Consommations et Societes
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    Soirée-débat "Truly different" by Pragmaty

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Blog Archives

2018 01 test dominique desjeux

portrait de Dominique Desjeux antropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Citée

test dominique desjeux aaa

AAA Washington : Business Anthropology Session

Dominique Desjeux

L’empreinte anthropologique du monde.

Si je pars de mon expérience, toute ma vie professionnelle a été construite autour de la mobilité géographique, historique et intellectuelle

L’anthropologie professionnelle favorise la connaissance en mouvement, la connaissance mobile et donc la créativité.

Elle perçoit ce qui émerge dans la vie quotidienne et qui est bien souvent invisible pour les entreprises et les politiques publiques.

Elle explique les contraintes de l’innovation et accompagne le changement quand cela lui est possible.

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2018 01 22 sur les recherches « partenariales et collaboratives »

2018 01 22 Happy hour sur les recherches « partenariales et collaboratives » : le LISE vous invite à un nouvel Happy Hour au CNAM le lundi 22 janvier 2018 à 17h30 au Conservatoire national des arts et métiers 2 rue conté 75003 Paris

http://lise-cnrs.cnam.fr/les-recherches-partenariales-et-collaboratives-963772.kjsp?RH=1322147146383

L’entrée à cet Happy Hour est libre et gratuite. Pour des raisons logistiques, je vous demande de vous inscrire auprès
de moi à l’adresse mail suivante zaera.mariaux@cnam.fr

Le sujet :

Quelles sont les particularités des recherches « partenariales et collaboratives » (RPC) ? C’est la question que se pose cet ouvrage, qui compare les pratiques observées dans divers pays, ainsi que les assises théoriques des recherches pour divers auteurs. La RPC se fonde sur des coopérations entre acteurs hétérogènes, qui sont sources de co-construction de recherche et de co-production de connaissances. Pour l’essentiel, il s’agit de recherches associant d’une part, les chercheurs universitaires dont la recherche est l’activité professionnelle et, d’autre part, des acteurs d’autres milieux professionnels, associatifs ou de la société civile, c’est-à-dire des acteurs en dehors des sphères universitaires ou apparentées.

Peu d’ouvrages existent sur ce sujet qui suscite de plus en plus d’intérêt.

Cet ouvrage offre des clés de compréhension et d’analyses essentielles pour prendre la mesure des intérêts et des enjeux, notamment scientifiques et sociaux, de ces recherches partenariales et collaboratives devenues ici un objet de recherche. Il explore et approfondit ce champ de pratiques et permet d’approfondir et de systématiser ces pratiques de recherche en les inscrivant dans les approches de recherche actuelles. Les recherches partenariales et collaboratives ne s’accompagnent pas toujours d’une volonté d’action transformatrice – comme c’est par contre explicitement le cas dans la recherche-action ou la recherche-intervention – et peuvent avoir avant tout une visée cognitive et épistémique.

Cet ouvrage repose sur des collaborations internationales menées entre une vingtaine de chercheurs français, québécois et suisses, issus de plusieurs disciplines : sociologie, géographie, sciences de l’éducation, travail social, économie, linguistique, sciences de l’ingénieur.

Anne Gillet (Cnam, Lise-CNRS, Paris, France), Diane-Gabrielle Tremblay (Université Téluq-Crises, Montréal, Québec) (dir.), Les recherches partenariales et collaboratives, double-édition PUR-Presses Universitaires de Rennes, collection « Des Sociétés » et PUQ-Presses de l’Université du Québec, 2017.

 

2017 12 Anne Gillet et Diane-Gabrielle Tremblay (dir.), Les recherches partenariales et collaboratives

2017 12, Les recherches partenariales et collaboratives, une nouvelle publication sur un sujet neuf par Anne Gillet et Diane-Gabrielle Tremblay

2017 12 BC Les recherches partenariales et collaboratives-1

Que sont les recherches partenariales et collaboratives ? Différant du mode
majoritaire de recherche académique ou universitaire, elles se fondent sur
des coopérations entre acteurs hétérogènes, sources de co-construction de
recherche et de co-production de connaissances. Cet ouvrage permet
d’approfondir et de systématiser ces pratiques en les inscrivant dans les
approches de recherche actuelles. Il offre des clés de compréhension et
d’analyses pour prendre la mesure de leurs intérêts et de leurs enjeux,
notamment scientifiques et sociaux.
En coédition avec les Presses de l’université du Québec.
Avec le soutien du CNAM et du Lise-CNRS.

Latowsky Anne A., 2013, Emperor of the World. Charlemagne and the Constuction of Imperial Authority, 800-1229, Cornell University Press

Si vous avez lu Les routes de la soie (2017) de Peter Francopan, Des gaulois aux carolingiens (2013) de Bruno Dumézil (5ème édition 2016),

Les royaumes barbares en Occident (2010), de Magali Coumert et Bruno Dumézil (troisième édition 2017) ou encore de Michelle Kaplan, 2016, Pourquoi Byzance ? Un empire de 11 siècles, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur Emperor of the World. Charlemagne and the Constuction of Imperial Authority, 800-1229, par Anne A. Latowsky. L’auteure est professeure assistante à l’université de Floride du sud (USF) et c’est comme cela que j’ai découvert son livre en flânant dans la librairie de l’université à Tampa (FL).

C’est un livre original qui ne retrace pas l’histoire de Charlemagne et de l’empire carolingien à la vie finalement assez courte si on se réfère au travail de Bruno Dumézil sur les gaulois, les mérovingiens et les carolingiens entre le premier siècle de notre ère et le neuvième siècle.
L’ouvrage part d’un récit mythologique, celui du voyage de Charlemagne à Jérusalem et à Constantinople qui prend sa source au neuvième siècle dans le livre d’Einhard, le biographe des carolingiens, La vie de Charlemagne. Il faut rappeler que l’empire romain d’Occident a disparu au cinquième siècle. Seul reste l’empire romain d’Orient avec comme capitale Constantinople. L’Europe ne représente plus grand-chose depuis cinq siècles à l’échelle du monde oriental et chinois, et tout particulièrement vis-à-vis des grandes voies commerciales qui partent de la Méditerranée et dont elle est coupée, depuis que la peste y est devenue endémique à partir du sixième siècle (Dumézil, 2013, p. 106).

Au neuvième siècle après notre ère, Charlemagne a réussi à créer un ensemble territorial qui couvre une partie de l’Europe de l’Ouest d’aujourd’hui, dont l’Allemagne et la France. Mais il n’ira jamais plus loin que l’Italie. En Italie règne le pape. Nous sommes donc face aux principaux protagonistes qui vont permettre de résoudre l’énigme de ce voyage imaginaire de Charlemagne en Orient.
En Orient, à Bagdad, règne le calife abbasside Haroun al Rachid (765-809). Il contrôle l’accès à Jérusalem. Constantinople représente la suite de l’empire romain et donc les chrétiens d’Orient. À Rome le pape représente un pouvoir religieux qui légitime l’empereur. Les héritiers de Charlemagne se répartissent entre la France et l’Allemagne. Tout l’enjeu est d’être nommé empereur et pour être nommé empereur il faut être reconnu par le pape.

Tout ceci paraît bien pointu et semble relever d’un débat d’experts. En un sens oui. Cependant la portée du livre d’Anne Latowsky est beaucoup plus générale car son livre va montrer l’importance qu’il y a d’analyser la réception de ce récit mythologique en Allemagne puis en France afin de montrer comment les variations du texte nous renseignent sur les enjeux politiques dans la bataille qui oppose les carolingiens de France et d’Allemagne, dont l’empereur Barberousse (1122-1190), et les papes de Rome qui cherche à conquérir et protéger un territoire physique grâce à leur alliance avec le pouvoir politique et tout particulièrement avec celui de la France. Plutôt que de chercher à démontrer que ce texte est une fiction, ce qui est assez évident, Anne Latowsky va chercher à élucider qu’elle en est sa fonction politique. C’est donc sur le plan méthodologique que son livre est très moderne. Elle prend l’imaginaire au sérieux. Elle l’analyse comme un signe, comme un symptôme de la stratégie que les rois mettent en place pour légitimer le fait de devenir empereur ou pour accéder au pouvoir.

Dans cette course à la légitimité, la culture matérielle va jouer un rôle symbolique important. Pouvoir rapporter des reliques, comme un morceau de la Sainte-Croix de Constantinople ou de Jérusalem, voire d’autres monastères, est le signe visible que Dieu nous a choisi. Le roi peut être élu ou coopté par ses pairs pour prend le pouvoir, mais c’est le pape qui en fait un empereur. Le profane et sacré sont intimement liés.

Pour les empereurs d’Allemagne l’enjeu est de faire reconnaître leur filiation avec Charlemagne pour récupérer à la fois le pouvoir politique et religieux. Pour ce faire, ils font canoniser Charlemagne en 1166. La canonisation de Charlemagne qui représente le lien avec l’empire byzantin, fait de l’empereur d’Allemagne le successeur de l’empire romain d’Occident et d’Orient et donc du monde chrétien. Le récit a pour fonction de montrer que ce sont bien les empereurs d’Allemagne qui sont les successeurs de Charlemagne et de l’empire chrétien.

Le récit du voyage de Charlemagne en Orient ne semble pas avoir eu autant de succès en France. Cependant à partir du 12e et 13e siècle, au moment des croisades, le récit de ce voyage devient populaire. Charlemagne est alors présenté comme le premier des croisés.

Pour les Allemands, la figure de Charlemagne doit conduire à renforcer l’image de la toute-puissance de l’empire. Pour les Français la même figure doit fonder la filiation des rois Capétiens qui succèdent aux carolingiens avec la nomination de Hugues Capet en 996.

La restitution du contenu de ce double récit mythologique français et allemand est pleine d’érudition, mais très claire. La leçon que j’en tire et surtout méthodologique. La fiction, où l’imaginaire, n’a pas pour fonction de dire le vrai, elle a pour fonction de donner du sens et dans le cas présent de légitimer l’accession au pouvoir qui va se jouer entre les empereurs ou les rois français et allemands, et le pape. Grâce à ce récit on comprend bien que la conquête d’un territoire, l’importance des techniques militaires, la force des alliances politiques sont intimement liés au pouvoir de l’imaginaire et tout particulièrement de l’imaginaire religieux qui légitime le pouvoir sur terre.C’était vrai hier, c’est encore vrai aujourd’hui. Ce qui varie c’est le contenu de la mise en scène politique, le contenu de l’imaginaire qui légitime le pouvoir, ce que l’anthropologue Georges Balandier avait appelé Le pouvoir sur scène (1981).

2017 11 Desjeux D. MA Jingjing, « The Enigma of Innovation », in Cultural Change

The Enigma of Innovation,

in Maryam McCabe and Elisabeth K. Briody, Cultural Change From A Business Anthropology Perspective, Lexington Books, chapter 7, pp 165-185,

Dominique Desjeux and Ma Jing Jing

Changes, or innovations, do not come solely from individual characteristics, but are inserted into a social system, a system of concrete action made up of actors who have converging and diverging interests, who are involved in relations of power and of cooperation and who are seeking to survive, to gain new territories, or to limit the hold of other actors in their everyday life. Recent theories of cultural change draw on the concept of assemblages as a tool to enhance understanding. This concept originates with the work of Deleuze and Gatari (1980), and was further developed by Latour (2005) and by Akrich, Callon Latour, (2006). They used the term acteur-réseau (actor-network) to describe a network of animate and inanimate entities. They made reference to non-human entities as actants. In the version of assemblage theory which we share for some parts, agency (conscious action) is ascribed to human (individual and group) entities, and meaning is ascribed to non-human entities and objects.

Understanding cultural change, and innovations in particular, often requires consideration of the whole assemblage, as a network of people, groups, practices, circumstances and objects. We can then understand better how the whole assemblage has a mutually influencing effect and also changes together. Lack of stability or variation in an existing assemblage may be a sign of change which is underway. Innovation is seen as something which is related to cultural change, but distinct from it – as was noted in the introduction, innovation is purposeful, unlike cultural change.

Understanding the social mechanisms that underlie the diffusion of innovations makes it possible to understand why a new technology, a new product or a new service is accepted or refused by the actors associated with this innovation. For a doctor, a biologist, a chemist or an engineer, a new technology is neutral and rational. It should therefore be diffused without difficulty. However, it emerges that there is no diffusion of ideas or material objects without resistance. Typically these “resistances to innovation” are explained by the “irrationality of actors”. However, it is in this supposed irrationality that the enigma of innovation lies. The work of the anthropologist is to elucidate this enigma by displaying the social mechanism that seems irrational from the point of view of natural sciences and economics.

Elucidating this tension means resolving the enigma of innovation. The objective of this chapter is to show how an anthropological approach makes it possible to deepen this knowledge of the social mechanisms which underlie social customs and innovations, based on the example of the consumption of drinks in China.

 

Theoretical Approach

Anthropological Analysis Related to the Diffusion of Innovations

Innovation is a disruptive element in a more or less balanced social system just as much as it is a new idea, good or bad. The contribution of anthropology is precisely to show the relative organization of material, social and symbolic constraints in the system of action which we have to analyze as “total social facts”, to use the expression of the French anthropologist Marcel Mauss (1925) in his famous article later published as a short book, The Gift. Here, I use the word “new technology” intentionally, to show that the problem is the same whether it is applied to a new agricultural technology, a new digital technology or a new drink, as we will see in the case of China below. In all of these cases, an innovation will affect a social organization which is in place, whether this is in a company or with the final user. It will benefit certain actors and disadvantage others. It will be liked by some and will shock others, particularly in terms of morality and social norms. It will resolve a problem and create others. An innovation is therefore never socially neutral.

This does not mean that nothing should be changed, nor that the engineers who propose changes are wrong. Instead, it means that we should not be surprised when some actors are opposed to the change and others approve of it. It is this interplay between those who win and those who lose which can be analyzed by anthropology, in order to minimize the losses and optimize the gains, and hence improve the chances of better negotiation and acceptance of a change, depending on the interests of various parties. Today I know that this objective is largely utopian, but I love this reformist utopia. In La question agraire à Madagascar [The agrarian question in Madagascar] (Desjeux 1979) I noted that a technical innovation which seemed to be beneficial for farming practices actually caused a loss of income for certain sections of the population (primarily women) and so understandably met with resistance.

The important point to retain here is that a new technology, an innovation, is never socially neutral, and that there are actors who can gain and those who can lose from it. Innovation is not only not limited to an individual, it not only develops within an interplay of collective actors, but it is also embedded in a political context which itself very often depends on geopolitics, on globalization, and which surpasses the mere analysis of interactions between actors at the local level. The social conditions of the diffusion vary depending on what I termed the scales of observation of reality, in another book written on Les stratégies paysannes en Afrique Noire [Farmers’ strategies in sub-Saharan Africa] (Desjeux 1987).

Innovation and the Scales of Observation

In the book Les sciences sociales (Desjeux 2004) I showed that the explanation of social and individual phenomena varied depending on scales of observation. Scales of observation, in an analogous manner to scales on maps or plans, refer to the focus which is applied to social phenomena in order to study them. The micro-individual scale makes it possible to observe individuals placing an emphasis on their motivations, their cognitive processes and the meaning that they give to their action. Causality comes mainly from meaning. The two interactionist scales, the microsocial scale (which most often applies to the interplay of actors organized around the utilization of consumer goods in the home and family space) and the mesosocial scale (which has to do with the interplay of actors mobilizing larger collective bodies, such as large organizations, companies or the market) include the practices, the usages, the social interactions, the power relations and the networks which organize the interplay between these actors. Causality varies depending on the situation.

The macrosocial scale makes it possible to observe the correlations between effects of belonging, such as social class, gender, generation or ethnic, political or religious culture, and social practices linked with consumption or the environment. Such correlations are an indicator which can be used to initiate consideration about what the true mechanism of causality is. The macrosocial scale is also the scale of observation of geopolitics, and of the major values that structure cultural areas throughout the world across history, as the German sociologist Max Weber (1904-5) showed in The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism.

My observations between 1969 and 2016 centered largely on diffusion processes related to the mesosocial scale (e.g., companies, NGOs, ministries), and on the microsocial scale (e.g., families). An innovation typically goes through three major stages: 1) the invention of an idea, 2) its diffusion or its failure to diffuse through a system of action, and 3) contact with an end user, whether it is a company or a household. In China I worked upstream, during the invention stage.

All along the diffusion itinerary (which here we could called the drink itinerary) the abstract idea to be transformed into an object or service, circulates in a non-linear manner and undergoes a process of continual change from an innovation-invention to an innovation-reaction, from one group of actors to another. It is transformed constantly each time when it passes from a system of invention, which may be in a company within the R&D department, to a system of production associated with a factory, to a system of marketing transformation, and subsequently to a system of “hard” distribution or digital distribution (“click and mortar”), then to a system of use and consumption with the final user before potentially entering once again into a new system of transformation by recycling. It can disappear at any moment, and that is what happens most often. Very little invention/innovation finally emerges.

In this social process of innovation, consumption involves trying out an invention as an innovation. At this stage, the innovation may be the result of a new idea transformed into new technologies, or the result of an old technology in a new milieu. At this stage innovation may be either “high-tech” or “low-tech”. Paradoxically, the fact that it is new in a new place is important, not the novelty of its technical content. It is equally complicated to gain acceptance for new mass consumer products, to introduce existing agricultural techniques into a region in which they are unknown, and to promote new environmentally friendly practices. The latter are even very often more difficult to promote, because they make daily life more complex, whereas life had been made simpler by new consumer technologies such as refrigerators, washing machines, quilts or ready-made meals.

In this chapter, we focus on understanding and explaining the “drink itinerary,” defined as the innovation, production, consumption, and disposal of non-alcoholic drinks in China. In particular, we consider their drinking practices, and examine how a company may respond (or fail to respond) to the changing beliefs and expectations surrounding traditional and commercial beverages.

Methodology

The Innovation Trigger

It is not always possible to follow the entire path of the production of an idea, then of transformation of the idea into an action or a concrete object. It is a fraction of this process that we wish to present in this chapter. The point of departure was a question asked by the R&D department of an international food group operating in China. The data contained in this article come from an anthropological research project aiming to understand the practices, norms and mental representations relating to the consumption of drinks in China, carried out in collaboration between Dominique Desjeux (anthropologist and Professor Emeritus at Sorbonne University), the CIRAD (the French association for agronomic research and international development cooperation), Danone Waters China and Danone Nutricia Research.

However, instead of centering on the brand and its territory, and looking at the end consumer to see what might correspond to this territory, the company agreed to look first at the end user. We explored end user practices throughout the day, over the course of weeks, and during holidays, as well as while he/she was at home, at work, or in transit. We considered different stages in the consumer life cycle and generation effects, thereby illustrating consumption diversity pertaining to drinks. This microsocial approach centered on the consumer, not only from a personal point of view based on his/her experiences, but also with respect to consumption in different rooms in the home, the way in which the consumer produces or purchases and consumes drinks, social interactions and power relations between members of the family, and the conception of the body and health in China. We mobilized our team of French and Chinese anthropologists created with Zheng Li Hua and Yang Xiao Min in Guangzhou (Canton) in 1997.

Methods and Sampling

We carried out our qualitative study on the consumption of drinks in day-to-day life in four Chinese cities: Guangzhou (in the south), Shanghai (on the east coast), Beijing (further north, also close to the east coast) and Chengdu (located relatively centrally). It was an exploratory investigation, based on 70 semi-directive interviews, observations and round table discussions (two round tables, made up of 10 young people, in one case between 18 and 25 and in the other between 25 and 30, talking about daily life in a couple). This investigation sought to discover all of the possible practices relating to drinks, the material, social and cultural dimensions of their use, the acquisition and consumption of these drinks and the effects of life cycles on the diversity of use of these drinks.

 

Practices and Methodological Principles

Our study is based on five practices and methodological principles. The first is induction, a method enabling a cultural exploration without testing specific hypotheses. Our study focuses primarily on the microsocial and mesosocial scales.

The second principle is that of ambivalence. All social phenomena have a positive and a negative side.

The third principle has to do with the qualitative generalization of results in a different way from quantitative or experimental approaches. In qualitative investigations we generalize the functional mechanisms of society, such as that of power relations being organized around areas of uncertainty. The latter are found in most societies, such as for instance surrounding “sorcery”, as I was able to show with respect to the Congo (Desjeux 1987). The most important and least expected generalization is that relating to the diversity of practices, and not their frequency. Very often, within a given domain, this diversity can be reduced to four or five major usages. It is this diversity of use, which is generalizable, in particular when working on the consumption practices of the global urban middle class. What may vary, however, is the importance of particular practices in a certain culture. Statistical frequency has no meaning here since in a quantitative survey we work with samples of about 20 to 70 individuals.

The fourth principle is based on an emic perspective, understanding the social logic of actors from their point of view without judgment or accusations. The method consists of reconstituting and understanding the constraints that organize the calculations of the actors.

The fifth principle is symmetry, which assumes that it is equally relevant to work on an innovation that has succeeded or one that has failed.

Findings

Taking the Customer, His Usages and His Culture as a Point of Departure

To understand the social conditions of the diffusion of a new drink in China, it is important to recognize that there is no drinkable tap water in large Chinese cities. One of the daily practices is boiling water. In 1997, I lived for three and a half months at the Guangdong University of Foreign Studies, in Guangzhou. Every morning, with my two Thermos flasks I went to fetch boiled water to enable me to make my tea during the day. Today mineral water tanks (large tanks which dispense drinking water) are probably in the process of replacing Thermos flasks, because they make daily life easier. In many families, boiling water remains a major daily practice.

In China, water occupies an important place in the daily lives of families, as it is situated at the crossroads of five major practices in the management of drinks. The first has to do with the physical management of the body, which is associated with hydration and thirst. Consumption of non-alcoholic commercial beverages (e.g., soft drinks, bottled water) varies strongly depending on the seasons, and peaks in the summer. The second is organoleptic management, which requires a choice between a bland drink and a drink with a taste. The third practice involves materials management and logistics of the production, sales and subsequent use of drinks, depending on their practical use and the concrete system of material items that promote their use. The fourth has to do with the social management of the use of drinks, in other words the social context of the consumption, such as the people with whom we are drinking and special social occasions. The fifth practice has to do with symbolic management in terms of “cold” and “heat”, associated with the balance of the circulation of energy, Qi, 气and health. Commercial beverages are therefore part of a more general system of management of traditional and modern drinks, which are intended to preserve health or promote the return to good health, to provide diverse tastes, or to restore energy.

 

The Transition from Domestic Production to Commercial Consumption

Traditional Beliefs and Practices

In the city, access to drinking water is problematic. Chinese families have to produce their own drinking water at home using tap water or buy bottles or tanks of water. Traditionally in China boiled water is drunk from morning until evening, lukewarm or at ambient temperature, on its own or with infusions, or for tea. Additives to the water may give it a certain taste or promote health. These practices occur particularly in south China.

Cold water and iced drinks are not recommended. They are linked with a ban that is particularly internalized by women from puberty onwards and associated with the beginning of their periods. Ice cubes do not seem to be a key element of Chinese drinks culture. However the refrigerator is a form of domestic technology that is used in the management of cold drinks. Today commercial drinks are in competition with or exist side-by-side with the traditional ways water is prepared and consumed at home. In fact, bottles and tanks of water ease the lives of Chinese families at home, on the move, and at work.

 

Current Practices

Today there is easy access to mineral water and to purified bottled water, as well as most other commercial beverages. At home, the Internet seems to play an increasingly important role in ordering consumer goods, especially commercial drinks. Some Chinese can spend the whole week without leaving home, and order everything they need on the Ali Baba website, which has become the most important Internet shopping venue in the world. When on the move, consumers can easily find most drinks in supermarkets, boutiques, kiosks, or machines in the metro stations.

The drink itinerary both forms a system and conditions what people drink. It is related to a set of concrete objects. In the home, we note the tap, the filter, the electric kettle, the Thermos flask, the jug, glasses, cups, the refrigerator, an Internet connection, water tanks or bottles, and cans of various commercially-produced beverages. While on the move, Chinese consumers typically take a plastic bottle, a Thermos flask or other flask with them; knapsacks feature a special pocket where the bottle or Thermos flask can be put. Consumers find different sorts of drink machines, selling cold drinks in summer and hot drinks in winter, with heating cupboards, cans, and trash cans. At work, there are water fountains and electric kettles. All of these items are tied to the preparation, consumption, and disposal of non-alcoholic drinks. They do not determine usages relating to drinks, but without them the consumption of commercial drinks is more difficult.

Seasonal Beliefs about Beverages

Beverage consumption varies strongly depending on the season. In winter, Chinese consumers avoid consuming drinks that are physically and symbolically cold. Instead they look for hot drinks. During the periods of transition, the body needs to be helped to get used to the warming conditions in spring, using cool drinks to compensate, and conversely in autumn herbal teas and hot drinks are used in order to compensate for the cooling environment of autumn. In summer, the body needs to be hydrated, and the fire produced by the heat needs to be soothed.

The meaning and therefore the positioning of commercial beverages with respect to heat are not clearly fixed by the norms of Chinese consumers. Commercial beverages tend to be classed as cold and are therefore seen rather negatively by some Chinese, those who are sensitive to the symbolic system of the traditional management of cold and hot. Any bans on or stipulations of commercial drinks within Chinese families remain vague and flexible, and are a regular source of conflicts.

Taste Preferences

Choosing a drink for its taste often equates to a decision-making process between what seems natural, bland and healthy and something that may have a bitter taste, is artificial, and has unknown ingredients. The taste of water is often considered bland, or even bad, when it comes from the tap. However, when it is boiled, it is considered healthy. Blandness is associated with being healthy.

The tastes of the Chinese vary from drinks perceived as nauseating (e.g., “too sweet”, containing milk), and those that are pleasing (e.g., “light, mild and refreshing”, cool acidic taste [酸爽Suān shuǎng]). These pleasing drinks are good to drink (Hǎo hē 好喝) and slip down (滑Huá) the throat. The “light, mild” taste (清淡Qīng dàn) is positive, distinguished from a “bland” taste (淡dàn). Bland is considered a neutral word although it can be used in a negative meaning when applied to drinks. The negative meaning of the word “bland” partly explains why drinks that taste good are sought after, in particular sweet commercial drinks, but are not considered healthy. The important thing is not to drink them too often since that often results in an accumulation of unhealthy ingredients in the body (e.g., sugar, coloring agents). Sugar may be perceived positively (e.g., having a good taste, creating a social link, restoring energy) but may also be viewed negatively if it is consumed in excessive quantities and leads to obesity or diabetes.

Sugar, which adds taste but can become unhealthy, has a particular relationship with blandness, which has no taste but which is healthy. Here we simplify a complicated but significant association in Chinese culture—that opposites are both in tension and in harmony, just like Yīn is associated with Yáng (阴阳), and female with male.

Other Effects on Consumption

Generational Differences

Studying the development of commercial beverages has parallels with how Chinese families function, including the divisions and tensions within them. We see the effects of agency on the “consumption” assemblage—the different viewpoints of people of different ages lead them to favor different practices with respect to drinks consumption, and in some cases to impose their practices on others. The divisions reflect a generational effect. Three major generations can be identified in Chinese society.

The first is the generation of scarcity, born before 1980. Its norms of consumption are often much more austere than those of younger generations, and hence infrequently linked with pleasure. It is associated with the symbolic norms of hot and cold linked with traditional Chinese medicine. This generation generally takes care of the grandchildren and conveys these norms to them.

The second is the generation of economic reform and the single child family. This generation began about 1980 (Bālíng Hòu 八零后, born “after 1980”). As the sandwich generation, it is caught between traditional norms and the demands by children for a drink with more taste.

The most recent generation is the generation of abundance. Born around 1995-2000, the parents of these children have greater purchasing power, at a time when there is significant development in the commercial drink market and its infrastructure. This generation is subject to strong pressure in school, at least for children of the upper middle class. School pressure works against the consumption of commercial drinks, which are viewed negatively by teachers and some parents.

Life Cycle Differences

The diversity and divisions relating to the use of non-alcoholic drinks also vary depending on life cycle effects; we identified four major stages in China. The first stage in the life cycle includes young non-adults (未成年人Wèi chéng nián rén “people who are not finished”) from 7 to 18 years. This group can be subdivided further. Elementary school students between the ages of 7 and 12 are only supposed to drink water. Middle school students between 13 and 15 begin sneaking soft drinks despite prohibitions from their parents, grandparents and teachers. High school students between 16 and 18 years old are under significant pressure because they are preparing for the national competitive examination, the Gāo kǎo (高考), which enables them to go to university afterwards. They therefore increasingly feel the need for such high-sugar drinks in order to boost their performance in examinations.

During this stage of the life cycle commercial beverages are generally forbidden. They represent moments of relaxation that compete with school time. However, they are allowed (or even required) after sports, as a social activity to make friends, or prepare for examinations. During this same stage, girls learn about the ban for them on cold drinks. The “young non-adults” are considered children (hái zi 孩子). This term formally signifies that children owe obedience to adults including grandparents, parents, and teachers.

The second stage of the life cycle is that of young adults (青年人Qīng nián rén “green, immature person”). This stage begins at the end of high school, around 18 years of age, to the birth of the first child, between the ages of 25 and 35 years. This life cycle stage is much more flexible in terms of social norms and bans, except for young women when they wish to have a baby; when they are expecting a baby, commercial drinks may be entirely forbidden. It is likely that this life cycle effect overlaps with the generational effect. The most recent generation, born after 1995/2000 and already accustomed to commercial beverages during childhood, is more open to these drinks when arriving, for instance, at university.

The third stage is that of older adults (中老年人Zhōng lǎonián rén), those who are older than 35/40 years, most of whom were born before 1980. They are beginning to pay attention to their health and set a good example for their children by limiting their consumption of commercial beverages. Some older adults consider these drinks off limits.

The fourth stage of the life cycle includes retired people (老年人Lǎonián rén). They are very concerned about their health problems, and for some of them, care related to traditional Chinese medicine. They prefer hot drinks such as soups rather than commercial drinks that symbolically are “cold,” and hence seen as a poor choice, particularly for women.

These different stages correspond to three major phases in the understanding of the relationship with health and nutrition. During childhood, it is important to pay attention to “nutrition” (营养 Yíngyǎng), in the sense of encouraging growth and giving children a good start. Young adults need to “maintain their health” (保健bǎojiàn), in the sense of keeping active. For adults and the retired, it is necessary to “feed life” (养生yǎngshēng), in the sense of slowing down the loss of energy. These three mental representations of health, which develop as a function of stage in the life cycle, correspond to changes in human energy over time. First energy grows, then it is maintained, and finally it diminishes.

Gender Effects

Consumption of commercial non-alcoholic drinks is also affected by gender. The pressure seems to be stronger on young women rather than young men to refrain from cold drinks, particularly when young women are expecting.

It also seems that the commercial drink consumption is sensitive to the effects of social class and income. However, our data at the microsocial scale does not permit us to examine this likely pattern in any detail. For this a quantitative survey would be necessary with a larger sample size.

 

Tensions Arising at Home

Through our study of commercial beverage consumption, we have been able to document tensions in China. Sometimes the tensions are high, involving some combination of the paternal and maternal grandparents, the two parents, and the only child. These tensions involve supporters of traditional Confucian authority, often designated using the term “filial piety” (孝xiào). Those adhering to the principles of Confucianism are generally against sweet commercial drinks containing sugar, and are generally in favor of a traditional, strict educational system based on memory rather than creativity. They differ from those who have a more flexible view of parental authority and an educational system that fosters creativity. These tensions also vary depending on the priorities that families have related to success at school, good health and the proper socialization of their only child.

However, a new social norm, which is implicit and diffuse, is emerging in China in China, that authorizes the expression of emotions and of pleasure. This norm appears to be similar to one experienced in the West between the 19th and 20th centuries, as shown by the sociologist Eva Illouz (2012) in her book Why Love Hurts: A Sociological Explanation. A roundtable discussion carried out in 2014 with Ma Jing Jing and Wang Lei (Desjeux et al 2014) certainly showed the erotic dimensions of pleasure, which were non-existent in the first roundtable discussion that we carried out in 1997 (Zheng and Desjeux 2002). This new norm goes against the norm of unquestioning obedience. As a result, there are many more negotiations between parents and children than 20 years ago, and hence a potential opening for the commercial beverage market. However, comparatively speaking, parental authority seems to be much stricter in China than in France, Brazil or the United States (Desjeux and al., 2016). For example, in 2017, in a new research I found the same debate on family authority and flexibility in São Paulo, Brazil.

 

The Role of Social Norms

Integration of commercial beverages into family life is likely to occur when parents allow it. Some young people adhere to the ban on commercial drinks imposed by their teachers and parents. However, this norm becomes less and less applicable the older young people get, particularly as they approach the end of secondary school. Other young people may ignore their parents’ rule about consuming commercial beverages. Peer groups may tolerate, encourage, or even promote such beverage consumption after sports or before an exam, when it increases students’ energy or allows them to make friends.

Beverage consumption becomes a game between parents or grandparents and the children. One of the ways in which parents exercise control is by limiting their children’s pocket money. However, this method of control can only be an occasional practice. Maneuvering by the parents and grandparents is limited because the child is an only child; no one wants to have a poor relationship with his/her only child. Children control a strategic area of uncertainty with respect to their parents; they can give or withhold love, as I have already observed in France (Desjeux 1991). Their agency is therefore an important factor in the changes which are underway in beverage consumption.

The analysis of power relations between adults and the child shows that there is sales potential due to the social transgression linked with the consumption of commercial drinks, if this consumption is not too strongly opposed to the goals of success at school and good health. This is also sales potential associated with the progressively increasing independence of young people.

If the norm surrounding commercial beverage consumption is relaxed, the drinks market for children can be developed. The market is subject to a field of forces, including changing norms, practices, and behaviors. Our interpretation differs from those that are purely individual-oriented, centered on desire and motivations, as put forward in the approaches of marketing and psychology. We are not suggesting that the marketing approach is incorrect, only that it is different. The marketing and psychological approaches may be quite relevant when one is facing a store shelf or computer screen, in other words at a particular moment in the acquisition of goods and products. Anthropology adds context to our understanding of beverage consumption. It provides the framework or cultural overlay for beliefs and expectations, including their changing patterns and hence the collective constraints guiding individual choices on which marketing focuses.

 

Variation in Beverage Consumption

Beverage consumption practices vary. They depend on the time of day (i.e., between the morning and the evening), “sedentary” times or times of transportation, and ordinary periods versus exceptional occasions. Since in China water from the tap is not drinking water, the Chinese boil all tap water before consuming it. This is often done in the morning. Water is a way of purifying the body and “feeding life” at the moment of getting up. There are two kinds of breakfasts, the traditional kind based on soup or soy milk, and the modern kind based on coffee, fruit juices and milk. Breakfast involves making a decision between traditional and modern dishes or drinks. Traditional breakfasts require a certain amount of time for preparation; they are perceived as being healthy. Modern breakfasts require no preparation and are not always perceived as being healthy.

Breakfast may be eaten at home, on the way to work or school, in school or the office, and at the “Dān wèi” (单位, a work department) for those who work in the public sector. Water must be boiled for breakfast when one eats at home. For those who stay at home, that boiled water can be used all day, including for making tea. Commercial soft drinks are generally not part of breakfast. Water that is boiled in the morning can be used all day, for those who stay at home. It can also be used to make tea. Commercial soda-style drinks are generally forbidden during breakfast.

While on the move, some of the Chinese drink traditional and/or modern beverages which they put in their Thermos flasks or buy at shops or from machines in the metro stations. Commercial drinks are considered acceptable.

At school, young people have easy access to drinking water. Commercial drinks are strictly forbidden at primary school. In junior high school or high school, it is possible for students to buy commercial drinks in the small shops located next to schools, and then drink them—usually in secret. At work, the beverage consumption norm is flexible. The workplace is often equipped with a kettle and/or a water fountain for use with a Thermos flask.

At lunchtime, commercial beverages are generally forbidden for everyone, and particularly sweet drinks such as soda. It is not common to drink during meals as a rule, except soups, hot water or tea. The evening is a more flexible time for consuming drinks other than traditional drinks, especially when returning from work and after dinner.

The drinks permitted at home are those that are perceived to be healthy, nutritious, and purifying for the body (e.g., boiled water, cereal soups, and homemade soy juice). Chinese families try to address the uncertainties linked with the quality of the drinking water by themselves; they are concerned with everything that could threaten the health of their child or other family members. Sweet commercial drinks are generally not allowed. On the other hand, they are permitted in the workplace, when one is in transit and in the evening.

However, when we observed the size and number of the supermarket shelves devoted to commercial beverages, we noted a gap between stated norms and actual practice. Interestingly, in the few home refrigerators that we saw, we did not see many commercial drinks perhaps because sweet commercial drinks are a source of concern for some Chinese families. Today, each member of the family maneuvers around the rules, trying not to exceed the social limits so as to avoid sparking too many conflicts.

Beverage consumption and its meaning also vary depending on the occasion. Water is generally stipulated on ordinary family occasions throughout the day, unlike commercial beverages, which are forbidden or only tolerated.

However, water, whether hot or lukewarm, is not allowed during social gatherings away from the home. Instead, commercial drinks or alcohol, become the beverages of choice. These beverages become part of the face-saving strategies (Miàn zi 面子) of the Chinese. The notion of blandness comes from analogical reasoning, which is strongly present in traditional Chinese culture. It associates a bland taste with a bland social relation, bringing the risk of a loss of face for the host. The risk of having a bland social relationship makes it obligatory to consume commercial drinks with a strong taste, symbolizing a strong social relationship. Commercial drinks are considered acceptable before an examination or after sport. As a general rule, everything that promotes success in examinations is allowed in China. On the other hand, in the event of illness, traditional herbal teas are generally stipulated.

In qualitative research, the analytic criterion is not frequency or quantity, since these elements cannot be demonstrated statistically. Instead, qualitative researchers emphasize the existence and diversity of practices that are situation-dependent. The context, the actions people take, and the objects associated with them, represent variables that can explain practices and meaning. We do not consider the product’s image and its symbolic dimensions as explanatory variables that trigger a decision. Instead, we use them to explain the meaning that consumers employ to justify their purchase decisions. In a counterintuitive manner, the meaning ascribed to a practice at this microsocial scale of observation is not independent of it. Meaning is constrained by social norms, whether that involves accepting them or breaking the rules. Meaning reinforces the effect of the situation, which leads to action.

The Symbolism of “Hot” (热rè) and “Cold” (冷lěng)

For some of the Chinese, the symbolism of health and what is healthy revolves around two key notions: that of “cold” (冷lěng) and that of “heat” (热rè). All of this is known to specialists (Yang 2006). What is less well known, and more difficult to estimate, is the proportion of the Chinese who live in accordance with the principles of traditional medicine. Previous research on body care practices and use of cosmetics in China (Lei 2015) shows that some Chinese adhere to traditional principles, while others are opposed to them, and still others adhere to both traditional and western medicine principles and practices. Agency features here again – in the existence of alternative cultural models, human actors can decide which they choose to adopt.

In traditional medicine, the basic principle is that the body is in good health when energy (Qi 气) circulates correctly inside the body. It circulates well when heat and cold are balanced in the body. The categories of heat and cold are symbolic, and do not correspond to some actual temperature. These categories are not entirely constant across China. The categorization of a particular foodstuff as symbolically hot or cold may vary depending on family or region.

Women are thought to have colder bodies, due to their monthly loss of blood, and are also supposed to have less energy. Therefore, they have a heat deficit and need to consume more foods and drinks categorized symbolically as hot to restore the body’s balance. They must avoid “cold” products, and hence to some extent, commercial drinks; while such drinks may be neutral, they may be categorized as cold products. However, for some of the Chinese, commercial drinks are not part of the system of categorization into hot and cold. Commercial drinks are seen in an ambiguous way, in that they have both positive and negative associations.

The symbolic category of cold is of particular importance to body and health care, especially for women. Women believe they run a higher risk of illness or infertility than men if they drink cold beverages. Cold drinks may simultaneously threaten the proper functioning of organs such as the heart, liver or lungs; symbolically, these organs contribute towards the proper circulation of energy (Qi), the ability to have children, and the aesthetics that their body and face represent. This belief explains why boiled lukewarm water is a way of dealing with the problem of cold drinks and righting the balance of Qi for women. Boiled water has a strong positive symbolic charge, which means that commercial drinks can have a negative symbolic charge.

Yet, commercial beverages, one way or another, are becoming integrated into the care of the body and the regulation of heat and cold. The meaning ascribed to commercial drinks is neither stable nor automatic, but rather follows the dynamics of the development and divisions of Chinese society.

Some of the Chinese attach great importance to the symbolism of hot and cold, while others do not and categorize it as a “superstition”, and still others are somewhere between the two positions. Thus, even though Chinese women are not equally sensitive to cold products, the symbolism behind them which is often associated with commercial drinks, remains problematic today.

If we look at the relationship between the life cycle and beverage consumption, we can see that the commercial beverage market is structured with little left to chance. Some adolescents partake during exam periods and while playing sports. The market is much more open for young adults who do not have any family pressures (even if they already experience work pressures) since they are generally in good health, are financially independent, and like the taste of commercial drinks. With middle-aged adults, market share is lower compared to young adults. For old people, too, the market seems to be relatively limited, and China’s population is aging. However, it is entirely possible that in the years to come, some of the beverage consumption practices associated with young non-adults and young adults may extend to the older generations.

 

Discussion

The Social Framework for Innovation Success

Our anthropological study shows that drink choice is subject to significant social constraints in terms of what is stipulated, allowed, or forbidden. This choice varies as a function of tensions crossing the generations, between those who adhere to the traditional Chinese system of beverages and those who prefer to make compromises by drinking modern commercial beverages. Here again we see the importance of agency, with the consumers themselves deciding which cultural model they will adopt.

These tensions require a negotiation between the cultural goals of good health and of pleasure linked with taste: boiled water is healthy but bland while a commercial drink has taste but may be bad for one’s health. A compromise, for the Chinese, typically involves choosing the commercial drink that is perceived to be the least detrimental to one’s health, but while has a pleasant taste. This compromise takes into account price, particularly when the consumers are young and have little money, and brand, an indicator of quality and taste. Choosing a particular brand is often a way for consumers to identify the quality they are looking for. However, the satisfaction drawn from the product is more important than the love of the brand.

Our anthropological investigation makes it possible to identify those social groups able to purchase commercial drinks. The primary group, consisting of young people between 18 and 35 years of age, is positioned to allow themselves this treat. Another group includes those adults who are on the move in the metro, on trains, in cars or on foot, regardless of age. Finally, this group includes those who are outside their home, at work, at a restaurant or have just finished playing a sport.

Diffusing Anthropological Findings within the Firm

It is within this triangle of social norms, practices and the effect of the life cycle that Chinese consumers make decisions between hot and cold, natural and artificial, light and sickly sweet, pure and impure, healthy and unhealthy, and bland and strong tasting. This emic classification is significantly different from the one proposed by marketing, whether in terms of motivation or revenue. The diffusion of anthropological data from anthropological consultants to the R&D department to the marketing department may face a variety of issues (e.g., data reliability, representativeness). Yet, the anthropological methodology prides itself on its validity. The difference in disciplinary approaches lies at the heart of the enigma of innovation.

This situation forced us to reflect on how to proceed so that our results would be used by the company. We were not content with simply presenting our results. We organized an activity (the nature of which is confidential) to stimulate reflection on the part of all the anthropologists and the in-house teams of the company.

Saying that there is a difference between the information produced by anthropologists, by R&D or by marketing does not mean that one of the three actors is better than the others. It simply means that information is not socially neutral because it is produced within a specific cognitive frameworks. Our anthropological framework emphasizes practices—what consumers do given certain constraints. It also emphasizes the social forces leading consumers to act and places less stress on consumer needs and wants.

However, marketing focuses first on consumer needs. References are frequently made to the famous hierarchy of needs created by Maslow (1934), which poses many problems today due to the evolution of what can is considered a primary need. In the 1940s, the period in which Maslow was writing, food was thought to be a primary need. Since the year 2000, electrical energy and mobility may also be considered primary needs.

Thus, for inventions/innovations produced by anthropological investigation to be “diffused”, they need to be transformed, “reinterpreted” or “translated” (Callon 1986) using the mental frameworks of marketing specialists who review and react to anthropological findings and recommendations. Working meetings involving diverse disciplinary backgrounds and professions allow the information to be translated from one professional universe into another.

We participated in such a working meeting. After it was over, the company proposed a series of key findings of the study. At this point, the anthropological data was transformed and reduced to a slide with six columns. Crucially, this simplification enabled the data to be reinterpreted by company employees. As a result, an invention was produced—an idea had the potential to be transformed into an innovation and end up finally with consumers.

However, data reduction by itself is not sufficient, because the cognitive models or frameworks of marketing experts do not correspond to those held by anthropologists. Briefly, the framework for marketing is organized around three questions: What are the needs? What do I like? What are the motivations? These three questions can also be phrased: Why do I like something? What meaning do I give to it? What are the psychological barriers that prevent me getting it? Desire is central for marketing professionals. For anthropologists oriented to explaining cultural practices, it is the set of constraints and the interplay of actors that are central. This disciplinary difference was so great that the Chinese firm’s general management had difficulties understanding the “insights” from the anthropological study. We found some basic similarities between the two approaches. We settled on the following: Consumption practices corresponded generally to individual needs, motivations corresponded to trigger events, and the combination of occasions for use, Chinese symbolism relating to management of the body and health, and the constraints corresponded to the social norms which promoted or forbade consumption.

Conclusions

The diagrams above display summarize the overall findings.

They represent the cultural change in progress in the area of drinks via 2 assemblages, one representing the old status quo, and the other representing the current situation. The effect of agency is apparent in a number of areas. Firstly, people choose whether or not to adhere to the old traditional systems of belief about symbolic hot and cold. Secondly, taste plays a role in their choice of drink. Thirdly, only children have greater bargaining power with their parents than previous generations did, and so are more likely to be able to gain compromises in being allowed to consume commercial drinks. They may also transgress any bans in secret. Such agency-related changes interact with changes in other areas involving larger groups (such as school authorities), social circumstances (a rise in the use of restaurants, increased journey times to work) and inanimate actants (such as drinks machines). It is the assemblage as a whole which changes over time.

Following this anthropological research, for ideas to diffuse within the company a great deal of time and energy were required. The process of diffusion of an idea is not purely mental. In this case it also required a great deal of energy, mobility, computers, budgets, mobilization of internal networks in the company, and work carried out in French, Chinese and English. The results produced within the company corresponded partly, but only partly, to the sociocultural framework proposed in the anthropological conclusion. This is entirely to be expected—not in a moral sense, but in the sense that this the normal path followed in the diffusion of innovations. Our anthropological investigation was reinterpreted with respect to the objectives and the constraints of actors within the company. This reinterpretation made it possible for them to create an invention that could be diffused within the company. Otherwise, we would not have known whether our results were useful to either the firm or the end user.

Innovation will always be an uncertain phenomenon; in this sense there will never be an answer to the enigma of its success or failure. However, based on the example of non-alcoholic drinks presented here, it is possible to lift part of the veil masking this enigma. Some, but not all, of this unknown derives from the ability of actors to agree to a reinterpretation, transformation, and translation of their ideas all along the collective process of innovation; this process begins with an invention and, with luck, ends with an innovation for the end user. It is a process on the microsocial and mesosocial scale that incorporates actors and objects, meaning and interest, relations of power and cooperation, and both material and imagined attributes. The resolution of the enigma of innovation is to be found by taking into consideration this uncertain combination.

Paris Guangzhou, May 2017

 

 

Bibliography

 

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2017 11 Desjeux D., Les représentations ambivalentes de la mobilité et du progrès en Chine entre 1950 et 2015

Publié par forumviesmobiles.org

Desjeux D, 2017, « les représentations ambivalentes de la mobilité et du progrès en Chine entre 1950 et 2015 », in Christophe Gay et Sylvie Landriève (éds.), Mobilité en Chine, 50 ans d’accélération vue par les Chinois, Forum vies mobiles, pp. 7-24

Ce dossier est la résultante d’un travail collectif
Dans une première phase, « Jérémy Descamps , urbaniste et sinologue français, directeur de SINAPOLIS met en place une méthodologie originale. Il monte une équipe avec la géographe Zhang Chun, la sociologue Zhou Le, le collectionneur de photographies Thomas Sauvin, et le vidéaste Wong Gongxin. Une recherche iconographique permet de constituer une collection de photographies des années 1950 à nos jours, considérée comme emblématique des transformations qu’ont connues les villes, la mobilité du quotidien, les voyages longue distancent et les vitesses en Chine. Cette collection est présentée à une cinquantaine de personnes au cours d’entretiens qualitatifs menés dans cinq des huit grandes villes chinoises qui dépassent les 10 millions d’habitants : Pékin, Shanghai, Wuhan, Shenzhen, et Chongqing, situé dans différentes régions du pays. »
Ensuite deux analyses secondaires ont été rédigées, l’une par Dominique Desjeux qui est présentée ici et l’autre par Mobile’homme ( Bureau de conseil et d’étude sur la mobilité,  avec Stéphanie Vincent  et Vincent Kaufman)
Extrait de la page de présentation du dossier coordonnée par Christophe Gay, Sylvie Landriève, Anaïs Lefranc–Morin, Tom Dubois.

l’ensemble du travail est mis en ligne sur forumviesmobiles.org

2017 10 CHINE IMAGINAIRE MOBILITE : PowerPoint de présentation orale, avec photos

Les représentations ambivalentes de la mobilité et du progrès en Chine entre 1950 et 2015 : de la rareté au confort, du vélo à la voiture, du manuel au numérique, du collectif villageois à la foule impersonnelle, du public à l’intime, de la peur à l’espoir

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite, université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité

 

1 – La mobilité avant 1980, pendant l’ère maoïste : une pratique collective, limitée par la rareté de l’offre de services à la mobilité et par des infrastructures sommaires, régulièrement sous contrainte politique

 

Le ticket, la file d’attente et la politique

La rareté caractérise cette période. Pour beaucoup la vie est monotone. Il n’y a pas de vacances, pas d’occasion de voyager. Jusque dans les années 1980, la mobilité est réduite. Tout est rare. Dans la vie quotidienne, tout passe par des tickets pour obtenir des livres, des allumettes, de la viande, des céréales. La population chinoise est autorisée à consommer 28 livres de céréales par mois, les professeurs et les employés 31, des ouvriers 45 et ceux qui transportent des marchandises 50 livres. À cette époque l’énergie humaine est donc centrale. « Il faut faire la queue pour tout, y compris pour acheter des billets de train ou de bateau. » Dans les années 1950 et 1960, les familles doivent aussi se partager un seul couteau et une hache. Chacun doit repriser ses pantalons et doit donc appliquer une forme élémentaire d’économie circulaire et économe. « Sous Mao, beaucoup de gens n’avaient pas à manger. Maintenant ça n’existe pratiquement plus. C’est sûr qu’aujourd’hui c’est mieux qu’avant. » La file d’attente symbolise la mobilité des transports. L’envoi des jeunes intellectuels à la campagne symbolise la mobilité sous contrainte, souvenir qui n’est pas toujours négatif aujourd’hui, 40 ans plus tard.

Malgré tout « au milieu de la grisaille du système socialiste » l’État payait pour la santé, quelle que soit la maladie, « alors que dans notre Chine moderne, on a plein de dettes, on ne peut pas s’en sortir. » Ceci explique pourquoi, pour une partie des Chinois, comme pour une partie de la population des anciens pays communistes du bloc soviétique, la période maoïste était malgré tout une bonne période. Elle a offert aux Chinois « un très bon milieu de vie. » C’est pourquoi « quand Mao est mort, il nous a laissé une empreinte très profonde. »

Sur le plan politique, d’autres interviewés déclarent cependant qu’ils n’aiment pas trop Mao Zedong ni Deng Xiaoping. « On a l’impression qu’ils ont fait de très mauvaises choses », opinion qui semble aussi circuler sur Internet, d’après eux. D’autres sont ambivalents. Il pense que la politique de fermeture préconisée par le président Mao protège des mauvaises influences extérieures, mais en même temps que la fermeture empêche de s’ouvrir aux nouvelles idées qui accélèrent le développement. D’autres enfin, plus jeunes, déclarent qu’ils ne s’intéressent pas trop à cette période qui a l’air par contre d’intéresser leurs parents.

La mobilité journalière, occasionnelle ou annuelle : des transports à dominante collectifs associés au vélo, symbole de liberté sans contrainte

À cette époque il est très difficile de circuler entre les villes et la campagne. Les routes ne sont bien souvent que « des chemins de terre ou de sable. Dès qu’une voiture passait, elle dégageait un nuage de poussière. »

Cependant, à cette époque, même en ville, la voiture individuelle est très rare, comme le métro, dont le premier sera construit en 1969 à Beijing. Le plus souvent on prend le car, le bus ou le train en fonction des différentes mobilités. On marche à pied ou on utilise l’énergie animale, comme celle du cheval. Les transports sont collectifs, à l’exception majeure d’un objet symbole de bien-être et de liberté, le vélo. Pendant les « 30 glorieuses » en Europe de l’Ouest, on parlait de la bicyclette, comme dans le film de 1948 de Vittorio De Sica, Le voleur de bicyclette, qui rappelle l’importance du vélo pour les classes populaires dans les sociétés occidentales de l’après-guerre, avant le décollage économique que la Chine connaîtra elle aussi 20 ans plus tard dans les années 1990 à 2000, au moment où le vélo changera aussi de sens.

La mobilité est un indicateur des hiérarchies sociales,  même si son ampleur est faible comparée à aujourd’hui où la distance sociale entre riches et pauvres est très forte en Chine. Pour les jeunes qui faisaient la révolution culturelle, il pouvait aller en bus partout. Le ticket mensuel coûtait 4 yuans. À Beijing, les tickets de métro étaient très difficiles à obtenir, sauf si on avait un réseau familial avec des membres de la famille bien placés. De même, prendre le train était rare. Un interviewé se rappelle qu’il a commencé à prendre le train quand il est devenu le secrétaire du PC de son usine. Pour beaucoup, dans leurs souvenirs, le train était un lieu de sociabilité important. Tout le monde discutait avec tout le monde. On était aussi très tassé : « je me souviens qu’une fois, je me tenais sur un pied, et j’ai tenu comme ça pendant 17 heures. » Dans le train il y a aussi beaucoup d’odeurs.

Un moment clé de la mobilité chinoise est celui de la fête du printemps (chun1 printemps yun4 se déplacer 春运), autour de janvier ou février chaque année. Les trains sont bondés et souvent il faut passer par les fenêtres pour avoir accès à une place. Les familles se retrouvent après avoir été séparées soient à cause du travail soient à cause des études. C’est un grand moment d’expression de la « piété filiale » (xiao4 shun4 孝顺) qui est perçue comme menacée aujourd’hui par la modernisation de la Chine et remis en valeur depuis peu par le gouvernement.

L’avion est un moyen de transport encore plus rare que le train ou la voiture. Il est réservé aux cadres. Dans les années 1970, ce sont des avions avec deux hélices et qui peuvent transporter 40 personnes. Plus tard, les avions ont quatre hélices et peuvent transporter 100 personnes. Une interviewée raconte qu’elle avait payé son billet d’avion 80 yuans alors qu’une dame étrangère avait payé 180 yuans pour le même trajet. Les tarifs n’étaient pas les mêmes pour les étrangers et les Chinois. Surtout prendre un billet d’avion était très cher, mais c’était aussi très excitant de survoler la Chine à 9 ou 10 000 m d’altitude.

Le moyen de transport le plus habituel est le vélo, notamment pour aller au travail. Dans les villes on pouvait voir des armées de bicyclettes. C’était aussi un moyen pour transporter les enfants au jardin d’enfants. Le vélo est intégré au cycle de vie et représente un cadeau de valeur dans le cycle de l’enfance ou de l’adolescence. Le vélo est un outil de travail, certes, mais il est aussi le symbole de la liberté sans contrainte et de l’amitié.

Fluidité et rugosité de la mobilité : le hukou et la révolution culturelle

Dans de nombreuses sociétés sédentaires, la mobilité est souvent perçue comme dangereuse. Bien souvent on observe un double mouvement de fluidification et de ralentissement des flux de la mobilité. Le hu4 kou 3 户口 (passeport résidentiel) est l’objet principal de ce double mouvement de facilitation et de diminution de la mobilité. La mise en place du hukou se fait dans les années 50. Il permet de contrôler le flux des migrants vers les villes et aussi de pousser une partie de « la population à retourner à la campagne travailler aux champs » (xia4 fang4下方). Surtout après « le Grand Bond en Avant [1958-1960] nous avons eu trois années de catastrophes naturelles. Il n’y avait rien à manger dans les villes. Il fallait envoyer les gens à la campagne. »

La Révolution Culturelle « commence en 1966. Les cours se sont arrêtés en 1969 quand on a été envoyé à la campagne. À cette époque, les étudiants devaient tous faire la révolution. Il fallait faire l’expérience du travail et aller à la campagne jusqu’à l’âge de fonder une famille. À cette époque il y avait un contrôle des naissances et le mariage n’était autorisé qu’après un certain âge. Après il y a eu les licenciements massifs dans les entreprises d’État, ça aussi je l’ai vécu. Juste quand on commençait à profiter d’avoir un salaire, on a été mis à la retraite. Donc ma jeunesse c’est comme ça que je l’ai sacrifiée. »

Avant 1980, la première année de la génération des Chinois qui sont des enfants uniques, la mobilité liée au voyage et à la découverte est plutôt faible. C’est une mobilité collective, sous contrainte de règles familiales ou de pressions politiques ou encore de nécessité commerciale. Le vélo apparaît comme le moyen de transport dominant de cette période, au moins pour la mobilité pendulaire journalière. On voit se dessiner une mobilité heureuse et une autre malheureuse, comme on le verra surtout après 2000.

2 – Les années 1980, la transition vers de nouvelles mobilités : l’émergence d’une quête moderne de la diversité

 

Le vélo dans les années 1980 : « c’est comme quand maintenant on a une automobile »

L’importance du vélo dans les années 1980 se lit à travers ce que l’on appelle en Chine « les trois objets importants », ceux que le mari doit apporter au moment du mariage : le vélo, la machine à coudre et la montre. Aujourd’hui ce serait plutôt un salaire élevé, un appartement et une voiture.

Le vélo était encore le véhicule familial, qui sera suivi dans les années 1980/1990 par la moto en ville, une pratique proche de celle que l’on pouvait observer à la même époque à Naples en Italie où l’on pouvait voir des motos ou des scooters avec le père, la mère et deux enfants. Le vélo est aujourd’hui en partie associé au manque de ressources. Cela explique une certaine difficulté à développer le vélo et le « velib » en ville en dehors des campus pour les étudiants qui ont moins de moyens, mais aussi pour  des raisons d’insécurité par rapport aux voitures.

Le vélo est aussi associé à la jeunesse, aux amis avec qui on peut rire et se balader. Certains se rappellent cette période avec regret et disent que cela fait bien longtemps qu’ils n’ont plus ressenti ce sentiment associé à l’amitié, au bavardage et au rire. Le souvenir du vélo rentre pour une part dans le monde idéalisé de la nostalgie, celui de l’enfance et de l’amitié, celui de l’insouciance.

