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CONSOMMATION

1992, D. Desjeux, Imaginaire et usages du Magasine Sciences Humaines

Consommation

ANALYSE ET PRECONISATION SUR L’AMELIORATION

DE LA

REVUE SCIENCES HUMAINES

 

Dominique DESJEUX

Juillet 1992

www.argonautes.fr

 

RESUME

 

I . L’IMAGE DES SCIENCES HUMAINES : DU MOU ET DU DUR

Fonction à assurer :    – point de repère

– compréhension

– application

 

II . L’IMAGE D’UNE REVUE : UTILITE, STIMULATION, CLARTE

 

III . L’IMAGE D’UNE REVUE DE SCIENCES HUMAINES

– exciter (importances des dossiers)

– mettre à portée (clarifier, faire le tour, rapidité)

– donner des réponses

Sciences Humaines : entre l’initiation et la désacralisation

 

IV . L’IMAGINAIRE D’UNE REVUE DE SCIENCES HUMAINES

– l’angoisse et la violence

– la quête, le savoir et la liberté

Sciences Humaines : donner des points de repère sans tomber dans le passéisme de la connaissance clôturée et pure.

 

V . L’UTILISATION DE LA REVUE

– une revue qui se garde

– elle se lit pour son dossier

– une image un peu amateur et pédagogique

 

VI . PERCEPTION ET OPINION DE LA REVUE : PRECONISATIONS

– le dossier et les livres : le coeur le plus apprécié

– les rubriques d’annonce : un désordre à clarifier

– les rubriques connexes : revoir les intitulés et       mieux présenter les objectifs

– les dossiers de l’ANVIE : accentuer la différence et       alléger la présentation

 

 

I . L’IMAGE DES SCIENCES HUMAINES : DU MOU ET DU DUR

L’univers des sciences humaines en général est clairement situé du côté de l’université et de la recherche. Spontanément ce n’est pas celui de l’entreprise.

C’est aussi un univers lié à des disciplines :

– « psychologie » ;

–  » sociologie » ;

– « économie » ;

– « histoire » ;

– « anthropologie – ethnologie » ;

– « philosophie ».

Ce sont des disciplines qui ont plutôt à voir avec des « comportement », ou même de « l’éthique ».

Les sciences humaines ça sert d’abord à comprendre, avant d’être appliquées.

C’est un univers ambivalent du « foutoire », du « mou », du « flou » mais aussi des « statistiques » et du « rationalisme ».

Tout l’univers des sciences humaines est marqué par cette ambivalence du mou et du dur, de la compréhension et de la querelle de chapelle, de l’application et du pouvoir sur les autres.

En spontanée les sciences humaines, en dehors de l’univers universitaire peuvent être associées à :

– « management » ;

– « prospective » ;

– « comportement » ;

– « communication ».

Mais aussi à :

– « éthique »

 

Quelque part, les sciences humaines c’est :

– un point de repère (éthique)

– de la compréhension (recherche)

– de l’application (comportement, prospective)

 

Ce sont trois fonctions à assurer dans la revue, sur le plan éditorial

Les sciences humaines s’opposent à :

Technique

 

Nature                                                                         Religieux

 

Marchand

C’est un univers qui n’est pas précis, ni monétarisé, ni de l’ordre de la croyance. Il est un peu ailleurs. C’est une connaissance qui ouvre sur un autre monde, moins balisé, plus mouvant, mais avec une dimension sacrée qui ne doit pas être souillée par l’argent.

II . L’IMAGE D’UNE REVUE : UTILITE, STIMULATION, CLARTE

Une revue c’est :

– de l’information : – « actualité » ;

– « sensation » ;

– « spécialisation » ;

– « variété » ;

– « approfondissement ».

– de l’utilité :            – « un repère » ;

– « gain de temps » ;

– « un outil de référence (bibliographie) » ;

– « un carnet d’adresse (informations pratiques,          colloques, organismes, lieux etc …) ».

– une fonction sociale : -« c’est une promotion d’écrire dans une revue[1]« .

Une revue ce n’est pas ludique : c’est utilitaire mais l’attention doit sans cesse être stimulée.

D’où l’importance de la « mise en page », de la « couleur », de la « clarté, du « style d’écriture ». Le risque c’est de « réduire », de faire « amateur ».

Une revue doit être claire sans réduire la pensée.

