national de recherche sur la consommation, Norvège

 Julia Bernstein, Professeure des universités – Université de Khöln

Melissa Caldwell, Professeure des universités – Université de Californie

Franck Cochoy, Professeur des universités – Université Toulouse Le Mirail

Dominique Desjeux, Professeur des universités – Université Paris-Descartes

Nicoletta Diasio, Professeure des universités – Université de Strasbourg

Séverine Gojard, Directrice de recherches – INRA

Marie-Pierre Julien, Maîtresse de conférences – Université de Lorraine

Marion Vicart, Sociologue, PhD chercheure contractuelle CNRS

Alan Warde, Professeur – University of Manchester

 Olivier Wathelet, Anthropologue, PhD – Chef de projet innovation, Activité Electrique Culinaire

Groupe SEB

 

Comité d’organisation

 Camille Adamiec, Doctorante – Université de Strasbourg

Julien Biaudet, Sociologue PhD, Post-doctorant CNRS

Joanne Chehami, Sociologue PhD, Ingénieure contractuelle – CNRS

 Nicoletta Diasio, Professeure des Universités – Université de Strasbourg

Marie-Pierre Julien, Maîtresse de conférences – Université de Lorraine

Marion Vicart, Sociologue, PhD chercheure contractuelle CNRS

Olivier Wathelet, Anthropologue, PhD – Chef de projet innovation, Activité Electrique Culinaire

Groupe SEB

 Références bibliographiques

Anthropology of Food, 2001 à 2013 voir http://aof.revues.org/6943

Aries P., 1960, L’enfant et la vie familiale sous l’ancien régime, Paris, Plon.

Ascher F., 2005, Le mangeur hypermoderne. Une figure de l’individu éclectique, Paris, Éditions Odile

Jacob.

Assaf L. et Camelin S., 2004, « Shopping Malls : l’avènement de la modernité ? », colloque LECS

Nanterre, septembre 2014.

Bourdelais P., 1994, « Le vieillissement de la population : question d’actualité ou notion obsolète », Débat, n° 82, pp. 176-192.

Brougère G., de la Ville V.I. (dir.), 2011, On ne joue pas avec la nourriture ! Enfance, divertissement, jeu et alimentation : entre risques et plaisirs, Paris, Ocha.

Certeau de M., Girard L. et Mayol P., 1980, L’invention du quotidien. T2 : habiter, cuisiner, Paris

Gallimard.

Clochard F. et Desjeux D., 2013, Le consommateur malin face à la crise, Paris, L’Harmattan, coll.

Dossier Sciences humaines et sociales.

Cochoy F., 2011, De la curiosité. L’art de la séduction marchande, Paris, Armand Colin, coll. Individu

et société.

Cohen L., 1996. « From town center to shopping center: The reconfiguration of community

marketplaces in postwar America », American Historical Review, 101(4), pp. 1050-1081.

Corbeau J.-P., 1992, « Rituels alimentaires et mutations sociales », Cahiers internationaux de

sociologie, XCII, pp. 101-120.

– 2007, « Impact des messages nutritionnels médiatiques sur les adultes et les séniors », Réalités en nutrition, 4, pp. 1-6.

Crenshaw K.; Bonis O.

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