Le train, bon marché, avec des places assises en nombre limité, peu confortables et sales, avec des couchettes très chères

Un billet de train ne coûtait que quelques yuans, mais il fallait souvent voyager debout, et parfois pendant 17 ou 18 heures. À la fin du voyage les pieds étaient tout gonflés. Les trains fonctionnaient encore au charbon. Quand on ouvrait la fenêtre, tout devenait noir assez rapidement. Pendant longtemps les sièges ont été en bois puis ils ont été en cuir. Cependant ils n’étaient pas assez nombreux par rapport au nombre de voyageurs.

Il y avait des couchettes, mais elles étaient très chères. À l’époque on pouvait gagner 30 à 40 yuans par mois, et les couchettes coûtaient autour de 20 yuans, soit la moitié d’un salaire mensuel.

Certains se rappellent cependant d’avoir fait des voyages assez longs avec des amis, quand ils étaient jeunes, et d’avoir très bien supporté le train : « finalement, plus on est jeune, moins on fait attention au mode de transport, mais plus on attache d’importance à l’ambiance. »

L’avion, une découverte qui excite et qui fait peur : l’émergence d’une nouvelle émotion

Prendre l’avion dans les années 1980 est encore quelque chose d’exceptionnel. Une personne se rappelle qu’elle ne savait pas comment attacher la ceinture de sécurité. Elle a eu peur au décollage et à l’atterrissage et ensuite elle a raconté à tout le monde qu’elle avait pris l’avion.

Les déclencheurs sociaux de la mobilité des personnes : entre sortir de la pauvreté et s’initier à un Nouveau Monde

« Après le lycée, je suis resté un an à la maison, mais ma famille était trop pauvre, je n’avais pas le choix, je devais partir gagner ma vie à l’extérieur. » Cette situation de pénurie explique une partie de la mobilité des jeunes des campagnes vers les villes. Émigrer vers la ville est une condition de leur survie. Beaucoup vont utiliser le train. Une partie a été incitée à partir par des recruteurs travaillant pour diverses industries. Ils composent ce que l’on appelle en Chine la population « flottante » qui serait aujourd’hui entre 200 et 250 millions de personnes. Le hukou, le permis de résidence, est toujours en vigueur. C’est une mobilité sous contrainte de pauvreté et de contrôle politique.

Certains sont partis pour faire un travail spécifique, comme travailler dans une banque à Shanghai. D’autres se sont engagés dans l’armée. Certains bougent pour pouvoir se rapprocher de leur famille. Cette mobilité relève plus d’un choix qu’avant 1980, mais moins qu’après 2000.

D’autres voyagent pour expérimenter d’autres modes de vie, pour échapper à la vitesse par exemple, et voir des choses différentes. Ce n’est pas toujours facile, car certains ont l’impression « qu’en Chine les bâtiments sont tous pareils. » Allez dans une grande ville comme Pékin permet d’élargir sa vision du monde et d’apprendre des choses nouvelles auprès de nouvelles personnes. La mobilité en Chine ou à l’étranger permet de découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux modes de vie.

Mais la mobilité demande un apprentissage. Elle demande d’acquérir une compétence pour savoir comment acheter un ticket ou comment s’asseoir dans le métro. Elle apprend à être plus tolérant, à accepter d’autres comportements et à s’adapter à la diversité des origines des personnes qui vivent en ville. Quand on va à l’étranger, on découvre que les gens sont « plus autonomes dans leurs relations avec les autres. J’aime ce sentiment. » L’autonomie par rapport à la contrainte des normes sociales de la société chinoise est souvent une découverte importante des Chinois qui ont migré dans les pays occidentaux. Cette découverte n’est du reste pas propre à la Chine. Elle est bien souvent vécue par tous ceux qui s’éloignent de leur milieu d’origine.

La mobilité permet l’autonomie. Elle est donc ambivalente, car l’autonomie crée de la différence et donc un risque de séparation : « Quand je suis rentrée, ma façon de parler, mes idées, mes valeurs n’étaient plus les mêmes que celle de mes anciens camarades du lycée ou du collège. »

« J’ai l’impression que je connais de plus en plus le monde, j’ai l’impression que je connais de plus en plus d’endroits, ma vision du monde s’élargit au fur et à mesure. » Cette forme de mobilité est vécue comme une quête.

La mobilité des années 1980 est encore une mobilité fortement sous contraintes de pouvoir d’achat, de contrôle administratif et des moyens de transport collectif peu confortables. Les moyens de transport individuels motorisés sont quasiment inexistants pour la plupart des Chinois. La voiture est réservée aux officiels. Et la mobilité est aussi vécue comme une recherche d’autres choses, et donc aussi comme un risque, comme on le verra avec la mobilité qui se développe après les années 2000.

3 – L’évolution des moyens matériels de la mobilité après 2000 : l’émergence du transport individuel, de la vitesse, des embouteillages et de la numérisation

L’évolution de la Chine autour des années 2000 ressemble de façon étonnante à l’époque des « 30 glorieuses » que l’Europe de l’Ouest a connue entre 1945 et 1975. On retrouve des éléments de comparaison dans le film Trafic de 1971 de Jacques Tati sur les voitures et les embouteillages ou encore dans Playtime de 1967 sur l’aéroport d’Orly et les avions. La mobilité apparaît comme un phénomène social ambivalent et un analyseur du rapport au « progrès » que les sociétés expriment à travers l’évolution des innovations techniques liées à la mobilité et de leur impact sur la vie quotidienne.

Les changements de sens du vélo

Dans les années 60, le vélo est à la fois un signe de l’autonomie et un moyen de transport utilitaire pour aller au travail. Il est un des signes de la réussite. Dans les années 2000, le vélo est vécu comme inconfortable à cause du froid en hiver, du chaud en été ou du vent au printemps, comme un moyen de transport dangereux par rapport aux voitures et à la pollution, et comme un signe de pauvreté. Le vélo est associé aux personnes âgées. Le rêve chinois ne passe plus par le vélo, pour le moment.

Comme en Europe, au Brésil ou aux États-Unis le vélo est en train de changer de sens. Il devient un moyen de faire du sport pour la classe moyenne supérieure chinoise. Dans une ville comme Hangzhou, on peut voir des parkings avec des centaines de Vélib’. Cela reste encore assez minoritaire. Le vélo reprend un sens positif quand il est comparé à la voiture qui elle émet du CO2, à l’inverse du vélo qui devient un moyen de protéger l’environnement.

La transformation des moyens de transport collectif : le confort, la vitesse et le retour de la foule

Les bus et les cars : la montée des liens impersonnels, du confort et des transgressions

Les bus et les cars sont de plus en plus accessibles en ville et à la campagne. Ils sont de plus en plus modernes et confortables. Il possède la climatisation. Avec les bus, on risque moins d’être en retard au travail. Les vendeurs de tickets ont été remplacés par des machines. De même l’annonce des stations est faite sur un écran. Elles peuvent être en anglais et en chinois, et même en shanghaien. Les nouveaux objets technologiques remplacent les liens personnels, ce que certains regrettent et d’autres non, car il trouvait que les vendeurs de tickets n’étaient pas aimables. En 1959, Serge Gainsbourg chantait « Le poinçonneur des lilas ».

Un des inconvénients des bus est qu’ils créent des embouteillages en ville. Surtout, les bus ne sont pas toujours faciles d’accès. Il faut souvent se battre pour entrer ou sortir. On essaye de passer sans ticket, sans se faire prendre. La mobilité est un analyseur des petites transgressions au quotidien, comme on peut l’observer dans d’autres domaines comme celui du jeu en cachette à l’école, ou la consommation de soda qui est bien souvent interdite par les familles ou par les enseignants en Chine.

Le métro : de l’excitation à la routine

Pour les Chinois, un des grands avantages du métro est de diminuer les aléas du temps de transport et donc de diminuer les risques d’arriver en retard à l’école ou au travail. Le métro permet de prévoir la durée. Il est moins aléatoire que le bus. C’est pratique pour les salariés.

Pour les jeunes, qui semblent apprécier ce moyen de transport, le métro est plus confortable. Son « environnement est très agréable, très accueillant. On peut trouver très facilement l’endroit où on veut aller, la signalisation est très claire. Il y a des panneaux qui indiquent dans combien de minutes le métro arrive. On peut compter le temps que ça va mettre. Je trouve que c’est accueillant vis-à-vis des passagers. Je trouve que dans le métro l’information est bien faite. » Le métro permet aussi d’échapper aux embouteillages. Dans les grandes villes, certains abandonnent la voiture au profit du métro. Il favorise la mobilité, car il va plus vite pour aller d’un point à un autre, et permet ainsi d’aller déjeuner à des endroits qui demandaient trop de temps avant.

Le métro est aujourd’hui une pratique routinière : « Lorsque la première ligne a été créée, elle était extrêmement bondée. Les gens ordinaires trouvaient ça drôle, on aurait dit qu’on prenait le train. On trouvait tous que prendre le métro était drôle. Quand sont apparues les lignes 1, 2 et 3, les gens trouvaient encore ça drôle, mais maintenant on ne trouve plus ça drôle. » Certains ont même l’impression que le métro est un retour en arrière, comme dans les années 1960, tellement ils se sentent serrés. Ils ont même du mal à accepter cela.

La numérisation des objets de la mobilité appartient bien aussi au monde du métro. On peut payer grâce à des automates, avec des pièces, des billets ou des cartes électroniques. Le prix est ajusté à la distance et au nombre de stations : « on peut dire que c’est rationnel et légal. »

Le métro est aussi un révélateur du rapport au politique. Ses défaillances provoquent des critiques sur le thème de l’imprévoyance et du manque de bonne planification fait par le gouvernement, ce qui apparaît un thème récurrent à propos de la mobilité et de l’urbanisation.

30 ans auparavant, les choix de la mobilité étaient faibles. Elle était bien souvent imposée ou subie. Aujourd’hui, même si certains critiquent les nouveaux moyens de transport, la mobilité est devenue un signe de choix, un signe de la montée de l’individuation de certaines pratiques. Cela ne signifie pas la fin des normes collectives et du contrôle social en Chine. Cela signifie qu’il existe un peu plus de marge dans le jeu social, même si le choix, aux heures de pointe, est réduit à choisir entre les embouteillages en voiture ou être entassé dans le métro.

Le train et le TGV : le nouveau découpage du temps, entre migration pendulaire et mobilité à longue distance

« Maintenant vous voyez, on a le TVG. Vu que je fais souvent des allers-retours entre Pékin et Shanghai, je trouve que c’est plus pratique que le train. Pour des allers-retours entre Pékin et Shanghai, c’est même plus pratique que l’avion. » Les trains rapides interurbains sont même souvent considérés comme des transports publics urbains. Le TGV est un objet de fierté nationale. Le TGV va permettre, en plus, de développer la route de la soie par voie de terre.

Le train reste encore un moyen de transport fortement utilisé et tout particulièrement au moment des rentrées scolaires et universitaires et pour la grande transhumance des migrants pour la fête du Printemps, un peu comme pendant les vacances d’été, entre juillet et août, en France. Passer par la fenêtre, pousser pour essayer d’entrer, rester debout sont encore des pratiques actuelles.

D’après Zou le, le gouvernement essaye cependant d’étaler un peu les départs : « Officiellement, la Chine compte trois « semaines d’or » (huang2 jin 1 zhou1 黄金周) réparties entre les vacances du Nouvel An chinois, les vacances du 1er Mai et les vacances de la fête nationale le 1er octobre. Mais récemment, les autorités chinoises ont tenté de réduire ces goulets d’étranglement annuels en diminuant la période de congé lors des vacances du 1er Mai et en ajoutant des jours de congé supplémentaires mieux répartis sur l’année, généralement calés sur d’autres fêtes traditionnelles (Fête des Morts en avril, Fête de la lune en septembre, etc.). »

La foule et la vitesse sont vécues par certains de façon négative. Ils préfèrent alors prendre des trains-couchettes de nuit : «Je trouve que même si le TGV est rapide – ça met trois heures, j’ai l’impression qu’à l’intérieur on ne peut pas ne p être serein.  Je prends le train de 10 heures du soir, j’arrive le matin suivant, et je me sens très calme en arrivant. J’ai le sentiment d’être plus serein. » Comme l’écrit Allessandro Baricco en 1991, dans Châteaux de la colère, sur le choc de l’arrivée du chemin de fer au 19ème siècle: « le train lui, il était exact, temps transformé en fer, fer lancer sur deux rails, kyrielle très précise d’avant et d’après… Et surtout… Il était la vitesse…La vitesse. Ça ne pardonne pas la vitesse. [Elle est] la compression de l’espace et le découpage du temps, redessinant les cartes géographiques de la terre et les rêves des gens. » (pp. 91 et 96). Avec l’avion, la réduction du temps et de l’espace apparaît encore plus sensible pour ceux des Chinois qui le pratiquent régulièrement.

L’avion ou la banalisation de la vitesse

Au tout début, comme pour le TGV ou le métro, l’avion fascine : « J’aime le sentiment de monter dans le ciel et le paysage qu’on peut voir depuis l’avion. » Mais petit à petit la pratique de l’avion se banalise : « Maintenant, on prend l’avion, mais je me sens fatiguée. Je prends souvent l’avion pour une heure. Le même jour il m’arrive d’aller dans plusieurs villes. Les premières fois, c’était d’excitant d’aller dans plusieurs villes différentes le même jour, de manger de la nourriture différente. Mais maintenant, je trouve ça fatigant. La vitesse ne rend pas ça plus pratique, mais nous rend plus fatigués. Plus c’est rapide, plus on a de choses à faire. Y compris pour le travail, plus on est habile, plus l’emploi du temps est chargé. Avec une vitesse plus grande, il y a plus de choses à faire. »

Le développement des transports individuels

Le taxi, une mobilité limitée par les embouteillages et une profession menacée d’ubérisation

Dans certaines régions les taxis étaient rares. Certains véhicules faisaient office de taxi au noir et dépannaient les gens en fonction des situations. Parfois les taxis étaient inexistants : « [Vers 2000], à l’époque, il n’y avait pas de taxi, je n’avais jamais pris un taxi. J’avais seulement pris le métro. » Aujourd’hui les taxis sont très nombreux. Deux choses ont changé depuis une dizaine d’années. La première est qu’il faut souvent attendre 20 à 25 minutes pour avoir un taxi à cause des embouteillages alors qu’avant il était facile d’en trouver dans la rue en quelques minutes. La deuxième est que depuis deux ou trois ans il existe des services chinois concurrentiels aux taxis, sur le modèle d’Uber, l’application Didi, dans laquelle Apple vient d’investir un milliard d’après Les Echos du vendredi 13 mai 2016.

Le taxi rentre dans le choix des moyens de transport des Chinois. Ils trouvent que quand on ne connaît pas une ville un taxi est plus pratique que le bus. Le taxi sait toujours où aller. Par contre, certains trouvent que les taxis ne sont pas aimables : « [À Beijing ]quand on prend le taxi, ça arrive très souvent de se faire refuser la course. »

La voiture : le symbole de l’individuation des pratiques de mobilité de la classe moyenne

Voiture, infrastructure et corruption

Le développement de la voiture est directement lié à celui des routes, de la croissance des villes et des logements, et du développement industriel et commercial, associée à la montée d’une classe moyenne supérieure chinoise dont la mobilité suit le classique triangle du logement au travail du travail aux courses des courses au logement et éventuellement aux loisirs. Cette mobilité est aujourd’hui remise en cause par une partie des Chinois. Du fait de l’importance des services fournis par Internet certains peuvent acheter tout ce dont ils ont besoin sans se déplacer de chez eux : « J’achète presque tout sur Taobao (淘宝网 réseau/site « chercher un trésor ») [groupe Alibaba], je trouve que Taobao permet vraiment d’économiser du temps et de l’argent. On n’a pas besoin d’aller au supermarché pour gaspiller de l’argent et occuper l’espace de transport des autres, on achète directement sur Taobao. » Rester chez soi est perçu ici comme une forme d’altruisme.

Avant les années 90, les routes pouvaient être en sable ou en pierre. Après elles ont été goudronnées. À partir des années 1990/2000 les autoroutes se sont multipliées : « Maintenant en quelques heures on peut arriver, c’est pratique. » Dans les grandes villes, les ponts routiers se sont multipliés. En ville, à certains croisements, on peut observer jusqu’à cinq à six niveaux de rues superposées. À Canton, si on ne cherche pas à rentrer dans un quartier, on peut traverser toute la ville en « fly over » (pont routier). Parfois, le système de voie expresse en hauteur pose des problèmes au moment de sortir ou de rentrer, ce dont se plaignent les conducteurs de voitures chinois. Cependant les voiries expresses en hauteur « symbolisent la vitesse de développement de cette ville. » Elles symbolisent aussi la pauvreté pour ceux qui habitent dessous dans des logements de fortune.

Tout le monde reconnaît aujourd’hui que la qualité des routes est bien meilleure que celles d’avant. Certains regrettent le développement des embouteillages qu’ils attribuent au fait que le développement de la ville est trop rapide. Il ne faut donc pas confondre « La vitesse et l’efficacité qui sont deux choses très différentes. »

Le développement des infrastructures amène à son tour la corruption : « C’est très bien de créer des bonnes choses, des choses qui profitent à la nation. Mais le problème, maintenant, c’est qu’on a construit des chemins de fer, des autoroutes et tout ça, mais on produit aussi de la corruption, et ça, c’est le plus terrifiant. On a une manière très drôle de le dire : dans les fonds pour faire un chantier, il y en a 1/3 qui est gaspillé, 1/3 qui est utilisé pour la corruption, et 1/3 qui est vraiment utilisé pour la construction. »

La voiture c’est l’autonomie, la liberté, le confort et le plaisir par rapport aux transports collectifs

« Pour moi, c’est un plaisir de conduire, je conduis une heure, et je suis très contente tout au long du trajet. Avec une voiture, mon espace de vie s’est élargi, mes loisirs ont changé, je conduis moi-même là où je veux aller, je vais aux alentours de la ville pendant le week-end »

Pour ceux qui aiment conduire, la voiture c’est plus pratique. C’est aussi plus confortable que le scooter sur lequel on a très froid en hiver. À l’inverse « quand on prend la voiture, à l’intérieur il y a la clim, c’est très confortable. Mais il y a aussi la liberté. Une voiture, elle peut prendre minimum quatre ou cinq personnes. » À noter que quatre ou cinq personnes sont considérées comme un minimum en Chine alors que c’est plutôt un maximum en Europe et aux États-Unis. Quand on part en week-end : « On n’a pas besoin de payer pour le trajet. En plus je trouve que c’est sympa de prendre la voiture avec un groupe d’amis, on peut s’arrêter où on veut, on peut s’arrêter n’importe où et dormir sur place si on veut, on est libre. » C’est une liberté collective.

Dans la voiture on peut écouter de la musique. On n’a pas le côté bruyant du bus ou du métro. Surtout « Dans le bus, on ne peut pas trop lire, donc tout le monde regarde son portable, ça abime les yeux. Maintenant que je conduis, je peux reposer mes yeux. Dans le bus, je pouvais être debout, alors que dans ma voiture, je reste longtemps assise. » En plus « dans la voiture, on a son propre espace privé, alors que dans le métro, il y a plein de monde, c’est pénible. »

La voiture apparaît ici un indicateur très intéressant de l’importance que les Chinois accordent aujourd’hui à l’espace privé. La culture matérielle, celle des moyens de transport, des embouteillages, associée à une pratique, celle de la conduite et des embouteillages, permet d’objectiver une aspiration chinoise qui paraît en forte croissance, celle pour moins de contrainte dans l’espace public et de plus de liberté, au moins dans la vie quotidienne : « Quand on arrive dans une ville, on peut aller où on veut. »

L’augmentation du nombre de voitures en Chine : la fin de la rareté et le début des problèmes d’embouteillage et de parking

Quand les interviewés parlent de la vie au village, il y a 10 ou 20 ans, ils se rappellent que les voitures étaient quasiment inexistantes. Seul le chef de village pouvait en avoir une. Depuis les scooters ont remplacé les vélos et les voitures se sont multipliées.

En ville les voitures ont envahi les parkings ce qui augmente le coût du stationnement. Aux heures de pointe, il se produit d’énormes embouteillages : « à Shanghai, aux heures de pointe, on ne peut même plus prendre un taxi. » Les endroits touristiques sont aujourd’hui complètement encombrés par les cars et les voitures, notamment pour la fête du printemps. Cela crée beaucoup de tensions et de disputes dans la vie quotidienne et une augmentation des prix et une baisse de la qualité des services pendant les périodes de pointe.

Gérer le flux des voitures par la contrainte des plaques d’immatriculation : une conséquence inattendue, la réinterprétation des plaques en jeux de loterie.

L’engorgement des grandes villes et la pollution automobile a conduit les collectivités locales à prendre des mesures pour limiter au début, non pas l’achat (« on ne peut pas interdire aux gens d’en acheter »), mais la circulation des voitures à partir du contrôle des plaques minéralogiques qui varie suivant que l’on est à Beijing (Pékin), Shanghai ou Guangzhou (Canton).

À partir de 2008, à l’occasion des Jeux olympiques, pour limiter la mise en circulation des 4,4 millions de voitures privées, Pékin, met en place une circulation alternée en fonction des plaques minéralogiques paires ou impaires.

Cependant en 2015, les différentes municipalités cherchent à limiter les ventes de voitures, et pas simplement leur circulation. À Shanghai une plaque de voiture peut valoir 80 000 yuans, soit à peu près 10 000 €, le salaire minimum tournant autour de 200 €. Une partie des Chinois s’est mise à spéculer, soit en achetant des voitures d’occasion à bon marché et en espérant pouvoir la revendre avec une plaque minéralogique qu’il pourrait revendre 50 % plus cher. Le prix des plaques minéralogiques a explosé d’après les interviewés.

Plus tard, Pékin a mis au point un tirage au sort pour gagner des plaques d’immatriculation. Il faut payer 100 yuans pour participer au tirage : « A chaque fois, s’il y a environ 100 000 personnes qui tentent leur chance, vous imaginez combien le gouvernement gagne d’argent ? [Ceux qui tentent leur chance] disent que c’est mieux que la loterie, qu’il y a plus de chances de gagner. » Le prix des plaques est monté à 120 000 ou 130 000 yuans. Les chances de gagner au loto chinois sont plus faibles. C’est pourquoi le gouvernement « a décrété que quand une personne achète une voiture, pendant les trois ans qui suivent elle ne peut plus en  acheter d’autres. Finalement ça a fait encore augmenter le prix des plaques d’immatriculation, elles sont devenues les plaques de métal les plus chères au monde. »

Comme le rappelle HU Shen dans on livre L’État-croupier et les Joueurs-coolies. Ce que la loterie nous apprend sur la Chine (2015), la Chine, après la révolution culturelle dominée par des valeurs ascétiques, est passé dans une ère hédoniste dans laquelle le jeu est valorisé, et tout particulièrement la loterie créée dans les années 1980, et où le hasard passe sous le contrôle de l’État. La loterie des plaques minéralogiques est la suite de ce passage vers une société hédonique comme l’avait montré Colin Campbell pour l’Angleterre des années 1750, celle qui entrait dans le monde de la consommation.

On comprend avec cet exemple que la gestion publique de la mobilité privée est relativement complexe du fait des contraintes de pollution et de circulation collective qui rentrent en tension avec les demandes individuelles de voiture, de liberté et d’enrichissement. L’effet d’agrégation des intentions individuelles ou collectives, privées ou publiques, entraîne des effets pervers au niveau collectif. C’est le même problème auquel la société chinoise s’est trouvée confrontée avec le boom de l’immobilier et celui de la Bourse. Il a dû aussi limiter le nombre d’achats de logements par couple ce qui a conduit certains à divorcer pour pouvoir continuer à acheter plus d’immeubles.

Comme tout gouvernement, le gouvernement chinois est pris entre une nécessaire régulation pour limiter les effets pervers des acteurs individuels, mais au risque de créer de la rareté et donc de la spéculation, et une nécessaire libéralisation pour limiter les niches et les rentes, source aussi de spéculation, ce dont est bien consciente une partie des interviewés quand il parle du gouvernement chinois. Tout cela montre les contraintes, les embouteillages potentiels, mais aussi les potentialités, limiter la pollution, que représente le lancement en masse de la voiture électrique en Chine en train de se faire.

La numérisation des objets techniques liés à la mobilité : la gestion mobile de la mobilité

Le monde chinois de la mobilité a lui aussi été touché par la numérisation des objets techniques, comme en Europe de l’Ouest et aux États-Unis.

Avant 1980 il y avait la radio. Elle était réservée aux riches : « À cette époque, il suffisait que la radio diffuse quelque chose pour que les gens écoutent avec attention. Tout le pays écoutait le Comité Central du Parti, les gens écoutaient avec attention, on faisait ce qu’on nous disait de faire. À cette époque, les gens étaient très honnêtes. » Après il y a eu la télévision : « Avant, je ne pensais pas que c’était pour comprendre des choses. C’était très simple, à travers la télévision, on arrivait à nous faire accepter certaines choses. Maintenant, on va plutôt chercher activement les informations. »

La recherche active de l’information s’est faite à travers le développement de microblogs comme Weibo, dont l’activité a été ralentie par le gouvernement chinois, et maintenant avec Wechat  qui est en pleine expansion. Depuis peu il existe un « site de commentaires en Chine. Ce qu’il a de particulier et d’inimitable, c’est qu’il établit un service basé sur la réputation. C’est un site de services à la vie locale. Par exemple, après avoir consommé un produit, on peut laisser un avis ou écrire un commentaire. Cela va influencer les prochains consommateurs, que ce soit en bien ou en mal, et donner une réputation au produit. C’est vraiment quelque chose d’unique. » C’est le principe des plates-formes qui mettent en contact direct des consommateurs ou des usagers avec une offre de biens ou de services et qui court-circuitent donc les intermédiaires traditionnels. La notation permet de produire une information qui est censée éclairer le choix des décideurs. Ils peuvent aussi aller sur des forums. C’est la base simplifiée de ce que l’on a appelé d’un terme général et imagé l’ubérisation.

Tout cela s’applique à la mobilité avec notamment les applications pour les taxis : « avec l’application, par exemple, je peux savoir où est le taxi et quand il va arriver, je peux estimer le moment où il va arriver, » ou les autres moyens de transport : « Pour trouver le métro, trouver une station de bus, ou quand je ne sais pas quel bus prendre, je cherche sur Baidu. » En plus, si on se déplace il est possible de réserver un hôtel, comme avec l’application « « Qu nar » (去哪儿, allez où) : « je peux acheter n’importe quel billet. Par exemple, je peux réserver le train que je prends, l’hôtel où je dors, je peux regarder si c’est possible de prendre un taxi ou de louer une voiture, je peux aussi réserver les tickets pour aller voir les endroits touristiques aux alentours, je peux regarder ce qu’il y a comme endroits touristiques, etc. Je peux tout faire sur mon portable, même quand je ne suis pas chez moi, je peux tout faire. »

La recherche d’information est elle-même devenue mobile grâce aux Smartphones. Ils peuvent être aussi utilisés comme moyen de paiement pour acheter des billets, payer la facture de téléphone, les frais de chauffage ou pour virer l’argent. Par rapport aux années 1980, l’usage du téléphone portable permet d’échapper aux files d’attente, le symbole de la contrainte de mobilité. Internet et le téléphone mobile favorisent les rencontres amoureuses, permettent d’organiser des sorties avec ses camarades de classe ou d’université et d’échanger quand il faut prendre une décision. L’enquête sur le jeu que nous avons mené en 2015 en Chine, montre que WeChat est très utilisé par les grands-parents pour échanger et surveiller l’éducation de leurs petits-enfants. Le téléphone mobile, grâce à Internet, est autant un moyen de contrôle que d’autonomisation.

Pour certains, l’inconvénient de cette mobilité est l’addiction à Internet et aux téléphones mobiles. Ils  distraient pendant le travail, diminuent la concentration et empêchent de réfléchir : « on regarde tout ce que les gens postent. (…) On ne le filtre pas, on ne sélectionne pas, on ne réfléchit pas. » Un avantage inattendu est qu’en permettant de connecter les taxis à la police, en mettant des caméras électroniques à l’intérieur et l’extérieur du taxi et en restreignant le paiement en liquide, cela a limité les braquages de taxi.

L’évolution des moyens et des objets de la mobilité fait apparaître son ambivalence à la fois positive et négative, à la fois source de libération et de contrôle. Cette ambivalence va s’exprimer dans le sens que les Chinois donnent aujourd’hui à la mobilité que ce soit pour s’en réjouir ou que ce soit pour le regretter.

L’ambivalence du sens de la mobilité après 2000 : émergence d’un lien social impersonnel, d’une tension autour des codes de la sociabilité et d’un sens ambivalent du progrès lié à la mobilité

Pour une partie des interviewés, la modernité, le progrès, la vitesse, l’amélioration de la mobilité par les innovations technologiques relèvent d’un univers marqué par la nostalgie du temps passé,  « Maintenant, dès qu’on rentre à la maison, on ferme la porte, notre enfant ne peut que jouer avec ses parents. Mon enfant, il n’a pas de copains. Au contraire, avant, on n’était jamais chacun chez soi. La vie était plus simple, plus joyeuse. »

Lucien Jerphagnon avait écrit un livre au titre évocateur sur ce même phénomène de nostalgie en France en 2007 : Laudator Temporis Acti (c’était mieux avant). Bien souvent la nostalgie du passé nous apprend plus sur le malaise que les gens ressentent aujourd’hui que sur la réalité historique du passé. Celle –ci est bien souvent idéalisée comme le montre cette histoire résumée de la mobilité en Chine. Cela nous indique aussi que le lien entre la mobilité, la vitesse et le bonheur ne va pas de soi, que ce soit en Chine au XXIe siècle, en Europe de l’Ouest après la deuxième guerre mondiale ou aux États-Unis dans les années 1920.

La nostalgie du passé et de la vie villageoise par différence avec les relations impersonnelles de la vie urbaine : la chaleur, la simplicité vs la vie complexe, impersonnelle et les inégalités

« Mes camarades de classe trouvent que le TGV et les trains rapides n’ont pas de saveur. Les gens s’assoient les uns à côté des autres, mais ils ne se parlent pas. Par contre, dans les vieux trains, c’était autre chose. » Cette phrase résume le sentiment de nostalgie qui est exprimé par une partie des interviewés. Pour eux, les contacts au village sont beaucoup plus chaleureux, de même qu’à l’époque du vieux Pékin dans les quartiers ou dans les « dan1 wei4 » 单位, les unités de travail dans les usines. D’après eux, les enfants étaient nombreux et jouaient dans les petites ruelles, les « Hu2 tong4 » 胡同. On retrouve la même nostalgie par rapport aux vieux quartiers de Shanghai : « depuis l’Exposition Universelle, tout ça a été détruit. Les gens sont partis aussi vite que le vent, et toutes ces maisons ont été détruites. »

Avant dans le bus on avait l’impression de connaître tout le monde. Maintenant c’est « comme un environnement inconnu. » En ville, les relations sont distantes, les contacts sont rares et bien souvent on ne connaît pas ses voisins. Le soir quand on rentre, on ferme la porte et l’enfant unique n’a pas d’amis.

Enfin, pour certains, « Les inégalités sociales sont de plus en plus grandes. » Cela veut dire que pour une partie des interviewés il y a eu un grand progrès matériel. Mais que ce progrès a un coût, celui de la perte d’une partie des valeurs traditionnelles liées à « l’honnêteté » et à « l’entente » : « Je trouve que maintenant, les gens sont tous en lutte les uns contre les autres. » La mobilité moderne est vécue symboliquement par eux, comme une perte de confiance et de justice.

Les perceptions ambivalentes  des codes de la sociabilité pendant la mobilité

Pour une partie des interviewés, les pratiques dans les transports en commun posent de nombreux problèmes. Il y a des gens qui ne laissent pas leurs places assises à ceux qui en ont besoin, il y en a qui mangent ou qui font pipi dans le métro. Il y en a qui parlent fort ou qui ne laissent pas l’espace de gauche libre, sur les escalators, pour laisser passer ceux qui sont pressés, sans compter les agressions sexuelles des hommes qui se collent dans le métro contre les femmes pour les toucher avec leurs mains. « Maintenant, les gens se fâchent de plus en plus. Pour la moindre chose, ils se mettent en colère. Ils s’énervent facilement. » Il y a même des personnes âgées qui luttent avec les jeunes en profitant de leur âge.

Le vécu des transports individuels est aussi complexe, car certains ne respectent pas les feux rouges. D’autres n’osent plus prendre leur voiture par peur des scooters ou de la circulation tout en ayant peur des risques d’attentats dans les transports en commun : « Je trouve qu’il y a trop de voitures sur la route, ça me fait peur. J’ai l’impression que tous les jours quand on conduit, on prend des risques. Donc je n’ose pas trop conduire. J’ai un peu plus confiance dans les transports publics, mais récemment dans les transports en commun il y a souvent des attentats, alors je me mets aussi à avoir peur de les prendre. Je ne sais plus comment me déplacer. » Ils se sentent coincés dans leur mobilité.

De façon frappante, une partie des interviewés formule des perceptions complètement à l’opposé. Ils trouvent que les gens aujourd’hui sont de plus en plus serviables, qu’ils aident  à porter les valises ou qu’ils laissent leur place aux personnes qui ont besoin.

L’ambivalence des perceptions face à la mobilité est un révélateur du rapport ambivalent des Chinois face à la modernité, à la fois positive et négative, et donc du malaise qu’elle représente pour une partie de la population en Chine. L’idéalisation du passé dont on a expurgé les moments plus durs de la révolution culturelle, le contrôle de la communauté sur les femmes et l’enfant unique à partir des années 1980, ou la surveillance de la police sur la mobilité, permet d’exprimer le malaise que l’on ressent aujourd’hui. Pour d’autres, à l’inverse, la modernité est vécue comme un progrès vers plus de liberté et d’autonomie : le fait d’aller dans plein d’endroits différents, dans tout le pays, ça aide à former le caractère, à être plus dynamique. Le fait de voir plein de choses et d’être amenés à résoudre des problèmes, ça aide à apprendre l’indépendance. »

Au final, il apparaît que la mobilité est un des multiples analyseurs des fractures souvent invisibles qui traversent la société chinoise et qui la tire en même temps dans le sens de la tradition ou du changement.

La mobilité comme apprentissage positif et comme quête de sens, mais aussi comme menace pour la famille, le couple et l’identité des villes qui reçoivent des migrants

La mobilité est un des moyens d’ouverture et de développement des enfants : «  Il y a deux périodes où on se développe très vite et où le corps et l’esprit connaissent leur plus grande transformation, c’est la petite enfance et l’adolescence. Dans ces deux périodes, c’est mieux si l’enfant peut entrer en contact avec plein de choses différentes, que ce soit des informations ou des choses matérielles, ou bien quoi que soit qui stimule leur énergie. Car c’est le moment où ils grandissent le plus rapidement, où leur vitesse de développement est la plus rapide. »

La vitesse de développement rapide de l’enfant représente aujourd’hui en Chine un enjeu important et ceci dès l’école maternelle et l’entrée à l’école primaire. L’objectif est de pousser au maximum l’éducation des enfants pour qu’il puisse rentrer dans les meilleures écoles primaires et augmenter ainsi leur chance d’avoir un meilleur classement au lycée au moment du grand concours national. On retrouve ce thème dans la série chinoise d’aujourd’hui « Maman tigre et papa chat » (虎 吗 猫爸). La mobilité est donc un des éléments de la compétition scolaire dans laquelle les familles chinoises sont engagées.

Certains pensent que grâce à la mobilité leur vision du monde s’est élargie. Ils ont l’impression que la mobilité comble un vide dans leur esprit. Plusieurs signalent le plaisir de parler mandarin et de ne plus être limité par leur dialecte local. Avoir de plus en plus de connaissances est un « sentiment très satisfaisant ».

Si la mobilité est perçue comme une potentialité est aussi perçue comme une menace. Certains ne reçoivent plus de nouvelles de leur famille ou de leur fils qui est à l’étranger et cela les angoisse. On constate aujourd’hui que ceux qui vont migrer pour laisser leurs parents, leur femme et leur enfant menacent le couple : « les relations conjugales en souffrent souvent. Aussi, retrouver sa famille, être ensemble et être heureux est un luxe, un grand désir. »

La mobilité est d’autant plus une menace pour la vie du couple que partir à la ville est vécu comme un moyen de fuir la famille, le village et ses contraintes. Aujourd’hui de nouveaux modèles de femmes sont en train d’émerger : « j’appartiens seulement à moi-même, » dit une femme de 35 à 40 ans. Ce modèle se retrouve dans un roman chinois 妖孽 yao2 nie4 « sorcière et démon ») traduit en 2013 sous le titre Les femmes chinoises ont-elles besoin des hommes ? (avec une préface de Dominique Desjeux).

Plus généralement, certains perçoivent la mobilité des jeunes comme une menace pour le lien familial, pour le respect de la piété filiale, et donc devient un risque pour les parents âgés qui ont du mal à subvenir à leurs propres besoins. C’est pourquoi, comme le rappelle HU Shen (2015), le gouvernement chinois a émis en juillet 2013 une loi pour relancer la pratique de la piété filiale, « 孝xiào », pour limiter le risque d’abandon qui menace les parents dont les enfants sont partis migrer ailleurs.

Les migrants sont aussi vécus comme une menace à Pékin comme à Shanghai : « Maintenant, les Pékinois se plaignent que les migrants sont trop nombreux, qu’ils ont envahi leur espace. » Pour une Shanghaienne, les migrants ne connaissent pas les règles de la vie moderne et sont arriérés. S’ils veulent devenir shanghaiens, il faut qu’ils apprennent les codes et les exigences des shanghaiens. C’est pourquoi une partie des interviewés, qui sont des migrants, pensent que les shanghaiens se moquent facilement de ceux qui ne parlent pas leur langue.

À l’inverse, pour certains, la modernité n’a aucun sens : « je suis quelqu’un qui n’aime pas la modernité. Finalement, on n’y perd plus qu’on y gagne, alors ça n’a pas de sens, » et ceci d’autant plus que « Les désirs des gens n’arrêtent pas d’augmenter. »

Mobilité et vie politique : on peut critiquer l’administration, mais pas le Parti

« Au sujet de l’attention portée à la chose publique, beaucoup de gens n’y participent pas, mais ils en font un objet de conversation dans leur vie de tous les jours. Ils se plaignent, ils en rigolent, mais ils ne discutent pas des questions d’État. » La séparation entre critique des dysfonctionnements de la vie quotidienne et des fonctionnaires chargés de l’appliquer, qui est autorisée, et critique de l’État et du parti communiste qui est interdite, est une des grandes règles, plus ou moins explicites, de la vie quotidienne en Chine. Quand l’État augmente son contrôle sur les dépenses des administrations locales, on dira juste qu’il va un peu trop à gauche.

Ce qui est aussi critiqué c’est la mauvaise planification urbaine ou celle des infrastructures : « un jour, une personne décide de faire telle chose, le lendemain, quelqu’un d’autre vient faire autre chose, chaque dirigeant peut modifier les plans de développement urbain selon ses propres idées. » Cela peut conduire à l’exemple qui est donné pour la ville de Harbin : « Par exemple, avant à Harbin il y avait un magnifique bâtiment qui avait été construit par un pays étranger, une gare vraiment très belle. Hé bien ils l’ont détruite. Après l’avoir détruite ils se sont remis à dire qu’elle était très jolie, ils ont voulu la commémorer ou je ne sais quoi. Ils ont regardé des photos pour reconstruire exactement la chose au même endroit, comme pour faire un musée de commémoration. » La planification manque de vision d’ensemble. Il faut souvent refaire ce qui a été défait.

Certains critiquent aussi l’urbanisation qui s’est focalisée sur la construction de grands immeubles modernes s’en préserver les vieux quartiers, à quelques exceptions près : « Les vieux quartiers à Pékin n’ont pas été bien préservés. On construit toujours du neuf ; le développement de Pékin est trop rapide. Je me souviens que Liang Sicheng avait conseillé de protéger les vieux quartiers de Pékin, mais à l’époque les dirigeants avaient directement élu domicile à Zhong nan hai [à l’ouest de la Cité Interdite]. Cela avait causé de grands changements et des destructions dans l’environnement des alentours. » Cette pratique de destruction a au début fortement été influencée par l’URSS avec l’idée que pour construire un monde nouveau il fallait détruire le monde ancien. Depuis les années 2000, le rêve chinois est plus proche du rêve américain que ce soit à travers le système de construction des autoroutes, le système de signalisation des feux au carrefour, la construction des grands centres commerciaux ou la multiplication des parcs de loisirs à la Disney et des bowlings.

Ce qui choque certains c’est la rapidité du changement : « Je n’aime pas les choses trop rapides, et puis c’est une rapidité qui n’est plus raisonnable, une rapidité barbare. » Ils trouvent que les grands immeubles, les métros, les tramways, les trains ou les avions représentent des innovations technologiques, mais qu’elles posent « beaucoup de problèmes de sécurité. »

Cette urbanisation rapide a conduit à des migrations non voulues : «  Le développement de Pékin a forcé de nombreux Pékinois à quitter la ville pour habiter à l’extérieur, très loin. » Cela rappelle un slogan des années 1970, placardé dans les rues du 13e arrondissement à Paris au moment de la destruction des vieux logements : « rénovation = déportation. » Ce quartier est devenu depuis le China town des immigrants chinois.

L’urbanisation a aussi conduit à une forte dégradation de l’environnement : « À Pékin tout le monde le dit bien, avec la pollution tout, tout est très sale, il y a de la poussière qui vole partout. »

Certains se demandent si la rapidité du développement économique a été suivi d’un développement du bonheur tout aussi rapide : « A présent on peut dire que le développement est rapide, mais est-ce qu’il est vraiment de qualité ? » Ce qui est complété par une autre réflexion : « Le développement économique, le développement des transports, ça n’a pas rendu les gens plus heureux. C’est seulement plus rapide, pas plus heureux. »

Ce qui manque le plus c’est une croyance, une vision par rapport à l’avenir : « Les techniciens comme nous, en général, on doit résoudre des problèmes techniques. Mais pour résoudre les problèmes techniques, il faut avoir une croyance, c’est cette croyance qui est la plus importante. »

La corruption, le double langage entre ce qui est affirmé et ce qui est réalisé en pratique seront aussi critiqués. Certains ont l’impression « que pour les dirigeants, le peuple ne sert à rien. Ils ne réfléchissent qu’à leur propre intérêt et à l’intérêt du Parti. »

Certains sont ambivalents d’un côté ils reconnaissent « que la société évolue, d’un point de vue matériel ça s’améliore, le niveau de vie des gens est de plus en plus élevé. C’est une tendance nécessaire et naturelle. » Mais en même temps ils trouvent que les déplacements forcés vont à l’encontre des intérêts de la population. Ils expliquent cela par le fait que les dirigeants politiques ne sont pas d’un niveau assez élevé et que c’est à cause de cela qu’ils n’arrivent pas à prendre en compte tous les éléments du problème et à mieux gérer les aspects négatifs.

Ces critiques ne représentent pas l’opinion de tout le monde : « Bien sûr qu’il faut détruire. Et il y a bien sûr des compensations pour les gens dont on détruit les maisons. Je trouve que c’est bien de détruire et de reconstruire du neuf, ça fait plus ordonner, c’est plus agréable à voir. » D’autres apprécient les nouvelles infrastructures : « Maintenant, avec le grand pont, les gens qui habitent au-delà du pont peuvent rentrer directement, ils n’ont pas besoin de rester dormir à Shanghai, » ou encore : « Avant je n’avais jamais pris le métro, ni jamais vu de métro, et je trouve que c’est la meilleure chose qu’ait apporté le développement de la société. » Un interviewé ajoute que « quand on détruit pour reconstruire, c’est forcément que le bâtiment d’origine était trop vieux ou bien pour d’autres raisons. »

Ouverture

Ce voyage dans l’évolution technique et l’imaginaire de la mobilité en Chine fait ressortir un univers plutôt conforme à ce que les États-Unis ont connu après la Première Guerre mondiale et ce que l’Europe de l’Ouest a aussi connu après la Seconde Guerre mondiale. La Chine l’a découvert à partir des années 1980 et surtout après 2000, longtemps après les années de guerre contre Tchang Kaï-chek et les restrictions liées à la révolution culturelle.

Cela veut dire que pour le moment la Chine a emprunté la même voie que celle dans laquelle les pays occidentaux se sont engagés au XIXe siècle puis au XXe siècle avec le tournant des années 1920 qui voient les États-Unis s’engager les premiers dans le monde de la grande consommation qui va conduire au développement de la voiture, de l’avion et de la mobilité généralisée. Cette généralisation de la mobilité participe à son tour aux émissions de CO2 et donc au problème du réchauffement climatique.

Derrière ce constat simplifié se profile une autre question : est-ce que la Chine n’aurait pas pu ou ne pourrait pas prendre une autre voie, celle d’une consommation plus économe en carbone. Il n’est pas sûr qu’il existe une réponse à cette question. Tout ce qu’il est possible de dire, c’est que depuis les années 1750, époque de la mise en place de l’exploitation du charbon associé à la machine à vapeur de Watt par l’Angleterre, et qui a conduit à la révolution industrielle, tous les pays se sont petit à petit engagés dans cette même voie. Une part du succès de ce modèle tient au fait qu’il a libéré une partie de la population des contraintes sociales exercées par les communautés villageoises. La ville rend libre, comme le montre une partie des entretiens réalisés auprès de chinois ayant migré de leur village vers la ville, même s’il existe un coût à payer en termes de pollution ou de convivialité. On peut donc faire l’hypothèse que la force du modèle qui s’est mis en place depuis 250 ans tient au fait que les gains qu’il a apportés étaient perçus comme supérieurs aux pertes qu’il produisait, au moins pour une partie de la population, celle de la classe moyenne, urbaine et scolarisée.

La grande différence entre l’Occident et la Chine tient probablement au projet politique qui est associé à cette évolution historique. Dans les sociétés occidentales, la révolution industrielle puis la révolution consumériste ont été justifiées par un discours d’émancipation sociale et politique, celui de la philosophie des lumières. La société chinoise a développé un projet de libération des contraintes matérielles liées à la famine, à l’inconfort du logement ou aux contraintes de mobilité au profit d’une vie quotidienne matérielle plus confortable. Le contrat implicite est que le pouvoir politique, ici le parti communiste chinois, est intouchable et ne doit pas être critiqué. En échange il assure à la population le confort promis en termes de mobilité, d’école et de santé. Comme tout cela ne fonctionne pas sans accroc, il est autorisé de critiquer l’administration qui devient la cause des ratés du système. Dans cette explication le projet politique apparaît plus comme un discours de justification des évolutions de la société que comme un organisateur de ces évolutions, lesquelles semblent très proches en Occident et en Chine, au moins quand on les regarde du point de vue de leurs grandes caractéristiques.

Le modèle implicite d’explication du comportement humain qui est mobilisé ici, postule qu’il existe une dynamique des sociétés, des logiques sociales, des logiques de croissance économique sur lesquelles les politiques ont une prise limitée. C’est plus le jeu des acteurs sociaux qui tentent d’organiser le changement en leur faveur grâce à des effets de réseaux sociaux politiques qui traversent l’État et les institutions économiques et grâce à l’occupation de territoires industriels, urbains ou numériques, qui explique une partie des changements, que l’idéal politique. Cette vision d’un monde qui change à la manière de plaques tectoniques qui s’entrechoquent et dont le sens n’est pas donné, comme dans le mythe de Sisyphe, mais à construire, se veut indépendant de tout messianisme, que ce soit celui d’un peuple sauveur, d’une classe salvatrice ou d’un marché libéral qui produirait par lui-même le bonheur sociétal.

Cette vision conduit à accepter que toute société est ambivalente et qu’une partie des tensions sociales et politiques s’explique par la lutte que les acteurs engagent entre eux pour limiter le poids négatif de ces ambivalences. Dans le cas de la Chine, on est passé de 40 000 mouvements sociaux en 2004 à près de 200 000 mouvements sociaux en 2015, si l’on en croit des journaux comme le New York Times International. Beaucoup de ces mouvements sociaux sont liés à des expropriations jugées arbitraires par les paysans chinois. D’autres sont liés à des effets négatifs de la pollution ou à des maladies provenant de produits frelatés. D’autres enfin sont liés à la corruption considérée par le pouvoir comme une des sources de perte de confiance et donc de menaces pour le parti communiste chinois.

Tout ce qu’il est possible d’imaginer aujourd’hui, c’est qu’avec la montée d’une classe moyenne importante, le niveau des aspirations de ses membres va en se diversifiant et donc peut rentrer en contradiction les unes avec les autres. La régulation de ces tensions entre fractions de la société chinoise peut conduire à un système plus autoritaire, comme cela semble le cas depuis deux ou trois ans, ou au contraire à terme de système plus démocratique, mais suivant des formes propres à l’histoire de la société chinoise. Son développement économique et sa mobilité semblent complètement encastrés dans la logique de la mondialisation actuelle, ce qui veut dire que les bifurcations dans lesquels la Chine pourra s’engager ne seront pas très loin de celle que l’on pour observer aux États-Unis, en Europe ou au Japon. Cependant comme le rappelle Nacim Nicolas Taleb dans son livrer Cygne noir, ce n’est pas par ce que neuf cygnes sont blancs que le 10e ne sera pas noir et donc qu’il n’existera pas de bifurcation imprévue.

Tout ce qui est décrit dans les interviews montre que la vie quotidienne chinoise relève d’un univers ambivalent dont le contenu rappelle des éléments que l’on pouvait entendre en France ou ailleurs tout au long du XXe siècle, comme les références filmiques à Jacques Tati l’illustrent. En ce sens c’est un univers qui ne comporte pas beaucoup « d’exotisme. »

Cependant de façon subtile, une partie de l’imaginaire chinois exprime une demande d’autonomie et d’intimité qui n’est peut-être pas évidente à observer à une échelle plus macrosociale ou macro politique. Cette aspiration inspire à la fois une attente positive et en même temps une crainte qui porte sur la transformation de la famille et du rapport aux femmes. La mobilité permet donc de saisir une partie du champ de forces qui traversent la société chinoise dans cette vie quotidienne. Et laisse apparaître une certaine méfiance envers l’État, un sentiment de peur par rapport à l’avenir et en même temps une forme d’hédonisme qui trouve dans la modernité du confort et de l’esthétisme qui était complètement absent pendant la période grise de l’histoire récente chinoise.

On pourrait conclure, comme le déclare un interviewé chinois, que « les hommes sont des êtres très contradictoires. Ils ne peuvent pas se passer des villes, mais ils rêvent de nature. » Et en même temps ce serait une conclusion un peu courte, car elle laissait de côté le jeu permanent qu’une partie des acteurs chinois développe pour obtenir plus d’autonomie, moins de contrôle traditionnel, et tout particulièrement les femmes.

Paris, le 13 juillet 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2017 09 Magali Bragard , Séverine Enjolras, documentaire, Reprendre l’été,

2017 09 02, Sortie du documentaire « Reprendre l’été », visible  sur deux plateformes (mediapart et tenk) après une diffusion cet été en festival.

N’hésitez pas à le visionner, la plateforme Tenk regorge de pépites documentaires. Vous pouvez prendre l’abonnement 6€/mois et vous désabonner facilement au bout du premier mois.

https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/culture-idees/reprendre-l-ete-et-jouer-avec-l-idee-du-bonheur?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66

https://www.tenk.fr/cite/reprendre-l-ete.html

Magali Bragard , Séverine Enjolras, Reprendre l’été, France, 2017, Production : Survivance

2017 08 URGENT l’obsoco recrute

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Gerhard Krauss, 2016 02, L’échec dans la culture entrepreneuriale

2017 08 Article KRAUSSÉchecEntrepreneurial_ENDVERS

Une analyse sociologique sur un thème original, l’échec des entrepreneurs, à l’inverse du thème dominant sur la réussite des entrepreneurs.

Gerhard Krauss
Maître de conférences de sociologie
Laboratoire ESO-Rennes UMR CNRS 6590 (Espaces et Sociétés)
Département AES / UFR Sciences Sociales
02.99.14.18.16
publié dans la revue CAIRN

http://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie-2016-2.htm

2017 06, Desjeux D, YANG Xiaomin, La confiance, la mémoire et les photos comme analyseur de l’émergence de la classe moyenne chinoise à partir de 1997

2017 06, Desjeux D, YANG Xiaomin, La confiance, la mémoire

Desjeux D., YANG Xiaomin, 2017, « La confiance, la mémoire et les photos comme analyseur  de l’émergence de la classe moyenne chinoise à partir de 1997 », in YANG Xiaomin et ZHENG Lihua, 2017, Chine–France : connaître et reconnaître, Septième séminaire interculturel sino–français de Canton, éditions Le Manuscrit Savoirs, Espaces interculturels Chine-Europe, pp. 443-466

 

La confiance, la mémoire et les photos comme analyseur  de l’émergence de la classe moyenne chinoise à partir de 1997

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris cité

Yang Xiao Min, docteur en sociologie, maître de conférences, directeur du département de français de la faculté des langues occidentales, université des langues étrangères du Guangdong, Guangzhou

Introduction

En 1998 Zheng Li Hua publie à l’Harmattan un ouvrage qui s’intitule Langage et interactions sociales, la fonction stratégique du langage dans les jeux de faces. Il est préfacé par Louis Jean Calvet, un linguiste qui a traité autant du colonialisme, que des banlieues ou de la chanson française. Surtout il développe  une linguistique encastrée dans le social. En 1995 Zheng avait déjà publié un livre qui fera date, Les Chinois de Paris et leurs jeux de face, suite à un premier contact en 1994. Cela fait donc 20 ans que Zheng Li Hua et moi, nous nous connaissons et que nous réalisons ensemble des enquêtes en Chine dans le cadre du CERSI et tout particulièrement avec la collaboration de Yang Xiao Min, mais aussi avec bien d’autres collègues chinois et français

Cette rencontre amicale et intellectuelle s’est faite indirectement grâce à deux personnalités, Denis Pryen pour l’Harmattan et Jean-Louis Calvet comme directeur de la thèse sur les jeux de faces. Tous les deux sont sensibles à la question coloniale et plus généralement à ce que l’on avait appelé dans les années 1950, le « tiers-monde », terme créé par Alfred Sauvy et Georges Balandier.

Dans sa préface Louis Jean Calvé rappelle que la notion de faces est d’origine chinoise et, qu’en un sens, le travail de Zheng permet de repréciser ce qui avait été développé par Ervin Goffman dans son livre Les rites d’interaction publiée en 1967 aux États-Unis puis en 1974 en France, par Pierre Bourdieu. Goffman faisait référence à un article de 20 pages publié en 1944 par Hsien-chin Hu sur les « Chinese Concepts of « face » » dans la revue de l’American Anthropologist Association. Surtout Louis Jean Calvé souligne qu’il existe un lien implicite entre la vision stratégique du jeu de faces développées par Zheng et la vision stratégique développée par Sun zi au sixième siècle avant notre ère, dans L’art de la guerre. Ce que nous propose Zheng c’est en quelque sorte « Un art de la face », une face qu’il faut gagner 争zheng1, une face qu’il faut donner ou protéger 给gei 3, une face qui circule comme le Qi  气à l’intérieur du corps et de la société, mais que l’on peut aussi perdre (perdre la face : mei2 mian4 zi‏没面子).

Aujourd’hui je me rends compte que nous avions aussi un lien invisible qui était celui de l’analyse stratégique. Pour Zheng c’était celle de Sun Zi et pour moi celle des relations de pouvoir qui s’organisent autour de la gestion des zones d’incertitudes telles qu’elles avaient été théorisées par Michel Crozier. Je suis assez convaincu aujourd’hui que l’analyse stratégique des systèmes d’action est très proche de l’analyse stratégique chinoise, au moins sur un point, celui de l’importance qui est accordée à l’observation de la situation. Dans les deux cultures c’est une analyse pragmatique qui nous est proposée. Il me semble donc intéressant de reprendre la suggestion de Jean-Louis Calvet faite en 1998 qui est non seulement de proposer une relecture de L’art de la guerre mais aussi de montrer en quoi il existe des points communs entre les deux analyses stratégiques chinoises et occidentales.

Cependant, le plus inattendu est que, grâce à cette rencontre de 1994, nous allons assister au phénomène social qui a le plus bouleversé le monde depuis le milieu des années 1990, celui de la montée de la classe moyenne chinoise associée à l’émergence de la grande consommation dans les BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine), celle de l’urbanisation et de la puissance géopolitique de la Chine. Nous l’avons observé de façon inductive c’est-à-dire en suivant une méthode exploratoire qui ne fait pas d’hypothèse sur les résultats de l’enquête, puisqu’on ne sait pas encore ce que l’on cherche. Pour le moment, en 1997, on essaie de comprendre, auprès d’une dizaine de familles, celles des parents des étudiants de Guangwai,  quelle est la vie quotidienne de cette nouvelle classe moyenne chinoise cantonaise qui est en train de voir ses revenus augmenter,  d’acquérir des logements plus spacieux que leurs parents, d’aller au restaurant[1], de s’équiper en électroménager, en Internet, en ordinateurs, en pagers (les bibi ji) et en téléphones mobiles[2]. C’est le rappel des toutes premières enquêtes que je vais présenter ici pour la première fois.[3] elle donne la parole à des Chinois ordinaires qui s’expriment sur leur rapport à la famille, à l’histoire, à la mémoire et à l’intérêt ou non de transmettre tous ces souvenirs. Ce sont des témoignages de première main qui nous ramènent 15 ans en arrière et nous permet de mesurer les permanences et les changements qui ont parcouru la Chine.

L’émergence de la société de consommation : les signes de la confiance et de la méfiance face aux changements de la vie quotidienne au milieu des années 1990 à Guangzhou

En 1997, nous commençons une première enquête qualitative, en milieu universitaire, sur les représentations des Chinois vis-à-vis de la confiance et de la méfiance, grâce à un financement de la Mission Recherche de la Poste en France dirigée par Françoise Bruston. C’est une enquête exploratoire qui s’appuie sur trois tables rondes et sur la méthode des « photos stimuli » qui consiste à faire réagir les participants à la vue de photos prises sur la vie quotidienne en Chine. Nous demandons aux membres du groupe de nous expliquer ce qui leur donne confiance ou ce qui leur produit de la méfiance dans la vie quotidienne.

L’objectif est de comprendre les signes que les acteurs mobilisent pour construire leur perception de la réalité. Ces signes vont leur permettre d’arbitrer entre des choix qui portent sur l’alimentation, l’épargne et la protection de leur économie. Ces choix sont les signaux faibles que les chinois sont entrain de rentrer dans une nouvelle société de consommation, même si on ne devine pas encore l’importance qu’elle prendra 10 ans plus tard. C’est un début d’analyse stratégique sur les calculs que les acteurs vont faire en situation d’incertitude. Elle suggère que la méfiance et la confiance ne sont pas explicatives en soi des comportements des acteurs, mais que leur poids varie en fonction des incertitudes et des signes que les acteurs se construisent pour gérer cette incertitude.