III . L’IMAGE D’UNE REVUE DE SCIENCES HUMAINES : EXCITER, METTRE A PORTER, DONNER DES REPONSES

On retrouve deux axes qui demandent toujours deux choses à la fois : profond mais pas ennuyeux :

Variété

 

Approfondissement                                                             Panorama

 

Sérieux

1. Evocation : un outil

• Toujours le domaine de la connaissance et du savoir avec l’utilisation des verbes comme « élucider », « réfléchir », « accéder », « savoir », « sensibiliser ».

• Mais aussi une fonction de repère avec l’idée de « se situer ».

Ceci veut dire qu’une revue Sciences Humaines sert à la construction d’une identité personnelle, soit en étant moins perdu dans un univers sans frontière, soit en participant à une « communauté » scientifique.

• La lecture est liée à un travail (« enseignement », « thèse », « mémoire »). C’est un outil, même si elle peut aussi être lue « gratuitement » pour « augmenter sa culture personnelle ».

• La notion d’approfondissement lié au travail et au savoir est relative à la connaissance qu’on a du sujet. Plus le domaine est éloigné de son domaine moins l’article paraît superficiel.

2 . Eléments[2] :

Rubrique en spontanée : – « compte rendu d’ouvrage » ;

– « annonces », au sens de carnet d’adresse.

Thème de contenu :        – « état d’une question » ;

– « une confrontation sur un sujet » ;

– « enquête » (contenu non précisé).

Publicité commerciale : – plutôt mal vue !

L’état d’une question :     – « explorer » / « découvrir » ;

– « clarifier » ;

– « faire le tour » ;

– « baliser » ;

– « gagner du temps » ;

– « trouver des réponses ».

Ici on trouve le modèle idéal typique de l’attente par rapport aux articles de Sciences Humaines :

exciter ;

mettre à la portée (clarifier, faire le tour, rapidité etc …) ;

donner des réponses.

La suite de la table ronde fera ressortir que cette attente « pédagogique » est en partie « honteuse ». C’est ce qui explique les critiques sur la côte didactique ou de vulgarisation.

Un des objectifs de sciences humaines est de rendre « noble » la simplification. Tout se passe comme si le lecteur voulait tout comprendre de façon rapide et agréable, ce qui est le contraire d’une lecture scientifique, en étant sûr qu’il a quand même bien fait une lecture scientifique. Ceci montre qu’il faut associer la clarté aux signes de la scientificité, comme les bibliographies ou les « titres » des auteurs, même si les membres de la table ronde s’en moquent.

3. Les lieux : une dominante universitaire : sérieux mais libre

– laboratoire, bibliothèque, colloques, écoles, universités, … ;

– des lieux de vente : kiosque et librairie ;

– des lieux de passage de type salle d’attente : « médecin », « la cafétéria » dans l’entreprise, « dentiste » « chiotte » (sic).

Le lieu doit inspirer la « disponibilité », la « détente ». Ce ne peut être chez le coiffeur, « il n’y pas assez de photo », ni chez un comptable ou un inspecteur des impôts, « ça ferait désordre ».

Les lieux évoquent le sérieux, mais aussi une certaine liberté (par opposition aux « impôts »).

Ils évoquent aussi un temps court, celui du passage, quand on a rien à faire.

L’analyse des occasions montre que la lecture peut être de l’ordre du temps court (lecture en transport en commun), mais aussi du « temps sauvé« , car il faut être « concentré » pour lire Sciences Humaines. Ceci est une contrainte forte pour la rédaction de Sciences Humaines : si le lecteur n’arrive pas à sauver du temps, la lecture de sciences humaines étant « soporifique », il risque de ne pas la lire et donc de ne plus se réabonner.

Il faut probablement travailler la lecture à deux ou trois vitesses (accroche, encadré) sans perdre les signes de la scientificité.

Sciences humaines n’est pas perçue comme une revue de référence (qui serait faites avec des informations de première main).

En réalité, la perception varie suivant que le lecteur est un universitaire (qui est intéressé par les autres domaines que le sien) ou un professionnel pour qui sciences humaines est un « outil« , une « initiation » et donc une référence.

Sciences Humaines désacralise sa connaissance pour un spécialiste, mais initie aux autres spécialistes ou aux sciences humaines pour un non-spécialiste ou un professionnel.

Sciences humaines est pris dans une spirale désacralisation / initiation dont les frontières sont mouvantes. La désacralisation pourrait être liée à l’introduction du commercial ou de l’entreprise pour les uns (cf. l’ANVIE ci-dessous) et à la vulgarisation pour les autres.