En 1997, quand on pose la question de savoir si l’Etat fait confiance,  celui-ci, et tout ce qui relève des services publics, est associés à l’idée de confiance. Un grand magasin d’État, un friendship, donne confiance « parce qu’il appartient à l’État. » Une Supérettes aussi fait confiance « parce que c’est un petit magasin tenu par un organisme public, l’Académie des Sciences de Guangzhou. Un magasin tenu par une telle unité, normalement c’est pour protéger les intérêts des cadres, et là les produits ne sont pas chers. »

Les métiers de l’information qui sont des métiers publics font aussi confiance : « Présentateur à la télé, speaker des nouvelles, les commentaires du journal d’État ça donnent confiance ; le speaker de la radio centrale, il représente l’État, donc il ne doit pas émettre des mensonges. Il a la responsabilité de dire la vérité. » De même « La police, les militaires » font confiance. « Les policiers, c’est parce que ce sont des métiers qui sont faits pour protéger les autres. » Les vieux aussi font confiance : « Des retraités qui jouent aux cartes. Dans le parc cela fait naturel. C’est calme, il n’y a pas de conflit, c’est harmonieux » « les vieux sont toujours plus sympathiques que les jeunes. »

Dans le milieu académique, tout ce qui est publique fait plutôt confiance. La confiance nait de l’harmonie et de la paix. Au niveau des représentations, l’État, le secteur public, la police sont des signes de paix et d’harmonie. La confiance ne semble pas associée au privé et à la jeunesse.

Quand on évoque l’avenir à travers le thème des assurances maladies et de la retraite qui sont garanties par l’État, on découvre que ce qui rend méfiant, ce n’est pas l’Etat en tant que tel, mais l’inflation. La méfiance est associée à une incertitude qui, quelque part, perturbe la confiance que l’on a dans l’Etat. On comprend au final que la confiance ne fonctionne que si elle est associée à une capacité de maitrise de leur épargne par les acteurs eux-mêmes.

Un jeune de 25 ans explique qu’il serait prêt à épargner de l’argent pour la retraite « Mais en fait c’est la valeur du yuan qui pose problème car on ne sait pas du tout si dans 10 ans ou 20 ans le yuan vaudra encore quelque chose. En 1985, à peu près, mes parents gagnaient 50  yuans par mois et c’était suffisant pour toute la famille. Aujourd’hui avec 500 yuans on n’y arrive pas. En 10 ans on a gagné dix fois plus, mais c’est de l’argent qui ne vaut plus rien et donc on ne sait pas ce qu’il vaudra dans 10 ans ou dans 20 ans »

On retrouve dès cette époque en Chine ce que l’Europe de l’Ouest a connu entre 1945 et 1975 c’est-à-dire une forte croissance, une consommation plus importante et une forte inflation. Mais, à cette époque le lien entre ce que nous observions et les « 30 glorieuses », n’était pas encore démontrables sauf sous forme d’intuition comme nous l’avons écrit dans notre conclusion de notre rapport de 1998 sur la mémoire en Chine.

La peur de l’inflation explique pourquoi certains pensent que « les jeunes dépensent plus que les personnes âgées parce qu’ils croient que même si on met l’argent pour épargner cela ne sert à rien. (F 25 ans).» Cependant comme une partie des Chinois n’a pas d’argent, une personne fait remarquer que « si on n’a pas l’argent, il n’y a pas de problème de protection de la valeur de l’argent. C’est lorsqu’on a de l’épargne, des économies qu’on pense à comment protéger son argent ».

C’est pourquoi les Chinois vont développer plusieurs stratégies de protection de leurs économies. Certains essayent de se protéger contre la baisse de la valeur de leur épargne en  investissant dans des produits qui semblent moins sensibles à l’inflation comme l’or, les devises étrangères et l’immobilier «  On dit qu’il faut acheter une maison ou bien qu’il faut acheter de l’or » « Il faut faire des achats immobiliers, pour protéger la valeur de l’argent » « Il faut acheter des devises, des dollars (F 22) ; oui on achète des dollars »

Avec le recul, on sait que depuis 1997 les prix de l’immobilier n’ont pas cessés d’augmenter en Chine. Même si on annonce depuis 2004 l’explosion potentielle d’une bulle immobilière, celle-ci n’a toujours pas explosée. Elle reste cependant une menace potentielle. De son côté, l’once d’or est passé de 270 $ en 2000 à 1800 $ en 2012, pour redescendre ensuite à 1300 $ en 2014. Une partie de la demande d’or est chinoise.

En termes de méthode, l’enquête qualitative inductive avait donc bien montré l’émergence de signaux faibles sur l’existence de pratiques d’achat d’or. Ce n’est que cinq ou 10 ans plus tard que l’on peut savoir si ces signaux faibles vont devenir des réalités fortes, ce qui est le cas aujourd’hui.

Une autre solution consiste à pratiquer des prêts entre particuliers sous la forme d’une tontine yang3 lao3 chu3 jin1 hui4 养老储金会 (organisation d’épargne d’argent pour nourrir les vieux) : « la tontine c’est souvent entre un groupe de connaissance, entre les parents, un cercle d’amis, alors que « accumulation de capital », c’est souvent avec  une entreprise »

Les chinois entrepreneurs pallient le problème de l’inflation grâce au développement d’une économie souterraine. «Chez nous il y a des façons de faire illégale. En chinois cela s’appelle  ji2 zi1 集资accumulation de capital. Un entrepreneur rassemble une certaine somme d’argent pour faire de l’épargne. Mais au lieu de déposer l’argent à la banque il prête cet argent à une autre entreprise privée avec un taux d’intérêt très élevé sur une durée déterminée. Par exemple on propose 15% de taux d’intérêt et au bout d’un an on vous remboursera le capital et le taux d’intérêt. Les entreprises ont de gros besoins d’argent. C’est interdit, mais on pense que c’est un meilleur moyen de se protéger. » « Cela se fait de plus en plus » « Oui bien sûr il y a des trompeurs ; Il y a des gens qui ramassent l’argent juste pour partir après avec », « Parfois cette pratique peut passer par une banque. Ça ne se dit pas mais on sait que c’est la banque qui fait cela. Maintenant, en 1997, en Chine, beaucoup de banques sont en difficultés. En gros l’économie ne marche pas très bien. Donc il y des entreprises qui ont emprunté de l’argent et qui n’arrivent pas à rembourser. Ce qui fait que c’est difficile pour les banques de récupérer leur argent. C’est pourquoi, parfois, certaines banques utilisent ce moyen d’emprunter de l’argent (pour résoudre ce problème). »

Avec le recul cela ressemble beaucoup à l’émergence d’une sorte de « Shadow banquing », de banque souterraine, entre entreprises, tel qu’on peut l’observer aujourd’hui dans l’économie chinoise. Cette pratique est aussi l’indice d’un écart très classique entre un déclaratif en faveur de la confiance et une pratique qui montre une certaine méfiance face aux institutions publiques. Les signes de la confiance perdent de leur force sous contrainte d’incertitude.

La confiance ou la méfiance ne se limite pas au champ de l’économique et de l’État elle renvoie au lien social et à toutes les micros interactions sociales qui organisent la vie quotidienne. Ainsi, en 1997 il existe comme un sentiment diffus de méfiance associé à la peur d’être trompé, qi1 pian4 欺骗 : « Pour moi, être trompé, c’est un phénomène qu’on voit partout, aussi bien dans les relations sociales que dans toutes sortes de situations. C’est partout », « Maintenant il y a trop de trompeurs, trop de produits faux », « Y a trop de marchands malhonnêtes qui ont des fausses marchandises. » « On dit que maintenant tout est faux, sauf papa et maman. »

La méfiance est d’autant plus sensible que le « bon vieux temps » est idéalisé : « Mes parents sont gentils avec les autres. A leur époque il n’y avait pas tant de trompeurs. Mais la société change. Les braves gens se laissent facilement tromper par les autres. Mon père m’a dit à maintes reprises qu’il ne fallait pas faire de bonnes actions, qu’il ne fallait même pas soulever un enfant tombé par terre. Quand vous soulevez un enfant un homme peut surgir et dire que c’est vous qui l’avait fait tombé donc il faut payer pour soigner la blessure de l’enfant. Souvent on prépare des scènes qui nous frappent et pour nous faire chanter après. »

 On retrouve ici un phénomène universel décrit par Lucien Jerphanion dans l’un de ses livres : Laudator temporis acti, c’était mieux avant (2007, Taillandier). Ce phénomène du bon vieux temps est bien souvent le signe d’un changement profond et d’un sentiment d’insécurité. Cela paraît un peu paradoxal en Chine si l’on pense à la période de la révolution culturelle qui n’a pas laissé que des bons souvenirs.

En 1997, les publicités associées à des nouvelles technologies de l’électroménager de la communication commencent à fleurir dans les rues. Une partie des marques font confiance mais elles doivent remplir certaines conditions. Par exemple il existe des marques anciennes à Canton. Elles peuvent faire confiance parce que « en général les gens qui travaillent dans ces boutiques où il y a des vieilles marques ont le sens des responsabilités, » « ils ont le sens de la réputation du produit, » « ils sont fiers de leur marque. » L’ancien, au deux sens du terme de personne et d’objet, fait confiance.

Les marques étrangères donnent confiance : « je crois que Motorola est une grande entreprise américaine. C’est connu. C’est de très bonne qualité. » L’étranger fait confiance parce qu’il semble garantir le contrôle de la qualité et de la sécurité des produits. Par contre, sur les marques chinoises d’électroménager, comme un réfrigérateur, les avis sont partagés : « Elle ne connaît pas très bien cette marque de réfrigérateur chinois et donc elle ne lui fait pas confiance, moi je la connais, je lui fais confiance, par ce que c’est une marque de mon pays natal. »

A l’inverse une autre personne déclare : « Je préfère les réfrigérateurs japonais. Ils sont de bonne qualité. » Face à une publicité de machines à laver chinoise sur un abri bus, une personne déclare : « Ce sont des machines à laver de marque chinoise. Je n’aime pas cette marque. Je préfère l’électroménager japonais. » Le slogan de la marque est : « Le roi des réfrigérateurs chinois. » Il est associé à de l’eau qui évoque « la puissance du fleuve jaune. » Et donc pour certains, « c’est une bonne marque. Elle a une histoire. Je la connais depuis que je suis petite » « Elle n’est pas très chère. »

La connaissance de l’origine publique, étrangère ou du pays natal joue comme un des signes de la qualité et de la sécurité. L’origine joue comme une sorte de traçabilité de la qualité du bien ou service. Les racines, l’histoire, la durée sont les signes qui évoquent la confiance comme nous le verrons ci-dessous pour les pratiques de la mémoire en Chine.

Dans le domaine alimentaire pour donner confiance, il faut que le poisson soit vivant ainsi que les animaux comme les poulets ou les serpents. Quelque part la confiance dans les aliments est directement liée à une conception chinoise de la nature qui fait un lien entre le vrai, le beau, le bon et la nature :  » Je pense que depuis l’antiquité jusqu’à maintenant, les intellectuels chinois préfèrent le vrai, le naturel. On peut citer un exemple très concret, très typique. Par exemple dans la peinture traditionnelle chinoise, le thème de la montagne et l’eau est presque le plus fréquent. C’est ce qui évoque la nature. » « En Chine on dit : le vrai, le beau et le bon. En Chine on lie souvent c’est trois éléments ensemble. Pour moi une beauté réelle cela évoque la confiance parce que d’après moi si c’est vraiment beau cela doit être vrai. » «Il y a deux sens pour le mot naturel : Cela veut dire aller de soi, c’est à dire vient du cœur, spontané, l’autre sens c’est la nature. » C’est pourquoi le mouvement écologiste ne parait pas naturel en 1997 : « l’Écologie c’est une école qui protège la nature, mais ce n’est pas le naturel. C’est une action qui n’est pas naturelle. C’est une action artificielle pour protéger la nature. » Au final la sage se retire dans la montagne, en dehors du monde artificielle :  » Une vie idéale c’est dans la montagne, au bord de l’eau, avec une canne à pêche. »

À la fin des années 1990, la confiance à l’inverse de son symétriques la méfiance, est associée à un imaginaire de calme, – celui de la montagne et de l’eau -, d’héroïsme, – comme le chrysanthème, jú huā菊花‏ qui fleurit en automne malgré une nature hostile -, de pureté, – comme le Lotus dont la beauté symbolise la pureté qui a vaincu l’impureté de la boue dans laquelle il est né – , de chaleur des sentiments, – comme une fleur rouge qui symbolise la vie et la permanence, et donc qui donne du sens à la vie -, et enfin à « l’esprit intellectuel qui ne se plie pas », comme la fleur rouge du prunier « qui symbolise la résistance au froid, mais en fait cela symbolise l’esprit des intellectuels qui ne plient pas face à la force de l’extérieur. »

Il est difficile de savoir si cet imaginaire de la confiance et de la méfiance est le même aujourd’hui ou s’il a évolué avec le développement de l’urbanisation, des habitudes de consommation et du confort lié au logement et à la vie quotidienne, ou encore avec l’émergence des problèmes de pollution et de sécurité des produits alimentaires ou des produits liés aux soins du corps. Il semble que, d’après nos dernières enquêtes menées, avec tout particulièrement Yang Xiao Min et Wang Lei, sur les pratiques de soins du corps et les usages du maquillage à Guangzhou, Hangzhou, Beijing et Harbin entre 2007 et 2014, la méfiance vis-à-vis des biens de consommation liés à l’alimentation, à l’eau et au corps soit plutôt en progression. Ce que l’on peut dire malgré tout c’est que la méfiance est l’indicateur d’un sentiment d’insécurité face au monde qui change au moins pour certains. C’est ce que l’on va retrouver dans un dans notre enquête sur la mémoire qui évoque, pour une part, cette confiance ou cette méfiance par rapport au passé ou par rapport aux futures.

Les pratiques et les représentations de la mémoire à Guangzhou : les cadres historiques et sociaux de la mémoire

Ce qui frappe dans cette enquête c’est l’importance qui est accordée par les interviewés à l’histoire, au collectif et à la famille avant l’individu et à son anniversaire personnel[4]. Le deuxième élément marquant est l’importance de la révolution culturelle qui est souvent présentée comme une tentative historique d’élimination de la mémoire familiale, comme une opposition au confucianisme.

C’est pourquoi, dans les années 1990, on trouve à la fois des personnes qui n’accordent pas beaucoup d’importance à la généalogie familiale, aux anniversaires et aux fêtes traditionnelles, sur la lancée des normes « révolutionnaires », mais aussi, à l’inverse, des personnes qui vont revendiquer une filiation familiale, une nécessité de célébrer les fêtes traditionnelles et une importance  à accorder au culte des ancêtres.

Là encore 15 ans plus tard on peut observer le renouveau des pratiques traditionnelles chinoises mais transformées pour une part par la société de consommation et par l’augmentation du revenu des familles chinoises urbaines. Cela se traduit par la multiplication des autels liés aux ancêtres, celle des autels liés à Bouddha et des dépenses somptuaires pour la fête des morts le jour de Qing1 Ming2 (清明), le 5 avril, comme le rappelle le romancier Qiu Xiao Long dans son livre Dragon bleu, tigre blanc (2014, Liana Levi) ou encore par l’embellissement des temples.

Les souvenirs historiques : la reconstruction permanente des souvenir légitimes

Les souvenirs historiques font référence à l’occupation japonaise et à la guerre : « Je me rappelle l’histoire de la blessure des mains de mon grand-père, c’est pendant la guerre sino-japonaise, quand il a fait un travail dur pour les Japonais, un soldat l’a beaucoup fouetté, donc ses mains ont été gravement blessées, et sont devenues handicapées. » « Mes ancêtres sont originaires du Shandong, mon arrière-grand-père maternel était venu s’installer au Guangxi, pour se soustraire à la tourmente de la guerre. »

Ces événements expliquent pourquoi une partie de la mémoire familiale s’est perdue, ou bien ce que la mémoire familiale a sélectionné dans sa propre histoire. Les inondations qui ont marqué depuis longtemps l’histoire agricole de la Chine sont aussi une source de déplacement migratoire et de transformation de la mémoire familiale : « Je connais l’histoire du père de mon grand-père. Le père de mon grand-père avait encore un frère. A l’époque, à cause d’une inondation, ces deux frères se sont séparés. L’un s’est installé dans le village à côté de la montagne, l’autre, dans le village près de la rivière. C’est pourquoi dans la région où je suis né, il y a deux grandes familles qui portent le même nom. »

Le manque de traces matérielles de la mémoire familiale, tel que nous pouvons l’observer dans les logements où nous réalisons nos interviews en 1998, s’explique à la fois par les guerres, la révolution culturelle et les inondations qui ont provoqué une migration associée à la perte des objets de la mémoire : « Pendant mon enfance, c’était la guerre contre les Japonais, il m’a fallu quitter ma famille pour faire mes études. Je n’ai pas gardé une impression très profonde de ma famille. » « Mon père a quitté son pays natal pour faire ses études et travailler, il n’a rien porté de chez lui. »

Cela s’explique aussi par la pauvreté des paysans qui possédaient peu d’objets : « Je sais seulement que ma grand-mère a mené une vie très dure, car mon grand-père était mort très tôt de tuberculose pulmonaire. Mon père est le plus aîné des 4 frères, il a aidé ma grand-mère à travailler la terre et faire du ménage. Il a arrêté ses études au niveau de l’école secondaire spécialisée pour gagner sa vie plus tôt. » Dans cette enquête c’est la révolution culturelle de 1965-1975 qui semble l’évènement le plus marquant.

La révolution culturelle a provoqué à la fois une rupture dans la transmission des généalogies familiales et des objets symbolisant cette continuité. Transmettre la mémoire familiale et les objets qui lui étaient associés était perçu par une partie des interviewés comme un risque politique : « Je sais que mes ancêtres étaient mandarins. Ma famille était la plus grande famille, le plus grand clan du village. Le mandarin avait deux femmes. Au mur du temple des ancêtres, sont suspendus les portraits de ces trois personnages, celui du milieu représente ce mandarin. D’ailleurs l’ancienne maison a une forme bizarre, deux portes, deux corridors sont parallèles. La grande salle se trouve au milieu. Après c’est une cour et ensuite c’est la salle intérieure. Cette belle maison avec des cours spacieuses a été détruite pendant la révolution culturelle. » « Pendant la Révolution culturelle, on évitait de parler des ancêtres si on n’était pas originaire d’une famille pauvre. Ces dernières années, on reprend l’habitude de parler des ancêtres. » Ce n’est que 20 ans après la fin de la révolution culturelle que certains renouent avec l’entretien du lien entre les vivants et les ancêtres, avec le culte des ancêtres.

D’autres étaient favorables à la révolution et ont préféré ne pas en parler pendant longtemps et donc rompre de fait avec une partie de la mémoire familiale : « Dans notre mémoire, l’histoire familiale ne remonte pas très loin, parce que mon propre père est parmi les vieux vétérans de la révolution. Il a participé à la guérilla, avant la fondation de la nouvelle Chine. Mais comme lui est issu d’une famille de riches, pour participer à la révolution il a fallu qu’il trahisse sa famille. Alors ensuite il en a très peu parlé. Aujourd’hui, parce que la situation a changé, et parce qu’il est très vieux, il parle un peu de son enfance. » Là encore on assiste à un changement de la mémoire familiale en fonction de l’évolution des idées politiques et de celle de la société.

D’autre ont participé à la révolution culturelle sur un mode plus positif : « On est né, on a grandi à une époque particulière. Je suis née au début des années 50. Au moment de la révolution culturelle j’avais 12 ans. On a participé à beaucoup de mouvements de l’époque. On n’allait pas à l’école, on écrivait des Dàzì bào (大字报) pour critiquer le régime capitaliste. En 1968, on a été à la campagne, pour répondre à l’appel du Président Mao. Il fallait que les jeunes intellectuels comme nous reçoivent aussi la rééducation des paysans et des ouvriers en plus de l’éducation scolaire. » Souvenirs heureux ou neutres pour les uns, ou malheureux pour les autres : « La seule date [négative] que je retiens, c’est le jour où j‘ai été envoyé à la campagne pour travailler la terre. » « Ma première photo je l’ai prise en 1968 quand je suis rentrée de la campagne. Je suis allée au parc Yue4 xiu4 (越秀) (le plus grand parc à Guangzhou) avec mes tantes pour nous amuser. J’y ai pris une photo au bord d’un lac. »

C’est pourquoi la révolution culturelle reste un souvenir ambivalent et ambigu. Il peut être utilisé aujourd’hui comme un moyen éducatif pour pousser les jeunes à travailler en souvenir de ceux qui n’ont pas eu la chance de pouvoir le faire à cause de la révolution culturelle : « J’en parle à ma fille quand elle n’a pas réussi ses examens, pour l’encourager à consacrer plus d’efforts à ses études. Je lui parle souvent de ma jeunesse : à cette époque-là, on était fier de ne pas faire d’études. J’ai perdu alors l’occasion d’apprendre. Par conséquent, aujourd’hui, mon travail est très dur, [parce que je n’ai pas de diplôme] et en plus je risque de le perdre. » « Quand je trouve ma fille paresseuse, je lui explique que pendant la révolution culturelle, je lavais les 21 fenêtres chez moi, ça me prenait trois jours et les autres m’appréciaient beaucoup. »

 La révolution culturelle a été le souvenir le plus marquant de la génération de 40 à 50 ans en 1997, de 55/70 ans aujourd’hui. C’est un événement aussi très clivant entre les personnes et les groupes. Ceci explique le rapport compliqué de cette génération avec la mémoire de ces événements. Certains ne veulent plus en parler. D’autres sont prêts à les évoquer, au moins d’une façon indirecte, à travers les « chants rouges » (hong2 ge1红歌). Ceci confirme bien que la mémoire ne relève pas que de l’individuel mais qu’elle est encastrée dans le social comme l’avait déjà montré le sociologue Maurice Halbwachs dans Les cadres sociaux de la mémoire en 1925.

Les usages sociaux de la transmission des souvenirs : rappeler le passé pour mieux vivre aujourd’hui, limiter la mémoire du passé pour regarder vers l’avenir

Autrefois « A la campagne, le soir après le dîner, toute la famille s’asseyait dans la cour, on bavardait, on parlait de l’histoire familiale, souvent, les adultes racontaient les histoires des ancêtres. » Cependant aujourd’hui, en ville, tout le monde ne transmet pas la mémoire familiale.

Pour ceux qui cherchent à transmettre la généalogie familiale, les repas sont les moments privilégiés de cette transmission : « Je leur en parle lors du dîner familial. » Mais l’expression de la mémoire familiale se limite au cercle de la famille : «  avec les personnes n’appartenant pas à la famille, je ne parle pas du passé de ma famille. »

Cette transmission orale peut se faire par le père, le grand père ou par la grand-mère. Elle se fait plus facilement quand les générations cohabitent quand elles n’habitent pas trop loin les unes des autres : « Nous vivons ensemble sous trois générations, une bonne entente règne. Lorsque les membres de la famille se réunissent, nous en parlons souvent. »

Ce sont surtout les enfants qui sont ciblés. Parfois, parmi les enfants ce sont les garçons qui sont plus ciblés, ce qui pourrait s’expliquer par l’importance de la patrilinéarité de la famille chinoise : « Nous parlons moins à nos filles, mais nous parlons un peu à notre petit fils, par exemple, on dit que nous n’avions pas de jouets à ton âge, il ne faut pas demander trop. »

Les souvenirs évoqués ont en général trois objectifs, pousser à mieux travailler à l’école, inciter à ne pas trop dépenser, et enfin donner le sentiment d’une appartenance collective, d’une identité, qui donne de la stabilité dans un monde aujourd’hui en pleine transformation.

Inciter les enfants à mieux travailler à l’école est un des premiers objectifs de la transmission des souvenirs familiaux : « Oui souvent [je leur parle du passé] parce que je veux leur dire qu’il faut bien étudier, qu’ils ont une bonne occasion aujourd’hui de réussir leur vie parce que moi, par exemple je n’avais pas assez d’argent pour continuer mes études », « Je parle souvent de cette histoire  familiale quand je trouve que  mes enfants sont un peu paresseux, pour les encourager à consacrer tous leurs efforts à leurs études, à progresser. Leur environnement est beaucoup plus facile que celui de mon père, ils doivent bien étudier. »

Le second objectif éducatif est de tenter de limiter la consommation des enfants.  Ce thème est une source de tension entre générations : «  J’ai beau en parler à ma fille, elle ne veut pas m’écouter et elle ne peut pas comprendre. Par exemple, je lui ai parlé de la vie difficile où nous n’avions presque rien à manger mais elle m’a répondu: « Pourquoi n’es-tu pas allé acheter quelque chose? » », « Autrefois, la vie était dure, on ne pouvait pas tout acheter donc je demande à mon fils de ne pas trop gaspiller. »

Le troisième objectif de la transmission du passé est de contribuer à la construction identitaire des enfants : « Mon fils ne connaît pas clairement la culture de son pays natal, où sont ses racines. », « je lui raconte les événements traditionnels en Chine, par exemple, la fête du 07 Juillet qui fait référence à la légende de la tisserande et du bouvier qui se rencontrent une fois par an pour le 7ème jour de la 7ème lune. », « Oui, c’est très important. Comment peut-on rester dans un pays sans apprendre l’histoire? Grâce à l’histoire, on sait comment le pays se développe. Mon père m’a habitué à la lecture de l’histoire et de la politique. »

Cette construction identitaire est d’autant plus importante que les parents et les grands-parents ont le sentiment de vivre de grands changements et que la société est en train de se transformer en profondeur : « Oui, avec ces histoires, je leur montre que la société change toujours, et que chaque époque a sa mode. », « Oui. Parce que c’est l’histoire, c’est la tradition. Pour une personne c’est important de ne pas oublier l’histoire, ni la tradition. Bien sûr l’époque évolue, les individus progressent, mais tout ça est basé sur les acquis antérieurs. » « Oui, je pense que c’est important de raconter ces histoires familiales à mon enfant. Quand  il entrera dans la société, il ne se sentira plus isolé. Il saura que derrière lui, il y a un grand groupe familial, cela pourra lui donner la sensation d’être stable »

Dans certains cas, ici celui d’une personne appartenant à la minorité Hakka, la tradition identitaire familiale est même plus fiable que celle qui est proposée par l’État : « Les livres historiques sont destinés au gouvernement qui a sélectionné les événements historiques. Alors ils ne sont pas complets. Les livres non officiels peuvent rectifier l’histoire. Ils ont un intérêt pour la langue, la culture et l’histoire du pays. Par exemple, avec l’arbre généalogique, on peut comprendre l’immigration et la mobilité des Hakkas. La science de la culture Hakka dépend surtout de l’arbre généalogique ».

L’histoire familiale doit se transmettre de génération en génération, car elle correspond à la tradition confucéenne, « en raison de la conception [familiale] traditionnelle des Chinois. » Certains dépensent même beaucoup d’énergie pour mettre en contact leurs enfants avec leurs grands-parents grâce à l’émergence d’une « nouvelle technologie » en 1997, le téléphone : « Je l’emmène chez mes grands-parents, je lui demande de prendre davantage contact avec eux par téléphone. »

Des grands-parents chinois regrettent la perte de la traditionnelle éducation morale qui, pour eux, a disparu aujourd’hui : « Autrefois on considérait plus le développement psychologique ou mental des individus. On accordait une plus grande attention au développement psychologique et moral des enfants. (Alors qu’aujourd’hui, cette tradition est un peu perdue) »

Certains parents pensent cependant qu’il faut respecter le choix de leurs enfants et qu’ils sont libres de transmettre ou non la mémoire familiale : « Ca dépend d’eux-mêmes. Je leur raconte quand même, mais qu’ils le transmettent ou pas à leurs descendants, ça je ne m’en occupe pas. »

À l’inverse d’autres parents ou grands-parents ne cherchent pas à transmettre la mémoire et les traditions familiales. Ils trouvent cette transmission peu importante ou inutile. Pour eux, le passé est surtout le synonyme de pauvreté matérielle.  C’est inutile, aussi, par ce que l’enfant ne s’y intéresse pas : « Je ne l’obligerai pas à retenir les histoires de mes parents, et je ne lui parle même pas de  l’histoire de mes grands-parents. Elle ne s’y intéresse jamais. » Pour d’autres, rappeler le passé ne sert pas à grand-chose : « Ce n’est pas très important car le passé, c’est le passé. L’enfant d’aujourd’hui est né sous le drapeau rouge (la nouvelle Chine et le socialisme) et il a grandi « dans de l’eau sucrée »», « Non, la société est en train de progresser, ce n’est pas la peine pour eux de revoir le passé. », « Ce n’est pas la peine, [de rappeler le passé] parce que les personnes concernées sont soit mortes soit éloignées de chez nous. » Surtout : « Autrefois, c’était important, maintenant non. Parce que notre niveau de vie a augmenté. On a plus de connaissances, ça ne sert à rien. Certains trouvent ça important, pas moi. »

La transmission de la mémoire familiale est un analyseur du rapport que les familles chinoises ont avec leur passé. Pour certains, le passé été bénéfique parce qu’il représentait une morale et une vie ascétique. Il s’oppose au présent, fait de dépenses inutiles et de consommation qui ne servent pas à l’éducation des enfants. Pour d’autres le passé est inutile. Il ne sert à rien par rapport au présent. Pour toutes les familles la société est en plein changement et la mémoire familiale peut autant jouer un rôle positif qu’un rôle négatif. Dès cette époque on voyait déjà poindre un débat que l’on retrouve aujourd’hui autour de la pédagogie à l’école qui doit pour certains s’appuyer sur la mémoire et la tradition et pour d’autres développer l’éveil, la créativité et la réflexion personnelle.

Les photos et les objets familiaux comme trace matérielles de la mémoire, des cycles de vie et des différenciations sociales

Quand on observe la profusion des photos aujourd’hui on comprend mieux comment cet objet matériel peut être un bon analyseur du changement en Chine, et tout particulièrement depuis 1995 à travers l’évolution de la culture matérielle, de la croissance des objets du quotidien et des objets du souvenir à l’intérieur du logement. Il y a une quinzaine d’années on n’observait que très peu d’objets transmis à l’intérieur de la famille et très peu de photos familiales étaient exposées dans le logement.

Avec la croissance de la consommation les livings, les cuisines, les salles de bains et les chambres pour enfants débordent d’objets, de « doudous », de meubles, d’électroménager, de nouvelles technologies numériques, de produits de soins du corps et de maquillage, et de photos numériques.

Pour certains, les moins riches, les premières photos datent des années 1980 : « Oui, [j’ai des photos] jusqu’à la génération de ma grand-mère. On a sa photo et celle de sa famille. », « A la campagne, on était pauvre, on n’avait pas assez d’argent pour prendre des photos. Après les années 80, on en a, mais pas avant. On avait seulement des photos d’identité pour les cartes officielles », « J’aime garder les photos, j’ai une photo de mon grand-père que j’ai décollée de sa carte de sécurité », «  A cette époque-là, on prenait rarement des photos. On n’a pas d’appareil, il fallait aller au studio de photographie. » Cela est significatif de la pauvreté d’une grande partie de la Chine, et tout particulièrement de la Chine agricole, « mes parents ont beaucoup de frères et sœurs, une dizaine peut-être ; de l’autre côté, mes grands-parents ne sont pas riches. Nous n’avons rien qui est lié au passé familial chez moi. » C’est aussi significatif du rôle que la révolution culturelle a joué dans l’élimination des objets qui pouvaient rappeler la bourgeoisie : « Tous les objets de famille ont été pillés et volés pendant la révolution culturelle. »

Pour les vieux cadres issus de la révolution culturelle l’important ne réside pas dans la transmission des objets de valeur mais dans celle des valeurs qui fondent la morale : « Chez nous [il n’y a pas beaucoup d’objets de valeur]. Un peu de bijoux mais pas beaucoup. C’est plutôt transmis par ma belle-mère. Les cadres vétérans de la révolution n’ont pas ça. Pour eux, il ne faut pas transmettre ce genre de choses. Ce qui mérite d’être transmis, selon eux, ce sont des valeurs et des expériences, mais pas des biens matériels. »

Quand certains ont hérité de bijoux, ils les ont vendus pour soigner les membres de leur famille qui étaient malade ou pour financer les études de leurs enfants : « Ma mère m’avait laissé des bijoux en argent, après, ma fille est allée  faire ses études, et mon père était malade, je les ai vendus. »

Le développement des appareils de photos électroniques anticipe celui des téléphones mobiles et des Smartphones. Il a permis le développement des photos en leur permettant de ne plus se limiter aux grandes occasions : « Les photos les plus importantes chez nous, ce sont les photos de la réunion de tous les membres de la famille. C’est important surtout pour les vieux parents. Ils aiment beaucoup des photos de la réunion de famille. »

L’ancienneté des photos peut être considérée bien souvent comme un signe de différenciation sociale, les plus pauvres ne pouvant pas se permettre d’avoir de photos avant les années 1980/1990 : « J’ai des photos de mes parents. On ne prenait des photos que quand on était âgé, parce qu’à la campagne, il n’y avait pas de photographe, il fallait aller en ville pour prendre des photos. » « J’ai beaucoup de photos, elles remontent à l’époque de mon grand-père. Il y a des photos de mon grand-père, de ses frères. Par contre ma grand- mère n’a pris des photos qu’à l’âge de 60 ans. Elle était une fille de propriétaire foncier, une servante l’accompagnait lors de son mariage. Mon grand-père est instituteur, il enseigne la langue classique chinoise au lycée. »

De même quand ces photos sont associées à l’université, elles sont l’indicateur d’un niveau intellectuel élevé : « j’ai une photo de toute la famille, mes parents, mes frères et moi, prise dans les années 30 ; c’est un souvenir de la famille, tous mes frères la conserve bien. »

Les photos scandent les moments du passage d’une étape de cycle de vie à une autre, l’armée, la fin des études, le mariage, le début du travail, la naissance d’un enfant, un anniversaire : « Nous avons des photos de mes parents avant leur mariage, dans les années 1950, peut-être. Nos [propres] photos représentent la fin de nos études, le mariage, la naissance de l’enfant. Nous prenons rarement des photos dans la vie quotidienne. » « La première photo chez moi remonte à la jeunesse de mes parents, elles ont été prises pendant leur premier semestre à l’université, pendant l’année 1960, en souvenir de l’université. » « [J’ai des] des photos de mes parents, pendant leur jeunesse. On les voit en uniforme, mais un uniforme très simple, c’était avant la libération, avant 1949. C’est des uniformes de soldats. »

« Les [photos] qui restent remontent à l’époque où mes parents étaient encore jeunes. En 1969, mon père a fait l’armée et ma mère a terminé ses études et commencé à travailler. » « La première photo chez moi remonte à la jeunesse de mes parents, elles ont été prises pendant leur premier semestre à l’université, en 1960. » « J’ai des photos de mon grand-père, de ma belle-mère et de ma mère, j’ai aussi des photos de mariage. » « La première photo de ma famille est celle de mon mariage. J’ai encore quelques photos de ma jeunesse, elles sont les témoins du temps et de mon passé. »

Au moment du mariage, et c’est encore vrai aujourd’hui, on peut faire 80 à 100 photos avec des costumes différents, l’album de mariage symbolisant le lien entre le mari et la femme. Aujourd’hui on a l’impression que c’est la mode américaine du mariage « ostentatoire » qui est la plus répandu dans la classe moyenne urbaine. À Harbin, en 2012, nous avons même trouvé un magasin de photos qui proposaient des costumes de gardes rouges dans lesquels les futurs mariés pouvaient se montrer pour illustrer les photos de leur album de mariage. Ces photos symbolisent l’usage enchanté de la révolution culturelle que l’on retrouve dans les « chants rouge » révolutionnaires que les papy boomers chantent en chœur le soir dans les cafés théâtres.

Certaines photos peuvent être prises à l’occasion d’un anniversaire. Cependant comme l’enquête l’a montré, pour une partie des familles chinoises, l’anniversaire individuel n’est pas très valorisé à l’inverse de l’anniversaire du père qui lui est très valorisé. Cette faible valorisation symbolise la faible importance accordée à l’individu par rapport au groupe familial et aux chefs de famille patrilinéaire. L’importance du collectif dans les années 1990 est aussi symbolisée par l’importance des photos, quand elles existent, qui sont prises pendant la fête du printemps, moment où toute la famille se retrouve : « [je ne prends pas très souvent des photos], sauf quand je rentre chez mes parents, mes sœurs et frères ainsi que moi, nous prenons des photos de souvenir. »

Dans certaines familles, les photos sont rangées dans des albums qui sont plus ou moins consultés en fonction du temps et du rapport entretenu avec le passé comme nous l’avons vu ci-dessus : « J’ai des albums. Autrefois c’était classé par époque. Mais plus tellement aujourd’hui. Autrefois je regardais souvent, mais maintenant on n’a pas le temps. » « Je ne sais pas, je le garde dans mon bureau, je ne l’ai jamais feuilleté. C’est ma femme et mon fils qui montrent. Moi, non. »

Pour ceux qui s’intéressent aux photos elles représentent leur passé, leur jeunesse : « J’ai encore quelques photos de ma jeunesse, elles sont les témoins du temps et de mon passé » ; elles peuvent aussi représenter l’amour filial : « En les voyant sur ces photos, je les respecte et les aime encore plus. Mon père était élégant et passionnant. » Elles sont le lien aussi entre les grands-parents, histoire du passé et les petits-enfants. Elles permettent de connaître et de garder en mémoire la vie des grands-parents et les conditions de vie passée.

Les photos ne portent pas beaucoup sur la vie quotidienne « Maintenant, j’ai un appareil photo et je prends beaucoup de photos de mon mari, de ma famille ou de paysages. » L’important c’est que l’on puisse voir les membres de la famille : « les Chinois aiment avoir des têtes avec le paysage. » Les photos présentent la vie de famille, les occasions de rassemblement de la famille. Elles ne font pas dans le futile, elles sont des dispositifs sociaux, des rituels qui signifient le lien entre les membres de la famille. La photo dans la Chine des années 90 est assez proche de la pensée confucéenne.

Conclusion : Mode de vie et consommation en Chine au 21ème siècle

Dans les années 1990 la transmission des objets familiaux est donc plutôt une pratique rare. La révolution culturelle a fait disparaître une grande partie des objets familiaux. La société de consommation n’en est qu’à ses débuts. Les biens de consommation n’ont pas encore envahi des logements.

Dans un certain nombre de familles chinoises les parents ou les grands-parents pensent qu’il faut surtout transmettre des traditions et des valeurs. Pour une partie des chinois, quand des objets sont transmis à l’intérieur de la famille ils sont plus appréciés pour leur valeur matérielle que pour leur valeur de souvenir et d’identité familiale. Les occasions de transmission des objets correspondent le plus souvent aux étapes du cycle de vie et principalement le moment de l’armée, du mariage et celui de la vieillesse. Elles sont le signe du passage, le signe du lien social et le signe de la différenciation sociale. Elles évoquent aussi la nature comme dans la peinture classique chinoise évoquée plus haut à propos des montagnes et de l’eau.

Dans l’histoire familiale, on connait surtout les dates clés et les événements importants du cycle de vie des membres de la famille, l’histoire et la vie des ancêtres. La tradition orale dans les années 1990 semble fortement prédominante. Le fait que les objets familiaux et les photos comme support de cette mémoire familiale sont encore peu nombreux expliquant cela.

Pourtant ce ne sont pas tous les chinois qui accordent une même importance à la mémorisation des dates importantes et à la transmission de l’histoire familiale, de génération en génération. On se réunit encore pendant la fête du printemps et lors de la célébration de l’anniversaire des parents. Beaucoup ne pratiquent pas le culte des ancêtres. Les temples sont plutôt vides et pauvres. Cela contraste avec le faste et la richesse de ces mêmes temples 15 ans après à Canton.

Il est intéressant de se souvenir qu’à l’époque, comme dans les pays occidentaux avant la démocratisation de l’appareil de photos et du téléphone mobile, la prise des photos était liée à des occasions, des moments précis, ceux des événements majeurs du cycle de vie. La photo va changer la mémoire familiale chinoise. Aujourd’hui, avec les « selfies » on se rend compte du chemin parcouru depuis la photo comme objet rare et signe de la différenciation sociale, puis la photo comme lien familial, pour aboutir aujourd’hui à une photo instantanée, sans limite et quasiment narcissique entre pairs  Un peu moins confucéenne ? Un signe d’individualisation ? La réponse variera en fonction de la situation…

Paris-Guangzhou juillet 2014

 

[1] Yang Xiao min,2006, La fonction sociale des restaurants en Chine, l’Harmattan

[2] Zheng Li hua, D. Desjeux (éds.), 2002, Entreprises et vie quotidienne en Chine, approche interculturelle, l’Harmattan

[3] Ces enquêtes ont été financées grâce au concours de la Mission Recherche de La Poste, de Beaufour Ipsen International, d’EDF, d’Orange, de Leroy Merlin, de Carrefour, de la Communauté européenne, de General Motors, grâce à Ken Erikson, de L’Oréal, de Chanel. Elles seront réalisées pour une part par les étudiants-chercheurs du CERSI dirigé par Zheng Lihua et notamment les enquêtes. Elles ont porté sur la mémoire (avec Sophie Taponier), le bricolage (avec Anne Sophie Boisard), les populations péri-urbaines plus démunies (avec Sophie Alami, Yang Xiao Min), les normes ISO (Zheng Lihua, Ye Jian ru), le management interculturel (zheng Li hua), les usages du téléphone (Anne Sophie Boisard, Ye Jian ru), le jeu des enfants (Anne Sophie Boisard), les soins du corps et de maquillage (avec Yang Xiao Min, Wang Lei, WU Yongqin, SHI Ye ting, YANG Yang, LIU Xiao fei) ), le jeu des adultes (Hu Shen), l’eau (Ma Jing Jing) .

 

 

 

[4] En 1998 nous lançons cette enquête sur la mémoire des chinois dans la vie quotidienne à la demande de Claude Chollet, Directeur général de Beaufour-Ispen International qui finance cette recherche.

 

2017 04 12, D. Desjeux, sur l’ennuie, les stimulus, l’addiciton et le retrait du monde, Atlantico

2017 05, Atlantico, interview Dominique Desjeux, « Jm’ennuie », Publié le

Ce qui se passe vraiment quand on s’ennuie

Mary Mann, une auteure Américaine va publier cette semaine aux Etats-Unis « Yawn : Adventures in Boredom », un essai sur l’ennui. Ce dernier Un manque d’excitation dans ce que l’on fait, son travail ou sa vie amoureuse peut amener les gens à un état d’ennui. Ce dernier est beaucoup plus que la simple absence de stimulation, d’intérêt ou de source d’amusement .

http://www.atlantico.fr/decryptage/qui-se-passe-vraiment-quand-on-ennuie-dominique-desjeux-christian-bourion-3045988.html/page/0/1

 

2017 04 Face à l’émotion et à l’angoisse l’argument rationnel a peu de poids, cependant…

2017 04 Face à l’émotion et à l’angoisse l’argument rationnel a peu de poids. Cela n’empêche pas de continuer à chercher ce qui est vrai, à chercher à comprendre comment fonctionnelle société.
Alexandre Mirlicourtois nous propose au milieu de la vidéo un exemple très intéressant pour mieux comprendre les conséquences du protectionnisme par l’augmentation des droits de douane. Pour cela il part de l’exemple concret de l’iPhone.

Vous pouvez vous arrêter de lire à cet endroit et regarder la vidéo ou continuer à lire ci-dessous.

Les questions qui préoccupent les Français sont celles du chômage, celle du pouvoir d’achat, celle de l’immigration, et pour certain celle de l’environnement. Ces thèmes relèvent à la fois de solutions locales, nationales, européennes et géopolitiques.C’est pour cela qu’elles sont complexes et qu’elles demandent de faire de l’économie très concrète qui porte autant sur la macroéconomie, sur les politiques publiques que sur la micro-économie des entreprises ou des collectivités locales. D’où l’intérêt de l’exemple de l’iPhone qui montre que relever les droits de douane peut conduire à une augmentation des prix à la consommation et donc à une baisse du pouvoir d’achat.
Le pouvoir d’achat de la classe moyenne américaine qui a beaucoup baissé depuis 2008, a été en partie soutenue grâce à Walmart, le plus grand distributeur américain, qui a acheté à bas prix les biens consommation en Chine. L’achat des biens consommation en Chine a permis à un bon tiers de la société chinoise d’intégrer la classe moyenne mondiale et à la plus grande partie de sortir de la pauvreté absolue. En même temps la montée de la classe moyenne chinoise a entraîné une augmentation des prix des matières premières et agricoles et notamment du soja qui sert à nourrir les animaux. Cela a entraîné une augmentation des prix des produits alimentaires qui ont pesé sur la classe moyenne la plus basse des pays occidentaux.
Ce raccourci historique permet juste de rappeler l’ambivalence de la mondialisation, à la fois positive et négative. Ce que l’on peut observer c’est qu’à chaque fois qu’on enlève la partie négative on enlève aussi la partie positive. Il faut donc plutôt se demander comment on peut jouer sur les deux.Tout particulièrement on peut se demander si les effets négatifs en termes de pollution et d’environnement, ces effets qui sont très forts en Chine, ne vont pas conduire à une remise en cause du modèle de consommation d’ici 20 à 30 ans et entraîner un modèle plus vertueux conduisant à produire plus d’énergies alternatives aux énergies fossiles.C’est ce à quoi s’est attachée la COP 21.

C’est pourquoi on voit bien que la mondialisation est ambivalente. Elle fait baisser les prix et donc favorise le pouvoir d’achat, « et en même temps », elle détruit une partie des emplois dans les pays où ces emplois étaient dans l’industrie lourde, comme la sidérurgie, et dans les matières premières comme le charbon. Il n’est pas possible de faire revenir le charbon, même si Donald Trump essaye de le faire dans les Appalaches aujourd’hui. « Et en même temps » elle produit des emplois pour les entreprises qui vendent à l’exportation ou qui se développe localement à travers des réseaux de chefs d’entreprise qui ont un ou deux salariés ou quelques dizaines de salariés.
Ces entreprises peuvent être des TPE, des PMI-PME dans la périphérie des grandes métropoles, ou des grandes entreprises.
Frédérique Gilli, dans un article du Monde du 28 avril 2017, relativise, à partir d’un point de vue d’analyse électorale, l’analyse malgré tout très intéressante du géographe Christophe Guilluy sur la fracture sociale entre les métropoles de la classe moyenne supérieure et le milieu rural périphérique. Sa première publication sur les fractures françaises datent de 2000. Frédérique Gilli,rappelle que sur les 8,6 millions de voix qu’a obtenu Emmanuel macron au premier tour 3,6 viennent des « zones rurales, des petites villes en déprise et des quartiers pavillonnaires », soit plus de 40 %. La fracture n’est pas entre deux zones géographiques mais à l’intérieur même de ces différentes zones géographiques même si le vote FN est plus faible dans les grandes agglomérations et plus fort dans la périphérie, mais sans dépasser 30 %. Ce sont bien aussi des zones où l’entreprenariat peut se développer.
Mais développer des entrepreneurs ne suffit pas. Tout le monde n’est pas entrepreneur. C’est pourquoi la solution de la « flexicurité » scandinaves est intéressantes, même si les conditions sociales de son existence ne sont pas réunies en France. En effet la capacité des acteurs français à négocier est très faible comparée à la capacité à négocier des syndicats employeurs et employés en Europe du Nord et en Allemagne. Techniquement elle est intéressante parce qu’elle dissocie le lieu travail, qui lui peut être discontinu, et le maintien de l’emploi qui lui doit être en continu. Pour que cela marche il faut qu’un système de formation soit mis en place pour permettre le transfert d’une compétence vers une autre.
Mais là aussi il ne suffit pas de former pour que les personnes qui n’ont pas travail trouvent de l’emploi. Certaines personnes n’ont pas les capacités à se former, je pense ici aux personnes handicapées. Ma fille aînée par exemple qui est mongolienne travaille dans un ESAT et donc dans un lieu protégé. Cela veut dire qu’il existe bien des solutions pour les personnes qui ne peuvent pas trouver un emploi normal. Il y a des personnes qui sont illettrées, autour de 3 millions en France. Il y a des personnes fatiguées ou trop âgées. Pour tous ces gens il est normal que la société les prenne en charge avec un revenu qui les aide à vivre. C’est du reste grâce à l’aide de l’État et des départements qu’une partie de l’économie sociale et des services à la personne fonctionnent en France. Il ne faut peut-être pas parler d’un revenu universel, mais d’un revenu ciblé pour les personnes dépendantes socialement, économiquement ou mentalement.
Le « traitement social du chômage », c’est-à-dire les aides de l’État pour créer des emplois, a servi d’amortisseur mais n’a pas permis de diminuer le chômage structurel qui atteint 5 millions de personnes aujourd’hui dans les catégories A,B, C, ce qui veut probablement dire qu’il y en a sept à 8 millions en réalité si on enlève ceux qui se sont découragés ou qui sont en formation, sur 28 millions de personnes en âge de travailler, soit plus de 30 % de la population. C’est l’équivalent de ce que nous avons connu entre 1992 et 1997.Cela ne veut pas dire que le traitement social a été inutile, mais cela veut dire que cela n’est pas efficace pour traiter des emplois pérennes.
Pour le moment, depuis longtemps et probablement pour longtemps, le levier le plus important de créateur d’emploi est l’entreprise. Même la Chine a dû diminuer les emplois dans les entreprises publiques et développer les emplois les entreprises privées. C’est pourquoi Il est important de développer la capacité à négocier à l’intérieur de l’entreprise ou au niveau des branches locales, car c’est un moyen important de mieux adapter l’entreprise et l’emploi aux incertitudes du marché qui ne dépende ni du chef d’entreprise ni de l’État tout seul. C’est le versant flexible de la Flexicurité. L’État peut garantir la sécurité à travers les retraites anticipées, les emplois aidés, les aides à l’apprentissage, ou au développement de la VAE (Validation des acquis l’expérience).
Cependant il ne faudrait pas oublier d’ajouter à la flexibilité et à la sécurité l’aide à la mobilité et à la garde des enfants, car bien souvent une partie du revenu gagné sur le lieu travail est « mangé », comme on dirait au Congo, par les frais de transport et les frais de garde. Tout cela est négociable et dépend des situations locales, au moins pour une part.
Je suis toujours étonné quand je vois que la gauche radicale demande plus d’État alors que l’on sait que le fonctionnement de l’administration n’est pas toujours optimum. Une de mes premières enquêtes en 1969 avec Michel Crozier portait déjà sur la modernisation de l’État. Il existe bien d’autre régulation que l’État et notamment à travers le marché qui existe depuis les sumériens, il y a plusieurs milliers d’années. La société est toujours un champ de forces qui s’organisent autour de quatre grands clivages, les classes sociales, les genres, les générations et les cultures. C’est tout cela qu’il faut réguler à travers l’État, le marché et le jeu des acteurs collectifs et individuels.Il faut en même temps libérer l’énergie de ceux qui peuvent créer la richesse et de l’emploi, canaliser l’énergie de ceux qui veulent s’approprier cette richesse, protéger ceux qui participent à la production cette richesse ou ceux qui en sont écartés par les malheurs de la vie.

Il n’existe pas de solution idéale que ce soit par le marché des imaginaires libéraux, que ce soit par l’État des imaginaires radicaux, que ce soit par la démocratie directe qui qui a tendance à se convertir en « soviet » au pire, ou en sous système hiérarchiques au mieux, que ce soit par la révolution nationale ou sociale, qui le plus souvent dans tout ce que j’ai pu observer ou lire n’a conduit qu’à des systèmes totalitaires ou autoritaires comme en Russie en 1917, en Allemagne, en Italie, en France ou au Japon pendant la deuxième guerre mondiale, ensuite en Chine, en Amérique du sud, à Cuba, en Angola, à Madagascar, au Congo Brazzaville, en Algérie, etc.

Aujourd’hui nous devons gérer « en même temps », la mondialisation et le protectionnisme, la flexibilité et la sécurité, l’entreprise, le marché et l’état, les employeurs et les employés, la France et l’Europe, la croissance, l’emploi et l’environnement. C’est une bataille, elle ressemble au mythe de Sisyphe, elle est sans fin, sauf si Marine Lepenne passe.

 

2017 04 Deux Chefs de projet co-conception & évaluation des technologies et services pour la santé & l’autonomie (h/f)

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Fiche de poste :
Deux Chefs de projet co-conception & évaluation
des technologies et services pour la santé & l’autonomie (h/f)
1. Contexte
Créé en 2008, MADoPA est un centre expert et un living lab de dimension nationale et européenne, spécialisé en co-conception, expérimentation et évaluation des technologies et services pour personnes âgées. Plus précisément, MADoPA est un centre expert labellisé par France Silver Eco sur la thématique de la fragilité et un Living Lab de l’EIT Health (European Institute of Technology – KIC Santé) et du Forum des Living Labs Santé & Autonomie. Depuis 2016, MADoPA est partenaire associé de l’EIT Health.
MADoPA est engagé dans de multiples projets européens (FP7, H2020, EIT Health) et intervient également sous forme de prestation de services pour des collectivités (ARS Ile de France, ARS Grand Est, Caisses de retraite, etc) et des industriels (EDF, SANOFI, ESSILOR, etc). Trois valeurs ajoutées définissent l’expertise et le positionnement de MADoPA : – Une méthodologie socio-anthropologique innovante permettant d’ajuster l’offre de soins, services et technologies aux besoins et dynamiques de vie des personnes âgées, de leurs aidants et aux pratiques des professionnels – Un accès rapide aux usagers (personnes âgées, aidants, professionnels, EHPAD, centre de prévention, etc) pour expérimenter les solutions par l’intermédiaire d’un réseau de partenaires et d’adhérents comprenant de nombreux offreurs de soins, de services et des collectivités territoriales – Un accès potentiel au marché pour les solutions validées et innovantes, par l’intermédiaire notamment de la Mutualité Française – membre fondateur de MADoPA.
Le développement des activités de MADoPA nécessite aujourd’hui le recrutement de deux nouveaux chefs de projet pour la conduite de projets de co-conception – évaluation de technologies et services pour la santé et l’autonomie des personnes âgées.
2. Missions (en gras le coeur de métier du chef de projet)
● Activité principale : conduite de projets d’évaluation au niveau national ou européen
○ collaboration avec experts nationaux et internationaux, issus à la fois du champ de l’industrie, des politiques sanitaires et sociales, de la recherche
○ réalisation de revue de littérature
○ définition de la méthodologie d’observation et d’analyse des modes de vie des personnes âgées et des pratiques professionnelles
○ conduite d’entretien socio-ethnographique auprès de personnes âgées, de leurs aidants et des professionnels qui les accompagnent
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○ conduite d’entretien auprès d’acteurs politiques, économiques, associatifs
○ animation de focus group
○ réalisation d’études de cas
○ rédaction et présentation de rapports avec recommandations
○ réponse à appel à projet nationaux, européens
○ rédaction de proposition de prestations de services
○ reporting auprès du directeur
● Activités complémentaires :
○ Interventions lors de séminaires colloques, congrès nationaux et internationaux
○ Rédaction d’articles scientifiques pour revue à comité de lecture ou dans ouvrage coordonné par MADoPA
○ Montage et animation de formations
3. Organisation du poste
● Recruté et placé sous l’autorité du directeur de MADoPA
● CDD de 6 mois renouvelable avec possibilité de CDI
● Poste basé à Paris et nécessitant une mobilité géographique du fait des projets et études d’envergure nationale et européenne
● Possibilité de télétravail en dehors des périodes d’enquête sur le terrain
● Salaire de 30 à 36 K€ brut / an selon expérience, soit entre 1900 € et 2300 € net mensuel. Possibilité d’évolution en fonction de la valeur ajoutée du travail réalisé.
4. Profil de poste (éléments clés en gras)
● Doctorat (anthropologie, sociologie, voire ergonomie, science politique, santé publique) ou excellent Master II
● Expérience réussie en :
○ enquête de terrain et réalisation d’étude de cas
○ gestion de projet (coordination, production de livrables, respect des délais)
● Capacité d’observation et d’écoute sans jugement, d’analyse, de synthèse et créativité
● Excellente qualité d’écriture permettant de restituer de façon fine, structurée et percutante ce qui a été observé et collecté sur les terrains d’étude
● Capacité à faire le lien entre les données socio-ethnographiques collectées sur le terrain et les problématiques de santé publique, politiques, organisationnelles, industrielles des partenaires de MADoPA
● Très bonne maîtrise de la langue anglaise (pour communication orale, rédaction de rapports, réponse à appel à projets), l’espagnol serait aussi un atout.
● Connaissance et pratique des méthodes d’évaluation des usages des technologies, en particulier des méthodes socio-ethnographique ou design thinking
● Connaissance des personnes âgées, de leurs modes de vie, des aidants familiaux et des pratiques des professionnels qui les accompagnent
● Maîtrise des outils bureautiques
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● Qualités relationnelles, simplicité, motivation, loyauté, autonomie.
5. Comment postuler ?
Transmettre lettre de motivation et CV par messagerie à l’attention de

herve.michel@madopa.fr
Poste à pourvoir à partir du 3 juillet 2017.

2017 04 Post-doctorat (1 an)I nstitut de Recherche pour le Développement (IRD)

Post-doctorat (1 an)

Perspectives comparatives sur les migrations de retour et les formes de blocage : Niger, Mexique

AFFECTATION STRUCTURELLE

Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

L’Institut de Recherche pour le Développement est un établissement public français à caractère scientifique et technologique (EPST) qui intervient depuis plus de 60 ans dans les pays du Sud. Il est placé sous la double tutelle des ministères chargés de la Recherche et des Affaires étrangères.

Ses activités de recherche, d’expertise, de valorisation et de formation ont pour objectif de contribuer au développement économique, social et culturel des pays du Sud. Près de 40% des effectifs de l’Institut sont affectés à l’étranger et en Outremer.

Structure d’accueil : UMR 205 « Migrations et Sociétés »

Description :

L’Unité de Recherche Migrations et Société (Urmis) est une unité mixte de recherche sous tutelle des universités Paris Diderot et Nice Sophia Antipolis, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD, UMR 205) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS, UMR 8245).

L’Urmis est pluridisciplinaire et spécialisée dans les recherches sur les migrations et les relations interethniques.

L’Urmis étudie les processus d’identification, de catégorisation et de redéfinition des frontières sociales et des rapports de pouvoir mis en jeu par la migration des hommes, des idées et des croyances. Elle met en œuvre une problématique constructiviste qui considère les dimensions ethniques et raciales des collectivités et des identifications personnelles comme des productions sociales intégralement relationnelles, et s’intéresse à leur pertinence en tant que catégories de la pratique utilisées dans des situations de conflit, des dispositifs de contrôle et de politiques sociales ou sanitaires, ou des stratégies d’affirmation identitaire. Les recherches portent une attention particulière aux effets de la mondialisation sur le désenclavement des espaces locaux, la multiplication des instances de décisions supranationales ou internationales, la croissance des réseaux transnationaux dans les échanges économiques, culturels ou religieux.

L’Urmis regroupe des équipes de recherche localisées à Paris et à Nice et accueille des chercheurs relevant de plusieurs disciplines (sociologie, anthropologie, sciences politiques, psychologie sociale, histoire).

 

AFFECTATION GEOGRAPHIQUE

 

Lieu d’exercice des fonctions

Le post-doctorat sera affecté à l’URMIS, dans ses locaux de l’Université Paris-Diderot à Paris.

Il aura à effectuer plusieurs missions de longue durée (de 1 à 3 mois) au Niger et au Mexique. Au Niger, il sera accueilli au sein du Groupe d’Etude et de Recherche sur Migrations, Espaces, Sociétés, Université Abdou Moumouni de Niamey en lien avec la représentation de l’IRD au Niger, sous la responsabilité de Florence Boyer (IRD) et Harouna Mounkaila (UAM). Au Mexique, le post-doctorat sera accueilli au Colegio de la Frontera Norte (COLEF) à Tijuana (Mexique), sous la responsabilité de Dolores Paris (COLEF) et Françoise Lestage (CEMCA-URMIS)

DESCRIPTION DU POSTE

 

Mission

La thématique des migrations de retour, sous des formes contraintes ou non, est émergente, au Mexique comme au Sahel, s’inscrivant dans le cadre d’une demande sociale et politique forte autant de la part des décideurs, que des institutions internationales, des ONGs ou de la société civile. Peu étudiée jusqu’à présent, notamment dans un cadre comparatif – alors que les modèles de politiques migratoires circulent -, elle constitue pourtant un enjeu fort.

Cette recherche postdoctorale vise à mener une analyse comparative entre le Niger et le Mexique sur les situations de blocage, de refoulement, d’expulsions des migrants dans un contexte de frontière et de contrôle accru des déplacements.

L’objectif est d’analyser, en collaboration avec les équipes de recherche au Niger et au Mexique, les politiques migratoires qui se déploient dans les deux espaces, ainsi que leurs effets sur les trajectoires des migrants.

 

 

Activités

– Bilan comparatif des dispositifs politiques de la migration mis en œuvre au Niger et au Mexique

– Analyse des processus de construction des lieux intermédiaires au Mexique et au Niger (terrain précis à définir avec l’équipe)

– Réalisation d’un bilan bibliographique comparatif sur les champs lexicaux de la migration et les catégories d’analyse

– Participation à l’organisation d’un atelier de recherche international à Niamey

– Rédaction d’un rapport final de recherche et publications scientifiques

 

Compétences

– Maîtrise du français et de l’espagnol

– Connaissance des études sur les migrations soit au Mexique, soit au Sahel

– Connaissance et expérience des méthodes de terrain qualitatives en sciences sociales

 

PROFIL RECHERCHE

Formation

Doctorat dans une discipline de sciences sociales avec une spécialisation sur les études migratoires : géographie, anthropologie, sociologie.

Le doctorat doit avoir été soutenu depuis moins de 5 ans.

Aptitudes

Capacité d’adaptation à des contextes de terrain divers

Capacité de travail en collectif

 

CONTACT

 

Envoyer votre candidature (CV et lettre de motivation) à l’adresse suivante : (mail)

florence.boyer@ird.fr

francoise.lestage@cemca.org.mx

 

Date limite d’envoi des dossiers : 1er juin 2017

Début du contrat de postdoctorat : 1er septembre 2017

 

L’IRD, au travers de sa politique de recrutement, promeut l’égalité professionnelle hommes/femmes

2017 04 Post-doctorant(e), MESHS, Lille (France)

Post-doctorant(e), MESHS, Lille (France)

15 mai 2017

Dans le cadre du projet Tast’in, la MESHS de Lille recrute un(e) post-doctorant(e) en sciences sociales pour une durée de 1 an, renouvelable une fois, à compter du 15 juin 2017 (au plus tôt) autour du thème de l’économie sociale et solidaire.

Date limite de candidature : 15 mai 2017

Le projet Tast’in Fives, coordonné par La Ville de Lille, bénéficie d’un financement conséquent de l’Union Européenne (via le programme UIA Urban Innovative Action).
Ce projet consiste à installer, dans une des halles réhabilitées de la friche historique de Fives-Cail, un système vertueux, pour favoriser la croissance économique locale, encourager la formation, stimuler le lien social et promouvoir les initiatives solidaires liées aux enjeux d’alimentation et de santé publique. 10 partenaires (dont 4 institutions, 4 associations et 3 établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche) composent le consortium.

La MESHS a été choisie pour assurer le volet « recherche » du projet et proposer socles théoriques et prise de distance nécessaire à la compréhension et à l’évaluation du projet durant toutes ses phases (démarrage, déroulement, acceptation par la population, évaluation de ces nouvelles pratiques et de leurs impacts sur la population..) via l’implication des chercheurs de ses laboratoires affiliés.

Les attentes sur le volet de l’évaluation des impacts de l’action sont très fortes, ainsi que sur la valorisation et le partage des données produites. La Ville de Lille et la MESHS ont conclu un partenariat prévoyant la mise en place d’une recherche-action (avec le financement d’un poste de postdoctorant pour 2 ans), qui aura pour objet principal la mise au point (notamment avec la population) d’indicateurs de mesure d’impact social ou d’amélioration du cadre de vie. D’autres aspects pourront également être examinés, notamment sous le prisme de l’innovation sociale, de l’économie sociale et solidaire, des obstacles juridiques, etc.

Profil du candidat

  • Le candidat ou la candidate devra être titulaire d’un doctorat en sciences sociales ;
  • Le candidat ou la candidate maîtrise l’anglais parlé et écrit (niveau C1 requis) ;
  • Une bonne connaissance du contexte économique et social local, et notamment du réseau associatif, du quartier Fives- Cail- Hellemmes est un plus.

Compétences requises

  • Compétence en management de projet ;
  • Capacité à dialoguer avec des chercheurs issus de différents champs disciplinaires ;
  • Capacité à travailler en équipe.

Descriptif

Mission : Mise en oeuvre et suivi des opérations de recherche sous-tendues par le projet Tast’in Fives
Durée du contrat : 1 an, renouvelable 1 fois.
Nature du contrat : CDD « Jeune chercheur »
Employeur : CNRS
Rémunération brute mensuelle : 2555,39 €
Rémunération nette mensuelle : 2057 €

Modalités de soumission
Les candidatures sont à envoyer à la direction de la MESHS et à cette adresse.

Télécharger l’appel complet.

2017 04 Post-doctorant(e), Institut de sociologie, Neuchâtel (Suisse)

Post-doctorant(e), Institut de sociologie, Neuchâtel (Suisse)

7 mai 2017

L’Institut de sociologie à l’université de Neuchâtel met au concours un poste de post-doc (100%) pour une période initiale de deux ans renouvelable une fois pour 1 an pour une prise de fonction au 1er juillet 2017 (ou à convenir).

Date limite de candidature : 7 mai 2017

Profil

  • Doctorat en sociologie obtenu dans les 3 dernières années ;
  • Le/la candidat(e) doit être titulaire d’un titre ou d’une expérience de recherche ascquis dans une autre université ;
  • Intérêt pour l’enseignement et la recherche scientifique en sociologie ;
  • Intérêt pour le domaine de la sociologie économique / sociologie du travail.

Modalités de soumission

Le dossier de candidature doit contenir :

  • une lettre de motivation ;
  • un curriculum vitae ;
  • une liste de publications ;
  • une copie du diplôme de doctorat ;
  • une lettre de recommandation.

Veuillez adresser votre candidature par email à l’adresse suivante, objet « postdoc », avec tous les documents requis ci-dessus sous la forme d’un seul document PDF.

Délai de candidature : 7 mai 2017

Télécharger l’appel complet.

2017 03 CHRONOS, recherche un-e jeune docteur-e ou Bac +5 en sciences humaines

Chronos est un cabinet d’études et de prospective qui propose depuis plus de 20 ans un décryptage singulier des usages émergents dans le domaine des intelligences de la ville et accompagne les acteurs privés et publics dans la conduite du changement.

Le cabinet recherche un-e jeune docteur-e ou Bac +5 en sciences humaines avec un bagage socio-technique et/ou une expertise sur la ville intelligente/la donnée.

https://docs.google.com/document/d/1rZTbWpBT-ZhQrS8DYUbW7v39b5ZiqSvYIHfWXTHNSSA/edit

Ghislain Bourg

2017/02/28. D. Desjeux, notes sur le débat « Reconquêtes industrielles : maintenant ou jamais ! »

2017 02 28 INDUSTRIE

2017/02/28. D. Desjeux, notes sur le débat «  Reconquêtes industrielles : maintenant ou jamais ! »

Débat organisé dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle 2017 par Bruno Grandjean (Président de la FIM, Fédération des Industries Métallurgiques), débat animé par Fabrice Lundy, journaliste à BFM business.

Pour augmenter la productivité des entreprises industrielles qui sont fortement capitalistiques, il est demandé de supprimer la « fiscalité punitive » qui porte sur les moyens de production. Le problème est que cela diminue les ressources des collectivités locales. Cette perte pourrait être compensée par une fiscalité légitime, l’IS, qui porte sur les gains, mais qui est versé à l’État central.

Le problème est que cette recette est variable puisqu’elle dépend des variations du marché. Ce qui pèse comme une charge fixe pour les entreprises est une garantie de ressources fixe pour les collectivités locales, lesquelles ont des charges fixes à travers un certain nombre de services nécessaires au bon fonctionnement des entreprises, à la sécurité, à la santé et à l’éducation des citoyens, à la mobilité et au pouvoir d’achat des consommateurs.

Chaque acteur essaye d’externalités sur l’autre les incertitudes qui pèsent sur son activité. Tout le monde a des dépenses fixes. Mais la plupart des revenus sont variables.

Cette variabilité renvoie à deux situations : il y a ceux qui ne sont pas soumis au marché, comme les fonctionnaires et les collectivités locales, il y a ceux qui sont soumis au marché comme les entreprises. Dans les entreprises, il y a celles qui sont protégées des menaces de délocalisation, et il y a celles qui sont menacées par les délocalisations. L’industrie cumule deux contraintes celle du marché international et celle des délocalisations. Or il n’y a pas de société sans industrie. C’est donc une priorité de favoriser l’industrie (cf. le livre  de Pierre Veltz).

Plusieurs partis politiques proposent une baisse de 25% de l’impôt sur les sociétés. La demande des industriels serait plutôt de redistribuer cette baisse de 25 % aux collectivités locales pour pouvoir baisser les impôts sur la production sans pénaliser les collectivités locales.

Il reste ouverte la question de la flexsécurité des emplois salariés ou non, abordée à travers l’apprentissage, et de l’environnement, abordée à travers les taxes environnementales.

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, consultant international (Chine, Brésil, Afrique, Europe, Etats-Unis)

2017 03 OFFRE CDD Sciences sociales

Intitulé  
Date limite pour postuler 17 mars 2017
Caractéristiques  
Précision sur la nature du contrat Contrat à durée déterminée
Durée du contrat 1er avril 2017
Date de début de contrat 30 aout 2017
Rémunération 2 000 bruts
Domaine professionnel Enseignement supérieur et recherche – sciences sociales
   
Nom de l’unité d’affectation UMR 1326 LISIS
Adresse Université Paris Est Marne La Vallée, 5 Boulevard Descartes, 77420 Champs sur Marne, France
Site Web www.umr-lisis.fr
Région Ile de France
Descriptif  
Environnement de travail/Activités Le contrat sera effectué au sein du LISIS, laboratoire de recherche en sciences sociales. Les taches sont liées à la réalisation d’un projet de recherche financé par l’ANR : participation à l’analyse de données et à la rédaction de rapports de recherche et autres livrables; mise en forme et communication des résultats des recherches ; organisation de plusieurs colloques scientifiques pour restitution des résultats.
Formation et compétences attendues Formation à la recherche et à la communication scientifique, niveau Master ; sciences sociales ; connaissance dans d’autres disciplines (sciences environnementales, sciences économiques, droit) appréciée ; aisance nécessaire en anglais, écrit et oral.
Contact  
Nom David Demortain
Email demortain@inra-ifris.org

2017/02/28. D. Desjeux, Notes sur le débat « Reconquêtes industrielles

2017/02/28. Notes sur le débat «  Reconquêtes industrielles : maintenant ou jamais ! » Débat organisé dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle 2017 par Bruno Grandjean (président de la FIM, Fédération des Industries Métallurgiques), débat animé par Fabrice Lundy, journaliste à BFM business.

Pour augmenter la productivité des entreprises industrielles qui sont fortement capitalistiques, il est demandé de supprimer la « fiscalité punitive » qui porte sur les moyens de production. Le problème est que cela diminue les ressources des collectivités locales. Cette perte pourrait être compensée par une fiscalité légitime, l’IS, qui porte sur les gains, mais qui est versé à l’État central.

Le problème est que cette recette est variable puisqu’elle dépend des variations du marché. Ce qui pèse comme une charge fixe pour les entreprises est une garantie de ressources fixe pour les collectivités locales, lesquelles ont des charges fixes à travers un certain nombre de services nécessaires au bon fonctionnement des entreprises, à la sécurité, à la santé et à l’éducation des citoyens, à la mobilité et au pouvoir d’achat des consommateurs.

Chaque acteur essaye d’externalités sur l’autre les incertitudes qui pèsent sur son activité. Tout le monde a des dépenses fixes. Mais la plupart des revenus sont variables.

Cette variabilité renvoie à deux situations : il y a ceux qui ne sont pas soumis au marché, comme les fonctionnaires et les collectivités locales, il y a ceux qui sont soumis au marché comme les entreprises. Dans les entreprises, il y a celles qui sont protégées des menaces de délocalisation, et il y a celles qui sont menacées par les délocalisations. L’industrie cumule deux contraintes celle du marché international et celle des délocalisations. Or il n’y a pas de société sans industrie. C’est donc une priorité de favoriser l’industrie (cf. le livre  de Pierre Veltz).

Plusieurs partis politiques proposent une baisse de 25% de l’impôt sur les sociétés. La demande des industriels serait plutôt de redistribuer cette baisse de 25 % aux collectivités locales pour pouvoir baisser les impôts sur la production sans pénaliser les collectivités locales.

Il reste ouverte la question de la flexsécurité des emplois salariés ou non, abordée à travers l’apprentissage, et de l’environnement, abordée à travers les taxes environnementales.

2017 02 27, Post-doctoral Fellowships at Center for Institutional Studies in Moscow

2017 02 27 : Post-doctoral Fellowships at Center for Institutional Studies in Moscow

Dear colleagues,

could you please distribute info about HSE postdoc positions to potentially interested candidates?

thanks a lot in advance

best regards

Maria Yudkevich

Center for Institutional Studies of National Research University Higher School of Economics has recently started collecting applications for post-doctoral positions in Moscow, Russia for 2017-2018 academic year.
We pursue high achievements in research and looking for the brightest candidates from all over the world, who have just received their PhD, to join our team and contribute to our projects in the following research areas:

– HigherEducation Studies
faculty salaries, contracts and career concerns; academic inbreeding and mobility; faculty productivity, teaching and research in Russian universities; university rankings; university governance

– Social Networks
coevolution of student social networks; social networks and peer effects in education; student social networks, academic achievements, and dropouts

– Scientometricsand Research Policy
scientometrics, including bibliometrics and altmetrics; research evaluation; performance-based research funding systems and their impact on scholarly communication; peer effects in different academic systems; mobility of researchers; network modeling and network analysis methods

Working in a friendly team on interesting projects is guaranteed!

For more information about Center for Institutional Studies, our positions, and online application form see our web-site: https://cinst.hse.ru/en/fellowships.

Application deadline is March 15, 2017.

From: Maria Yudkevich <2yudkevich@gmail.com>
Date: 2017-02-27 9:22 GMT+01:00

2017 02 22 AFILOG cherche étudiant pour réaliser une enquête

AFILOG cherche étudiant pour réaliser une enquête

« Dans le cadre de sa Commission Prospective, Afilog (organisation professionnelle des acteurs de la logistique) souhaite mener des entretiens auprès d’acteurs professionnels et institutionnels du secteur, selon un questionnaire semi-directif estimé à une heure et demi à deux heures, défini par les pilotes de la Commission, portant sur l’entrepôt de demain (spécifications techniques, process, insertion environnementale, design, localisation…) . Une partie des entretiens seront effectués en interne par Afilog qui souhaite en confier l’autre partie (environ 15), à réaliser sur la période mars-juillet 2017. Le retour attendu est un compte-rendu brut assorti des éléments éventuellement remis par la personne interviewée. La personne mandatée pour réaliser ce travail sera également priée de participer à deux réunions de la Commission Prospective et à deux réunions préparatoires. Indemnité forfaitaire à discuter. Afilog fournit les contacts des personnes à interviewer. »

Diana Diziain

Directeur Délégué

5 rue de Castiglione – 75001 Paris

01 53 45 27 21

www.afilog.org

2017 02 22 Practhis (handicap) recherche un stagiaire

2017 02 22 L’association Practhis a pour objet de soutenir la mise en œuvre et le développement de programmes d’insertion, de politiques d’emploi et de formation relatifs aux personnes en situation de handicap.

L’association a notamment pour mission :

  • D’accompagner la mise en œuvre des politiques d’emploi et de formation des personnes en situation de handicap dans le cadre des Programmes Régionaux d’Insertion des Travailleurs Handicapés (PRITH).
  • De produire et/ou diffuser de l’information qualitative et quantitative sur les dispositifs mis en œuvre, notamment des expériences, des données de suivi, des indicateurs d’activité, des documents sur le handicap.
  • D’assurer une mission de veille active sur les dispositifs et programmes relatifs aux personnes en situation de handicap.

 

Practhis recherche actuellement un stagiaire pour la mise à jour de tableaux de bord pour la participation à la mise en œuvre d’un marché relatif à la Prévention de la Désinsertion Professionnelle dans le cadre d’un Programme Régional de Santé au Travail.

Période : 4 à 6 mois, dès que possible (période négociable)

Lieu de stage : Paris, 12ème

Rémunération : minimum conventionnel + tickets restaurant

Personne à contacter : s-berhuet@practhis.asso.fr

2017 02, SEB, offre de stage en SHS

2017 02, SEB, offre de stage en SHS : Je suis actuellement à la recherche d’un étudiant pour la réalisation d’un stage de 6 mois en Anthropologie (Master ou doctorant) au sein de la direction de l’innovation du groupe seb.

L’étudiant devra avoir une sérieuse appétence pour la recherche fondamentale, sans avoir peur de faire du terrain! 🙂

Le poste est basé à Lyon.

Contact : Parise Couloumies <parisecouloumies@gmail.com>

2017 01 D. Desjeux, Le logement, un nouveau hub domestique organisé autour des usages sociaux des écrans

2017 01 26, D. Desjeux, Le logement, un nouveau hub domestique organisé autour des usages sociaux des écrans

Comprendre le déplacement des frontières entre production, distribution, consommation et environnement
à travers l’histoire, la géopolitique et la vie quotidienne

2017 01 PRESENTATION OBSOCO V4

Dominique Desjeux, anthropologue

Professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité

Consultant international

Réseau Professionnel des socio-anthropologue :anthropik

www.argonautes.fr

Obsoco, Paris le 26 janvier 2017

2017 01 INRA, Offre de stage de Master 2 Sociologie, STS, etc.

2017 01 INRA, Offre de stage de Master 2 Sociologie, STS, etc.

Type d’emploi Stage “Sites web de self tracking Alimentation / Santé”
Cadre de la recherche Projet Diet 3.0 – Impact des outils connectés pour une meilleure alimentation

 

 

Mission Le stagiaire viendra compléter une enquête de terrain (auprès d’utilisateurs d’outils connectés Alimentation / Activité physique) par l’analyse textuelle des sites web liées aux applications digitales utilisées sur le terrain.

Il restituera son travail sous forme de rapport de stage.

Conditions Etre inscrit en Master 2 (sociologie, STS etc.)
Lieu d’affectation A convenir.
Durée Envisagé : 4 à 6 mois de stage de mars / avril 2017 à août/septembre 2017, temps plein. Modalités à convenir.

 

Salaire 554.40€ Euros bruts par mois.
Contacts Faustine Régnier : faustine.regnier@inra.fr

Candidature

Le dossier de candidature devra comporter :

  • CV détaillé
  • Copie des relevés de notes de Master 1
  • Lettre de motivation (1 page) dans laquelle le candidat exposera ses motifs d’intérêts, l’adéquation de son parcours à la mission, et en quoi ce stage s’inscrit dans son projet de formation.

Les candidats devront faire parvenir leur dossier à : faustine.regnier@inra.fr

Date limite d’envoi des dossiers : 20 février 2017. Le stage débutera en mars/avril 2017, à convenir.

2017 01, Etude sur les représentations des plastiques

Je suis chercheur à l’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand ou je développe des travaux sur la biodégradation des polymères.
Je recherche des collaborateurs dans le domaine des sciences sociales pour réaliser une étude portant sur l’impact des plastiques sur la société.
J’envisage de développer ce thème général autour des questions suivantes:
-niveau de connaissance et perception : des types de plastiques utilisés, de la pollution plastique, des risques environnementaux, des risques pour la santé humaines, des lois en vigueurs
-un focus peut être réaliser sur les emballages et films plastiques
-alternative au plastique et changement du comportement des utilisateurs.
Ma démarche a pour but d’apporter une ouverture thématique et trans-disciplinaire à mes travaux expérimentaux sur la biodégradation des plastiques afin de leur donner du sens et de les repositionner dans un cadre sociétal.
Je souhaiterais savoir si vous seriez interessé par une collaboration portant sur ces thématiques ou si des personnes parmi votre réseau travaillent dans ce domaine.

Boris Eyheraguibel
boris.eyheraguibel@univ-bpclermont.fr
04 73 40 75 82
________________________________________________________________________
Université Clermont Auvergne
CNRS, SIGMA Clermont
Institut de Chimie (ICCF)
F-63000 Clermont– Ferrand -France
____________________________________________________________
http://iccf.univ-bpclermont.fr

2017 01 Post doc

Dans le cadre du projet NutriPerso – Tailoring food and dietary recommendations to prevent chronic diseases : health, social and economic issues, nous recrutons un post-doc sur « Les conditions de modification des comportements de santé, le cas du DT2 ».

Ce post-doc sera chargé d’une enquête de terrain auprès d’individus à risque de diabète, dont une partie utilisatrice d’applications digitales alimentation / santé.

Le post-doctorat, d’une durée de 9 mois temps plein, débutera en mars/avril 2017. Il sera basé à Ivry sur Seine.

Date limite de soumission des candidatures : 15 février 2017.

Pour des informations détaillées et la fiche de poste: faustine.regnier@inra.fr

2013 12 21 : offre d’emploi pour Consultant chercheur confirmé SHS

2013 12 21 : offre d’emploi pour Consultant chercheur confirmé SHS

Appel A proposition CONSULTANCE pour une :

« Enquête de satisfaction et attentes des jeunes de 10 à 24 sur les services de prévention et de prise en charge du VIH à Goma et à Kinshasa»

  1. contexte
  2. Origine de la demande

Avec une prévalence de 1,2%[1], la République Démocratique du Congo (RDC) connait une épidémie à VIH de type généralisé. Les catégories socioprofessionnelles les plus touchées par le VIH/Sida en RDC sont les professionnels du sexe avec un taux de prévalence de 7,6%, les travailleurs des mines avec un taux de 2,4%, les enfants en rupture familiale (enfants de la rue) avec un taux de 1,6% et les camionneurs avec un taux de 1,3%. Selon la même source la prévention du VIH/Sida en RDC est confrontée aux problèmes suivants: le faible taux d’utilisation des préservatifs, l’accroissement des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans, l’insuffisance de stratégies spécifiques de lutte contre le VIH/Sida auprès des jeunes, la régression du nombre des centres de conseil et dépistage volontaire (CDV) communautaires, passant de 89 en 2009 à 59 en 2012[2].

Si les efforts sont fournis pour réduire la prévalence dans la population générale, certains observateurs[3] avancent l’hypothèse de l’existence d’une épidémie cachée du fait de l’insuffisance des stratégies pour atteindre et réduire la vulnérabilité au VIH/Sida dans des groupes spécifiques.

Pour optimiser la riposte, des actions ciblant des groupes spécifiques à forte prévalence s’avèrent indispensables et urgentes. C’est dans cette optique que Médecins du Monde France, avec le financement d’Expertise France et en partenariat avec le RACOJ et les programmes nationaux de lutte contre le VIH, se propose d’investir le champ de la jeunesse en travaillant sur des stratégies innovantes capables de contribuer à l’amélioration de l’environnement social et légal de la lutte contre le VIH auprès des jeunes de 10 à 24 ans.

Travailler sur cet objectif exige une évaluation des attentes en termes de qualité d’intervention de prévention et de prise en charge et une fine connaissance des facteurs de satisfaction.

L’enquête que propose Médecins du Monde à travers cet appel à proposition devra doter le projet des informations de base sur le niveau de satisfaction des jeunes par rapport aux stratégies actuelles de prévention et de prise en charge du VIH/Sida et renseigner sur leurs attentes en termes de qualité des prestations VIH.

 

  1. Brève présentation du projet

Tout en capitalisant son expérience d’intervention dans la lutte contre le VIH auprès de la population générale en contexte socio-économique et sécuritaire précaire, Médecins du Monde entend focaliser sa contribution dans la lutte contre le VIH en RDC sur des programmes innovants orientés vers des groupes spécifiques. Ainsi, en partenariat avec le RACOJ, il a initié un programme de renforcement des stratégies de prévention, de dépistage et de prise en charge du VIH/Sida chez les jeunes de 10 à 24 ans à Kinshasa et au Nord Kivu, en RDC. Ce programme vise  4 résultats principaux à savoir :

 

  • La production d’une enquête sur les déterminants socioculturels de la transmission du VIH chez les jeunes de 10 à 24 ans
  • Le renforcement de compétences des prestataires cliniques et communautaires intervenant dans la prévention, le dépistage et la prise en charge du VIH chez les jeunes
  • La création des synergies entre les centres de santé et les structures communautaires d’encadrement des jeunes
  • l’instauration d’un cadre social et légal favorable à la lutte contre le VIH de manière générale et prenant en considération les spécificités des jeunes.

Par cet  appel à proposition, Médecins du Monde cherche un consultant pour mettre en œuvre une enquête de base utilisant les méthodes mixtes pour renseigner les attentes et les facteurs de satisfaction des jeunes vis-à-vis des :

  • stratégies de prévention (canaux de communication, messages diffusés, matériel didactique utilisé ; langues et acteurs, etc.)
  • stratégies de dépistage (cadre physique, confidentialité, durée d’attente des résultats, counseling, etc.)
  • stratégies de prise en charge du VIH/SIDA (accueil, confidentialité, empathie, qualité des médicaments, etc.)

 

  1. Objectifs
  2. Objectif général

L’objectif principal de cette enquête est d’estimer la satisfaction des adolescents et jeunes de 10 à 24 ans usagers des services VIH au Nord-Kivu et à Kinshasa.

De manière spécifique, l’enquête vise à :

  1. Dans un premier temps, recueillir la perception et les attentes des jeunes par rapport aux prestations VIH (prévention, dépistage et prise en charge): cadre physique, relationnel et professionnel de l’offre des prestations VIH notamment la qualité des interactions avec les prestataires cliniques et communautaires (confidentialité, durée d’attente, niveau de confiance etc.) ainsi que leur jugement sur la validité des messages de prévention (crédibilité, faisabilité des conseils et des messages… )

Ces données recueillies au préalable ont une fonction dite exploratoire puisqu’elles devront servir à concevoir le futur questionnaire en permettant de définir des critères de satisfaction à mesurer dans un deuxième temps : qu’est-ce qu’un bon service ? Un bon message ? etc. D’autre part, les données recueillies lors de cette préenquête permettront d’utiliser le vocabulaire et les expressions des personnes enquêtées et de s’approcher au plus près de leur univers linguistique ou de détecter des éventuelles incompréhensions/malentendus sur des termes équivoques.

 

  1. Mesurer la satisfaction des jeunes sur les prestations VIH à partir des critères définis qualitativement en première étape de l’enquête.

 

  1. Zones de l’étude

 

L’étude sera réalisée dans deux sites de la République Démocratique du Congo : à Goma au Nord-Kivu et à Kinshasa.

 

  1. Portée et utilisateurs de l’étude

Cette enquête apportera des connaissances indispensables sur les facteurs de satisfaction et de non satisfaction des jeunes dans les structures communautaires de prévention du VIH, dans les services de dépistage (communautaire et dans les structures sanitaires) et dans les structures sanitaires de prise en charge. Les résultats  ont vocation à affiner les stratégies d’intervention auprès des jeunes notamment dans l’adaptation d’outils  pédagogiques utilisés pour la sensibilisation des jeunes.

 

III. MethodologIE

  1. Méthodologie

Le protocole d’enquête devra utiliser les méthodes mixtes c’est-à-dire les techniques qualitatives et quantitatives : l’enquête qualitative précèdera l’enquête quantitative  qui sera construite à partir des résultats de cette première étape  qualitative. Plus précisément, il est attendu que les techniques de recueil de données qualitatives propres aux études socio-anthropologiques (revue de littérature, entretien, Focus Group devront permettre de délimiter et de qualifier les futurs critères de satisfaction, qui seront mesurés par la suite par questionnaire. D’autre part, les observations menées et les entretiens réalisés auprès de la population étudiée permettront de choisir un mode de passation du questionnaire le plus en adéquation avec les caractéristiques du terrain (horaires appropriés, lieux etc.)

La méthodologie détaillée d’enquête utilisant ces méthodes mixtes reste à développer dans la proposition technique du consultant.

 

  1. Réunion de cadrage par le comité de pilotage de l’étude

Un comité de pilotage au sein de MdM assurera le suivi du déroulé des enquêtes.

Après sélection des consultants, une réunion de cadrage entre le comité de pilotage et les consultants permettra de fixer les périmètres exacts des enquêtes.

Des réunions physiques ou téléphoniques sur l’avancement des enquêtes seront faites régulièrement avec le comité de pilotage.

 

  1. Documents clés

Seront disponibles :

  • Les rapports des programmes nationaux impliqués dans la lutte contre le VIH/SIDA (2013 et 2014)
  • Les rapports d’EDS (2007 et 2014)
  • Les plans stratégiques nationaux et autres documents des données générales sur le VIH/SIDA disponibles
  • Le document de projet jeune et VIH (cadre logique et narratif)

 

  1. productions attendueS
  2. Note de cadrage

Une note de cadrage préalable pour l’étude est attendue. La note de cadrage présentera la méthodologie et le plan de travail proposé ainsi que les outils à utiliser (questionnaires, guides d’entretien). Cette note est soumise aux commentaires du comité de pilotage en amont de la phase terrain.

 

  1. Résultats préliminaires et recommandations

Une restitution des résultats préliminaires auprès de l’équipe projet sur le terrain, sous la forme d’une présentation power point sera faite à Kinshasa ou  à Goma. Ces résultats préliminaires devront être envoyés au comité de pilotage pour avis.

 

  1. Rapport préliminaire de l’étude

Un rapport provisoire (en français) sur les principaux résultats des enquêtes devra être produit à l’issue de la phase de terrain pour Kinshasa et pour Goma. Il sera accompagné d’une présentation power point des résultats principaux et des recommandations.

Le comité de pilotage dispose ensuite de 7 jours à compter de la réception du rapport provisoire pour émettre ses commentaires et observations.

 

Le texte principal des résultats de l’étude, en format Word, doit comprendre entre 20 et 30 pages (sans compter les annexes), caractère 12 et simple interligne, et doit inclure les parties suivantes :

  • Résumé exécutif (5 pages maximum)
  • Introduction
  • Liste des acronymes
  • Contexte (description du projet)
  • Objectifs de l’enquête
  • Méthodologie et limites
  • Principaux résultats et analyse
  • Conclusions et recommandations
  • Annexes : Note de cadrage, liste des personnes rencontrées et calendrier, questionnaires, guides d’entretiens, grilles d’observation.

Le résumé exécutif devra être traduit en anglais.

 

Rapport  définitif

 

Le rapport final définitif doit intégrer les commentaires/remarques/échanges/discussions du comité de pilotage.

 

Le texte principal du rapport d’étude global en format Word, doit comprendre entre 20 et 30 pages maximum (sans compter les annexes), caractère 12 et simple interligne, et doit inclure les parties suivantes :

  • Résumé exécutif (5 pages maximum)
  • Introduction
  • Liste des acronymes
  • Contexte (description des projets)
  • Objectifs
  • Méthodologie et limites
  • Principaux résultats et analyse comparative
  • Conclusions et recommandation
  • Annexes

Le résumé exécutif devra être traduit en anglais.

 

  1. ORGANISATION De l’éNQUETE
  2. Critères concernant l’équipe constituée

 

Les enquêtes doivent être conduites par des consultants indépendants ou rattachés à un cabinet d’étude.

 

  1. Planning / chronogramme envisagé

Période de réalisation de l’étude :

  • Démarrage : début février 2017
  • Durée estimée du travail terrain : 20 jours
  • Rapport provisoire dans un délai de 3 semaines à l’issue de la phase terrain
  • Rapport final attendu pour début avril 2017

 

Le planning indicatif est susceptible de modifications en fonction de l’évolution du contexte et notamment des aspects sécuritaires.

 

  1. Pilotage et reporting / points d’étape

Le Comité de pilotage est chargé de valider les objectifs et la méthodologie des enquêtes, d’encadrer leur déroulé et d’œuvrer à la diffusion des résultats.

 

  1. Sécurité

Les personnes chargées des enquêtes terrain seront briefées et soumises aux règles de sécurité en vigueur sur la mission de Médecins du Monde en  RDC pendant la période de collecte des données.

 

 

  1. Budget disponible

Le budget disponible pour cette enquête est de l’ordre de 15.000 € pour les deux sites (Goma et Kinshasa).

Il inclut les honoraires, primes d’enquêteurs, frais de transport.

Lors de la phase de terrain, dans les villes où MdM dispose d’une base, il mettra à disposition du/des chercheur(s) un poste de travail, une voiture avec chauffeur pour les déplacements sur les terrains d’étude, du matériel de communication nécessaire au respect des règles de sécurité.

 

VII.         Criteres et modalités de selection

Après vérification de l’éligibilité des propositions, chaque dossier sera soumis à une évaluation par le comité de pilotage. Le comité de pilotage se réunira ensuite pour décider des projets retenus à Kinshasa et au Nord-Kivu, sur la base des conclusions de l’évaluation, des critères de sélection et des disponibilités budgétaires.

 

Profils recherchés :

  • Consultant chercheur confirmé
  • Forte expérience dans la réalisation d’études socio-anthropologiques
  • Expérience de la thématique VIH
  • Connaissance des contextes de la RDC
  • Excellentes capacités rédactionnelles
  • Parfaite maitrise du français.
  1. Modalités pratiques de soumission de la proposition

Les porteurs de projets sont invités à déposer leur dossier complet de 5 à 15 pages maximum comportant les éléments suivants à l’adresse email: « doi.applications@medecinsdumonde.net » en précisant en objet « « Enquête  de satisfaction  et attentes des jeunes sur les services VIH à  Goma et  Kinshasa» :

 

La proposition technique devra  inclure :

  • l’approche technique développée et la méthodologie détaillée,
  • la constitution de l’équipe, la répartition des responsabilités entre ses membres, les CV proposés et la disponibilité des membres
  • le calendrier prévisionnel de l’enquête
  • la proposition financière intégrant la répartition budgétaire

 

Date limite de dépôt des dossiers de candidature : 10 janvier

Démarrage de l’étude : 10 février

 

 

[1] Enquête Démographique de de santé de la RDC  2013-2014

[2] PNMLS 2013 ; profil du VIH/SIDA er RDC, cité par Digital congo.net.

 

[3] Radio OKAPI, interview du ministre de la santé de la RDC, 24 juin 2013

2016 12 D . Desjeux, The itinerary approach of a business anthropologist: between mobility, diversity and networks Dominique Desjeux

 

https://rauli.cbs.dk/index.php/jba/issue/view/687/showToc

Traduction en français ci-dessous après les articles en anglais

2016 11 Nouveau : O Paraíso do Consumo: Émile Zola, a magia e os grandes magazines

2016 11 Nouveau : Everardo Rocha, O Paraíso do Consumo: Émile Zola, a magia e os grandes magazines

2016 11 vient de paraitre, pour ceux qui lisent le portugais (traduction de la présentation par la sociologue Roberta Dias Campos, UFRJ), le dernier livre du sociologue brésilien Everardo Rocha
everardo@puc-rio.br

O Paraíso do Consumo: Émile Zola, a magia e os grandes magazines (Le Paradis de la Consommation: Émile Zola, la magie et les Grands Magasins) étudie l’émergence de Grands Magasins au milieu du XIXe siècle, ses impacts socio-culturels et de sa contribution finale à l’expansion du système de consommation dans les temps modernes, suivant le fil du roman Au Bonheur des Dames, de Émile Zola. Trois thèmes sont mis en évidence: la place des femmes dans ce processus, la transformation de la relation entre la production et la consommation et l’expérience de la magie et du sacré dans l’espace d’achat.

Veja mais informações no evento do lançamento no Facebook: www.facebook.com/events/551877258331437

Será um prazer estar com vocês no lançamento do meu novo livro escrito em parceria com Marina Frid e William Corbo.

O Paraíso do Consumo: Émile Zola, a magia e os grandes magazines investiga a emergência das lojas de departamentos em meados do século XIX, seus impactos socioculturais e sua contribuição definitiva para a expansão do sistema de consumo na modernidade, tendo como fio condutor o romance Au Bonheur des Dames, de Émile Zola. Três temas são enfatizados: o lugar da mulher nesse processo, a transformação nas relações entre produção e consumo e as experiências da magia e do sagrado no espaço de compra.

 

2016 11 Association HANDEO, poste chargé.e de mission

2016-11-fiche-de-poste-charge-de-missions-caphandeo-mobilite

Nous recherchons pour notre association un chargé.e de mission sur le label Cap’Handéo en lien avec les services de mobilité dans le secteur du handicap. Le profil recherché est plus « commercial ».

Cyril DESJEUX

Directeur de l’Observatoire national des aides humaines

cyril.desjeux@handeo.fr

14, rue de la Tombe Issoire – 75014 PARIS

Tél. : 01 43 12 19 29

www.handeo.fr@Handeo_

2016 11 Laurence Bertéa-Granet, le Design Thinking

2016 11 Laurence Bertéa-Granet, le Design Thinking

Market Research News : l’actualité et le guide des études marketing la vie du conseil et des études marketing

De bonnes raisons d’être dans l’air du temps !

Laurence Bertéa-Granet

Deputy Director Qualitative Research Department
Harris Interactive

Pour Laurence Bertéa-Granet (Harris Interactive), si le Design Thinking a le vent en poupe, c’est pour de solides raisons. C’est bien parce que cette démarche — sans être la panacée universelle — est particulièrement susceptible de répondre aux exigences les plus fortes des entreprises d’aujourd’hui. Le besoin d’agilité bien sûr, avec la rapidité et l’efficacité qui vont avec. Mais aussi le souci de combiner la connaissance et l’action d’unseul tenant, avec tout ce que cela implique pour l’univers des études marketing.

http://www.marketresearchnews.fr/archives-dossiers-du-mois/design-thinking-mode-d-emploi/de-bonnes-raisons-d-etre-dans-l-air-du-temps.html

Laurence Bertéa-Granet fait parti du réseau des socio-anthropologues professionnels  :anthropik : www.anthropik.org

2011 11 Consultant Stratégie & Sociologie : la société unknowns recrute

2011 11 Consultant Stratégie & Sociologie : la société unknowns recrute

http://www.welcometothejungle.co/companies/unknowns/jobs

 

2016 11 Chercheuse-eur senior ou post-doc en consommation énergétique, pratiques sociales et interventions.

2016 11 Chercheuse-eur senior ou post-doc en consommation énergétique, pratiques sociales et interventions.

La Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne met au concours un poste

 

Date de début : 01.01.2017

Durée :   2-3 ans (à définir)

Taux :  60-80% (à définir)

Lieu :   Université de Lausanne

Délai pour les dossiers:  23.12.2016

 

Profil souhaité :

Doctorat en anthropologie, sociologie ou autre diplôme interdisciplinaire (ex. études du développement).

Expérience avec les approches et méthodes des sciences sociales, de préférence en lien avec la consommation énergétique.

Expérience avec les méthodes participatives serait un plus.

Publications dans des revues à comité de lecture

Excellent niveau en français et bon niveau en anglais ; connaissance d’allemand, un plus.

Description des taches :

 

En lien avec le projet « European Network for Research, Good Practice and Innovation for Sustainable Energy (ENERGISE) », financé par Horizon 2020 de la Commission européenne, rejoindre une équipe de chercheuses-chercheurs qui cherchent à améliorer la qualité et la quantité de consommation énergétique parmi les ménages en Suisse et en Europe. Contribuer à une approche conceptuelle qui prend en compte les « cultures énergétiques », les pratiques sociales liées aux services énergétiques, et la notion de « routine et ruptures » vers une consommation plus efficace ou moindre.

 

Comparer les « cultures énergétiques » suite aux interventions « Living Lab » dans huit pays européens, avec une considération particulière pour les pratiques sociales et le contexte socio-culturel des interventions. Comprendre similarités et différences entre les approches dans ces pays.

 

Organiser des « Living Labs » autour de la transition énergétique en Suisse, ou des interventions participatives qui engagent diverses acteurs (consommateurs, secteur privé/public etc.) au niveau des ménages et au niveau communautaire.

 

Recueillir des exemples d’interventions, vers des transitions énergétiques au niveau des ménages et au niveau communautaire. Contribuer au développement d’interventions (Living Lab design) et examiner les implications des interventions pour les politiques publiques. Participer aux séances de travail et contribuer aux publications académiques.

 

Travailler d’une manière indépendante et coordonner avec les partenaires du projet dans huit pays européens. Coordonner avec les partenaires suisses, tels que la Fédération Romande des Consommateurs and Services Industriels de Genève.

 

Modalités de soumission :

 

Les personnes intéressées sont priées d’adresser par courriel électronique une lettre de motivation, un curriculum vitae, une copie du titre de docteur, et une liste de publications à

 

Dr Marlyne Sahakian

Marlyne.Sahakian@unil.ch

 

2016 12 URGENT poste Chargé.e d’études

2016 12 URGENT poste Chargé.e d’études

Chargé(e) d’étude, ONPE, Paris (France)

2 décembre 2016

L’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) recrute un(e) chargé(e) d’étude pour une durée de 2 ans à compter du 1er janvier 2017, afin de faire un recensement, une analyse et une évaluation des dispositifs et pratiques.

Date limite de candidature : 2 décembre 2017

Contexte
Dans le cadre de ses missions légales, l’ONPE contribue, notamment, à l’amélioration de la connaissance des phénomènes de mise en danger des mineurs et recense les pratiques de prévention ainsi que de dépistage et de prise en charge médico-sociale et judiciaire des mineurs en danger, dont les résultats évalués ont été jugés concluants, afin d’en assurer la promotion auprès de l’Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics, des fondations et des associations oeuvrant dans ce domaine.

Missions
Sous la responsabilité du directeur de l’ONPE, et au sein d’un équipe pluridisciplinaire, le/la chargé(e) d’études assume les missions suivantes :

  • recensement, à l’analyse et à l’évaluation des dispositifs administratifs, institutionnels
  • et/ou d’intervention en protection de l’enfance ;
  • visites sur site avec un autre collaborateur de l’ONPE ;
  • rédaction des rapports et dossiers thématiques de l’ONPE.

Compétences requises

  • Doctorat en sociologie, sciences de l’éducation, anthropologie ou sciences politiques ;
  • Forte capacité d’analyse ;
  • Connaissances confirmées dans les domaines des sciences sociales et humaines ;
  • Forte connaissance des problématiques et du système français de protection de l’enfance ;
  • Capacités d’autonomie dans le travail et d’échanges collectifs avec l’ensemble des collaborateurs de l’ONPE et du GIPED issus de diverses formations et de champs disciplinaires variés, ainsi qu’avec l’ensemble des partenaires, notamment des services départementaux ;
  • Bon niveau d’anglais, à l’écrit comme à l’oral ;
  • Capacités rédactionnelles confirmées.
  • Doctorat en sociologie, sciences de l’éducation, anthropologie ou sciences politiques.

Post
Statut : contractuel (CDD de 2 ans) ou par voie de détachement
39 heures hebdos (2 RTT mensuels)
Salaire annuel minimum : 34 K€ + prime + chèques repas
Le poste prévoit des déplacements ponctuels
Poste à pourvoir le 1er janvier 2017

Modalités de soumission
Les CV et lettres de candidatures devront être adressés, sous la référence CHARETUD2 au plus tard le 02/12/2016 à :
M. Jérôme VICENTE, Directeur administratif et financier
GIP ENFANCE EN DANGER
BP 30302 – 75823 PARIS Cedex 17
Ou à l’adresse électronique.

Pour plus d’information, voir le site de l’ONPE.

Télécharger l’appel complet.

2016 10, D. Desjeux, P. Moati (éds.), Consommations émergentes, La fin d’une société de consommation ?

2016-10-livre-consommmations-emergentes

2016 10, D. Desjeux, P. Moati (éds.), Consommations émergentes, La fin d’une société de consommation ?, Le bord de l’eau

Introduction au livre par Dominique Desjeux

2016-10-introduction-conso-emergente-dd

Chapitre : L’émergence des nouvelles contraintes sociétales et géopolitiques qui organisent les stratégies des consommateurs français dans l’espace domestique

2014-06-obsoco-emergence-contrainte-societale-v4

 

2017 13 janvier, Quelles approches pour quelles populations : regards croisés sur la relation d’enquête

2017 01 13, Quelles approches pour quelles populations : regards croisés sur la relation d’enquête

AFS, Le réseau thématique RT11 « Sociologie de la Consommation et des Usages » de l’Association Française de Sociologie organise une journée d’étude sur la thématique « Quelles approches pour quelles populations ? Regards croisés sur la relation d’enquête »

Informations pratiques Date : vendredi 13 janvier 2017

Lieu : NIMEC-IAE de Rouen, 3, avenue Pasteur 76000 Rouen

Comité d’organisation : Renaud Garcia-Bardidia (Université de Rouen, NIMEC), Catherine Lejealle (ISC Paris), Jean-Philippe Nau (Université de Lorraine, CEREFIGE) et Dominique Roux (Université de Reims Champagne-Ardenne, REGARDS)
Modalités d’inscription : par mail à catherine.lejealle@iscparis.com Thématique et objectifs Quelles approches pour quelles populations : regards croisés sur la relation d’enquête

La question de la relation d’enquête est classique dans les approches ethnographiques en sociologie (Beaud et Weber, 2015). Elle peut se poser d’autant plus fortement que les populations étudiées posent des problèmes en termes d’accès (Robert Demontrond et al., 2013), de distance sociale entre les enquêteurs et les enquêtés (Pinçon et Pinçon-Charlot, 1991), ou encore des questions de positionnement politique du chercheur pris dans son terrain (Caratini, 2012). Cette question est en revanche plus émergente en Consumer Research, tant du fait du développement plus récent de ces approches (Mamali, 2015), que de conception de la consommation leur laissant moins de place. Les questionnements soulevés se voient par ailleurs renouvelés avec l’apparition de nouvelles médiations entre chercheurs et enquêtés (Demazière et al. 2011) ainsi que par les méthodes de collectes qui vont y être associées (Kozinets, 2002). Cette journée sera l’occasion de réunir des chercheurs sur la consommation qui s’intéressent à des populations sur lesquelles il est difficile d’enquêter. L’objectif est d’échanger sur les problèmes rencontrés dans ces terrains, les différents types de questions soulevées et les façons dont les chercheurs y font face. Ce programme permettra donc d’aborder certaines questions : comment travailler avec et sur une relation d’enquête problématique ? Comment s’immerger mais aussi se distancier de ce type de terrain ? Quelles approches méthodologiques et quels artefacts envisager pour accéder au terrain ? La journée est structurée autour de trois temps associés à des populations de consommateurs ou d’usagers pour lesquelles la relation d’enquête peut être problématique – les enfants, les sous-cultures déviantes et le monde des jeux vidéo en ligne – et des approches méthodologiques qui permettent de s’y adapter. Afin de lancer la discussion, chaque intervenant commencera par exposer les approches qu’il a mises en place dans le cadre de ses recherches, les données qu’il a recueillies, les difficultés qu’il a rencontrées par rapport à la population étudiée, la manière dont il les a surmontées et enfin, les limites des méthodes utilisées.

2016 10, D. Desjeux, L’information santé, un sujet sensible (video)

2016 10, D. Desjeux, L’information santé, un sujet sensible (video)

Dominique Desjeux, anthropologue et professeur émérite, Paris Descartes, Sorbonne, dissèque pour l’Observatoire de l’information santé, le jeu de pouvoir et de coopération dans la circulation de l’information santé, à l’occasion de la 3ème Rencontre IRL (In Real Life) du Club Digital Santé 2016 sur le thème de « La littératie numérique pour une meilleure relation médecin-patient dans la e-santé ».

http://www.capitalimage.net/rp-et-communication/info-sante-un-jeu-de-pouvoir-et-de-cooperation/417/

L’information santé, un sujet sensible
L’information en santé peut être multiforme : une information médicale ou de recherche, une information portant sur le budget ou encore une information produite par un malade…  Nous pensons qu’une information est neutre et qu’il suffit d’échanger et de coopérer. Mais la sociologie des organisations, qui s’applique à tous les systèmes d’action, nous a appris le contraire. Elle est un enjeu entre les acteurs ; échanger de l’information est risqué. Lorsqu’un patient donne, par exemple, une information à un médecin, le médecin peut la classer dans un dossier qui peut être hacké ou volé et transmis à une assurance qui pourra éventuellement changer le système de prime en fonction de la nature de la maladie du patient. Cet exemple est un raccourci pour montrer le fantastique enjeu qu’est l’information.

Une rétention de l’information entre les différents acteurs
Au sein d’un hôpital, directeur, administratifs, professeurs de médecine, infirmiers, aides-soignants…, tous les acteurs ont une façon de traiter l’information par rapport à leur spécificité comme le fonctionnement de l’hôpital,  la rentabilité du service, les techniques de soins, etc. Tous ont de l’information mais personne n’a intérêt à là donner complètement au risque de donner prise à l’autre.

Une circulation de l’information qui passe par des réseaux
Dans le domaine de la santé comme dans d’autres domaines, les acteurs s’organisent autour de la circulation de l’information. Cette information passe par des réseaux, mais aussi par des zones d’incertitude comme le nombre de malades, ceux de courte durée ou de longue durée, une nouveauté médicale ou informatique… La question est de savoir comment faire circuler toutes ces informations dans un jeu de pouvoir et de coopération. Pour gérer les incertitudes ou les problèmes, tous les acteurs font circuler plus ou moins l’information en faisant attention de ne pas donner d’atouts aux autres pour que cela ne se retourne pas contre eux.

En savoir plus, http://www.observatoiredelinfosante.com/

2016 06, D. Desjeux (video), « De quoi ce million de vaches clonées est-il le symptôme ? » La réaction de Dominique Desjeux, anthropologue

2016 06, D. Desjeux (video), « De quoi ce million de vaches clonées est-il le symptôme ? » La réaction de Dominique Desjeux, anthropologue

http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=4125#.V8maDTX7jRc

Science, éthique, économie, bien-être animal… Ferme chinoise des 1 million de vaches clonées.
« De quoi ce million de vaches clonées est-il le symptôme ? » La réaction de Dominique Desjeux, anthropologue.
Réalisé par la Mission Agrobiosciences.
Que faut-il penser de l’annonce de la construction, en Chine, d’un centre visant à produire à la chaîne des vaches clonées ? Après l’analyse de Jean-Paul Renard, biologiste, père du clonage en France, et la réaction du philosophe Vincent Grégoire-Delory sur les aspects éthiques, la Mission Agrobiosciences a sollicité le point de vue de l’anthropologue Dominique Desjeux. Pour ce fin connaisseur de la Chine, il faut voir dans ce projet une volonté de sécuriser les approvisionnements alimentaires de ce pays, dans un contexte de fort accroissement de la demande en produits animaux. Reste cette question, que ce spécialiste de l’innovation n’évacue pas : comment va être perçue cette production industrielle de vaches clonées ? Tous ses éléments de réponse ci-dessous….

Clonage : La réaction de Dominique Desjeux from AGROBIOSCIENCES TV on Vimeo.

Visionner l’entretien avec Jean-Paul Renard, biologiste, « père » du clonage en France, suivi de la réaction de Vincent Grégoire-Delory (éthicien).
Sur le clonage, on peut lire également sur le site de la Mission Agrobiosciences :
- Chatte sur un thème brûlant (les débuts du clonage récréatif), par Bertrand Jordan, généticien (2003)
- Première présentation d’un pur sang cloné, revue de presse, 2006
- « Le silence des clones », une restitution de la Conversation de la Maison Midi-Pyrénées (2007), avec Joël Gellin, généticien (Inra) et Emmanuelle Rial-Sebbag, juriste.
- Peut-on manger des clones ?, un entretien avec Joël Gellin (2008)

2016 06, Estelle Galateau, D Desjeux, La transition énergétique (PWT de synthèse sur la viande et les NTIC)

2016 06, Estelle Galateau, D Desjeux, La transition énergétique : une tension entre confort et ascèse. Le cas de la  consommation de viande et des usages des NTIC comme analyseur de la consommation d’énergie.

Estelle-Fleur GALATEAU, Docteure en sociologie de l’Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, Rattachée au laboratoire CEPED (UMR 196)
Professeur émérite Dominique DESJEUX, anthropologue, CEPED
Enquête ECOPA, lancée en 2012, sur financement de l’Agence Nationale de la Recherche sur une comparaison avec le Brésil. Coresponsable scientifique Carine Barbier (CIRED).
CIRED Paris 21-23 juin 2016

2016 06 La transition énergétique : une tension entre confort et ascèse. Le cas de la  consommation de viande et des usages des NTIC comme analyseur de la consommation d’énergie

2016 06, N. Grandjean, C. Lobet-Maris, P. Vanmeerbeek (éds.), Petits entretiens de la vie privée (D. Desjeux)

http://pun.be/fr/livre/?GCOI=99993100789840

Petits entretiens de la vie privée2016 06, COUV ENTRETIENS VIE PRIVEE WEB

Expérience quotidienne sur le web
Directeurs éditoriaux Nathalie Grandjean, Claire Lobet-Maris, Perrine Vanmeerbeek
Presses universitaires de Namur | Univer’Cité
Info

Les commandes en ligne se font via notre partenaire i6doc.

  • Description
  • Sommaire
  • Fiche technique

Vivre et agir sur Internet demande de s’y dévoiler dans ses opinions, ses goûts et ses comportements … C’est à ce prix que nous existons sur les réseaux sociaux. Est-ce pour autant la fin de la vie privée ? En
se focalisant sur l’idée alarmiste que la vie privée disparaît, nous oublions de nous poser les questions politiques essentielles de ce qui est en train de disparaître, et de ce que nous devons reconfigurer
pour préserver notre vivre ensemble et notre développement personnel.
Loin des injonctions simplistes invitant chacun d’entre nous dans un combat d’arrière garde à protéger ses données personnelles, ce livre apporte un éclairage essentiel sur ce qu’il nous arrive, mais
aussi des réponses pragmatiques pour tracer les voies d’une ‘bonne vie’ sur Internet dans le respect des personnes et de la démocratie.
L’ouvrage est basé sur une série d’entretiens d’experts de différents domaines, de fins observateurs de la vie digitale. Chacun apporte un angle d’analyse, une manière d’envisager la société actuelle, sans
langue de bois. Les différents points de vue permettent au lecteur de retrouver des prises pour comprendre le monde digital, mieux s’y repérer, et dès lors, développer d’avantage de capacités d’action.

Experts interrogés : Serge Abiteboul (ingénieur), Pierre-Antoine Chardel (philosophe), Jean-Michel Cornu (ingénieur), Dominique Desjeux (anthropologue), Nicole Dewandre (ingénieure, philosophe),
Cécile de Terwangne (juriste), Fanny Georges (sciences de la communication), Nathalie Grandjean (philosophe), Daniel Kaplan (économiste, sciences politiques), Claire Lobet-Maris (sociologue),
Jean-Marc Manach (journaliste), Antoinette Rouvroy (juriste, philosophe), Serge Tisseron (psychanalyste, psychiatre), Sophie Vulliet-Tavernier (juriste, sciences politiques, sciences de l’information).

2016 05, D. Desjeux, Comment l’histoire du jeu de loto se croise avec l’histoire des français

2016, 05 vendredi 13 mai : France 5, C à vous avec Dominique Desjeux : http://pluzz.francetv.fr/videos/c_a_vous,139643421.html

2016 05, D. Desjeux, Comment l’histoire du jeu de loto se croise avec l’histoire des français : Etude D. Desjeux – 40 ans LOTO

2016 11 mai : interview France Info

2016 12 mai : interview stylist

Revue de presse :

http://lci.tf1.fr/france/societe/le-loto-fete-ses-40-ans-73-des-francais-y-ont-deja-joue-8741865.html

https://www.fdj.fr/page/vendredi13-superstitions/titre/vendredi13-superstitions

https://marketingemotionnel.com/2016/05/13/un-peu-de-happy-marketing-pour-vendredi-bonheur/

http://www.libellulesmagazine.net/2016/05/vendredi-13-chances-gagner-au-loto/

2016 03, D. Desjeux, sur la coproduction à l’heure du numérique, CESE

2016 03 : D. Desjeux, La coproduction à l’heure du numérique, questions à M. Dominique DESJEUX, professeur émérite d’anthropologie sociale et culturelle à l’Université Paris – Descartes, auditionné par la Section des activités économiques du CESE dans le cadre de la saisine : « La coproduction à l’heure du numérique : quels risques et quelles opportunités pour le consommateur et l’emploi ? ».

2016 03 La coproduction à l’heure du numérique (PowerPoint de présentation)

CESE : Conseil Economique, Social et Environnement

2016 03, D. Desjeux, De l’observation des usages chez le consommateur aux succès des innovations : un parcours incertain

2016 03, D. Desjeux, De l’observation des usages chez le consommateur aux succès des innovations : un parcours incertain

Dominique Desjeux, anthropologue
Professeur émérite à la Sorbonne
université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité
www.argonautes.fr (mise en ligne des enquêtes sur les consommateurs, les décisions et les innovations)

ENS Chimie, Paris 24 mars 2016

2016 03 De l’observation des usages aux succès des innovations ENS

2016 02 15, D. Desjeux, une approche anthropologique des énergies renouvelables

2016 02 15, D. Desjeux, une approche anthropologique des énergies renouvelables (1heure 32 à 1heure 43)

17ème Colloque du SER – Table Ronde 2

Ajoutée le 15 févr. 2016

ÉNERGIE : DU GLOBAL AU LOCAL, L’INNOVATION AU CŒUR DES ENJEUX

La production d’énergies renouvelables se développe à toutes les échelles. Quelles réponses économiques ? Comment gérer les équilibres ?

 

2016 01, D. Desjeux, Le paradoxe de l’innovation, entre enchantement et contraintes, les marges de manœuvre

2016 01, D. Desjeux, Le paradoxe de l’innovation, entre enchantement et contraintes, les marges de manœuvre
Paris le 26 janvier 2016, Observatoire de l’énergie
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, consultant international. www.argonautes.fr

2016 01 EDF Innovation conso econome V4

2016 01, D. desjeux, Approche politique et sociétale de l’EHS. L’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques.

2016 01, D. desjeux, Approche politique et sociétale de l’EHS. L’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques. Existe-t-il une réponse opérationnelle ?