4 . La perception du lecteur de la revue Sciences Humaines

En spontané, le groupe distingue trois sortes d’acteur, dans l’ordre :

– journalistes et rédactions ;

– chercheurs en tant que réseau ;

– lecteurs.

Les lecteurs : ceux qui ont besoin de comprendre les relations humaines

– les professionnels des sciences humaines :

« psychologues »

« enseignants »                                    universitaire / para universitaire

« sociologue »

« étudiants »

« formateur »

« recruteur »

« manager / DRH »                              professionnel du conseil et de l’animation

« conseil »

« animateurs de groupe »

– les professionnels de l’émotion

« artistes de variétés »

« écrivain »

– les professionnels de la prospective

« des fonctionnaires dans des tas d’endroit ;

 » la haute administration » ;

« les collectivités locales : tâche de conception » ;

« l’INSEE ; le commissariat au plan ».

• Divers

Les politiques « car ce sont des gens qui ont besoin de savoir comment ça se passe dans la tête des gens ».

Les bienfaiteurs « car il y a forcément des mécènes pour soutenir une telle revue, les sciences humaines ne peuvent être rentables économiquement ».

(On retrouve ici l’image de la manipulation associée aux sciences humaines et celle d’un lien non commercial).

Les commerciaux qui pourraient être considérés comme des lecteurs potentiels en tant que « manipulateurs » de clients, ne paraissent pas concernés et ceci pour deux raisons :

– la première est récurrente, il faut de l’attention, être concentré, or les commerciaux ne sont pas censés être capables de se concentrer sur du culturel ;

– la deuxième c’est que les sciences humaines ne sont pas des recettes de cuisine.

(La recette de cuisine paraît une limite à ne pas transgresser).

• les lecteurs à la marge : les métiers sociaux

– la magistrature ;

– les syndicats ;

– thérapeutes ;

– les cures.

Pour être intéressé, le lecteur doit être « branché », avoir un diplôme de DEUG minimum. C’est aussi un lecteur de revue spécialisée. Sciences Humaines n’est pas une revue qui s’adresse aux jeunes. Ce sont de gros lecteurs de livres. La revue Sciences Humaines leur permet de s’orienter.

Il semble que la revue Sciences Humaines se situe à l’intersection de deux univers :

– un univers de gros lecteurs, universitaires, pour qui la revue est le minimum de scientificité en deçà duquel ils ne peuvent descendre ;

– un univers de professionnels, probablement moins gros lecteur, pour qui la revue est :

– ou un maximum de scientificité, au delà duquel ils ne lisent pas ;

– ou une initiation pour lire certains livres.

IV . L’IMAGINAIRE D’UNE REVUE DE SCIENCES HUMAINES

La technique projective permet de saisir une partie du contenu émotionnel associé au besoin « rationnel » et « utilitaire » de lire Sciences Humaines.

La symbolique centrale est celle de « l’angoisse » et de la « quête » ; mais la « violence » que cela sous-entend serait comme canalisée par le ton « feutré » (cf. « détournement d’érotisme » de cri et chuchotement) de la revue.

1 . Ambiance et titre de Films

• l’ambiance :

– « l’austérité » ;

– « le délire » ;

– « l’ouverture d’esprit ».

• l’angoisse et la violence

 » 12 hommes en colère : à la dynamique de groupe » ;

 » Mike Hammer : charme et violence » ;

 » Orange mécanique : la démence, le bruit, la contradiction » ;

 » La grande vadrouille : angoisse, danger, dérision ».

• la quête, le savoir et la liberté

« Mike Hammer : séduisant par le savoir » ;

« E.T : rencontre avec l’autre » ;

« Le prisonnier : la quête de la liberté, du sens : paradoxe ; idée d’un monde clos, absurde » ;

« Indiana Jones : synthétique » ;

« La grande vadrouille : errance ; laisse un place à l’activité ».

(Dans l’ensemble des thèmes, celui de l’action est moins fréquent que la connaissance et la compréhension. Ceci est cohérent avec la plus faible importance accordée à l’application)

« Le cercle des poètes disparus : initiation, enculage de mouche (sic) » ;

« Vol au dessus d’un nid de coucou : il évite la lobotomisation (ne pas mourir idiot) ; on ne sait pas où est la porte de sortie (rappel la clôture du « prisonnier » et donc la quête de l’initiation) ; arbre de la sagesse.