Dominique Desjeux, anthropologue
Professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne paris Cité
Président du conseil scientifique de Bouygues Telecom
Consultant international
Paris le 20 janvier 2016

2016 01 Approche politique et sociétale de l’EHS

2016 01, D. Desjeux, YANG Xiaomin, HU Shen, Classe moyenne et consommation ou les mutations silencieuses de la société chinoise, depuis 1997

2016 01, D. Desjeux, YANG Xiaomin, HU Shen, « Classe moyenne et consommation ou les mutations silencieuses de la société chinoise, depuis 1997 » in Béatrice Bouvier, Anne Pauzet (éds.), Arts et intercultures ou les mutations silencieuses de la chine contemporaine, 2016, Les éditions de l’UCO, Angers, pp. 11-27 :

2015 04 ANGERS Classe moyenne et consommation ou les mutations silencieuses de la société chinoise, depuis 1997 V2

2014 11 D. Desjeux, Un regard anthropologique sur la vie quotidienne en chine depuis 1997, les grands bons en avant de la culture matérielle, les permanences de la culture chinoise, l’émergences de nouvelles générations : 2014 11 CHINE VIE QUOTIDIENNE UCO – Copie  18 ans de photos sur la Chine des villes au quotidien

2016 PAGE COUVERTURENumérisation_20160227

2016 01, note de lecture détaillée sur le livre Sapiens, D. Desjeux, anthropologue

2016 01 couv sapiens2016 01, note de lecture détaillée sur le livre Sapiens, une brève histoire de l’humanité par Yuval Noah Harari, 2015 en français (2011 pour la première publication en hébreu), 501 p.

Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité

« Les hommes de science supposent habituellement qu’aucune théorie n’est à 100 % correcte. Par conséquent, la vérité est un médiocre test du savoir. Le véritable test, c’est l’utilité. Une théorie qui nous permet de faire de nouvelles choses constitue le savoir ».

Yuval Noah Harari, Sapiens, p. 305

 

Le livre de Yuval Noah Harari peut autant se lire comme un roman, celui du déroulement aléatoire de l’humanité, que comme un livre d’épistémologie sur la méthode historique et la relativité du sens, que comme un livre sur les processus d’innovation et le jeu entre l’écosystème, la biologie, les cadres mentaux, les innovations techniques, les stratifications sociales, l’économique, les institutions, la religion, la coopération, la survie et le bonheur, mais aussi comme une mise en garde contre les menaces qui pèse sur la planète. Mes remarques incidentes sont en italique dans le texte.

 

Comme l’écrit Yuval Noah Harari, il y a « 6 millions d’années, une même femelle eut deux filles : l’une qui est l’ancêtre de tous les chimpanzés ; l’autre qui est notre grand-mère. » Cette grand-mère a donné naissance aux humains, c’est-à-dire aux animaux appartenant au genre homo. Le terme Sapiens au pluriel ne désignera dans ce livre que « les membres de l’espèce Homo sapiens », nos ancêtres qui nous ressemblaient énormément et peuplaient l’Afrique orientale il y a 150 000 ans. Sapiens c’est le début de notre histoire pour le meilleur et pour le pire, le bien et le mal étant inséparables d’un point de vue historique comme va le rappeler Harari tout au long de son récit souvent hétérodoxe.

Dès -300 000 avant notre ère, les ancêtres d’Homo sapiens faisaient déjà du feu ce qui leur permettait de se protéger des animaux sauvages, de chasser et de faire la cuisine et donc de rendre digestibles certains aliments. La cuisson va permettre aux Homo de mieux gérer l’énergie dépensée pour digérer, ce qui demande cinq heures de mâchonnement pour des aliments crus, temps ramené à une heure pour des aliments cuits. Ce changement entraîne un raccourcissement de l’intestin et du tube digestif au profit de l’accroissement de la boîte crânienne et d’une plus grande quantité d’énergie disponible pour le cerveau et donc de capacité à produire de l’imaginaire.

La révolution cognitive de l’homo sapiens ou la naissance d’un « serial killer écologique »

En – 70 000, le monde connaît le premier des trois grands changements qui va bouleverser le monde avec tout d’abord la révolution cognitive, celle de «l’invention des bateaux, des lampes à huile, des arcs et des flèches, des aiguilles (essentielles pour coudre des vêtements chauds). Les premiers objets que l’on puisse appeler des objets d’art ou des bijoux datent de cette période, de même que les premières preuves irrécusables de religion, de commerces et de stratification sociale. […] avec l’apparition de la parole et du langage. » Elle sera suivie par la révolution agricole vers – 9000 et par «La révolution scientifique, engagée voici seulement 500 ans, et qui pourrait bien mettre fin à l’histoire. »

La période des chasseurs-cueilleurs – traduit par l’anglicisme « fourrageurs » qui signifie autant celui qui cherche, que celui fait un raid militaire, d’après le Harrap’s, ce qui n’est pas mal comme traduction quand on connaît la suite de l’histoire… – va s’étendre de -70 000 à -9000. La particularité de l’Homo sapiens est qu’il a un gros cerveau, même s’il est plus petit que celui de Neandertal, qu’il marche debout et que, par rapport aux autres mammifères, ses petits ne sont pas autonomes. Il lui faudra donc développer de fortes capacités à coopérer pour survivre : « élever des enfants nécessitait l’aide constante des autres membres de la famille et des voisins. Il faut une tribu pour élever un homme. Ainsi l’évolution favorisa-t-elle ceux qui étaient capables de nouer de robustes liens sociaux. »

Cette capacité à coopérer, et donc à former des groupes plus puissants que ceux des autres humains, et à créer des fictions, et donc des croyances collectives, va expliquer l’essor de l’Homo sapiens et l’élimination de tous les autres du genre homo, soit par métissage soit par la guerre, ainsi que celle de la plupart des grands mammifères. En – 45 000, « un gros animal, le diprotodon avait résisté à « au moins dix ères glaciaires antérieures […] Sa disparition correspond avec l’arrivée de Sapiens en Australie, ainsi que celle de 90 % des gros animaux qui ont disparu en même temps que lui […] Les Maoris, premiers colons Sapiens de la Nouvelle-Zélande, arrivèrent voici 800 ans. En l’espace de deux siècles, la majorité de la mégafaune locale disparut en même temps que 60 % des espèces d’oiseaux locales. » L’auteur affirme que le déplacement de Sapiens de l’Afrique vers le Moyen-Orient, l’Europe, l’Asie, le Pacifique puis l’Amérique « a été l’une des catastrophes écologiques les plus amples et les plus rapides qui se soient abattues sur le règne animal […] Homo sapiens provoqua l’extinction de près de la moitié des grands animaux de la planète, bien avant que l’homme n’invente la roue, l’écriture, les outils de fer. » À Madagascar, les gros animaux « disparurent subitement voici 1500 ans, précisément quand les premiers hommes mirent le pied sur l’île. » C’est pourquoi « l’histoire de l’Homo sapiens donne l’image de celle d’un serial killer écologique. »

Cette capacité à détruire ne relève pas que de la sélection biologique. Pour Harari «la capacité à créer une réalité imaginaire à partir de mots a permis à un grand nombre d’inconnus de coopérer efficacement » et donc de vaincre, de survivre et d’échanger sur de longues distances. « Au final la biologie fixe les paramètres de base du comportement et des capacités de l’Homo sapiens. Cependant, se référer exclusivement aux contraintes biologiques serait se conduire comme un journaliste sportif de radio, suivant la coupe du monde de football, et qui ne donnerait à ses auditeurs qu’une description minutieuse du terrain au lieu d’expliquer ce que font les joueurs. » (p.52)

La croyance dominante du fourrageur est l’animisme ce qui veut dire que «chaque lieu, chaque animal, chaque plante, chaque phénomène naturel a une conscience et des sentiments, et peut communiquer directement avec les humains […] Il existe aussi des entités immatérielles [« non humaines » p. 73] : les esprits, des morts, des êtres amicaux et malveillants, ce que nous appelons de nos jours les démons, les fées et les anges. »

On retrouve, pour une part, cette croyance aujourd’hui dans la « transsubstantiation » publicitaire et dans la théorie « animiste » de « l’acteur réseau » de Bruno Latour et Michel Callon, ce qui confirme, de façon inattendue, une forme de continuité historique des comportements humains depuis 70 000 ans. L’auteur fait ressortir un croisement permanent entre le matériel (biologique, économique et technique), le social basé sur les réseaux, la coopération et les relations de pouvoir, et le symbolique qui fonde les croyances, la confiance et les illusions nécessaires à l’action, depuis l’Homo sapiens d’hier jusqu’à celui d’aujourd’hui.

Cependant, cela ne veut pas dire, pour l’auteur, qu’Homo sapiens est devenu plus intelligent en passant de la révolution cognitive à la révolution agricole puis à la révolution scientifique, ni que son bonheur ait augmenté : « rien ne prouve que les hommes soient devenus plus intelligents au fil du temps. »

Cette approche macro-historique n’enchante pas l’histoire que ce soit au nom d’un progrès messianique ou d’un catastrophisme apocalyptique. Harari nous présente une histoire réaliste et ambivalente d’où l’on ne peut séparer le bien du mal, et dans laquelle il n’existe aucun sens préétabli ni aucun futur prédéterminé du fait de ce jeu permanent entre le biologique, le social et le symbolique qui brouille sans cesse les cartes de l’avenir. L’auteur prend même un malin plaisir à retourner nos croyances par rapport aux progrès, à la nature ou aux résultats positifs du malheur.

La révolution agricole, la fin de la vie facile

La révolution agricole, qui voit la disparition des fourrageurs, émerge autour de -9500/-8 500 avant l’ère commune « dans les terres montagneuses du sud-est de la Turquie, de l’ouest de l’Iran et du Levant […] Aujourd’hui encore, malgré nos technologies avancées, 90 % des calories qui nourrissent l’humanité proviennent de la poignée de plantes que nos ancêtres domestiquèrent entre -9500 et -3500 : blé, riz, maïs, pommes de terre, millet et orge […] les animaux domestiqués – moutons, poule, âne et autres – fournirent nourriture (viande, lait,), matières premières (ou lait) et force musculaire. Jusqu’ici accomplis par les hommes, les transports, le labourage, le moulage et d’autres tâches furent de plus en plus délégués aux animaux. » L’énergie animale permit de démultiplier la force de l’énergie humaine.

Cependant, l’auteur note qu’aucun « animal ni aucun végétal important n’ont été domestiqués au cours des deux derniers millénaires. Si nos esprits sont ceux des chasseurs-cueilleurs, notre cuisine est celle des anciens fermiers. » Cela veut dire qu’au « premier siècle de notre ère, l’immense majorité des hommes de la majeure partie du monde était des agriculteurs ».

C’est la victoire finale du sédentaire Caïn sur l’éleveur nomade Abel, pour faire écho au livre de la Genèse.

Si les révolutions agricoles ont débuté au Moyen-Orient, en Chine, en Indonésie, en Amérique centrale et en Afrique sahélienne et non pas en Afrique du Sud, en Alaska, en Sibérie ou en Australie, c’est pour une raison majeure : il existe très peu de végétaux et d’animaux qui soient domesticables. Les seules qui existaient étaient dans ces régions.

Mais surtout « loin d’annoncer une ère nouvelle de vie facile, la révolution agricole rendit généralement la vie des cultivateurs plus difficile, moins satisfaisante que celle des fourrageurs. Les chasseurs-cueilleurs occupaient leur temps de manière plus stimulante et variée et se trouvaient moins exposés à la famine et aux maladies. » À l’inverse, les agriculteurs qui utilisent la charrue souffrent d’arthrite ou de hernie comme on peut le voir sur les squelettes retrouvés aujourd’hui.

C’est le début des maladies squeletto-musculaires !

La révolution agricole n’améliora donc pas le sort de l’humanité, mais « elle se solda plutôt par des explosions démographiques » et l’apparition des premières hiérarchies sociales, comme il le rappelle en faisant référence au livre de Jared Diamond De l’inégalité parmi les sociétés (1997). « L’essence de la révolution agricole c’est : la faculté de maintenir plus de gens en vie dans des conditions pires […] la révolution agricole fut la plus grande escroquerie de l’histoire. » (p. 104)

C’est la fin des sociétés d’abondance de chasseurs-cueilleurs décrites par Marshall Salhins dans Âge de pierre, âge d’abondance (1974).

Pour Harari, le problème de la perspective purement évolutionniste est qu’elle « juge tout d’après les critères de la survie et de la reproduction, sans considération de la souffrance ni du bonheur individuel. »

Or la révolution agricole c’est aussi le début des famines et de l’inquiétude par rapport au futur : « Le souci de l’avenir s’enracinait dans les cycles saisonniers de production, mais aussi dans l’incertitude fondamentale de l’agriculture. La plupart des villages vivant de la culture d’une variété très limitée de plantes et d’animaux domestiqués, ils étaient à la merci de sécheresses, d’inondations et d’épidémie. Les paysans étaient obligés de produire plus qu’ils ne consommaient afin de constituer des réserves. » C’est pourquoi Harari résume de façon lapidaire la réalité de l’histoire humaine « L’Histoire est une chose que fort peu de gens ont faite pendant que tous les autres labouraient les champs et portaient des seaux d’eau. » En effet « jusqu’à la fin des temps modernes, plus de 90 % des hommes étaient des paysans qui se levaient chaque matin et qui travaillaient la terre à la sueur de leur front. L’excédent produit nourrissait l’infime minorité de l’élite qui remplit les livres d’histoire : Rois, officiels, soldats, prêtres, artistes et penseurs. » L’histoire est le plus souvent celle de ceux qui étaient au sommet de la hiérarchie.

L’apparition des nombres et de l’écriture comme moyen de gestion des stocks de céréales et des impôts

En -3100 apparait le premier royaume égyptien autour de la vallée du Nil. Avec l’empire nait un des grands facteurs de la mondialisation d’hier à aujourd’hui comme Harari va le montrer un peu plus loin en présentant sa thèse sur l’unification du monde vue du point de vue macro-historique. L’agriculture produit un surplus qui permet de percevoir un impôt et de stocker des réserves de céréale, ce qui demande de maitriser les nombres et l’écriture qui apparurent avec les Sumériens vers – 3500/3000.

Comme le rappellera l’historien Shlomo Sand dans son livre « Crépuscule de l’histoire » paru en 2015, en référence au travail de Wittfogel sur « Le despotisme oriental », la naissance de l’agriculture doit beaucoup aux sociétés hydrauliques, entre le Tigre et l’Euphrate pour la Mésopotamie, le long du Nil pour l’Égypte ou du fleuve Jaune pour la Chine.

Entre -1000 et -500 apparurent au Moyen-Orient les premiers grands empires avec « l’empire néo-assyrien, l’empire babylonien et l’Empire perse à la tête de plusieurs millions de sujets et commandant des dizaines de milliers de soldats. » En Chine, la dynastie Qin gouvernait 40 millions de sujets sur lesquels il levait l’impôt afin de financer « une armée permanente de centaines de milliers de soldats et une bureaucratie complexe forte de plus de 100 000 fonctionnaires. » Les Romains vont faire l’unité du bassin méditerranéen peu de temps après : « L’Empire romain collectait des impôts auprès de 100 millions de sujets. Ces recettes financèrent une armée permanente de 250 000 à 500 000 soldats, un réseau de routes encore utilisées 1500 ans plus tard. » Au commencement de l’histoire était l’empire, avec l’empire naît la bureaucratie à la fois comme un moyen de standardisation, et donc de simplification, et comme un outil de domination

Cf. le livre de David Graeber, « Bureaucratie », 2015, sur la complexification bureaucratique

Tous les empires fonctionnent sur la coopération entre les humains qui repose elle-même sur l’oppression et l’exploitation des paysans. Ces réseaux de coopération ne fonctionnent que grâce « à l’adhésion à des mythes partagés. » Une des fonctions de l’armée, de la police des tribunaux et des prisons est de faire en sorte que les humains se conforment aux représentations qui assurent l’adhésion aux imaginaires collectifs et donc au fonctionnement des sociétés : « Nous croyons en un ordre particulier non pas parce qu’il est objectivement vrai, mais parce qu’y croire nous permet de coopérer efficacement et de forger une société meilleure. Les ordres imaginaires ne sont ni des conspirations exécrables ni des mirages. Ils sont plutôt la seule façon pour les hommes de coopérer effectivement. » Ordre imaginaire et écriture sont les deux grands moyens qui ont permis à Sapiens de compenser le manque de programmation biologique en faveur d’une coopération élargie favorisant le développement des sociétés, de l’agriculture et des empires.

Cette vision « real historique » de l’évolution des sociétés humaines par Harari, s’appuie sur quelques règles empiriques simples : « Dans une perspective biologique, rien n’est contre nature. Tout ce qui est possible est aussi naturel par définition. » La culture dit ce qui est permis, prescrit ou interdit en fonction des croyances du moment : « La biologie permet, la culture interdit. » Et comme le rappelle Harari, les cultures sont elles-mêmes en perpétuelle évolution. C’est pourquoi « contrairement aux lois de la physique, qui n’admettent pas la moindre inconséquence, tout ordre humain est truffé de contradictions internes. » Tout le monde ne gagne pas. Les gagnants de demain peuvent être les fils des vaincus d’hier. Comme il l’écrira plus loin, page 227 « il n’y a pas de justice dans l’histoire. »

À partir de ces quelques principes méthodologiques, il va essayer de montrer que l’histoire a un sens sur le long terme, mais que celui-ci n’est pas visible à une échelle microsociale. Il n’est visible qu’à l’échelle macrosociale, celle du millénaire : «De là, les choses deviennent claires comme de l’eau de roche : l’histoire progresse implacablement, vers l’unité. L’éclatement du christianisme et la chute de l’empire mongol ne sont que des ralentisseurs sur la grande route de l’histoire. » (p. 198) La thèse centrale de l’auteur est qu’autour du premier millénaire l’on a vu apparaître trois grands ordres « potentiellement universels… Le premier ordre universel à paraitre était économique : l’ordre monétaire ; le deuxième était politique : l’ordre impérial ; et le troisième religieux : l’ordre des religions universelles telles que le bouddhisme, le christianisme et l’islam. » (p. 204)

La monnaie, les empires et les religions, les trois grands moteurs de l’unification de fait et non linéaire du monde

L’élargissement des sociétés rend difficile le seul usage du troc qui fonctionne sans trop de difficulté au sein des petits groupes et quand les biens à échanger ne sont pas nombreux. Il montre, par exemple, que d’après Glyn Davies dans son histoire de la monnaie (1994) qu’avec 100 produits différents qui s’échangent sur un marché, « acheteurs et vendeurs devront connaître 4 950 taux de change », et qu’avec un millier de produits il faudrait jouer avec presque 500 000 taux différents. La monnaie apparaît bien comme un standard, comme un moyen de simplifier les échanges et de les rendre universels. Mais la monnaie n’est pas une réalité matérielle. Elle repose sur une confiance immatérielle qui repose sur une standardisation du poids de métal précieux, or ou argent, et de la légitimité qui lui est donnée par le pouvoir politique dont le sceau apparaît sur la monnaie

Cf. Le chapeau de Vermeer. « Le XVIIème siècle à l’aube de la mondialisation », par Timothy Brook (2008, 2010) sur la pesée de l’argent chapitre 6, et du poids de la chine dans l’économie mondiale.

La circulation de la monnaie repose sur un mythe partagé et donc sur quelque chose de fragile. Sa valeur est purement culturelle. Cette fragilité explique pourquoi il est impossible « de comprendre l’unification de l’humanité comme un processus purement économique. » Il faut des « institutions », comme aurait dit l’anthropologue Mary Douglas.

Cf. Niall Fergusson, « L’irrésistible ascension de l’argent, de Babylone à Wall Street » (2009), dans lequel il montre comment la monnaie papier a permis, entre autre, des échanges plus fluides, le développement des banques, le crédit et la croissance occidentale au 18ème siècle, et on pourrait ajouter les crises monétaires et le « risque moral qui dépend de la confiance que les épargnants font à l’Etat pour couvrir les risques des faillites bancaires, cf. Paul Krugman, « Pourquoi les crises reviennent toujours » (2009)

C’est pourquoi cette unification repose aussi sur un processus politique, celui des empires : « les empires ont été une des principales raisons de la forte réduction de la diversité humaine. Depuis 2500 ans, les empires sont même les organisations politiques les plus courantes. Elles sont des organisations stables et favorisent l’intégration et le métissage culturel entre petites sociétés diversifiées. » Pour montrer ce métissage historique, l’auteur prend l’exemple des juifs modernes. « Si le roi David devait apparaître dans une synagogue ultra-orthodoxe de Jérusalem, aujourd’hui, il serait éberlué d’y trouver des gens habillés à la manière d’Europe orientale et parlant un dialecte germanique (le yiddish) », ce qui n’existait pas dans l’ancienne Judée et qui relève donc du métissage.

Tout cela veut dire que « peindre en noir tous les empires, c’est désavouer tout l’héritage impérial, c’est rejeter l’essentiel de la culture humaine. » L’auteur rappelle tout ce que l’on doit aux empires, comme l’Empire romain qui a permis à Cicéron, Sénèque et Saint-Augustin de prendre du temps pour écrire et réfléchir, ou bien la construction du Taj Mahal par l’Empire Moghol, ou bien que « les profits que l’empire des Habsbourg retira de sa domination des provinces de langue slave, magyare et roumaine, financèrent les salaires de Haydn et les commandes passées à Mozart. » Il se demande ce qu’un « ultranationaliste hindou qui voudrait détruire tous les bâtiments laissés par les conquérants britanniques, comme la gare Centrale de Bombay, ferait avec les constructions des conquérants musulmans comme le Taj Mahal ? »

Harari reconnait avec lucidité que « nul ne sait réellement résoudre cette épineuse question de l’héritage culturel. Quelle que soit la voie suivie, la première étape consiste à prendre acte de la complexité du dilemme et à accepter que la division simpliste du passé en braves types et en sales types ne mène à rien. À moins, bien entendu, que nous soyons prêts à admettre que nous marchons habituellement sur les brisées des sales types. » Aujourd’hui, le problème des empires s’est encore déplacé avec « l’apparition de problèmes foncièrement mondiaux, comme la fonte de la calotte glaciaire, qui entame ce qu’il peut rester de légitimité aux États-nations indépendants. »

Le troisième grand ordre d’unification de l’humanité a été la religion. C’est une affirmation paradoxale puisque de nos jours « la religion est souvent considérée comme source de discrimination, de désaccords et de désunion. En vérité, pourtant, elle a été le troisième grand unificateur de l’humanité avec la monnaie et les empires. Les ordres sociaux et les hiérarchies étant toujours imaginaires, tous sont fragiles. Ils le sont d’autant plus que la société est vaste. Le rôle historique crucial de la religion a été de donner une légitimité surhumaine à ces structures fragiles. »

Au temps de l’animisme, il fallait tenir compte des intérêts des humains et des non humains. La révolution agricole a rendu muets les animaux et les plantes. En les rendant muets, Sapiens court un risque qui est de perdre la protection magico-religieuse de ses récoltes et de sa santé. Il a donc fallu inventer les dieux, avec le polythéisme, pour jouer les intermédiaires entre les hommes et les récoltes afin de limiter les risques qui naissent de l’incertitude de la révolution agricole : « des millénaires durant, après la révolution agricole, la liturgie religieuse consistait essentiellement pour les hommes à sacrifier des agneaux, du vin et des gâteaux, en échange desquels les forces divines promettaient des récoltes abondantes et des troupeaux féconds ».

« La première religion monothéiste que nous connaissions est apparue en Égypte autour de -1350 avant notre ère, quand le pharaon Akhenaton déclara qu’une des divinités mineures du panthéon égyptien, le dieu Aton, était en réalité la puissance suprême qui gouvernait l’univers ». Ensuite vers – 1000, « les religions universelles et missionnaires ont commencé à apparaître. Leur émergence est l’une des révolutions les plus importantes de l’histoire et une contribution vitale à l’unification de l’humanité, au même titre que l’émergence d’empires universels et d’une monnaie universelle ». Elles ont éliminé les religions polythéistes et en même temps elles les ont réintroduits sous la forme de saints, par exemple, ou de date de rituels religieux qui reprenaient les rites agraires polythéistes

Cf. sur la fin du polythéisme au 4ème siècle de notre ère le livre de Lucien Jerphanion « Julien dit l’apostat » (2008).

Le polythéisme a donné naissance à la fois aux religions monothéistes qui reconnaissent un Dieu unique tout-puissant et aux religions dualistes, comme le manichéisme, qui affirme l’existence d’une force du mal et d’une force du bien : « Le monothéisme explique donc l’ordre, mais il est mystifié par le mal. Le dualisme explique le mal, mais reste perplexe devant l’ordre. Il n’y a qu’une solution logique à cette énigme : soutenir qu’il existe un seul Dieu tout-puissant qui a créé l’univers – et que c’est un mauvais démiurge. Mais personne, dans l’histoire, n’a eu le cran de le croire ».

La révolution scientifique : pourquoi l’Europe a-t-elle émergée comme grande puissance au 16ème siècle

« Autour de l’an 1500, l’histoire a fait le choix le plus lourd de conséquences : un choix qui a changé non seulement le destin de l’humanité, mais aussi, peut-on soutenir, celui de toute vie sur la terre. C’est ce que nous appelons la révolution scientifique. Elle a commencé en Europe occidentale – une grande péninsule à la pointe ouest de l’Afro-Asie qui, jusque-là, n’a joué aucun rôle important dans l’histoire. »

C’est ce que confirme Shlomo Sand, quand il déconstruit la filiation directe depuis les Grecs jusqu’à la renaissance ouest-européenne, pour montrer qu’elle relève plus d’une construction imaginaire que d’une réalité historique. Pour lui, l’histoire européenne n’est pas en continuité avec celle des grecs. Il reprend la méthode qu’il avait appliquée dans son livre de 2008 sur « Comment le peuple juif fut inventé » et qu’il applique en 2015 à l’école des Annales et aux historiens français du 19ème siècle.

Cette évolution n’a rien d’inéluctable, « on peut [même] imaginer que l’histoire se poursuivre de génération en génération en contournant la révolution scientifique, de même qu’on peut imaginer l’histoire sans christianisme, sans empire Romain et sans pièce d’or ».

Pour Harari, un des grands changements qu’apporte la culture moderne en Europe est d’abord de donner une place importante à l’observation empirique et aux mathématiques, puis à partir de cela de produire de nouveaux pouvoirs grâce aux nouvelles technologies. C’est pourquoi il s’est développé une « croyance quasi religieuse dans la technologie et dans les méthodes de la recherche scientifique, qui a remplacé jusqu’à un certain point la croyance dans les vérités absolues ».

Cela va se traduire par la mise en place d’un nouvel outil mathématique, la statistique qui permet de gérer la complexité des sociétés humaines. Ainsi « en 1744, raconte Harari, deux pasteurs presbytériens d’Écosse, Alexander Webster et Robert Wallace, décidèrent de créer un fond d’assurance-vie qui verserait des pensions aux veuves et aux orphelins des ecclésiastiques morts. Ils proposèrent que chaque pasteur verse une petite fraction de son revenu au fond qui placerait leur argent ».

Pour résoudre le problème ils ne firent pas des prières à Dieu, mais ils contactèrent un professeur de mathématiques de l’université d’Édimbourg, Colin Maclaurin, « tous trois recueillirent des données sur l’âge auquel les gens mouraient et s’en servir pour calculer combien de pasteurs étaient susceptibles de trépasser chaque année ». Il se fondait sur « la loi des grands nombres de Jacob Bernoulli ». Il n’est pas possible de prévoir le niveau individuel, mais il est possible « de prédire avec une grande exactitude l’occurrence moyenne de nombreux événements semblables ». C’est la base de la science actuarielle et de la démographie, une science qui a aussi été fondée par « un homme d’Église l’anglican Robert Malthus ». La démographie a permis à Charles Darwin, qui lui aussi a failli devenir un pasteur anglican, d’élaborer sa théorie de l’évolution. La science peut calculer des probabilités, mais elle « ne prétend aucunement savoir ce qui doit être dans le futur. Seules les religions et les idéologies cherchent à répondre à ces questions ».

Cette exemple montre aussi qu’il n’existe pas de science pure, que « la science est bien incapable de fixer ses priorités, qu’elle est aussi incapable de décider que faire de ses découvertes » et que « la plupart des études scientifiques sont financées parce que quelqu’un estime qu’elles peuvent aider à atteindre quelque but politique, économique ou religieux, » même si les chercheurs n’ont pas toujours conscience de ses finalités sociétales. La production scientifique est encastrée dans la société comme le montre l’exemple du scorbut. Entre le 16e et au le 17e siècle, « on estime que le scorbut coûta la vie à environ 2 millions de matelots. »

Le roman du danois Carsten Jensen, Nous les noyés, paru en 2006 au Danemark, rappelle incidemment le destin des millions de marins morts en mer entre le 19ème et le 20ème siècle du fait des tempêtes, des accidents, des icebergs, des guerres ou des fièvres, tout cela au nom de la mobilité liée au commerce ou aux conquêtes. En ce sens ils sont proches des Maoris dont parle Harari ci-dessous et qui ont disparu eux aussi.

Le tournant de la lutte contre le scorbut « survint en 1747, quand le médecin britannique James Lind procéda à une expérience sous contrôle sur les matelots malades […] Un des groupes tests reçus pour instruction de manger des agrumes : remèdes populaires courant du scorbut. Les patients de ce groupe ne tardèrent pas à se remettre. » On sait aujourd’hui que les oranges contenaient de la vitamine C. Cependant la marine royale anglaise ne fut pas intéressée par ces résultats, au contraire de James Cook. Celui-ci « décida de montrer que le médecin avait raison. Il chargea à bord une grosse quantité de choucroute et ordonna à ses marins de consommer beaucoup de fruits et de légumes chaque fois qu’il mettait pied à terre. Le scorbut ne devait emporter aucun de ses marins. »

De façon inattendue, cette découverte permit à la Grande-Bretagne d’envoyer son armée partout et de conquérir le monde. L’expédition de Cook « jeta les bases de l’occupation britannique dans le sud-ouest du Pacifique ; de la conquête de l’Australie, de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande ; de l’implantation de millions d’Européens dans les nouvelles colonies, mais aussi de l’extermination des cultures autochtones et de la majeure partie des populations indigènes […] Pour les aborigènes d’Australie et les Maoris de Nouvelle-Zélande, l’expédition de Cook fut le début d’une catastrophe dont ils ne se remirent jamais ». C’est pourquoi pour Harari « la révolution scientifique et l’impérialisme moderne sont inséparables ». Le progrès ne bénéficie pas à tous.

Pour l’auteur, le déplacement du pouvoir mondial vers l’Europe entre 1750 1850 ne s’explique pas par une supériorité technique ou économique. « Le début des temps modernes fut l’âge d’or de l’Empire ottoman en Méditerranée, de l’empire safavide en Perse, de l’Empire moghol en Inde et des dynasties Ming et Qing en Chine. Ils étendirent sensiblement leur territoire et jouirent d’une croissance économique et démographique sans précédent. En 1775, l’Asie représentait 80 % de l’économie mondiale. Les économies combinées de l’Inde et de la Chine représentaient à elle seule les deux tiers de la production mondiale. En comparaison, l’Europe était un nain économique. » Ce qui manquait aux autres cultures « c’était les valeurs, les mythes, l’appareil judiciaire et les structures sociopolitiques dont la formation et la maturation prirent des siècles en Occident, et qu’il était impossible de copier et d’intérioriser rapidement. La France et les États-Unis marchèrent aussitôt sur les brisées de la Grande-Bretagne parce que les Français et les Américains partageaient déjà les mythes et structures sociales britanniques les plus importants. Les Chinois et les Perses ne pouvaient aller aussi vite parce qu’ils pensaient et organisaient leur société différemment. » L’égalité économique et technique entre l’Asie et l’Europe ne représentait en 1750 qu’une égalité en trompe-l’œil.

Pour Harari, le facteur mental est le plus déterminant pour expliquer « comment se forgea le lien historique entre la science moderne et l’impérialisme européen. Si la technologie est un facteur important au 19ème et 20ème siècle, elle était d’une importance limitée au début de l’époque moderne. Le facteur clé est la tournure d’esprit que partager le botaniste en quête de plantes et l’officier de marine en quête de colonies. Le savant et le conquérant commençaient tous deux par un aveu d’ignorance : « je ne sais pas ce qu’il y a là-bas. » Tous deux se sentaient obligés de partir faire de nouvelles découvertes. Et tous deux espéraient que le nouveau savoir ainsi acquis ferait d’eux les maîtres du monde. » La recherche intellectuelle et la conquête militaire allaient être de plus en plus liées dans l’histoire de la conquête du monde par l’Occident. Les Occidentaux « se mirent à dresser des cartes avec des espaces vides à remplir. Ils commencèrent à admettre que leur théorie n’était pas parfaite et qu’il y avait des choses importantes qu’ils ne savaient pas. »

On pourrait ajouter à cette approche centrée sur les cadres culturels de la connaissance, celle de Jean-Michel Sallmann dans son livre « Le grand désenclavement du monde, 1200 – 1600 » (2011), et qui montre que c’est la coupure des deux routes de la soie au nord par terre et au sud par mer qui déclencha la recherche de nouvelles terres vers l’ouest.

Cf. sur les innovations militaire entre le 16ème et le 17ème siècle et la divergence occidentale au 18ème siècle, Geoffrey Parker, « La révolution militaire » (1988, 1993, 2013)

Comme le dit Harari « sans les hommes d’affaires avides de faire de l’argent, Christophe Colomb n’aurait pu atteindre l’Amérique, ni James Cook l’Australie, et Neil Amstrong n’aurait jamais pu faire son fameux petit pas sur la surface de la lune».

La grande rupture qu’introduit la nouvelle économie occidentale est l’impératif qui est donné à la croissance, ce qui équivaut à l’accumulation élargie du capital déjà notée par Marx mais, lui, avec une conception essentialiste et morale de l’économie. C’est l’accumulation du capital qui conditionne à la fois les investissements, la production et la consommation qui caractérise le « capitalisme ». Cette accumulation n’est possible que grâce à la confiance qui permet le crédit.

Pour illustrer cette confiance, Harari raconte l’histoire de la faillite de la compagnie du Mississippi qui suite à une bulle spéculative, à un effet de levier comme on dirait aujourd’hui, fit faillite en 1719. Et surtout, cette faillite étant liée à la garantie du royaume de France, celui-ci n’ayant pu éponger la dette, la France perdit tout son crédit. C’est ce qui explique, de façon simplifiée, que la France étant ruinée cela a conduit à la Révolution française et pourquoi l’Angleterre a gagné dans la compétition coloniale qui l’opposait à la France grâce à la confiance qu’elle inspirait et donc à la capacité des entreprises privées anglaises à acquérir du crédit auprès des banques pour financer leurs armées privées comme en Inde. « C’est pourquoi de nos jours, la réputation de solvabilité d’un pays importe bien plus pour sa prospérité économique que ses ressources naturelles. Cette réputation de solvabilité indique la probabilité qu’un pays a de rembourser ses dettes. »

Cf. sur la crise du Mississipi (p. 50), Christian Chavagneux, « Une brève histoire des crises financières, des tulipes aux subprimes » (2011)

Cf. Sur l’effet levier, entre autre, Elie Cohen, « Penser la crise » (2010)

La conquête de l’Inde, la guerre de l’opium, la guerre grecque contre l’Empire ottoman, le protectorat anglais sur l’Égypte ont tous été menés pour assurer le succès des entreprises privées et particulièrement pour garantir le remboursement des dettes des mauvais payeurs grâce à l’usage de la force militaire et à la croyance dans le bon fonctionnement d’un marché libre. C’est pourquoi, pour les hommes d’affaires, « la politique économique la plus sage consiste à tenir l’État à l’écart de l’économie, à réduire la fiscalité et la régulation au strict minimum pour laisser les marchés suivre librement leurs cours […] ils donnent au gouvernement le même conseil que les maîtres zen aux initiés : le non-agir », conclue-t-il ironiquement.

« Sous sa forme extrême, cependant, croire à la liberté du marché c’est être aussi naïf que croire au Père Noël. Il n’existe [nulle part] un marché libre, exempt de tout travers politique. La ressource économique qui compte le plus est la confiance en l’avenir, et cette ressource est constamment menacée par les voleurs et les charlatans. Les marchés en eux-mêmes n’offrent aucune protection contre la fraude, le vol ou la violence. C’est au système politique qu’il appartient d’instaurer la confiance par des lois sanctionnant les tricheries, mais aussi de mettre en place des forces de police, des tribunaux et des prisons pour faire respecter la loi. Quand les lois font mal leur travail et sont incapables de réguler convenablement les marchés, la confiance se perd, le crédit s’amenuise et l’économie s’enfonce dans la crise. Telle fut la leçon tirée de la bulle du Mississippi en 1719 ; ceux qui l’auraient oublié ont une piqûre de rappel avec la bulle immobilière américaine de 2007, et la crise du crédit et la récession qui suivirent. » Le trafic d’esclaves n’a pas été lancé par « des rois tyranniques ni des idéologies racistes mais par les forces débridées du marché. »

Il est à remarquer que la fin de l’esclavage s’est réalisée non pas simplement suite à un travail militant mais aussi parce que le coût des esclaves devenait plus élevé que celui d’un salarié comme le montrent Caroline Oudin – Bastide et Philippe Steiner dans « Calcul et morale, cours de l’esclavage des valeurs de l’émancipation (18e – 19e siècle) » (2015).

Science moderne et impérialisme européen ont conduit à la révolution industrielle. Avant cette révolution, l’économie fonctionnait à base d’énergie humaine et d’énergie animale, les deux étant entretenus grâce aux plantes qui donnent l’alimentation et donc grâce à l’énergie solaire qui permet la photosynthèse : « Tout le monde marchait à l’énergie solaire captée et concentrée dans le blé, le riz et les pommes de terre ». Avec le charbon anglais, les hommes apprennent « à transformer une forme d’énergie dans une autre, » en vapeur, puis en métiers à tisser, puis en chemin de fer jusqu’à l’énergie nucléaire en passant par le moteur à combustion alimentée au pétrole. « Avant la révolution industrielle, le marché de l’énergie était presque entièrement tributaire des plantes […] Tout ce dont nous avons besoin c’est d’inventer de meilleures pompes » à énergie.

Kenneth Pomeranz, en 2000, dans son livre « Une grande divergence, la Chine, l’Europe et la construction de l’économie mondiale » (2010 en français) montre l’importance de l’usage de l’énergie liée au charbon dans le développement et la maîtrise du monde par la Grande-Bretagne à partir de 1750, alors que la Chine possédait d’énormes réserves de charbon mais n’en voyait pas l’usage du fait de sa forte capacité énergétique liée à son réseau hydraulique.

La révolution industrielle permit à son tour la seconde révolution agricole avec les tracteurs, les engrais artificiels, les insecticides et tout un ensemble d’hormones et des médicaments. Ensuite, « Réfrigérateurs, navires et avions ont permis de stocker les produits des mois durant et de les transporter rapidement et à bon marché à l’autre bout du monde, » ce qui a permis le développement de l’urbanisation. « Pour la première fois dans l’histoire des hommes, l’offre a commencé à dépasser la demande. Ainsi est apparu un problème entièrement nouveau : qui va acheter toute cette camelote ?» C’est « L’âge du shopping » : « pour empêcher […] catastrophe et s’assurer que les gens continueront d’acheter toutes les nouveautés que produit l’industrie, une nouvelle forme d’éthique est apparue : le consumérisme ».

Colin Campbell avait aussi montré l’importance du changement d’éthique, suite à Max Weber dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, pour expliquer les changements économiques survenus au 18ème siècle, vers 1750, dans son livre The Romantic Ethic and the Spirit of Modern Consumerism (2005). C’est la possibilité de l’hédonisme revendiqué par un groupe chrétien anglais qui rend possible le passage de l’ascèse protestante qui conduit à l’épargne et à l’accumulation au plaisir qui légitime la consommation.

Pour Harari, nous sommes maintenant rentrés dans une révolution permanente n’ont pas fondé sur la rareté des ressources qui ne cessent de croître mais sur la dégradation de l’environnement qui lui va en s’accentuant : « Le chambardement écologique pourrait mettre en danger la survie même de l’Homo sapiens ».

On pourrait juste ajouter que l’accès aux ressources conduit à un autre type de menace, celle de la guerre et tout particulièrement en mer de Chine.

La révolution industrielle a conduit aussi à une standardisation des activités humaines à travers les horaires et la chaîne de montage que celle-ci soit visible ou invisible grâce à la numérisation, pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Durand dans La chaîne invisible (2011).

Elle a aussi entraîné l’effondrement de la famille et de la communauté au profit de l’État providence, puisqu’avant les souverains déléguaient à la famille le soin de prendre en charge la sécurité sociale et la santé. « En vérité, bien des royaumes et des empires étaient à peine plus que des formes de raquette et de protection. Le roi était le capo di tutti capi, le parrain qui recueillait l’argent, et en retour veillait à ce que les syndicats du crime voisin et le menu fretin local ne fissent pas de tort aux gens placés sous sa protection. Il ne faisait pas grand-chose d’autre […] même si La vie au sein de la famille et de la communauté était loin d’être idéale ».

« L’État et le marché foumirent aux gens une offre qui ne se refuse pas : « devenez des individus. Épousez qui vous désirez, sans demander la permission à vos parents. Prenez le travail qui vous convient, même si les anciens froncent les sourcils. Vivez comme vous l’entendez, même si vous n’allez pas chaque semaine au repas de famille. Vous n’êtes plus dépendant de votre famille ou de votre communauté. Nous, l’État et le marché, nous allons prendre soin de vous. Nous vous fournirons nourriture, hébergement, éducation, santé, aide sociale et emploi, mais aussi pension, assurances et protection… L’État et le marché sont la mère et le père de l’individu ».

On retrouve dans le livre d’Eva Illouz, « Pourquoi l’amour fait mal, l’expérience amoureuse dans la modernité » (2012), la description de ce passage de la communauté au marché à travers un « désencastrement » du choix amoureux garanti par la communauté familiale au profit d’une relation amoureuse individuelle plus incertaine et qui demande en permanence des signes de « reconfirmation ».

C’est pourquoi ce passage a un coût, celui d’un sentiment de coercition exercé par l’Etat et d’être traité de façon impersonnelle par le marché. C’est pourquoi ce sont développés des communautés imaginaires, la nation et les tribus de consommateur, comme « les supporters de Manchester United, les végétariens et les écolos ».

Cependant à un niveau macro-historique, il y a un gain, qui est que l’Etat a amené plus de paix : « alors même qu’elles deviennent plus rares, les guerres attirent davantage l’attention. » Pour accepter cette conclusion paradoxale, « il nous faut examiner les statistiques générales plutôt que les histoires individuelles. En l’an 2000, la guerre causa la mort de 310 000 personnes, et les crimes violents provoquèrent la mort de 520 000. Chaque victime est un monde qui est détruit, une famille ruinée, des amis et des parents meurtris à vie. Dans une perspective macro, cependant, ces 830 000 victimes ne représentent que 1,5 % des 56 millions de personnes mortes cette année-là – dont 1 260 000 victimes d’accidents de la route (2,25 % de la mortalité totale) et 815 000 qui se sont suicidés (1,45 %) […] Le déclin de la violence est largement dû à l’essor de l’État. Tout au long de l’histoire, la violence est le plus souvent née d’affrontements locaux entre familles et communautés ». Cela est dû au fait que le coût des guerres a énormément augmenté et que leur gain en termes de territoire à conquérir a beaucoup diminué, du fait de l’importance nouvelle du capital humain, des connaissances et des capacités organisationnelles dans la production de richesses.

Le problème aujourd’hui est que la croissance de la consommation menace l’environnement humain.

C’est ce qui explique pourquoi la question du bonheur devient plus importante aujourd’hui, parce que si le bonheur est lié à la consommation alors nous conduisons probablement la planète à la destruction.

Or le lien entre bonheur et consommation n’est pas évident puisque d’après des enquêtes de psychologie, le bonheur augmente quand le niveau de richesse augmente jusqu’à un certain stade, puis il se stabilise, et quand la richesse augmente encore plus le bonheur n’augmente pas en proportion. D’un point de vue biologique, «  la seule et unique chose qui rende les gens heureux, ce sont les sensations plaisantes du corps […] Dès lors il n’y aurait pas lieu de s’étonner que l’évolution nous ait façonnés pour n’être ni trop malheureux ni trop heureux ». Harari en conclut que « peut-être le bonheur consiste à synchroniser ses illusions personnelles de sens avec les illusions collectives dominantes… Vision très déprimante. Faut-il vraiment s’illusionner pour être heureux ? »

Conclusion

Aujourd’hui nous sommes à la veille d’un cyborg Sapiens qui est peut-être en train de changer les règles d’un jeu vieux de 70 000 ans. L’Homo sapiens est peut-être aussi en train de détruire la planète. Aussi pour Harari « la seule chose que nous puissions faire c’est d’influencer la direction que nous prenons ». Cela veut dire que la question principale à laquelle il faut répondre est : « que voulons-nous vouloir ? » Elle est proche du shi 势de la culture chinoise, c’est-à-dire du cours des choses qui à la fois nous entraînent, mais que l’on peut aussi influencer en fonction des situations.

Yuval Noah Harari montre les deux faces indissociables de la réalité humaine dans son ambivalence bonne et mauvaise. Le progrès apparaît comme bien souvent celui des vainqueurs, mais l’histoire dans sa longue durée ne se réduit pas à celle des vaincus qui sont pour une part des marins, des laboureurs, des maoris et des esclaves. Pour lui « le romantisme qui s’obstine à voir le côté sombre de chaque invention est aussi dogmatique que la croyance au progrès est inéluctable ». Le point fort et original de l’auteur est qu’il raconte une histoire où le meilleur côtoie le pire, et ceci comme allant de soi et sans jugement de valeur. Il n’est ni messianique ni apocalyptique, même si on le sent inquiet à travers un humour souvent non conformiste.

Je ressors de ce livre un certain nombre d’enseignement sur les processus d’innovation à partir de l’histoire du 18ème siècle en Europe de l’Ouest et qui montrent l’importance des facteurs qui forment systèmes et donc qu’une innovation de rupture n’est pas tellement maitrisable par un seul acteur économique ou social. Les innovations réellement de rupture relèvent d’un mouvement sociétal plus général qui est aujourd’hui mondial. La plupart des autres innovations sont incrémentales. Ces facteurs sont de façon non hiérarchique, les cadres culturels a priori de la connaissance, l’énergie, la capacité de financement, les techniques militaires, un événement ou une nouvelle technologie qui oblige à changer sous peine de voir sa survie menacée, les capacités à coopérer et les réseaux sociaux « prénumériques » et, de façon plus problématique, la capacité à produire un imaginaire mobilisateur qui masque les effets pervers des innovations en termes sociales que ce soit en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique ou en faveur de la croissance de la consommation et des investissements productifs…

Paris, le 9 janvier 2016

 

 

 

2015 12, D. Desjeux, Les cadeaux, interviews RTL, 18h

2015 12 19  RTL, par Marie Guerrier

D. Desjeux 18h11 à 18h16, sur les cadeaux de Noël

Rassurant et pédagogue, c’est la voix des journaux du weekend. Il vous donne rendez-vous le samedi et le dimanche de 18h à 18h30 pour dresser un panorama complet de l’actualité de la journée.

2015 12, un film d’animation EDF sur les apports de la sociologie (avec Nina Testut)

2015 12, valorisation de la sociologie par le film.

EDF lance une chaine sur la web TV d’EDF, concernant « Les leçons du hérisson », série de films d’animation qui cherche à valoriser et vulgariser les recherches menées à la R&D d’EDF.

Les deux premiers épisodes concernent des résultats sociologiques :

  • L’un sur la difficulté à prendre en compte les usages dans les bâtiments tertiaires performants,
  • L’autre sur l’appropriation des voitures électriques.

http://webtv.edf.com/les-lecons-du-herisson-dossier-138-23216.html

Isabelle MOUSSAOUI Ingénieur-chercheur expert – Socio-anthropologue

EDF – R&D ICAME-GRETS

isabelle.moussaoui@edf.fr

Tél. : +33 1 47 65 35 99

2015 12, Rita Denny, Patricia Sunderland, a voir le nouveau site de Practica

2015 12, Breaking News: Practica Group Launches New Website in time for the Holidays;-)

Come check out our website re-launch, which features Case Studies and our new concept: the Practica Sandbox, where we play around with provocative themes that often cross industries in unexpected ways. We look forward to new opportunities to work together in the year to come.

http://practicagroup.com/

Rita Denny, Ph.D.

Partner

www.practicagroup.com

+1.312.560.3868

Handbook of Anthropology in Business (2014) is now available!!

Doing Anthropology in Consumer Research  (2007)

2015 12 Offre d’emploi : Chargé-e d’études

2015 12 Offre d’emploi : Chargé-e d’études

Salaire : entre 25 000 et 30 000

Contrat : CDD de 12 mois à temps plein ou temps partiel

En créant l’association Handéo, ses fondateurs ont voulu que toute personne en situation de handicap trouve, grâce à des services de qualité, l’aide et l’accompagnement à domicile adaptés à ses besoins et à ses attentes. Et ce quels que soient la nature de son handicap, son lieu de résidence ou le montant de ses ressources.

Dans le cadre du développement de l’Observatoire national des aides humaines porté par Handéo, l’association recrute un-e chargé-e d’études.

L’observatoire national des aides humaines, dernier axe développé par Handéo, a fait l’objet de deux ans de travaux de préfiguration associant les parties prenantes des secteurs du handicap, des services à la personne et de l’aide à domicile, de la protection sociale complémentaire et de la recherche en sciences sociales, ainsi que les pouvoirs publics (Direction générale des entreprises notamment), pour définir un cadre éthique partagé, son règlement de fonctionnement et son programme pluriannuel de travail.

L’Objectif de cet Observatoire est d’apporter une meilleure connaissance des besoins et attentes des personnes en situation de handicap vivant à domicile (et de leurs aidants). Il est également un outil de gouvernance pour ces membres. Il fonctionne au travers de deux instances : un Comité d’orientation et un Conseil éthique et scientifique.

Le ou la chargé-e d’étude aura pour principales missions de :

  • Réaliser les études qualitatives et quantitatives opérationnelles inscrites au programme pluriannuel de travail de l’Observatoire ou suivre leur mise en œuvre.
  • (lorsque les études sont réalisées par des prestataires) Faciliter l’accès au terrain et les mises en relation.
  • Rechercher des financements complémentaires pour permettre la pérennité du poste.
  • Actualiser le portail internet d’information et d’exploration HANDEO’SCOPE et s’assurer de la fiabilité des données en lien avec les Pôles ressources locaux de Handéo et les observatoires locaux.
  • Présenter les travaux de l’Observatoire à ses instances et les valoriser auprès des personnes en situation de handicap et des partenaires actuels et potentiels.
  • Mettre en place et animer les instances de l’observatoire et les groupes de travail, les commissions et les comités de pilotage nécessaires à son bon fonctionnement et à la qualité de ses productions ;
  • Veiller à la rigueur méthodologique des travaux menés et à leur pleine valorisation auprès des parties prenantes, en particulier auprès des personnes handicapées elles-mêmes ;
  • Aider le Directeur de l’Observatoire dans le développement des partenariats en lien avec les missions de l’Observatoire;
  • Assurer une veille active sur les productions de connaissances intéressant l’objet de l’observatoire.

Le/la candidat/e devra justifier d’un bac +5 en sciences humaines. Dans le cadre professionnel ou universitaire, le candidat devra avoir déjà réalisé des enquêtes de terrain et indiquera le nombre approximatif d’entretiens, de questionnaires, d’observations et de focus-group effectués.

Une expérience dans la recherche sous contrat privé et une connaissance approfondie des enjeux liés à l’inclusion des personnes handicapées et/ou de l’aide à domicile constituerait un atout significatif.

Rigoureux, méthodique et précis, avec de bonnes capacités de lecture, d’écriture et un bon niveau orthographique, vous posséder des aptitudes relationnelles qui vous permet d’adapter votre communication aux différents profils d’interlocuteur (personnes en situation de handicap, chercheurs, professionnels de terrain, institutionnels, etc.).

Le ou la chargé-e d’études est placé sous l’autorité hiérarchique du directeur de l’Observatoire. Le poste est principalement basé à Paris mais des déplacements en France sont à prévoir.

Contact : Cyril DESJEUX

Directeur de l’observatoire national des aides humaines
cyril.desjeux@handeo.fr

Tél. 01 43 12 19 29

14, rue de la Tombe Issoire – 75014  PARIS

 

2015 12,2015 12, Sciences Po recrute un professeur des universités en sociologie

2015 12, Sciences Po recrute pour le Centre de sociologie des organisations, un professeur des universités en sociologie : profil Mouvements sociaux, normes et savoirs.

(Prise de fonction prévue au 1er septembre 2016)

Veuillez trouver en pièces attachées, le profil du poste, le descriptif de la procédure et les conditions requises pour candidater (en français et en anglais).

Si vous êtes intéressé merci de prendre contact avec moi  (olivier.borraz@sciencespo.fr ) et n’hésitez pas à diffuser cette information à toute personne qui pourrait être intéressée par ce poste.

 

PROFIL GENERAL DU POSTE Le poste de professeur(e) des universités ouvert à Sciences Po est destiné à renforcer les travaux que mène le Centre de Sociologie des Organisations au croisement de la sociologie des mouvements sociaux, de la sociologie économique et de la sociologie des organisations, autour des enjeux de production et de diffusion de normes ou de savoirs. Aux Etats-Unis et plus récemment en France, un courant de recherche dynamique s’est développé autour des relations qu’entretiennent mouvements sociaux et organisations. Ce recrutement aura pour objectif de mieux inscrire les recherches conduites au CSO dans ce courant, en y intégrant les dimensions de normes (au sens de règles, standards, référentiels ou principes) et de savoirs (qui renvoient à différentes formes de connaissance), qui sont au coeur de plusieurs programmes de recherche du laboratoire (santé, firmes, enseignement supérieur, risques). Il permettra aussi d’articuler ces approches avec une sociologie des marchés qui s’intéresse à l’élaboration, la diffusion et la mise en oeuvre de conventions, labels et signes de qualité. L’enjeu étant de rendre compte à la fois du caractère de plus en plus organisé de la production et de la diffusion de normes ou de savoirs à différentes échelles, mais aussi de l’impact de ces normes et savoirs sur les formes organisationnelles.

FONCTIONS

Recherche

Les recherches des candidat(e)s devront avoir abordé des organisations à l’aide des outils et concepts de la sociologie des mobilisations ; s’être intéressées à la dimension organisationnelle de différents mouvements sociaux ; ou avoir analysé les processus de production ou de diffusion de normes ou de savoirs à différentes échelles ou dans différents espaces, en lien avec des organisations ou des mouvements sociaux. Ses travaux auront pu porter sur la rencontre des mouvements sociaux avec des entreprises, des administrations ou des institutions politiques, et leurs effets en termes de production, de contestation et de transformation de normes ; de structuration des comportements ; de production de connaissances ; ou de diffusion d’idées.

Enseignement

Il est attendu des candidat(e)s qu’ils ou elles assurent des cours de sociologie (sociologie générale, sociologie des organisations, sociologie des mouvements sociaux, sociologie économique) et de méthodologie en premier cycle, sur les campus parisien et en région, ainsi qu’en second cycle (masters et parcours doctoral). La capacité du ou de la candidat(e) à enseigner sur des domaines et des objets qui dépassent les strictes limites de ses intérêts de recherche et sa connaissance des débats internationaux qui animent aujourd’hui la sociologie seront particulièrement appréciées. Une implication soutenue dans l’organisation et l’animation des masters sera également attendue.

LA RECHERCHE A SCIENCES PO Sciences Po est une institution d’enseignement supérieur et de recherche en sciences humaines et sociales. Sa communauté scientifique permanente – 210 professeurs et chercheurs – est structurée en 12 entités reconnues au plan international (dont 5 unités mixtes avec le CNRS et 4 équipes d’accueil) et réparties en 5 départements disciplinaires (sociologie, science politique, histoire, économie et droit).

LUNITE DE RATTACHEMENT

Unité mixte de recherche de Sciences Po et du CNRS, le Centre de Sociologie des Organisations a été fondé par Michel Crozier en 1964. Le CSO inscrit ses travaux au confluent de la sociologie des organisations, de la sociologie économique et de la sociologie de l’action publique, afin de repenser ensemble les transformations de l’Etat, des marchés et des organisations. Aujourd’hui, le CSO regroupe plus de 70 personnes dont 24 chercheurs et enseignants-chercheurs issus de différentes disciplines des SHS. Ses recherches sont structurées en sept programmes de recherche (conduites économiques ; risques ; enseignement supérieur et recherche ; santé ; firmes ; marchés du travail et groupes professionnels ; territoires et développements urbains) et quatre axes transversaux (gouvernement, gouvernance, régulation ; production, circulation et usage des savoirs ; division et valorisation du travail ; organisations et marchés).

2015 11 Offre emploi : Anthropologue de la santé

2015 11 Dans le cadre d’un projet de santé publique de renforcement du système de santé Guinéen pour la surveillance et la prévention des maladies à potentiel épidémique dont Ebola, l’Agence de Médecine Préventive recrute un anthropologue de la santé pour un contrat d’un an (renouvelable) à Conakry. La fiche de poste jointe à ce message précise les missions et responsabilités qui lui seront confiées, nécessitant des compétences en recherche et en gestion de projets.

 

Les candidatures sont attendues pour le 15 décembre 2015.

 

Nous vous serions très reconnaissants de diffuser cette offre d’emploi dans votre réseau.

 

Nous nous tenons à votre disposition pour toute question au +33 4 50 40 05 33 ou par email :

 

Elise Guillermet eguillermet@aamp.org

Jean Bernard Legargasson jblegargasson@aamp.org

Hélène Dibango hdibango@aamp.org

 

 

 

Fiche de Poste

Anthropologue de la santé

 

 

Projet : Ebola (CDC)

Type de contrat : CDD d’un an renouvelable

Localisation : Conakry, Guinée

 

Contexte & Objectifs
L’Agence de Médecine Préventive (AMP), à travers sa filiale AMP Services, met en œuvre un projet de quatre ans en Guinée (2015 – 2018).Ce projet a pour but d’appuyer la coordination nationale de lutte contre Ebola en Guinée.

Plusieurs projets doivent être annuellement développés et coordonnés sur le terrain pour des résultats rapides et intégrés à des activités opérationnelles devant répondre à l’épidémie actuelle d’Ebola et préparer le renforcement du système de santé guinéen pour de futures épidémies.

Ces projets s’inscrivent dans plusieurs disciplines contribuant à l’élaboration de programmes de santé publique dont l’épidémiologie, l’économie et l’anthropologie.

L’expertise / l’approche anthropologique du Programme Economie de la santé et Anthropologie médicale (HEMA) de l’AMP est sollicitée pour mettre en évidence des résultats et recommandations devant permettre l’élaboration de messages et supports de communication et de formation.

 

L’AMP recrute un anthropologue de la santé expérimenté pour :

1-     Mener les discussions institutionnelles avec la coordination nationale de lutte contre Ebola, le CDC, l’Université de Sonfonia (Conakry) et ses autres partenaires institutionnels, en collaboration avec le directeur du projet et le gestionnaire du projet.

2-     Réaliser toutes les activités nécessaires à l’élaboration et la réalisation des études opérationnelles (développement des propositions de projets, des protocoles et outils, mise en œuvre des études, analyse de données, rédaction des rapports et articles scientifiques), en collaboration et sous la supervision de l’équipe du programme HEMA à laquelle il est rattaché.

3-     Restituer les résultats des études de telle sorte qu’ils soient mobilisables par les collaborateurs de l’AMP relevant d’expertises complémentaires et des partenaires institutionnels guinéens.

 

Le projet Ebola est mis en œuvre avec le soutien du CDC (Centers for Diseases Control and Prevention).

 

Activités
Les activités de l’anthropologue seront :1.     La discussion et le suivi des propositions anthropologiques auprès des partenaires institutionnels de l’AMP en Guinée et plus particulièrement, la coordination nationale de lutte contre Ebola et le CDC.

2.     L’élaboration de propositions de projets sur la base de ces discussions pour partage et enrichissement par les anthropologues HEMA de l’AMP et les collègues relevant d’expertises complémentaires à associer au projet.

3.     L’élaboration de protocoles à soumettre pour validation aux différents organes de décision (la Commission Recherche Ebola, l’IRB du CDC et l’IRB Guinéen) en concertation avec l’équipe HEMA

4.     Le suivi du processus de validation cordonné par le gestionnaire de projet et le directeur de projet

5.     L’organisation de la mise en œuvre des études en concertation avec le gestionnaire de projet, le directeur de projet, l’équipe HEMA, la direction des RH et le responsable juridique de l’AMP par :

–       l’identification des ressources humaines nécessaires et des possibilités pour les partenaires de l’AMP d’être impliqués,

–       l’appui au gestionnaire de projet pour élaborer le calendrier de projet et l’outil de suivi de projet,

–       l’appui au responsable juridique de l’AMP pour mettre en place des conventions juridiques nécessaires,

–       l’appui au gestionnaire de projet et au directeur du projet pour réaliser les démarches nécessaires auprès des autorités guinéennes et locales (préfectures) pour la réalisation des études de terrain,

–       l’appui au gestionnaire de projet pour organiser des séjours sur le terrain et des déplacements envisagés,

–       l’élaboration d’agenda de terrain en veillant à la faisabilité de l’étude sur la période prévue.

6.     La supervision de la collecte de données

7.     L’organisation et la supervision de la phase d’analyse de données (équipe de transcripteurs et de chercheurs, outils, calendrier…) en concertation avec l’équipe HEMA et le gestionnaire du projet

8.     L’écriture du rapport de l’étude en collaboration avec les autres chercheurs impliqués

9.     La restitution des résultats auprès des autres expertises de l’AMP et des partenaires institutionnels guinéens

10.  L’écriture d’articles scientifiques en collaboration avec les autres chercheurs impliqués

11.  Le développement de nouveaux projets du programme HEMA en anthropologie de la santé en concertation avec l’équipe HEMA (écriture d’appels d’offre notamment)

12.  La contribution aux activités de formations et d’appui technique en lien avec l’anthropologie de la santé selon les besoins du programme HEMA

 

 

Qualification
Formation et expérience :·         Doctorat en Anthropologie

·         Nombre d’année d’expérience en anthropologie de la santé : 3 ans minimum

·         Justifier d’une bonne expérience de terrain en anthropologie de la santé

·         Avoir réalisé au moins une étude en tant que coordinateur/ responsable de projet et avoir encadré une équipe de jeunes chercheurs

 

Compétences :

·       Très bonnes aptitudes organisationnelles

·       Capacité à travailler à la fois en autonomie et en équipe

·       Capacité rédactionnelle avérée (article déjà publié dans revue avec comité de lecture)

·       Niveau avancé en anglais et en français

·       Notion en épidémiologie appréciée

·       Capacité d’adaptation

 

Autres :

·       Disposition à séjourner sur le site de l’étude

Condition d’emploi
Poste à temps plein, basé à Conakry. CDD d’un an à partir de février 2016, avec possibilité de reconduction.Le CDD sera signé avec AMP Services, filiale à 100% de l’Agence de Médecine Préventive.

Rémunération selon le profil et l’expérience.

 

Organisation du travail
Technique :L’anthropologue travaillera sous la supervision d’Elise Guillermet, responsable des études anthropologiques à l’AMP, basée à Ferney-Voltaire et en collaboration avec les collègues anthropologues de l’équipe et les collègues relevant d’autres expertises à l’AMP.

 

Administratif / Organisationnel :

L’anthropologue sera suivi administrativement par le gestionnaire du projet Ebola et devra se référer aux règles de fonctionnement du bureau AMP à Conakry telles que définies par le directeur du bureau. Il devra également se référer à Jean Bernard Le Gargasson, directeur HEMA pour le bon suivi des projets relevant du programme.

 

 

2015 11, Zoe Grange, Dominique Desjeux, Christophe Rebours, Le métissage de anthropologie et du design au service de l’innovation pour et par l’usage

2015 11 17, Zoe Grange, Dominique Desjeux, Christophe Rebours, Le métissage de anthropologie et du design au service de l’innovation pour et par l’usage

http://chaire-idis.fr/wp-content/uploads/2014/10/chaire-idis-contribution-Zoe-Grange-2015-02-03.pdf

 

 

2015 09 GIS JEU ET SOCIETES : Appel à projets sur les jeux et la chance et une Thèse CIFRE sur Femmes et jeux

2015 09 Appel à projets 1 du GIS « jeu et société » (2015-2016) « Ludocorpus »

2015 09, Appel à projets 2 pour une thèse CIFRE sur « Les femmes et le jeu de hasard et d’argent »

Créé en décembre 2013, le GIS « Jeu et Sociétés » réunit les universités Paris Descartes, Paris Ouest Nanterre La Défense, Paris 13-SPC et FDJ. Il s’est donné pour mission d’encourager les travaux sur le jeu en sciences humaines et sociales dans le cadre du territoire français, afin de mieux cerner les phénomènes culturels, économiques et sociaux associés au secteur du jeu d’argent mais aussi au jeu en général. La convention constitutive du GIS précise que les actions concernées par les appels à projets porteront sur : l’aide à la réalisation de missions (contribution au financement de masters, doctorats, post-doc ou prise en charge de certains frais de recherche) ; l’aide au renforcement du lien entre la société civile (associations, ludothèques…) et les lettres, sciences humaines et sociales ; l’aide à la réalisation de journées d’étude et/ou colloques sur le thème du jeu ; l’aide à la traduction en langue étrangère d’articles sur le jeu (si lesdits articles ont déjà été publiés en France) ; l’aide à l’achat d’équipements (logiciels…). Une subvention maximale de 4000 euros pourra être attribuée par projet. Cette année, les projets sur le jeu et la chance seront privilégiés.

L’appel à projets est accessible sur : http://ludocorpus.org/

Le dépôt de candidature s’effectue sur : http://ludocorpus.org/appel-a-projet-du-gis/

L’AàP sera également diffusé sur les réseaux sociaux aux adresses suivantes :

twitter: https://twitter.com/intent/follow?original_referer=http%3A%2F%2Fludocorpus.org%2F&partner=tfwp&screen_name=ludocorpus&tw_p=followbutton&original_referer=http://ludocorpus.org/

facebook: https://www.facebook.com/people/Ludocorpus-Jeuetsoci%C3%A9t%C3%A9s/100009599047876

google: https://plus.google.com/109403832920714851918/posts

2015 09 : Appel à contributions pour les doctorants, Journée d’études (Bordeaux 27/10) : L’entreprise, le marché, la maison

2015 09, L’entreprise, le marché, la maison

Université de Bordeaux – Centre Emile Durkheim

Appel à contributions pour les doctorants, Journée d’études : L’entreprise, le marché, la maison

Le capitalisme distingue trois espaces auxquels il attribue différents rôles. A l’entreprise revient la production ; au marché, l’échange des biens et l’allocation des ressources ; à la maison, la consommation finale. A chacun de ces espaces correspondent des logiques d’action, une typologie d’acteurs et de relations : l’entreprise, centrée sur des objectifs productifs et organisée par des formes de rationalité cristallisées dans des modèles de gestion, réunit des « travailleurs » aux statuts différenciés et hiérarchisés entre eux ; le marché, espace de transactions éphémères et impersonnelles, met en relation des demandeurs et des offreurs, individuels ou collectifs, autonomes et nombreux, théoriquement égaux et libres, poursuivant leurs intérêts propres ; enfin, la maison, comme espace domestique, s’organise autour de relations intimes, de parenté, ou d’affinités électives supposées désintéressées, durables et réciproques.

Prenant au sérieux la distinction analytique entre ces différents espaces, les doctorants en sociologie du Centre Emile Durkheim, organisent le 27 novembre 2015 à l’Université de Bordeaux (site Victoire), une journée d’études intitulée « L’entreprise, le marché, la maison », qui sera l’occasion d’analyser, à partir de cas empiriques, les modalités d’articulation, d’hybridation et/ou d’autonomisation de ces espaces. Il s’agira d’interroger le rôle des acteurs, des organisations, des outils, des dispositifs, des règles de droit, etc. jouant un rôle dans ces processus. Comment se distinguent et s’articulent l’entreprise, le marché et la maison ? Comment la construction des rôles sociaux et des normes contribue-t-elle à autonomiser ou à confondre ces espaces ? Que nous dit la circulation (des marchandises, des normes, des pratiques et des acteurs) de la distinction et de l’articulation de ces espaces ?

Cette journée est consacrée principalement aux travaux de recherche doctoraux. Les meilleures contributions pourront donner lieu à une publication. Elle est destinée en priorité aux sociologues, anthropologues et politistes, mais les apports des économistes, des historiens et des juristes sont aussi les bienvenus. Les contributions devront reprendre les catégories analytiques proposées (l’entreprise, le marché, la maison), en cherchant à penser leur articulation ou leur distinction. Elles devront s’appuyer sur un travail empirique approfondi et pourront s’inscrire dans l’un des trois axes suivant :

Axe 1 : Marché et maison

Le premier axe portera sur les reconfigurations du lien entre consommation et commercialisation, et plus largement sur la pénétration des logiques marchandes au sein de l’espace domestique et inversement sur les processus de domestication du marché, à travers l’analyse des formes contemporaines de commercialisation (vente sur internet, marché de l’occasion, vente à domicile, brocante, dépôt vente…) des biens issus de – ou ayant transité par – la sphère et/ou l’économie domestique et dont ils portent la marque (Chantelat, Vignal, Nier, 2002 ; Chantelat, Vignal, 2002 ; Garci-Bardidia,2014). Dans cette optique, les contributions devront analyser les modalités de construction d’un marché des biens domestiques, et dans le même temps analyser la spécificité de cette forme d’échange marchand (Chantelat, 2002). Quels sont les acteurs de ce marché? Où échangent-ils? Comment se déroule ces transactions ? Quels sont les mécanismes de fixation des prix de ces biens personnels commercialisés ? Quelle forme de relation marchande (Dubuisson-Quellier, 1999) est construite autour des échanges concernant ces produits ? Comment se construit la confiance (Guinnane, 2010) entre les différents acteurs de ce marché? Et enfin, analyser comment un objet devient une marchandise (Marx, 1975 ; Apppadurai, 1989) à travers l’étude des modalités et/ou des rituels (Weber, 2000) de mise sur le marché d’objets personnels ?

Axe 2 : Entreprise et marché

Le deuxième axe abordera la question des liens entre entreprise et marché(s), la manière dont les logiques productives et logiques marchandes se rencontrent, se percutent, s’autonomisent. Nous encouragerons particulièrement les communications qui portent sur la manière dont « le marché », sur lequel les entreprises écoulent leur production, transforme le travail et plus généralement, l’organisation des entreprises. Dans cette perspective, différents types de problématiques peuvent être formulés : analyse du contenu du travail de certaines catégories d’acteurs (les guichetiers, les téléconseillers, etc.), analyse des résistances aux opérations de redéfinition des compétences, émergence de régulations fondée sur une rationalité externe (Borzeix, 2003) encadrant le travail des salariés, etc. Dans le cadre d’une étude de l’organisation, les contributions pourront étudier aussi étudier la manière dont, à l’intérieur de la firme, certains groupes luttent pour imposer leurs « conceptions of control » (Fligstein, 2001). Ce second axe sera l’occasion d’analyser le rôle joué par certaines catégories de salariés (notamment les managers) dans la définition et l’introduction – ou, au contraire, l’éviction, comme dans l’atelier taylorisé (Bidet, Vatin, 2013) – d’un principe marchand dans l’évaluation des performances des travailleurs, la manière dont les figures du « marché » mais aussi du « client » (Maugeri, 2006) sont convoquées pour justifier et légitimer des changements organisationnels, la redéfinition des compétences attendues des salariés, etc.

Axe 3 : Entreprise, marché et maison

Le troisième axe proposera de s’interroger sur l’articulation de ces espaces dans le cadre de la production de cycles économiques complets (production, échange, consommation). En effet, bien que traditionnellement isolées par l’analyse et les traditions de recherche, les pratiques de production, d’échange et de consommation sont liées entre elles dans des rapports spécifiques permettant le fonctionnement de l’économie (Marx, 1967). Dans le schéma capitaliste classique, les marchandises industrielles « standards » sont produites dans l’entreprise, vendues sur le marché et consommées dans la maison. Certains modèles productifs reposent au contraire sur la mise au travail du consommateur (Dujarier, 2008) ou du client (Tiffon, 2013), notamment dans le cas des « marchandises-services », et impliquent, de facto, une hybridation des logiques productives, consuméristes et marchandes. Les pratiques de consommation, les pratiques marchandes et les pratiques de production semblent ainsi mises en cohérence par le « travail » des différents acteurs, comme les « professionnels du marché » (Cochoy et Dubuisson-Quellier, 2000) ou les gestionnaires. Mais ce constat laisse une question ouverte : de quelle manière ces rapports sont-ils réglés ? Existe-t-il des normes stables structurant ce travail de mise en cohérence ? Comment le travail de coordination instaure-t-il un ordre entre ces pratiques ? Les propositions pourront chercher à montrer comment les acteurs économiques recomposent des arrangements, plus ou moins locaux, susceptibles d’organiser les pratiques de production, d’échange et de consommation.

Les propositions de contribution devront comporter un titre, une bibliographie indicative et résumer le propos. Elles ne devront pas excéder les 4 000 signes. Elles sont à envoyer avant le 15/09/2015, par mail, aux organisateurs : doctorants.ced@gmail.com.

Références :

Appadurai, A., dir. (1989), The social life of things. Commodities in Cultural perspective, Londres-New York, Cambridge University Press.

Bidet, A., Vatin, F. (2013), « Mesure et acteur au travail », In : Steiner, P., Vatin, F., Traité de sociologie économique, Paris, Puf.

Borzeix, A. (2003), « Autonomie et contrôle à l’épreuve d’une « rationalité externe » ». In : de Terssac, G., La théorie de la régulation sociale de Jean-Daniel Reynaud, La découverte, Paris, 2003.

Chantelat, P., Vignal, B., Nier, O. (2002), « Le marché des biens sportifs d’occasion: consommation postmoderne ou rationalisation? », Revue Française du Marketing 188, 5-14.

Chantelat, P., Vignal, B. (2002), « L’intermédiation du marché de l’occasion. Echange marchand, confiance et interactions sociales », Sociologie du travail, 44, 315-336.

Chantelat, P. (2002), « La nouvelle Sociologie Economique et le lien marchand : des relations personnelles à l’impersonnalité des relations », Revue française de sociologie 43(3), 521-556.

Cochoy, F., Dubuisson-Quellier, S. (2000), « Les professionnels du marché », Sociologie du travail 42 (3).

Dubuisson-Quellier, S., 1999, « Le prestataire, le client et le consommateur. Sociologie d’une relation marchande », Revue française de sociologie 40 (4), 671-688.

Dujarier, M.A. (2008), Le travail du consommateur, De McDo à Ebay : comment nous coproduisons ce que nous achetons, La découverte, Paris.

Fligstein N. (2001), The Architecture of Markets: An Economic Sociology of Twenty-First- Century Capitalist Societies, Princeton, N.J., Princeton University Press.

Garci-Bardidia, R. (2014), « Se débarrasser d’objet sur leboncoin.fr. Une pratique entre don et marché? », Revue du MAUSS 44 (2), 271-285.

Guinnane, T., W. (2010), « Les économistes, le crédit, la confiance », Genèse 79, 6-25

Marx, K. (1967), Fondements de la critique de l’économie politique, Volume 1. Éditions anthropos, Paris.

Marx, K.(1975), Le Capital. Critique de l’économie politique. Livre premier. Le développement de la production capitaliste, Paris, Editions Sociales, 1975

Maugeri, S., (dir) (2006), Au nom du client. Management néo-libéral et dispositifs de gestion, L’Harmattan, Paris.

Tiffon, G. (2013), La mise au travail des clients, Economica, Paris.

Weber, F. (2000), « Transactions marchandes, échanges rituels, relations personnelles », Genèses 41(4), 85-107.

Organisateurs :

Benoit Giry (Doctorant – Centre Émile Durkheim) ; Glenn Mainguy (Doctorant – Centre Émile Durkheim) ; Pierre Naves (Doctorant – Centre Émile Durkheim).

Comité scientifique :

Olivier Cousin (Université de Bordeaux – Centre Émile Durkheim) ; Ronan Hervouet (Université de Bordeaux – Centre Émile Durkheim) ; Andy Smith (IEP de Bordeaux – Centre Émile Durkheim) ; Alina Surubaru (Université Bordeaux – Centre Émile Durkheim).

2015 08 , offre emploi :Chercheur au Centre d’Etudes du Développement Durable (CEDD – ULB)

Chercheur au Centre d’Etudes du Développement Durable (CEDD – ULB)

Offre

Le CEDD, sous la direction du Pr. Edwin Zaccai, engage un(e) chercheur(e) à mi-temps (0,5 ETP) à partir du 01/10/2015.

Le contrat est d’une durée d’un an, avec prolongation possible de six mois.

Contexte et fonction

Le chercheur est engagé en vue de la réalisation du programme de recherche « Klimos ». Klimos est une plateforme interuniversitaire et interdisciplinaire visant à intégrer les problématiques environnementales dans les politiques de coopération de la Belgique.

 

Le chercheur sera intégré dans le comité de suivi de la plateforme et coordonne le programme pour l’ULB. La recherche porte sur les questions environnementales, énergétiques et climatiques, dans les pays du Sud partenaires de la coopération belge (DGD).

 

Le contrat se situe à l’interface entre recherche et politique de coopération au développement en Belgique.

Les tâches impliquent :

  • Synthétiser des recherches
  • Communiquer et dialoguer avec l’administration fédérale, principalement la DGD
  • Mener des projets ponctuels de recherche

 

Klimos est l’un des groupes ACROPOLIS (ACademic Research Organisation for POLIcy Support) financé par la Coopération belge au développement à travers VLIR-UOS et ARES-CCD. Plus d’infos sur : www.kuleuven.be/klimos.

Profil

Vous êtes en possession d’un Master (ou licence universitaire) dans un domaine pertinent pour la fonction.

Vous présentez un intérêt poussé pour la recherche, et les thèmes couverts par Klimos.

Vous faites preuve d’autonomie et vous prenez des initiatives.

Vous maîtrisez l’anglais et avez de préférence des notions en néerlandais.

Une expérience de terrain dans un pays du Sud sera considérée comme un atout.

Comment postuler ?

Les candidatures sont à envoyer par email avant le 24/08/2015 à Edwin Zaccai (ezaccai@ulb.ac.be), en mentionnant comme objet « Poste KLIMOS candidature », et en mettant en copie Marine Lugen (marine.lugen@ulb.ac.be).

Les candidatures comprennent les éléments suivants :

  • CV
  • Lettre de motivation
  • Prenant connaissance de la plateforme Klimos, un texte de 2 pages maximum, rédigé en anglais, reprenant des pistes possibles de projets de recherche relatifs à l’énergie ou au changement climatique.

 

Les candidats sélectionnés seront conviés à un entretien dans le courant du mois de septembre.

 

Pour plus de précisions concernant la fonction, écrivez-nous à marine.lugen@ulb.ac.be.

2015 08, offre emploi : Apprenti(e) à l’innovation par les usages

Apprenti(e) à l’innovation par les usages

Descriptif de l’entreprise :

Vous voulez rejoindre le groupe Bouygues Construction ?

Nous vous proposons alors d’intégrer Bouygues Construction SA, Holding du Groupe, qui réunit l’ensemble des Directions Fonctionnelles de Bouygues Construction : Communication, Financier et Comptabilité, Audit, Ingénierie Financière, services Juridiques, Ressources Humaines …

La Holding pourra vous offrir des perspectives d’évolution au sein de toutes les activités du groupe Bouygues Construction, tant en France qu’à l’International.

Missions :

Au sein de la Direction Innovation et Développement Durable de Bouygues Construction, l’apprenti aura pour mission de :

  • participer à des études qui concernent l’utilisateur/occupant du bâtiment, du quartier, de la ville ;
  • animer une communauté en interne autour de l’innovation par les Usages (newsletter mensuelle, journée de réflexion…) à partir d’études sociologiques et comportementales pour sensibiliser les collaborateurs à la démarche.

Il sera en lien direct avec le responsable de l’Innovation par les Usages et le Groupe Usage (une quinzaine de référents répartis sur le territoire national).

Mots-clés :

  • Comportement de l’occupant d’un bâtiment,
  • Appropriation d’innovations autour des Energies nouvelles, de l’internet des objets,
  • Nouveaux modes d’habiter, architecture, vie de quartier,
  • Tendances sociétales et nouvelles technologies

Cela passera par :

– un travail de veille sur les études d’usages, la sociologie et les retours d’expérience terrain autour de divers thèmes (confort, modes d’habiter, logement, bureau…) ; – la réalisation de synthèses opérationnelles pour constituer un champ de connaissance exploitable par les équipes de conception, et faire évoluer l’offre de logements ou de bureaux ;

– la participation au process d’innovation (séances de créativité, focus group habitant, enquête terrain)

– l’écoute des attentes des collaborateurs.

 

 

Profil :

Vous suivez actuellement une formation bac+4/5, en école/université avec une spécialité en marketing / innovation / sociologie.

Le rédactionnel et la synthèse sont vos points forts ; et vous avez un goût prononcé pour les sciences humaines et les nouvelles technologies.

Une bonne connaissance de l’anglais est un plus.

Ce poste est à pourvoir pour septembre 2015, pour une durée de 6 à 12 mois.

 

Contact  :

Séverine ADNIN – s.adnin@bouygues-construction.com

Xavier GAUVIN – x.gauvin@bouygues-construction.com

 

2015 06, AFS, Elodie Perreau, Marie Rebeyrolle et Marie-Catherine Scherer, un micro trottoir sur les représentations des anthropologues en entreprise

2015 AFS : un micro trottoir sur les représentations des anthropologues

http://www.afa.msh-paris.fr/?page_id=91

Trois anthropologues, Elodie Perreau, Marie Rebeyrolle et Marie-Catherine Scherer, ont interrogé des personnes travaillant en entreprise sur leurs perceptions de l’anthropologie et du métier d’anthropologue. Micro-trottoir réalisé sur le parvis de La Défense en décembre 2014.

« On n’a jamais entendu parler, ni vu d’anthropologue dans l’entreprise »

« C’est proche des os, comme l’archéologie »

2015 07, D. Desjeux, Video sur l’innovation

2015 07 D. Desjeux : vidéo pour expliquer l’innovation et l’apport de l’anthropologie aux entreprises, aux ONG, aux administrations et à tous ceux qui se posent des questions sur le changement.

L’hypothèse qui est derrière cette vidéo est que la question de l’innovation est transversale, symétrique, qu’elle se pose de la même façon dans un cadre militant, dans celui de la consommation ou de la religion. Ce n’est pas la dimension vraie, logique, rationnelle, morale, belle, laide ou bénéfique du contenu d’un changement qui explique le changement de comportement. Les idées expliquent peu le changement. C’est la gestion, par les acteurs, du champ de force  dans lequel le changement est produit qui semble plus explicatif.

http://tv.onopia.com/la-socio-anthropologie-un-vecteur-dinnovation-pour-lentreprise/

Vidéo réalisée par Manon Dugré, Chargé de mission à la chaire ANCA (Aliment, Nutrition et Comportement Alimentaire)
Diplômée ingénieur Agroparistech – Dominante Sciences et technologies de la biologie, la nutrition et l’alimentation humaines (NUTRI) & master 2 – sociologie de l’alimentation

 

2015 09/07 : CIRED Mainstreaming low carbon consumption

2015 07 05 Annonce : LOW CARBON Session parallèle sur les modèles de consommation Jeudi 15h UMPC salle 201 – Conférence Our commun Future under CC

Le CIRED est co-organisateur de la session 3317 – Mainstreaming low carbon consumption : challenges and opportunities, jeudi 09/07 de 15h à 16h30 à Jussieu salle 201.

Programme : http://cfcc.event.y-congress.com/ScientificProcess/Schedule/index.html?setLng=en#

 

Chair(s) : G. Walker (Lancaster Environment Centre, Lancaster, United Kingdom)

Convener(s) : C. Barbier (CIRED UMR 8568, Nogent-sur-Marne, France), B. Girod (Group for Technology and Sustainability, ETH Zurich, Zurich, Switzerland), R. Baartmans (TNO, Delft, Netherlands)

Low carbon living and energy demand as a shared social problem: from the little to the big

  1. Walker (Lancaster Environment Centre, Lancaster, United Kingdom)

Daily innovations, social practices and sustainable consumption – Some insights from real life

  1. Douzou (EDF, Clamart, France)

International Consultation on Consumption Patterns for Sustainable Development

  1. Poppe, (Centre for Strategic Studies and Management in Science, Technology and Innovation (CGEE), Brasilia – DF, Brazil)

Mainstreaming low-carbon consumption: Opportunities, challenges and promising policy approaches

  1. Girod (Group for Technology and Sustainability, ETH Zurich, Zurich, Switzerland)

Carbon emission mitigation by Consumption-based Accounting and Policy

  1. Tukker (TNO, Delft, Netherlands), D. Crawford-Brown (University of Cambridge, Cambridge, United Kingdom)

Designing and experiencing social practices in LivingLab environments – A novel approach to transform routinized behaviour via materialized social innovations

  1. Liedtke (Wuppertal Institute for Climate, Environment and Energy, Wuppertal , Germany)

 

Carine BARBIER

CIRED  (UMR 8568 CNRS, ENPC, EHESS, ENGREF, CIRAD)

Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement

73, rue Jean-François Breton

34398 Montpellier cedex 5

Tél.: (33)4 67 61 58 16

Mobile : (33)6 70 40 45 17

Web : http://www.centre-cired.fr

 

2015 07 Inscriptions, colloque énergie « Les sociétés contemporaines à l’épreuve des transitions énergétiques »

2015 06 Inscriptions, colloque énergie « Les sociétés contemporaines à l’épreuve des transitions énergétiques » Journées Internationales de Sociologie de l’Énergie Tours, 1, 2 et 3 juillet

2015 07 Programme_JISE_2015-1

Dans l’esprit des premières Journées Internationales de Sociologie de l’Énergie, qui se sont tenues en octobre 2012 à Toulouse, l’UMR CNRS CITERES et le CETU ETIcS de l’Université François-Rabelais de Tours ont souhaité mobiliser largement les scientifiques et les acteurs d’horizons institutionnels divers autour de la thématique de l’Énergie. Cette deuxième édition a pour ambition de faire le point sur les avancées scientifiques dans le champ de la sociologie de l’Énergie, d’identifier les questionnements émergents et les problématiques qui restent à explorer.

Les 160 communications ainsi que les tables rondes prévues sur les 3 jours du colloque couvriront l’ensemble des thématiques qui mobilisent aujourd’hui scientifiques, pouvoirs publics et industriels. Chercheurs et experts pourront ainsi débattre autour de la présentation de résultats de recherche et d’expérimentations menées dans des domaines aussi divers que le bâtiment et les modes d’habiter, les transports et les mobilités, les stratégies industrielles, les métiers face à la transition énergétique et l’émergence de « nouvelles » professions, les politiques publiques et les enjeux de structuration des « territoires » au regard des nouveaux contextes énergétiques ou encore les enjeux autour de la place du consommateur d’énergie/citoyen dans l’ensemble de ces processus.

Ci-joints le programme, ainsi que le visuel de l’affiche.

Vous pouvez également consulter le programme en ligne ainsi que les résumés des communications sur le site dédié aux JISE : www.socio-energie2015.fr

Inscrivez-vous

Colloquium « Contemporary societies faces with energy transitions »

International Research Days of sociology of energy

 

In the spirit of the first International Research Days, which took place in October 2012 in Toulouse, the research unit of the CNRS CITERES and the CETU ETIcS of the University François Rabelais of Tours would like to bring together scientists and those from diverse institutional horizons around the theme of Energy. This second edition has as a goal to examine updates in scientific progress in the field of the Sociology of Energy, to identify emerging questions and the problems that remain to be explored.

 

The 160 papers and round tables to be presented during the 3 days of the conference will  cover all of the themes which today concern scientists, the public  administration and businesses. Researchers and experts will be able to  debate the results presented by researchers, and the experiments  conducted in areas as diverse as buildings and how people live in them, transportation and mobility, industrial strategies, professions faced with energy transition and the emergence of « new » professions, public policy and the issues of the structure of territories, in regards to new energy contexts or the issues around the place of the energy consumer / citizen in the process. The program takes into account this diversity.

Please find attached the program and the picture of the poster.

The program and the summaries of the papers to be presented are available on line on the JISE website : www.socio-energie2015.fr

Registration

 

Françoise Sitnikoff

Université François-Rabelais – Tours

Département de sociologie

UMR 7324 CNRS Citeres

sitnikoff@univ-tours.fr

2015, 06, Concours Les Nids d’Or, sur la culture alimentaire française

2015, 06, Concours Les Nids d’Or  : SOUTENIR LES INITIATIVES EXEMPLAIRES EN FAVEUR DE LA CULTURE ALIMENTAIRE FRANCAISE

Dossier de Candidature

40 000€ de prix

Pour récompenser des actions de terrain qui participent à la transmission de la culture alimentaire française : passer à table, faire la cuisine, partager ses repas, cultiver le plaisir de manger bien, l’utilisation des objets culinaires, valoriser les arts de la table…

Concours ouvert du : 20 MAI AU 25 SEPTEMBRE 2015

Fondation Nestlé France – « Concours les Nids d’Or »

21, rue de Balzac 75008 Paris –

fondation@fr.nestle.com – 01 60 53 27 51

Fondation Nestlé France @Fond_Nestle_Fr

COMMENT PARTICIPER ?

Ouverture des candidatures du 20 MAI au 25 SEPTEMBRE 2015

Les candidats doivent remplir le dossier de candidature ci-joint avant le 25 septembre 2015

Par courrier à : Fondation Nestlé France

« Concours les Nids d’Or 2015»

21, rue Balzac 75008 Paris

Ou

Par mail : fondation@fr.nestle.com

DATE LIMITE DE REMISE DES DOSSIERS :

25 SEPTEMBRE 2015

CEREMONIE DE REMISE DES NIDS D’OR :

6 novembre 2015, au sein du siège du Grand Dijon- 21 Dijon

 

 

2015 06, PRATIQUES ET SENS DES SOINS DU CORPS EN CHINE Le cas des cosmétiques Lei Wang Préface de Dominique Desjeux

 

Desjeux Dominique, 2015, « préface », in Wang Lei, Pratiques des soins du corps en Chine. Le cas des cosmétiques, l’Harmattan, pp. 11-17

PRATIQUES ET SENS DES SOINS DU CORPS EN CHINE Le cas des cosmétiques Lei Wang Préface de Dominique Desjeux Cette recherche est partie de l’idée que les pratiques liées aux produits cosmétiques sont une partie de la culture. En tant qu’analyseurs de la société, elles ne se limitent pas à des besoins individuels. La société chinoise contemporaine est ainsi abordée à travers l’observation des pratiques liées à l’esthétisation et aux soins du corps. La culture intègre les valeurs et les représentations que les acteurs et la société se font d’eux-mêmes, mais aussi les pratiques et les jeux sociaux liés aux soins du corps, ainsi que l’histoire de leur évolution.

(Coll. Logiques sociales, 27 euros, 276 p., mai 2015) EAN : 9782343060699 EAN PDF : 9782336379388 

Préface

La montée de la classe moyenne en Chine semble aujourd’hui une question qui préoccupe les politiques et les intellectuels chinois, mais peut-être plus en vue de construire une norme morale de la « bonne classe moyenne » que comme une exploration empirique de terrain, comme le suggère Jean-Louis Rocca en 2010. Une fois fait ce constat dans une interview réalisée pour La vie des idées, par Émilie Frenkiel, elle-même auteure d’un livre original Parler politique en Chine publiée en 2014, il continue en remarquant que « très peu de gens travaillent sur les classes plus aisées. »

Or justement la grande originalité du livre de WANG Lei est de nous faire pénétrer à l’intérieur de cette classe moyenne supérieure chinoise par le biais de la consommation, celle des cosmétiques et des crèmes de beauté de luxe, et des pratiques quotidiennes de soins du corps traditionnelles et modernes. Cette observation anthropologique est loin des « bruits » de la politique ou des « fureurs » des mouvements sociaux qui seraient passés en 10 ans, entre 2004 et 2014, de 40 000 à 200 000 d’après les chiffres officiels cités par le Herald Tribune International puis le New York Times International pendant cette même période.

Au contraire, avec WANG Lei nous rentrons, au sens propre, dans l’univers feutré des salles de bain, dont certaines sont équipées de baignoires, signes de la distinction sociale des classes moyennes supérieures, au même titre que l’apprentissage du piano, l’usage des appareils électroménagers, la consommation de vin rouge ou encore du whisky japonais comme à Taipei, comme le montre la recherche en cours sur la sociabilité des Chinois à travers le jeu, l’alcool et l’argent réalisé par HU Shen. Nous pénétrons dans les instituts de beauté où se mêlent les soins du visage et les massages du corps. Nous expérimentons l’usage des ventouses et des plantes médicinales. Nous pénétrons dans les show-rooms de luxe des marques Chanel, Dior ou Louis Vuitton qui sont bien souvent des marqueurs urbains de la présence dans ces quartiers de ces fractions de la classe moyenne supérieure chinoise.

C’est une approche micro sociologique qui s’attache à observer les détails matériels de la vie quotidienne, la place du rouge à lèvres, celle du mascara pour les cils, de la « crème de séparation » (隔离霜Gélí shuāng) pour le visage, qui protège des menaces des produits de maquillage, ou des vernis à ongles, comme analyseur à la fois du rapport au corps, à la santé et à la morale des Chinois, mais aussi de la vie de couple, des tensions éventuelles avec la belle-mère, des conflits entre plus âgées et plus jeunes sur l’usage du maquillage des jeunes filles de moins de 18 ans, des nouveaux rapports entre hommes et femmes, dont le roman de MOU Xiao Ya (Les femmes ont-elles besoin des hommes ?, 2013) et donc de la construction en cours de la classe moyenne urbaine, et « côtière », chinoise, dans sa diversité.

Cette enquête nous permet de saisir le déplacement des tensions à l’intérieur de la famille chinoise marquée par l’enfant unique, et peut-être même, comme HU Shen en fait l’hypothèse, le passage d’une société patriarcale, à une société où le pouvoir des femmes dans la vie privée et familiale devient de plus en plus important, du fait de leur relative rareté démographique.

Wang Lei commence par rappeler qu’il a toujours existé en Chine une tradition d’esthétisation du corps, au moins pour les femmes des classes supérieures. La révolution culturelle à éradiquer la plupart de ces pratiques de maquillage. À partir des années 1980, celles qui donneront naissance à la première génération d’enfants uniques, les trentenaires-quarantenaires d’aujourd’hui, on assiste à la mise en place d’une offre de produits de beauté et tout particulièrement dans le luxe. Ce sont des marques étrangères qui vont permettre aux femmes chinoises les plus aisées de réapprendre les mises en scène de base de leur corps.

Le fait que ce soit des marques étrangères pourrait laisser croire à une occidentalisation des pratiques de soins du corps des Chinois qui contribuerait à la réduction de l’identité chinoise. Une des conclusions, contre-intuitives, du travail de WANG lei est de montrer qu’en réalité une grande partie de ces pratiques de maquillage et de soins du corps ont été réinterprétés par la matrice traditionnelle chinoise des techniques du corps et notamment celles qui se réfèrent à la circulation de l’énergie, au qì 气. Une partie des gestes liés au visage renvoie aux pratiques anciennes de la gestion du qì et de l’équilibre dynamique du corps. Ce mouvement permanent du corps est déjà évoqué dans le travail de François Julien (2005) sur Le nu impossible à représenter, car trop statique.

On retrouve cette même continuité aujourd’hui entre les pratiques alimentaires traditionnelles associées à la symbolique des aliments « chauds » rè 热et des aliments « froids » lěng 冷, et les pratiques modernes des repas dans le logement ou à l’extérieur, comme l’avait déjà montré, il y a une dizaine d’années, Yang Xiao Min, dans son livre La fonction sociale des restaurants en Chine (2006). C’est aussi ce que montre aujourd’hui MA Jingjing dans sa recherche en cours sur la gestion quotidienne de l’eau non potable ou en bidon, et des boissons « énergétiques » dans l’espace domestique et les espaces de la mobilité.

Les femmes chinoises distinguent les produits d’hygiène qui servent à laver le corps, les produits de soins qui ont pour objectif d’entretenir la peau et les produits de beauté qui ont pour fonction d’embellir le corps. Wang lei va détailler de façon très fine ces trois grandes fonctions des produits liés à l’entretien du corps et le sens social de leur usage. Elle va montrer par exemple le rapport ambivalent des femmes chinoises vis-à-vis des produits de blanchiment (Whitenning), perçus à la fois comme des dangers potentiels pour la peau et en même temps comme une des conditions de la réalisation d’un des critères de beauté de la femme chinoise, qui remonte loin dans le temps, et qui est d’avoir la peau blanche. La cherté du produit dont l’accès est plus facile pour les femmes de la classe moyenne supérieure, et le fait d’être vendu sous une marque étrangère joueront comme deux signes de la qualité et donc de la sécurité du produit.

L’hydratation de la peau ne relève pas que du seul confort physique ou de l’esthétique personnelle. Cette pratique permet de limiter les rides qui jouent en défaveur de la femme au moment où, les risques de divorce augmentant, elle doit entretenir l’esthétique de son « capital corps », pour « garder son mari », mais aussi au cas où elle devrait retourner sur le « marché matrimonial » ou se retrouver en compétition avec une autre femme. Les « produits de beauté » sont des analyseurs efficaces de l’évolution des couples et de leur instabilité dans la nouvelle société urbaine en train d’émerger en Chine.

De même la légèreté ou la force du maquillage représente une mise en scène de soi, comme femme, qui peut autant renvoyer à l’image d’une femme conforme aux normes sociales qu’à celle d’une femme de « mauvaise vie ». À travers le maquillage se révèlent les formes subtiles de la transgression et de la conformité sociale.

Au final, la mise en scène du corps de la femme qui avait été réduite à sa plus simple expression pendant la révolution culturelle, la « période sombre », est devenue aujourd’hui une mise en scène totale qui touche à la fois le visage comme signe de la beauté intérieure, le cou comme signe de la jeunesse ou de la vieillesse, les mains comme signe de distinction sociale et les pieds comme signe de l’élégance et de la jeunesse. Tous ces signes sont mobilisés de façon stratégique comme signes de la différenciation sociale et générationnelle, comme signes de la « face » du mari, de son prestige social, ou encore comme signes de l’efficacité professionnelle d’une femme, comme un moyen de réassurance dans une négociation commerciale par exemple. Ils peuvent autant signifier la domination que l’autonomisation de la femme.

La mise en scène du corps de la femme a d’abord évolué en fonction de la croissance économique et de l’ouverture des années 80. Aujourd’hui cette mise en scène suit les deux grandes étapes du cycle de vie qui structure les pratiques du maquillage permises, interdites ou prescrites, celle de l’enfance avant 18 ans (小孩 Xiǎohái), et qui correspond, à l’école primaire, au collège et au lycée, et après 18 ans, celle des « grandes personnes » (大人Dàrén). à l’université puis dans la vie professionnelle. Les pratiques de maquillage sont donc des marqueurs de la nouvelle construction identitaire d’une partie des jeunes urbains chinois. Elles sont aussi le signe de l’importance plus grande que joue le groupe de pairs, notamment à l’école, dans l’apprentissage de l’artificialisation du corps et par rapport aux transgressions éventuelles vis-à-vis des normes sociales instituées.

Pour le moment le maquillage est encore interdit en Chine pour les moins de 18 ans. En pratique il existe de nombreuses adolescentes qui se maquillent en dehors de l’école. C’est une source de tension et de conflits à l’intérieur de la famille. Cette source de tension est d’autant plus forte que la famille accorde ou non une importance prioritaire au concours national, et qu’elle cherche à éviter tout ce qui peut détourner l’enfant unique de son travail scolaire, comme l’ont montré Sophie Alami (2013) et Anne-Sophie Boissard dans leur enquête sur le jeu en Chine et dans 6 pays dans le monde en 2004.

Quand on compare l’équipement des salles de bains les années 90 avec celui des années 2010, on constate à la fois une amélioration extrêmement importante de confort et une multiplication des produits de beauté, surtout dans la classe moyenne supérieure. À travers ces produits de grande consommation, ces détails du quotidien, dont certains sont les signes de la conformité aux normes et d’autres sont l’expression d’une opposition aux parents et donc d’un conflit de générations, on peut observer l’importante de la mutation qui est en train de transformer la Chine. On comprend peut-être mieux le sentiment d’incertitude et d’instabilité que ressentent une partie des familles chinoises face à ces nouveaux phénomènes, face à cette nouvelle jeunesse, face à ces nouveaux couples, face à ces nouvelles femmes.

La consommation est souvent abordée sous l’angle du plaisir, de l’addiction, du gaspillage ou de la vie superficielle. L’enquête de Wang lei, qui a pu être réalisé grâce à une thèse CIFRE, financée par Chanel pendant trois ans, nous décrit par le menu les objets matériels, les espaces domestiques et les gestes des soins du corps aussi infinitésimaux soient-ils. Et pourtant elle réussit le tour de force de nous aider à comprendre la dimension sociétale et l’importance des changements que ces pratiques quotidiennes nous permettent de saisir. La Chine est peut-être arrivée à un plateau ou à la fin de ses « 30 glorieuses ». Elle est entrée dans la société de grande consommation. Elle doit faire face maintenant à une classe moyenne dont les demandes se diversifient, dont les modes de vie deviennent plus mouvants et donc quelque part à une plus forte imprévisibilité, à une plus forte incertitude interne et géopolitique qui peut autant être source de contraintes que de potentialités, comme l’indique bien le sens du mot crise en chinois.

Paris, le 3 février 2015

Dominique Desjeux anthropologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, professeur invité à l’université Guangwai à Guangzhou depuis 1997.

2015 05, Fernanda Ribeiro, Brésil, Rio, Favela :Du “territoire de la violence” au “parc d’attraction”

2015 05, Fernanda Ribeiro, Brésil, Rio, Favela, présentation d’une recherche sur la gentrification des favela à travers le tourisme

doctorante à l’université Sorbonne Paris Cité

2015 05 Fernanda RIBEIRO Favela RIO Presentation_JourneeSuds_Mai2015

Discutant et photos de la favela de Santa Marta : Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite,Université Sorbonne Paris Cité

www.argonautes.fr

Photos : 2015 02 BRESIL RIO FAVELA SANTA MARTA

2015 05, D. Desjeux, Energie économe : Quelles sont les conditions sociales de la mise en place d’un modèle économe de consommation énergétique dans les organisations

2015 05, D. Desjeux, Quelles sont les conditions sociales de la mise en place d’un modèle économe de consommation énergétique dans les organisations

Conférence du 28 mai 2015 pour l’Observatoire énergie d’entreprise, EDF

2015 05 EDF V3 Quelles sont les conditions sociales de la mise

2015 05 Offre de stage en SHS

TEC est un cabinet de conseil international en développement durable spécialisé sur le changement climatique et installé à Marseille. Entre autres missions (cf http://www.tec-conseil.com), TEC a mis en place le projet européen HOPE (« Quelles actions préfèrent les ménages pour réduire leur empreinte carbone ? »).

HOPE consiste à réaliser dans 4 pays européens une enquête auprès d’un échantillon de ménages afin d’analyser les actions qu’ils sont prêts à mettre en oeuvre pour lutter contre le changement climatique.

Dans ce cadre, TEC souhaite recruter des stagiaires au courant du premier semestre 2016 pour une durée de 4 à 6 mois, en vue d’effectuer l’enquête (à la fois quantitative et qualitative) pour la France, auprès de 80 à 120 ménages de la communauté d’agglomération d’Aix-en-Provence.

Basée sur une méthodologie innovante, cette enquête livrera des enseignements pour les politiques climatiques actuelles aux niveaux européen, national et local dans l’objectif de soutenir de nouveaux choix de consommation des ménages (voir ci-joint le projet HOPE).

Pour plus d’informations, veuillez contacter Françoise Bénévise, consultante pour TEC, au 06.71.63.57.45.

2015 05 Présentation du projet HOPE

2015 05 Chargé d’études Recherches et Vieillissement en CDI.

L’Unité de Recherche sur le Vieillissement (URV) de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) recrute un chargé d’études Recherches et Vieillissement en CDI. Au sein de la Direction Statistique, Prospective et Recherche, l’Unité de Recherche sur le Vieillissement (URV) de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) a pour mission principale de développer la connaissance scientifique des aspects sociaux du vieillissement. Elle y concourt par ses recherches sur les conditions de vie et les conséquences du vieillissement au-delà de 50 ans, en fin d’activité et jusqu’au grand âge et ses activités d’animation et de coordination de la recherche.

Date limite de candidature: 1er juin 2015

Plus d’informations: http://extranet.ucanss.fr/contenu/public/bourse-emplois/details.html?nPostingID=20303&nPostingTargetID=36931&option=52&sort=DESC&respnr=1&ID=QMOFK026203F3VBQB8MLO8MJ3&LOV3=6864&Resultsperpage=10&lg=FR&mask=portail

2015 05 : offre de travail en sociologie

2015 05 : offre de travail en sociologie

Je suis à la recherche d’une personne pour m’aider dans la réalisation d’un terrain qui aura lieu entre le 26 mai et le 5 juin.

Il s’agit de réaliser entre 8 à 10 entretiens individuels d’une durée d’une heure à une heure et demie dans une ville aux alentours de l’ile de France (restant à définir mais pouvant être Reims ou Rouen), de les retranscrire, et de livrer une analyse transversale sur la base des entretiens réalisés.

Les frais sont pris en charge (déplacement, hôtellerie, restauration). Le chargé d’étude doit être motorisé pour cette mission.

Julien TAIEB 

Sociologue, Chargé d’études 

Etudes Quali, bureau d’études sociologiques

www.etudesquali.fr

julien.taieb@etudesquali.fr

06.67.03.35.58

2015 05 Proposition de sujets de thèse Ecrire la cuisine en latin du XIIe au XVe siècle

2015 05 Proposition de sujets de thèse Ecrire la cuisine en latin du XIIe au XVe siècle

 

https://www.universite-paris-saclay.fr/fr/Doctorat/Offre-sujets-de-thèses

 

Sélection : Concours d’accès aux contrats doctoraux des établissements d’enseignement supérieur
Spécialité Histoire, histoire de l’art et archeologie
Ecole Doctorale SHS- Sciences de l’Homme et de la Société
Titre Ecrire la cuisine en latin du XIIe au XVe siècle
Titre Writing the cookery in latin from XIIth to XVth century
Directeur de thèse Bruno LAURIOUX – Tel : 0239255011
Unité de recherche Dynamiques Patrimoniales et Culturelles EA 2449 – Tel : 01 39 25 55 2801 39 25 55 28
Mots clés Histoire du Moyen Âge – Histoire de l’Alimentation – Philologie latine – Codicologie
Mots clés Medieval History – Food History – Latin Philology – Codicology
Profil candidat – Expérience de recherche en histoire médiévale ou en études médiévales.
– Compétences solides en paléographie, codicologie, philologie.
– Bonne maîtrise du latin.
– Connaissances souhaitées en bases de données et humanités numériques.
Profil candidat – Experience of Research in medieval history or medieval studies.
– Good skills in paleography, codicology and philology.
– Good kwnoledge of latin.
– Useful knowledge of databases and digital humanities.
Résumé – De récentes découvertes de manuscrits inédits en Angleterre et en Allemagne sont venues bouleverser ce que l’on croyait établi à propos des livres de cuisine médiévaux. Ces nouveaux témoins montrent en effet que la production écrite en matière culinaire a commencé dès le XIIe siècle (et non plus comme on le croyait à la jointure des XIIIe et XIVe siècles) et qu’elle s’est effectuée assez largement en latin (et non pas seulement en langues vernaculaires). Ces caractéristiques, ainsi que l’agencement des manuscrits laissent supposer qu’à côté de la mise par écrit du savoir professionnel des cuisiniers il existait une tradition savante d’écriture culinaire dont les rapports avec la cuisine antique, la nouvelle littérature médicale d’origine gréco-arabe et la lexicographie pratique du XIIe siècle méritent d’être éclaircis. En un mot, la renaissance d’une écriture culinaire doit être replacée dans le cadre plus général de la ‘Renaissance du XIIe siècle’.
– L’objectif de la présente thèse sera de procurer des éditions critiques de ces manuscrits nouvellement connus et non encore transcrits, de les situer, grâce à un travail philologique approfondi, dans des traditions textuelles tout en étant attentifs à la configuration codicologique des codices qui les accueillent, de les rétablir dans leur contexte intellectuel et enfin d’en étudier le contenu culinaire. Ces manuscrits culinaires constituent en effet la première pierre d’un patrimoine culinaire européen dont la constitution et la construction suscitent aujourd’hui beaucoup d’intérêt de la part des Européens et des pouvoirs publics.
– Le travail du doctorant s’effectuera en liaison avec le projet ‘The roots of Medieval European Cuisine’ qui sera prochainement déposé au titre de H 2020 (Reflective 6-2015 / call ‘Innovative ecosystems and digital cultural assets’) dont le directeur de thèse, Bruno Laurioux, aura la responsabilité d’un des programmes (‘Content generation and aggregation’). Ce projet, qui associe l’UVSQ au Barcelona Supercomputing Center, aux universités de Graz, Brescia et Durham, et à plusieurs fondations espagnoles, a pour but principal d’établir une base de données sur les recettes médiévales à l’échelle de l’Europe. En interaction avec ces partenaires européens, le doctorant sera notamment amené à travailler sur et à partir de la BDD qui forme le cœur du projet ‘The roots of Medieval European Cuisine’. Le financement d’un doctorant pour assurer un travail scientifique en amont sur les textes culinaires en latin est indispensable, le projet finançant par ailleurs le travail d’encodage des données et la dissémination (sous forme de publications et d’émissions multimédias).
Résumé – Recent discoveries of unedited manuscripts in England and Germany have overturned what we thought to be established about the medieval cookbooks. These new manuscripts show that written material about cookery has begun to be produced as soon as the XIIth century (and not at the begining of the XIVth century) and that it was done widely in Latin (and not only in vernacular languages). Because of these characteristics, as well as the material and textual organization of codices, we can suppose that, besides the writing of the professionnal knowledge of cooks, there was a scholarly tradition of written cookery. The links of this tradition first with Ancient Cookery, second with the new greek-arab medical literature, and third with the practical lexicography beginning in the XIIth century, need to be clarified. Briefly, The renaissance of a written cookery needs to be replaced un the more general frame of the ‘Renaissance of XIIth century’.
– To achieve this task, the thesis needs to include give critical editions of manuscripts recently discovered and not yet transcribed. Their text has to be replaced, thanks to a thorough philological analysis, in textual traditions. One particular attention must be brought to the codicology of codices and to the intellectual context of their production. Of course, the culinary content of these early texts should be studied. These cookbooks can be considered as the ‘foundation stone’ of the European Culinary Heritage whose constitution and building raise today great interest of European people and institutions.
– The candidate will work in contact with the partners of the project ‘The roots of Medieval European Cuisine’ which will be submitted in may to the H 2020 call ‘Innovative ecosystems and digital cultural assets'(Reflective 6-2015). The PhD supervisor, Prof. Bruno Laurioux, will be the general leader of Work Package 2 (‘Content generation and aggregation’). This european project includes, besides UVSQ, the Barcelona Supercomputing Center, and the universities of Graz, Brescia and Durham, and also several spanish foundation. Its main goal is to build a database of medieval cookery recipes from all over Europe. The candidate will have to interact with those European partners, and to work for and from the database, which is the core of the projects ‘The roots of Medieval European Cuisine’. Financing of a PhD candidate is necessary to provide the team with a scientific research on the unedited latin manuscripts. The European project will realize encoding of data and dissemination (through public editions, medias events).
Thématique Histoire du patrimoine alimentaire écrit – Histoire de la cuisine médiévale
History of written Food Heritage – History of Medieval Cuisine
Domaine Histoire du Moyen Âge – Etudes médiévales – Histoire et culture de l’alimentation.
Medieval History – Medieval Studies – Food Studies.
Financement
demandé
Appel à projets – Contrat doctoral établissement
Objectif A partir des manuscrits récemment découverts et encore inédits, il s’agit de comprendre la spécificité de l’écriture culinaire en latin du XIIe au XVe siècle et son importance pour le patrimoine culinaire de l’Europe, à travers:
– la transcription et l’édition critique des principaux témoins;
– la reconstitution des traditions textuelles;
– l’étude des collocations manuscrites afin de replacer les textes culinaires dans leur contexte intellectuel;
– l’analyse codicologique pour déterminer les modalités de création, de diffusion et d’utilisation du texte culinaire;
– l’étude du contenu culinaire permettant de mettre en évidence les évolutions du goût et des pratiques alimentaires entre XIIe et XVe siècle.
Contexte Les publications sur la cuisine médiévale se sont multipliées ces dernières décennies (cf. bibliographie) mais la récente découverte de plusieurs manuscrits inédits écrits en latin bouleverse ce que l’on croyait établi à propos des livres de cuisine. Ces nouveaux témoins montrent en effet que la production écrite en matière culinaire a commencé dès le XIIe siècle et qu’elle s’est effectuée assez largement en latin. On peut donc faire l’hypothèse qu’il existait une tradition savante d’écriture culinaire, peut-être en rapport avec la cuisine antique et la nouvelle littérature médicale d’origine gréco-arabe. Cette thèse sera l’une des pierres de touche du projet européen H 2020 ‘The roots of Medieval European Cuisine’.
Méthode La recherche combinera les différentes méthodologies de l’histoire érudite (paléographie, codicologie, philologie) avec les méthodologies des humanités numériques (constitution d’une base de données en lien avec les informaticiens du Barcelona Supercomputing Center).
Résultat attendu – La transcription complète d’au moins 4 manuscrits inédits.
– L’édition critique d’au moins 2 traditions textuelles.
– L’achèvement pour les traités latins d’une base de données des recettes médiévales européennes susceptible d’applications variées.
Référence bibliographique Hieatt, C.B. et al., Répertoire des manuscrits médiévaux contenant des recettes culinaires, in: Du manuscrit à la table. Essais sur la cuisine au Moyen Âge, Carole Lambert ed., Montréal-Paris, Champion-Slatkine-PUM, 1992, p. 313-388.
Benporat, C., Cucina italiana del Quattrocento, Florence, Olschki, 1996 (Biblioteca dell’Archivium Romanicum, ser. I, 272).
Laurioux, B., Les Livres de cuisine médiévaux, Turnhout, Brepols, 1997 (Typologie des sources du Moyen Âge occidental, 77).
Grewe, R. et al., Libellus de arte coquinaria: An Early Northern Cookery Book, Tempe, 2001 (Arizona Center for Medieval and Renaissance Studies, 222).
Laurioux, B., Une histoire culinaire du Moyen Âge, Paris, Honoré Champion, 2005 (Sciences, techniques et civilisations du Moyen Âge à l’aube des Lumières, 8).
Hieatt, C.B., A Gathering of Medieval English Recipes, Turnhout, Brepols, 2008
LLibre de Sent Sovi, ed. J. Santanach, Barcelona, Barcino, 2014 (Recptaris historics de cuina catalana, 1).

Début de la thèse : 1 octobre 2015
Date de mise à jour du sujet : 29 avril 2015

2015 04 appel à intention de recherche ADEME : Mobilisation de la notion de gaspillage

2015 04 L’ADEME Gaspillage, appel à intentions de recherche « Mobilisation de la notion de gaspillage ». La date limite de réponse est fixée au 18 mai 2015. L’objectif est de recueillir les intentions de recherche de la communauté de recherche en sciences humaines et sociales appliquées à la prévention des déchets, à l’économie circulaire, à l’économie de ressources et à la consommation durable. Nous vous invitons à diffuser largement cette information à vos réseaux. Ces intentions permettront à l’ADEME d’engager une discussion collective ou bilatérale avec les porteurs de propositions, dans l’objectif de co-construire et d’engager un projet de recherche co-financé par l’ADEME avant l’été 2015. L’objet de l’appel à intentions de recherche est d’explorer la notion de gaspillage dans la société de consommation et de déterminer dans quelle mesure cette notion peut être mobilisée par les acteurs dans le cadre de l’objectif global d’un changement de pratique ou de comportement des acteurs et en particulier des ménages. Concrètement, les équipes de recherche seront invitées à décrire succinctement leur intention de recherche (question de recherche étudiée, références, …) via la plate-forme de soumission en ligne avant le 18 mai 2015, à l’adresse suivante : https://appelsaprojets.ademe.fr/aap/GASPI-IR2015-47 Nous sommes à votre disposition pour tout complément d’information, Marianne BLOQUEL

ADEME Direction Consommation Durable et Déchets Service Prévention et Gestion des Déchets marianne.bloquel@ademe.fr Tél : 02.41.20.41.67. Disponible lundi, mardi, jeudi

2015 6 juin, colloque sur les fonctions des jeux aux différents âges de la vie : du normal au pathologique

2015 04, Fonctions des jeux aux différents âges de la vie : du normal au pathologique

Programme Colloque Jeux

Affiche Colloque Jeux

Le jeu est une nécessité psychique. Dès la naissance, le bébé a besoin de ses parents, des adultes pour le guider à travers des stimulations sensorielles mais surtout ludiques. En effet, il n’y a pas d’apprentissage sans hédonisme. Winnicott (1971) a souligné combien il contribuait à la maturation psychique du sujet, notamment grâce à cette aire de jeu et de créativité que constitue l’espace transitionnel. Ainsi, le jeu est le garant du bon développement moteur, cognitif et socioaffectif de l’enfant et de l’adolescent. Néanmoins, le jeu est essentiel à tous les âges de la vie.

Dans Les jeux et les hommes, Caillois (1958) souligne comment le jeu repose et amuse. Par ailleurs, ce terme combine les idées de limites, de liberté et d’invention. Outre son absence, il semble alors difficile d’imaginer que le jeu puisse être délétère pour l’individu. A partir de quand passe-t-on d’une activité ludique source de plaisir et d’apprentissage à une activité nocive source de conséquences négatives multiples pour le sujet ? Où se situe la frontière entre le normal et le pathologique ?

Samedi 6 Juin 2015

Université Paris Descartes

Institut de Psychologie

71 Av Edouard Vaillant

92100 Boulogne Billancourt

L’objectif de ce colloque est de souligner les aspects tant positifs que négatifs des différents types de jeux, et de mettre en lumière leurs fonctions aux différents âges de la vie.

 

2015 05 HU Shen, La loterie en Chine, l’Harmattan, Préface D.Desjeux

2015 05 HU SHE COUV LIVRE LOTERIE2015, Dominique Desjeux, Préface, in La loterie en Chine, Etat croupier et joueurs coolies. Jeux de hasard et mutations sociétales, l’Harmattan, pp.7-13 : 2015 01 SHEN INTRODUCTION

 

HU Shen nous propose avec La loterie en Chine, Etat croupier et joueurs coolies. Jeux de hasard et mutations sociétales, une analyse des mutations en cours dans la Chine au quotidien. Il montre à travers le cas de la loterie les liens qui existent entre la vie de tous les jours et le système politique.