L’ensemble est sous tendu par une symbolique du « puits » (« où tout peut arriver ») i.e. le fond, le creux sans fin ; et une symbolique du sommet, celle de « Babel ». On retrouve associé : « l’homme et l’angoisse » ; « la violence dans le foisonnement »; « le côté anxiogène » ; le « chaos » ; le « paradis perdu » » ; « Les échanges fructueux« . Ce sont beaucoup des images bibliques liées à la perte de l’innocence et de la pureté. En terme symbolique Sciences Humaines doit compenser une perte.

On comprend mieux à partir de cette symbolique que Sciences Humaines n’est pas un produit de grande surface, mais qu’il est comme un fruit défendu : attirant et dangereux. Il est réservé à des gens qui sont en quête de quelque chose. Ils sont donc inquiets : il faut les séduire, les rassurer. Sciences Humaines doit être ouvert et fermé à la fois.

L’écueil serait cependant de se refermer sur le côté passéiste de la symbolique du paradis perdu. le portrait chinois rééquilibre vers une symbolique plus « vitaliste ».

2 . Le portrait chinois

– une symbolique des « racines », du « magma » du « chaos » (primitif ?) associé à une symbolique de la « perte » d’un côté, mais de « l’harmonie », de « l’orchestre », du « classique », de la « rencontre », de l’autre ;

– une symbolique du « désordre », « où les choses ne sont pas plus articulées », « multiplicité », « confus » ;

(D’où l’importance de l’idée de repère et de balise dans la revue)

– Une symbolique du « monuments », de la « vie », de l’être humain qui se renouvelle sans cesse ;

– une symbolique de la tension entre le « gai et le triste », « l’utile et l’agréable » ; qui « tente d’épuiser » un sujet ; « un charme apparent dont il faut se méfier du fait de l’absence de méthode, de rigueur et à cause de la logorrhée ».

(Il faut séduire, tout en restant austère).

V . L’UTILISATION DE LA REVUE SCIENCES HUMAINES

1  Les pratiques : le jeu de l’oie

1° phase :

« je la parcours rapidement » ;

« je regarde le sommaire » ;

« je cherche à avoir un panorama, la substance de la revue ; je regarde les images, les titres, les auteurs cités, les auteurs qui écrivent » ;

« je cherche la page de l’équipe de rédaction » ;

« je feuillette et je vais à l’endroit qui m’intéresse ».

La pratique confirme que rentrer dans une revue c’est se repérer et que le principe du repérage c’est le nom et donc la réputation. Il faut donc qu’une partie des noms correspondent aux codes de réputation du milieu.

La pratique montre aussi que l’accroche par le sommaire, les titres et les photos doit servir à exciter l’intérêt.

La pratique rappelle l’écart entre un discours noble, sur le pureté ou l’approfondissement, et une pratique prosaïque, en terme de signes de notoriété ou de titre alléchant.

2° phase : attendre ou lire tout de suite

« suivant qu’elle est plus ou moins attractive, je l’ouvre tout de suite » ;

« j’ai toujours l’envie de regarder vite fait, je vais vite, je vais lire un article précis » ;

« le thème du numéro détermine beaucoup sa destinée » ;

« je la met dans une sacoche pour lire dans le métro » ;

« j’attend d’avoir un temps de disponibilité, un moment d’aisance » ;

« la revue va sur la table de nuit au milieu d’une pile de documents à lire » ;

« je la mets au WC » (de l’oralité, le plaisir immédiat, à l’analité qui stocke !).

3° phase : choix des rubriques de lecture

 » je passe au dossier tout de suite, je vais au plus substantiel » ;

« je regarde la revue dans l’ordre, du début à la fin. Je parcours tout, le titre et un paragraphe » ;

« cela dépend de l’endroit où on se se trouve. Dans le métro, je lirais la rubrique sur les bouquins parus et les annonces pour les colloques » et l’éditorial » ;

« je commence l’article qui m’a accroché, notamment à cause de l’auteur« ;

« je lis ce que je connais bien. Je cherche ce que je connais, là où j’ai des repères« .

L’édito est controversé

« zéro » ;

« en premier » ;

« en dernier » ;

« dans le métro ».

Le dossier

Le dossier « c’est pour quand on a le temps le soir » ;

« n’importe quand, n’importe où, entre deux stations, pour continuer à réfléchir dessus » ;

« le dossier se lit par petit bout » ; « en plusieurs fois ».

4° phase : stockage

 » il est empilé avec une quantité d’autres revues » ;

« je ne suis pas arrivé à lire les numéros entièrement. Ils restent dans les choses à lire, dans la table de nuit en cours » ;

« la revue est par terre, à porter de la main » ;

« elle est dans mon bureau » ;

« elle est sur mon guéridon avec un mixed d’autres revues, jusqu’au moment où je l’archive » ;

« lecture en plusieurs fois, ensuite il attérit dans la bibliothèque » ;

« elle est rangée comme un livre » ;

« elle est mise avec les BD à cause du format » ;

« elle est mise dans la bibliothèque du bureau professionnel » ;

« les articles sont répertoriés dans l’ordinateur ».

. Ce n’est pas une revue jetée. Elle est archivée.

Elle peut être lue en plusieurs fois tant qu’elle reste sur un lieu spécial.

Elle termine en bibliothèque, mais dans un étage au format. Ceci confirme l’intérêt des reliures, confirme l’analité et la collection, montre le statut de Sciences Humaines : on peut la conserver et équivaut à un livre.

. Les lecteurs sont plutôt des gros lecteurs au minimum 40 minutes à 1 heure par jour, jusque 2 à 4 heures.

. Le dossier fait l’ossature de sciences humaines et c’est ce qui la distingue d’une revue d’actualité.

. Les rubriques qu’on ne trouvera jamais :

« essais automobile » ;

« un truc sur le béton pré contraint » ;

« une fiction » ;

« une poésie » ;

« les résultats du foot » ;

« une publicité pour un produit de beauté » ;

« une publicité pour un parfum » ;

« une publicité pour téléachat ».

Pour résumer, un membre du groupe dit :

« Sciences humaines vend des références, pas des saucissons »

(encore qu’il y a peut être un côté tranche de saucisson dans le découpage des rubriques)

2 . Les signes et les codes de Sciences Humaines

les couleurs : ternes et pédago

Les couleurs dominantes sont le « bleu » (« violet »), le « blanc » et le « jaune ». Ce sont les couleurs du « domaine de la pensée ». Elles signifient « introspection,spiritualité, pureté ».

(Nous avons retrouvé le même code bleu, jaune, blanc pour l’INSERM, Paris V, etc …)

Les couleurs de Sciences Humaines semblent plutôt « pastelles » ce qui signifie « profondeur, océanique, mystère, lumière, illumination, Icare qui se brûle les ailes au soleil ». Le plus souvent elles sont perçues comme ternes. Il n’y aurait pas de vert, c’est-à-dire la « nature, la philosophie, la sagesse ».

Les couleurs font « pédago et didactiques ». « Il faut que ça signifie ».

Les signes que les articles appartiennent aux Sciences Humaines

Un style « feutré », une « volonté de gommer », de « laisser entendre que… », de « l’implicite ». On donne toujours les « références des références » ; « on cite monsieur Untel » ;

– Il y a un « côté Pic de la Mirandole » avec « 50 000 » notes ;

– Il y a le statut et la « référence sociale de l’auteur » ;

– des « graphiques obscurs » ;

– des « camemberts » ;

– des « grands mots » ;

– « annonces des figures 1,2,3 dans le texte, mais mis à d’autres pages ou inexistante » ;

« l’amateurisme de la couverture » ;

« le titre » ;

– la maquette est « peu lookée ». Elle rappelle les « journaux d’entreprise, ou ceux de syndicats ». Il y a « une volonté pédagogique affichée » ; « il y a une nostalgie du polycopié d’antan ». Le contenu est « compact ». L’expression des articles est « hétérogène ». Le contenu est « fragmenté ». Sciences Humaines se situe entre la Documentation française et la revue Autrement. « Ce n’est pas un magazine » ; « il n’y a pas de pub ».

 

Finalement, Sciences Humaines est perçue comme un « échangeur routier » qui doit :

– faire l’état d’une question ;

– permettre de tisser des liens ;

– aider à se repérer ;

– aider à franchir des frontières.

Ceci veut dire que même si certains signes peuvent paraître péjoratif (« amateurisme »), ils ne sont pas forcément négatifs. Ils signifient bien ce que l’on attend d’une revue de Sciences Humaines, même si on s’en moque un peu. (cf. « pédago » et « polycopie »). Les signes de la scientificité agacent (cf. le statut des auteurs), mais l’analyse des pratiques montrent qu’ils sont indispensables.