Dominique Desjeux, 2013, Préface, in La loterie en Chine, Etat croupier et joueurs coolies. Jeux de hasard et mutations sociétales, l’Harmattan, pp.7-13 :

 

lien avec l’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&isbn=978-2-343-05765-1

2015 05, ADEME, A pourvoir un poste évaluation sociale et environnementale de projets

2015 05 Poste à pouvoir à l’Agence Française de Développement

Offre de poste au sein de l’Agence Française de Développement.

Pour tout autre renseignement, veuillez contacter

Corinne FOREST

Agence Française de Développement

DRH – Division Gestion des Carrières et Recrutement

Tél. 01 53 44 30 4401 53 44 30 44

E-mail : forestc@afd.fr

 

Fichier attaché:

Poste évaluation sociale et environnementale de projets.pdf

2015 05 Recrutement allocataire doctorat INRA/CIRAD

2015 05 Recrutement allocataire doctorat INRA/CIRAD

L’INRA et le CIRAD recrute un allocataire de recherche pour la réalisation d’un doctorat en sociologie. La recherche portera sur les dynamiques d’innovation liées au développement de technologies adaptées aux petits agriculteurs familiaux en Argentine et au Brésil. Voir détails dans l’annonce ci-jointe.

Démarrage de la thèse automne 2015. Dossier à déposer avant le 15 juin 2015 à Frédéric Goulet (frederic.goulet@cirad.fr) et Ronan Le Velly (Ronan.Le-Velly@supagro.fr).

2015 05 allocation de thèse de doctorat sur les discours politiques et les débats sur l’école à Genève

2015 04 Poste de CANDOC

Dans le cadre d’une recherche soutenue par le FNS intitulée « Comment organiser l’enseignement secondaire obligatoire ? » à l’université de Genève, nous cherchons un – une candidat – e –  pour réaliser une thèse de doctorat sur les discours politiques et les débats concernant les réformes des filières dans l’enseignement  secondaire obligatoire dans trois cantons (Genève – Vaud – Valais).

La fiche du poste est en pièce-jointe. Il peut aussi être consulté ici : https://jobs.unige.ch/www/wd_portal.show_job?p_web_site_id=1&p_web_page_id=17591

La postulation peut se faire en ligne à cette même adresse.

Georges Felouzis et Barbara Fouquet-Chauprade

Fichier attaché:

Fiche du poste CANDOC

2014 05 Recrutement de 10 post-doctorants à l’EHESS en 2015

2014 05 Recrutement de 10 post-doctorants à l’EHESS en 2015

Recrutement de 10 post-doctorants à l’EHESS en 2015

 

Dix contrats de chercheurs post-doctorants sont ouverts à l’EHESS à compter du 1er septembre 2015 pour une durée d’un an.

 

Ces emplois concernent les différents domaines des sciences humaines et sociales. Ils sont proposés aux jeunes chercheurs ayant soutenu entre le 01 janvier 2012 et le 07 avril 2015, une thèse de doctorat dans un autre établissement que l’EHESS, en France ou à l’étranger.

Les candidats ne doivent jamais avoir été bénéficiaires d’un contrat de travail géré par l’EHESS.

 

Dans le cadre d’un partenariat avec le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), une candidature sélectionnée s’inscrivant dans le champ d’activité de cet établissement (les dynamiques des sociétés contemporaines du bassin méditerranéen) pourra être soumise au MuCEM pour un co-financement éventuel et une intégration du candidat au département recherche et enseignement du MuCEM.

 

Chaque candidat indiquera (jusqu’à 3 maximum) le(s) laboratoire(s) ou centre(s) de recherche de l’EHESS (ou auquel l’EHESS est associée) au sein desquels il souhaiterait être accueilli pour y inscrire son projet de recherche dans l’un des programmes d’activités du laboratoire/centre (la liste des centres est consultable sur le site de l’EHESS : http://www.ehess.fr/fr/recherche/centres/

 

La sélection favorisera les dossiers comportant une forte dimension interdisciplinaire, une ouverture internationale et une capacité de dialogue avec plusieurs laboratoires ou domaines de l’EHESS.

 

Pour candidater, les candidats doivent impérativement remplir le formulaire en ligne  du mardi 7 avril 2015 à midi jusqu’au lundi 11 mai 2015 midi : http://www.ehess.fr/fr/ecole/recrutements/chercheurs/detail/recrutement-de-10-post-doctorants-au-1er-septembre-2015/

 

et y insérer les documents suivants au format pdf:

  • un curriculum vitae avec la liste des publications
  • la copie du diplôme de doctorat ou attestation faisant foi
  • le rapport de soutenance de la thèse de doctorat le cas échéant
  • une lettre de candidature, adressée à l’attention du président de l’EHESS
  • le(s) nom(s) du/des laboratoire(s) ou centre(s) de recherche de l’EHESS
  • un projet de recherche et d’activités post-doctorales (en cinq pages maximum) rédigé dans le cadre d’une année et s’insérant précisément dans le programme du/des laboratoire(s) ou centre(s) de recherche de l’EHESS ou lié(s) à l’EHESS, à Paris, Marseille, Toulouse ou Lyon

La rédaction du projet de recherche et d’activités post-doctorales en anglais est autorisée. Toutefois, un bon niveau de compréhension et d’expression orale en français est requis.

 

Les candidatures se font uniquement en ligne et devront être validées en cliquant sur le bouton du formulaire « Candidater », à partir du mardi 07 avril 2015 midi et au plus tard le lundi 11 mai 2015 à midi (heure locale de Paris)

 

Une confirmation de réception du formulaire, sous réserve de recevabilité de la candidature à un emploi de post-doctorant à l’EHESS, sera envoyée automatiquement par mail à l’adresse email inscrite dans le formulaire par le candidat.

Les formulaires reçus en ligne passé ce délai, incomplets ou non conformes ne pourront être pris en considération.

 

Les résultats seront disponibles à partir du mercredi 10 juin 2015 sur le site de l’EHESS – rubrique « Recrutements/chercheurs »

 

Pour toute information complémentaire, merci de nous contacter, exclusivement par mail, à l’adresse: bureau-contractuels@ehess.fr

2015 04 offre de stage étudiant en socio-anthropologie à Rennes

2015 04 Proposition de stage d’étudiant pour une étude socio mêlant quanti et quali sur une petite commune de Rennes Métropole.

Contacter : Isabelle de Boismenu

Isabelle de BOISMENU <i.deboismenu@audiar.org>

 

Il est recherché un/une stagiaire  pour assister Isabelle de Boismenu sur une étude au dispositif assez complet et « lourd ».

Compétences demandées : méthodologie qualitative (entretiens, focus-groupes, analyse) ; enquête quantitative (questionnaire, mise en place d’une consultation, traitement de données …)

Le stage devra se dérouler de juillet à décembre 2015.

Lieu : Audiar à Rennes.

Stage rémunéré.

Concernant le logement, si besoin, le/la stagiaire pourra être accompagné(e) et aiguillé(e).

2015 04 : travail d’étudiant en SHS

2015 04 : travail d’étudiant en SHS

Nous avons une petite mission avec des questionnaires à faire passer sur place : visite du musée et de ses expos et environ 5 jours de passation de questionnaires à commencer rapidement. C’est une mission idéale pour un étudiant (si vous en avez dans votre entourage…) Merci et bonne journée à tous

Anne-Laure Dalstein

31 rue Jean-Jacques Rousseau – 93100 Montreuil

01 49 88 17 13 / 06 64 03 19 42

www.eteicos.fr<http://www.eteicos.fr/>

 

2015 04 Trois offres d’emploi en SHS (AISLF)

2015 04 Trois offres d’emploi en SHS (AISLF)

1.1 Directeur, FORS-Centre suisse d’expertise en sciences sociales, Lausanne

(Suisse)

Discipline : sciences sociales

Date limite de candidature : 15 mai 2015

L’offre est en ligne : http://www.aislf.org/spip.php?article2840

1.2 Post-doc « Les dynamiques des usages énergétiques dans la vie quotidienne »,

EDF R&D

Discipline : sciences sociales

Date limite de candidature : 15 mai 2015

L’offre est en ligne : http://www.aislf.org/spip.php?article2841

1.3 Bourse de séjour, Rencontre euro-arabe des jeunes chercheurs en sciences

sociales, Manama (Bahreïn)

Discipline : sciences sociales

Date limite de candidature : 30 mai 2015

L’offre est en ligne : http://www.aislf.org/spip.php?article2845

2015 04, Dominique Desjeux, France Culture, La fabrique de l’histoire sur les pratiques généalogiques

2015 04, Dominique Desjeux, France Culture, La fabrique de l’histoire, une émission d’Emmanuel Laurentin

Interview de Dominique Desjeux sur les résultats d’une enquête généalogique réalisée en 2011 par le Doctorat Professionnel en SHS, université Sorbonne Paris Cité, et d’une enquête réalisée par Opinion Way en 2015 pour le Hors série de La Vie de mars 2015

2015 28 mai, avec la participation d’Elizabeth Pastore-Reiss et Dominique Desjeux, L’énergie, un moteur de changement et d’innovation dans l’entreprise et pour le salarié-citoyen-client ?

2015 04 L’énergie, un moteur de changement et d’innovation dans l’entreprise et pour le salarié-citoyen-client ?

2015 04 Programme atelier 28 mai 2015

Cet atelier promet d’être enlevé : il a en effet été conçu par Elisabeth Pastore Reiss et Dominique Desjeux dont on connaît les approches professionnelles divergentes. Son programme  (voir le détail ci joint) annonce en tout cas de riches débats.

Oui, le coût de l’énergie est une contrainte pour les entreprises, mais plus seulement ! Comment l’énergie fait-elle bouger concrètement l’entreprise dans ses modes de travail, mais aussi le salarié-citoyen dans son mode de vie ? Comment la contrainte énergétique fait-elle surgir des modèles innovants dans l’entreprise ? Et chez le salarié-citoyen-client ? Quelles interactions entre les usages des entreprises et les comportements des salariés ? Comment ces évolutions s’accélèrent-elles et avec quelles perspectives ? Au cours de cet atelier, plusieurs grandes entreprises témoigneront de leur expérience sous le regard de deux parrains de l’Observatoire : Elizabeth Pastore-Reiss, fondatrice d’Ethicity (conseil en développement et marketing durable), et Dominique Desjeux, professeur émérite d’anthropologie sociale et culturelle.Rendez-vous le jeudi 28 mai 2015 de 17h à 19h. Hôtel Renaissance Paris Arc de Triomphe  – 39 avenue de Wagram – 75017  www.renaissancearcdetriomphe.com M° Charles de Gaulle – Etoile Pour participer inscrivez-vous à l’adresse suivante obsenerg@gmail.com

 

 

 

2015 20 avril, débat sur le jeu à Beaubourg

2015 04 http://www.bpi.fr/agenda/joueurs-en-societe

https://www.facebook.com/events/1388284984823037/

Marie Redon, Maître de conférences en Géographie

Université Paris 13-Nord

 

 

Le :20/04/2015

À :19:00

Centre Pompidou
Niveau -1
Entrée principale, rue Saint-Martin (Piazza)
75004   Paris

Conditions d’accès :
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Public visé : Tout public

Contacts :
Conception et organisation
Bernadette Vincent
bernadette.vincent@bpi.frSilvère Mercier
silvere.mercier@bpi.frCommunication
contact.communication@bpi.fr
Joueurs en société
Picto Player Cette rencontre sera diffusée en direct sur cette page à partir de 19h

Malgré la crise, l’industrie des jeux de hasard en France ne s’est jamais aussi bien portée.
Les joueurs y voient une possibilité d’ascencion sociale que le travail ne permet plus, un moyen de se sociabiliser ou une parenthèse de liberté dans un monde moderne qui cherche à abolir l’irrationalité et le hasard.

2015 04, un scoop sur l’histoire du marketing !

2015 04, un scoop sur l’histoire du marketing

Stefan SCHWARZKOPF, Associate Professor, Copenhagen Business School, invité à l’EHESS du 19 au 22 mai 2015, y présentera deux séminaires.

Vous y êtes cordialement invité-e-s.

Merci de faire circuler cette information autour de vous! (Et pardon pour les doublons!)

Market Research and Political Ideology

Mercredi 20 mai 2015, de 15h à 17h, Salle 1, RDC, bât. Le France, 190-198 avenue de France, 75013 Paris

“This seminar introduces a new way of reading the history of market and consumer research since 1900. Instead of interpreting market and consumer research merely as a response to the needs of commercial actors, like manufacturers and retailers, this seminar will focus on the political ideologies that influenced the making of this professional field in the United States as opposed to Europe. Surprisingly, we find that both American and European market and consumer researchers did not always abide by the ‘ideo-logic’ of neoliberalism and its various predecessors. More often, they used their research practices to promote more social-democratic, at times even socialist, political aims which included consumer protection, education and general socio-economic equality. It might be argued, though, that market and consumer researchers of all ideological proveniences were essentially – to quote Carl Schmitt – political romanticists.”

The Theopolitics of Markets

Vendredi 22 mai 2015, de 11h à 13h, Salle 1, RDC, bât. Le France, 190-198 avenue de France, 75013 Paris

“Following on from the seminar on marketing and political ideology, this seminar aims at discovering an as yet hidden connection between specifically protestant religious sentiments on the one hand, and the modernization of marketing management since 1900 on the other hand. This hidden connection I call the ‘theopolitics of markets’. It can be shown that virtually all early American marketing management thinkers and marketing practitioners, including opinion pollsters and market researchers, had strong roots in Protestant sects (Wesleyan Methodists, Baptists, Presbyterians). Key figures in the American movement to create wider acceptance for marketing as a ‘science’, and for advertising as a modern communication means, were either lay preachers themselves or sons of Protestant and/or Reformed preachers from the mid-West. Historical research of this kind provides us with key insights into possible explanations for why a customer-driven market ideology shares so many characteristics of a secular religion.”

 

Contact : Marie Chessel (chessel@ehess.fr) – Stefan Schwarzkopf (ssc.mpp@cbs.dk)

2015 04 Quatre postes d’assistant à pouvoir à l’ULB

2015 04

3 vacances de postes concernant des assistants (temps-plein; 6 ans de financement; obligation de s’engager dans une thèse de doctorat) qui seront recrutés à la rentrée 2015 (Octobre 2015).

– 1 assistant avec un profil plutôt « sciences sociales et humaines » pour le Master en Sciences et Gestion de l’Environnement

– 1 assistant avec un profil plutôt « sciences naturelles et bioingénieurales » pour le Master en Sciences et Gestion de l’Environnement

– 1 assistant qui sera à cheval sur le Master en Sciences et Gestion de l’Environnement et le Master en Sciences et Gestion du Tourisme

Nous cherchons actuellement aussi, pour un début en septembre 2015, 1 coordinateur/facilitateur de conventions de recherche dont la mission englobe primordialement une aide au montage de projets de recherche européens (ou équivalents). Expérience active en recherche nécessaire.

Descriptions détaillées pour ces 4 postes en pièces jointes.

bien à vous,

Tom Bauler Chaire  –

‘Environnement & Economie’ Université Libre de Bruxelles Centre d’Etudes du Développement Durable Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire ULB – IGEAT (cp130/03)  50 avenue FD Roosevelt  –  B-1050 Bruxelles  Belgique office: D.B.6.246 (Campus Solbsoch) mail : tbauler@ulb.ac.be web : http://igeat.ulb.ac.be/fr/equipe/details/person/tom-bauler/ tel : +32(0)2.650.49.24 fax : +32(0)2.650.43.24 skype : tomba-bxl

2015 03 Jeu, bourse postdoctorale

2015 03 BOURSE POSTDOCTORALE 2015-2016

OBJECTIFS :

La Chaire de recherche du Canada sur les trajectoires d’usage de drogues et les problématiques associées de l’UQTR, la Chaire de recherche sur l’étude du jeu de l’Université Concordia, ainsi que le

Centre de réadaptation en dépendance de Montréal – Institut universitaire offrent une bourse postdoctorale de 35 000$ CAD pour un an. La personne choisie mènera un projet portant sur les liens entre les habitudes de jeux de hasard et d’argent et la consommation de substances psychoactives.

CONDITIONS :

– Être titulaire d’un diplôme de doctorat avant le début du stage, et ce depuis moins de trois ans,

– Avoir une bonne connaissance de l’anglais et du français,

– Être en mesure d’écrire un article scientifique dans l’une de ces deux langues,

– Réaliser le projet postdoctoral de septembre 2015 à septembre 2016,

– Faire parvenir le dossier de candidature avant le 15 mai 2015 à l’adresse indiquée ci-bas.

ENGAGEMENT :

– Être disposé à réaliser une partie du stage à l’Université Concordia et une autre partie à l’UQTR,

– Écrire au moins un article scientifique en lien avec le projet postdoctoral,

– Présenter une communication scientifique dans les trois lieux suivants : UQTR, Université Concordia

et Centre de réadaptation en dépendance de Montréal- Institut universitaire en dépendance.

DOSSIER DE CANDIDATURE :

– Dernier relevé de notes

– Curriculum vitae

– Deux lettres de référence, dont une du directeur de thèse

– Une publication ou une communication du candidat ou un résumé de sa thèse

– Une demi-page résumant les intérêts de recherche du candidat

La décision finale sera prise le 15 mai 2015

ENVOI DU DOSSIER DE CANDIDATURE au plus tard le 15 mai 2015

Dr Sylvia Kairouz

Chaire de recherche sur l’étude du jeu

Département de sociologie et d’anthropologie

1455, boul. de Maisonneuve O, H-1125-44

Montréal, QC, Canada, H3G 1M8

courriel : lifestyle.lab@concordia.ca

Page web : www.concordia.ca/fr/recherche/chairejeu

 

2015 03, post doc sur le handicap

2015 03, RECRUTEMENT DUN POSTDOCTORANT EHESP-Maison des sciences sociales du Handicap DREES, Bureau ‘Handicap, Dépendance’

Dans le cadre de la chaire EHESP-CNSA « Participation Sociale et Situations de Handicap » de la MSSH et à la suite de la convention de partenariat entre la DREES et l’Institut Fédératif de Recherche sur le Handicap sur l’animation des exploitations des Enquêtes Handicap-Santé, est proposé une mission de recherche temporaire pour un post-doctorant.

Le sujet.

Le travail consiste à réinterroger ce que mesurent les grilles d’évaluation de l’autonomie et de la dépendance en exploitant les enquêtes Handicap-Santé (les volets ménage – HSM et institution – HSI) sur le champ des personnes handicapées vieillissantes et des personnes âgées.

http://ifr-handicap.inserm.fr/index.php/recherche/enquetes-handicap-sante/l-enquete-handicap-sante-2007-2009

Les indicateurs « standards » utilisés dans ce champ (Colvez, Katz, grille AGGIR) repèrent bien les situations de forte dépendance. En revanche, ils ne permettent pas de repérer les situations de handicap ou de dépendance plus ou moins modérée qui concernent un nombre non négligeable de personnes et couvrent des populations très hétérogènes tant du point de vue des incapacités qu’elles rencontrent que de l’environnement physique et social dans lequel elles vivent.

Une typologie des limitations fonctionnelles et restrictions d’activités (mise en oeuvre par la DREES) sera reprise et développée. Les résultats de cette classification, confrontés à ceux des indicateurs standards, permettront de proposer différentes approches de la notion de dépendance. On s’attachera aussi à comparer la situation des personnes à incapacités équivalentes suivant qu’elles vivent à domicile ou en institution.

Ce travail aboutira en particulier à la production d’un article en co-publication MSSH/DREES à destination de la Revue française des affaires sociales.

Profil demandé.

Doctorat en sciences sociales (démographie, sociologie, épidémiologie, santé publique, économie).

Compétences statistiques obligatoires (savoir exploiter une base de données à l’aide du logiciel SAS).

Avoir des connaissances sur les problématiques du handicap et de la dépendance (souhaitées).

Contrat INSERM. CDD au sein de l’IFRH (équipe MSSH). Durée : 6 mois, à partir de mai 2015.

Lieu de travail à Paris. DREES à Montparnasse ou MSSH rue de Tolbiac (à définir).

Rémunération. 2 095€ net / mois.

Curriculum vitae et lettre de motivation à adresser jusqu’au 17 avril à :

Jean-François Ravaud, INSERM-MSSH ravaud@vjf.cnrs.fr

Yara Makdessi, DREES yara.makdessi@sante.gouv.fr

 

2015 03 Cancer et alimentation, appel à contribution

210 03, Alimentation et cancers : pour la Revue Anthropology of food.

Appel à contribution pour la Revue Anthropology of food. Lien : http://aof.revues.org/7732 Date limite pour les résumés : 15 avril 2015 3 langues possibles : français, anglais, espagnol « Patrice Cohen » <patrice.cohen@univ-rouen.fr> To: <labo-dysola@listes.univ-rouen.fr> Sent: Thursday, March 19, 2015 10:02 PM De la part d’Elise Palomares : Fabrique d’une nouvelle question de société ? / Alimentation et cancers (AàC)  

2015 03 Sociologue/consultant sénior en études sociétales

Sociologue/consultant sénior en études sociétales H/F

Référence : 104631 publiée le 16/03/2015
CDI – France / Rhone-Alpes / Grenoble (38)
Expérience de plus de 10 ans requise

Cadre de vie : Aménagement du territoire, Psycho-sociologie de l’environnement,
Énergie : Éolien, Hydraulique, Pétrole et gaz

Profil SHS confirmé, dans le privé, pour une activité à l’international dans le secteur de l’énergie. http://www.emploi-environnement.com/fr/gestion_offre/visu_offre.php4?reference_offre=104631#xtor=EPR-3

 

2015 03 poste de Professeur(e), UPEM, Champs-sur-Marne (France)

Professeur(e), UPEM, Champs-sur-Marne (France)

31 mars 2015

L’université Paris-Est Marne-la Vallée à Champs-sur-Marne recrute un(e) professeur(e) spécialisé(e) dans le domaine de la sociologie de l’innovation, sociologie des organisations et/ou études des sciences et des techniques (STS), à compter du 1er septembre 2015.

Date limite des candidatures : 31 mars 2015

http://www.aislf.org/spip.php?article2805

 

 

 

 

2015 03 Contrat doctoral en sociologie CSO date limite 15 mars 2015

 

APPEL A CANDIDATURES

Contrat doctoral en sociologie au sein du programme « enseignement supérieur et recherche » du CSO (Centre de Sociologie des Organisations), unité mixte de recherche Sciences Po (Paris) et CNRS

Date limite d’envoi : 15 mars 2015

Le programme « enseignement supérieur et recherche du CSO Centre de Sociologie des Organisations (www.cso.edu) lance un appel à candidatures pour un contrat doctoral de trois ans. Le/la bénéficiaire devra se soumettre aux procédures de recrutement du programme de sociologie de l’Ecole doctorale de Sciences Po à Paris. Il ou elle travaillera sous la direction de Christine Musselin et Jérôme Aust.

Le projet de thèse doit porter sur les politiques pour l’excellence dans l’enseignement supérieur telles que, par exemple, l’Exzellenzinitiative en Allemagne ou le Programme d’Investissement d’Avenir en France. Il peut s’intéresser à la genèse de ces politiques, au développement d’instruments créés pour les mettre en œuvre, la manière dont les décisions ont été prises, leur impact sur le système d’enseignement supérieur (à tous les niveaux : sur le paysage national, au niveau des universités, au sein des laboratoires, etc.). Tous ces aspects peuvent être couverts sur un pays donné ou bien certains aspects peuvent être étudiés dans le cadre d’une comparaison internationale.

Recevabilité des candidatures : la/la candidate doit être titulaire d’un diplôme en sociologie ou en science politique de niveau master (ou être en mesure de l’obtenir d’ici le mois de septembre 2015). Il/elle devra maîtriser différentes méthodologies d’enquête. Un excellent niveau d’anglais est requis et un niveau intermédiaire en français est indispensable.

Rémunérations : 1685 € bruts par mois (2 188 si charge d’enseignement), avec un contrat de trois ans commençant en octobre 2015.

Procédure de sélection

  • un CV
  • une photocopie des notes obtenues en master
  • une lettre de motivation retraçant le parcours universitaire suivi jusque là (2 pages maximum)
  • un projet de thèse (5,000 mots maximum)
  • une lettre de recommandation d’un des enseignants de master

Merci de transmettre votre dossier complet par mail à s.dubois@cso.cnrs.fr pour le 15 mars 2015 au plus tard.

Un petit nombre de candidats seront conviés à un entretien qui pourra se faire en ligne. La décision finale interviendra mi-avril 2015 après un avis du CSO.

Attention, le/la candidat/e retenu/e devra ensuite postuler à l’Ecole doctorale par la procédure en ligne avant le 22 avril 2015.

La décision finale interviendra en juin 2015. Si le/la candidat/e n’a pas encore obtenu son master à cette date, son inscription sera conditionnelle de l’obtention de celui-ci avec une appréciation égale ou supérieur à la note minimale exigée par l’Ecole doctorale

2015 03 poste de volontaire civil intenational

 

FICHE DE DESCRIPTION DE POSTE SOUS DIRECTION DES PERSONNELS SPECIALISES ET A GESTION DECONCENTREE

BUREAU DES VOLONTAIRES INTERNATIONAUX

RH3D

VOLONTAIRE CIVIL INTERNATIONAL

PAYS : TCHAD

SIGLE DU VI : TCH – TE2A-0002

ANNEE : 2015

       DESCRIPTION DU POSTE

CREATION :           NON

 

EN REMPLACEMENT DE (précisez la date de fin de mission) : Leonor Gonzalez, fin de mission 31/08/15

VILLE : N’Djamena et Province

ETABLISSEMENT : Centre National d’Appui à la Recherche (CNAR)

INTITULE DU POSTE : Chargé de mission, appui à la recherche et à l’enseignement supérieur

PERSONNES A CONTACTER POUR DES RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES:

Françoise Gianviti, Conseillère de coopération et d’action culturelle, francoise.gianvit@diplomatie.gouv.fr

Olivier D’Hont, attaché de coopération

olivier.dhont@diplomatie.gouv.fr

Leonor Gonzales, actuelle VI sur ce poste

leonor.gonzalez.masson@gmail.com

2015 02, D. Desjeux, sur les « big data », le contrôle social et la sorcellerie, Atlantico

http://www.atlantico.fr/decryptage/big-brother-prenom-data-bienvenue-dans-monde-terrifiant-entreprises-et-etats-qui-connaitront-mieux-que-memes-dominique-desjeux-2027511.html

 

Big brother, prénom Data : bienvenue dans le monde des entreprises et des Etats qui vous connaîtront mieux que vous-mêmes Intro du sujet : Le patron d’Apple, Tim Cook, n’est pas passé par quatre chemins lors d’un sommet que Barack Obama avait organisé pour tenter de convaincre les géants du web de partager plus d’informations avec les pouvoirs publics : « Nous vivons dans un monde où nous ne sommes pas encore tous traités de la même manière. Trop nombreuses sont les personnes qui ne se sentent pas libres de pratiquer leur religion, d’exprimer leurs opinions ou d’aimer la personne qu’elles ont choisie. Un monde dans lequel ce type d’information peut faire la différence entre la vie et la mort. Si nous, les personnes investies de responsabilités, ne faisons pas tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger le droit à la vie privée, alors nous mettons en péril quelque chose de bien plus précieux que l’argent. C’est notre mode de vie qui se trouve menacé ». 1 – Même si les grandes sociétés de la Silicon Valley parvenaient à tenir tête au gouvernement américain dans son ambition de mettre la main sur tous les flux d’informations, elles n’en garderaient pas moins le contrôle sur quantité de données concernant leurs utilisateurs : avec toutes ces données traitées, les traces de nos actions laissées sur internet, nos actes d’achats enregistrés, nous dirigeons-nous vers une société de l’anticipation ? un monde où nous nous croyons libres, mais où les acteurs économiques savent par avance ce que nous allons faire ? Dominique Desjeux : D’un point de vue anthropologique, c’est-à-dire un angle d’approche qui montre les grandes constantes des sociétés humaines, le contrôle social est au cœur du fonctionnement de toute société. Pour faire vite on peut dire qu’il n’existe pas de société sans dispositif institutionnel qui cherche à contraindre les individus à aller dans le sens des groupes dominants. Je pense tout particulièrement aux sociétés agraires, et notamment aux sociétés villageoises africaines sur lesquels j’ai travaillé entre 1971 et 1979, et dans lesquelles le contrôle social des « ainés sociaux », les hommes les plus âgés qui sont devenus des chefs de famille, sur les « cadets sociaux », les jeunes et les femmes, s’exerce grâce à un mécanisme magico-religieux très puissant qu’on appelle la « sorcellerie ». Celle-ci pèse comme une menace permanente sur les membres du groupe qui ne se conformeraient pas aux normes de la société villageoise. Ceux qui désobéissent, ceux qui transgressent, risquent des maladies graves ou de mourir. La force du magico-religieux est qu’il s’appuie sur une croyance partagée par les membres du groupe et que cette croyance symbolique en la puissance d’une force qui peut nous faire mourir est l’instrument le plus puissant, le plus grand « Big Brother », que les sociétés ont inventé depuis plusieurs milliers d’années. En un sens, la société « normale », au sens de la société qui existe le plus fréquemment, est celle où fonctionnent des dispositifs symboliques, comme la sorcellerie, la religion ou tout autre idéologie « totalitaire ». Dans l’histoire récente, nous avons connu une exception par rapport à cette contrainte totale, grâce à la période des 30 glorieuses (1945-1975) qui en permettant le développement des villes, des revenus et des classes moyennes a libéré une partie de la population du monde « occidental », du contrôle visuelle de la société villageoise et des contraintes de la religion. Un auteur comme Ronald Inglehart montre dans son livre Sacré versus sécularisation. Religion et politique dans le monde, publié en français en 2014, que dans les pays développés on assiste à une montée de la sécularisation et des valeurs libérales par rapport au divorce, à l’avortement, à l’homosexualité ou à la famille, et qu’en même temps pour des raisons démographiques, les pays moins développés étant beaucoup plus nombreux, on assiste à une croissance très forte des sociétés traditionnelles et des mouvements fondamentalistes, notamment dans les pays musulmans qui sont souvent encore des sociétés agraires ou pastorales. Ce long détour par l’anthropologie permet, de façon raccourcie, de faire l’hypothèse qu’aujourd’hui avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, on est en train de revenir à la « normale » dans les pays sécularisés et développés. Des sociétés privées, comme Google ou Facebook, ou des services de renseignement publics, américains, chinois, anglais, russe et bien d’autres, dont la France, sont capables aujourd’hui à travers le contrôle potentiel de toutes les données numériques qui circulent par les ordinateurs ou les Smartphones,  de mettre en place des systèmes de traitement grâce au « dieu algorithme », comme dirait Kim, un spécialiste des « big data » en Coré du Sud, et donc de contrôle, aussi efficaces que la « sorcellerie », les religions du livre et le « Big Brother » décrit par Georges Orwell dans « 1984 », publié rappelons-le en 1949, il y a presque 70 ans. C’est ce que Armand Mattelard appelle Le profilage des populations (2014). 3 – Comment vit-on dans un monde où des algorithmes savent mieux que nous qui nous sommes ? Dominique Desjeux : On peut faire remonter ce profilage par les algorithmes au 19ème siècle, période de développement de la probabilité appliquée. Aujourd’hui, il est fortement utilisé par le marketing dont l’objectif principal est de « capter » le consommateur et donc de le contrôler pour l’amener à acheter des biens ou des services, pour l’amener « à faire librement » ce que l’on attend de lui, comme le montre Jean-Léon Beauvois dans La soumission librement consentie (1998). Le consommateur ou le citoyen, d’un côté, et de l’autre les grandes entreprises numériques, le marketing ou les services de renseignements des Etats, sont engagés dans une tension permanente entre contrôle et autonomie. Il est donc bien établi aujourd’hui que de nombreuses organisations cherchent à mieux connaître le comportement des consommateurs ou des citoyens, mais aussi des terroristes et des délinquants, ce qui montre l’ambivalence des usages des nouvelles technologies, depuis les SIG (Système d’Information Géographique) dans les années 1990, jusqu’au « big data » en 2015. Cependant toutes ces tentatives de captation relèvent de l’intention. Ce qui reste encore à prouver, au cas par cas, c’est l’effet réel de ces intentions en termes de connaissance, puis de contrôle et enfin de changements réels du comportement des consommateurs. On connaît beaucoup d’échec de lancement de produits dans le domaine de la consommation. On connaît les failles policières dans le suivi des personnes à surveiller. Tout ceci tend à montrer que si l’intention est bien de contrôler totalement les consommateurs, les citoyens ou les personnes dangereuses, le résultat final n’est pas toujours aussi efficace. Il faudrait demander, par exemple, à Amazon quel est l’efficacité de son système d’information sur les livres qui pourraient intéresser ses acheteurs. 4 – Les entreprises et les Etats n’ayant par nature aucun intérêt à se retenir d’accumuler des données et des statistiques sur les consommateurs/citoyens, peut-on vraiment espérer une réaction par le haut ? Faut-il au contraire s’attendre à des réflexes de résistance au niveau individuel, un peu comme dans « 1984 », le roman de George Orwell ? Dominique Desjeux : Il reste donc une question ouverte, qui peut paraître paradoxal, voire sacrilège, celle de l’efficacité réelle de l’amélioration et du raffinement du traitement des données statistiques. En posant cette question on touche autant à « l’imaginaire messianique » de ceux qui croient que grâce aux « big data » on pourra beaucoup mieux contrôler le comportement des consommateurs, qu’à « l’imaginaire apocalyptique » de ceux qui croient que nous sommes manipulables à merci. En réalité les consommateurs et les citoyens sont des acteurs qui possèdent des marges de manœuvre et donc des réaction dans le sens d’une plus grande autonomie ou au contraire d’une « servitude volontaire », pour reprendre le terme de La Boétie au XVIe siècle. Surtout, entre les intentions des acteurs qui cherchent à manipuler, à séduire, à capter, à soumettre ou à éduquer, et les comportements des acteurs qui reçoivent ces intentions, il existe de nombreuses contraintes et de nombreux freins institutionnels ou psychologiques qui limitent les effets positifs ou négatifs de ces intentions. Le plus souvent les individus ne sont pas libres, même s’ils le croient. Cela arrange les dispositifs de persuasion qui s’appuient bien souvent sur cette croyance en la liberté pour développer leur contrôle. Par contre les acteurs ont des marges de manœuvre sous contrainte, ce qui n’arrange pas ceux qui croient que les acteurs sont passifs et dominés. Et pourtant, l’efficacité des « big data » est aussi sous contrainte d’acteurs. Ce sont ceux qui transgressent, comme dans le cas d’Edward Snowden ou des lanceurs d’alerte, sans que l’on sache bien, dans certains cas, ce qui relève du vrai ou de la vision conspiratoire du pouvoir. Au final il paraît pour beaucoup que l’affaire est entendue et que l’accumulation des données et des statistiques va nous conduire vers une société totalitaire ou vers son symétrique, une société entièrement transparente. À l’observation des pratiques sociales autour de la production, de la circulation et des applications de l’information, on constate que les dangers sont réels, surtout à la vue de l’histoire récente, avec la Shoa et les système communistes qui se sont développés sans NTIC mais avec des fiches écrites à la main, mais aussi l’islamisme, ou ancienne, avec les communautés villageoises sous contrainte de sorcellerie. Mais on constate aussi que le jeu est moins clair que celui de la seule explication par les intentions. Les résultats positifs ou négatifs de l’usage des algorithmes sont moins évidents qu’il n’y parait du fait de l’existence de contre-pouvoir, de failles humaines et des rugosités de la société. Il ne faut pas confondre l’intention des acteurs avec les effets sur les autres acteurs.

2015-1990, D. Desjeux, presse, radio, conférences, séminaires

2014 12 29, France Inter, D. Desjeux, Serge Tisseron, David Varet (Homebox), émission « Service public » sur la boulimie des objets, animée par Laurence Barcia
http://www.franceinter.fr/reecouter-diffusions/434499

La boulimie d’objets : c’est grave, docteur?
(ré)écouter cette émissiondisponible jusqu’au 23/09/2017 10h00

Plaisir d’offrir et joie de revendre sur la toile. A peine déballé, certains se débarrassent déjà de l’objet cadeau, tandis que d’autres stockent dans les placards.
Dans la cave et le grenier : les cravates à papa, des vieux albums de mariage pour oublier le divorce, les 33 tours des années collège, un ouvre-boite qui n’ouvre plus la boite, des bidons d’essence (sans essence) qui peuvent toujours servir : pourquoi avons-nous tant de mal à nous séparer de ces objets doudous ?

Des objets du grenier aux objets interconnectés… Que racontent ces placards de la mémoire à l’heure de l’immatériel et de la crise du pouvoir d’achat ? Quel est cet obscur objet de désir et cet obscur désir pour l’objet ?

bibliographie

Objet banal, objet social. Les objets du quotidien comme révélateurs des relations sociales.

Objet banal, objet social. Les objets du quotidien comme révélateurs des relations sociales.

de Dominique Desjeux et Isabelle Garabuau-Moussaoui
éditeur : L’Harmattan
parution : 2000
Boulimie d'objets. L'être et l'avoir dans nos sociétés.

Boulimie d’objets. L’être et l’avoir dans nos sociétés.

de Valérie Guillard
éditeur : De Boeck
parution : 2014

2014 12 25 BFMTV 19h, D. Desjeux sur la revente des cadeaux de Noël

2014 12 12, RTL, D. Desjeux, A quoi rêve les français (15h-16h) animé par Flavie Flament, préparé par Claude Szigeti, à partir d’une enquête réalisée par TNS SOFRES, présentée par Emmanuelle Desprès (FDJ), avec le concours de France Pelé, directrice conseil à Havas

2014 12 11, Atelier Développement durable et acceptabilité sociale, animé à la Sorbonne (université Paris Descartes) par Gaétan Brisepierre et Jerome Boissonade, avec D. Desjeux comme discutant

2014 12 10, Colloque à LILLE (Université Catholique), sur Les stratégies de localisation des ménages et des entreprises à l’épreuve d’une mobilité durable, organisé par Ludovic Vaillant du CEREMA, animée par Julie Merckling, et la participation de Joel Meissonier; D. Desjeux, grand témoin.

2014 11 27, soirée Pragmaty sur l’innovation avec :
Philippe Dessertine, économiste et universitaire, Directeur de l’Institut de haute finance à l’IFG (Institut Français de Gestion), auteur du best-seller « En tout espoir de cause »,
Alain Fuchs, ancien directeur de Chimie Paris Tech et fondateur du laboratoire de Chimie Physique d’Orsay, Président du CNRS, l’un des cent principaux innovateurs mondiaux selon le classement Thompson Reuters,
Dominique Desjeux, anthropologue et Professeur Emérite spécialiste de la consommation et co-auteur de l’ouvrage « Le consommateur malin face à la crise »,
Hugues Meili, PDG de NIJI, jeune PME française, fleuron des technologies digitales et de la convergence numérique,
Fabien Degaugue, multi-entrepreneur de la Silicon Valley, aujourd’hui CEO d’Instaply, start-up qui développe une plate-forme de relation client basée sur le text messaging.

2014 11 27, Colloque interdisciplinaire à Angers (Université Catholique de l’Ouest) : Polyphonie franco-chinoise: représentations, dynamiques identitaires et didactique, organisée par Béatrice Bouvier-Lafitte et Anne Pauzet.
D. Desjeux, « guest speaker » pour la séance d’ouverture : Un regard anthropologique sur la vie quotidienne en Chine depuis 1997

2014 11 13, 2ème Forum (En)jeux de Société, avec une intervention de Dominique Desjeux, président du conseil scientifique du GIS jeux et société
site de l’événement

http://www.enjeuxdesociete.fr/article/revivez-ledition-2014-en-video

2013, 30 novembre, Pèlerin, interview de Dominique Desjeux
La Journée sans achat est traditionnellement fixée en Europe le dernier samedi de novembre, soit un mois avant la déferlante de Noël. Quel regard porte Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie et culturelle à l’université Paris Descartes, sur cette manifestation ?
http://www.pelerin.com/L-actualite-autrement/Dominique-Desjeux-professeur-d-universite-La-Journee-sans-achat-mobilise-peu

2012-2014 : En cours de mise à jour

2012 09 27 L’obsolescence programmée
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-1-Midi/Sons/Europe-1-midi-Le-debat-27-09-12-125424

Ses invités:
Dominique DESJEUX, Anthropologue, auteur du livre « Le consommateur » à paraître chez Hartmann
Yves PUGET, Directeur de la rédaction de LSA, le magazine de la consommation
Serge LATOUCHE, économiste, professeur à l’université Paris XI–Orsay, auteur de « bon pour la casse-les déraisons de l’obsolescence programmée” ed les liens qui libèrent
Thierry SANIEZ, délégué général de l’association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie)

2012 16 février, Emisison des clics et des claques, sur la génération Y

2011 24 et 25 décembre interviews sur la revente des cadeaux de Noël pour RTL, Le Dauphiné Libéré et France Inter (Matthieu Rouault)

2011, 18 novembre interview sur la consommation de Noël par Lisette Gries de Dimanche Ouest France

2011 16 novembre, Europe 1 Emisison des clics et des claques sur Internet, les réseaux sociaux et la vie privée

2011 08 26 Europe 1, interview sur les mouvements sociaux (liens entre les années 1968 et les années 2010/2011, de la radio transistor à twiter, la dimension générationnelle et la forte croissance économique mais sur fond de crise en 2011; cf  article sur mai 1968)

2011 07 06 Europe 1, Interview sur la sorcellerie en Afrique par Nicolas Cariou (cf. D. Desjeux, 1987, Stratégies paysannes en Afrique Noire, l’Harmattan)

2011 06 30 Bienvenu chez Basse, 20:00, les comiques et les médiatiques ont-ils pris la place des politiques ?
La dernière de Bienvenue chez Basse

2011 06 29 Bienvenue chez Basse 20:00 , Vacances, les destinations favorites : le combat des pays et des régions, Acte 2
Fabien Onteniente, réalisateur
Benoit Lucchini rédacteur en chef adjoint des guides du routard.
Patrick Vicériat, Président de l’association des experts en tourisme, auteur de Le tourisme des années 2020 à la documentation française
Nicole Bacharan politologue, spécialiste de la société américaine et des relations franco-américaines, co-auteur de La plus belle histoire des femmes au Seuil
Jean Christophe Buisson rédacteur en chef culture au Figaro Magazine, auteur de Héros trahi par les alliés chez Tempus
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je ? La consommation chez PUF
Alain de Mendonça, PDG de Promovacances.com
Charles Ngouani, Directeur de l’Office du tourisme du Cameroun.

2011 06 29 BFM Radio , sur les méthodes filmées  en enquête sur la consommation

2011 06 20 Bienvenue chez Basse – 20:00, 2050 : Nouveaux transports, nouveau tourisme
Ses invités :
Bernard Chabbert, expert aéronautique d’Europe 1
Alain Cirou, directeur de la rédaction du magazine français Ciel et Espace et consultant Europe 1
Gilles Vervish, enseignant, agrégé de philosophie, auteur Tais toi et double aux éditions Max Milo
Pierre-Yves Savidan, associé au Bureau d’information et prévision économique en charge du transport aérien.
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je ? La consommation chez PUF
Marin de Viry, journaliste, écrivain, auteur de Tous touristes chez Flammarion

 

2011 06 14 Bienvenue chez Basse – 20:00, La Belgique
Ses invités :
Erwan Lecoeur, sociologue, diplômé en sciences politiques de l’université libre de Bruxelles, spécialiste de l’extrême droite
Pierre Kroll, dessinateur et caricaturiste belge
Isabelle Ory, correspondante Europe1 en Belgique
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF
Luc Beyer de Ryke, ancien présentateur du journal télévisé de la RTBF, à deux reprises parlementaire européen, francophone de Flandre. Son dernier livre : La Belgique et ses démons : Mythes fondateurs et destructeurs aux éditions Francois Xavier de Guibert
Christian Bourgoignie, conseiller culturel à l’ambassade de Belgique directeur du centre Wallonie Bruxelles à Paris
Odile Conseil, journaliste au Courrier International
Frederik Boriau, président de l’Association des flamands à Paris
Le live du soir :
Marcio Faraco
Direct culture : Exposition à la Photo-Galerie de La Maison des Etats-Unis, Paris 6ème, Une blonde à Manhattan « The Marilyn Monroe you’ve never seen »
Adrien Gombeaud, journaliste et critique de cinéma
La mauvaise humeur du soir : Silvio Berlusconi
Michela Marzano, professeur de philosophie à l’université Paris Descartes, auteur de Le contrat de défiance chez Grasset
Le livre du soir : Vengeances chez Gallimard
Philippe Djian, écrivain parolier
L’histoire d’un soir : Les relations au Travail
Robin Dualé, président des éditions Tissot
Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail, expert des relations sociales et syndicales

2011 05 17, Bienvenue chez Basse – 20:00 : Quand l’image mondialise la descente aux enfers d’un puissant de la politique
Ses invités :
Alain Genestar, directeur de la publication du magazine Polka
Adrien Gombeaud, critique de cinéma à la revue Positif et au journal Les Echos
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF
François-Bernard Huyghe, dirigeant de l’observatoire géostratégique de l’information au sein de l’IRIS, auteur de Maître du faire croire de la propagande à l’influence aux éditions Vuibert
Anthony Bellanger, directeur de l’information au Courrier International
Jean Garrigues, historien, spécialiste d’histoire politique, Les scandales de la République chez Robert Laffont et Les patrons et la politique chez Perrin
Jean-Eric Branaa, maître de conférences à Paris II, auteur de La constitution américaine chez Ellipse
Le live du soir :
Sinclair
Direct culture : Exposition « Archives de la vie littéraire sous l’occupation » à l’Hôtel de Ville jusqu’au 9 juillet 2011
Robert Paxton, historien américain, commissaire de l’exposition
La bonne humeur du soir :
Patrice Dominguez, ancien champion de tennis L’amour du tennis, abécédaire chez Plon
Le livre du soir :
André Velter, écrivain, poète, auteur de Paseo grande chez Gallimard
Jean-Marc Parisis, écrivain, journaliste
L’histoire d’un soir : L’histoire de la boîte noire
Bernard Chabbert, journaliste, consultant aéronautique Europe1
Jean-Claude Roumilhac, ancien chef pilote A340, chargé de la formation et du niveau professionnel des équipages

2011 05 9, Bienvenue chez Basse  – 20:00 : France 98, la grande farce ?
Claude Leroy, ancien joueur, ancien entraîneur de l’équipe du Ghana, sélectionneur de la Syrie
Dominique Desjeux, anthropologue, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF
Ivan Rioufol, journaliste au Figaro, auteur de A la recherche du peuple perdu aux éditons de Passy
Jean Durry, écrivain, historien du sport, fondateur du musée national du sport
Laurent Lasne, écrivain, auteur de Et maintenant ? au Tiers Livre
Karim Bouamrane, maire adjoint aux affaires économiques de la Municipalité de Saint-Ouen
Trésor, musicien, rappeur
Le live du soir :
Lilly wood & the prick
Direct culture : 18ème édition du Festival rock Les nuits botaniques à Bruxelles du 10 au 29 mai 2011
Paul-Henri Wauters, directeur du Festival Les nuits botaniques
Bienvenue en mai 1981 :
Jack Ralite, sénateur de Seine Saint Denis, ancien ministre de 1981 à 1984
Le livre du soir :
Benoît Duteurtre, écrivain, auteur de L’été 76 chez Gallimard
Jean-Marc Parisis, écrivain, journaliste
L’histoire d’un soir : L’histoire des jeux du cirque
Jean-Noël Robert, historien, auteur de L’empire des loisirs aux belles lettres
Georges Vigarello, directeur d’études à l’EHESS

2011 05 3, Bienvenue chez Basse – 20:00  : Mieux vaut être riche et en bonne santé, que pauvre et malade, Culture, société, sport…
Philippe Villemus, ancien directeur marketing du Mondial 98, auteur de Le patron, le footballeur et le smicard aux éditions Dialogues.fr
Olivier Provost, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune
Denis Muzet, président de l’institut Médiascopie, auteur avec François Jost de Le téléprésident aux éditions de l’Aube
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF

2011 04 28, Bienvenue chez Basse – 20:00 , La bonne humeur du soir : le 1er mai et les jours fériés
Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à l’université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF

2011, 1 avril, France Info sur la vie chère, 13h15-13h30, avec Bernard thomasson
www.france-info.com/vie-pratique-consommation-2011-04-01-augmentation-du-cout-de-la-vie-l-addition-en-quelques-chiffres-526713-516-25.html?var_recherche= vie chère#

2011, 03, 23, Emission « Bienvenue chez Basse », Europe 1, 23/3/11. Sujet : « Faut-il coucher avec le FN ? »
Dominique Desjeux participe à l’émisison de Pierre Louis Basse sur Europe 1 sur le FN.
Il décrit un travail fait sur le site fdesouche par Quentin et qui montre comment a évolué la question identitaire par rapport aux années 1980 et qui pour certains s’est traduite par un passage de « touche pas à mon pote » au front national ou à côté du front national.
Les réactions des internautes de fdesouche
www.fdesouche.com/192229-fdesouche-vu-par-europe-1/comment-page-2#comments

2011, 03 D. Desjeux, interview sur l’accident nucléaire au Japon par Agrobioscience: www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3038


2011, 2 mars,
Bonne-Mauvaise humeur 03/03/2011 – 21:35, Pierre Louis Basse
« On se demande quand même qui filme » Dominique Desjeux revient sur l’affaire Galliano. Par téléphone : Dominique Desjeux, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes,
auteur du Que sais-je « La consommation » chez PUF

2011, 15 février,Bienvenue chez Basse – 20:00
2011, 24 janvier, Bienvenue chez Basse – 20:00
2011, 13 janvier,Bienvenue chez Basse – 20:00
2011, 5 janvier, Radio Notre Dame, sur la revente des cadeaux de Noël avec Price Minister, 9h
2011 4 janvier,Bienvenue chez Basse – 20:00
2010, 6 décembre, Bienvenue chez Basse – 20:00 L’affaire Cantona
2010,10 novembre, Bienvenue chez Basse – 20:00 Comment entrer dans l’hiver sans déprimer
2010, 26 octobre, Bienvenue chez Basse – 20:00 Est-ce qu’on se regarde trop le nombril ? L’individualisme en France
Christophe Deltombe, président d’Emmaüs France, Michel Fize, sociologue, spécialiste des questions de l’adolescence, de la jeunesse et de la famille, auteur de L’individualisme démocratique aux éditions de l’œuvre.
Dominique Desjeux, anthropologue
Eric Beische, Directeur produit Clubmed gym
Alexandre lacroix, directeur de la rédaction de Philosophie magazine
Cynthia Fleury, philosophe et auteur de La fin du courage chez Fayard

2010, 18 octobre,Bienvenue chez Basse – 20:00, le populisme
2010, 30 septembre 2010,
Bienvenue chez Basse – 20:00, Les années 70 : liberté grande, ou trompe l’œil ?
Culture, société, sport… Le soir est grand ouvert avec Pierre-Louis Basse. Sans œillères. Et sans formatage.
Le grand débat du soir : Les années 70 : liberté grande, ou trompe l’œil ?
Dominique Desjeux
, anthropologue, professeur à la Sorbonne, Université Paris-Descartes, auteur du Que sais-je La consommation chez PUF.
Jeanne-Martine Vacher, journaliste, productrice, auteur de Sur la route de Janis Joplin chez Hugo&cie.
Jean-Marc Parisis, journaliste, écrivain.
Adrien Gombeaud, critique de cinéma à la revue Positif et au journal Les Echos.
Patrick Vicériat, président de l’association des experts en tourisme, auteur du Tourisme des années 2020 à la documentation française.
Laurent Journo, fondateur du salon du Vintage.
2010, 1 septembre, Bienvenue chez Basse – 20:00
Le débat du soir : demain, tous camés !
Jean-Luc Benhamias, député européen
Stéphane Clerget, auteur de Le pédospy de poche aux éditions Marabout
Jean-Pierre Couteron, médecin et président de l’association nationale des intervenants en toxicomanie
Dominique Desjeux, auteur de Que sais-je ? La consommation, chez PUF
William Lowenstein, directeur général de la clinique Montevideo
Jacques Myard, député-maire UMP
Thierry, ancien drogué et membre des narcotiques anonymes (0800 88 12 88)
2010, juillet,Europe 1, Pierre Louis Basse, 20h-23h
2010, 1 mai, Europe 1, Pierre Louis Basse, 12h20-12h55

2010, 27 mars, France Inter, Didier Adès et Dominique Dambert, émission rue des entrepreneurs, « De Gutenberg à Steve Jobs, la nouvelle révolution culturelle », interview de Dominique Desjeux les usages et les pratiques culturelles et les NTIC, 1384ème émission

RUE DES ENTREPRENEURS 27.03.2010 35:16 27/03/2010 Emission du 27.03.2010
France Inter – Rue des entrepreneurs   France Inter – Rue des entrepreneurs 
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_14958.xml

 

2010, Février n°788, J3E.com, interview de Dominique Desjeux sur la maîtrise de l’énergie : démarche sous contrainte

 

2010, Février n°407, le bulletin de l’ILEC, interview de Dominique Desjeux par jean Wattin Augouard sur les consommations culturelles

 

2010, 9 janvier, Europe 1, Pierre Louis Basse

 

2009, 25 Décembre, FR3 journal 12/13 sur la revente des cadeaux 

 

2009, 25 décembre, Europe 1, 13h05-13h30, sur la revente des cadeaux

 

2009, 23 décembre, Tsf,7h-8h, interview par David Sfez sur la revente des cadeaux

 

2009, Décembre, GQ n°22, Interview par Vincent Cocquebert sur la revente des cadeaux de Noël

 

2009, Le Nouvel Economiste n°1499, interview par caroline Castets sur les élites

 

2009, 22 novembre, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse

 

2009, 5 novembre, Stratégies n°1564, interview par Marine Gauss

 

2009, 22 octobre, l’Express/www.l’express.fr/ interview par Julie Joly

 

2009, 21 octobre, France-Soir.fr, interview sur la maison à 29€

 

2009, 17 octobre, Women’s forum à Deauville sur la beauté table ronde organisée par L’Oréal

 

2009, 12 avril, Radio RCF, émission Grand Angle animée par Violaine Ricour-Dumas sur le déménagement

 

2009, 30 avril, interview par Laurent-Dominic Chantal-Fortin, journaliste à Montreal sur les conséquence de la crise sur l’amour, le couple et la famille.

 

2009 22 avril, RCF en Berry, interview par Laureline Savoye sur les enjeux mondiaux de la crise

www.rcfenberry.fr

 

2009, 21 avril, Europe 1, animépar Marie Drucker sur crise et nouvelles consommations

 

2009, 16 avril, Chambre d’ Agriculture de Bourges, les rapports entre agriculture et société

 

2009, 10 mars, interview pour Réussir Vigne, un mensuel destiné aux vignerons, sur la place du vin dans notre société par Claudine GALBRUN
www.reussir-vigne.com

 

2009, 7 mars, Interview pour France Culture sur la grande distribution en Chine : le cas de Carrefour à Guangzhou (24′ 45″ à 29’30 »)

 

2009, 28 février, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur la crise et la consommation

2009, 26 février, conférence au CNAM sur les enjeux sociaux du téléphone mobile, animée par, Mathieu VIDARD, « La Tête au Carré », le magazine scientifique de France Inter

2008, 28 décembre, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur « Plus rien ne sera jamais comme avant »

2008, 26 décembre  BFM « Marketer dans les pays émergents », émission animée par Grégoire Favet

2008, 4 décembre, Metro, Interview par Jennifer Gallé sur les dons à Noël ( Cliquez pour télécharger)

2008, 3 décembre, RMC, Bourdin and C°. Les français ne sont pas les plus malpolis avec leur téléphone portable !

2008, 22 novembre,Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur le Beaujolais Nouveau

2008, 12 Novembre, BFM, Chine Hebdo, « Les consommateurs chinois et les marques » avec Dominique Desjeux, anthropologue, professeur de sociologie à la Sorbonne et Sébastien Janini, Responsable grande consommation chez TNS-Sofres à Shanghai, émission animée par Grégoire Favet

2008, 26 octobre, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur la surconsommation de septembre

2008, 16 octobre, conférence à la journée des métiers de la sociologie à l’Université de Nancy 2

2008, septembre, X-environnement, Conférece sur « Ce qui fait chnager les pratiques » avec Daniel Boy et Alexis Roy, animé par Alain Grandjean

2008, 20 juilet, Le Parisien, sur la négociation des prix et le pouvoir d’achat, Interview par Olivier Aubry

2008, 2 juillet, Les livres de la 8, TVDirect 8, interview de Bérengère de Termont sur Michel Maffesoli

2008, 11 mai, Europe 1, émission animée par Pierre Louis Basse, sur les nouvelles technologes

2008, 29 avril, Europe 1, émission animée par Guillaume Durand, sur la crise

2008, 28 mars, Europe 1,émission animée par Pierre Louis Basse

2008, 24 mars, Rio (Brésil) Interview de Dominique Desjeux sur l’usage de l’ethnologie pour comprendre les comportements des consommateurs. Un résumé de la méthode de l’ethomarketing, crée en 1990 par D. Desjeux et S. Taponier, en 3 minutes
http://br.youtube.com/watch?v=8DoK33O4HkY&NR=1
http://br.youtube.com/watch?v=lN8lqNTLvSA&feature=related

http://br.youtube.com/watch?v=JwcUGNT6_m0&feature=related

2007, 18 mars, D. Desjeux, Deux méthodes sur la consommation : échelles d’observation et itinéraires, journées interdisciplinaires Consommation et marchés : une approche par les intercations sociales, Sorbonne.

2007, 23 octobre, France Culture, émission Travaux public, animée par Jean Lebrun sur le luxe pour l’inauguration des nouveaux locaux d’Hermes rue du Faubourg Saint Honoré.

2007, 23 octobre, BFM, émission animée par Michel Picot à Pont à Mousson, sur la convergence fixe, mobile Internet pour les entreprises avec Bouygues Telecom et Samsung.

2007, 7 octobre, Europe 1, à 13h30, avec Pierre louis Basse sur le marché aux puces de Saint Ouen, interview de D. Desjeux sur le refroidissement et le réchauffement des objets.

2007, 5 octobre, colloque Etienne Thil à La Rochelle, intervention de D. Desjeux sur les approches anthropologiques de la distributione et de la consommation

2007, 27 septembre, 3ème congrés du réseau Asie-IMASIE, intervention de D. Desjeux sur « Consommation, Interculturel et vie quotidienne à Guangzhou (Chine). »

2007, 21 juin (comment les consomateurs sont des coproducteurs du produit),18 septembre (les communautés et les tribus), 16 octobre (le consommateur engagé), 13 novembre (achat ou location),  ANVIE, Le consom’acteur, animation scientifiques des interventions par D. Desjeux.