VI . PERCEPTION ET OPINION DE LA REVUE

1 . La couverture (à partir du n°19 principalement)

– une perception d’amateurisme ;

– la taille des polices de caractère n’est pas homogène ;

– l’image n’est pas équilibrée ;

– les couleurs de certaines couvertures font qu’il est parfois difficile de lire les titres ;

– en positif, certains ont l’impression de sortir de leur monde ;

– le chat et la plume c’est une bonne idée ;

– la police de Sciences Humaines fait littéraire ;

– « sur le plan plastique, c’est à chier ; les couleurs c’est pédago, INRP, CNDP… » (sic… gloria transit !).

Exemple n°5 sur la management :

« ça fait manuel scolaire » ;

« deux couleurs qui se tuent l’une, l’autre » ;

« le type est dans une position dictatoriale » ;

« une silhouette à la Mozart » ;

« des couleurs dures ».

n°1 : « fait très magazine littéraire ».

n°19 : « il est plus professionnel » ;

« le titre n’est pas centré ».

n°3 : « pas un des pires ».

n°5 : « l’union de plusieurs articles sur la même couverture est parfois choquante » ici : Bachelard et le manager.

Le titre du dossier « on sait tout de suite quel est le thème ».

En kiosque : « on identifie très rapidement la revue » ;

« on ne voit pas toujours, en bas les titres des dossiers ».

. Il faut probablement retravailler « l’équilibre » de la maquette entre le titre, le cadre central, les polices de caractère.

◊ Faut-il atténuer le côté pédago ?

◊ Faire des couleurs plus décroissantes ?

◊ Faut-il remonter la place du dossier pour le Kiosque ?

2 . première page n° 19

L’édito : « n’inspire pas confiance » ;

« pas assez gros, mal placé » ;

« les lignes sont trop courtes » .

. Il faudrait voir si développer l’édito sur une page vaut le coup.

Le sommaire : attire le regard.

la page de publicité : « attrape gogo » ;

« c’est une affiche pour prof d’histoire du secondaire ».

. Pour les annonceurs, le côté publiphobe des lecteurs, n’est pas encourageant. Ce serait un point à tester par ailleurs, pour pondérer son importance. Mais ce n’est pas urgent.

3 . Agenda  : entre ordre et surprise

– généralités sur les annonces. Elles doivent permettrent de « faire connaître », de « planifier », de « fouiner », de « participer », « d’échanger », de « faire ».

. C’est une des rares rubriques à posséder autant de verbe d’action. Elle a donc un rôle à jouer dans une stratégie interactive avec les lecteurs. En plus, elle a un côté « ludique » et de « séduction ». Il y a un aspect « plaisir » à fournir dans l’agenda.

. Il faut faire attention au fait que la revue paraît cautionner les annonces. Il y a peut être une ambiguïté à lever.

. L’annonce doit être claire, mentionner des noms d’auteurs ou qui permettent de se repérer. Il peut même exister un côté gai, « un peu fou, dans le style de l’annonce ». Pour d’autre « une annonce ludique ça inquièterait ». Ceci paraît plus raisonnable vu les codes austères du lectorat !

– n° 19 : « c’est assez bordélique » ;

« je n’arrive pas à m’y retrouver ».

Il est souhaité :

– « un classement thématique » ;

– « un classement par mois » ;

– « des dates en gras ».

Analyse du contenu :

« Hannah Arendt m’intéresse à cause de mon côté philo » (ce n’est pas un philosophe qui parle) ;

« je suis intéressé par le congrès de psychologie du travail » ;

 » il n’y a rien pour l’art » ;

« le tourisme international, ça m’intéresse de voir que ça un statut universitaire, même si je n’irais surement pas« .

. Quelque part, Sciences Humaines joue un rôle de repérage et d’identité en termes de « statut universitaire ». Ceci confirme qu’il ne faut pas s’éloigner des signes de la scientificité et donc du noyau dur du lectorat et de son réseau d’auteur.

. De plus ceci montre que les annonces jouent un rôle de mise en contact et de passage de frontières.

« Ce qui va m’énerver c’est le congrès de thérapie. Pour moi ce n’est pas sérieux. Il y a un danger à les faire se rapprocher des sciences humaines »

. Ceci confirme le rôle de légitimation joué par Sciences Humaines.