2007, 7 juin, D. Desjeux, intervention sur R&D et sciences humaines,au Salon européen de la recherche et de l’innovation, Association Bernard Gregory

2007, mai, L’information Agricole n°807, interview de D. Desjeux sur la consommation

2007, 21 avril, un reportage de présentation du DVD sur l’évolution du rôle des femmes en agriculture sur France bleu Limousin a eu lieu le samedi 21 avril 2007, Interview de Laure Adler et de Dominique Desjeux

2007, 20 mars, Intervention sur les méthodes d’enquête qualitative à Sciences Po, Master Affaires Internationales dirigé par Marc Flandreau

2007, 18 mars, D. Desjeux, intervention sur Deux méthodes sur la consommation : échelles d’observation et itinéraires, journées interdisciplinaires Consommation et marchés : une approche par les intercations sociales, Sorbonne

2007, février à mai, Séminaire sur les frontières de l’interculturel à la Sorbonne, animé par D. Desjeux et V Cicchelli (Université Paris-Descartes).

2007, 27 janvier, ARTE, journal de 19h45, interview sur les anti pubs

2007, 18 janvier, intervention de D. Desjeux sur les échelles d’observation de la décision à l’Institut Demos, dirigé par Jean Claude Ruano.

2007, du lundi 7 janvier au jeudi 11 janvier, Séminaire international sur les méthodes qualitatives, films et photos et les études sur la consommation (Brésil, Canada, Chine, France, USA) animé par D. Desjeux à la Sorbonne (Université Paris-Descartes).

2006, 16 décembre, BFI, Chine hebdo Info, avec Myriam Hertz, interview sur les jeunes

2006, 15 novembre, Europe 1, avec Pierre louis Basse sur les addictions, interview de D. Desjeux

2006, 21 octobre, participation à la Cité de la réussite à la Sorbonne sur la consommation.

2006, septembre, D. Desjeux, Le marketing a réinventé le magico-religieux, interview par Ava Eschwègue, Marketing N°106

2006, 6 septembre, La Croix, La rentrée des cantines peut être un plaisir, interview de D. Desjeux par Nathalie LACUBE.

2006 juillet, D. Desjeux, La smart house (sur la domotique), Nouvel Observateur

2006 juin, D. Desjeux, interview par Catherine Viera, Magasine Valor Bresil Rio

2006, juin, intervention au 1er Colloque In Vivo organisé par Eric Singler.

2006, 7 juin , LSA Conso sur BFM, interview sur le Que sais-je ? sur la consommation aux PUF

2006, 19 mai , Europe 1, La grande distribution à l’heure du net, avec Pierre louis Basse

2006, 22 mai, BFI, Chine Hebdo Chine, Le succès de Carrefour en Chine, avec Marion Zipfel mp3: chine-hebdo/2006-05-20_feature_02_net.mp3 []

2006, 3 mai , Europe 1, sur la publicité et la transsubstantiation, entre 12h45 et 13h

2006, 2 mai , Europe 1, émission Europe Plus avec Françoise Gaujour sur la salle de bain et la cuisine

2006, 28 avril , Europe 1 participation à l’émission « A l’air libre » avec Pierre Louis Basse, de 18h à 19h sur la Foire de Paris

2006, 30 mars , Europe 1, émission à quand la fin de l’alcool avec Laurent Cabrol

2006, 22 mars , Europe 1, émission Europe Plus avec Françoise Gaujour sur les objets de la décoration intérieure

 

2006, 7 mars, 2ème Chance, La distribution

2006, 3 mars, France 5, « Les maternelles » sur les objets, la décoration du logement et la construction du couple.

2005, 16 décembre , Europe 1, participation à l’émission « A l’air libre » avec Pierre Louis Basse, de 18h à 20 h sur la consommation de Noël

2005, 19 novembre, SIETAR, Dominique Desjeux, « Echelles d’observation et approches interculturelles dans les organisations et la vie. quotidienne »

2005, novembre, 9èmes journées de recherche en marketing de l’université de Bourgogne animé par Marc Filser, intervention de D. Desjeux sur Sciences sociales, échelles d’observation et décision.

2005, 28 octobre , France culture, Travaux publics par Jean Lebrun, « C’est le week end…et si on se meublait? »

2005, 12/13 octobre 2005, ADETEM , Intervention aux Journées nationales du Marketing sur les méthodes qualitatives

2005, 28 octobre , France culture, Travaux publics par Jean Lebrun, « C’est le week end…et si on se meublait? »

2005, 30 septembre, TF1.fr, Mathieu Durand, La nuit, sens dessus dessous, interview de D. Desjeux

2005, 16 juillet, BFI, Chine hebdo Info, avec Myriam Hertz, sur comment travailler en Chine avec Annie Cattan DG de Pragmaty, consultant en interculturel et conduite de projet.

2005, 26 mai, Institut Demos, Penser le changement en organisation, Rencontre autour de Michel CROZIER, avec la participation de D. Desjeux et animé par Jean Claude Ruano.

2005, mars, conférence à Science Po, Paris, sur Echelle d’observation et individualisme

2004, septembre, France Inter, « Sans vendredi », La consommation, avec Stéphane Conchon

 

 

2004, 26 août, France Inter, « Sans vendredi », Les objets insolites, avec Stéphane Conchon

2004, 7 juillet  France culture, Travaux publics par Jean Lebrun, « Quand les français déménagent« 

2004, 29 juin, Conférence à  EPC/RFID organisée par Gencod EAN France en collaboration avec PERIFEM et ECR France : « RFID, EPC : Mythes, réalités et applications »

2004, 27 avril, ESCP-EAP, Prospectives et marketing, animé par Oliver Badot, « Ethnomarketing et imaginaire » intervention par Dominique Desjeux

2004, 2 avril,  Agro-Monpellier, séminaire Sciences et techniques : « les sciences sociales s’en mêlent », participation de la table ronde « Eclairage sur l’actualité »

2004, 25/26 mars, Regards croisés sur la consommation enfantine, Université de Poitiers, Angoulème, participation au Comité scientifique, animé par Valérie Ines de La Ville

2004, janvier, Recherche et entreprise. Entretien avec Dominique Desjeux, Sciences Humaines n°145

2003, 13 aout, L’entreprise.com, Magali Claustres, « Quand les marques en appellent aux sens »

2003, 25-27 juin, Les Rencontres de Cargèse, animées par N. Alter sur l’innovation Université Paris Dauphine.

2003, avril, Liens socio, L’invité du mois, Dominique Desjeux

2003, 18 mars, RFI, Le monde Change

2003, Janvier, Les entretiens de la mission Agrobiosciences, D. Desjeux, Alimentation et Société. La cathédrale, le caddie®, et la caméra : les voies cachées de l’institutionnalisation de la consommation

2003 31 mars/1 avril, 2ème Journées Normandes de la Consommation, Dominique DESJEUX  (Université Paris V), Réflexions sur la logique des innovations dans l’espace domestique : une entrée anthropologique pour comprendre la consommation comme un procesus social.

2003, 18 mars, RFI, Le monde Change, interview de D. Desjeux

2002, Mai-juin INA, Les dossiers de l’audiovisuel n°103,  les nouvelles technologies : quels usages, quels usagers ?, D. Desjeux, Approche anthropologique des technologies de la communication.

2002, 4 février, France Culture, émisison Pot au feu sur la consommation, interview de D. Desjeux

2002, Béatrice Girard, Savez-vous parler « djeun’s »?, avec des extraits d’entretien de D. Desjeux, in Phosphore n° 249, pp.48-49

2002, D. Desjeux, interview par Magalie Claustres, consulter un ethnologue, Entreprise.com

2001,24 décembre, Arrêt sur image, La 5, Daniel Schneidermann, invité Dominique Desjeux, sociologue

2001, 18 septembre,participation à l’émission E=M6 Les secrets de vos comportements

2001, aout, Textes collectifs d’Analyse de la thèse de Madame Elizabeth Teissier

2001, 19 juillet 2001, L’Expansion, « Je construis ma maison »

2001, 17 juin, Radio France, Le Mouv Toulouse, interview de D. Desjeux

2001, 24 mai, Libération.com, David Groison, La diaspora dans le miroir du réseau. Anthropologie du comportement des communautés étrangères à Paris, enquête réalisée par le Magistère de Sciences sociales sous la direction de Dominique Desjeux, et le suivi par Pascal Hug, Xiao Min Yang.

2001, 5 avril , RFI, Le monde change, interview de D. Desjeux

2001, 25 janvier, Radio France, Le Mouv Toulouse, Le buzz : « Le syndrome de Peter Pan, retour en enfance, refus de grandir ».

2000,24 décembre, Arrêt sur image, La 5, Daniel Schneidermann, invité Dominique Desjeux, sociologue 

2000, 12 novembre, avec Sophie Taponier, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire lié à l’âge), à La Rochelle (Association RETINA)

2000, 7 décembre, RTL, émission Eclats de vie, animée par Valérie Benhaim, sur les nouvelles sociabilités et les bars de nuit

2000, 2 décembre 2000, interview pour Le Monde, par Jean-Michel Normand sur les résistances aux nouvelles technologies

2000, 28 novembre, table ronde « La maison communicante », communication « Questions d’un anthropologue sur les technologies domestique, pièce par pièce », 3ème Rencontres de la Communication Mobile, Groupe Motorola, Paris

2000, 27 novembre, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge), Hôpital Necker (Association RETINA)

2000,12 novembre, ARTE, « Plus jamais seul », documentaire par Jérome Camusat, Frédérique Bompuis et Bertrand Mary, interview de Dominique Desjeux

2000, 12 novembre, avec Sophie Taponier, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire lié à l’âge), à La Rochelle (Association RETINA)

2000, 30 septembre, avec Bruno Péquignot, François de Singly, table ronde à la Sorbonne sur l’édition du livre en sciences humaines, animée par Régine Bercot, ASES

 

2000, 9 aout, Retour sur 10 ans d’Université d’été de l’Innovation rurale à Marciac, D. Desjeux, Femmes et agriculture.

2000, 9 août, intervention au forum « Quand la démocratie rattrape la science », 6ème Université d’Eté de l’Innovation Rurale, 9 et 10 août 2000, Marciac

2000, 21 avril, interview filmé par Emmanuel Julien pour l’exposition « Nouvelles technologies et vie privée », Cité des Sciences

2000, 30 mars 2000, interview pour le Nouvel économiste, par Yves Deguilhem sur le téléphone mobile

2000, 28 et 29 mars, séminaire : D. Desjeux « Entre la fadeur de la prudence et l’ivresse de l’action : la tragédie de la décision », Forum Stratégies globales, Villejuif, Groupe Les Mousquetaires

2000, 24 mars, D. Desjeux «Gérer l’altérité, c’est lutter pour apporter une certaine relativité aux normes absolues de l’efficacité, du beau et du vrai », table ronde : Les nouvelles technologies de compensation du handicap, vers quelle société, 6ème Rencontre Ville et Handicap, Orléans

2000,  7 mars, interview pour L’ordinateur individuel, par David Groison sur Internet (n°117, mai 2000 : « Les anthropologues du high-tech », pp.84-86)

2000, 27 janvier, diner-débat : « Le sociologue professionnel et sa théorie », APSE, Paris

2000, 17 janvier, table ronde : « Mutations de l’édition en sciences humaines », SFHSH, Paris, ESCP

2000, 15 janvier, table ronde : « Comprendre les sciences humaines », Les université d’Ile de France, Paris, grand amphithéâtre de la Sorbonne

2000, 4 janvier, interview France Inter, Xavier Gespuggia sur la sorcellerie.

2000, 2 janvier, participation à Arrêt sur image, animé par Daniel Schneideman, diffusé par La 5ème, émission « retour sur le passage à l’an 2000 » 

2000, Conférence de D. Desjeux « Initiation à l’anthropologie sociale et culturelle », Mairie du 19ème arrondissement, association Détours, animée par Michèle Odeyé-Finzi

1999, 7 décembre, Interview pour Le Monde avec J.M. Normand sur les nouvelles sociabilité et les bars de nuit

1999, 5 décembre, interview pour Le Monde, par Guillaume Fraissard, sur « solitude et nouvelles technologies »

1999, 13 septembre, interview sur l’importance des réseaux sociaux en Chine, France, USA et Afrique, par Véronique Péan, journaliste free lance, Mission agrobioscience, Toulouse.

1999, 4 août, interview pour BFM, par Isabelle Friedman, sur le déménagement.

1999, 3 août, interview pour La Croix, par Emmanuel Isnard, sur les bars de nuit

1999, 3 août, interview pour World online France, par Bruno Mathon, sur les bars de nuit

1999, 30 juillet 1999, interview pour Le Monde, par Jean-Michel Normand, sur « Le réfrigérateur, qui concocte les repas »

1999,27 juillet, interview pour RFI, par Agnès Rougier, sur les objets du quotidien et le déménagement

1999,  27 juillet, interview pour Eureka, par Denis Sergent sur les bars de nuit

1999, 6 juillet,  « Les échelles d’observation de la décision », séminaire « Décision et management » de l’ICAD

1999, 3 juillet, interview par Isabelle Favre (Stancomb, Research Planing, Sidney, Australie) sur l’émergence des nouvelles pratiques universitaires en sciences humaines en France

1999, 2 juin, présentation des résultats de l’enquête d’Argonautes sur les emplois jeunes (enquête réalisée par Dominique Desjeux, Esther Sokolowski, Sophie Taponier, sociologues, et Marie Hélène Reboit, cinéaste) à une table ronde à Arles avec DominiqueVoynet et Martine Aubry, ministère de l’Environnement.

1999, 3 mai, enregistrement de l’émission « les nuits magnétiques » avec Michel Pomarède sur France Culture

1999, 24 janvier  interview sur la publicité interculturelle des loteries, Culture Pub, M6.

 

 

1999, 19 janvier, interview pour Prima sur le déménagement

 

1999, 20 janvier, interview pour le journal de l’APEC sur le déménagement

 

1998, 8 décembre, interview par Christopher Wells pour RFI (émissions en langue anglaise)

 

1998, 5 décembre, interview pour Le Monde, par Guillaume Fraissard, sur « solitude et nouvelles technologies« 

 

1998, 30 novembre, conférence, « Anthropological Approaches to consumer Sciences : the Itinerary Method », R&D Nestlé, Lausanne, Suisse

1998, 28 novembre, conférence sur l’ethnomarketing, INSFA, Rennes

 

 

 

1998, 11 novembre, Europe 1, Christophe Dechavannes sur Le déménagement, interview de D. Desjeux

1998, 23 octobre, animation de la table ronde Les enjeux du progrès technique pour la troisième rencontre internationale du Blé et des céréales au CNIT

1998, 22 octobre, animation de la conférence débat avec Jean Baubérot, La laïcité, Sciences humaines, carré SEITA

1998, 14 octobre, conférence sur « Nomades et sédentaires, les services de la mobilité », aux rencontres de la communication mobile organisé par MOTOROLA France

1998, 12 octobre, conférence sur « La vie quotidienne en Chine, l’exemple de Guangzhou (Canton) », à l’Assemblée Nationale pour l’association France Chine An 2000 (en collaboration avec YANG Xiao Min, Séverine Enjolras et Anne Sophie Boissard, étudiantes à Paris V)

1998, 5 octobre, conférence sur l’interculturel à l’atelier du Haut Management de l’ENSPTT

1998, 24 septembre, animation de la conférence débat avec Hervé Le Bras, Sciences et Politiques : la démographie et ses dérives, Sciences humaines, carré SEITA

1998, 15 septembre, animation de la conférence de Jacques Girin (CRG) sur le langage à l’atelier du Haut Management de l’ENSPTT (« Utiliser les sciences humaines et sociales pour mieux comprendre la réalité de l’entreprise et donc mieux la piloter », animé par Norbert Alter, D. Desjeux et Marie Rebeyrolle)

1998, 17 juin, avec Sophie Taponier, « Anthropologie de la consommation. Le cas de call porteur», Paris, France Telecom, Direction du marketing

1998,  22 mai, conférencier invité, « L’anthropologie de l’électricité au quotidien » en France, 8ème festival des Sciences, Chamonix

1998, 22 avril, conférencier invité, « Une approche sociologique des services. Les différences de recours aux services résidentiels vue comme un système d’approvisionnement lié à l’appartenance sociale. Le cas du déménagement », Paris, La Poste, Mission Recherche, Les mercredis de la Recherche : l’évolution des services : quelles leçons pour La Poste ?, 32 p. (multig.)

1998, 26 février, interview avec Anne Monjaret sur le déménagement par Gérard Gromer pour Le Gai savoir, France Culture.

1998, interview du 10 au 14 février avec Sophie Taponier « De l’électricité et des hommes », France Culture, Les chemins de la connaissance, animé par Gérard Ponthieu

1998, Europe 1, Christophe Dechavannes, sur la consommation et les courses, interview de D. Desjeux

1998, RFI, le magasine de la mondialisation animé par Effy Tselikas, interview de D. Desjeux

1998, RFI, le magasine de l’alimentation, interview de D. Desjeux

1997, 27 mai, D. Desjeux « Comment poser le problème de la consommation des services suivant une approche sociologique et anthropologique », Villepreux, Management Lyonnaise des Eaux

1997, 23 mai, D. Desjeux « Les enjeux de l’interculturel« , Paris, La communication Etat de savoirs, Démos/Sciences Humaines

1997, 4 avril, D. Desjeux « Intégrer la gestion de l’interculturel dans la conduite d’une action de coopération », Dijon, ministère de l’Agriculture, Journées Nationales d’Education au Développment de la Coopération

1997, 21 mars, D. Desjeux « Comment la connaissance des pratiques culinaire des jeunes peut-elle aider les industriels de l’agro-alimentaire à innover », Chateaudun, ANVIE, les ateliers de l’innovation, en collaboration avec Raphaël Pachiaudy, chef de groupe à Nestlé France

1997, 6 mars, D. Desjueux « Culture, Language and interdisciplinary research« , Tampa, USF, USA, The International Foreign Language Honor Society

1997, 20 février, D. Desjeux, « How to Read Paris« , USF, Tampa, Florida, USA

 

1997, 16 janvier, animation de la conférence débat avec André Kaspi et Peter Gourevitch, Etats-Unis : les années Clinton, Sciences humaines, carré SEITA

1996, 8 octobre, EDF-GRETS, conférence débat du professeur Dominique Desjeux à partir du livre Anthropologie de l’électricité, l’Harmattan

1996, 2 octobre, animation de la conférence débat avec Jacques Lévy et Pierre Veltz, La mondialisation : mythes et réalités, Sciences humaines, carré SEITA

1996, 14 mai, animation de la conférence débat avec Michel Crozier et Alain Touraine, Le changement dans la société,Sciences humaines, carré SEITA

1996, 19 avril, intervention sur l‘édition en sciences humaines, ASFODELP, Paris

1996, 10 avril, animation de la conférence débat avec Yves Jeanneret et Victor Scardigli, Innovation technologique : réalité et imaginaire,Sciences humaines, carré SEITA

1994, Ethnomarketing MEDIAS/interview par J.R. Deléage

1992, 8 décembre, FR3, CNDP, Transversales, la consommation des jeunes: documentaire « La Pub c’est fun« , avec Dominique Desjeux, sociologue, sur l’itinéraire de l’étude à la publicité

1990, Novembre, D. Desjeux, L’ethnomarketing revue Sciences Humaines n°1, Interview par Jean François Dortier

1990, D. Desjeux, La création de l’ethnomarketing, L’Express, Interview par J.M. Demetz

2015 1-3 juillet, Deuxième journée de l’énergie à Tours

LES DEUXIÈMES JOURNÉES INTERNATIONALES DE SOCIOLOGIE DE L’ÉNERGIE SE TIENDRONT À TOURS EN RÉGION CENTRE DU 1ER AU 3 JUILLET 2015, AVEC POUR TITRE : LES SOCIÉTÉS CONTEMPORAINES À L’ÉPREUVE DES TRANSITIONS ÉNERGÉTIQUES. http://www.socio-energie2015.fr/?page_id=5 Voir le programme, comment s’inscrire, comment participer Le premier programme de SHS et interdisciplinaire, lancé il y a deux ans par Maris Christine Zelem et Christophe Beslay à Toulouse.

2013-1990, Publications sur la santé, Sophie Alami, Dominiques Desjeux, Sophie Taponier

Santé

Présentation des enquêtes menées par Argonautes et/ou Interdis sous la direction de Sophie Alami, Dominique Desjeux et Sophie Taponier depuis 1985 dans le domaine de la santé

Publication sur la santé

INTERLIS, S. Alami, D. Desjeux, S. Poiraudeau, pour le compte d’ACTELION et préparation d’une étude quantitative sur le sujet (en cours).

2008, INTERLIS, Alami Sophie, Desjeux Dominique (dir.), 2008, Etude qualitative sur « les attentes des personnes atteintes de sclérodermie systémique »,

2008, Sophie Alami, (dir.), 2008, Etude de faisabilité relative à la création d’un institut orthopédique au Maroc, Dial Invest,

2007, Alami Sophie, (dir.), 2007, Etude de faisabilité relative à la création d’une maison de retraite spécialisée dans le 4ème âge, ORPEA., INTERLIS 16 BRISTOL-MYERS SQUIBB

2007, Poiraudeau  S., INTERLIS, S. Alami, D. Desjeux, 2007, Participation à l’identification des indicateurs à retenir pour l’élaboration de nouveaux instruments d’évaluation des « attentes des patients atteints de gonarthrose » et de leurs« peurs et croyances » (méthode Delphy), pour le compte de PFIZER.

2006, Desjeux D, 2006, « La question des échelles d’observation en sciences humaines appliquées au domaine de la santé », Revue de l’ARSI

2006, INTERLIS, S. Alami, S. Poiraudeau & D. Desjeux, 2006, « Etude qualitative sur « les représentations, comportements et attentes des personnes atteintes de gonarthrose », contrat d’étude réalisée pour PFIZER.

2006, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (V) Typologie des patients », Acupuncture & moxibustion, 2006, vol. 5, n°3, p. 202-212.

2006, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (IV) Représentations et rapports à la science », Acupuncture & moxibustion, 2006, vol. 5, n° 1, p. 12-17.

2005, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (III) Médicaments et acupuncture », Acupuncture & moxibustion , 2005, vol. 4, n°3, p. 171-181.

2005, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, « L’acupuncture en France aujourd’hui (II) Perceptions des effets et évaluation de l’acupuncture », Acupuncture & moxibustion, 2005, vol. 4, n° 2, p. 82-93.

2006, Patrick Triadou, Dominique Desjeux, Jean-Louis Lafont, Olivier Martin et alii, 2006, «Acupuncture in France today, a survey »

2001, D. Desjeux et alii, 2001, « Lecture anthropologique de la construction du passage de l’acceptation de la maladie liée au cholestérol », contrat Louis Harris, Laboratoire Pfizer, multig.

2000, S. Alami, 2000, Etude qualitative des « pratiques et représentations des professionnels de santé en matière d’asthme au Maroc », pour Glaxo Wellcome.

1999, Dekens Stéphanie, Ras Isabelle, Taponier Sophie, Desjeux Dominique, 1999, Pratiques, représentations et attentes des personnes atteintes de Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (DMLA), Paris, Argonautes, Contrat Retina France/AFRP, 3 vol., 392 p., multig.

1998, Desjeux Dominique, Taponier Sophie, Palomares Elise, Garabuau-Moussaoui Isabelle (avec la collaboration de Horn Ray), 1998, Enquête exploratoire pour la création d’un institut européen d’innovation sociale (Auxerre, Bruxelles, Lisbonne Londres, Paris), Paris, Argonautes, Contrat Caisse Chirurgicale Mutuelle de l’Yonne , 2 vol., 240 p., multig.

1998, Desjeux Dominique, Taponier Sophie, Zheng Li-Hua, Enjolras Séverine et alii, 1998, Les pratiques et les représentations de la mémoire à Guangzhou (Chine). Enquête anthropologique, Paris, Argonautes, Contrat Laboratoire Beaufour Ipsen International, 3 vol., 324 p., multig. (lié au développement du Tanakan)

1997, Desjeux D, 1997, « Approche anthropologique des soins : la méthode des itinéraires thérapeutiques », Revue Internationale de Pédiatrie, tome XXVIII, pp. 14-15

1996, Desjeux D. et alii, 1996, « Why is Oral Therapy Associated with Drugs in the treament of Diarrhea ? », Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, pp.112-113

1996, Desjeux D., 1996, « En quoi l’anthropologie peut aider les médecins à mieux intervenir pour soigner les diarrhées de l’enfant dans le tiers-monde ? », Bruxelles, Dialogue Hospitalo Praticiens, n° 237, pp. 1-4

1996, Desjeux D., 1996, un chapitre, in DESJEUX J.F., HERCBERG S. (eds.), La nutrition humaine. La recherche au service de la santé, Paris, INSERM/NATAN

1995, DESJEUX J.F., DESJEUX D. et alii, 1995, « How to Explain the Gap between Recommandation ans Prescription in the Treament of Diarrhoea », The Hong Kong Journal of Pediatrics, 1 (Suppl.) pp. 134-137

1994, Desjeux D., Isabelle Favre, Joelle Simongiovani, Laurence Varga, Marie Hélène Caillol, Sophie Taponier,  » Pourquoi dans le traitement de la diarrhée, la thérapie par voie orale est-elle associée à des médicaments ? » dans DESJEUX J.F., TOUHAMI M., (eds.), 1994, Alimentation, génétique et santé de l’enfant, Paris l’Harmattan pp. 209-2014

1994, Louradour D., 1994, « Entretien avec Dominique Desjeux : quand l’anthropologie s’intéresse à la santé », La Gazette Médicale, n°30, pp. 52-53

1993, Desjeux D. Favre I., Simongiovani J., Taponier Sophie, 1993, Anthropologie d’une maladie ordinaire, Étude de la diarrhée de l’enfant en Algérie, Thaïlande, Chine et Égypte, Paris, L’Harmattan, 256 p.

1992, Desjeux Dominique Mebtoul M. (éds.), 1992, « Projet d’anthropologie de la santé, L’alimentation de l’enfant et sa santé » (rapport de synthèse), Paris, Laboratoire d’ethnologie de Paris V / Université Es Sénia d’Oran, 20 p.(multig), (Tome 1, 127 p, Tome 2, 201 p, Tome 3, 125 p, Multig) (lié au développement du SMECTA)

1990, Desjeux D. 1990, « La diarrhée de l’enfant en Algérie : itinéraires thérapeutiques et choix familiaux », in colloque « la santé de la mère et de l’enfant », Paris, Édition UNESCO, pp 133-138.

1985, Desjeux D. (éd.), 1985, L’eau, quels enjeux pour les sociétés rurales, Paris, L’Harmattan, 247 p. (avec les maladies liées à l’eau)

Conférences, séminaires

2007, Desjeux Dominique, 15 novembre, » Approche anthropologique de la cacophonie alimentaire », Paris, CNAM

2001, Desjeux Dominique, 7 août, « Le décideur, la « vache folle » et l’échelle de perroquet. La part du hasard, de la contrainte et de la maîtrise dans les processus de décision sur les risques alimentaires », Université de l’innovation rurale, Marciac, pp 1-9

2001, Desjeux Dominique, 8-9 août, « Quand la génétique nous convie à un autre regard sur nous même », guest speaker et animateur de trois tables rondes sur les débats publics en science. Université de l’innovation rurale, Marciac.

2001, Desjeux Dominique, 2 juillet, « Approche anthropologique des maladies cardio vasculaires : Le cholesterol, une maladie marqueur de passage », Divonne, Suisse, Louis Harris, Laboratoire Pfizer

2001, Desjeux Dominique, 15 mai, « Les associations de patient, le point de vue du sociologue sur l’organisation des soins », DIU Sciences de la qualité et établissement de santé, Faculté de médecine de Necker

2001, Desjeux Dominique, 18 mai « Anthropologie de la maladie : le cas de la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) », Le bistrot des ethnologues sur les affections du corps avec Françoise Héritier et Michèle Cros, Montpellier

2000, Desjeux Dominique, 5 mai « Quels liens entre recherche génomiques, diagnostic médical et services après l’annonce de la maladie : le cas de la DMLA et de la rétinite », Colloque franco-chinois Génome et Cultures, animé par le Professeur Caen, Fondation Marcel Mérieux, Domaine des Pensières, Annecy

2000, Desjeux Dominique, 24 mars, «Gérer l’altérité, c’est lutter pour apporter une certaine relativité aux normes absolues de l’efficacité, du beau et du vrai », table ronde : Les nouvelles technologie de compensation du handicap, vers quelle société, 6ème Rencontre Ville et Handicap, Orléans

1999, Desjeux Dominique, 27 novembre, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge), Hôpital Necker (Association RETINA)

1999, Taponier Sophie, Desjeux Dominique, 12 novembre, présentation des résultats de l’enquête sur les personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire lié à l’âge), à La Rochelle (Association RETINA)

1996, Desjeux Dominique, 30 janvier, communication oral, « De la connaissance médicale aux pratique courantes. A propos du traitement de la diarrhée de l’enfant », Séminaire Robert Debré, Hopital Robert Debré, Paris

1995, Desjeux Dominique, 15 avril,  communication oral, « Why is oral therapy associated with drugs in the treatment of diarrhea in children ? », ESPID, Birmingham, Grande Bretagne

1995, Sophie Alami Etude qualitative par focus groups sur « la prévention des MST-Sida en milieu urbain : la vulnérabilité des femmes casablancaises de milieu défavorisé » pour le compte du Ministère marocain de la Santé publique.

1994, Desjeux Dominique, communication orale, 1er congrès de pédiatrie européenne, à Paris : « Les aspects anthropologiques du traitement de la diarrhée »

1993, Desjeux Dominique, 10 décembre, communication orale, « Anthropologie d’une maladie ordinaire : résultat de l’étude », Institut du Monde Arabe, Beaufour-Ipsen International, Paris

Santé et édition

1990-1995, co-directeur de la collection « Santé et sciences humaines », avec le professeur J.F. Desjeux, membre correspondant de l’Académie de Médecine,

1998, correspondant scientifique pour la revue Santé Publique et Sciences Sociales, Oran, Algérie, crée en juin 1998 par Mohamed Mebtoul

 

 

 

 

 

2015, 20 et 21 janvier, D. Desjeux, in symposium à Lille sur la transition énergétique

Successful in energy transition. The dynamics of change

International symposium, Lille, 20 -21 January 2015

Call for papers

Organised by :

Helga SCARWELL, Professor, TVES-Lille 1, helga.scarwell@univ-lille1.fr

Divya LEDUCQ, Docent, PIMENT-La Réunion, divya.leducq@univ-reunion.fr

Annette GROUX, Professor, TVES-Lille 1, annette.groux@univ-lille1.fr

1 Successful in energy transition:

the dynamics of change

Conference presentation

This international conference, to be held in Lille on 20th and 21th January 2015, aims to

contribute to the debate of ideas generated by a number of actions which seek to balance

the energy transition and development of territories.

Location of the International Symposium: Lille

Duration of the conference (two days): 20 and 21 January 2015

Proceedings of the symposium

Oral papers selected will be proposed for publication in the conference proceedings, which

take the form of a special issue of journal and a collective volume with a peer committee.

The edition is scheduled for publication close to the conference. Full papers must be sent no

later than 1st September 2014.

Call for papers

Ecological transition, given to the Rio+20 Summit in June 2012, seems to be at the heart of

the structural reform agendas of States. The concept of ecological transition will lead to

simultaneous implementation of several objectives based on the reduction of greenhouse

gas emissions, promoting renewable energy, incentives for efficiency and energy economy,

while questioning our needs. In France, this question has focused on the problem of energy

transition presented at the Environmental Conference held in Paris in September 2012

which mobilized media attention, like the launch of the States-General of the ecology (the

so-called “Grenelle de l’environnement”). Do we not observe a semantic drift from

ecological transition to energy transition? More sober and neutral than to the greenhouse

effect, a source of increased energy independence, lifeline for the economy, the energy

transition appears as the third industrial revolution according to the words of J. Rifkin1

1 Jeremy Rifkin, 2012, La troisième révolution industrielle, Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde, Paris : Les liens qui libèrent.

. The commitment of energy and ecological transition, in a context of crisis, is expected to

organize industrial sectors, transform territories and create jobs. Some do not hesitate to

prophesy that the energy transition will be tomorrow, the only feasible way to the (green)

economy: witness the « great national debate on energy transition » launched by the

Government in the wake of the environmental conference to reach main objectives of the

factor 4: reducing greenhouse gas emissions, 50% saving of energy consumption by 2050,

fossil fuel consumption reduced from 30% by 2030, and the diversification of energy mix

through the development of renewable energies. So far, it is necessary that the concept of

2 energy transition makes consensus, or we find a semantic vagueness in the use of the term

by different actors.

Arising from this positivist approach, since the beginning of the 21st century there has been a

resurgence of technical solutions, including applied “bioclimatic” across buildings to enable

savings on energy bills while taking into account the notions of comfort and uncertainties in

climate-building-user interactions. Thus, a wide range of useful technology has been

developed in thermal insulation of new buildings, energy renovation of old buildings,

recycling and recovery of waste, and finally, in eco -design of products such as “Cradle to

Cradle” programs. The climax of this technological development is reflected in the

promotion and media coverage of smart -grids and smart cities, but could other energy

efficiency models not live together? Indeed, action on technical systems also requires

effective upgrading of local knowledge in both scholarly and vernacular architecture to meet

social needs, particularly in habitat and housing. How to reconcile social housing for the

future and energy transition? The energy and economic developments, such are they now

the terms of sustainable development that should be articulated. Despite a strongly unifying

discourse, can the issues raised (economic, energy, environmental and climate crisis) be

resolved in the announcement of a mutation carrying for the development of technological

innovations, a competitive advantage for businesses, sources of jobs and improving the

purchasing power of consumers? Would the challenge not seek out for a non-transitory

break and terminate the policy directions and strategies that turn their backs (de Perthuis2,

2013) to initiate “a process of continuous and irreversible change

3 ”? Energy transition can’t be so disconnected from the ecological transition.

All human activity causes energy consumption, but the way human beings have mastered it

is at the foundation of our lifestyles and of the organization of our societies. Thus, because

the energy choices are the result of preceding political and economic choices for certain

energy sector, one will agree to recognize that “the developed techniques and deployed

infrastructures materialize modes of collective organization (…) engaging users in more or

less binding chains and in more or less strong dependency situations” against energy

(Rumpala, 20134

2 Christian de Perthuis, 2013, « La « transition énergétique » : Les ambiguïtés d’une notion à géométrie variable », Les Cahiers de la Chaire Economie du Climat, n° 21).

Therefore, the prospects opened by this debate are not trifling. They are

testing our methods of managing resources, our individual behavior, our collective

organizations and question our ways of today production and consumption. Without

neglecting the essential technological innovations – inherent in the modernization of society

– energy transition should be the subject for an economy of sobriety which only the local

communities and individuals hold the key. Indeed, does not the standing actuality of the

energy transition problem question more our behavior, our total consumption and the

health of the planet? Similarly, favorable context to the implementation of local initiatives

for sustainable development entails enthusiastic and compelling speech on the energy

transition, too often seen only through technological innovations and not as the emergence

of new possibilities to social level (Raineau, 2011; Zélem and Beslay, 2013). Does the

3 Conclusion de la deuxième Conférence environnementale du quinquennat par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault

« L’enjeu n’est pas de rechercher une rupture toujours éphémère et trop vite oubliée, mais bien d’enclencher une dynamique

de changement continue et irréversible ».

4 Yannick Rumpala, « Formes alternatives de production énergétique et reconfigurations politiques. La sociologie des

énergies alternatives comme études des potentialités de réorganisation du collectif », Flux n° 92, p. 47-61.

3 commitment to ecological transition not allow the profound transformation of all our

models and our individual and collective behavior? In this perspective, the issue of energy

transition then focuses on redefining the terms of access to resources, risk sharing, the

ability to integrate environmental issues for collective evolving in multiple, scalable and

interaction institutional environments (natural, social, political, administrative, expertise … ).

It also questions our individual responsibility because there are no small actions for the

planet “when we are 60 million to do it” (advertising slogan of MEDDE, 2011). Can we not

believe that insignificance at the individual level could have a significant impact on the

collective level?

Beyond these individual actions – that would transform the collective organization – and

beyond the very general statements of intent, would it not be appropriate to examine the

intermediate and multi-scalar level of spatial planning to measure the potential energy

transition in urban and rural areas? Attention should also be given more precisely in

essential control of land which, in the same way as energy is a finite and expensive resource.

Not only in the framework of planning operations, but also in the development activities,

these questions are relevant through the issues of the ideal degree of densification of the

city center and exploitation of the brown fields. What could be the new forms of

organization of our cities and our territories? Which new life organizations? Finally, how to

implement the transverse energy transition policy as mainstream in all the territorial and

secotoral policies? In other words, what are the implications for land use scenario

(NégaWatt 5, 2012)? In addition, how to foster the emergence of environmentally

responsible or self-efficient energy business parks? What would be the consequences of this

new planning under various networks of transport – individual and collective? In fact, rural

areas that have plenty of land would perhaps also present bigger energy potential? These

questions include the issue of energy in the heart of a political, strategic and systemic

commitment to sustainable development of territories.

Furthermore, why not also mention the legal and financial tools may constitute levers

energy transition and encourage dynamics of change? Will tools now in place – households

prime, tax credits, reduced VAT, guarantee fund, support for third party funders, support

sector structuring, taking into account the thermal performance of building works – be

sufficient to ensure financial sustainability of the energy transition?

This colloquium is held under the « Researchers – Citizens Programme », an original funding

device initiated by the Region Nord-Pas de Calais to finance research programs involving

collaboration between laboratories and non-profit associations. It aims to contribute to the

debate generated by a number of actions which seek to balance the energy transition and

territorial development ideas. Of course, communications will not be limited by provided

studies for the lands of Nord Pas -de- Calais. Indeed, we expect presentations on situations

outside this region and France that will be useful approaches to the burgeoning debate

around energy transition. Presentations will not be limited to a strictly descriptive analysis,

but they will present theoretical, operational approaches (applied research) and professional

practices.

5 Manifeste Négawatt, 2012, Réussir la transition énergétique, Paris : Actes Sud, 376 p.

4 We want to give an international dimension to this symposium. Therefore, communications

in English are welcome. Finally, a workshop in the form of round table will be reserved for

professionals.

In this conceptual framework, communication proposals could include the following themes

and issues – as examples and non- exclusive basis:

1. The definition of the energy transition, its implications in terms of

categories of actors, as well as its translation into legal, economic, political

discourses…, and its semantic elasticity

– How does the relevance of this concept reflect an increased consideration of ecology?

– What can we expect from the energy transition?

– What are the content and limits of the concept of energy transition?

2. The current implementation of the transition and its limits in the answer it

gives to the imperatives of energy sobriety and economic or environmental

crises

– How energy transition can be seen as a dynamic of change and not confined to its technical

dimension?

– How new technological developments can contribute to a redistribution of opportunities

and correlation with social reorganization?

– Planning law for the energy transition?

3. A prospective vision of what could be tomorrow’s energy transition in

developing perspectives taking into account the individual, technology and

territory

– Today, the process of energy transition is questioned essentially from a technical point of

view: however, energy transition is primarily a social issue. What is therefore a social

inclusion of technologies? The issue of lifestyle is posed again more than the issue of

technology?

– Would not it be better to look at the different forms of energy? Changing culture rather

than technology?

– Energy transition: what are the leverages for change? How to rethink the whole community

through the transition?

– What is the relevance of the energy transition to the level of the individual or the plot?

4. Legal and financial tools of the energy transition

– How to ensure sustainable financing of the transition?

– Who should make efforts sobriety in the great debate on energy saving?

Scientific Committee (paper proposals will be submitted for review)

– Marie-Christine ZÉLEM, Professor of sociology, CERTOP-CNRS UMR 5044, University

Toulouse II

– Hassan PEERHOSSAINI, Professor, Head of PIERI – Paris Interdisciplinary Energy Research

Insitute, University of Paris Diderot

5 – Charles RAUX, Director of LET (CNRS-University of Lyon – ENTPE)

– Jean-Claude GATINA, Professor, University of Reunion Island, Research unit PIMENT

– Jian ZHUO, Associate professor, Tongji University, CAUP, Shanghai

– Christophe BESLAY, Associated Docent, BESCB, University of Toulouse-le Mirail

– Mathieu LE DÛ, Research , Virage Énergie

– Alain GRAS, Professor of sociology, Centre d’Etudes des Sciences Sociales de la Défense,

Université de Paris 1

– Christophe GOUPIL, Professor ENSICAEN, PIERI, UMR 8236, University of Paris Diderot

– Laétitia ADÉLARD, Docent-HDR, University of Reunion Island, Research unit PIMENT

– Dominique DESJEUX, Anthropologist, Professor, University of Paris Descartes – Sorbonne

Paris city

– Stéphane BALY, Association Virage Énergie

Quatre personnes sont encore attendues.

Calendar

1st March 2014: Launch of the call for papers in French and English

April 30, 2014: Submission of abstracts according to the model attached. Editorial

constraints are not the same for academics/researchers and professionals

1stJune 2014: Response to speakers

1st September 2014: Sending imperative complete texts by selected speakers

30th September, 2014: Back assessments (acceptance and possible corrections to the

publication of the collective work)

30th October, 2014: Submission of final papers for publication

Proposals for papers and full papers should be sent simultaneously to the

three coordinators of the conference

– Helga Jane SCARWELL, Professor, University of Lille 1, Research unit TVES,

helga.scarwell@univ- lille1.fr

– Divya LEDUCQ, Associate professor, University of Reunion island, Research unit PIMENT,

divya.leducq@univ- reunion.fr

– Annette GROUX, Professor, University of Lille 1, Research unit TVES, annette.groux@univlille1.fr

All participants in the Symposium Lille in January 2015 are required to be registered,

whatever are their statuses – speakers, officers, chairpersons, discussants or visitors. When

you will register, you could select thematic sections you wish to attend.

Fees to be paid before October 30, 2014: 160 Euros

This unique package includes two lunches, snacks and editorial publication costs.

2015, Résumé du CV de D. Desjeux

Curriculum Vitae

Dominique DESJEUX

1 – Fonctions actuelles

  • 2014- 2018, Professeur Emérite d’Anthropologie sociale et culturelle à l’université Sorbonne Paris Cité, Faculté des sciences humaines et sociales Sorbonne, (Professeur depuis 1988)
  • Consultant international pour des enquêtes qualitatives sur la consommation et les processus de décision de la R&D à l’usager final en passant par la distribution (Chine, Brésil, Afrique du Nord et au Sud du Sahara, USA, Europe, Taipei, Singapour, Israël)
  • Visiting professor aux universités des Etudes Etrangères du Guangdong, Guangzhou, Chine et à COPEAD, UFRJ, Rio, Brésil
  • Membre du CEPED (UMR 196), Université Paris Descartes
  • Consultant chez Pragmaty (SAS) dirigé par Ludovic Marty et Annie Cattan
  • Directeur scientifique d’Interlis (SARL) dirigé par Sophie Alami
  • Gérant de Daize and co (EURL)
  • Président du conseil scientifique du GIS « Jeu et sociétés »
  • Président du conseil scientifique de Bouygues Telecom
  • Membre du conseil scientifique du prix du live Le Monde/PUF
  • Membre de l’observatoire de l’énergie d’EDF
  • Membre de l’ObSoCo (Observatoire Société et Consommation)

2 – Domaines de recherches d’études et d’interventions en France, en Europe, aux Etats Unis, en Chine, au Brésil et en Afrique

  • Socio-anthropologie de la décision dans les organisations
  • Anthropologie de la consommation et ethnomarketing (grande consommation, santé, NTIC, énergie, mobilité)
  • Anthropologie de l’interculturel et géopolitique
  • Socio-anthropologie de l‘innovation dans les organisations, les villes, le milieu rural et la vie quotidienne
  • Sociologie de la production scientifique dans les formations supérieures et la recherche

3 – Fonctions avant 2014

  • Directeur de la formation doctorale professionnelle (PhD responsable d’études, 2007-2014)
  • Membre du conseil scientifique d’INTERFEL (2007-2008)
  • Membre du conseil scientifique de l’ADETEM (Marketing) (2008-2012)
  • Président du conseil scientifique de la Cité du Commerce et de la consommation (2008-2009)
  • Membre de l’observatoire les matins réussis de Kellogg’s (2011-2012)
  • Président du conseil scientifique de la commission sur les déchets de l’ADEME (2010-2013, environnement)
  • Président de la commission VAE (validation des acquis de l’expérience) de la faculté SHS, Sorbonne, de l’université Paris Descartes
  • Chargé de mission SOFIP (insertion professionnelle) auprès du Président A. Kahn
  • Professeur d’anthropologie sociale et culturelle à la Sorbonne (université Paris Descartes), (depuis 1988)
  • Directeur du Magistère de Sciences sociales appliquées à l’interculturel dans les organisations, la consommation et l’environnement (1989-2008)
  • Directeur de la collection Sciences sociales et sociétés aux PUF (1996-2008)
  • Auteur, puis directeur de collection, puis directeur éditorial pour les SHS à l’Harmattan (1975-1995)
  • « Visiting professor » à l’University of South Florida (USF), Tampa, Floride, USA (1994-2006) à Odense, Danemark (1997-1999), à Guangzhou, Chine (1997-2014), COPEAD, UFDR, Rio, Brésil (2007-2008)
  • Chargé de cours à l’IPSA d’Angers (1990-2005), à l’ESSCA d’Angers (1999), IEP Paris, FPC, etc.
  • Chercheur au laboratoire d’ethnologie de la Sorbonne (1988-1996), Chercheur au Cersof (Paris 5-Sorbonne) (1996-1997)
  • Co-fondateur du CERLIS avec Monique Hirschhorn, Eric Plaisance et François de Singly (1997-2014)
  • Co-responsable de l’axe Arts, Cultures et Consommations au CERLIS, CNRS, avec Jacqueline Eidelmann et Bruno Péquignot (1997-2008)
  • Consultant pour Pragmaty en management interculturel en Europe, Afrique et Chine (2002-2009)
  • Directeur scientifique d’Interlis, dirigé par Sophie Alami, en études internationales (Chine, Etats-Unis, Allemagne, Grande Bretagne, Suisse, Autriche) et en France (2002-2009).
  • Directeur scientifique d’Argonautes, dirigé par Sophie Taponier, (1990-2001) pour les études et les recherches en France, en Europe, en Afrique, au Brésil et en Chine
  • Membre du conseil d’administration de la revue Sciences Humaines (1990-2005) créé par Jean-François Dortier et Jean-Claude Ruano-Borbaland et du conseil scientifique de la Revue
  • Membre du comité des anthropologues de Motorola aux USA (1999)
  • Visiting professor à USF, Tampa, FL, USA, (1994-2001), à COPEAD, UFRJ, Rio, Brésil (2008-2014), à l’université d’Odense au Danemark

 1988-1988

  • Licencié, en recherche d’emploi

 1981-1988

  • Professeur de sociologie à l’École Supérieure d’Agriculture d’Angers, enquêtes en milieu rural français.
  • Rédacteur en chef de la revue Agriscope
  • Consultant pour l’UNESCO, consultant international pour différentes ONG comme le CCFD, au Congo et au Burkina Faso
  • Directeur de la collection « Logiques sociales » à l’Harmattan (1985) puis directeur littéraire pour les sciences sociales jusqu’en 1995.

 1979 -1981

  • En recherche d’emploi
  • Sociologue indépendant en profession libérale.
  • Chargé de cours et intervenant dans différents établissements d’enseignement supérieur : EHESS Paris, Université de Tours, Stanford University-Centre de Tours
  • Directeur de la collection « Alternatives rurales » à l’Harmattan

 1975-1979

  • Maître assistant de sociologie et d’anthropologie sous contrat, à l’Université Marien Ngouabi, RP Congo. Recherche sur les logiques paysannes à Sakamesso dans le Pool.
  • Chargé de cours à l’Université de Bangui, Centre Afrique. Animation de deux enquêtes en milieu rural  avec des étudiants dans la région de M’baiki et au nord de Bangui.
  • Consultant pour le PNUD pour l’évaluation du projet de développement rural dans le Pool congolais, le PDR

 1971-1975

  • Assistant de sociologie sous contrat, à l’Université de Tananarive, Madagascar, chargé des stages en milieu rural et secrétaire de rédaction de la revue Terre Malgache/Tany Malagasy. Recherche sur un projet de développement sur les hautes terres de Madagascar, le GOPR.

 1969 – 1971

  • Chercheur au Centre de Sociologie des Organisations (CNRS), dirigé par Michel Crozier. Recherches sur la politique industrielle et le corps des mInes en collaboration avec Erhard Friedberd et Jean-Pierre Worms.

 1969 – 1969

  • Chargé d’études à la SEMA-OTAM-OTH-SARES

2105 01 08 Radio France bleu, D. Desjeux sur le jeu

Radio france bleu, D. Desjeux

EXPERT D. Desjeux sur le jeu, animé par Laurent Petit-Guillaume

ou comment faire de la radio quand on a profondément la tristesse au coeur après l’assassinat du comité de rédaction de Charlie Hebdo.

Cabu, Wolinsky et d’autres étaient des auteurs du Cherche midi qui publie , Le jeu toute une histoire, rédigé par Julie Brafman et Eliane Girard en 2014

Jeudi 08 janvier 2015 à 10h00
(Re)écouter cette émissionDisponible jusqu’au 03 octobre 2017

2015 01 05, RTL, la curiosité est un vilain défaut : sur le jeu

2015 01 05, RTL, La Curiosité Est Un Vilain Défaut, Thomas Hughes, Sidonie Bonnec
file:///Users/dominiquedesjeuxapple/Music/iTunes/iTunes%20Media/Music/Unknown%20Artist/La%20curiosité%20est%20un%20vilain%20défaut/l’histoire%20des%20jeux.mp3

Quel joueur êtes-vous ? Plutôt cartes ou console ? Joueur solitaire ou en réseau ? Amateur de paris ou de tactique ? Les jeux vous aideront sans doute à mieux vous connaître… L’historienne Elisabeth Delmas et l’anthropologue Dominique Desjeux vous expliquent notre histoire avec les jeux grâce au livre « Jour de chance » rédigé parJulie Brafman et Eliane Girard, aux éditions du Cherche midi (2014) et dans lequel ils ont été interviewés.

Vous trouverez ci-dessous le lien vers l’émission « La curiosité est un vilain défaut » de lundi 5 janvier sur RTL,  ainsi qu’un lien twitter relayant l’information sur le compte RTL.

 

2014-2003, D. Desjeux, interventions à l’ANVIE

2014, Cahiers de l’ANVIE n° 3, http://www.anvie.fr/#!cahiers-de-lanvie/c1ivq

Cahier n°3 – Les sciences humaines et sociales, ressource stratégique pour l’entreprise

Avec la participation de D. Desjeux et Christophe Rebours d’InProcess

En tant qu’anthropologue, comment collaborez-vous avec les entreprises ?

Dominique Desjeux – Il faut rappeler tout d’abord que les anthropologues académiques « classiques » n’ont pas l’habitude de travailler avec les entreprises privées, et ceci pour des raisons historiques. Pour ma part, j’ai choisi de créer une entreprise en 1990 afin de disposer d’une interface qui favorise les débouchés des étudiants et les recherches conjointes entre le secteur privé et la recherche académique. Pour devenir un anthropologue professionnel, il faut partir des questions des entreprises et non des questions universitaires qui sont bien souvent très abstraites. De l’autre côté si l’entreprise veut bénéficier des apports de l’anthropologie il faut qu’elle accepte de ne pas se centrer uniquement sur le plaisir et la marque, et qu’elle s’ouvre à l’observation des usagers finaux. Pour devenir une entreprise centrée sur le consommateur, il faut accepter de se détacher de la marque pendant l’observation des usages, des pratiques, des stratégies et des relations de pouvoir au sein de l’espace domestique. Une fois compris les interactions sociales et les effets de contrainte de situation, l’anthropologue va pouvoir montrer les valeurs et le sens que les acteurs accordent a posteriori à leur action. Travailler sur les relations de pouvoir et les contraintes de situation permet de comprendre les chances de réussite ou d’échec d’un nouveau service, d’une nouvelle technologie ou d’un nouveau produit. Travailler sur les relations de pouvoir lier à la consommation et au processus de développement des innovations et une approche peu fréquente et c’est en ce sens qu’elle peut aider à regarder autrement la réalité et donc à innover.

Concrètement, comment les entreprises s’emparent-elles des résultats issus des études anthropologiques de terrain ?

Dominique Desjeux – Une fois que les anthropologues ont mené leurs enquêtes dans le logement ou les lieux de travail, ils en présentent les résultats aux entreprises. Cependant elles se sentent bien souvent démunies face à la quantité de détails et d’informations à traiter. De plus le consommateur réel présenté par l’anthropologue ne correspond pas aux images enchantées de la publicité. C’est pourquoi l’anthropologue doit apprendre à traduire ses observations et à accepter que toutes ne soient pas prises en compte. Souvent en effet, seuls quelques éléments d’une enquête sont retenus. De son côté, et c’est souvent ce qui la stresse, l’entreprise doit accepter de faire un détour par les usages observés dans le living, la salle de bain, la cuisine, le bureau ou l’atelier. Ces observations sont loin des attitudes et des typologies auxquelles elle est habituée. Surtout, l’entreprise doit se demander si son offre de produits ou de services résout ou non un problème dans la vie quotidienne du consommateur final avant de chercher comment faire pour que sa marque pénètre par la publicité dans l’univers domestique ou professionnel. Quand en 2004 nous avons travaillé pour Lego avec Sophie Alami et toute une équipe d’anthropologues professionnels dans six pays, la direction de Lego a retenu une contrainte forte, celle du faible temps disponible laissé aux enfants pour jouer. Elle a donc diminué la quantité de pièces de Lego offerte pour réduire le temps de construction, comme le rappelle Christian Madsbjerg et Mickaerl B. Rasmussen de ReD dans The Moment of Clarity (2014) à partir d’une autre enquête anthropologique menée en parallèle. Diminuer le nombre de pièces résout la contrainte de temps des enfants. On voit bien qu’il faut que les deux parties, anthropologues et entreprises, acceptent de faire évoluer leur posture et d’aborder les problèmes sous un angle en partie nouveau. Si l’on veut que les enquêtes anthropologiques, centrées sur l’utilisateur final, soient utilisables, il faut que l’anthropologue accepte que les entreprises réinterprètent une partie des résultats de son enquête du fait de l’existence de jeux de pouvoir entre, par exemple, la R&D et le marketing, ou entre le marketing et la production. Cette dimension représente toujours un challenge pour les anthropologues qui ne connaissent les jeux internes à l’entreprise que par leurs clients et donc par un angle limité. L’anthropologue professionnel est régulièrement démuni face aux effets de silos dans l’entreprise. Bien souvent les résistances à l’innovation sont aussi fortes dans l’entreprise que chez l’usager final qu’il soit un professionnel ou un consommateur familial. Ce que nous apprend l’anthropologie c’est que l’innovation est une transgression et que la transgression est un risque bien au-delà des discours tenus dans l’entreprise en faveur de la nécessité d’innover.

Pouvez-vous nous donner un exemple de collaboration entre l’entreprise et l’anthropologie ?

Dominique Desjeux – Nous avons, il y a plus de 15 ans, mené une enquête avec Nestlé, qui nous a demandé de faire une observation sur la consommation de glaces chez les enfants. Le département avec qui nous travaillions à cette époque pensait qu’il fallait s’intéresser au seul moment où les enfants dégustaient la glace, et au moment où les enfants sortaient la glace du congélateur. L’entreprise ne distinguait pas le problème posé, comment accroître les ventes de crèmes glacées aux enfants, de la façon de le résoudre, s’intéresser au moment où l’enfant consomme le produit. Il fallait donc lui proposer de faire un détour par l’observation de toutes les étapes de l’itinéraire et des interactions sociales qui conduisent à l’achat, puis au « stockage », puis à l’usage de la glace par les enfants. Nous avons donc discuté avec l’entreprise sur la façon de ne pas nous limiter à l’observation du seul moment de l’arbitrage individuel des enfants, mais de remonter aux occasions et aux événements déclencheurs du processus d’achat et d’usage des glaces comme les anniversaires, les fêtes pour enfants ou les week-ends. En anthropologie la décision n’est pas considérée comme un arbitrage individuel, mais comme un processus social et collectif. Nous avons donc mené des enquêtes sur le lieu de décision de l’achat dans le logement, sur le lieu d’achat dans le supermarché, sur le lieu de consommation dans la cuisine ou le living, afin de comprendre les stratégies mises en œuvre par les enfants pour déclencher l’achat et convaincre leurs parents ; de comprendre comment les glaces sont rangées dans le congélateur et si la chaîne du froid était respectée ou non ; de comprendre à quel moment et pourquoi la glace est consommée. Nous avons obtenu ces informations par des interviews sur les lieux de la pratique, par des observations et des discussions sur les lieux d’achat et par des photos. Nous avons aussi essayé de restituer le système d’objets qui conditionne l’usage des glaces ce je corrige à te compliquer qui demande un congélateur, un sac de congélation pour les courses et éventuellement des cuillères pour prendre la glace, des bols, une table, et des chaises, etc. À chaque fois nous cherchons à comprendre la dimension matérielle, celle des objets et du budget, la dimension sociale celle des interactions sociales au sein de la famille, et la dimension symbolique celle du sens en fonction des situations d’usage.

Quelle collaboration menez-vous avec In Process ?

Dominique Desjeux – Il y a plus de deux ans, le dirigeant de cette entreprise, Christophe Rebours, a accepté de financer une thèse Cifre réalisée par Zoé Grange sous ma direction pour comprendre comment il était possible d’intégrer les apports de l’anthropologie dans l’entreprise et, plus particulièrement, dans les activités de design. Deux contrats ont été conclus depuis : le premier concernait sept clients et portait sur l’habitat. Le second, qui concernait à peu près les mêmes clients, portait sur les courses. Dans les deux cas, l’anthropologie est mise à contribution pour comprendre les usages des individus chez eux, dans leur univers de vie quotidienne. Là encore nous avons mobilisé les interviews, les observations in situ les films et les photos. L’intérêt a été de restituer les pratiques réelles, de consommateurs réels.

Quid du réseau d’anthropologues d’entreprises auquel vous appartenez ?

Dominique Desjeux – il a été créé en novembre 2013 suite à une rencontre entre anthropologues professionnels francophones dans le cadre de l’EPIC (National Association for the Practice of Anthropology) à Londres. Il compte d’ores et déjà une quarantaine d’anthropologues professionnels qui possède leur entreprise ou travail en entreprise.

 

2003, ANVIE, D. Desjeux, http://lentreprise.lexpress.fr/marketing-vente/prospection-commerciale/quand-les-marques-en-appellent-aux-sens_1513313.html

2006, ANVIE, avec la participation de D. Desjeux,  http://alban.cornillet.free.fr/akw/index.php/2006/08/23/colloque-anvie-de-nouvelles-voies-pour-lentreprise-lapport-des-sciences-humaines-et-sociales/

2006, ANVIE, séminaire animé par D. Desjeux, http://www.lemangeur-ocha.com/evenement/comprendre-levolution-de-la-consommation-ateliers-de-lanvie-paris-22-fevrier-2006/

 

2014 11 D. Desjeux, Comprendre les enjeux la mobilité à partir de l’émergencede nouveaux usages, de nouvelles technologies ou de nouvelles contraintes nationales et géopolitiques, séminaire ENPC, Paris

Conférence de D. Desjeux : 20014 11 MOBILITE – copie 2

Programme, animé par Vincent Kaufmann : 2014 06ENPC MOBILITE évolutions de la société

Dominique Desjeux, anthropologue, Professeur émérite à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, CEPED