« On ne sait pas qui organise » ;

« Il manque un numéro de téléphone » ;

« J’aime bien le côté risque du colloque, le côté démerdez-vous ».

. Ceci rappelle que s’il faut mettre un peu d’ordre dans la maquette, c’est le côté rapidité, clarté, analité. Mais il faut laisser aussi un côté caverne d’Ali Baba.

4 . Infos Sciences Humaines : un petit cracker

« un petit cracker avant de passer à la suite » ;

« pêle mêle » ;

« l’érotisme caché, le truc qui sort de l’ordinaire, on aime bien se gargariser ».

5 . Actualités : bizarre

« je lis en diagonale » ;

« ça dépend du jour où je tombe dessus » ;

« c’est le terme d’actualité qui fait bizarre. Ca répond à quoi ? ».

. Il faudra ou changer le titre, ou expliquer l’objectif.

La photo est estimée bien choisie. Mais il existe un déséquilibre avec la page de gauche.

6 . Echos de la recherche : « je zape »

« Dans Newsweek c’est mieux fait » ;

« C’est le mot recherche qui est bizarre : c’est plutôt un fait de société. La recherche serait d’avoir réfléchit sur le pourquoi de l’âge des maternités, pas de donner des réponses ».

. Là aussi, il faudrait revoir le titre.

. Attention « aux fautes de français, et aux coquilles ».

7. un auteur, une école

« Si on connaît c’est léger, si on ne connaît pas, c’est intéressant »

– la mise en page est appréciée ;

– la photo et la citation font plu professionnel ;

– les notes et les oeuvres : « on ne s’y retrouve pas » ;

– sur le fond : « ce qui me gêne, c’est qu’on ne peut pas le situer par rapport à la mythologie … » ;

« Cela fait un peu pédago, sa vie, son œuvre »

8 . A propos de : « ça fait flou »

On retrouve la demande de clarté, dans un ensemble plutôt compact.

« Le choix des photos est douteux » ;

« Problème de rythme dans la mise en page ».

9 . Le dossier : le coeur positif de Sciences Humaines

Il faut mettre plus en valeur l’annonce du dossier suivant, qui est un peu caché page 48. Or, le dossier donne envie.

Il est tout spécialement apprécié :

« bien fichu » ;

« bonne idée de mettre ensemble des entretiens et des articles » ;

« le lexique et les mots clés, c’est bien ».

Page 31 : « pour en savoir plus, c’est une bonne idée » ;

« la colonne de droite avec la publicité sur le dossier c’est bien ».

Page 29 : « ça s’équilibre » ;

« c’est rythmé ; contrasté : c’est plutôt bien » ;

« la petite étoile pour le nom des auteurs ça fait amateur ».

10 . Entretien

« On retrouve bien le problème d’avant le dossier » : un titre trop général, un sujet trop vaste ;

« la photo de l’auteur est bien », mais « les autres sont un peu naïves ».

11 . les cahiers de l’ANVIE : « très mode »

– « je le lis, mais c’est quelque chose qui me hérisse. Ca me fait peur : manipulation des Sciences Humaines » ;

« c’est très branché, style de vie » ;

« c’est discutable et discuté dans le champ des sciences humaines ».

– moi ça m’intéresse au niveau de l’entreprise » ;

« ils ont leur place dans une belle revue » ;

« ça donne un peu d’oxygène » ;

« c’est très légitime : c’est un lien entre sciences sociales et action ».

– le titre est perçu comme plat

. Ceci confirme qu’il faut des cahiers quand Sciences Humaines donne la parole au delà du noyau dur. On peut se demander s’il ne faut pas encore plus travailler l’allègement de la maquette pour faciliter l’initiation et mieux marquer la différence d’avec la scientificité dure, pour les cahiers.

12 . Livres : l’autre plébiscite de la revue

« très bien » ;

« une rubrique solide » ;

« on se repère bien ».

pp 44.45 : bonne idée de signaler les livres reçus

13 . En revue : trop bordélique

14 . Pp 48.49 : c’est le souk

« cela ne donne pas envie d’acheter ».

15 . Courses

« cela peut être drôle » ;

« montre que la revue est vivante » ;

« pas complètement utile ».

16 . Publicité de dos

« Pas intéressant » !

 


[1] Il y a probablement une fonction à utiliser : montrer au lecteur qu’il rentre dans un cercle d’initiés

[2] Les rubriques seront reprises ci-dessous, de façon systématique.